‹ Chemins de fer, construction et voieChapitre 21 sur 113 · déblais · texte numérisé non relu

déblais

On commence par indiquer au moyen d'une flèche et comme pris au profil 137 : 136™3,75 à conduire au piquet 136; 454"»3,50au piquet 135«, et 173'"3,50 au piquet 135. On note le reste du cube à employer après ce prélèvement, pour s'en servir ultérieurement (1018,85 — 764,75= 254,10). On voit ensuite que l'on aura avantage à utiliser à, la distance de 75 mètres au piquet 138, les déblais du profil 138«, plutôt que d'amener à 100 mètres les 254", 10 restant du profil 137; il ne reste au piquet 138 que 771°»,50 — 200,50= 571,00; on prend au profil 137« : 313'"^D0, que l'on transporte au profil 137*, et les 417 mètres cubes qui restent pour les transporter au piquet 138 ; il reste à remblayer à ce piquet 154 mètres cubes que l'on prend au profil 137. Les remblais sont ainsi tous exécutés, et il reste, au point 137, 100"3,10 de déblais en excès que l'on suppose mis en dépôt sur les terrains voisins et transportés à lu brouette à 35 mètres. On barre successivement par un trait les chiffres indiquant les cubes de déblais utilisés ou les remblais elTectués au fur et à mesure de l'emploi; on

ne laisse ( ) que Texcédent à employer ou à remblayer, ce

qui permet d'inleiTompre son travail, et de le reprendre à volonté sans s'exposer à omettre un cube quelconque dans le tableau du mouvement des terres. On a ainsi tous les éléments pour continuer les inscriptions dans les colonnes 14, 15, 16 et 18; on achève ensuite les opérations des colonnes 17 et 19, et on arrête enfin les totaux. Le total des colonnes 11, 1 2, doit être égal à celui de la colonne 8, de même qu'à ceux des colonnes 16 et 18. On peut alors déterminer la distance moyenne des transports qui est : Pour la brouette :

^^p^ = 45»,80, soit 46 mètres;

pour le tombereau :

— — =z 143«,60, soit 144 mètres.

Ce sont ces distances que Ton introduit dans les formules qui servent à déterminer les prix de chacun de ces transports.

Transport à la brouette. — - La forme de la brouette varie

suivant les localités, et sa contenance est ordinairement com-

prise entre ^ ^^ 55 ^^ mètre cube (0°»3,04 et 0™3,0333). On

admet généralement qu'un ouvrier routeur peut transporter, dans une journée de dix heures, le contenu de sa brouette à une distance de 15.000 mètres, ce qui, avec le retour àjvide, lui constitue un parcours journalier de 30.000 niMres. On admet également qu'un ouvrier chargeur peut prendre à la pelle et charger en brouette 10 mètres cubes de terre ordinaire dans la même durée de dix heures de travail.

Pour la bonne répartition du travail sur le chantier, il faut nécessairement, pendant que le chargeur remplit une brouette, que le routeur ait efTectué son parcours avec la sienne moitié en charge, moitié à vide; ce parcours doit donc

être réglé en conséquence, c'est ce qui constitue un relais.

L'expérience a démontré qu'avec une brouette de — de

mètre cube ce relais doit être de 40 mètres, et qu'il est de

33 mètres environ avec une brouette de — de mètre cube.

Elle fait voir, en outre, que, ces relais étant fixés, un ouvrier occupé à ses pièces, ou en tâche, doit trouver avantageux de charger beaucoup sa brouette ; il fait ainsi moins de voyages et, par suite, un parcours moins long pour transporter le môme cube, sans que la difficulté de roulage soit sensiblement augmentée. Pour des raisons semblables, celui qui paye a intérêt à faire employer de grandes brouettes, car, les longueurs des relais augmentant dans les mêmes proportions, le travail produit est plus considérable sans augmentation notable dans la difficulté ni dans les prix des relais.

Prix dk revient d'un mètre cube transport!?, a la brouette. — Le prix de revient d'un mètre cube de déblai transporté à la brouette est donné par la formule suivante, adoptée par l'Administration des Ponts et Chaussées dans la rédaction de ses bordereaux de prix, savoir :

dans laquelle :

p représente le prix de la journée d'un ouvrier terrassier, variable par conséquent suivant la localité ;

D, la distance de transport (moyenne du mouvement des terres);

L, la distance moyenne parcounie par un ouvrier rouleur marchant sans interruption pendant une journée de dix heures, en faisant la moitié du trajet à charge, et l'autre moitié à vide ;

C, le cube du chargement de la brouette.

Si l'on admet que le prix de la journée de terrassier est de

3 fr. 2S, la capacité de la brouette de -rr de mètre cube, et les

autres quantités celles indiquées précédemment, la formule

devient :

fi KO V 4A X - -HiiîîL^li^ -, 0 fr. 299, soit 0 fr. 30,

pour prix du transport d'un mètre cube à 46 mètres, ce qui constitue un relais un peu fort mais néanmoins admissible en exécution. I/expression de ce prix en fonction de D est : 0,0065D.

Quand la distance de transport dépasse notablement un relais, il y a lieu d'ajouter un rouleur ou un nombre supérieur en rapport avec les relais, car alors le chargeur risquerait de rester inoccupé. Le premier rouleur s'arrête au relais avec sa brouette en charge et rentre au chantier pendant que le second continue jusqu^à la décharge ou au second relais, et revient avec sa brouette vide à la rencontre du premier. Le troisième rouleur prend de la même manière au deuxième relais jusqu'à la décharge, pour revenir à vide jusqu'à la rencontre du deuxième.

On voit par là que les relais doivent être égaux, étant parcourus dans le même temps, à celui que met le chargeur à remplir une brouette ; par conséquent, ils doivent être payés

au même prix que la charge, soit par mètre cube, Tpdu prix

de la journée du terrassier.

On admet généralement que le transport à la brouette est utilement applicable jusqu'à 90 ou 100 mètres au plus, ce qui constitue trois relais de 30 à 33 mètres, longueur peut-être un peu faible, mais qui, en pratique, compense un peu la difficulté, résultant du roulage sur des remblais fraîchement exécutés et les pertes de temps ou autres impré\ais à peu pn'»s inévitables.

On voit aussi que, pour le bon ordre du chantier, il faut que le chargeur ait constamment devant lui une brouette à remplir, de môme que le rouleur doit toujours avoir une brouette entre les mains, soit en charge, soit à vide ; il en résulte que le nombre des brouettes doit toujours être égal à la somme du nombre des rouleurs et des chargeurs.

Fouille ou extraction et chargement des déblais. — La formule du transport établie ci-dessus ne tient pas compte de l'extrac-

lion ni du déchargement, puisque Ton a supposé que la charge a heu sans piochage et qu'un chargeur suffit à alimenter un rouleur. On dit alors que la terre est à un homme.' Quand on est obligé de piocher les déblais ou d*en faire l'extraction, on adjoint au chargeur un ou plusieurs piocheurs suivant les circonstances. On dit alors que la terre est à 2 OK 3 hommes,., ; on dit aussi que la terre est à un homme et demi, s'il faut deux chargeurs pour un piocheur. D'après l'usage, le prix de la fouille ou de l'extraction est toujours compté avec le chargement et le prix de déchargement avec celui du transport.

Si Ton représente par m le nombre de piocheurs adjoints au chargeur pour que celui-ci puisse utilement travailler et charger ses t5 mètres cubes dans sa journée do dix heures (m = 2 par exemple), en supposant tous les ouvriers terrassiers payés 3 fr. 2o, le prix de fouille et charge d'un mètre cube de déblai sera exprimé par la formule :

(pm,£\ \15 ^ t5/"

n ou t5

pm

Le premier terme ^ s'applique à la fouille, et le second -^ à la charge.

Déchargement, — Quant au déchargement, on compte généralement, par mètre cube de déblai, 0,04 de journée de terrassier, ce qui, à raison de 0 fr. 325 l'heure (prix indiqué cidevant), donne 0 fr. 013. Ce prix étant le même, quelle que soit la distance, la formule :

réduite en fonction de D, deviendra : 0,0065D-|- 0 fr. 013, ce qui, appliqué à la distance moyenne de 46 mètres, fournie par le mouvement des terres, fait ressortir le prix total du

PROJET DK TRACÉ ET DK TKRR ASSKMKNTS 8!

transport et (U'cliaritoment à :

0 fr. 209 f 0 f/. 013 — 0 f;-. :J12,

soil eu nombre rond 0 fr. 31.

Transports en rampe. — Dans IVlalnissomcnl th?s élrmonts de prix qui pn^c^dent, on a supposa quo los Iransporis sVfTectucMit sur un terrain liorizonlal ou à pou pn*s; mais il peut arriver qu'on ait à exécuter dos transports en brouelle sur des terrains en rampe, ou à franchir des différences de niveau rendant le travail plus difficile et devant entraîner une modificalion de prix. Généralement, dans la pratique, on ne tient compte de Télévation des déblais que quand la différence entre les points de transport dépasse une rampe de 0™,05 par mètre. Dans ces circonstances, Tusage est de

régler Tinclinaison du parcours à un maximum de — . suit

une rampe de 0",08 par mètre, et de compter le transport

pour autant de relais de 30 mètres qu1l y a de fois 20 mètres

dans la distance parcourue, ce qui revient à dire que 1 mètre

en rampe de — équivaut h -rj: ou :

en parcours horizontal.

Si, par exemple, on veut élever des déblais d'un pointa un autre situé à une hauteur H au-dessus du premier au moyen

d'un chemin en rampe de -—• ou de 0™,08, le parcours sur

cette rampe sera de i2H et équivaudra, d'après ce qui vient «l'être dit, à un parcours horizontal de 12 X 11 X 1 ,50 ou 1811. Ce qui montre que l'élévation à 30 mètres équivaut à un transport horizontal de 18 relais.

TraiiBportaa tombereaa. — Lor';(|u*on doit faire des terrassements un peu plus importants ou otîecluer des transporis à des distances supérieures h 100 mètres, il est plus avanti- «eux d'employer le tombereau allelé d'un, diMix ou Iruis rbovaux suivant les circonslancrs. Le ct'.be de c!ar:r»Mne:it «!<>s

C ».^STRrCTI0X ET VOIE. 6

tombereaux dans ces conditions, très peu variable du reste d'un pays à l'autre, est ordinairement de 0"*,45 à 0^^,50, pour un cheval ; 0"3^85, pour deux chevaux ; et 1"»*,20, pour trois chevaux*.

On voit que ces cubes ne croissent pas proportionnellement à l'augmentation du nombre des chevaux ; c'est qu'en eflTel, dans un attelage de plusieurs chevaux, PefTort de traction n'est pas uniforme et que, par suite du roulage sur des terrains fraîchement remués, il y a perte de travail utile. On a, par conséquent, avantage à n'employer que le tombereau à un cheval pour le transport des déblais ; c'est le système le plus économique et qui occasionne le moins de perle de temps : la contenance la plus courante du tombereau est de 0",45 pour tenir compte de la difficulté du roulage sur remblais.

L'usage des tombereaux à 2 ou plusieurs chevaux est plus spécialement réservé aux transports des matériaux de construction sur routes ou chemins empierrés ; leur capacité atteint alors 1 métro cube pour 2 chevaux eH"^,50pour 3 chevaux, suivant la nature des matériaux.

L'opération se rapportant au transport au tombereau comprend : 1° le chargement en voiture; 2« le transport au lieu d'emploi et le retour à vide ; 3° le déchargement du tombereau, son relèvement et sa remise en marche pour reveuir au lieu de chargement.

Prix du transport. — Le prix du mètre cube de déblai transporté au tombereau est donné p^ir la formule :

dans laquelle :

P représente le prix de la journée du tombereau à un cheval, conducteur compris ;

I) la distance moyenne de transport résultant du mouvement des terres (2D représente l'aller et le retour);

» A la Compagnie du Midi, on admet 0-3,40, 0"3,80 et 1-3,20; à l'Orléans, 0'"3,30, 0-3,90 et l-»,30.

(/, la distance correspondant au temps perdu pendant le chargement et le déchargement;

L, le parcours journalier d'un tombereau, moitié à charge et moitié à vide ;

C, le cube du chargement.

Généralement et sauf, bien entendu, les influences locales, on attribue à ces données les valeurs ci-après :

P : la journée de dix heures d'un tombereau attelé d'un cheval, conducteur compris, est de 9 francs en beaucoup de pays ; elle est de 15 francs, pour 2 chevaux; et de 20 francs, pour 3 chevaux.

L : l'expérience montre qu'un cheval attelé à un tombereau peut parcourir dans une journée de dix heures, savoir : en charge sur routes ou chemins empierrés, 36.000 mètres ; sur remblai avec frayés et fond inégal, 28.000 mètres ; à vide, sur le même remblai, 36.000 mètres ; d'où une moyenne de 33.000 mètres. Certains ingénieurs admettent dans leurs formules 30.000 mètres; d'autres, 32.000. Plus le remblai est dur et solide, plus ce chilTre est élevé ; plus le terrain est mou, et plus ce chiffre est bas.

On a vu, à propos du transport à la brouette, que la charge d'un mètre cube de déblai ordinaire était représentée

par le terme ^ ; il n'en est plus de môme pour le tombereau,

par suite de l'intervention, dans le chargement, du conducteur, dont le prix de la journée est déjà compris dans l'élément du transport.il est avantageux, dans ce cas, de rattacher l'opération du chargement à la formule du transport, plutôt qu'à celle de la fouille. L'Administration l'a d'ailleurs recommandé par cette observation insérée à la suite des formules imprimées des bordereaux de prix.

« Lorsqu'on devra employer les deux modes de transport, i< à la brouette et au tombereau, le prix élémentaire relatif à « la charge étant différent pour chacun d'eux, on le comte prendra dans le sous-détail du transport, et non dans celui » de la fouille. » De là l'introduction du terme d dans la formule.

Chargement. — Quand l'attelage ne comporte qu'un tombereau et que la distance du transport est courte, il y a aran-

tage, en exécution, à ce que le stationnement au chantier soit réduit au minimum et que, par conséquent, le chargement soit fait par le plus grand nombre d'hommes, parmi lesquels se trouve toujours le conducteur, en évitant toutefois que ces ouvriers puissent se gêner. Mais cet avantage diminue quand la distance de transport augmente ; ainsi on remarque, par exemple, qu'avec un relais, ou au-delà de 150 mètres, il vaut mieux augmenter le nombre des tombereaux et effectuer la charge par 2 hommes seulement, au lieu de 3, et quand on arrive à la distance de 500 mètres, si on n'établit pas de relais, le conducteur, seul, sufQt au chargement.

On admet généralement qu'un ouvrier peut charger 12 mètres cubes de déblais ordinaires dans une journée de dix heures. Si donc on désigne par t le temps nécessaire à un terrassier pour charger 1 mètre cube de déblais, et par C le cube du tombereau, U temps total employé au chargement sera de Ct. Si le chargement est fait par 2 hommes, ce temps

sera réduit de —? et sera exprimé par la formule :

L'expérience montre que, pour charger un tombereau à 2 chevaux, il faut compter près de - en sus, ou :

Ct , ct 2Ct

et, pour charger un tombereau à 3 chevaux, il faut compter près do - en sus du temps pour 2 chevaux, soit :

3Q Cif m

Déchargement. — Le temps correspondant au déchargement n'est pas, en général, proportionnel au cube du tombereau; on admet d'ordinaire qu'il fauta peu près l'l/3, ou 0**,022, pour un tombereau à 1 cheval; 1' 3/4, ou0»^,027, pour un tom-

bereau à 2 chevaux ; et 2', ou 0»',030, pour un tombereau à 3 chevaux.

Si Ton ajoute ces quantités à celles exprimées par les formules de chargement indiquées ci-dessus pour chaque cas, en attribuant à C et à Ha valeur qui leur est propre dans le cliargement du tombereau à 1 cheval pris pour comparaison, on aura pour la valeur de rf, répondant au temps perdu pendant le chargement et le déchargement, savoir :

Pour le tombereau à 1 cheval :

^^0,45X0,83 ^ ^,^^22 =. o\20 ou 12',

ce qui correspond à un parcours de :

660 mètres,

soit plus ordinairement 600 mètres ; Pour le tombereau à 2 chevaux :

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