‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 332 sur 377 · VIRIATE, PERPENNA, AUFIDE, THAMIRE · texte numérisé non relu

VIRIATE, PERPENNA, AUFIDE, THAMIRE

VIRIATE

Vous m'aimez, Perpenna ; Sertorius le dit : Je crois sur sa parole, et lui dois tout crédit *.

1 Rien n'est assurément moins tragique qu'une femme qui dit qu'un homme l'aimo. C'est de la comédie froide. (V.)

* Quoi quand forme une cacophonie désagréable. (V.^

8 Viriate, dans cet hémistiche comique, ne dit point ce qu'elle doit dire : sa vanité lui persuade qu'elle est aimée, et que Sertorius sacrifie son amour à l'amitié ; ce n'est pas là un amusement. II faut convenir que rien n'est plus éloigné du caractère de la tragédie. (V.)

» Il fallait dire.^fi le crois. Corneille a bien employé le mot 7e croi* sans régime dans Polyeucte : Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée; mais c'est dans un autre sens. Pauline veut dire 7'ax la foi; mais Viriate n'a point la foi. Et lui dois tout crédit; ce- terme est impropre et n'est pas noble. Crédit ne signifie point confiance. Racine s'est servi plus noblement de ce mot dans un autre sens, quandâl fait dire à Agrippihe :

Je tois mes honneurs croitre, et tomber mon crédit. -

Crédit alors signifie autorité, puissance, considération, (V.) — Crédit peut signifier confiance, témoin ces vers du Menteur, qui sont passés en proverbe : "

DORANTS. '

Je disois térité.

CLITOH. .

Quand on mentear la dit,

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