‹ Chemins de fer dans la province de Québec [microforme]Chapitre 15 sur 16 · LETTRES · texte numérisé non relu

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sens siationaire maïs non rétrograde Aujourd'hui, les circonstances sont changées. Une administrztion prudente, économe et toute d'affaire à rétabli l’équilibre dans notre budget, pour l’année 1896, et nous croyons que

nous devons donuer un peu plus de dévelop-

pement à la politique des cheminsde fer : nous croyons qu’il faut respecter les engagements pris dans le passé et qu’à l’avenir notre politique devra être sage prudente et subordonnée à la nécessité de sauvegader le crédit public.

Nécessité d’une politique de chemin de fer démontrée par M. Shehyn.

M. l'Orateur je n’ai pas besoin de justifier notre attitude par celle de nos adversaires sur la même question, je n’ai pas besoin de défenâre notre politique par celle du parti libéral. Mais si je voulais tirer profit de tous les arguments des membres de la gauche lorsqu'ils étaient au pouvoir, si je voulais me servir de cet arsenal, qu’il me serait facile de prévenir toutes leurs objections par la simple lecture de leurs discours.

PLusieurs voix ‘{Lisez, Fiisez).

L'hon. M. FLynnx.—Je ne lirai pas tout, ce :

serait perdre inutilement le temps de la “hambre, je donnerai seulement lopinion de M.

Shehyn parce qu'elle me parait être la plus concluante et que c’est aussi celle dont nos adversaires se prévalent le plus souvent encore aujpurd’hui. Que la Chambre écoute donc attentivement, que l’opposition surtout m'accorde un moment d’attention. La parole du

député de @uébec-Est, la ‘paréle de M. Shohÿn va revivre aussi éloquente que lors-qu’elle tombait de ses lèvres pour la première fois en 1890 et vous allez l’entendre proclamer à cette chambre et an pays la nécessité de la politique des chemins de fer. M. Shehyn, alors trésorier de l'administration Mercier nous demandait un emprunt de dix millions. La situation financière de la province était très embarrassée, le aëficit élait de un million et plus, qu'importe, M. Shehyn demandait toujours, et de sa voix la plus éloquente, il disait :

« M. l'Orateur, après avoir établi que notre « dette flottante est en grande partie attribuable «à la politique des chemins de fer, le gouver- «nement a-t-1; raison de continuer cette politi- «que inaugurée par nos prédecesseurs ? Pour «ma part, M l’Orateur, j'avoue que je suis en « faveur de celte politique, étant convaincu «que dans un pays comme le nôtre, avec d’im- «“menses régions à coloniser, elle seule peut «faire fructifier les immenses richesses de « notre sol, qui, sans chemins de fer, demeu- «reraient improductives.

« [n’y a pàs de doute, du resie, que les voies « ferrées sont les seuls grand moyens de colo. «nisation vraiement pratiques : C’est par'elles «que les points les plus éloignés d’un pays « deviennent accessibles et peuvent être mis en « rapport avec les Cours d’eau et les ports mari- “times. Les voies ferrées sont devenues les « grands facteurs de la distribution des produits « d’une nation et ont pour effet d’uni-plus effica- «cement le producteur et le consommateur,

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« Depuis quelques années des lignes de chemin « de fer, se sont prolongées sur notre continent æjusque dans ses parties les pluséloignées et ont «ouvert au commerce et à la colonisation de « grandes étendues de terres fertiles qui jadis « étaient considérées comme inaccessibles. C’est « un fait généralement admis que les chemins e« de fer sont les seules grandes voies de com- « munication, non seulement dans notre hémis- « phère, mais aussi dans toutes les autres « parties du monde civilisé. Depuis l’ère des «voies ferrées dans notre pays, nous ne som- « mes plus obligés, comme autrefois, de compter «seulement sur les communications par eau « pour atteindre les grands centres de distri- « bution. |

« Les résultats de cette politique sont évidents, «à preuve le progrès qu'a fait la colonisation « dans les parties les plus lointaines de notre « territoire et les facilités avec lesquelles les « produits destinés à l’exportation atteignent « Pre d d'expédition. En réalité les voies « ferrées sont deveuues de plus en plus impor- «tantes, non seulement comme grandes voies «de distribution pour le traffic local, mais «aussi comme facteurs du commerce de trans- «port. Où en serait le commerce dans la pros vince de Québec sans les grandes lignes telles « que l'Intercolonial, le Grand Tronc et le « Pacifique, et les autres qui les alimentent, «convergeant toutes vers les différents ports «de mer canadiens et americains ?

« Il ne faut pas perdre de vue que, dans la

nfédération canadienne, toutes les provin-

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«ces luttent les unes contre les autres afin « d'arriver le plus rapidement possible au déve- « loppement complet de leurs ressources. La « province de Québec ne saurait rester en arriè- « re : si elle demeurait inerte elle serait inévi- « tablement distancée par les autres provinces. « Il faut lutter non seulement avec Ontario, « mais aussi avec l'immense système de voies « ferrées aux Etats-Unis, dont les ramnifications «s'étendent dans toutes les directions où il « existe un traffic quelconque. L’ouestest donc « pour nous un concurrent redoutable. Pour « conserver notre propre traffic, il faut.de toute « necessité être en état de soutenir vigoureu- « sement la concurrence des autres provinces. « Il faut suivre une politique dont:la.devise « doit être le progrès de la province. Il faut « de toute necessité suivre la voie qui, nous.est «tracée par les provinces sœurs, sans quoi «nous serons reduits à un isolement fatal.

« Les voies ferrées sont dunc pour nous un des « plus puissants moyer ‘ .«urer le succès de « la colonisation dans .… :e pays. ,On mae.dira « peut-être que ces entreprises devraient être « laissées à l'initiative individuelle, Je n'hésite « pas à déclarer que je suis entièrement con- « vaincu que l'initiative privée laissée à ,ses « propres ressources eût été impuissanite à « mener à bonne fin des entreprises aussi con- «-sidérables.

« À part les avantages que la proyince deyra - «retirer de cette politique de chemins de fer, «ily a une autre considération qui a bien «aussi son importance. La eonstrustion de

t ces voies ferrées attire une somme considé- « rables de capitaux étrangers, attendu que la «subvention accordée pour chaque mille ne « représente qu’une faible partie du coût total. « Ce sont les capitalistes d’outre mer qui four- « nissent la difference.

« Une fois que toutes ces lignes subvention-

« nées seront construites nous aurons un nou- « veau réseau qui sera un facteur important à wajouter à notre système de voies ferrées.

« Chaque mille de ce réseau, lorsqu'il sera «complètement parichevé et fourni de tout le « matériel d'exploration, coûtera a moins « $30,000. La construction de ces nouvelles «lignes subventionnées exigera une dépense «“ énorme en regard de laquel.e nous n’aurons « contribué que pour la somme de $7,298,567.88. « Les dix millions que nous demandons à «emprunter sont destinés pour la plus large « part à couvrir les subventions accordées pour « la construction de ces voies ferrées, ét la « balance sera employée à d’autres construc- «tions d’une grande importance.

«Ces sommes énormes dépensées dans la « province vont contribuer largement au déve- «loppement de notre commerce et de nos «industries, et donneront de l'emploi à des mil- «liers d'ouvriers. Tous ces travaux ne peuvent «qu’ajouter à la valeur de la propriété natio- «nale, car il ne faut pas perdre de vue que - « toutes ces voies ferrées restent à la province, « quels qu’en soient les propriétaires, et que « les à du capital requis pour ces grands tra- « vaux seront fournis par des Çapitalistes euro-

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«péens. C’est déjà une grande compensation « pour les sacrifices que nous nous imposons « pour assuier le succès de ces entreprises.»

Ces paroles doivent, ce me semble disposer de toutes les objections de nos adversaires contre la Jégislation du gouvernement aclnel. (App) Ils ne contestent pas que les compagnies ont droit à ces subsides en loire; 118 ne contestent pas non plus que la Joi convertit ces subsides en terre en subsides en argerit, avec l'obligation par la province de faire localiser ces terres, de les vendie et de payer aux cempagnies la balance des trenle cinq centins qui leur est encore due ; ils ne peuvent pas contester que les compagnies ont demandé au gouvernement de faire cetie localisation et que le gouvernement a toujours relardé de la faire : à quoi s’opposeraient-ils donc ? Au projet de règlement actuel? Mais j'ai démonté Fimpossibilité et mème le dé-avantage de la localisation et afin de leur enlevertout doute, j'ai cité l'opinion de M. Shehyn,un de leurs chefs, leur oracle en fait de questions financières, celui-là même qu'ils suivent encore aujourd’hui, —opinion entièrement hostile à la politique de localisation, pour des raisons qui corroborent celles que j’ai déjà données. Leur objection sur ce point ne peut donc tenir s'ils désirent être pris au sérieux par le public.

(Appls.)

Il reste le côté financier de cette jolitique. Eh bien, M. l’Orateur, ici encore je ne puis croire que nos adversaires vont se contredire aussi catégoriquement qu'ils le feraient en

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votant céntre ces résolutions, sous prétexte que la situation financière de la province ne permet pas de faire ce reglement.

Quelle était la position en 1890? Nos revenus diminuaïent, nos dépenses augmentaient, nous avions un déficit de plus d’un million.

Et malgré cela, M. l’Orateur, nos adversaires déclaraient par leur vote que cette situation permettait d’ajoutor encore dix millions à notre passif en y comprenant plusieurs millions de subsides nouveaux. (Ecoutez, Ecoutez).

Et aujourd'hui que nous avons rétabli l'équilibre, que les dépenses sont considéra. blement diminuées, que les revenus augmentent et que nous avons un surplus, sans compter les ct cher d’une amélioration encore plus sensible par le projet de conversion de la dette, aujourd’hui, dis-je, nos adversaires craindraient de surcharger le crédit de la province en votant cette loi qui ne demande qu'une bien faible somme comparativement à ce qu'ils votaient en 1890. J’ose espérer qu’ils ne se déjugeront pas ainsi à quelques années d'intervalle seulement. Je comprends qu’en 1890, étant donné la situation financière de la province, ils auraient pu se prévaloir de cette raison pour justifier une opppsition à la législation du gouvernement Mercier. Mais actuellement cette raison n'existe plus et nos adversaires ne peuvent pas rejeter une politique qu’ils ont approuvée en 1890 dans des conditions beaucoup plus défavorables. C’est la politique de nos adversaires que nous liquidons, puisque la plus grande partie des subsi-

des payables et dus actuellement ont été ou votés ou convertis par eux lorsqu'ils .étaient au ; ouvoir.

Conclusion

J'ai tenu à expliquer cette politique à .tous ses points de vue et dans tous ses détails. L'importance de la question demandait un exposé complet, et si j'ai été un peu long, la Chambre me pardonnera, je l'espère. J’ai voulu démontrer les sacrifices que la Province s'est imposés pour donner à notre population les avantages de communications rapides que. demandent les besoins de notre époque. IL était important aussi pour l’étude et la division du sujet qui pous occupe, de signaler les obligations contractées par la Province envers les compagnies de chemins de fer auxquelles les subsides ont été accordés aux conditions énumérées dans les différentes lois de cette législature.

Et pour donner à chacun son dû, pour établir clairement et parfaitement les responsabilités de chaque parti, d’abord dans l’octroi > ces subsides, puis ensuite dans leur conversion en argent, j'ai démontré encore que la politique du parti conservateur avait été la prudence et la modération, tandis que la politique du parti libéral a été l’extravagance poussée jusqu'’à.ses extrêmes limites. De fait, des statistiques que j'ai citées,il ressort avec la plus grade évidence que les: subsides que nous sommes appelés à régler aujourd'hui

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