ACCESSOIRES DE LA VOIE
Coussinets. — Dans le système de la voie à double champignon les rails reposent sur les traverses par l'intermédiaire des coussinets. C'est une pièce ordinairement en fonte moulée présentant une partie inférieure parfaitement plane et. régulière servant d'appui sur la traverse et percée de trous I>our le passage des tirefonds destinés à la fixer à cette dernière.
Le coussinet est muni de deux lèvres ou mâchoires, d'inégale hauteur, ayant entre elles une cavité de la forme du champignon du rail pour loger celui-ci et le coin destiné à assurer la fixité et la rigidité de la voie {fig, i56 et 157, type Orléans). La lèvre extérieure du coussinet est un peu évasée, pour permettre l'introduction du coin destiné au serrage du rail contre cette mâchoire, et la lèvre intérieure est un pou moins élevée afin de ne pas être atteinte par le boudin de la roue. Comme on le voit, le contact n'est pas absolument complet entre le rail et le coussinet ; ce dernier tient le rail par trois points principaux : la lèvre intérieure allant jusqu'à l'épaulement du champignon .supérieur, la cavité intérieure correspondant au patin ou champignon supérieur, et enfin par la partie extérieure au moyen du coin qui le serre contre l'autre lèvre.
Par suite de la conicité du bandage des roues, le rail n'est pas placé verticalement, mais suivant une inclinaison de 1 20 environ, qui est obtenue soit par le coinçage du rail dans
le coussinet, soit par une légère inclinaison ménaiîi'e dans la disposition de la cavité intérieure de celui-ci ; mai> la surface
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Fio. 156.
Fiq. 157
d'appui sur la traverse doit toujours rester horizontale.
On donne généralement aux coussinets une longueur do 0"»,30 sur 0",it à 0°^,12 de largeur, ce qui représente une
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surface d'appui de 330 à 350 centimètres carrés. Nous avons vu, à propos des traverses, que celles-ci ont à supporter au passage d'un essieu de 13 tonnes un effort de 6.500 kilogrammes transmis par le coussinet; cela donne, par conséquent, pour celui-ci, une pression de 20 kilogrammes environ par centimètre carré, qu'il ne conviendrait guère de dépasser. • Quant au poids des coussinets, il a été jusqu'à ces derniers temps de 9 à 10 kilogrammes en moyenne. Mais, depuis que les divers réseaux employant le rail à double champignon ont augmenté le poids de la voie dans de notables proportions, eu suite d'expériences faites également sur le réseau anglais pour l'accélération de la vitesse, on a dû augmenter aussi le poids des accessoires.
Le nouveau type de coussinets renforcés de l'Orléans, de
0*,38 de longueur sur 0",16 de largeur, pèse 18''R,6
Celui de l'Ouest, de 0-,35 sur 0-,14, pèse 16 ,2
Celui de l'État, de 0-,32 sur 0'»,14, pèse 16 ,0
Celui du Midi pèse 14 ,2
On a augmenté, par conséquent, la surface d'appui de façon à diminuer les pressions sur les traverses et, par suite, l'usure des fibres résultant du frottement.
Coins. — Les coins sont destinés à assurer le serrage des rails contre la partie intérieure des mâchoires des coussinets. On les a fabriqués juscju'à présent en bois dur, généralement en cXivne parfaitement débarrassé de son aubier, sec et sans nœud. On leur donne ordinairement 0™,25 à 0"*,30 de longueur, 5 à 6 centimètres à la tête, et 4 à 5 à l'autre extrémité (/?//. 11)8).
Le prix est généralement de 100 francs le mille.
Sur les réseaux de l'Ouest, du Midi et de l'État, on a expérimenté depuis quelques années un p^^ ^.^^ système de coins métalliques (système l)avid\ qui donnent d'excellents résultats. Ils se composent d'une
lame d'acier repli<»o sur elle-même et formant ressort entre le rail et la mâchoire du coussinet (fig, 159). D'après l«f< constatations qui en ont été faites au réseau de FÉlat, ce> coins se maintiennent longtemps sans se dessentr, et il semble qu'ils contribuent à augmenter la rigidité de la voie, en diminuant la flexion des rails L^*^^H entre les traverses, au moment du passage des machines.
Tirefonds, crampons et chevillettes. — Us
crampons et chevillettes, qui servaient jusqu'alors à lixer les attaches des coussinets ou des rails Vignole sur les traverses, ont été généralement remplac»'> par des tirefonds galvanisés dans les poses de voies nouvelles. Néanmoins, on les emploie encore dans certains réseaux, notamment au Paris-Lyon-Médi-
tenanée, pour l'entretien des voies sur les lignes secondaire^
ou à faible circulation {fiy, 160).
Fro. 150.
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