L. Pour ce qui est delà Passion du Sauveur, je la mé
iits RÉSOLUTIONS.
diterai nuit et jour, principalement en récitant l’office divin, conformément a la résolution que j’ai formulée plus haut (§ v), et j’aurai fréquemment sur les lèvres l’oraison jaculatoire : Passio Domini nostri Jesu Christi sit semper in corde meo. Je propagerai partout la pieuse pratique de faire sonner la cloche le vendredi à trois heures de l’après-midi, afin que tous les fidèles se mettent a genoux et récitent trois Pater et trois Ave en l honneur de Jésus, qui endura pour nous une agonie de trois heures sur la croix, qu’ils se rappellent que c’est a cette heure-là que le Fils de Dieu expira, et qu’ils prient' pour la conversion des pécheurs les plus obstinés. Et pour que le souvenir de cet aimable Sauveur ne s’efface jamais du cœur des hommes, j introduirai en tous lieux le Chemin de la Croix. Je ne m’épargnerai aucune peine pour aplanir toutes les difficultés qui empêchent que ce saint exercice ne soit fréquenté. Je le donnerai souvent pour pénitence à ceux qui se confesseront à moi, et j’engagerai les autres confesseurs à en faire autant. Le souvenir de la Passion du Sauveur une fois profondément gravé dans les cœurs, on aura des mœurs pures et des cœurs disposés à toutes les bonnes œuvres.
Dévotion au Saint-Sacrement.
LL La dévotion au très-saint Sacrement sera le centre de toutes mes affections. Je lui rendrai mes hommages en tout temps et en tout lieu. En arrivant dans un endroit quelconque, ma première visite sera pour Jésus au Sacrement de l’autel ; je réciterai Kantienne : O Sacrum con~ vivium , avec l’oraison, en le vénérant par des actes intérieurs et extérieurs d’adoration. Je ferai en sorte que dans les missions tout le monde l’accompagne avec une multitude de flambeaux, lorsqu’on le porte aux infirmes. J’inp. ai. vin. 45*
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troduirai partout la Confrérie de l’adoration perpétuelle du très-saint Sacrement, veillant à ce que, chacun se choisisse une heure d’adoration, afin qu’il y ait toujours quelqu’un occupé à rendre un tribut d’hommages à Jésus dans son tabernacle, du moins dans les lieux où l’on peut aisément se procurer des bulletins imprimés. Bien plus, par respect pour cet auguste Sacrement, je réglerai toute ma vie, toutes mes actions, en vue de célébrer avec recueillement le saint sacrifice de la Messe, où Dieu se rend a lui-même un honneur infini. A cette fin, je tâcherai d’accomplir ponctuellement tout ce que je me suis proposé dans le paragraphe troisième de ces Résolutions, sans omettre jamais la moindre chose.
Dévotion à la sainte Vierge.
LI1. Je voudrais avoir la dévotion la plus tendre envers la très-sainte Vierge; je déclare que j’ai remis entre ses mains la grande affaire de mon salut éternel. Je l’aime de mon amour le plus ardent, comme un fils aime la meilleure des mères, et je désire que tous l’aiment et lui portent le plus grand respect. A cette fin, je prêcherai le sermon de la sainte Vierge avec une ferveur toute spéciale, souhaitant ardemment que tous les cœurs soient épris d’amour pour cette auguste souveraine. Je serai surtout très-dévoué au mystère de son Immaculée Conception, et je n’abandonnerai jamais l’entreprise du traité ayant pour but de faire définir ce point comme article de foi ; je poursuivrai ce but par toutes les voies et tous les moyens possibles, dussé-je verser mon sang et donner ma vie. Je porterai sur la poitrine un petit médaillon de l’immaculée Conception, avec lequel je bénirai les infirmes, et le prenant souvent en main, je le baiserai avec les sentiments
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d’un tendre amour et d’une ardente dévotion. Je n’omettrai jamais les pratiques de piété à faire chaque jour, lesquelles ont été indiquées précédemment (xvi-xix). En outre , je ferai les neuvaines de l’immaculée Conception, de la Nativité et de l’Assomption. Ces neuvaines consisteront a réciter neuf fois le Magnificat , et à faire autant de génuflexions accompagnées chacune de trois actes, savoir : un acte de remercîment a la très-sainte Trinité pour les grâces accordées a Marie dans tel mystère, un acte de douleur de mes péchés, et un acte d’amour envers Dieu et envers la sainte Vierge. Aux autres fêtes de la Mère de Dieu je ferai un triduum en observant les mêmes pratiques. Je serai aussi bien dévot aux douleurs de Marie, j’en ferai souvent le sujet de mes réflexions, je compatirai a ses peines, et dans ce but je porterai sur la poitrine la petite croix armée de sept pointes (xxxvi) ; par ce moyen, j’entretiendrai le souvenir des douleurs de cette auguste Mère.
Dévotion à l’Ange gardien.
LIII. Je porterai une grande dévotion 'a mon ange gardien, je m’entretiendrai souvent avec lui, je lui demanderai conseil dans mes doutes et assistance dans tous mes exercices spirituels, afin qu’il m'éclaire au moment où j’ai besoin de lumière, et me remette en mémoire les résolutions que j’ai prises pour la gloire de Dieu. Je l’invoquerai d’une manière spéciale avant de prêcher ou de me mettre en oraison, afin qu’il m’aide â m’unir parfaitement a Dieu. Chaque soir, je réciterai Y Angele Dei en son honneur, afin qu’il reste auprès de moi et me protège durant le sommeil, conformément à la résolution déjà prise (xxxix) ; j’en ferai autant le matin, afin qu’il m’assiste durant le jour.
MES RÉSOLUTIONS
Dévotion envers les âmes du Purgatoire.
LIV. Je secourrai le plus que je pourrai les âmes du purgatoire, en leur abandonnant le mérite satisfactoire de toutes mes bonnes œuvres et de toutes les indulgences que je pourrai gagner, de la manière indiquée plus haut (xm et xiv). Lorsque la mission se prolongera pendant plusieurs jours, je prêcherai avec feu le sermon sur les saintes âmes, afin d’exciter les fidèles à les soulager.
Vertu d’HUMiLiTÉ. — Deux sortes d’humilité.
LV. La sainte Humilité est sœur de la vertu de religion, avec cette différence que la vertu de religion regarde principalement l’excellence de Dieu et secondairement notre bassesse, tandis que l’humilité regarde principalement notre bassesse et secondairement l’excellence de Dieu ; eu d’autres termes, nous devons nous humilier et devant Dieu et devant les hommes, pour honorer et exalter l’excellence de Dieu. Mais, hélas ! combien j’ai été éloigné jusqu’ici de cette belle vertu, sans laquelle toutes les autres croulent par terre! Je prends donc la résolution, avec la grâce de Dieu, d’en faire une étude toute particulière, et de me recommander souvent à Dieu pour acquérir, au moins â quelque degré, cette sainte vertu d’humilité. Chaque jour, â l’examen du midi sur la paix du cœur, je jetterai un coup d’œil sur ma conscience pour voir si je n’ai pas manqué à cette vertu, car les inquiétudes, pour l’ordinaire, naissent du défaut d’humilité.
Je distinguerai deux sortes d’humilité, savoir : l’humilité d’entendement et l’humilité de volonté. La première me fait connaître mon néant, la seconde me fait embrasser les mépris en toutes choses.
M ES KÉS0LUTI0NS.
Quant à la première, il est manifeste que si je me considère sous le rapport naturel, soit physique soit moral, tout me fait voir clairement mon néant et mon extrême bassesse, d’aulant plus que Dieu, qui fait tout avec conseil et avec sagesse, m’a fait naître pauvre et obscur, et m’a fait embrasser un Ordre pauvre, très-pauvre, bienfait ineffable dont je le remercie de tout mon cœur; certes, ma naissance d’un père pauvre, marinier de profession, presque sans fortune, m’est d’un grand secours pour tenir la tête basse et me reconnaître le dernier des hommes. — Pour ce qu’il est des biens surnaturels, ne pouvant pas avoir une bonne pensée sans une nouvelle grâce actuelle, je suis convaincu jusqu’à l’évidence de la stérilité absolue de mon pauvre cœur, incapable de tout bien sans une influence spéciale de la grâce. — Si enfin je plonge du regard dans le gouffre de mes énormes péchés, je découvre un abîme sans fond, et ce que disait saint François par une sainte exagération, savoir qu’il était le plus grand pécheur du monde, je dois le dire de moimême sans la moindre exagération, en toute vérité et en toute sincérité. Si j’éprouve de la difficulté à me former cette idée si juste sur mon propre compte, c’est là précisément le signe le plus clair que je suis le plus grand orgueilleux du monde; puisque, ayant sous les yeux une vérité si patente, l’orgueil m’aveugle néanmoins au point de m’empêcher de la reconnaître. Mais avec la grâce de Dieu je ne veux plus vivre en aveugle, et je pose pour fondement de l’humilité qu’il n’y a rien en moi que néant et péché. Oui, voilà tout mon avoir en ce monde : néant et