ACTE IV, SCENE I
A lui faire présent mes efibrts seroicnt vains* ;
Elle a le cœur trop bon : mais ses gens ont des mains ;
Et, bien que sur ce point elle les désavoue.
Avec un tel secret leur langue se dénoue :
lis parlent; et souvent on les daigne écouter.
A tel prix que ce soit, il m'en fout acheter.
Si celle-ci venoit qui m*a rendu sa lettre^.
Après ce qu*elle a fait j'ose tout m*en promettre ;
El ce sera basard si sans beaucoup d'effort
Je ne trouve moyen de lui payer le port.
CLITON
Certes, vous dites vrai, j'en juge par moi-môme : Ce n'est point mon humeur de refuser qui m'aime ; Et comme c'est m'aimer que me faire présent. Je suis toujours alors d'un esprit complaisant.
DORANTE
Il est beaucoup d'humeurs pareilles à la tienne.
CLITON
Mais, monsieur, attendant que Sabine survienne,
Et que sur son esprit vos dons fassent vertu * ,
11 court quelque bruit sourd qu'Alcippe s*est battu.
DORANTE
Contre qui ?
CLITON
L'on ne sait, mais ce confus murmure D'un air pareil au vôtre à peu près le ligure; Et, si de tout le jour je vous avois quitté. Je vous soupçonnerois de cette nouveauté.
DORANTE
Tu ne me quittas point pour entrer chez Lucrèce !
scène du troisième. Voltaire mit trop de précipitation dans quelques parties de son travail ; ces observations en sont la preuve. (P.)
ï II faut dire : faire un présent^ ou faire présent de quelque chose.
' Ce vers n'est pas français ; il faudrait celle-là, ou celle. Celle ne doit point se séparer du qui; mais ce n'est qu'une petite faute. (V.)
5 On dit : ne faire une vertu , faire -une vertu d'un vice : tobXb faire vertu, quand il signifie /«trc effet, n'est plus d'usage ; ei faire vertu SUT quelque chote est un barbarisme. (V.)
CXITON.
Ah! inoBsîeur, m'auriez-vous joué ce tour (l*aclvesse?
DORANTE
Nous nous batlhncs hier, et j^avois fait serment De ne parler jamais de cet événement ; Mais à toi, de mon cœur Tunique secrétaire, A loi, de mes secrets le grand dépositaire, Je ne cèlerai rien, puisque je l*ai promis.
Depuis cinq ou six mois nous étions ennemis : Il passa par Poitiers, où nous primes, querelle; Et comme on nous fit lors une paix telle quelle, Nous sûmes Tua à Fautre en secret protester Qu'à la première vue il en faudroit tàter. Hier nous nous rencontrons ; cette ardeur se réveille. Fait de notre embrassade un appel à Toreille; Je me défais de toi, j*y cours, je le rejoins. Nous vidons sor le pré Taffaire sans témoins; Et, le perçant à jour de deux coups d'estocade. Je le mets hors d*état d'être jamais malade : Il tombe dans son sang.
CLHON.
A ce compte il est mort?
Je le laissai pour tel.
CLITON
Certes, je plains son sort :
Il éloil honnête homme; et le ciel ne déploie...