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BATIMENTS

Alimentation d'eau'. — La distance qui sépare les i)oinls où l'on doit installer des réservoirs d'eau i)Our laliuientatioli des machines peut, i)Our certaines machines, atteindre et dépasser 100 kilomètres; en ]irati(}ue, cette distance varie entre 25 et 30 kilomètres i)our les chemins à pente moyenne et entre 16 et 20 kilomètres pour les chemins à fortes déclivités. Les réservoirs, dont la capacité est très variable, se font généralement en tôle. I^a meilleure disposition est un cylindre dont le fond est un segment de sphère. L'épaisseur du corps cylindrique varie de 3 à 5 millimètres, celle du fond peut atteindre 6 millimètres. La cuve est fixée à une couronne en fonte supjiortée par une tour en maçonnerie de 0"',40 à O^iôO d'épaisseur, à laquelle est souvent adossé le bâtiment de la machine d'alimentation. Les réservoirs sont généralement couverts et même entourés d'une enveloppe destinée à les protéger contre la gelée.

Le choix de l'eau est très important, à cause des incrustations qui se déposent sur le système tubulaire des machines; il faut proscrire absolument les eaux séléniteuses, modifier les eaux calcaires en les faisant barboter avec un lait de chaux, qui laisse déposer les sous-sels alcalins, et, dans tous les cas, ne pas employer des eaux contenant plus de 2 à 300 grammes de sels par mètre cube. Les conduites de distribution ont généralement de \3:j à 160 millimètres de diamètre.

Deux systèmes d'épuration sont en présence. Le premier consiste à épurer les eaux avant leur introduction dans la chaudière, le second à introduire dans celle-ci des matières empêchant l'adhérence des dépots ou facilitant levu' décomposition ou leur transformation en matières boueuses non adhérentes et faciles à enlever ; on peut classer dans cette catégorie les désincrustant-i, l'emploi de lames de zinc, etc. Le premier système est employé, sur une grande échelle, par la Coml)agnie du ISord et en essai sur les lignes de la plupart des autres Compagnies.

Les réservoirs sont habituellement placés à l'extrémité des quais de voyageurs, où les machines s'arrêtent pour jjrendre de l'eau. Il vaut n)ieux, j)our ne pas gêner la vue, les remplacer par des grues hydrauliques, ou colonnes ascendantes en fonte, d'une hauteur de 3 mètres, ayant la forme d'une potence, ou, ce qui est préférable, munies dune manche en cuir qui se rabat le long de la colonne, et que le mécanicien introduit dans le tender avant d'ouvrir le robinet.

Les grues ont l'inconvénient d'être sujettes à geler en hiver ; on les enveloppe de paille pour atténuer cet inconvénient, et, dans les pays froids, on y adapte un poêle.

1 Voir Noie -lur l'écartement des alimentations sur les Chemins de fer, par M. W. Nordling {Annales des Mines, 1864).

Alimentalion en marche. — En Ànglelenc, on a iniiiginc d alimenter les niachines des trains express i)endant leur inarcbe; un tube recourbé dans le sens de la circulation descend du tender dans un canal placé entre les rails et, sous linfluence de la vitesse, leau sélève jusque sur le tender; cette disposition exige une grande surveillance de la part du mécanicien et un canal dune très grande longueur. Ce système tend à se généraliser en Angleterre et aux Etats-Unis: il vient d'être introduit en France. Cest grâce à ce système que, sur les chemins de fer de l'Etat, l'express de Paris-Bordeaux par Chartres, Niort et Saintes, franchit sans arrêt la distance de ToS kilomètres qui sépare Chartres de Thouars.

Ateliers. — En France, les Compagnies de chemins de fer ne construisent que par exception leur matériel roulant; elles s'adressent généralement à l'industrie privée et font seulement les travaux d'entretien.

Les matières premières sont reçues dans un bàlinient ai>pelé économat ou magasin, où le rez-de-chaussée et les étages sont divisés en comiiartiments et en cases permettant de classer toutes les pièces, en attendant qu'il en soit fait usage.

Les atelieis proiirement dits comjtortent des forges, fonderies, chaudronneries, ajustages, qui ne diffèrent en rien de ceux de l'industrie privée. L'atelier de montage des machines i)résente quelques dispositions spéciales; un chariot roulant central dessert deux séries de quatre files de rails perpendiculaires sur lesquelles sont installées les machines et les grues destinées à les enlever. Il faut compter sur une hauteur de 6 mètres et sur une largeur de 6 mètres par machine; chaque travée de part et d'autre du chariot doit avoir 18 à 20 mètres de profondeur.

Les autres ateliers d'entretien du matériel roulant, charronnage, serrurerie, i)einture, garnissage, bâches, etc., rentrent à peu près dans les conditions ordinaires des ateliers de carrosserie. On trouve de sérieux avantages à les couvrir de toits à deux inclinaisons inégales, comme les ateliers de tissage; le pan le plus incliné, exposé au nord, e^t fermé par des châssis vitrés qui donnent le maximum d'éclairage.

Les voies de remisage sont desservies par des chariots roulants avec ou sans fosse.

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