JÉSUS RENCONTRE SA SAINTE MÈRE
Ames pieuses, nous voici arrivés à l’endroit le plus propre à exciter la compassion dans nos cœurs. Voici ce doux Jésus qui, après sa chute douloureuse, se trouve en face de sa Mère affligée. Ah! ces deux cœurs embrasés d’amour l’un pour l’autre se sont à peine rencontrés, qu’ils se percent mutuellement jusqu’au fond de l’âme de p. m. vin. 8
QUATRIÈME EXERCICE
leurs regards brûlants; si bien que l’aimable Sauveur ne peut plus retenir les élans de son cœur blessé, et oubliant généreusement ses propres douleurs, tandis qu’il contemple avec compassion sa Mère bien-aimée, il lui dit : Ah 1 ma Mère, ma Mère ! ta présence ajoute un bien doux supplice aux angoisses qui me pressent ! tu souffres pour moi, et je souffre en pensant à tes douleurs. Sache, ô ma Mère ! que la vie que tu m’as donnée finira, mais que l’amour que j’ai pour toi ne finira jamais. Ah ! ma Mère, ma Mère ! de quelle croix, de quelle peine , de quel tourment tes souffrances surchargent mon cœur ! La Vierge ne répondit que par un déluge de larmes et de sanglots, et tandis quelle allait ouvrir la bouche, elle est entraînée d’un côté par la foule, et son Fils est repoussé de l’autre par ses bourreaux, et les voilà de nouveau séparés. La Mère désolée, le cœur percé d’un glaive de douleur, tomba presque évanouie sur une pierre, et là se mit à pleurer si abondamment qu’au rapport de la tradition, ses larmes creusèrent la pierre, et qu’en mémoire de sa douleur on appela cet endroit terra lacrymarum. Voilà donc, âmes pieuses , que les pierres mêmes sont attendries à cette touchante rencontre. Gomment donc ne nous sentons-nous pas tous ici abîmés de compassion envers Jésus et envers Marie? Ah! Père éternel, considérez cette immense douleur de Jésus et de Marie, et tout en l’acceptant en expiation de nos fautes, prenez en pitié la dureté de nos cœurs qui ont tant d’horreur de toute sorte de peine.
Ve STATION.
JÉSUS AIDÉ PAR LE CYRÉNÉEN
Voici le moment, pauvre pécheur, si vous voulez assurer l’affaire importante de votre salut. Voici que Jésus, après avoir pris congé de sa Mère inconsolée , ne peut plus se soutenir , tant la faiblesse de son corps est extrême! les juifs, désireux de le voir suspendu en l’air à un gibet sur le sommet du Calvaire, cherchent quelqu’un qui l’aide à porter sa croix. Qu’attendez-vous donc, mon cher frère? Ah! offrez-vous donc avec un cœur généreux à soulager Jésus. Quoi! vous reculez! Oh! aveugle que vous êtes! vous ne connaissez pas le prix étonnant de la sainte croix. Ah ! croix divine ! croix bénie I clef précieuse de la gloire éternelle, je vous embrasse, je vous adore, je vous serre sur mon cœur ; je ne veux pas vivre un seul instant sans vous. Tous, mes frères, tous ensemble adorons , embrassons la sainte croix pour soulager notre aimable Sauveur.
VIe STATION.