JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE
Cœurs aimants de Jésus et de Marie, ah ! épanchezvous a cette station ; épanchez-vous , dis-je , en saintes affections. Hélas! quelles angoisses, quel martyre ne durent pas éprouver ces deux cœurs si brûlants d’amour! — Marie pleure en voyant l’état lamentable où son bienaimé Fils est réduit, et les pleurs de la Mère sont un aiguillon qui perce l’âine du Fils. Touchantes larmes, cessez de couler; vous retombez trop amères sur le cœur démon Jésus, et si vous ne pouvez supporter sa vue, ô Marie, au moins dissimulez votre douleur. — Mais non ; pleurez, Vierge inconsolable, car en arrêtant vos pleurs, la douleur vous étouffe, et vos peines en croissant redoublent en même temps les souffrances de Jésus. — Ah ! aidezmoi, mes frères, dans une conjoncture si pénible. Je ne trouve pas moyen de consoler Jésus, de consoler sa Mère. Ecoutez quels gémissements, quels sanglots : les anges pleurent, les saintes femmes pleurent, la Vierge pleure, Jésus pleure, et je crois que ces barbares eux-mêmes pleurent par un sentiment de compassion naturelle, en voyant la rencontre douloureuse de la Mère et du Fils. Nous seuls , nous sommes plus durs que des pierres. Ah! pleurons aussi, si non par des larmes extérieures, au moins par une véritable componction du cœur, pleurons nos péchés qui ont été la cause de tant de souffrances.
DEUXIÈME EXERCICE
Ve STATION.
JÉSUS AIDÉ PAR LE CYRÉNÉEN
De grâce, mes frères, ne faites pas a Jésus l’injure de refuser de l’aider à porter sa croix, jusqu’au sommet de la montagne. Les juifs, inspirés par un raffinement de haine, la lui ôtent, et peu après la rencontre de sa Mère, en chargent le Cyrénéen ; mais vous, mes frères, ne refusez pas à Jésus de l’aider à porter sa croix par pur amour. Voyez comme il palpite, prêt à s’évanouir sous son lourd fardeau. — Ah ! que mes paroles sont peu écoutées ! Le Cyrénéen céda à la volonté de ces bourreaux ; mais parmi les pécheurs il est certains cœurs de bronze , certains estomacs d’une grande puissance de digestion, qui ne se soucient ni de prédicateurs, ni de confesseurs, ni d’inspirations ; ils se moquent de tout, ils plaisantent sur tout ; ils ont bien autre chose en tête que d’aider Jésus à porter sa croix Ah ! les malheureux! les malheureux ! dans quel état vous vous trouvez ! Sachez-le bien : il faut que vous portiez la croix ; oui, il le faut, si vous refusez la croix de Jésus-Christ, vous courberez le front sous la croix que le monde vous imposera, et cette croix vous fera pousser en cette vie de douloureux gémissements, qui ne seront encore que le noviciat des tourments éternels qui vous attendent dans l’autre vie.
VIe STATION.