‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 349 sur 377 · SERTORIUS, THAMIRE · texte numérisé non relu

SERTORIUS, THAMIRE

S£RT0R1US

Pourrti-jc voir la reine?

TRAM IRE

Attendant qu'elle vieuae, Elle m'a commandé qne je vous entretienne, Et veut demeurer seule encor quelques moments.

SERTOniUS.

Ne m'apprendrez-vous point où vont ses sentiments. Ce que doit Perpenna concevoir d'espérance?

THAMIRE

Elle ne m'en fait pas beaucoup de confidence; Mais j'ose présumer qu'offert de votre main, Il aura peu de peine à fléchir son dédain. Vous pouvez tout sur elle.

Ah! j'y puis peu de chose, Si jusqu'à l'accepter mon malheur la dispose; Ou, pour en parler mieux, j'y puis trop, et trop peu.

THAMIRE

Elle croit fort vous plaire en secondant son feu.

SERTORIUS

Me plaire?

1 Cette scène de Sertorius avec une confidc?nte a quelque chose de comique. Les scènes avec les subalternes sont d'ordinaire très froides dans la tragédie, à moins que ces personnages secondaires n'apportent des nouvelles intéressantes, ou qu'ils ne donnent lieu à des explications plus intéressantes encore. Mais ici Sertorius demande simplement des nouvelles; il veut savoir où vont les sentiments de Viriate, quoique des sentiments n'aillent point. ïhamire semble un peu le railler, en lui disant que Perpenna, offert par \n\,Jléchira le dédain de la reine; et Sertorius répond qu'il a pour elle un violent respect. Cela n'est pas fort tragique. (V.)

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