CHAPITRE IL
Des Princes Babâns (442).
L'esprit aussi brillant que le soleil des historiens qui se distinguent par leur éloquence, et le génie subtil (odoriférant) des çw'jjj; narrateurs qui brillent par leur érudition, n'ignorent pas que les princes Babâns avaient acquis la plus grande célébrité dans tout le Kourdistânpar le grand nombre de leurs tribus J^ (44 2*) et de leurs vassaux, par la multitude de leurs défenseurs et de leurs serviteurs. Mais lorsque la durée du gouvernement de cette dynastie se fut prolongée, comme il sera dit plus loin, jusqu'à Pîr Boudâq' le Béby (ou Bébbeh) et jusqu'à son frère (443), leur race s'éteignit, et la principauté passa de cette lignée à leurs serviteurs (ou aides de
camp ûLfO^)' ^^^ ^^ ^^ ^^^** ^^"^ '^^^ famille aucun prince qui fût capable et digne d'exercer l'autorité, princière,
Pîr Boodàq', fils de rfimîr Abdâl.
C'était un 'Hâtime {Tha^) pour la générosité et un Roustèm pour la valeur : il ne cessa d'enlever à ses égaux et à ses émules
la balle de la supériorité et de la prééminence avec le mail de la vaillance. La chose en vint à un tel point qu'il aspira à monter encore et conçut l'idée de se révolter. Il ravit, en conséquence, à la grande tribu Zerza le pays de Lardjân^ à celle des Sonhràns (ou Sor&ns) Siwy (ou Ghitcy ?) et MachUaguerde (444), enfin le territoire de Suldoùz aux états q'izilbftches. Il restaura le château de Maràn , où il institua un mir-i4iva (commandant de province) subordonné à son autorité. Après avoir soumis et subjugué de bon gré et de vive forcé la grande tribu Mokry (ou Mékry) et celle de fiàneh (444*), il prit au prince d'Ardélàn la province de Giéhrouhazàry qu'il annexa à sa principauté, et envoya de tous côtés et de toutes parts des mir'i-sandjâqs^ auxquels il remit le tambour et le drapeau (comme insignes du commandement) (445). n prit également possession du canton de Kerkouk dépendant de Bagdad, et en confia l'administration à l'un de ses courtisans. Il introduisit dans sa principauté quelques innovations qu'aucun des princes du Kourdistàn n'avait eu le bonheur de faire avant lui, entre autres, celle de se réserver, avant tout autre JjI^I j^, les filles de ses émîrs ei de ses ag'as. Il avisait, à cet effet, d'une manière convenable et digne des émirs et des notables aux préparatifs nécessaires, prescrits par l'usage et indispensables (44 6) pour les noces. Lorsque le jour ^^^^l fixé pour la promesse de mariage jic Ijc^ (les fiançailles) et pour mener la jeune fiancée au domicile conjugal était venu, il mariait la jeune fille, sans en donner avis à qui que ce fût, à l'un de ses ag'as, à qui étaient remis sa dot et son trousseau (447).
Son frère Roustèm conçut l'idée d'attenter à ses jours. Un de ses confidents révéla secrètement cette conspiration au prince. A l'époque de sa campagne de Zerza, Plr Boudâq" fit arrêter (448) et mettre à mort Roustèm avec les malfaiteurs, qui étaient ses complices et ses conjurés. Il marcha à la tète de ses troupes, contre Mtr Sidy (ou Seïd), fils de Châh'Aly, dans l'intention de s'emparer de la principauté de Souhr&n (Sorân). L'Émir Sldy, ne se sentant pas en état de lui résister, évacua sa capitale
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