‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 356 sur 377 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

AUFIDE, à Perpenna.

Loî-mème a quelque chose en Tame qui le gêue, Seigneur; et potre abord le rend tout interdit.

SERTORIUS

De Pompée en ces lieux savez-vous ce qu'on dit ? L'avez-Yous mis fort loin au delà de la porte ?

PERPENNA

Comme assez près des murs il avoit son escorte, Je me suis dispensé de le mettre plus loin. Mais de votre secours, seigneur, j'ai grand besoin. Tout son visage montre une fierté si haute...

SERTORIUS

Nous n'avons rien conclu, mais ce n'est pas ma faute ; Et vous savez...

PERPENNA

Je sais qu'en de pareils débats...

SERTORIUS

Je n'ai point cru devoir mettre les armes bas ; Il n'est pas encor temps.

PERPENNA

Continuez, de grâce ; Il n'est pas encop temps que l'amitié se lasse.

SERTORIUS

Votre intérêt m'arrête autant comme le mien : Si je m'en trou vois mal, vous ne seriez pas bien.

PERPENNA

De vrai, sans votre appui je serois fort à plaindre; Mais je ne vois pour vous aucun sujet de craindre.

SERTORIUS

Je serois le premier dont on seroit jaloux ; Mais ensuite le sort pourroil tomber sur vous. Le tyran après moi vous craint plus qu'aucun autre. Et ma tôle abattue ébranleroit la vôtre.

tais de Sylla ; l'autre, Je parlais de la reine. Ces petites méprises ne sont permises que dans la comédie. Il est vrai que cette scène est toute comique : Quelque chose qui le gêne. Savez-vous ce qu'on dit î L'avesvous mis /cri loin au delà de la pot te î Je me suis dispensé de le mener plus loin. Nous n'avons rien conclu, mats ce n'est pas ma faute. Si/e m'en trouvais mal, vous ne seriez pas bien... Tout le reste est écrit de ce style. (V.)

52a SERTOBIUS.

Nous ferons bien tous deux d'attendre plus d'un au.

FfiRPEMKl.

Que parlez-vous, seigneur, de tête et de tyran,?

SBRTOBIUS.

Je parle de Sylla, vous le devei connottre.

PUPINKA.

Et je parlois des feux que la reine a fait naître.

SEETORIUB.

Nos esprits étoient donc égaleBient distraits : Tout le mien s'attaclioit aux périls de la paix; Et je vous deniandois quel bruit fait par la ville > De Pompée et de moi Tentretien inutile Vous le saurez, Aufide?

AUFIDE

A ne rien déguiser, Seigneur, ceux de sa suite en ont su mal user»; J'en crains parmi le peuple un insolent murmure : Ils ont dit que Sylla quitte sa dictature. Que vous seul refusez les douceurs de la paAn,

< Quel bruit /ait par la ville est du style de la comédie, comme on le sent assez. Mali ce qu« Sertorius fait trop sentir, c'est qu'en effet la conrérence qu'il a eue avec Pompée n'a ma produit daae la pièce. Ce n'est, comme on l'a déjà dit, qu'une belle conversation dont il ne résulte rien, un beau dialogue de politique. Si cette estrevue «Tftit fait naître la conspiration de Ferpenna , ou quelque autie intsigiue intéressante et terrible, elle eût été une beauté tragique , au lieu qu'elle n'est qu'une beauté de dialogue. Bemarquez que cette tragédie est un tissu de conversations souvent très embrouillées, jusqu'à ce que le héros de la pièce soit assassiné. De là natt la froideur qui produit l'ennui. (V.)

2 Les gens de la smte de Pompée 9m e» ont su mcU user; le coup d'une erreur qu'où veut rompre avant qu'elle grossiase; une pottrpre qui agit; l'erreur qui s' épand Jusqu'en nos garnisons; des gens eomvu vous deux et moi; Sylla qui prend cette mesure de rendre l'impunité fort sûre; la reine qui est d'une humeur sidère : ce sont là des expressions peu convenables et bien vicieuses ; mais le plus grand vice, encore une fois, c'est le manque d'intérêt \ et ce manque d'intérêt vient pria* cipalement de ce qu'il n'y a dans la pièce que des denai-desseins, des demi- passions et des demi -volontés. Sertorius conseille à Perpenn» d'épouser la reine des Ilergètes, qui rendra ses volontés Inen, plus tôt satUs/aites; après quoi il lui dit qu'il ira souper chez lui. Assurément il n'y a rien là de tragique. (V.)

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