‹ Chemins de fer, construction et voieChapitre 100 sur 113 · TRAVAUX D'ENTRETIEN PROPREMENT DIT · texte numérisé non relu

TRAVAUX D'ENTRETIEN PROPREMENT DIT

Nous empruntons les prescriptions suivantes au Règlement ijênéral des poseurs (Pari s- Lyon-Méditerranée), approuvé par dc'cision ministérielle du !«•' juin 1869, et au Manuel des poseurs de M. Salin, inspecteur de la voie à la Compagnie d'Orléans.

Les travaux ordinaires d'entretien dont une brigade peut être chargée comprennent :

Le dressement, le bourrage et le relèvement des voies ; Le règlement du ballast, le nettoyage de la voie, l'enlèvement des herbes, quand ce travail n'est pas fait parles gardes ; Le remplacement des rails, coussinets, traverses, éclisses, cœurs de croisement, aiguilles, etc., et, en général, de toutes \es pièces entrant dans la composition des voies courantes et des appareils de changement de voie ;

Le nettoyage et le graissagç des plaques tournantes et le remplacement des pièces hors de service ;

L'entretien des disques et sémaphores et le règlement des transmissions de signaux ;

Le chargement en vagon ou en vagonet et le transport sur la ligne des matériaux destinés aux travaux de la brigade ; L'enlèvement des neiges.

La brigade est aussi chargée, quand il y a lieu, soit isolément, soit réunie aux brigades voisines, de la pos<i de voies nouvelles et des remaniements de voies à faire dans les gares ou sur la ligne.

Accessoirement, et quand le parfait état de la voie leur en laisse le temps, ou encore eq cas d'urgence, les poseurs travaillent au curage des fossés, au règlement des accotements

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etdeslalus, à la n^paralion des .■houlemenls, ati l.in.i. liaips vivps, à la n-j tarai ion des cl.Mui-es sccli.-s et en -iral, à roiilrc-tieiidos tprrassPm.MiLs et des ouvragesdartl. ligne. Ils peuvent .Hre aussi appelas à pr.Mer leur cod-.-aux agents de IVxploilalioii pour l.« servie .les -aiv^

Les travaux .l'enl relien ne pouvant gêner ou TiiU-no, rla circulation des Irains s;ir les voies principales sontex.niles sous l'autorité des ingénieui-s et la surveillant des ti 'de section, conducteurs et chefs de districts : ils sont -.rralement confiés à des enlrepreneu,-s ou lâcherons auiqu- on remet les insduclions nécessaires en ce ,,„i conc.rr, les précautions à prendre an passage des trains.

Dans rexéculion des travaux dentrelien ordinaires d V>, geani pas que le chantier soit couvert par les signaux de r>i.t^ction réglementaires, les poseurs ne doivent jamais dé.H.^, sur les voies, ou à proximité, des outils et des matériaux r»,uvantobstruerles voies ou être atteinis parles marchepieds ,\,< voitures, ou les hielles et les cendriers des locomotives

Les mal.:>riaux destinés ù être chargés sur les voies pria. .pales doivent être déposés il l-»,30 au moins en dehors .l.< rails et jamais dans l'entie-voie, et leur Uilus du côté de U voie doit présenter une inclinaison telle qu'ils ne puiV^at rouler sur les rails.

Toutefois, le ballast iieul être déposé sur l'entre-voie et o,r les accotements à une disUince moindre, mais toujours ,1. manière à ne pas être atteint par les marchepieds de.s voitur^^

Les las de ballast retroussés dans le milieu de la voie ildoivent pas dépasser de plus de 3 centimètres le niveau <!'■< rails.

Les matériaux déchargés sur le chemin de fer doivent èir. immédiatement arrimés ou étalés pour qu'ils ne puissent ni rouler sur les rails, ni être atteinUs par les véhicules.

Les poseurs ne doivent jamais rien déposer sur les liN du télégraphe, ni sur ceux des signaux ou sur leurs suppoils.

Tassements du ballast. - Les brigadiers poseurs doiveni veiller avec soin à ce que le ballast conserve le profil qui lui a été donné lors de la pose. Les moindres tassements qui s. manifestent parfois après les pluies, surtout aux abords rte<

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ouvrages d'art, s aperroiveiit à ToBil et doivent «tre réparés aussitôt par un bourrage des traverses ou un léger relevage de la voie.

On doit avoir à cet effet, sur certains points de la plateforme quelques tas de ballast en approvisionnement, pour y prendre ce qui manque ou peut manquer par suite de ces tassements.

Renonvellement du ballast. — Il arrive parfois que le ballast est argileux ou que la partie supérieure est mélangée de terre favorisant le développement des herbes, ce qui, à la longue, finit par rendre ce ballast moins perméable et occasionne, surtout après les pluies qui en détrempent la surface, ce que les poseurs appellent des traverses danseuses. Ces traverses ballotent au piissage des roues ; l'argile qui les entoure forme une sorte de mastic comprimé par la charge et qui ne les retient plus, étant détrempé, de sorte que la voie se relève après le passage des trains et les traverses restent dans le vide.

Ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de procédera un renouvellement partiel ou total du ballast, suivant les circonstances. On enlève la couche supérieure pour la passer au crible, s'il y a lieu, ou la remplacer par du ballast nouveau sans toucher à la couche inférieure, si celle-ci est encore assez perméable pour assurer l'assainissement de la couche supérieure.

Quand ces réparations ne doivent avoir lieu que sur des points isolés ou ne porter que sur de faibles longueurs, sans présenter d'inconvénient pour la circulation des trains, les brigadiers poseurs peuvent les exécuter, après avoir toutefois pris à ce sujet les ordres et instructions de leurs chefs.

Releyage des voles. — Lorsqu'il s'agit de procéder à un velevage de la voie, les brigadiers iloivent avoir soin de ne relever que de 7 à 8 centimètres à la fois et de répartir celte dénivellation sur au moins quatre rails.

Ces relevages doivent se faire, autant que possible, par un temps humide, le bourrage des traverses se faisant alors plus solidement que pendant la sécheresse.

Pour la même raison, les travaux de cette nature doivent

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se faire de préférence en automne pour avoir ainsi les t«9 en bon état pendant Thiver.

Les poseurs doivent éviter de laisser les voies déga^a.•^ pendant les temps pluvieux. Ils ne doivent jamais, dam 1^ travaux habituels d'cnti-etien, quitter le chantier, a^^ml i tin de la journée, sans avoir achevé le bourrage des traven^ et le regarnissage de la voie, de façon à éviter de faire passer les trains sur des parties de voie mal assujetties, et, < »1 le faut, sans avoir pris les mesures de sécurité nécessair»^ pour que le signal de ralentissement soit fait aux trains ^ dirigeant vers la voie en réparation, ou des deux côtés, â c'est une voie unique.

Les signaux d'arrêt ou de ralentissement sont faits :

Pendant le jour au moyen d'un drapeau rouge fixé à un jalon ferré qu'un poseur tient à la main et qu'il plante sur U voie à une certaine distance du chantier après le passage des trains ;

Pendant la nuit, au moyen d'une lanterne à feu rouge fixt^»' à un poteau planté sur l'accotement;

Enfin, en temps de brouillard, le jour et la nuit, on peut faire usage de pétards aux distances fixées parles instructions spéciales données dans chaque cas par le service de l'exploitation.

Les mêmes précautions sont prises, quand il y a lieu de remplacer un rail, une travei^e, ou de faire tout autre travail de nature à rompre pour un temps, si court qu'il soit, h continuité de la voie.

Quand les réparations ont lieu dans un souterrain, le^ signaux d'arrêt ou de ralentissement se font en dehors et de chaque côté aux distances fixées par les instructions.

Le signal de libre passage est fait au moyen d'un drapeau blanc planté sur l'accotement ou d'une lanterne à feu blanc fixée à un poteau, au point où le train peut, sans inconvénient, reprendre sa marche normale.

Ces dispositions sont, du reste, prises dans chaque cas conformément aux prescriptions des ordres de service de l'exploitation.

Les brigades ne doivent jamais laisser d'outils sur les voies, après l'achèvement du travail de la journée ; elles doivent les

om porter dans les maisons de garde, maisonnettes-abris ou les enfermer dans des coiïrcs à clef spéciaux disposés à cet ofTet le long de la ligne.

Les mêmes précautions doivent être prises pour les coussinets, chevillettes, crampons, coins, éclisses, selles, boulons, tirefonds et autres petits matériaux portatifs, qui ne doivent, en général, être retirés de leur caisse ou du lieu de dépôt, qu*au fur et à mesure de leur emploi.

Remplacement oa resabotage des traverses. — Les traverses se détériorent surtout par suite des variations atmosphériques et des passages brusques de Thumidité à Tardeur du soleil ; il importe non moins à leur conservation qu'au maintien de la stabilité de la voie qu'elles soient toujours recouvertes de ballast, surtout pendant Tété.

Lorsqu'une traverse est fendue ou déformée à l'emplacement des coussinets ou des selles, il faut examiner si son état de conservation lui permet encore un service satisfaisant au moyen d'un nouvel entaillage à côté du premier, sur la partie saine du bois. On la retire alors après l'avoir dégagée du ballast, on nettoie la surface du bois et on refait l'entaillage à l'hermineite, en ayant soin de boucher les anciens trous des chevillettes ou tirefonds au moyen de chevilles en bois enfoncées au marteau et en laissant à cette traverse une saillie de 30 à 40 centimètres en dehors des rails.

H faut avoir soin de faire ce nouvel entaillage avec l'inclinaison intérieure de i/20, dans la voie Vignole, ce qui, à défaut de gabarit, s'obtient très vite à l'œil, soit en se guidant sur l'ancienne entaille, soit en remarquant que cette inclinaison donne une entaille de 5 millimètres environ plus profonde en dedans qu'en dehors de la voie.

Les brigadiers poseurs doivent surveiller attentivement les attaches des rails et de leurs accessoires sur les traverses, principalement sur celles voisines des joints, afin de maintenir toutes ces parties do la voie en bon état, et ne pas hésiter à remplacer, s'il y a lieu, celles qui en ont besoin, ou à resaboter la traverse dès que les trous commencent à s'élargir de façon h permettre le plus léger déversement de l'attache.

Lorsque des coussinets sont cassas, on les remplace f^n ^ servant soit des m^^mes trous de chevillettes ou tirefoa^b. soit en en faisant de nouveaux aux endroits non utîlis«^<l'> de la pose, soit en refaisant le sabotage comme ci-dessn*.

Lorsque les traverses ne sont pas en état de supporter m resabotage ou présentent des parties détériorées p«>avi'j donner lieu à une dépression ou flexion de la voie, on l^retire après les avoir dégarnies de ballast et avoir enlevé K tirefonds ou les coussinets, et on les remplace par des traverses neuves, généralement entaillées d'avance, à la pivgtion exacte marquée à la craie sur les rails, conforméni' e. au plan de pose.

Les meilleures de celles qui sont enlevées peuvent encor*^ être employées à la réfection des voies de garage ou de manœuvre dans les gares; celles qui sont complètement h«*rv d'usage sont vendues comme bois h brûler ou utilisées i*Kt.: le chauffage des bureaux de la voie.

Sur les lignes à double voie, quand des traverses n'ont pa> les mêmes dimensions à chaque extrémité, il est bon h^ mettre l'extrémité la plus forte du côté extérieur de la \o\*', car le bout engagé dans Tentre-voie est suffisamment n-nforcé parle ballast et a généralement une moindre résistance à offrir, à moins, toutefois, de se trouver dans la partie convexe d'une courbe.

Lorsqu'un rail est fendu ou cassé à remplacement d^trous des boulons, il doit être remplacé. On enlève avec s<»iL les crampons ou tirefonds de façon à ne pas endommager l.i traverse ; puis, on desserre les écrous des boulons des t^rliss»*^. afin d'enlever celles-ci sans fausser aucune pièce.

Lorsque les écrous ont été serrés avec précaution lors de li pos(î ou lors des visites ultérieures, le desserrage s'en fait presque toujours assez facilement. Mais il arrive parfois qu»*, par suite de la rouille, on éprouve dans ce travail une certaine difficulté qui oblige à casser le boulon à coups de marteau. On évite cet inconvénient en mettant, quelques instani> auparavant, un peu d'buile avec un pinceau sur les écrous à desserrer.

Dans toutes ces opérations, il faut avoir soin de vérifier récartement de la voie au moyen du gabarit et de la maint»^

11 ir à la largeur voulue en dressant et ripant, s'il y a lieu, l«?s parties qui en auraient besoin. Ces petites di^'fectuosités <le la voie ne doivent pas échapper à l'œil exercé du brigadier poseur, auquel un peu d'attention suffit pour les apercevoir et les faire rectifier.

Yérification des courbes. — Il y a lieu de maintenir également la plus grande régularité dans le tracé des courbes.

Voici un procédé pratique, indiqué par M. Salin dans son Manuel du poseur, au moyen duquel, avec les seuls instruments que possède une équipe de poseurs, ceux-ci peuvent vérifier une courbe ou en déterminer le rayon.

Le tableau suivant donne la longueur du demi-arc des courbes dont le rayon est compris entre 100 et 5.000 mètres pour une flèche de 1",45 égale à la largeur de la voie prise entre les bords intérieurs des champignons des rails.

RAYON

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