‹ Chemin de fer électrique des boulevards a ParisChapitre 7 sur 17 · SÉCURITÉ · texte numérisé non relu

SÉCURITÉ

L'absence de rampes et de courbes prononcées, le peu d'étendue du réseau, la faible vitesse de marche, la légèreté et le petit nombre des véhicules, sont autant de raisons pour que le bon entretien du matériel soit chose facile. Les ruptures et avaries qui causent ordinairement les déraillements ou les retards des trains n'auront plus ici autant de raisons d'être ; avec un bon contrôle on pourrait même les prévenir complètement.

Cependant, quelque soin que l'on apporte à la construction du matériel et à son entretien, quelles que soient les conditions de sécurité qui existent, il faut néanmoins admettre qu'une avarie puisse arriver

à Une voiture en service, ou qu'une causé quelconque la retienne en détresse sur la voie. Dans cette hypothèse, et quoi qu'il arrive, aucune catastrophe ni aucun accident de personnes tie sont à redouter ; le service même des autres voitures ne peut être entravé ^ue pour quelques instants.

En effet, supposons les deux cas les plus graves qui peuvent se présenter, puisque toute collision entre deux voitures marchant en sens inverse n'est pas possible : celui de la tupture d'une roue ou d'un essieu et celui d'une perturbation dans le courant éleôtrique ou du mécanisme moteur. Dans le premier cas la voiture s'arrête ou elle glisse sur ses patins, car elle ne peut ni dérailler, ni tomber, par suite des dispositions prises en prévision de pareilles éventualités. Dans le second cas, la voiture s'arrête tout simplement et le conducteur avertit les chefs des stations voisines, qui prennent des mesures en conséquence. Dans les deux cas, la voiture avariée est poussée par celle qui la suit jusqu'à la station suivante, où les voyageurs peuvent descendre, s'il y a Heu, et de là jusqu'à la prochaine gare terminus, où elle est retirée du circuit, pour y être mise en état, s'il n'y a que peu de chose à y faire ; ou dirigée sur le dépôt, s'il faut une réparation importante.

Il ne peut y avoir collision entre deux voitures venant en sens inverse, puisqu'elles ne peuvent marcher que dans un seul sens et que les deux voies sont séparées par la poutre centrale.

Deux voitures marchant dans le même sens, sur la même voie, ne peuvent non plus se rencontrer et cela par plusieurs raisons. D'abord le service devra être réglé pour qu'une voiture ne quitte une station qu'après que la station suivante aura été quittée par la voiture qui la précède; c'est ce qui a été dit en parlant de l'exploitation. Ensuite, y eût-il négligence ou erreur de la part d'un conducteur et d'un chef de station ensemble, il serait impossible à une voiture dont la voie n'est pas libre de se mouvoir; ceci étant chose absolument résolue dans les combinaisons électriques. Enfin parce que le conducteur et les voyageurs voient assez loin devant eux pour qu'il n'y ait absolument rien à craindre à ce sujet.

Les déraillements sont impossibles ; c^est une condition absolue sur laquelle il est bon d'insister. Les causes de déraillement sur un chemin de fer placé en l'air, ne sont pas tellement nombreuses et complexes qu'on ne puisse les prévoir toutes et il suffit de les connaître pour que Ton puisse juger s'il est possible d*en éviter les conséquences.

Comme il n'y a ni explosion de chaudières, ni collisions de véhicules à redouter, les 'seules causes qui pourraient produire un déraillement seraient la rupture des roues ou des essieux; un obstacle placé, sur la voie, ou le mauvais état de celle-ci.

Pour prévenir les conséquences de la rupture d'une roue ou d'un essieu, rien n'est plus facile que de placer, aux angles de chaque véhicule, et à quelques centimètres seulement au-dessus des rails, des galets ou des patins de sécurité, qui porteraient sur la voie dans le cas oii les roues viendraient à manquer.

Un obstacle placé sur la voie, quoique difficile à expliquer, doit cependant être considéré comme une chose possible, surtout si l'on fait intervenir la malveillance. Mais il faut bien reconnaître que, placée oii elle se trouve, la voie est protégée contre la plupart des causes qui peuvent obstruer les autres chemins de fer. La circulation des personnes y est non seulement interdite, mais même impossible, à cause de la fréquence du passage des voitures. Il n'y aurait guère qu'un objet lancé avec intention du haut d'une maison voisine qui pourrait s'y trouver; et encore ne serait-ce pas chose facile à faire. Mais, quel que soit l'obstacle que l'on veuille imaginer sans aller jusqu'à l'impossible, il suffira d'armer l'avant de chaque véhicule d'un appendice analogue aux chasse-pierres et aux chasse-neige des locomotives, pour dégager la voie des obstacles qui pourraient être placés sur les rails.

Il n'y a rien à redouter non plus au sujet du mauvais état dans lequel pourrait se trouver la voie ; car la construction entièrement métallique du viaduc, le peu d'étendue de la ligne et les facilités de toutes sortes que Ton a de la maintenir en parfait état, doivent donner toute satisfaction de ce côté.

La sécurité est donc absolument assurée.

Et maintenant, si l'on veut bien faire entrer en ligne de compte les accidents de toute nature occasionnés par les moyens actuels de transport, on doit reconnaître que, loin de faire courir des risques aux voyageurs, le chemin de fer électrique aérien leur donne une sécurité qu'ils n'ont pas toujours actuellement.

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