‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 320 sur 377 · SERTORIUS, ARISTIE · texte numérisé non relu

SERTORIUS, ARISTIE

ARISTIE*

N^e vous offensez pas si dans mon infortune Ma fbiblesse me force.à vous être imt)ortune;. Non pas pour mon hymen : les suites d'un tel choix Méritent qu'on y pense un peu plus d'nne fois; Mais vous pouvez, seigneur, joindre à mes espérances Contre un péril nouveau nouvelles assurances s. J'apprends qu'un infidèle, autrefois mon époux,

1 Voilà donc ce vieux Sertorius qui a deux maîtresses, et qui en cède une à son lieutenant. Il forme une partie- carrée de Perpenna arec Viriate, et d'Aristie avec Sertorius. Ef on a reproché à Racine d'avoir toujours traité l'amour 1 mais qu'il l'a traité différemment ! (V.)

'i A ce prix n'est pas juste ; la haine de Viriate n'est pas un prix : il veut dire, je fuirais cette illustre Romaine, si son hymen me privait des secours de Viriate. (V.)

3 Cela est trop comique. (V.)'

* Ce premier couplet d'Aristie n'a pas toute la netteté qui est absolument nécessaire au dialogue ; l'un et Vautre qui ont sa raison d'État contre sa retraite, Pompée qui veut se ressaisir par la violence d'un bien qu'il ne peut voir ailleurs sans déplaisir. Ces phrases n'ont pas l'élégance et le naturel que les vers demandent. Mais le i^os grand défaut, te me semble, c'est qu'Aristie ne lie point une intrigoe tragique ; elle ne sait ce qu'elle veut ; elle est délaissée par son mari ; elle est indécise ; elle n'est ni assez animée par la vengeance, ni assez puissante pour se venger, ni assez touchée, ni assez héroïque. (V.)

fi Ces phrases barbares, et le reste du discours d'Aristie, ne sont pas assurément tragiques ; mais ce qui est contre l'esprit de la vraie tragédie, contre la décence aussi bien que contre la vérité de l'histoire, c'est une femme de Pompée qui s'en va en Aragon pour prier un vieux soldat révolté de l'épouser. ( V.)

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