‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 302 sur 377 · I.AODICE · texte numérisé non relu

I.AODICE

Ah ! si je le croyois!...

ARSINOÉ

N'en doutez point, madame.

LAODICE

Fuyez donc les fureurs qui saisissent mon ame : Après le coup fatal do cette indignité, Je n'ai plus ni respect ni généro.^ilé.

Mais plutôt demeurez jiour me servir d'otage * Jusqu'à ce que ma main de ses fers le dégage. J'irai jusque dans Rome eu briser les liens, Avec tous vos sujets, avecque tous les miens; Aussi bien Auuibal rion:moit une folie De présumer la vaincre ailleurs qu'en Italie. Je veux qu'elle me voie au cœur de ses Étals Soutenir ma fui-eur d'un million de bras; Et sous mon désespoir rangeant sa tyrannie 3...

ARSINOÉ

Vous voulez donc enfin régner en Bithynie?

Et, dans cette fureur qui vous trouble :iujourd'hui,

Le roi pourra souftrir que vous régniez pour lui?

LAODICK.

J'y régnerai, madame, et sans lui faire injure.

1 Ironie, ou plutôt plaisanterie indigne de la noblesse tragique, ainsi que toutes celles qu'on a remarquéts. (V.)

* Elle lui parle comme si elle était maîtresse du palais; elle devrait donc avoir des gardes. (V.)

S Ranger une tyrannie sous un désespoir! quelle phrase! quelle barbarie de langage! (V.)

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