‹ Chefs-d'œuvres dramatiques de P. CorneilleChapitre 92 sur 377 · LAONICE, TIMAGÈNE · texte numérisé non relu

LAONICE, TIMAGÈNE

LAONICE

Peut-on plus dignement mériter la couronne ^Y

TIVAGÈNE.

Je ne suis point surpris de ce qui vous étonne ; Confident de tous deux, prévoyant leur douleur, J'ai prévu leur constance, et j'ai plaint leur malheur. Hais, de grâce, achevez Thistoire commencée.

LAOMICE.

Ptor la reprendre donc où nous l'avons laissée s. Les Parthes, an combat par les nôtres forcés. Tantôt presque vainqueurs, tantôt presque enfoncés. Sur Tune et l'autre armée également heureuse, Virent longtemps voler la victoire douteuse :

t Mériter plu8 dignement signiâe à la lettre, être digne phu dignement : c'est an pléonanne ; mais la fante est légère. ( Y.|

S Ges disooœt de confidents, cette histoire interrompiK et Mcom- OMMeée, sont condamaés amverssllement.

Toa« deux, débrooillant mal une pénible intrigue, I>'nA diTertissement me font nne fatigue. (V.)

124 RODOGUNB. .

Mais la fortune enfin se tourna contre nous. Si bien qu'Antiocbus ^ percé de mille coups, Près de tomber aux mains d'une troupe ennemie. Lui voulut dérober les restes de sa vie, £t, préférant aux fers la gloire de périr. Lui-même par sa main acbeva de mourir.

La reine ayant appris cette triste nouvelle, £n reçut tôt après une autre plus cruelle : Que Nicanor vivoit; que, sur un faux rapport. De ce premier époux elle avoit cru la mort; Que, piqué jusqu'au vif contre son byménée, Son ame à Timiter s'étoit déterminée; Et que, pour s'affranchir des fers de son vainqueur. Il alloit épouser la princesse sa sœur *. (Test cette Rodogune, où l'un et l'autre frère Trouve encor les appas qu'a voit trouvés leur père '.

La reine envoie en vain pour se justifier ^ ; On a beau la défendre, on a beau le prier, On ne rencontre en lui qu'un juge inexorable; Et son amour nouveau la veut croire coupable : Son erreur est un crime; et, pour l'en punir mieux, Il veut même épouser Rodogune à ses yeux, Arracher de son front le sacré diadème Pour ceindre une autre tête en sa présence même; Soit qu'ainsi sa vengeance eût plus d'indignité. Soit qu'ainsi cet hymen eût plus d'autorité *,

1 Si bien que, tôt aprèsy piqué jusqu'au vi/, expressions trop familières qu'il faut éviter. (V.)

t Sœur de quit ce n'est pas de Qéopâtre, c'est Rodogune. Elle est ■ommée, dans la listé des personnages, sœur de Phraates , roi des Parthes ; on n'est pas plus instruit pour cela, et le nom de Phraatek «'est pas prononcé dans la pièce. (Y.)

* Cet encor semble dire que Rodogune a conservé sa beauté, que le» iieux fils la trouvent aussi belle que le père l'avait trouvée. Le théâtre, qui permet l'amour, ne permet point qu'on aime une femme uniquement parcequ'elle est belle : un tel amour n'est jamais tragique. (Y.)

* Ce tour n'est pas assez élégant; il est un peu de gazette. (Y.)

s On ne voit pas ce que c'est que Vautorité d'un hymen, ni pourqaoi cç second mariage eût été plus respectable en présence de l'épouse té* pudiée, ni pourquoi cette insulte à Cléopâtre eût mieux assuré le Uttit aux enfants d'an second lit. (Y.)

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