ACTE IV, SC2NE II
Qu'il puisse de TEspagne éti*e l'iicureux soutien, Et laisser de vrais rois de mon sang et du sien.
Je le trouvois en vous, n'eût été la bassesse Qui pour ce cher fival contre moi sMntéresse, Et dont, quand je vous mets au-dessus de cent rois. Une répudiée a mérité le choix.
Je Toublierai pourtant, et veux vous faire grâce. M'aimez- vous?
SERTORIUS
Oserai-je en prendre encor Taudacc?
VIBIATE.
Prenez-la, j*y consens, seigneur; et dès demain, Au lieu de Perpenna, donnez-moi votre main.
SERTORIUS
Que se tiendroit heureux un amour moins sincère ^
Qui n'auroit autre but que de se satisfaire ^,
Et qui se rempliroit de sa félicité
Sans prendre aucun souci de votre dignité !
Mais quand vous oubliez ce que j'ai pu vous dire,
Puis-je oublier les soins d'agrandir votre empire;
Que votre grand projet est celui de régner?
VIRIATE
Seigneur, vous faire grâce, est-ce m'en éloigner?
Ah! madame, est-il temps que cette grâce éclate?
VIRIATE
Cest cet éclat, seigneur, que cherche Viriate.
SERTORIUS
Nous perdons tout, madame, à le précipiter.
L'amour de Perpenna le fera révolter;
Souffrez qu'un peu de temps doucement le ménage,
Qu'auprès d'un autre objet un autre amour l'engage :
Des amis d'Aristie assurons le secours
A force de promettre, en di Héraut toujours.
Détruire tout l'espoir qui les tient en haleine,
C'est les perdre, c'est mettre un jaloux hors de peine.
Dont l'esprit ébranlé ne se doit pas guérir
* Autre but que de se satisfaire donne nne idée qui est un peu comlquef et qui assurément ne convient pas à la tragédie. { V.)