ACTE I» SCÈNE I. in
La victoire attachée au progrès de ses armes Sur DOS fiers ennemis rejeta nos alarmes * ; Et la mort de Tryphon dans un dernier combat, Changeant tout notre s^t, lui rendit tout TÉtat '. Quelque promesse alors qu'il eût faite à la mère De remettre ses fils au trône de leur père *, Il témoigna si peu de la vouloir tenir. Qu'elle n'osa jamais les faire revenir.
Ayant régné sept ans, son ardeur militaire ^ Ralluma cette guerre où succomba son frère *,
lence, et alors il est mis pour entraîner : Charmant^ jeune, trahinnt tous les cœurs après soi. (Y.)
1 Le mot est impropre, oa ne rejette point des alarmes sur un autre comme on rejette une faute, un soupçon, etc., sur un autre ; les alormes sont dans les hommes, parmi les hommes, et non sur les hommes. Oi\ ne peut trop répéter que la propriété des termes est toujours fondée en raison. (V.) — On fait retomber ou l'on rejette sur l'ennemi l'épouvante qu'O avoit d'abord causée. Les alarmes sont ici le synonyme d'épouvante ; et, en prose même, nous ne verrions rien à reprendre dans cette expression de Corneille. (P.)
s Cela ressemble à un gendre du gouverneur de toute la province. On est malheureusement obligé de remarquer des négligences^ des obscurités, des fautes presque à chaque vers. (Y.)
8 II n'est pas dit que cette veuve de Nicanor était Cléopâtre, mère des deux princes, et que le roi Ântiochus avait promis de rendre la couronne aux enfants du premier lit. Le spectateur a besoin qu'on lui débrouille cette histoire. Cléopâtre n'est pas nommée une seule fois dans la pièce. Corneille en donne pour raison qu'on aurait pu la confondre avec la Cléopâtre de César ; mais il n'y a guère d'apparence que les spectateurs instruits, qui instruisent bientôt les autres, eussent pris cette reine de Syrie pour la maîtresse de César. Et puis comment cet Antiochus avait-il promis de rendre le royaume aux deux princes t devaient-ils régner tous deux ensemble! Tout cela est un peu confus dans le fond, et est exprimé confusément; plusieurs lecteurs en sont révoltés. On est plus indulgent à la représentation. (Y.)
* Ce mot militaire est technique, c'est-à-dire un terme d'art ; le poA militaire f la discipline militaire, l'ordre militaire de Saint-Louis. 11 faut en poésie employer les mots guerrière, belliqueuse. (V.)
* Rien ne fait mieux voir la nécessité absolue d'écrire purement, que l'erreur où jette ce mot succomba; il fait croire qu'un frère d' Antiochus succomba dans cette nouvelle guerre : point du tout , il est question du roi Nicanor, qui avait succombé dans la guerre précédente : il fallait avait succombé; cela seul jette des obscurités sur cette exposition.
Il attaqua le Parthe, et se crut assez fort Pour en venger sur lui la prison et la mort ^. Jusque dans ses titats il lui porta la guerre; Il s'y fit partout craindre à Fégal du toonerre ; Il lui donna bataille, où mille beaux exploits... Je vous achèverai le reste une autre fois *. Un des princes survient*.
(Elle le veut retirer.)