‹ Chemin de fer électrique des boulevards a ParisChapitre 11 sur 17 · PRIX DES PLACES · texte numérisé non relu

PRIX DES PLACES

D'après ce qui précède, s'il y a 30 millions de voyageurs par an et 1 200 000 francs de dépenses à faire; le coût du transport, sur prix de revient, serait de 4 centimes par personne.

II faudrait que le nombre des voyageurs transportés descendît audessous de 7 millions, soit 19,000 par jour, et que les dépenses diverses atteignissent dans ces conditions 1050000 francs pour que le prix des places s'élevât à 1 5 centimes.

Par contre, si le nombre des voyageurs transportés atteignait 40 millions, soit 110000 par jour en moyenne, les frais divers ne dépasseraient pas 1 400000 francs par an et le coût du transport s'abaisserait à 3 centimes et demi par personne. Ce chiffre de 40 millions sera vraisemblablement atteint au bout de peu d'années.

Conséquemment, en fixant à 5 centimes le prix des places, on serait à peu près certain de pouvoir faire face à toutes les dépenses; sans risques de pertes, comme sans chances de grands bénéfices.

Mais il est d'autres considérations qu'il faut faire intervenir dans la fixation du prix des places.

En premier lieu, la ville étant propriétaire de la voie publique et des emplacements dont la concession est nécessaire à la réalisation de l'œuvre, a droit à un revenu provenant de cette concession.

Il est bien vrai que l'insuffisance des rues constitue une situation telle, que la ville serait quand môme obligée, à un moment donné, de prendre des mesures quelconques pour améliorer l'état de choses actuel, dût-il en résulter de grandes dépenses, sans rémunération directe. Mais quoi qu'il en soit, par le fait môme que la possession des voies publiques est une lourde charge pour la ville, il est très légitime d'admettre que, le cas échéant, cette possession soit aussi une source de revenus, allégeant d'autant cette charge, surtout lorsque, comme c'est ici le cas^ il y a un service incontestable rendu au public

voyageur et qu'il en résulte pour lui une diminution très sensible de cette partie de ses dépenses.

En second lieu, il suffit que le prix des places ne dépasse pas 10 ou 15 centimes pour que tout le monde accepte ce prix avec satisfaction. Le supplément de 5 ou 10 centimes ajouté aux 5 centimes du prix de revient, peut alors être considéré comme une contribution qui aurait le rare privilège de ne point faire crier celui qui la paye.

Pénétré de cette conviction que les moyens de transport rapides et économiques, ou en d'autres termes, les facilités offertes au public pour vaquer à ses affaires, contribuent, dans une large mesure, an bien-être des habitants, comme à la prospérité de la ville; que si la ville doit recevoir directement un million par an, pour la concession qu'elle ferait du chemin de fer électrique projeté, elle recevrait indirectement des sommes beaucoup plus importantes encore; je n'hésite pas à proposer le prix de 10 centimes par place, comme étant celui qui convient le mieux à tous les points de vue.

Le succès qu'aurait, dans ces conditions, la première voie aérienne électrique établie à Paris serait tel, qu'il faudrait, dès le début, se préoccuper de l'extension à donner à ce nouveau genre de locomotion et étudier un réseau général qui desservirait largement la ville et ses environs.

Un succès du même genre a eu lieu lors de l'établissement des premiers tramways; il ne saurait en être autrement ici, le nouveau système n'ayant que des avantages en plus et des inconvénients en moins.

Page 1