ACTE 11, SCENE Ilf
SERTORIUS
Je parle pour un autre, et toutefois, bélas* ! Si vous saviez...
Seigneur, (luc faut-il que je sache ?
Elquel est le secret que ce soupir me cache?
SERTORIUS
Ce soupir i edoublé * . . .
VIRIATE
N'achevez point; allez :
Je vous obéirai plus (fue vous ne voulez.
SۃNE III.
VIRIATE, THAMJRE.
THAMIRE
Sa dureté m'étonne, et jiî ne puis, madame'...
1 Cet hélcLS dans la bouche de Sertorius est trop déplacé : il ne con- Tient ni à son caractère, ni à son âge, ni à la scène politique et raisonnée •qui vient de se passer entre Viriate et lui. { V.)
* Ce soupir redoublé achève de dégrader Sertorius.
Qa'AckiUe aime aatremcnt que Tyrcia et Philèue. Un vieux capitaine romain qui fait remarquer ses soupirs à sa maîtresse est au-dessous de Tyrcis ; car Tyrcis soupirera sans le dire , et •ce sera sa maîtresse qui s'en apercevra.^ Qu'un amant passionné soit attendri, ému, troublé, qu'il- soupire; mais qu'il ne dise pas : Voyez •coifimeje suis attendri, comme je suis ému, comme je suis touché,, ^îomme je soupire! Cette pusillanimité dans laquelle Corneille fait tomber Sertorius et Viria'e est une preuve bien manifeste de ce que nous avons dit -tant dp fois, que l'amopr s'était emparé du théâtre très longtemps avant Racine ; qu'il n'y avait aucune pièce où cette passion m'entrât, et o'était presque toujours mal à propos. Encore une fois, l'ajntiour n'a jamais bien été traité que dans les scèneâ du Cid, imitées de 'Guillem de Castro, jusqu'à VAndromaque de Racine : je dis VAndromaque; car, dans la Thébaïde et dans V Alexandre, on sent que Racine suit la mauvaise route que Corneille- avait tracée; c'est l'unique raison peut-être pour laquelle ces deux pièces n'intéressent point du tout. (V.) 8 II est assez difficile de comprendre comment Thamire peut parler de dureté après ces hélas et ces soupirs. (V.)
488 SERTORIUS
VIRIATE
L'apparence t'abuse; il m'aime au fond de Tame*.
THAHIRE.
Quoi! quand pour un rival il s'obstine au refus'...
VIRIATB.
Il veut que je l'amuse 3, et ne veut rien de plus.
THAHIRE.
Vous avez dés clartés que mon insuffisance...
ViRIAtB.
Parlons à ce rival ; le voilà qui s'avaDC«.