‹ Chemin de fer électrique des boulevards a ParisChapitre 8 sur 17 · SERVICE DES VOYAGEURS · texte numérisé non relu

SERVICE DES VOYAGEURS

La circulation d'une voiture portant quelques voyageurs seulement, n'entraîne qu'une dépense inférieure à 40 centimes, pour le trajet entier de la Madeleine à la Bastille (1). Cette dépense représente d'une part : 15 centimes pour la force motrice, l'usure et l'entretien du matériel ainsi que le supplément dd frais généraux qui en résulte; d'autre part : 25 centimes pourjle salaire d'un conducteur qui serait occupé pendant 20 minutes à raison de 75 centimes par heure.

En conséquence, une voiture qui recevrait seulement quatre voyageurs à 1 centimes rapporterait ce qu'elle coûte.

Il résulte de là que si la fréquence des départs peut contribuer à augmenter le nombre des voyageurs transportés, il suffit que l'augmentation obtenue par cette cause soit d'au moins quatre voyageurs par vingt minutes, pour qu'il y ait intérêt à ajouter une voiture de plus à celles qui sont déjà en circulation.

Incontestablement, la fréquence du passage des véhicules, la certitude de trouver de la place et la modicité du prix sont les trois causes qui contribuent le plus à l'affluence des voyageurs. Le chemin de fer électrique que je propose a l'avantage de remplir parfaitement ces trois conditions. Nul autre moyen de locomotion ne saurait lui être comparé sous ce rapport, comme sous tous les autres, du reste .

(1) Ceci est calculé pour le cas où un conducteur serait nécessaire à chaque voiture; mais si, comme je l'ai déjà indiqué, le conducteur devait être supprimé après une expérience suffisamment prolongée, le chiffre de 40 centimes se réduirait à 15 centimes seuiement^ et les dépenses d'exploitation se trouveraient ainsi considérablement diminuées.

Le peu de frais qu'entraîne la mise en circulation d'un véhicule^ permettra d'organiser, si cela est utile, un service de nuit qui pourrait se faire très économiquement, en procédant ainsi :

Dans les usines de force motrice, les accumulateurs feraient tout le service pendant que les moteurs resteraient au repos. Aux heures de moindre circulation il n'y aurait à la rigueur qu'une seule voiture en mouvement, mettant 40 minutes pour faire un trajet complet, aller et retour. Il y aurait donc un départ de chaque station à 40 ou 50 minutes d'intervalle, de telle sorte qu'un seul conducteur suffirait pour tout le service à ce moment.

Le nombre des voitures en marche serait augmenté ensuite progressivement selon Taffluence des voyageurs, et aux heures de plus grande circulation elles pourraient se succéder jusqu'à atteindre la limite indiquée, d'un départ par minute.

Le prix du parcours sur une même ligne étant uniforme, la recette pourrait se faire non en argent, mais au moyen de jetons ou tickets que chaque voyageur devrait déposer, sous la surveillance d'un agent, en entrant à la station. Ces tickets se vendraient à l'entrée des stations et n'importe où, comme les timbres-poste. Le contrôle deviendrait ainsi facile à exercer, les fraudes ne seraient guère possibles et les frais de recette seraient très réduits.

Avec les avantages qui viennent d'être indiqués et les agréments du transport aérien, l'affluence des voyageurs atteindra rapidement un chiffre qui ne sera limité à certains moments que par les moyens de transport eux-mêmes.

Le maximum des personnes qui peuvent être transportées avec des voitures à 50 places, circulant isolément et passant de minute en minute sur chaque voie, serait de 6000 par heure, si l'on ne tient pas compte des renouvellements pendant le parcours, et de 1 200 au moins, si l'on tient compte du renouvellement normal des voyageurs.

Avec le doublement prévu des voitures, le chiffre des personnes transportées pourrait atteindre jusqu'à 20 ou 25000 par heure.

Ce n'est donc pas sur la capacité de transport du cliemin de fer dont il s'agit qu'il faut se baser pour évaluer le nombre des voyageurs qui prendront la voie électrique ; mais bien sur le nombre approximatif de ceux qui se présenteront aux diverses stations.

Je ne saurais dissimuler que mes prévisions personnelles vont bien au-delà de ce que Ton devrait admettre en ne prenant pour base d'évaluation que la circulation actuelle. Pourtant, comme il faut se baser sur un chiffre acceptable pour tout le monde, j'évalue de 80000 à 85000 par jour, soit en nombres ronds 30 millions par an, le nombre moyen des voyageurs qui déposeront leur ticket aux différentes stations de la Madeleine à la Bastille.

Ce nombre est calculé sur un service' allant de 5 heures du matin à 2 heures du matin en été et de 6 heures du matin à 1 heure du matin en hiver, soit 20 heures par jour en moyenne.

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