‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 294 sur 377 · PUUSIAS, ARSINOÉ, FLAMINIUS, ATTALE, CLÉONE · texte numérisé non relu

PUUSIAS, ARSINOÉ, FLAMINIUS, ATTALE, CLÉONE

CLÉONE

Tout est perdu, madame, à moins d'un prompt remède : Tout le peuple à grands cris demande Nicomède; Il commence lui-même à se faire raison, Kt vient de déchirer Métrobate et Zenon.

ARSINOÉ

Il n'est donc plus à craindre, il a pris ses victimes: Sa fureur sur leur sang va consumer ses crimes ; Elle s'applaudira de cet illustre eflet, El croira Nicomède amplement satisfait.

FLAîimiUS.

Si ce désordre étoit sans chefs et sans conduite. Je Youdrois, comme vous, en craindre moins la suite; Le peuple par leur mort pourroit s'être adouci ; Mais un dessein formé ne tombe pas ainsi ^ :

1 C'est ici une ironie d'Attale ; il a dessein de sauver Nicomède. (V.) 8 Cest une règle invariable que, quand on introduit des person-^ nages chargés d'un secret important, il faut que ce secret soit révélé : le public s'y attend ; on doit, dans tous les cas, lui tenir ce qu'on lui a promis. Arsinoé a été menacée de la délation de ces prisonniers; Ârsinoé a fait accroire au roi que Nicomède les a subornés : cet éclaircissement est la chose la plus importante, et il ne se fait point. C'est peut-être mal dénouer cette intrigue qae»de faire massacrer ces deux ls«nBRes par le peuple. (Y.)

•S Flaminius presse toujours d'agir ; cependant le roi, la reine, -«t le prince Attale, restent dans la plus grande tranquillité. Cette inaction «si extraordinaire, surtout de la part de la reine, dont le «aractère est remuant : n'a-t-elle pas tort d'être tranquille, et d« ne pas cnÉndre qu'on la traite comme Métrobate et Zenon? Le peofpte «e leam-dé-

428 NICOMEDE

Il suit toujours son but jusqu'à ce quMl remporte i ; Le premier sang versé rend sa fureur plus forte; Il l'amorce, il Tacharne, il en éteint l'horreur, Et ne lui laisse plus ni pitié ni terreur.

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