‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 47 sur 377 · ACTE IV, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I

A lui faire présent mes efibrts seroicnt vains* ;

Elle a le cœur trop bon : mais ses gens ont des mains ;

Et, bien que sur ce point elle les désavoue.

Avec un tel secret leur langue se dénoue :

lis parlent; et souvent on les daigne écouter.

A tel prix que ce soit, il m'en fout acheter.

Si celle-ci venoit qui m*a rendu sa lettre^.

Après ce qu*elle a fait j'ose tout m*en promettre ;

El ce sera basard si sans beaucoup d'effort

Je ne trouve moyen de lui payer le port.

CLITON

Certes, vous dites vrai, j'en juge par moi-môme : Ce n'est point mon humeur de refuser qui m'aime ; Et comme c'est m'aimer que me faire présent. Je suis toujours alors d'un esprit complaisant.

DORANTE

Il est beaucoup d'humeurs pareilles à la tienne.

CLITON

Mais, monsieur, attendant que Sabine survienne,

Et que sur son esprit vos dons fassent vertu * ,

11 court quelque bruit sourd qu'Alcippe s*est battu.

DORANTE

Contre qui ?

CLITON

L'on ne sait, mais ce confus murmure D'un air pareil au vôtre à peu près le ligure; Et, si de tout le jour je vous avois quitté. Je vous soupçonnerois de cette nouveauté.

DORANTE

Tu ne me quittas point pour entrer chez Lucrèce !

scène du troisième. Voltaire mit trop de précipitation dans quelques parties de son travail ; ces observations en sont la preuve. (P.)

ï II faut dire : faire un présent^ ou faire présent de quelque chose.

' Ce vers n'est pas français ; il faudrait celle-là, ou celle. Celle ne doit point se séparer du qui; mais ce n'est qu'une petite faute. (V.)

5 On dit : ne faire une vertu , faire -une vertu d'un vice : tobXb faire vertu, quand il signifie /«trc effet, n'est plus d'usage ; ei faire vertu SUT quelque chote est un barbarisme. (V.)

CXITON.

Ah! inoBsîeur, m'auriez-vous joué ce tour (l*aclvesse?

DORANTE

Nous nous batlhncs hier, et j^avois fait serment De ne parler jamais de cet événement ; Mais à toi, de mon cœur Tunique secrétaire, A loi, de mes secrets le grand dépositaire, Je ne cèlerai rien, puisque je l*ai promis.

Depuis cinq ou six mois nous étions ennemis : Il passa par Poitiers, où nous primes, querelle; Et comme on nous fit lors une paix telle quelle, Nous sûmes Tua à Fautre en secret protester Qu'à la première vue il en faudroit tàter. Hier nous nous rencontrons ; cette ardeur se réveille. Fait de notre embrassade un appel à Toreille; Je me défais de toi, j*y cours, je le rejoins. Nous vidons sor le pré Taffaire sans témoins; Et, le perçant à jour de deux coups d'estocade. Je le mets hors d*état d'être jamais malade : Il tombe dans son sang.

CLHON.

A ce compte il est mort?

Je le laissai pour tel.

CLITON

Certes, je plains son sort :

Il éloil honnête homme; et le ciel ne déploie...

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