AI5S1N0E
Attale, prenez-vous plaisir à m'aiarmer?
ATTALE
Ne vous flattez point tant que de le présumer. Le malheureux Araspe ^, avec sa foible escorte, L'avoit déj;j conduit à celte fausse porte; L'ambassadeur de Rome éloit déjà piissé, Quand, dans le sein d'Araspo, up poignard enfoncé
l Être roi en peinture; cette expression estdu grand nombre de celles .auxquelles on reproche d'être troj) famili-'res. (V.)
* C'est dommage que la belle action d'Attale ne se présente ici que sous l'idée d'un mensonge et dune supercherie : le prince est échappé tient encore du comique. (V.)
3 Je pense qu'on doit rarement, parler, dans un cinquième acte, de personnages qui n'otit rien fait dans la jàècc. Araspe sacrifié ici n'est pas un objet assez important ; et le prince qui l'a fait tuer est coupable d'une très vilaine action. (V.)
45G NICOMEDE
Le jette aux j)ieds du prince. II s'écrie; et sa suite, De peur d'un pareil sort, prend aussitôt la fuite.
ARSINOÉ
Et qui dans cette porle a pu le poignarder?
ATTALK.
Dix ou douze soldats qui sembloient la garder. Et ce prince...
ARSINOÉ
Ah, mon lils! qu'il est partout de traîtres! Qu'il est peu de sujets fidèles à leurs maîtres ! Mais de qui savez-vous un désastre si grand?
ATTALE
Des compagnons d'Araspe, et d'Araspe mourant.
Mais écoutez encor ce qui me désespère.
J'ai couru me ranger auprès du roi mon père;
Il n'en étoit plus temps : ce monarque, étonné,
A ses frayeurs déjà s'étoit abandonné ^,
Avoit pris un esquif pour tâcher de rejoindre
Ce Romain dont l'effroi peut-être n'est pas moindre.