‹ Chemins de fer, construction et voieChapitre 31 sur 113 · L . . ^?Ç . . - ûfRîi - .ÇAainT/i . ii ièL /^__ · texte numérisé non relu

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Fro. 69.

ligne de plus grande pente, soit d'après des obliques à 45» sur la noiinale à ces talus, des saignées espacées de 2 à 3 mètres les unes des autres (fig. 69).

Ces saignées avaient environ 1 mètre de profondeur; ou

plaçait dans le fond un tuyau de^drainage de 3 centimètres de diamètre entouré de pierres posées à la main, sur une épaisseur d'au moins 40 centimètres, que Ton recouvrait de gazon, d'une couche de mousse ou même de paille et ensuite de terre végétale {fig. 70).

On établissait de cette façon, à 1 mètre de profondeur, un plan de drainage dont

Coupe du dram

les branches étaient ré uniesdansun collecteur, formé de tuyaux de 0™,05 de diamètre, placé en dessous de l'arête inférieure de la tranchée, eu arrière du fossé {fig. 71); ces collecteurs étaienteux-mêmes reliés par des drains transversaux à un collecteur général, formé de tuyaux de 0",08 de diamètre, placé dans la direction de l'axe de la ligne et s'écoulant en dehors de la tranchée.

Fio. 70.

Profil de la tranchée

0^)8 CoUectair général

Fio. 71.

o.oS CoUecùcur

Ce système, dont les applications ont eu un plein succès, a l'avantage d'assainir la plateforme en même temps que les talus.

Il est assez difficile d'établir d'avance un prix de revient exact de ce genre de travail, à cause de l'aléa qu'il com-

i'VO CONSTRUCTION

porte, pour fouille et remaniements de terre, et c'est seulement en exécution qu'on peut fixer le nombre et même la disposition des pierrées ou des tuyaux de drainage, suivant la nature des couches rencontrées. Néanmoins, on estime généralement que le procédé de Sazilly coûte de i fr. 50 à 2 fr. 50 le mètre carré de talus assaini.

Le drainage avec tuyaux coûte ordinairement un peu moins et peut s'obtenir pour 1 franc à 1 fr. 50; remploi exclusif de la pierre coûte toujours plus cher et fait ressortir le prix entre 1 fr. 75 et 3 francs.

Consolidation des remblais. — En principe, dans Texécution des remblais on ne doit jamais employer que des terres de bonne qualité; il en résulte qu'on ne devrait jamais avoir à consolider un remblai. En effet, si dans une tranchée il faut accepter le terrain tel qu'il existe avec les difficultés d'exécution que comporte sa nature, rien ne force à employer dans les remblais de la plateforme des terres de mauvaise qualité. Le motif qui peut porter à le faire a pour but l'économie ; mais les travaux qui en sont, la plupart du temps, la conséquence et les dépenses qu'ils occasionnent rendent illusoire cette économie ou font voir qu'elle est mal comprise.

Les embarras auxquels peuvent donner lieu les éboulements de remblais sont, en effet, plus considérables et plus sérieux que ceux résultant des éboulements de tranchées, surtout s'ils se produisent après la mise en exploitation de la ligne.

La consolidation des talus d'une tranchée, l'enlèvement d'un éboulement peuvent encore se faire, dans la plupart des cas, sans nuire à la marche régulière des trains.

Au contraire, la consolidation des remblais accompagne presque toujours une déformation ou un affaissement de la plateforme, qui amène forcément une suspension dans la circulation.

On ne j)eut donc apporter trop d'attention dans l'exécution des remblais de façon à n'admettre que des terres de bonne qualité produites par les tranchées; les mauvaises doivent eu être écartées et mises en dépôt. Quoi qu'il en soit, on peut encore, malgré ces précautions, avoir des remblais à conso-

PLATEFORME i"71

lider ; on le fait alors en s'inspirant des principes que nous venons de développer pour la consolidation des tranchées.

Procédé de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée. — Parmi les divers procédés employés pour Tassainissement et la consolidation des talus argileux, voici celui qui est usité généralennent par la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée, et qui a toujours réussi sur les différentes lignes de son réseau. Il a fait l'objet d'une instruction circulaire du 27 juin 1874 que nous reproduisons ci-après.

« Ce procédé consiste essentiellement dans l'établissement de pîerrées ou murs à pierres sèches ayant une direction normale à Taxe du chemin de fer, afin d'aller chercher les eaux d'infiltration (cause principale de tous les mouvements qui se manifestent dans les terrains argileux) et de faciliter leur écoulement au dehors par la voie la plus facile et la plus directe. Ces pierrées ou murs à pierres sèches constituent de véritables drains et jouent, en même temps, le rôle de contreforts séparant en plusieurs parties les masses de terre en mouvement, rompant la solidarité qui existait entre elles et les asséchant {fig. 72 et 73).

« On donne d'ordinaire à ces pierrées une épaisseur de 1 mètre à 2 mètres (fig. 74), selon la profondeur à laquelle elles doivent descendre et la hauteur qu'elles auront. L'essentiel est que leurs fondations se trouvent toujours en contre-bas des couches glaiseuses retenant les eaux qui ont donné lieu à des glissements ou sur lesquelles d'autres glissements peuvent se produire. Il faut bien remarquer, en effet, que dans tous les terrains bouleversés, lorsqu'ils sont à flanc de coteau, on rencontre, à des profondeurs variables, une ou plusieui-s couches glaiseuses qui deviennent lisses ou glissantes comme du savon, par suite des filtrations d'eau qui se sont arrêtées à leur surface et l'ont ramollie. C'est sur ces couches dont la courbure ressemble à celle de la cycloïde, que s'opèrent les glissements du terrain supérieur (fig. 75 et 76).

M II suit de là qu'avant d'entreprendre la construction d'une pierrée l'ingénieur doit se rendre compte de la position qu'il convient de lui donner dans la masse ébouU»e ou sujette à s'ébouler et fixer son point de départ assez bas pour être

Consolidation d'une tranchée argileuse à Taide de pierrées. j

Fio. 72. — Plan.

Consolidation d*un remblai argileux à Taide de pierrées.

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Fio. 73. — Plan.

corlaiD que la fondation se trouvera partout au-dessous dis surfaces de glissement existantes et de celles qui ont chance de se produire encore.

« Les pierrées sont, en général, espacées de 20 mètres en 20 mètres, afin que l'action de chacune d'elles puisse s'exercer efficacement pour assainir les terres avoisinantes. Le point de départ des fouilles à faire est subordonné, pour chaque pierrée à Taqueduc ou au fossé par lequel pourront s'écouler les eaux soutirées de l'intérieur des terres ; mais il faut s'arranger pour que cet écoulement ait lieu le plus bas possible, afin d'être plus assuré du succès.

« Les parois de la fouille seront descendues aussi verticalement qu'on le pourra au moyen d'étais ou de boisages, dans le but d'éviter un déblai inutile et de se rapprocher ainsi de la forme même delà pierrée.

« On donne au fond de la fouille, en s'éloignant du point de départ, une pente variable qui dépend de la constitution et du ramollissement des argiles que Ton rencontre, puisque l'on doit se préoccuper, avant tout, d'établir cette fondation sur un terrain qui n'ait pas encore bougé et en contre-bas des fissures ou des couches de glissement qui se sont déjà produites.

« Quand on s'aperçoit que le sol fouillé change de nature et devient plus dur et plus résistant, on relève la fondation en établissant un ou plusieurs gradins ; puis, on reprend l'inclinaison qui semble convenir le mieux pour rester au-dessous des couches cycloïdales que nous avons définies.

" Au fur et à mesure qu'on avance dans la fouille, on nettoie le fond avec soin et on construit dessus un radier en béton de 0",30 à 0™,40 d'épaisseur auquel on donne une forme un peu concave à sa partie supérieure. C'est dans cette espèce de cuvette que s'écoulent les eaux filtrant des différents points de la fouille. Sur ce radier dès qu'il a durci, on élève le mur à pierres sèches auquel nous avons donné le nom de pierrée ; l'on ménage à sa base et dans son axe un petit aqueduc carré de 0™,20, au plus, exécuté avec les pierres les plus grosses et les plus régulières. Le reste du mur se monte à la main, en ayant soin de dresser les deux parois

PLATEFORME i75

bien verticalement, afln que cette maçonnerie brute et à pierres sèches se soutienne bien par elle-même et remplisse son rôle de contrefort.

« Pour obtenir ce résultat il faut veiller à ce que les ouvriers ne jettent pas les pierres pêle-mêle dans la fouille et à ce qu'ils fassentun véritable emmétrage en arrangeant avec précaution les pierres à la main. Les étais et les boisages qui maintiennent les parois de la fouille s'enlèvent successivement et on remplit l'intervalle qui reste entre ces parois et le mur avec des débris de pierres ou de gravier, des scories et antres matières perméables.

«< La partie supérieure du mur ou de la pierrée doit affleurer le talus ou le terrain qu'on a voulu consolider et demeurer apparente.

« Les diverses pierrées construites parallèlement les unes aux autres, dans l'étendue des terrains en mouvement, laissant entre elles des intervalles où le sol peut être fortement imprégné et ramolli par les eaux coulant des parties plus élevées, il est nécessaire de les relier au moyen d'arceaux en ogives ou en plein cintre, qui forment un arrêt pour ces eaux et leur donnent un écoulement facile jusqu'aux pierrées principales. Ces arceaux sont également des murs à pierres sèches, dont la fondation descend au-dessous des surfaces de glissement comme les pierrées avec lesquelles ils se raccordent.

« Nous n'entrerons pas dans de plus longs détails, et nous renvoyons aux croquis 72 à 76 pour expliquer comment la disposition des pierrées peut varier suivant les différents cas qui se présentent dans une tranchée ou un remblai à consolider, ou bien encore {fig. 77 et 78) le long d'un versant sur lequel le chemin de fer (ou la route) est établi, partie en déblai, partie en remblai.

«< Nous ajouterons seulement que, pour des lignes en exploitation, ou pour des terrains bouleversés jusqu'à de grandes profondeurs, il est parfois impossible d'établir les énormes fouilles que nécessiterait la construction des pierrées, telles que nous venons de les décrire, et qu'il est alors préférablede recourir (/î{/; 79 et 80) à de petites galeries souterraines.

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178 CONSTRUCTIOX

« Ces galeries, d'abord boisées, sont ensuite i*eprises morceau par morceau pour y construire le radier en béton et le mur à pierres sèches qui constituent la pierrée.

« Si la base seule du remblai ou du terrain en mouvement a besoin d'être assainie, il peut arriver que la galerie établie à la partie supérieure suffise. Dans le cas contraire, il faut superposer une seconde galerie à la première, puis un^ troisième à la seconde, et ainsi de suite, en reliant ensemble les différents étages de la maçonnerie à pierres sèche? jusqu'à ce qu'on ait asséché toutes les terres qui avaient besoin d'être ass<iinios pour se consolider et demeurer en place. C'est ce qui s'est fait au remblai de Rochefort.

« Les pierrées construites dans le sens des fissures et crevasses que présente un éboulementou celles qui contournent le terrain sujet à s'ébouler ne nous ont jamais réussi. Eu effet, au lieu d'offrir aux eaux d'infiltration Técoulemenl le plus facile, par la ligne de plus grande pente, comme cela a lieu avec les pierrées perpendiculaires à la direction du chemin de fer, elles emprisonnent souvent ces mêmes eaux par suite des dislocations qui se produisent dans le terrain environnant et elles augmentent alors le mal plutôt que d'y porter remède (exemple : la tranchée de Villevert sur la rive droite de la Saône, entre Villefranche et Lyon).

« Nous avons donc proscrit ce mode d'établissement des pierrées.

« Le seul cas où il puisse être appliqué avec efficacité, c'est lorsque la couche glaiseuse qui provoque le glissement des terrains supérieurs, couche souvent très mince, repose ellemême sur un banc de roche solide et en place, dans lequel on peut creuser un fossé imperméable et non susceptible de perdre sa forme ou son inclinaison, fossé qui arrête complètement les eaux de filtration et les conduit jusqu'aux points les plus bas où elles doivent rencontrer leur écoulement naturel, sans leur permettre de pénétrer à travei'^ les terres^ superposées à la couche d'argile. Ce moyen nous a bien réussi dans la tranchée de Dasle (embranchement de Montbéliani à Délie) et dans le coteau de Verrière (ligne de Pontarlier à Neufchûtel), qui était composé de moraines et d'argiles accolées à un massif rocheux. »

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