‹ Chemin de fer électrique des boulevards a ParisChapitre 3 sur 17 · ASPECT DD CHEUIN DE FER ÉLECTRIQUE SUR LES BOULEVARDS · texte numérisé non relu

ASPECT DD CHEUIN DE FER ÉLECTRIQUE SUR LES BOULEVARDS

sont placées à des distances à peu près régulières, gui varient de 340 à 360 mètres, sur les grands boulevards ; de 380 à 400 mètres» sur le boulevard Haussmann et l'avenue de Friedland et de 350 à 360 mètres, sur le boulevard Voltaire.

L'emplacement de ces stations a été choisi de manière à répondre à la plus grande commodité du public et, autant que possible, à proximité des rues transversales les plus passantes.

Le chemin de fer est construit partout en viaduc à deux voies. C'est une superstructure métallique qui occupe une très faible étendue dans l'espace et qui repose sur une rangée unique de colonnes, placées au milieu môme de la chaussée. Le viaduc n'a ni garde-corps ni parapets ; parce que personne ne doit jamais y circuler et qu'un parapet quelconque ne peat être d'aucune utilité. Ce ne serait qu'une sécurité apparente contre les déraillements, du reste impossibles, puisque l'on peut sûrement les prévenir par d'autres moyens. Cela nécessiterait un élargissement inutile du tablier supérieur, sans présenter d'avantages réels. Cependant, si des parapets paraissaient indispensables pour des raisons quelconques, il serait facile d'en mettre sans porter atteinte au mode de construction proposé. L'une des figures qui suivent indique ce qui pourrait être fait dans ce cas.

Du reste, l'une des conditions essentielles, facile à remplir, dans ce cas particulier, c'est que tout déraillement soit rendu absolument impossible, même en admettant l'intervention de la malveillance. Ce point essentiel sera examiné plus loin.

L'élévation au-dessus du sol est variable, afin de racheter les irrégularités du terrain (1). En beaucoup d'endroits les voies sont en palier, c'est-à-dire horizontales : les plus fortes rampes ne sont que de

(1) La construction de ce viaduc fournirait une occasion propice pour niveler un peu mieux les boulevards, qui présentent à certains endroits des pentes trop grandes, souvent dangereuses et toujours incommodes. Les figures qui représentent les profils en long des boulevards, indiquent ce que devraient être les redressements qu'il convient de faire ; mais ces redressements ne sont point indispensables pour Texécution de la voie aérienne; attendu que i'on peut facilement compenser les différences de niveaux en- faisant varier les hauteurs des colonnes.

2 millimètres par mètre sur la ligne Madeleine-Bastille; de 5 millimètres sur la ligne du boulevard Voltaire et de 12 millimètres sur la ligne de TÉtoile.

L'élévation normale est de 5 à 6 mètres y mesurée du sol audessous des poutres du viaduc.

Bien que les changements de direction, dans le trajet parcouru de la Madeleine à la Bastille, aient entraîné l'adoption de courbes à faible rayon , dans tous les projets proposés jusqu'ici, j'ai pu par des arrangements spéciaux supprimer toute courbe sensible dans les espaces compris entre deux stations : condition essentielle à divers points de vue, notamment à la conservation du matériel en bon état d'entretien.

Il n'y a nulle part de croisements de voies ni d'aiguillages, causes fréquentes d'accidents sur les autres chemins de fer. Il est donc absolument impossible que deux véhicules marchant en sens contraire puissent se trouver sur les mêmes rails.

Des dispositions spéciales, qui seront indiquées en temps utile, rendent également impossible, sur un même tronçon de voie, compris entre deux stations voisines, la collision de deux voitures allant dans le même sens.

Conséquemment il n'y et pas de déraillements ni de collisions possibles.

La structure du viaduc se compose d'ane poutre longitudinale et de deux poutres de rives reliées entre elles par des poutrelles et on tablier métallique sur lequel sont posés les rails. L'ensemble repose sur des colonnes, comme il a été dit.

La poutre principale, qui règne au milieu du viaduc, porte la plus grande partie de toutes les charges, normales ou accidentelles. Quelque légère qu'elle puisse paraître à l'œil, surtout étant placée à une certaine hauteur, elle a été calculée pour résister en toute sécurité à des efforts quatre Fois plus grands que ceux auxquels elle pourrait être soumise dans les circonstances les plus exceptionnellement défavorables.

Les petites poutres de rives, qui ont surtout pour but de porter les rails extrêmes et de donner à l'ensemble toute la rigidité latérale nécessaire, n'ont que de très faibles charges à supporter. Elles sont néanmoins, comme la poutre principale, construites en treillis pour satisfaire à la condition de légèreté réelle et apparente qui est l'un des points essentiels du projet.

Une autre disposition du tablier et des rails, indiquée par la figure ci-dessus, consiste à placer les poutres de rives plus éloignées de la poutre centrale et les rails en contrebas de la plate-bande supérieure de ces poutres. De cette façon, les véhicules circuleraient sur un

tablier bordé à l'extérieur, et cela donnerait satisfaction à cenx qni éprouvent le besoin de voir des parapets le long des voies.

Le tablier du viaduc est en tôle pleine; il est assemblé avec les diverses poutres et poutrelles de la structure générale, de manière à

assurer une grande rigidité à tout le système. 11 a en outre l'avan-

tage de servir d'abri, contre la plaie ou le soleil, aux piétons, quipeuvent circuler en dessous.

Les voies placées de chaque côté de la poutre centrale ont 1"*,20 d'écartement d'axe en axe des rails ; la distance d'axe en axe des voies est de 3 mètres ; ce qui porte à 4",40 la largeur totale du viaduc.

Les colonnes, qui peuvent être plus ou moins ornées, ont été calculées pour résister, en toute sécurité, à des efforts beaucoup plus grands que tous ceux qui peuvent être prévus. Elles sont en fonte et creuses, d'un diamètre qui eût pu être réduit notablement, sans la nécessité de donner satisfaction à l'œil et d'inspirer une apparence de sécurité complète au public. L'écoulement des eaux qui tombent sur le tablier du viaduc, se fait naturellement par l'intérieur de ces colonnes.

La distance normale d'une colonne à l'autre est de 40 mètres ; mais on pourrait, à la rigueur, la porter à 50 mètres, sans sortir des limites qui peuvent convenir. Cet espacement n'est point arbitraire : en les écartant davantage il eût fallu les faire beaucoup plus fortes , donner au viaduc un poids et des dimensions bien supérieurs ; le prix de construction eût été aussi bien plus élevé. En les rapprochant davantage, au contraire, toutes les dimensions diminuaient et avec elles le prix d'établissement; mais il en résultait une gêne pour la circulation sur la voie publique, qui eût rendu la solution impossible, ou tout au moins défectueuse.

Les colonnes reposent sur des massifs de fondation et sont entourées à leur base d'une bordure en granit qui forme autour de chacune d'elles un refuge ayant les dimensions des refuges ordinaires : 1",80 ou 2 mètres de largeur sur 4 à 5 mètres de longueur.

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