CHAPITRE II
OUVRAGES D'ART ORDDfAIRBS
On entend par ouvrages d'art, en général, les ouvrages nécessités par la traversée des cours d'eau ou destinés au rétablissement des voies de communication interceptées par le chemin de fer.
Parmi ces ouvrages on distingue: les ouvrages d'art ordinaires, ceux qui servent à la traversée des cours d'eau et des voies de communication dans des conditions normales et ordinaires comme dimensions;
Les ouvrages d'art exceptionnels y comme les grands ponts au-dessus de 40 mètres d'ouverture, les viaducs pour la traversée des grandes vallées ou de certaines portions de villes et les souterrains pour la traversée des cols qu'on ne peut contourner ou franchir en tranchée à ciel ouvert.
Les ouvrages d'art ordinaires se divisent en deux catégories: !• les ouvrages destinés à assurer l'écoulement des eaux ; 2* les ouvrages destinés à assurer le maintien des communications.
CSonsidératiotis générales. — En général, les ouvrages d'art nécessités par rétablissement d une ligne de chemin de fer se construisent suivant les m<îmes règles techniques que ceux nécessaires à l'établissement d'une route, soit au pointde vue des dimensions des diverses parties de ces ouvrages, soit au point de vue du système de fondations à adopter et aussi de l'exécution des diverses natures de maçonneries qui se font partout de la même manière.
On remarquera, toutefois, que rétablissement d'un chemin de fer commande principalement de fonder solidement et de construire simplement.
En effet, d'une part, la surcharge plus ou moins grande résultant des remblais, et, d'autre part, le passage des traio^ à fortes charges et à grandes vitesses peuvent avoir une influence plus ou moins dangereuse sur la stabilité de Pouvrage. De là la nécessité d'une fondation solide, et, en général, de dimensions plus fortes pour les ouvrages sous chemm de fer que pour les ouvrages sous routes.
Au point de vue de la dépense, les ouvrages ordinaires sous le chemin de fer étant en général bien plus nombreux que sous une route, leur exécution commande une plus grande simplicité.
A moins de circonstances exceptionnelles, en efTet, comme le voisinage ou la traversée d'une ville, où les détails d'un ouvrage et son appareil demandent à être soignés, les ouvrages en rase campagne ne sont destinés à être visités ou examinés par personne qui puisse en apprécier l'architecture ; il convient de les traiter avec simplicité. Aussi doit-on supprimer, autant qu'on le peut, les appareils de taille dans les parements et les chaînes d'angles et n'employer spécialement la pierre de taille proprement dite que pour les bandeaux des voûtes, les plinthes, rampants, etc.
Fondations. — Les petits ouvrages courants demandent, en général, à cause de leur moindre surface, beaucoup moins de précautions dans leurs fondations que les ouvrages à grande ouverture; on comprend dès lors que pour ces derniers une fondation soignée constitue la condition essentielle de leur stabilité.
Cette question, qui sort un peu du cadre de cet ouvrage, sera traitée plus spécialement dans celui de la construction des ponts en général. Il est cependant utile d'indiquer que les fondations doivent être faites sur un sol incorapre>sible : le rocher solide, le gravier ou le sable bien homogène et l'argile compacte.
On trouvera ci-après les différents cas qui peuvent se présenter et qui sont détaillés dans l'ouvrage de M. Résal savoir:
1» Fondations sur terrains accessibles à sec;
2" Fondations sur terrains accessibles à Taide d'épuisements;
3" Fondations sur enrochements, pilotis, béton immergé, radiers généraux ;
4® Fondations à l'air comprimé avec caissons ;
5® Fondations dans les terrains vaseux, à Taide de puits blindés ou de massifs isolés.
Épaissenr des Yoûtes. — Formules diverses. — En ce qui ronceme les dimensions à adopter pour les épaisseurs à donner aux voûtes à la clef, M. Croizette-Desnoyers a discuté, dans son ouvrage sur la Construction des ponts^ la valeur des diverses formules données par "MM. Rolland, Perronnet, Léveillé, Dupuit et d'autres ingénieurs, et recommande plus spécialement les suivantes pour lesquelles il établit une distinction entre les cas où elles s'appliquent à des ponts sous routes et à des ponts sous chemin de fer, savoir {d représentant l'ouverture, R le rayon de l'intrados, E l'épaisseur à la clef) :
PONTS sous ROUTES PONTS SOUS CHEMINS DE KER
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