‹ Chemins de fer, construction et voieChapitre 101 sur 113 · ARC · texte numérisé non relu

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Ce demi-arc se mesure d'après les rails de la lile extérieure de la courbe, qu'on appelle communément le grand rayon.

Premier exemple. — Déterminer le rayon d'une courbe. — On place un jalon d'aplomb au joint d'un rail sur le petit rayon,

au point D par exemple (fig. 259). On envoie ensuite de chaqn^ côté un homme portant un autre jalon, en faisant compter à chacun le même nomhre de rails à partir du point C sur k grand rayon jusqu'à ce qu'ils arrivent en A et B sur Talici:*^ ment ADB. Supposons que Ton trouve 6 longueurs de rai-de 6 mètres plus 2",09, ce qui fait SS'-.OQ pour la longueur CA (ou CB, puisque ces demi-arcs sont égaux';. L-

Fio. 259.

tableau montre que le chiffre de la 2^ colonne le plus rapproché de 38",09 est 38™,08, qui correspond à la courbe dt* 500 mètres de rayon. Si on avait trouvé 45*,06 pour le demi-arc, on se trouverait sur une courbe de 700 mètres de rayon.

Deuxième exemple. — Vérifier le tracé d\ine courbe dont on connaît le rayon. — Supposons qu'on veuille vêrilier une courbe de 400 mètres de rayon. On place, comme précédemment un jalon à Tun des joints de rails du petit rayon en D; fiuis on fait compter par un ouvrier, à partir du point C, ^u^ la (ile de rails de grand rayon, une longueur de 34"',07 prise au tableau ci-dessus comme longueur du demi-arc de 400 mètr**^, et on fait planter un jalon en A et B ; si les trois points A, D, B sont en ligne droite, c'est que la courbe est régulière.

Si la ligne AB passe à l'intérieur de la voie entre les points C et D, c'est que la courbe est aplatie, c'est-à-dire que le rayon est trop grand. Si, au contraire, elle coupe la lile intérieure des rails de petit rayon, c'est que la courbe est trop fermée, c'est-à-dire que le rayon est trop petit.

On continue la vérilicalion sur d'autres points de la courba, en ayant soin de marquer à chaque opération de quel côté la voie doit être reportée pour que cette courbe soit parfaitement régulière.

Lorsque la courbe est entièrement vérifiée de cette façon, on voit quelles sont les parties qui doivent être ramenées en dehors et celles qui sont exactes ou doivent être ramenées en dedans. Un brigadier poseur, connaissant son métier, a vile reconnu les imperfections d'une courbe et trouvé les moyens d'y remédier par un simple ripage de la voie.

Il ne faut toutefois pas oublier qu'on doit avant tout passer aux points obligés, comme, par exemple, au milieu des ponts et tunnels sur les lignes à voie unique, à la distance fixée des murs, parapets, etc.

Si on avait à vérifier une courbe ne figurant pas au tableau, par exemple une courbe de 850 mètres, on prendrait une moyenne entre le demi-arc de 800 et celui de 900 mètres; ce n'est pas rigoureusement exact, mais l'approximation est suffisante dans l'espèce.

Sur les lignes à courbes inférieures à 4 ou 500 mètres, on donne parfois à la voie un écartement de 1™,46, au lieu de 1™,45; on trouve, dans ce cas, dans la 3*^ colonne du tableau qui précède la longueur des demi-arcs des courbes de '100 à 500 mètres de rayon.

Remplacement des rails détériorés. — Pour faciliter l'entretien des voies et le remplacement des rails, il est bon que chaque subdivision ou district ait un dépôt de rails de toutes dimensions, ou au moins de quelques rails courts de 4",94-5",96 et de 5 et 6 mètres, afin de pouvoir effectuer, en cas d'urgence, avec le personnel d'une brigade, le remplacement d'un rail trouvé hors de service sur la voie.

Ces rails courts sont employés seulement à titre provisoire et doivent être remplacés à bref délai par un rail de longueur normale ; on ne déplace pas les traverses et on se borne, s'il y a lieu, à mettre sous le joint des deux rails courts, si ce joint est en porte-à-faux, un morceau de traverse en attendant la pose du rail long.

Ces dépôts sont constitués, le plus souvent, sinon par un râtelier spécial, au moyen de vieilles traverses disposées en dehors des voies, au niveau de la plateforme et soutenues dans le talus par de forts piquets formés également par de vieilles traverses et sur lesquelles les rails sont déposés

comme sur un plancher {fig. 260). Afin qu'on ne puisse eok^r cos rails par malveillance, on les fixe aux piquets à TaidcdM fort fil de fer passé dans les trous des boulons d'éclisses,ou ^ moyen d'une petite tringle cadenassée sur ces piquets. S'jr vaut les circonstances, ou même le terrain dont on disp^\ ces déj)ôts sont faits dans le voisinage d'un passage à nivf.iï..

en môme temps qu'un approvisionnement de pelit matériel: selles, tirefonds, coussinets, éclisses et boulons, ^enfe^lD^^ dans des caisses spéciales fermant à clef et pouvant les abriter contre la pluie.

Transport par vagonnét. — 11 est mis à la disposition dr^ brigades de poseurs et confié au brigadier, qui ne doit s>n servir que pour le transport des matériaux et outils, un vagonnét, ou lori^y. Ce vagonnét ne doit être mis sur K^ rails que sur l'ordre et sous la surveillance du brigadiei et après avoir pris les mesures nécessaires pour couvrir la voie, conformément aux instructions des ingénieurs d*l'exploitation ou de fa voie.

Le vagonnét ne doit pas être employé pendant la nuit ni en temps de brouillard, sauf en cas d'urgence absolue et après usage des précautions nécessaires pour le couvrir de chaque coté, conformément aux instructions.

Quand le vagonnét n'est pas en service, il doit être déposé généralement aux abords d'un passage à niveau, en contre-ba> des voies, renversé ou, autant que possible, enchaîné, à une

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distance convenable de la ligne, de façon à ne pouvoir être replacé sur les voies par un acte de malveillance.

Enlèyement des neiges. — Enfin, en temps de neige, les brigades de poseurs doivent se rendre sur les divers points exposés à recevoir des amoncellements ou des poussées de neige, munis de charrues spéciales, de pelles, raclettes et balais pour déblayer les voies et dégager les rails, et, aussi dans les gares, pour nettoyer les appareils de branchements et les plaques tournantes. Quand, dans ces circonstances, il y a lieu de recourir à des ouvriers auxiliaires, les brigadiers répartissent ceux-ci sous les ordres de chacun de leurs poseurs et les placent sur les points les plus encombrés.

Quand ces moyens sont insuffisants, on a recours au traîneau ou vagon chasse-neige manœuvré par une locomotive, ou à une locomotive chasse-neige spéciale, ou encore à l'emploi de militaires réquisitionnés à cet effet.

D'ailleurs des instructions spéciales, appropriées aux conditions climatériques de chaque contrée, sont données aux chefs de section par les ingénieur de chaque service dans ces circonstances exceptionnelles.

Oatillage des poseurs. — Une brigade ou équipe ordinaire d'entretien, composée de quatre poseurs et d'un chef d'équipe ou brigadier, peut être outillée comme suit <. Chaque homme, y compris le chef ou brigadier, possède : Une batte ; Une pelle en fer ;

Un chasse-coins (voie à double champignon) ; Un marteau à cramponner (voie Vignole) ; Plus, pour fenlèvement des neiges :

Une pelle en bois ; Une raclette à verglas ; Deux balais.

Les outils communs à féquipe sont :

Cinq pinces à riper ; Deux pinces à pied-de -biche ;

1 Manuel du poseur^ de M. Salin.

Six tarières ;

Deux herminettes ;

Deux clefs à fourche ;

Une grilTe en fer ;

Un cordeau de 30 mètres ;

Un levier ;

Un gabarit d'écartemeut de voie ;

Une règle à dé vers ;

Un niveau de poseur ;

lin jeu de nivelettes;

Une brouette ;

Un vagonnet.

Dans les gares, pour l'entretien des changements et croisements de voies et des plaques tournantes, on leur doooe eu plus :

Une clef anglaise ;

Deux burins;

Un marteau-rivoir ;

Une paire de tenailles.

En outre, l'équipe est munie des objets suivants :

Deux drapeaux rouges sur jalon ferré ;

Deux drapeaux verts sur jalon ferré ;

Deux drapeaux blancs sur jalon ferré ;

Un drapeau roulé rouge et vert ;

Deux lanternes à trois feux ;

Deux poteaux porte-lanterne ;

Deux boîtes à pétards;

Une corne d'appel ;

Une burette à huile;

Une scie.

Ces outils doivent Otre entretenus en bon état. En dehors de ces outils chaque brigadier, ou chef d'équipe, doit avoir à sa disposition, dans une botte spéciale, pour le> consulter au besoin :

Un carnet sur lequel sont inscrits les ordres ou instructions qui lui sont donnés par le conducteur ou chef de district ou m«>me le chef poseur sur la tenue et le travail de sa brigade ; Un extrait de la loi du 15 juillet 1845 ;

Un extrait de rordonnance du 15 novembre 1846 ; L'n exemplaire du règlement sur les signaux ; Un exemplaire du règlement pour les garde-ligne, ou autres instructions spéciales à chaque réseau.

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