ACTE I, SCENE IV
Et qiiMl assurikt mieux par cette barbarie Aux enfants qui nattroient le tràne de Syrie. Mais tandis qu*animé de colère et d^amoar Il vient déshériter ses fils par son retour, Et qu'un gros escadron de Parthes pleins de joie Conduit ses deux amants, et court comme à la proie i , La reine, au désespoir de n'en rien obtenir, Se résout de se perdre ou de le prévenir «. Elle oublie un mari qui veut cesser de Tétre, Qui ne veut plus la voir qu'en implacable maître; Et, changeant à regret son amour en horreur ', Elle abandonne tout à sa juste fureur.
Elle-même leur dresse une embûche au passage. Se mêle dans les coups, porte partout sa rage s En pousse jusqu'au bout les furieux eficts. Que vous dirai-je enfin? les Parthes sont défaits; Le roi meurt, et, dit-on, par la main de la reine; Rodogune captive est livrée à sa haine. Tous les maux qu'un esclave endure dans les fers Alors sans moi, mon frère, elle les eût soufferts. ÏJk reine, à la gêner pi'enant milles délices >, Ne commettoit qu'à moi l'ordre de ses supplices * ; Mais, quoi que m'ordonnât* cette ame toute en feu '', Je promettois beaucoup, et j'exécutois peu. Le Parthe cependant en jure la vengeance * ;
1 Plaignons ici la gêne où la rime met la poésie. Ce plein de joie est poar rimer à proie: et comme à la proie est encore une faute; car pourquoi ce commet (V.)
t Se résout de se perdre est un solécisme. Je me résous ày je résous de; il s'est résolu à mourir ; il a résolu de mourir. (V.)
s On peut faire la guerre, se venger, commettre un crime, à regret ; mais <»i n'a point de l'horreur à regret. ( V.)
4 II valait mieux dire, se mêle aux combattants, (V.)
5 On prend plaisir, et non des délices à quelque chose ; et on n'en prend point mille. (Y.)
i II fallait le soin de ses supplices; on ne commet point un ordre. (V.) f Ame toute en feu , expression triviale pour rimer à peu. Dans
quelle contrainte la rime jette ! (Y.) S Cet «n est mal placé ; il semble que le Parthe jure la vengeance du
peu. (Y.)
12p RODOGU^œ.
Sur nous à main armée il fond en diligence i , Nous surprend, nous assiège* et fait un tel effort. Que la ville aux abois, on lui parle d'accord. Il veut fermer Toreille, enflé de Tavantage *; Mais voyant parmi nous Rodogime en otage, Enfin il craint pour elle et nous daigne écouter ; Et c'est ce qu'aujourd'hui l'on doit exécuter *.
La reine de l^gypte a rappelé nos princes Pour remettre à l'aîné son trône et ses provinces. Rodogune a paru, sortant de sa prison, Comme un soleil levant dessus notre horizon. Le Parthe a décampé *, pressé par d'autres guerres Contre l'Arménien qui ravage ses terres ; D'un ennemi cruel il s'est fait notre appui *; La paix finit la haine ^, et, pour comble aujourd'hui, Dois-je dire de bonne ou mauvaise fortune ? Nos deux princes tous deux adorent Rodogune.
TIHAGÉNE.
Sitôt qu'ils ont paru tous deux en cette cour,
Ils ont vu Rodogune, et j'ai vu leur amour;
Mais comme étant rivaux nous les trouvons à plaindre,,
Connoissant leur vertu je n^en vois rien à craindre.
Pour vous qui gouvernez cet objet de leurs vœux...
LAONICE
Je n'ai point encor vu qu'elle aime aucun des deux.
TIMAGÈNE
Vous me trouvez mal propre à cette confidence ' ;
% Expression trop commune. (V.)
s Ce mot indéfini de l'avantage ne peut être admis ici ; il faut de cet avantage j ou de son avantage. (V.)
3 Cela est louche et obscur ; il semble qu'on aille exécuter ce qu'on a écouté. (V.)
* Expressions trop négligées ; mais il y a un grand germe d'intérêt dans la situation que Timagène expose. Il eût été à désirer que les détails eussent été exprimés avec plus d'élégance : on a remarqué déjà que Racine est le premier qui ait eu ce talent. (V.)
* Il fallait, d'ennemi qu'il étttit. Je me fais votre ami d'un ennemi n'est pas français : on pourrait dire , d'un ennemi je suis devenu un ami. (V.)
* La ha|nc finit ; on ne la finit pas. (Y.)
"J Mal propre ne doit pas entrer dans le style noble ; et que Timagène,