CHAPITRE XVI ÉCLAIRAGE ET CHAUFFAGE
g 1. — Éclairage des voitures.
Bougies. — L'éclairage à la bouf/ie n'est plus guère employé en service courant que dans les pays froids, où l'huile serait exposée à se congeler ; il est prévu, parfois, à titre d'éclairage de secours dans les véhicules éclairés à l'électricité.
Huile végétale. — L'éclairage à l'huile végétale tend à disparaître ; les lampes h l'huile à bec plat ne donnent qu'une lumière fumeuse et vacillante et l'on peut dire que cet éclairage ne devient satisfaisant qu'avec des lampes à mèche ronde et surmontées d'un verre, telles qu'elles sont employées i)ar la Compagnie du Nord. Ces lampes ont une intensité de 3/4 de carcel et sont munies d'un réflecteur en tôle d'acier nickelé qui réi)artit la lumière dans toutes les i)arties du compartiment.
Huile minérale. — L'/m/'/e minérale présente trop de dangers et d'inconvénients pour être employée dans les lampes ordinaires des chemins de fer. Cependant, cejlaines Compagnies brûlent dans des lampes spéciales un pétrole à. point dinflammabilité élevé, dit cuha minéral, qui donne des résultats satisfaisants.
Gaz. — L'éclairage au f/az a pris une assez grande extension dans les ])ays limitrophes de la France : Belgique, Allemagne, Angleterre et Italie ; puis il s'est développé en France, où il est emplové sur les réseaux de l'Ouest, de l'Est, du P.-L.-M. et de l'État.
Le système le plus usité est le système Pintsch. iSous ou sur chaque voiture sont installés un ou deux i<éservoirs contenant du gaz riche provenant de la distillation d'huiles et comprimé à 6 atmosphères. Après avoir traversé un régulateur, destiné à compenser pendant la marche la perte de pression due à la consommation, le gaz est amené jusqu'aux lampes par une conduite disposée le long des parois et sur la toiture.
Dans le système Cambrelin, il n'y a qu'un seul réservoir à gaz, placé
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dans le fourpon à bagages, et les conduites des diverses voitures sont raccordées entre elles par des tuyaux en caoutchouc.
Un système ingénieux permet la mise en veilleuse automatique de la lumière de la lampe, toutes les fois que Ton baisse le store entourant la coupe.
On est parvenu à employer avec succès dans les voitures l'éclairage au gaz par incandescence, qui rivalise avec l'éclairage par l'électricité et lui est parfois supérieur.
L'emploi du gaz nécessite l'installation d'usines spéciales et de réseaux de conduite d'alimentation dans les gares ou le transport du gaz dans des wagons-réservoirs spéciaux, où l'on emmagasine le gaz pour le porter des usines dans les gares qui ne possèdent pas d'installation pour produire le gaz.
Électricité. — Ij celai raye élcdriqiie peut être réalisé de diverses manières.
Piles. — Les essais tentés à l'aide de piles ne paraissent pas avoir lionne toujours de bons résultats.
Ihjnamos. — On expérimente l'emploi de machines dynamo-électriques, commandées par l'essieu d'un des véhicules du train et chargeant des accumulateurs destinés à api)rovisionner les lampes à incandescence placées dans les compartiments.
Accumulateurs. — On emploie des accumulateurs seuls, chargés aux extrémités du parcours i)ar des machines dynamo fixes.
Les wagons-salons du Pennsylvania. Railway sont éclairés à l'aide d'accumulateurs seuls.
L'n certain nombre de trains du Boston ami Albany Railway sont éclairés par des accumulateurs alimentant des lampes Edison.
h' Etat prussien fait usage d'un certain nombre de voitures éclairées à l'incandescence. Chaque voiture renferme .'> lampes de 6 bougies. Le courant est fourni pour viugt-(iuatre heures au moyen d'accumulateurs ; la lumière peut être réglée par' le voyageur.
Système Ti)iimis. — Le Midland l{nilv;ay emjdoie, depuis 1887. en le perfectionnant, le système Timmis'^. qui résout les quatre problèmes suivants : i» chaque voiture a sa source d'éclairage distincte; 2» le conducteur peut éteindre et allumer de son i)oste toutes les lampes du train ; 3° l'installation d'éclairage sert en même temps à l'interconinuinication entre les voyageurs et le conducteur ; 4» en cas de rupture d'attelage, toutes les lamjjes s'allument dans la partie détachée.
Chaque voiture porte une batterie d'accumulateurs de dix éléments et les voitures sont réunies entre elles i)ar un cAble à quatre tils.
La Compagnie d'Orléans installe actuellement sur son nouveau nia-
1 Jtevne f/<'nrrale des ('liernins de fer. janvier 181)'?.
tériel environ I.ÎOO lampes électriques qui lui sont fournies par la Société Force et Lumière.
Éclairage intermittent. — Sur le chcniin de fer Métropolitain de Glnscow, les voitures sont éclairées automatiquement à lélectricité pendant le passage sous les tunnels. A cet effet, les lampes sont relices à une brosse métallique ou à une roue venant prendre le courant au contact dun rail isolé placé au milieu de la voie.
Acétylène. — La Compagnie P.-L.-M. a entrepris, dès 1895, de? essais sur léclairnge de ses voitures par le gaz acétylène pur: elle les a abandonnés en raison des inconvénients que présentait l'emploi de l'acétylène comprimé à 10 kilogrammes ; mais, depuis, elle a utilisé lacétylène pour augmenter le pouvoir éclairant du gaz riche (gaz d'huile ou de boghead) qu'elle emploie pr)ur ses voitures. L'acétylène, en raison de son grand pouvoir lunùneux, était, en effet, tout indiqué pour améliorer l'éclairage des voitures éclairées au gaz dans les Compagnies de chemins de fer.
Les voitures de la Compagnie P.-L.-M. sont éclairées actuellement par un gaz mixte, à la pression de 7 kilogrammes, contenu dans de grands récipients iixés sur la toiture des \vag<.»ns. Leur capacité varie, suivant les types de vuilures, entre 350 et 2.30U litres, ce qui cor;es; pond, à 7 kilogrammes de pression, à un approvisionnement de 2.'i50 à 16.100 litres. Le gaz est un mélange de gaz riche provenant de la distillation des bogheads et d'acétylène dans la proportion de 3 à 1.
Le gaz riche, qui donne de 7,.') à 8,5 bougies par 25 litres à la pression de 35 millimètres d'eau et avant la compression, ne donne plus, après la compression, que 6 bougies par 2Ô litres sous la même pression. Le mélange des deux gaz (gaz riche et acétylène), dans la proportion indiquée, donne un pouvoir éclairant de 15 bougies jiar Tô litres sous une pression de 40 millimètres d'eau et après avoir été comprimé préalablement à 10 kilogrammes.
Les réserA'oirs à gaz comprimé sont munis de détendeurs Delà marre, à membrane parcheminée, ou de détendeurs Fournier. à membrane métallique, permettant d'obtenir une i)ression de 40 millimètres d'eau aux appareils d'éclairage.
Les becs employés pour cet éclairage sont des becs Bray. à toile métallique et percés de deux trous sur la face supérieure, ou des becs Manchester type Delamarre ; ils débitent 25 litres à l'heure à la pression de 40 millimètres d'eau L
L'emploi du gaz riche brûlant dans des becs à incandescence, parait devoir supprimer l'emploi du gaz mélangé d'acétylène. Toutefois l'éclai-
1 D'après la Revue générale de Chimie pure et appliqu-^e, n» 18, du 6 octobre 1901.