CHAPITRE IX DÉPENSES DE CONSTRUCTION
§ 1. — Dépenses générales.
Dépenses de rinlrastnicttirei. — Le prix de revient kilométrique de l'infrastructure est réiément le plus variable du coût de la constructimi d'un chemin de fer, tant à cause des différences de relief que peut offrir la contrée traversée qu'à cause de la valeur des terrains, qui dépend évidemment de la richesse du pays; on ne peut donc donner que des limites extrêmes entre lesquelles peut osciller cette dépense.
Au point de vue des dépenses de construction, les chemins de fer peuvent être divisés en trois catégories :
Les chemins de construction facile, c'est-à-dire en pays plat, ne rencontrant que peu ou point de cours d'eau ou de voies de communication ;
Les chemins de fer de difficulté ordinaire, c'est-à-dire ne comportant que des travaux d'art courants en nombre assez limité ;
Les chemins difficiles, présentant des travaux exceptionnels : ponts, viaducs, tunnels, consolidations coûteuses, etc.
Double voie. — Dans les chemins à double voie classés comme étant d'une exécution facile, la dépense varie de 100 à 120.000 francs par kilomètre; dans cette dépense, les terrassements et ouvrages d'art entrent pour 70 0/Û, ie prix d'achat des terrains pour 20 0/0, les frais d'études et de personnel, 10 0/0.
Dans les chemins de difticulté ordinaire, la dépense de l'infrastructure varie entre 120 et 150.000 francs : les terrassements et ouvrages d'art cotitent 70 à 75 0/0; les terrains, 15 à 25 0/0, et les frais d'études, 5 à 10 0/0.
Enfin, dans les chemins à double voie réputés difficiles, la dépense
1 L'hifrastrticlure comprend : l'acquisition des terrains; les terrassements ; les ouvrages d'art ; les maisons de gardes et de cantonniers ; les passages à niveau, pavages, barrières.
La superstructure comprend : le ballast; les supports, traverses, rails; la pose de la voie ; les clôtures de toute espèce (sauf exceptions justifiées) ; les constructions de toute nature se rattachant à rexploitalion ; bâtiments de gares, ateliers, etc.; télégraphe, signaux, poteaux kilométriques. (Cipcu)aire du 7 août 1877 relative aux dispositions intéressant les études et la çonstruclioD des chemins de fer.)
peut s'élever au delà des limites ordinaires. Parmi les lignes récemment construite?, il en o?t pour lesquelles cette dépense a été de 245, 325 et 360.000 francs par kilomètre : les terrassements et ouvrages d'art ont dépassé la proportion de 80 0/0. On conçoit que l'exécution d'un souterrain grève beaucoup la dépense kilométrique, et qu'il doit en être île même de l'acquisition des terrains aux abords des grandes villes.
Vole uniqve. — Pour les lignes à voie unique, la dépense kilométrique de l'infrastructure peut descendre jusqu'à 60.000 francs; les chemins d'Alsace n'ont même coûté que 47.000 francs; mais, lorsque les conditions exceptionnelles et favorables aux économies font défaut, la dépense se maintient entre 80 et 120.000 francs par kilomètre. Dans les lignes difticiles. elle peut atteindre 280.000 francs. Le prix d'achat des terrains est, en moyenne, de 20 0/0, parce que la plupart des lignes ont été construites de manière à permettre la pose ultérieure d'une deuxième voie, et quen outre', dans les nouvelles lignes d'intérêt local, on multiplie considérablement le nombre des stations.
Exemples. — Le tableau suivant, dressé par M. Sévène d'après de nombreux exemples de lignes actuellement construites, et reproduit par M. Humberti, donne une répartition détaillée des dépenses dont il. vient d'être question.