SAINTE VÉRONIQUE ESSUIE LE VISAGE DE JÉSUS
Grande fut la compassion de cette sainte femme qui, à la rencontre du Sauveur , se sentit le cœur percé, en
contemplant ce modèle de douceur et de modestie, le visage couvert d’un masque de sang et de sueur; elle s’en approche , l’essuie et emporte l’empreinte de ce visage adorable. La tendre compassion de cette vertueuse femme fait ressortir davantage votre impiété, mes pauvres pécheurs ; car au lieu de soulager Jésus, vous ne faites que le défigurer de plus en plus. Lh quoi! n’est-ce pas un crachat sur le visage de Jésus que l’inconduite notoire de ce jeune homme qui scandalise tout le voisinage? il est jour et nuit dans cette maison où il se consume et s’épuise à accroître le supplice de Jésus. La toilette , les parures, les correspondances, les amours d’une telle, ne sont-ce pas autant de meurtrissures sur le visage de Jésus? Ah! mon aimable Rédempteur, voilà où vous en êtes réduit ! c’est par vos plus chers enfants que vous êtes si indignement, maltraité. Ah ! mes frères , pitié , pitié pour un Dieu qui n’en peut plus à cause de vous. Nous désirons tous que les traits de Jésus soient gravés dans nos cœurs : ils le seront lorsque nous aurons réparé nos scandales passés par autant de bons exemples.
VIIe STATION.
SECONDE CHUTE DE JÉSUS
Je ne m’étonne point de la faiblesse apparente que montre le divin Sauveur, quoique tout-puissant; tandis qu’il s’avance, chargé du bois de son sacrifice, ses bourreaux l’accablent d’une grêle de coups de pied, de coups de poing, de soufflets ; il succombe de nouveau : le voilà étendu à moitié mort, et le rocher est rougi du sang qui s’échappe abondamment de ses plaies et de sa tête coup. m. vin. 6*
DEUXIÈME EXERCICE
ronnée d’épines. Je ne m’en étonne point, ai-je dit , et pourquoi? Ah! c’est que le poids de nos péchés qu’il porte sur ses épaules est énorme. Un seul péché, quel déplaisir ne cause-t-il pas à Jésus? Vous en riez lorsque, accoudé sur cette porte, sur cette fenêtre, ou traversant cette rue, vous donnez accès à telle pensée coupable; eh bien ! sachez que vous donnez le jour à un monstre si épouvantable que durant toute l’éternité il a été un objet d’abomination aux yeux de Dieu, et que durant tous les siècles à venir il sera l’objet d’une haine infinie de sa part. Gomment donc n’en mourons-nous pas de douleur! Maudit péché, qui oppose des ombres si épaisses à la lumière inaccessible de notre Dieu ! Quel remède donc? le voici ; faire tous nos efforts afin que, si Dieu doit détester pendant toute l’éternité notre péché qui sera toujours devant ses yeux au moins il n’ait pas a délester le pécheur qui l’a commis. Et comment cela se peut-il? En déplorant amèrement , mes frères , le malheur extrême que nous avons eu de pécher. Àh! protestons tous avec une généreuse résolution que, dussions-nous vivre ici-bas toute une éternité, nous ne cesserons de pleurer nos péchés et de les détester de cette haine souveraine que Dieu même leur porte. Ah! Jésus, mon Jésus! accordeznous cette grâce, et c’est alors que nous vous relèverons de cette chute si douloureuse.
VIIIe STATION.