‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 348 sur 377 · ACTE m, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE IL

POMPEE

Adieu donc pour deux jours.

ARISTIE

Adieu pour tout jamais * !

1 Pour Jamais est bien pins fort quejpo«r tout jamais. Ce dialogue pressé, rapide, coupé, est souvent, dans Corneille, d'une grande beauté. II ferait beaucoup d'effet entre deux amants ; il n'en fait point entre un mari et une femme qui ne sont pas dans une situation assez douloureuse. Il était impossible de faire d'un tel sujet une véritable tragédie. Les demi-passions ne réussissent jamais à la longue ; et les intérêts politiques peuvent tout au plus produire quelques beaux vers qu'on aime à citer. La seule scène de Sertnrius et de Pompée suffisait alors à une nation qui sortait des guerres civiles. On n'avait rien d'aucun auteur qu'on pût comparer à ce morceau sublime, et on pardonnait à tout le reste en faveur de ces beautés qui n'appartenaient, dans le monde entier, qu'à Corneille. (V.)

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