‹ Chemin de fer Pacifique canadien: discours de Sir Charles TupperChapitre 3 sur 5 · ER, EU · texte numérisé non relu

ER, EU

espèces el 20,000 acres pour chaque] permettre d'embarrasser le gouver-

mille ; pareille annonce était vaine ct namenait aucune offrg; son annonce, publiée en Angleterre et en Canada, n'obtint pis une seule réponse ; c'est peul-èlre ce qui a fait croire à mon honorable ami que nous ne recevrions pas d'offres non plus. Mais comme je viens de le dire, lorsque les choses changèrent, lorsque le gouvernement cul réussi à triompher des plus grandes difficultés de cette vaste entreprise, lorsqu'il ent démontré aux capitalistes, sur l'autorité de cette chambre, que nous pouvions disposer de cent millions d’acres de terres pour continuer l'entrepris® que, nous ge craignions pas de pousser les travaux, que nous pouvions démontrer que si gigantesque et si sérieuse que fût l’entreprise, si onéreuses que fussent les obligations qu’elle entrainait, nous pouvions l’accomplir, lorsqu'en uit mot nous démonträmes que nous ne redoutions pas de la continuer, Jorsque nous prouvâmes aux capitalistes du monde entier que nous mêmes y avions confiance, que nous étions prèts à entreprendre ‘ces gigantesques travaux, l'aspect de la question changea complètement.

C'est en pareilles circonstances, M.

le président, que le gouvernement soumit son programme au parlement pendant la dernière session, et que nous rencontrâämes des adversaires, l'opposition ayant complètement changé de front Les mêmes hommes’ qui, cinq ans passés, se déclaraient disposés à faire construire le chemin de fer du Pacifique par le gouvernement, les mêmes hommes qui avaient pris cet engagement avec la Colombie anglaise et qui, dans cette chambre, s'étaient liés par les engagements les plus solennels, ces mêmes hommes demandèrent la suspension des travaux pout leur

nement qui avait pris'les meilleurs moyens de faire disparaître Îes difficultés en présence dèsquelles l'honorable monsieur n'avait obtenu aucune réponse à un avis publié dans tout.le pays. J’ai cet avis sous les yeux. Il fut publié le 29 mai 1876, et on peut y lire: “ Les soumissions devront être envoyéss le ou avant le ler janvier 1877, en vertu des dispositions de l’Acte concernant le chemin de fer du Pacifique canadien, 1874, qui prescrit que les entrepreneurs de la construction et de l'exploitation, recevront une subvention en terres, .

ou le produit de la vente de ces; terres.” Ainsi donc, les entrepre-:

ueurs recevraient non seulement; une subvention en terres, mais, à:

leur choix, le produit de la vente’ de ces terres.

M, MACKENZIE. L'honorable.

monsieur a tort de formuler sem-.

blable affirmation. Je suis même; sarpris qu'il ait osé La formuler, parce que, s’il veut bien consulter La loi, il y verra que, d’après l’arrangement conclu, Le gouvernement de-' vait vendre les deux tiersdes terres!

et remettre le produit de celte vente aux entrepreneurs.

Sir CHARLES TUÜPPER. Je suis heureux que l'honorable monsieui m'ait rappelé ce détail, car nous laissons aux entrepreneurs tous les frais de la vente des terres, tandis que l'honorable monsieur s'offrait à payer les frais de la vente des deux liers de ces terres ot à remet:

tre aux entrepreneurs le produit de la vente,sans aucune déduction:

Je suis heureux qu'il ait mentionné ce fait parce que cela prouve d'au!

tant-mieux quelles étaient les conditions de sou avis. Puis il ajoute:

ue .

‘ Ou le produit de la vente des terres, à raison de vingt mille acres par mille, plus $10,000 en espèces par mille également, pour la constraction du chemin de fer du Nord-

Ouest/” Ainsi donc, l'honorable monsieur ofrait $10,000 par mille, plus l'intérêt à 4 pour cent, à dater de lachèvement des travaux, on toute autre somme subséquente qui pourrait'être stipulée dans le contrat,. En outre, l’Acte invite les soumissionnaires à indiquer, dans leurs offres, la somme minimum sur laquelle l'intérêt sera exigé.

Ces conditions furent adoptées et uu avis fut publié dans le monde entier, en Angleterre, aux Etats- Unis et au Canada. [L’honorable monsieur croyait, je présume, que, dans les circonstances que j'ai mentionnées, le moment était venu de traiter la question de plus haut,

J'avouerai franchement à la Chambre que s’il est une chose qui ait opéré un changement dans lopinion publique au sujet de la valeur ides terres au Nord-Ouest, et des lrandes constructions de chemins ide. fer qu'on allait réaliser dans icette région, c’est le merveilleux succès—rendu public dans le monde entier—du syndicat qui avait acheté le chemin de fer de St. Paul.

Jinneapolis et Manitoba, et était evenu seul propriétaire de cette igne. Les rapports publiés par ce syndicat démontrent non-seule-

nent la rapidité avec laquelle une compagnie particulière peut cons-

ruire une voie ferrée, mais ils ont connaître la valeur des terres ans les prairies du Nord-Ouest et es prix qu’elles peuvent atteindre uand il s’agit d'aider ainsi à la construction du chemin de fer.

’attention que les capitalistes començaient à donnerauxentreprises de ce genre exerça naturellement ne influence marquée sur cette uestïon.

Je déclarerai encore franchement à la chambre—car nous n'aons rien à cacher—que quand ous eûmes décidé de demander ux entrepreneurs et aux capitaistes à quelles conditions ils achè-

veraient la ligne du chemin de for du Pacifique canadien et en prendraient possession, nous nous mimes en communication avec toutes les personnes chez lesquelles nous supposions l'intention d'accepter an contrat, afin d'obtenir le plus bas prix possibie, Comme l’a dit mon honorable ami, des capitalistes américains et canadiens firent des offres pour la construction du reste de la ligne. Le gouvernement s'offrit à compléter la ligne de la baie du Tonnerre à la rivière- Rouge, Nous proposâmes de compléter les sections qui traversent les passes de la rivière Fraser, à la

-| Colombie anglaise, et de continuer

la ligne, parce que c'était une absurdité de fixer le ‘terminus du chemin de fer du Pacifique canadien à un point où il y a seulement trois pieds d’eau, quand même ce terminus eût pu être avantageux temporairement. Nous proposämes aussi d'achever ultérieurement une ligne reliant Emory Bar à Port Moody, havre choisi par les honorables messieurs de la gauche comme étant le meilleur terminus du Pacifique canadien.

Nous sommes disposés à louanger nos honorables amis de la gauche en ce qu’ils font de bien et nous l'avons prouvé en admeltant que le choix qu'ils avaient fait de ce terminus était judicieux.

M. BLAKE. Mais vous avez dit que ce choix était prématuré.

Sir CHARLES TUPPER. J'ai dit, en effet, qu’il était prématuré, et nous l'avons exaniné de nouveau, avaut d'adopter le tracé.

Nous avons étudié tous les tracés que nous pensions les plus avantageux, mais nous crûmes devoir faire un autre examen avant de prendre uue décision finale, Cet examen nous révéla que si la route du nord offrait certains avantages, nous pouvions bien reconnaître la sagesse que les honorables mes

sieurs avaient montrée en fixant le port où serait le terminus. Nous proposimes alors de compléter la ligno de la baie du Tonnerre à la rivière Rouge, de Kamloops à Emory Bar et, enfin, jusqu'à Port Moody. Nous demandâmes à des entreprenours à quelles conditions ils s'engageraient à construire les autres sections de la ligne entre le Nipissingue ct la baie du Tonnerre, distance d'environ 650 milles ; on a mesuré celte section à la chaîne pour la première fois, pendant la saison dernière et constaté qu’elle a 652 milles, Nous avons demandé à quelles conditions les entrepreneurs achèveraient loule la hgne depuis la rivière Rouge jusqu'à Kamloops, et deviendraient acquéreurs de toute 11 ligne pour lex- ploiter.

M. MACKENZIT. Seriez-vous assez bon de soumettre à la chambre copies de ces propositions?

Sir CHARLES TÜPPER, Certainement ; je n'y vois aucune objection. Mais je ne donnerai à l'honorable monsieur ancune autre information, en outre de ce que je vieus d'expliquer.

M.MACKENYIF. Consentiriezvous à nous donner les noms des personnes à qui cCs propositions ont été faites?

Sir CHARLES 'TUPPER. Ces noms sont déjà counus.

M. MACKENZIE. Point par avis public, moyen que j'avai scmployé.

Sir CHARLES TUPPER. Non, car je crois que le meilleur moyen de ue pas atteindre le but que nous avions en vue est celui que lhono:

rable monsieur a employé. Ceût été assez pour effrayer tous les entreproneurs, puisque l'honorable monsieur avait dit, dans cette en:

ceinte, qu'il était impossible de provoquer des offres. Nous avons agi plus sagement, et nos efforts ont été couronnés de sucéès. Après nous êlre mis en commnnication

avec des entrepreneurs que nous croyions disposés à faure dès propositions, nous avons le plaisir de soumettre à ‘la Ghambre une proposition qui, dans sa nature et ses détails, mérite, selon moi, toute l'alteution de la Chambre, compaativement à colles qui ont Gé faites anléricurement.

J'ai déjà dit que le contrat soumis à Ja Ghambre et qu'une résolution lui demande d'adopter, assure Pachüvement et l'exploitation du chemin de fer dun Pacifique canadien par une compagnie particulière recevant un octroi en terres q en espèces, aux conditions les plus avantageuses qui Jamais aient eté soumises à la Chambre, ou proposées par des capitalistes du pays pour altcindre Pobjet désiié. de vais donner les dutes et les informalions précises sur lesquelles je base cetie déclaration, Je dirai d'abord que j'ai fait préparer soigneusement une évaluation, que J'ai soumise a lä chambre, Au montant requis pour achever les sectious actuellement données à d'entreprise, ct celles qui doivent être construites par le gouvernement; celte évaluation nra donné le chiffre de viugt-huit millions de dollars.

M BLARE. Cela comprendii les dépenses déjà faites ? ,

Sir CHARLES 'TUPPER. Cette somme représente tout ce que le trésor du Canada paiera sur les contrats adjugés, et pour l’achèvement de la section que le gouvernement doit construire à ses frais.

M. BLAKE. Ces chiffres représentent-ils le coût final de toutes ces constructions, y Compris ce que l’on a déjà dépensé ?

Sir CHARLES JUPPER® Cha:

que dollar des dépenses. On se

rappelle qu'il y a un an, je fis quelques objectious à ce sujet, dans cette chambre, el on m'informe que certains députés voudraient

avoir Copie du discours que je fisltruction à $31,000,000. Dans cette

en celle occasion, Il ne m'eu reste qu'un petit nombre d'exemplaires, inais je scrais heureux d'oblempérer à ce désir, parce que je ne m'oppose aucuncmeout à ce qu'ils en liscut, nolent, approuvent el digèrent le contenu dont je me tions responsable.

M. BLAKE. Il me semble avoir déjà entendu cette rengaîne.

sir CHARLES TUPPER. L'honorable monsieur dit qu'il a déjà enteudu mon discours, et moi, j'occupe actuellement l'attention de la chambre en parlant du discours de l'honorable monsieur, discours beauroup plus éloquent et plus habile que le mien. Je croyais lui avoir rendu justice, mais, puisqu'il y tient, je signalerur à la chambre quelques faits nouveaux, qu’elle apprendra, j'en suis sûr, avec plus de plaisir, qu’elle n'écouterail certaines observations plus ou moins originales. Je dirai donc que nous avons soumis l'évaluation à l'ingénieur en chef; elle à ete puvorree en forme de brochure, et nous en avons fait usage dans le débat, Il w'y à pas longtemps, l'honorable monsieur à répété les expressions dont je m'étais servi,en disant que la ligne serait de construction plus qu'ordinaire. Gela est énergiquement et techniquement vrai. J'ai dit à la chambre que, dans la position où se trouvait le gouvernément, s'étant chargé de cette 2ntreprise, nous nous sentions obligés, après avoir construit, d’après les plans et devis de l'honorable monsieur (M. Mackenzie), une ligne de premicre classe jusqu'à la rivière Rouge, de construire la section qui traverse les prairies au meilleur marché possible, de manière à répondre aux besoins présents de la régipn, c'est-à-dire à n'en faire qu'un von chemin de colonisation.

La chambre se rappelle que nous avons évalué le coût de cette cons-

sonne ji} faut comprendre huit millions pour couvrir les frais d'exploration et parite da ceux du consirneliont

M BUAKE. Ces quatre-vinetquatre millions comprennent-ils out cela ?

Sir CIFARLES TUPPER, Oui; les quatre-vingl-quatre millions comprennent l'embrauchement de Pembina, évalué à #1,700,000, et les explorations. Je dois dire que l'évaluation que j'ai soumise deruièrement diffère un peu de celle que javais présentée l'aunée deruière, et j'avoucrai franchement que nous avions basé nos calculs sur l'évaluation li plus large.

Nous ne voulions pas Gtre dans l'obligation de dire à la Ghambre que uous avions dépensé Le crédit volé.

M. MACKENZIE, De quel contrat s'agit-il?

Sir CHARLES TUPPER. D:

toutes les sections données à l’entreprise entre la baie du Tonnerre et de la riviere Rouge.

M. MACKENZIE. L’honorable monsieur veut-il dire que ces contrats ont été préparés par lui, ou qu'on les à préparés peudant qu'il était ministre ?

Sir CHARLES TUPPER. J'ai déclaré deux foisque j'avais différé la publication des avis, afin de me procurer les détailsles plus complets

M MACKEN?YIE. Je voudrais savoir si los devis ont été modifiés entre l’époque de la demande des soumissions et colle 01 on les a

reçues.

Sir CHARLES, TUPPER. Jde puis seulement dire qu'avant d’avoir publié les devis où demandé des soumissions, en outre de lintervalle entre Le changement d’administration et uotre entrée en charge, nous avons donné deux délais aux soumissionnaires, afin d'avoir 1+ temps de faire dresser

les devis avec soin.

du contrat soumis à la Chambre.

M. ANGLIN. Parlez-nous de la

section de Yale-Kamloops.

Sir CHARLES TUPPER. Oui, de la section Yale-Kamloops, et de Omnibus rebus. J'ai déjà ditque le montant indiqué pour les travaux d'ingénieurs, à part la construction, est de $1,600,00, et j'établis une distinction entre ce montant et les trois millions de dollars répartis sur tout le parcours du chemin de fer du Pacifique canadien, trois millions qui n’entrent aucunement dans les frais de la construction que nous allons transférer.

Ces trois millions ne doivent pas ètre inclus, parcequ'ils n’ont pas été affectés à la construction de

cette section en particulier.

M. BLAKE. Ils forment partie des dépenses faites pour déterminer le tracé et, par suite, doivent

être inclus dans les frais de construction de la section dontils’agit.

Sir CHARLES TUPPER. Si l'honorable monsieur veut bien

examiner l'acte du chemin de fer

du Pacifique canadien, 1874, élaboré par son honorable ami (M.

Mackenzie) il y trouvera claire.

ment spécifié que les frais de ces études ne seront pas nécessairement payés par les entrepreneurs.

M. MACKENZIE. L'acte dit que celte question sera réglée après Padjudication du contrat,

Sir CHARLES TUPPER. J'ai dit franchement que la loi prescrit que ces frais pourraient ou ne pourraient pas être à la charge des entrepreneurs ; mais cela implique

Cette évaluation dresséc par l'ingénieur actuel que j'ai déposée sur la table de la chambre — les $28,000,000— comprend tout ce qui a été dépensé Jusqu'à présent, et tout le mnntant nécessaire, —à notre avis ct en conduisané les travaux d'après le mode actuel,—pour compléter l'exécution

suffisamment qu'ils ne seront pas portés à leur compic.

M. MACKENZIE. En tout cas, c’est le pays qui solde le compte.

Sir CITARLES TUPPER. L’évaluation soumise à la chambre, ne comprend pas les frais d’exploration. Il y a un an, je distinguais cetitem des $80,000,000 requises pour le chemin de fer du Pacifique canadien; mais lévaluation comprend toutes les dépenses déjà faites ot celles qui, d’après nous, sont nécessaires pour achever toute l’entreprise.

J'attirerai maintenant l'attention de la chambre sur les évaluations du contrat qu’on vient de lui soumettre. On, évalue à 2,627 milles le parcours de la ligne que les entrepreneurs s'engagent à construire. Je puis ajouter que, dans la supposition où les entrepreneurs voudraient changer le tracé, par exemple faire passer la ligne au uord du lac Nipigon, au lieu du sud, et ajouter cinquante milles au parcours, ils ne recevront pas un dollar de plus que le prix du contrat.

Sir ALBERT J. SMITH. Mais s'ils diminuaient le parcours ? ,

Sir CHARLES TÜPPER. Je serais très content qu'ils le diminuent, ct ils n'en recevront pas moins le montant porté au contrat.

Nous avons fait chainer la ligne, camme je l'ai dit: le parcours est de 652 milles; mais 1l n’est pas fort aisé de faire le tracé de construction aussi court que le tracé à la chaïae. Chacun comprendra cela.

J'examinerai maintenant toutes les propositions du contrat, dans l'ordre où elles ont été soumises à la Chambre—l'ordre dans lequel elles ont été votées dans le parlement. dJ'examinerai les propositions de 1873 qui représentent l’autorisation donnée par le parlement

à l'administration d'alors d’assurer

la construction du chemin de fer

duPacifique can1dien.Le gouverne-

ment accordait une subvention de $30,000,000 pour la ligne principale|.

de 2,627 milles, (j'indique le tracé actuel pour établir le contraste) et un octroi de 50,000,000 d'acres de terres: 20,000 acres par mille pour l'embranchement de Pembina, soit 1,700,000 acres et 20,000 acres par mille sur l'embranchement de Nipigon qui à 120 milles, soit 3,000, 000 d'acres ;.de sorte qu'en 1872 le parlement vota une concession de 54,700,000 d’acres. Et si l'on donue nne valeur à ces terres pour 6tablir une comparaison...

M. BLAKE. Vraiment!

Sir CHARLES TUPPER. Par exemple, un dollar lacre. Je sais que Phonorable monsieur n'a pas foi dans la valeur de ces terres et qu’il a fait partager son opinion au chef de l’ancien gouvernement ; mais je crois qu'avec l’aide du Globe, je pourrais arriver à leur faire voir qu'elles valent jusqu'à un dollar lacre. de n'espère pas en faire mouter davantage le prix, même avec cette puissante assistance, mais enfin j'espère leur faire accepter le chiffre d'un dollar.

Pour établir une comparaison, admettons qu'elles valent un dollar.

Le parlement a voté un subside de $84,000,000, en espèces eten terres, et l'a mis à la disposition du gouvernement pour la construction du chemin de fer du Pacifique canadien, Comment cette proposition ‘ a-telle été accueillie ? Eh bien!

comme Je l'ai dit, M. l'Orateur, une compagnie fut formée et nous passâmes avec elle un coutrat qui lui donnait tous les pouvoirs’et moyens à notre disposition pour commander tous les marchés monétaires de tous les pays, mais ils wont pu réussir.

M. ANGLIN. Je croyais que c'était. le fait de l’ancien premierministre.

SIR:CHARLES TUPPER. De.

puis lors, l’honorable chef de l’an-

cien gouvernement n'a cessé de déverser le ridicule sur cette proposition; il a toujours déclaré que ces arrangements étaient insuffisants pour assurer la construction du chemin de fer du Pacifique canadien. Devant une assemblée publique, en ma présence, l’honorable monsieur a déclaré—et il ne pouvait pas déverser de ridicule plus amer sur le projet qu'en employant l'expression dont il s'est servi—qu'on obtiendrait le même résultat en offrant trente Gollars qu’en accordant trente millions de dollars et cinquante millions d’àcres de terre pour la construction du chemin de fer du Pacifique.

Depuis lors jusqu'à ce jour, pas tout-à-fait ce jour, mais jusqu'à ces derniers mois, jusqu’au moment où le contrat a été rendu public, chacun, dans le pays, était porté à croire (nos amis Comme nos adversaires) que l'honorable monsieur avait raison, que ces offres étaient insuffisantes et que l’histoire de notre administration et des cf années subséquentes pendant lesquel: Ies honorables messieurs étaient aux affaires prouve qu'elles étaient insuffisantes en ellet; et l'honorable monsieur verra que, l'an dernier, alors que j'étais in eætremis, alors que les honorables messieurs de la gauche criaient à tue-tête que nous allions rumer le pays avec cetle entreprise. qu’il fallait absolument en rédu re les frais, l'évaluation la plus basse que je pus soumettre à la chambre, pour une construction très inférieure, s'élevait à $80,000,000.

J'en viens à la proposition de 1874. En quoi consistait-elle ?

L’honorable monsieur fit voter, en parlement, la construction des 2,627 milles de la ligne principale, du lac Nipissing à Burrard Inlet, celle de 85 milles, embranchement de Pembina, et celle de 85 milles, embranchement de la baie Geor-

gicnne,—le tout mentionné dans Pacte, qui déclare que l’on traitera les embranchements comun Ja ligne principale, en y affoctant des subventions proportionunelles.

M. MACKENZIE. J'iguorais que l'acte fixât le terr.inus à Burrard Inlet,

Sir CHARLES TUPPER. L'houorable wonsieur ue devrait pas m'interrompre pour faire une objection captiense qui n’a aucun trait à la question, ‘Il sait que, pour établir une comparaison, je dois adopier un tracé bien défi, ctilse rappelle qu’il s’est occupé Ge Burrard Inlet, quand il eut à déterminer le choix An tracé et qwil choisit le tracé de Burrard Jalet comme étant Île meilleur J’honorable monsieur ne devrait donc pas m'interrompre pour faire uuc objection aussi frivole qui ne se rapporte aucuncment à la question, et qui n'a pour but que de détourner la discyssion commencée. Or, que peut-il constater ?

Simplement que c'était le tracé le plus court.

AL MACKENZIE. Non « Sir CHARLES TUPPER. Le

tracé le plus court, parce que si l'honorable monsieur en eût adopté uu autre, il aurait augmenté la distance. ,

M. MACKENZIE. Non.

Sir CIIARLES TUPPER., Oui.

M. MACKENZIE. Ce n'est pas le plus court. Il y a d’autres tracés plus courts.

Sir CHARLES TUPPER. J'en viens à Acte, à la loi insérée dans nos statuts par l'honorable monsieur lui-même, autorisation que le parlement Jui accorde de coustruire le chemin de fer du Pacifique

caradien, et qu'y trouve-t-on ? pour ces 2, 797 milles, C'est-à-dire pour la ligne-mère et les embranchements, il fit voter, non dans le budget, mais en vértu d'une loi, une avance de $10,000,000 sur Q7.

90,000. De plus, M. le président, il se fil antoriscr à céder 20,000 acres ue Lerres pour € chaque mille de co parcours, s0iL 55,940,100 acres.

M. LLAKE. Pas pour chaque mille ?

Sir CIARLESTUPPER. Pour chaque mille, comme l'honorable monsieur peul Le voir par l'Acte de 1874,

M: PLAKE. Jo pensais que ls contrat pour la Baie ‘Georgienne necomprenait pasd’octrois de terres

Sir CHARLES TUPPER. Tel ébuil le contrat de M° Foster, qui coûte 20,000 acres de terres, et si

ces lerres ne se trouventpas le long de la ligne, on les prendra dans uue parlie (quelconque du Canada.

M. MACKENZIE. Mais nous ne possédons pas de terres dans les provinces.

Sir CHARLES TÜPPER. Il a fallu les prendre au Nord-Ouost.

M. MACKENZIE. Chacun sait cela parfaitement,

Sir CHARLES TUPPER. J'iguore si Le contrat stipule que ces Lerres pourront être prises dans la province d'Onutariors À cette époque, l'honorable monsieur avait quelqu’espoir d’être à même de rendre justice à la province d'Ontario, ec il aurait pu y obtenir une certaine étendue de terres.

M. MACKENZIE. Une demande formelle a été faite.

Sir CHARLES TUPPER.: Oui, mais sans succès. C: même Acte prescrit que les centrepreneurs pourront exiger quatre pour cent d'intérêt sur tout montant additionnel qu'ils auront dépensé pour l'achèvement de la ligne.

L'honorable monsieur publia son avis pendant six mois" sans obtenir de réponse. Maintenant, comment calculeronsnous le montant à payer, comparativement à l’autre contrat? Ll ya un moyen.bien facile et très satisfaisant. L”hôforabli monsieur adjugea le cotitrat

pour 85 milles, et bien que, je l'admets. la construction de celte ligne soit plus dificile que la plupart de toutes les autres sur le chemin du ’acifique, Phonorable monsieur avouera que le prix était fort raisonnable,

M. MACKENZIE, Certainement,

Sir CHARLES TUPPER. Alors, M. le président, j'ai perdu Louteconfiance en l'honorable monsieur.

L'honorable monsieur a-Lil oublié que le contrat Foster fut annulé et que nous dimcs qu'il w'avait pas usé de toute la prudence possible dans l'adjudication de ce contrat, il repoussa cette idée avec indignation ct répondit que nulle difficulté n'avait surgi el que le corttral n'avait pas lé abandonné pour les raisons prélendunes.

M. MACKENZIE. parlais d'après les ingénieurs. Mais Jai constate qu'ils se trompaient.

Sir CHARLES TUPPER. Nul doute que quand l'honorable mon sieur a fait cette déclaration, il la croyait vraie,’ &i l'honorable monsieur veut les

Je

bien éludier détails de la ligne qui passe au nord du lac Superieur, puis faire Ja même étude à partir des passes de la rivière Fraser, ou du pied des Montagnes Rochouses ct jusqu’à Kamloops, Emory Bar et Les Montagnes Rocheuses, il trouvera que lPembranchement de la Baie Georsienne représente bien les difficultés moyennes de la ligne. Lorsque lhonorable monsieur publia ses avis, il reçut une soumission de M. Munson, de Boston, à quatre pour cent sur $7,500, tandis que la soumission de M. Foster était de de quatre pour cent sur 512,500 et les autres soumissions dépassaient de beaucoup cette somme. M. Foster acheta le contrat le plus bas, celui de M. Munson,; un contrat fut passé avec lui etje lai sous les yeux. fl stipule que M. Foster recevra $10,000 par mille, en espè-

ces, 20,000 acres du terre par mille, ebqualre pour cent d'intérèt sur 37,900 poudant vingt, cinç ans.

Mais je dois rappeler à la chambre que M. Foster se rendit à New.

York, puis en Angleterre el qu'il employa lous les moyens possibles sans pouvoir trouver un seul capilaliste qui voulut prendre les in térèls de l'entreprise. Je regarde ce contrat comme indiquaut bien Ja moyenuc des frais qu'il faut ajonler au montaut que le parlement avail autorisé el je crois avoir indiqué nne moyeune dont tout Les hommes d'affaires reconnaitront le chiffre modéré. L’intérel annuel de quatre pour cent, sur 87,500, cs de $300 par mille ; eu ajoutant ce, intérêt au montant que jai indiqué, on obtient $20,977,500 pour les 2,977 miles.

ÈL BLAKE. Pourquoi capitali.

sez-vous Celle somme ?

Sir CHARLES FÜPPER. Je ne la capitalise. pas, mais elle devra ètre payée en espèces,comme l’autre

M. CLARKE. Eu vérité !

Sir CHARLES UPPER. L'henorable monsieur prétendraitil que lorsque nous souscrivons une obligation en veitn d'un contrat, nous ne devons pas lacquitter ?

M. BLAKE, L'obligation de payer année par année pendant 25 aus n'implique pas le total de ces paiements chacun le sait.

Sir CHARLES TÜUPPER. Non, M. le président, mais il implique le paiement d'une somme bzaucoup moindre Que l'honorable monsieur applique ce principe aux $25,- 000,00Ù, que nous devons payer au syndicat, et il arrivera également à une somme beaucoup moindre.

L’honorable monsieur trouvera aussi qu'aux termes auxquels le parlement—en 1874—autorisa Pancien gouvernement à assurer la construction du chemin de fer du Pacifique, le montant payable

nt A à

ou $1,500,000 annuellement, pour rendre l'évaluation tout-à-fait exacte ; total, $105,387,500,

Maintenant, M. le président, j'ai démontré que le parlement avait mis à la disposition de mon honorabla «mi {sir John A Macdonald} en 1872, la somme de $84,700,000 pour la construction de la ligne, et que le parlement avait placé $106,387,%25% à la disposition du chef du gouvernement, en 1874,— somme à laquelle il faut ajouter les $1,500,000 dont je viens de parler. J'en viens maintenant au contrat soumis à la considération de la chambre.

Pour la section de la ligne entre Fort William et Selkirk,410 milles l’embranchement de Pembina, 85 milles, et la section de Kamloops à Burrard Inlet, 217 milles—le tout représentant 712 milles, qui seront transférés à la compagnie lorsque la ligne sera achevée—les montants que le gouvernement a dépensés etdevra dépenser représentent $28,000,000.

Pour la construction de la ligne entre le Lac Nipissingue et Fort William, 650 milles, et de Selkirk à Kamloops, 1,350 —2,000 en tout —le gouvernement est convenu de payer $25,000,000 d’acres de terres en outre des $28,000,000, plus une concession de 25,000,000 ce qui représente une subvention de $53,000,000, en espèces, et de $25,000,000 en terres, en évaluant les terres, comme je l'ai fait aux termes du contrat de 1873, et de l'acte de 1874,.à un dollar l’acre.

Aïnsi donc, pour construire le chemin de fer du Pacifique, le Canada dépensera $78,000,000.

Ainsi se trouve justifiée, selon moi, la déclaration que j'ai faite, ajoutera $400,000, en espèces, $300, au commencement de cet exposé, OU0, également en espèces, repré-[savoir, que ces conditions sont sentant-quatre pour cent sur $7,500| beaucoup plus avantageuses que par mille, pendant 25 ans, et $800, |toutes celles qui ont été précédem- 000 en terres, à un dollar de l’acre,[ment obtenues ou sanctionnées

en espèces tait de $48,947,500, somme qui ajoutée aux 55,940,000 d’acres de terres à $1 l'acre, donne.

rait $104,887,500, montant le plus faible, chacun ladmettra, qui puisse représenter fidèlement le montant que l’on devait dépenser pour celte entreprise.

A six heures, l'Orateur quitte le fiuteuil.

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