CHAPITRE lY
qui HO se compose que de deux branches ou paragraphes.
Bes Prinees de Béradoste (502').
On saura que les princes de Béradoste tirent leur origine de la peuplade Omrân. Une tradition digne de foi (authentique) nous apprend que ce sont des descendants de Hélâl, fils de Bedr, fils de'Hosnéwelh 4^yLu» (0. R. djy;.sAu>.'Hasnétdeh{503)j qui ont été princes de Delnéwèr et de Chehrézoûl. Hélâl succomba dans un combat qu'il livra à Chèms-u ddafllèt le Deïlémite, prince (wàly)
de HamadAn: ses enfants vinrent dans ce pays-ci. Us étaient an nombre de trois frères dont Fun dennt wàly de Chehrézoûl, à la place de son père; son autre frère devint chef (hâhime^ goa« vemeor) de la grande tribu d'Okau ou Og<m ^\ (?), et le trois* ième, vint, à son début, JL jjjj^y dans le canton de KMn-àln^ u^Ll) ù^ (serait-ce SeUnâs ^^UL?), une des dépendances à^Ourmy ^jj\ (504), dont il prit possession à titre d'apanage héréditaire ilJCL. Leur position progressa graduellement et s'améliora tellement qu'ils parvinrent au rang d'émîr. Suivant l'opinion des habitants de Béradoste, leurs princes sont des descendants de Bélàl J^ ; mais ce nom est une faute d'orthographe, c'est Hélàl J V (qu'il faut écrire). Le plus capable (jui;l le plus avancé en âge ?) de cette famille et le plus distingué de ce lig- ^^^ nage fut Cfàzy-qirân^ fils de Soulthàn Â'hmed, qui, avant la sou- ''• ^^' mission des émtrs du Kourdistàn au chah Isma'ïl , tua dans une seule et même bataille rangée, une multitude de Q'izilbâches (Persans), qui se trouvaient à Ourmy (Ourmiah), et dont le nombre s'élevait approximativement à mille. Lorsque les émtrs et les princes du Kourdistàn obtinrent simultanément l'honneur de baiser le tapis du chah Isma'ïl, ce monarque l'accueillit de la manière la plus honorable et la plus respectueuse , et lui donna le nom de Gfâzy-qirân. Il lui conféra les cantons de Terkour{j^ Turkwèr?), de Sjsounm ijl^yo et de Doâl Jj> avec toutes leurs annexes, leurs châteaux forts et leurs dépendances dont il lui délivra le diplôme d'investiture à titre i'Bûlèt (505). Il vint enfin, de compagnie avec les princes et les émirs du Kourdistàn, à la Sublime Porte du sulthân Sélîm-Khân.
A l'époque où l'héroïque sulthân Souleïmân-Ehân tourna la bride du départ du côté de la ville de Tébriz et de l'Adzerbaïdjân, dans l'intention de conquérir la Perse, et où G*âzy-q'irân eut l'honneur d'être admis près de ce monarque pour conférer et délibérer avec SaHautesse sur la campagne projetée, ses avis concernant le plan et la marche à suivre dans cette expédition de Perse, s'accordèrent tellement avec la manière de voir de
remperear (padichàk), que celui-ci prit à tâche de rhonorer et de lui témoigner son respect en cumulant avec son sandjâq^ une somme proyenant du pays il^'ij d'Irbil J^ji (Arbèles), de Bagdad et du Diârbékir (506). H fut honoré et comblé de caresses de la part de cet auguste monarque, gouverna et administra fort l<Higtemp8 sa principauté suivant son bon plaisir , et y parvint à un âge très avancé. U laissa dans ce monde, après son décès, deux fils nommés Chah Mou hammed-big et 'Aly-big.
PARAfiEAPlE PIEIIBR 011 PIEIIIRE lUHGlE.
Des Princes (ou Emîrs) de Szoumaï.
Cliâh leu'hammed-big, fils de CTâzy-if irân.
n prit les rênes du gouvernement après la mort de son père, et lorsqu'il eut consacré, pendant quelques années, tous ses soins et son zèle à l'administration de sa principauté, il fut admis dans le sein de la miséricorde divine , et laissa, après lui, quatre fils: Boudàq-big, 'Haçane, Iskèndèr et Zeïnel. Sa princi* __ fut dévolue à son fils aine. 'ptrtau,
Boidâq'-big, fils de Chah ■on'hammed-big.
n prit, après le décès de son père, le collier de la principauté en vertu d'un diplôme (507) du glorieux sulthân Sélîm-Khân. Il quitta également ce séjour éphémère pour gagner la demeure étemelle, et laissa quatre fils nommés Ewlia-big, Chah Mou- 'hammed-big. Chah - q ouly - big et Sîdy. Comme ses enfants étaient encore en bas âge et incapables de régner, la principauté de Béradoste fut conférée à son frère 'Haçane-big.
'Haçane-big, fils de Chfth Noa'hamm(^d-big.
Le poste d'émir de Béradoste lui fut gracieusement accordé après son frère conformément à un décret du sulthân. Ses peuples
Têxiê
portèrent plainte contre lui, attendu qu'il ne traitait pas d'une manière convenable les diverses tribus et peuplades et que les émirs, ses voisins, étaient mécontents de lui: il se rendit donc à la Sublime Porte en conséquence d'un rapport fait par Zeînelbig. n émana de la part du sulthân un décret adressé à ^Houceïn-Pacha, mir-i-mirân de Wân (508), à qui il enjoignait de procéder à une enquête sur la conduite de 'Haçane-big. Ce pacha, s'étant empressé de se conformer au firman irrévocable de son souverain, somma 'Haçane-big de comparaître à la barre du divan de Wân. Après lui avoir fait subir un interrogatoire, et après avoir instruit cette affaire, ou le suspendit par le cou, à un arbre qui se trouvait au milieu du palais (sérail) du pacha (509). Lorsqu'il fut pendu et supplicié, la principauté de Béradoste fut conférée à 'Aly-big.
^Aly-big, flis de G^âzy-q irân.
Après l'exécution de 'Haçane-big, la principauté de Béradoste fut conférée par la Sublime Porte du Sulth&n Sélîm-Ehàn à *Aly-big sur le rapport et avec l'approbation de 'Houceïn Pacha. Lorsqu'il l'eut gouvernée pendant quelques années, la grande tribu de Béradoste , ayant conçu le désir de passer sous la domination d'Ewlïa-big, fit défection à'Aly-big, et s'adressa Tixu à la cour du défunt sulthân Sélîm pour postuler la promotion p. 299. d'Ewlïa-big à la dignité de prince. L'émîrat d'Ourmy (Ourmïah) changea alors de titulaire e^l^^/^ (5 10) et passa d'Iskèndèr-big, fils de Chah Mou hammed, à qui il avait été conféré par Khosrew Pacha, lurs de la conquête (de ce pays), à 'Aly-big, à qui cette principauté fut gracieusement accordée. Après sa destitution du sandjâq' d'Ourmy (Ourmïah), Iskèndèr-big se démit de sa principauté, et préféra se retirer dans la solitude, où il s'adonna à la dévotion. Après avoir consacré une année au gouvernement d'Ourmy, ^Aly-big, de son côté, fut rappelé dans le sein de la miséricorde divine, sans laisser d'enfants mâles.
EwKa, Ils de BMdâ« -big, ftls de Glâb IrahaiiiBed-Ug.
Ce prince étant encore en bas âge à la mort de son père, sa principauté héréditaire tomba, pendant quelques années, entre les mains de ses cousins. Comme on voyait luire sur le front de ses espérances les indices de la droiture et de la loyauté, et briller $ur sa tête destinée au bonheur la lumière de la prospérité et de la capacité, les grandes tribus et les peuplades (goùms) de Béradoste s'étaient adressées à la céleste cour du défunt sulthân (Séitm) à l'effet d'obtenir pour prince Ewlïa-big. Leur requête eut l'honneur d'être agréée par cet auguste monarque. La principauté fut effectivement retirée à *Aly-big en 985 (A.D. 1577), et transférée, par mutation, à Ewlîa-big.
Aujourd'hui que nous sommes en 1005 de l'hégire (A. D. 1596 — 7), il possède encore l'émîrat de Szoumal, sans rencontrer la moindre opposition.
PAUfiUPIE SUMD ID SEUHDE nilCIE.
Des Princes de Terkour (ou Terkwèr ou Turkwèr) et du
château de Davoûd.
Nâszîr-big, (ils de Chîrbig, iils de Cheikli Haçane-blg.
Un de leurs aïeux et de leurs ancêtres nommé Soulthàn A'hmed ayant distrait de la principauté de Béradoste le canton de Terkour {Terkwèr (51 1) ou Turkwèr ?), en prit possession à titre de sandjâq'. Lors de la rédaction de notre défectueux ouvrage, ce canton était entre les mains de Nâszir-big qui le possède encore actuellemnet. C'est un homme vaillant et déterminé qui est plus qu'octogénaire. Ses prétentions au sujet des limites et des frontières de son territoire lui ont attiré des différends et des discussions avec la grande tribu de Dtry «c^^ ou Déry
Tutiê p. 900.
(probablement ^Jj> Dtsy) (512) sonmise à Zelnel-big le 'Hakkàry, et ploB de cent âmes en ont été les victhnes de part et d'autre. Nftszir-big ayant plusieurs fois quitté son pays pour aller faire sa cour au chah Thamasp, Zelnel-big le 'Hakk&ry protégea et soutint, malgré lui (51 2'), son fils Chtr-big, à qui fut confié, à titre de sanc^àq*, le canton de Szoumal, qu'on enleva à son père Chtr-bigy par suite du chagrin où le plongea l'injure faite à son père, succomba à la peste sans avoir joui de la vie ni du pouvoir.
Après la mort de Ghir-big, le canton de Terkour (ou Terkwèr ou Turkwèr) fut conféré à un de ses cousins nommé Zelnu'ddtn-big. Celui-ci fat tué lors de la conquête de Tébrtz, avec d'autres princes du Kourdistftn, dans une bataille livrée aux Qf izilbâches (Persans) au lieu nonmié Sa'id-abàd (513), et Nâszirbig réunit de nouveau le canton de Terkour (ou Terkwèr ou Tarkwèr) à son sandjâq*. Un certain personnage nommé Ehizirbig reçut derechef ce canton, à titre de sandjàq', de la Sublime Porte du défunt sulthàn, et fut tué par Nftszir-big. On l'accorda, après lui, à louçouf-big, puis à Chah Mouhammed-big; après celui-ci, à ^HouceTny-big, fils de Cheikh 'Haçane-big, qui le possède en ce moment.
Nàszir-big eut huit fils nommés Chlr-big, louçouf-bîg, Q'ara- Khàn, Szarou-Ehftn, Chah Mouhammed, Timoôr-Ebàn, 'Houcelny et 'Haldèr. Chir-big fdt atteint de la peste, comme noua l'avons dit précédemment, et* y succomba. Ses fils nommés louçouf-big et Timoûr-Khân forent tués par Khizir-big, et son fils Szarou-Khân fat mis à mort par'Houce!ny-big, son frère.
GHAFITBE V.
Bes fimîrs la'hmoftdy (513').
L'esprit ingénu (loyal) et le jugement droit des orateurs, amis de la vérité, et des annalistes qui nous guident dans la
bonne voie, n'ignorent pas, qne la généalogie des émirs Ma'hmoùdy remonte aux solthâns Merwànides. Suivant nne antre ver- ^^^ sion, ces émirs sont des consins des princes de Djézlreh. Un ^7; certain Cheikh Ma'hmoûd arriva d'après les nns de la Syrie, et snivant une autre tradition de IJjéiflr&^'Omarffiehy et vint s'établir dans TÂdzerbaldjân du temps des Turkomans du Mouton . noir, avec plusieurs peuplades (Joùms) et grandes tribus. Q'ara louçouf (614) leur assigna, pour y fixer leur demeure iL^
klJy.*., le château ^Aclimte Cyil (515) et admit le Cheikh Ma hmoûd au nombre de ses serviteurs et de ses courtisans. Celuici, ayant donné à ce souverain des preuves de son courage et de sa valeur, fut honoré de sa protection, et obtint, à titre de principauté (d'émirat), les cantons d'Achoute de Ehochàh. Il donna à cette nation d«^U (peuplade) le surnom de Mdhmoûdy.
Nîr 'HoifelD-big, ftb dn Ckelkh la hmoàd.
n prit, après son père, les rênes du gouvernement, et son heureuse étoile s'éleva de plus en plus sous le règne des sulthftns AqqdiounlQU (du Mouton blanc). Le canton i^AIbâq jU) (5 16) fut enlevé aux princes 'Hakkâry, et incorporé à la principauté de Mir 'Houceln. Grâce aux secours et à l'assistance des Turkomans, il mit plusieurs fois en déroute l'armée de'Izz-u'ddin Chir, et se rendit maître du pays de Chamhou y^(617)/Izz^àdin Chir, ayant dépêché un courrier au prince de Bidlîs, implora son secours et son appui contre la nation Ma hmoûdy. Le prince de Bidlis nomma serdâr Cheikh Émîr le Bilbâcy, qu'il envoya, à la tête d'une nombreuse troupe, au secours de *Izz-u ddîn Chîr. Au moment où Mîr 'Houcein, au comble de la grandeur et de l'indépendance, était campé au bord de la rivière de Khochâb devenue célèbre sous le nom de Bjemm onTchot/m-i-Mir Ahmed j^\ ^j^ ^(51 8), CheIkhÉmîr
(5 1 9) le chargea conjointement avec les troupes de'Izz-u ddln Chir, et le feu du combat s'enflamma de part et d'autre. Les clameurs
(halhoul) des héros koardes >/ O^^J^ {b2Q) s'élevèrent josqa'à k sphère céleste. Mir 'Houcein fat terrassé par la flèche de la prédestination wjJu et laissa un fils nommé Mir 'Hânùd.
piTêan,
■tr HânM, Ils 4e Mtr HMcrta.
Il prit la place de son père, lorsque celui-ci fut tué, et fut longtemps rangé comme lui dans la classe des émirs q'izilbàches (persans). Quand il remit entre les mains du mandataire de la mort le dépôt de la vie qui lui avait été confié, il resta, après lui, trois fils: Mir Chèms-uddîn, 'Iwa?-big et Emireh-big.
Iwaz-Ug, flte ie Mtr HàmM.
Il devint, après le décès de son père, mir-i-liva de Eochâb, et fut investi du gouvernement de la grande tribu Ma'hmoùjly. Il surgit des querelles et des discussions entre lui et Oeurkmèjs Sotdthân^ gouverneur J^L de Wân et de Wousthân, qui était
chargé , au nom du chah Isma'ïl, de la garde et de la défense de cette contrée. Le hasard voulut qu^ Oeurkmèz (l'Intrépide) Soûlthàn parvint à faire prisonnier *Iwâz-big, qui fut détenu dans la citadelle de Wân. Il envoya , pendant sa captivité , un émissaire à Chèref-Khân, prince de Bidlis, dont il invoqua le secours.
Celui-ci adressa d'abord une dépêche et un envoyé à Oeurkmèz Soulthân pour lui demander l'élargissement de 'Iwâz-big; mais cette demande ne fut point agréée, et Chèref-Khân marcha en personne sur Wân, oii il campa au bord de la rivière de Khorkotm. Oeurkmèz- Soulthân, hésitant à relâcher Iwâz-big, posa le pied dans le chemin de la résistance. Chèref-Khân, de son côté, donna à ses subordonnés l'ordre de piller et de dévaster le territoire çkJI de Wân et de Woustân. Oeurkmèz- Soulthân, ébranlé par cet ordre , se vit contraint de remettre *Iwâzbig en liberté et de le renvoyer à Chèref-Khân. Iwâz-big, après son élargissement, fut encore rangé, pendant quelque temps, au
nombre des émirs du chah Thamasp, qui annexa le canton d'Aïbaq* à celui de Khochâb, et il les administra, pendant quelques années, au nom des Q'izilbàches. Il laissa, en mourant, cinq fils nommés 'Houcein q'ouly-big. Chah 'Aly-big, 'Hamzah, 'Haçane eiBondàq'.
Sous le règne du sulthàn Souleïmàn-Khân, l'héroïque champion de l'islamisme, 'HouçeIn-q'ouly*big avait été, pendant quelque temps, après la soumission de la principauté de Bidiis, mis en possession du canton de Kârc^igân (521), en qualité de Sandjâq-bégui. Il fut à la fin destitué et partit pour le Diârbekr, où nxu il mourut et laissa un fils nommé Baîèndur-big (522), qui pos- 7^8^\ sède, à titre de sandjàq', depuis le jour de sfi conquête, le château de (jlyj Nèwâfij une des dépendances de KhoI, en vertu d'un diplôme du défunt sulthân (Mourad-Khân). Après avoir gouverné, pendant quelque temps, la peuplade Mahmoûdy, au nom du chah Thamasp , Chah 'Aly-big reçut enfin la mort de la main de'Houceln-big (523), fils d'Ëmireh-big, m$r-t-;{t;a d'Albàq*. Il laissa un fils nommé Khàled-big, qui possède, en ce moment, le canton de ^j^j^ 'Hawours ^) à titre de sandjâq . Le fils de 'Iwàz-big (524) nommé 'Hamzah fut placé, conformément à un décret du chah Thamasp, sous les ordres d'un certain émir persan (q'izilbàche) nommé Détou-Pîry^ à qui avait été confié la principauté Mahmoûdy. Cette peuplade finit par mettre à mort Délou Piry, et plaça 'Hamzah-big à la tête de la principauté.
Le chah Thamasp s'étant rendu maître de vive force \j^j )^^ de sa personne, le fit incarcérer. II le remit en liberté au bout de quelque temps, et l'envoya, avec une foule d'ag'as Ma'hmoûdy, au service de 'Hâdjy-big le Doumbély; mais il fut exécuté plus tard, à Khoï, par ordre de 'Hâdjy-big avec les ag'as Mahmoûdy. Cette principauté fut ensuite confiée par le divan du chah au Ehân Mouhammed, fils de Mir Chèms-u ddtn, fils de Mir 'Hâmid. Au bout de quelque jours. Chah 'Aly soulthàn le 'Houceïny
1) ^Hanoowrs est le nom qae Ton donne aux marécages qui s'étendent jusqu'à une demi-lieue de Bag^dàd (2>e«crtpfton de ce Pachalik par Mr. Rousseau, p. 80). II. 11
TtxU
p0r$an
(525), gonverneur SL de Wàn, fit arrêter Eh&n Moa'hammed, qui
fut enfermé dans la citadelle de WAn. Le territoire cICJl et la principauté Mahmoûdy (526) furent gracieusement concédés par le divan du châb à la nation (peuplade) Doumbély. Celle-ci, à l'exception de (527) la grande tribu des Mâm-réchân (probablement de Mâm-réwân)^ dont un certain nombre s'était retranché dans le chfttean d^Aqtcheh-qata (528), et une autre partie, dans celui de Khochàb (Belle eau), vint tout entière' se soumettre avec obéissance au service de'Hàdjy-big. Kbftn Mou hammed le Bèndjéwy {sic) (529), se sauva de sa prison de WAn, et vint rejoin- '• *^' dre la troupe Mâm-rêchy (530), qui se trouvait à Aq tcheh-q at a. En apprenant cette nouvelle, une foule de guerriers de la peuplade Ma'hmoùdy s'empressèrent d'entrer à son service, et il profita d'une nuit oh 'Hàdjy-big le Doumbély, qui était alors campé sous les murs du château d'Achoute, ne se tenait pas sur ses gardes, pour le surprendre à la faveur des ténèbres, avec une valeureuse jeunesse, et ils le mirent en déroute. 'Hàdjy-big fut blessé et eut mille peines à se jeter dans la citadelle d'Achoute. Il périt dans cette affaire une multitude de Doumbély, et KhAn Mou hammed expédia dans le Diârbekr un courrier chargé de présenter ses hommages à Rôustèm - pacha , mir-i-mirân de cette province, et de lui témoigner sa soumission et son obéissance à la cour de l'héroïque ^jU sulthAn SouleïmAn-KhAn. Lorsque cette nouvelle parvint aux oreilles du chah Thamasp, il fit délivrer et adresser au KhAn Mou'hammed (531) le diplôme d'investiture de la principauté Ma'hmoùdy. Enfin, lorsque cette principauté fut conférée à'Haçane-big par le divan du chah Tbahmasp, KhAn Mou hammed résigna bénévolement et de plein gré la principauté Ma hmoûdy, et se contenta de la place nommée Aqtcheh-qala. Onjui assigna, de la part du divan othoman, à titre de traitement journalier, une pension supplémentaire de cent aspres, sur le trésor du DiArbekr (532). 11 fut incorporé aux Mùutéferriqas de WAn, et vécut encore longtemps. Il donna, sur les frontières de la Perse (533), de nombreuses preuves
de sa bravoure à la dynastie othomane, et eut (?) quatre fils nommés: Mélik-Khalll, Mir Ghèms-u ddin et Seld Mouhamined(534). Après la mort du père, il s'éleva des différends entre ses fils au sujet du château à^Aqtcheh-q^^ (^y^tMélik-Kh^lil fut tué par son frère. L'autre fils nommé Seïd Mou hammed mourut du vivant de son père. Son fils nommé Chèms-u*ddin, jeune homme paré du manteau de la capacité et orné du bijou de la bravoure, occupe actuellement la place de son père à Aqtcheh-qal'ci.
Émîrehbl;, Ils de Mtr DâmM.
Après le décès de'Iwàz-big, la principauté Ma'hmoùdy lui
Têxtê
fut confiée par le divan qizilbàche. A Tépoque oii il se livra i"^^* une bataille entre le Tekélu(535)Onlama et Cherèf-Khân, prince de Bidlls, Ëmlreh-big déserta, le jour même du combat, les rangs de Chèref-Khàn et se joignit à Tannée d'OuIama. Il ne lui témoigna pas non plus une grande fidélité, et l'abandonna bientôt après pour entrer au service du chah Thahmasp. Ces nouvelles parvinrent aux oreilles de l'héroïque sulthàn Soulelm&n-Khân. A l'époque où ce valeureux champion de l'islamisme, qui venait de quitter ses quartiers d'hiver de Bag'dâd pour faire la conquête de Tébriz, arriva à son campement d'été (son iailâq) â*Auc^jân (536), Emireh-big revint faire sa soumission à la cour du sulthàn. Le souverain maître du quart habitable de l'univers le fit mander par un des tchaouches de la Sublime 'Porte. Les Kourdes conformément à la maxime: «Le traître est toujours peureux, firent disparaître («:>/ mjL^ perdirent) à Mtâneh (537) le tchaottche du monarque et se préparèrent au combat. Ce bruit s'étant répandu parmi les troupes (^ les gens) du camp impérial, elles l'assaillirent de tous côtés, et mirent à mort les personnes de sa suite. Emîreb fut fait prisonnier, et amené au divan avec quelques-uns de ses complices (compagnons). Au même instant l'honneur du sulthânat, sévère comme un préfet de police C^lkL iJJj^ a^, le supplicia au sein du divan. Il
laissa après lui deux fils en bas âge nommés: Manszoûr-big et Zeînel-big. Lorsqu'ils eurent atteint Tàge de puberté et de discernement, les deux frères se rendirent, d'un commun accord, à la cour du chah Thahmasp (538) dans le courant de l'année où le sulthân SouleImân*Khân entreprit la campagne du NakhUcké' wân (539). Le monarque persan accorda gracieusement à Manszoûr-big, à titre de sandjàq viager, le canton de Sokm&n-abàd dépendant de Khoï, et admit son frère Zelnel-big au nombre des illustres qoroudjy^). Lorsque le chah IsmaU second monta sur le trône, Manszoûr-big entra à son service et devint l'objet t^MH, ^^s faveurs de ce souverain, qui prit à tâche de l'honorer et de ' '^' lui témoigner son respect. Quand l'amitié et l'affection qui liaient entre eux les deux monarques (persan et othoman) dégénérèrent, après la mort du chah Isma'll, en inimitié et en rivalité, Manszoûr-big, gr&ce à l'intervention de Khosrew- Pacha, mir-i-mirân de Wân, vint y faire sa soumission, avec la promesse que le sandjâq" de Bârguiry (540) lui serait conféré par
le divan othoman, à titre de domaine jL^I et d'apanage vlirL. Le canton de Mouche lui fut également accordé â titre à^arpaliq (fief complémentaire); Zelnel-big obtint un etâmèt (grand fief). A la mort de ce dernier, il resta après lui deux fils nommés 'Hamzah-big et Q'obâd-big. En 1002 de l'hégire (A. D. 1593) le canton de Suldoùz, une des dépendances de Mèrfig'alez-Tébrfz, fut assigné à'Hamzah-big â titre de sandjâq", sur la proposition de Dja'fèr-Pacha.
Lorsqu'une partie des Uloûs et des tribus n(»nades oULL»I de la peuplade Ma'hmoûdy marcha sur Suldoûz, comme on le voit dans l'histoire des princes Makary (ou Mèkry ou Mohry); lorsqu'elle en vint aux hostilités envers chetkh ^Haldèr, et que * les deux partis se livrèrent bataille, 'Hamzab-big, et son frère Q*obâd-big, avec à peu -près cent hommes de la grande tribu
1) ^^yjJkÇl oTùudjydsKtàe da corps) est an nom d'agent dérivé du Terbe tark ^j^ qoroumaq garder, défendre, protéger.
Mahmoùdy et les personnes de sa suite ^1 ù^^jj furent tués; leurs richesses et leurs effets furent livrés au vent du pillage et de la déprédation entre les mains de la peuplade Makary (ou Mokry)(541).
'Haçane-big, flis de Iwaz-blg, fils de Mîr Hâmid.
Ce fut lui qui abolit au sein de la peuplade Ma'hmoùdy le culte impie des lézîdy, qui pratiqua le jeûne, la prière, le pèlerinage et l'aumône; qui apprit à ses enfants à lire la parole sainte (antique), et les engagea à se livrer à l'étude des articles du code universel qui sont d'obligation divine et de ceux qui sont de pratique imitative (542); qui fonda des mosquées et des collèges {mèdrèceh). Â Tépoque oii la principauté Ma'hmoûdy fut conférée à Kh&n Mouhammed, fils de Mir ^hèms-uddîn, 'Haça'ne-big prit la fuite, comme il a été dit précédemment, et se rendit à la cour du chah Thahmasp. Ce souverain, ayant jeté sur lui un regard de bienveillante faveur, lui accorda la principauté Mahmoùdy, ainsi que le château de Ehochâb et lui permit de retourner dans ses foyers. f;^*
Khân Mouhammed, voyant que le bonheur lui souriait (ve- ' ^^^' mit à sa rencontre) renonça bénévolement à la principauté Ma' hmoùdy, et se contenta du lieu nommé Agùscheh-qoCay qui, depuis longtemps, était au pouvoir de ses pères et de ses aïeux. 'Haçane-big, de son côté, ne l'inquiéta en aucune manière. Lorsque l'héroïque champion de la foi, le sulthân Souleimân Khàn, se dirigea vers l'Âdzèrbaldjân avec l'intention de soumettre l'Iran, 'Haçane-bîg, alarmé et sentant sa faiblesse, se rendit à la cour de Souleïmàn, qui lui accorda pareillement la principauté de Khocbâb et de la peuplade Ma hmoûdy. A dater de ce jour, il prit à tâche de déployer le plus grand zèle et le plus sincère • dévouement dans tous les services qu'il rendit à ce monarque, et, à l'époque où Iskèndèr-Pacha, mîrA-mirûn de Vân, marcha contre 'Hâdjy-big le Doumbély et le fit mourir à Khoï, 'Haçane
big 86 distingua dans cette bataille par sa brillante valeur et ses actions d'éclat, et donna des prenres irrécusables de sa bravoure et de sa présence d'esprit ^^'j^. Iskènder-Pacha exposa les faits avec la plus grande véracité au pied du trône du successeur des khalifes, et le sulthân Soulelmân, qui se plaisait à choyer ses amis et qui écrasait (liquéfiait) ses ennemis le distingua d'entre tous ses collègues en lui accordant un cafetan d'un grand prix et un cimeterre à poignée d'or avec une somme d'environ deux cent miUe aspres provenant du revenu des villages Ll^ et des terres labourables qui faisaient partie des domaines privés du sulthàn dans le Diàrbekr: cette somme lui fut assignée à titre à^arpàliq et de gratification j|>l. Il daigna, en même temps, lui délivrer un décret impérial, par lequel Sa Hautesse statuait qu'il ne serait perçu, à l'avenir, aucun droit de pâturage d'été (iaUâq) ni d'abri (ked?) (543) sur. les trente mille moutons, à peu près, qui appartenaient aux ouloùs *Mahmo&dy, et qui se rendaient aux pâturages d'été et d'hiver {qù chelâq). 'Haçane-big n'a effectivement manqué aucune occasion de rendre de loyaux services et de prouver son dévouement toutes les fois qu'il a fallu payer la dette de la fidélité et déployer sa bravoure et sa valeur (544), principalement à l'époque où le défunt sulthân Mourâd Khân donna à son armée l'ordre de marcher contre le pays des Q'izilbâches, dans l'intention p'Tos. ^^ conquérir l'Iran. A aucune époque ni dans aucun temps, les émîrs du Kourdistân n'ont obtenu les mêmes avantages que 'Haçane-big et la peuplade Ma'hmoûdy dans ces moments de troubles et de bouleversements. Ils s'éleva, du temps d'Iskèndèr-Pacha, dans le divan de Vân, une discussion entre lui et soulthàn Â'hmed-big, prince de Khi^ân, (545) sur la question de savoir lequel des deux aurait le pas et la préséance (546). 11 • obtint alors du sulthân Souleïmân Khân un décret impérial, qui décida, que. personne, si ce n'était le prince 'Hakkâry Zelnelbig, n'aurait sur lui le droit de présidence (547). Après avoir exercé, pendant cinquante ans, une autorité absolue, U fut tué
par les Persans en 993 (Â. D. 1385), à l'époque de la prise de Tébitz, dans une bataille livrée aux Q'izilbàches à Sa'id-abâd (548). Lorsque, au bout d'un an, les armées victorieuses placées sous les ordres du véztr Ferhâd Pacba, se retirèrent avec le concours de Dja'fër-Pacha, mir-p-mirân de Tébriz, on recueillit les ossements de son squelette (cadavre), et on les inhuma à Khochâb, dans la mèdrèceh (collège) dont il avait été lui-même le fondateur.
n avait trois fils nompiés 'Iw&z-big, Cbir-big et Chelkhybig. n posséda du vivant .... (549), à titre d'apanage ^U^l (audjâqliq) et de fief héréditaire ^^J^ ^^^^ ^^ canton de Magou dépendant de Nakhitchéwàn, à condition qu'il en enlève* rait la possession aux Q'izilbàches et y ferait construire un château fort.
Lorsqu'il y eut passé vingt ans, il marcha, vers la fin de l'année 1002 (Â. D. 1593), contre cheikh A'hmed avec le projet de venger le sang de ses cousins 'Hamzah-big et Q'obâd-big, de concert avec Ehizir Pacha, mirA-mirân de Tébrîz ; et il fut tué sur les remparts de la place par chcïkh 'Haïdèr, avec un certain nombre des siens, comme il a été raconté précédemment. Le sandjâq' de Magou fut gracieusement accordé à son fils IVf ouszthafa-big par la bienveillance sans bornes du monarque, conquérant du monde, du sulthàn Mou hammed-Khân, aux mêmes con- ^^^ ditions qui avaient été imposées à'Iwâz-big, et il Toccupe encore '' *^*' actuellement. Le district ^Idl ^'OrdoU'hâd4eZ'NakhUchévân(bbQ) a été pendant quelque temps, à iitre de sandjâq', entre les mains de son fils'Aly-big. La plupart des cousins (de'Haçane-big?) et des ag'as Ma'hmoûdy sont parvenus à des postes éminents grâce à son zèle et à son dévouement. Ils sont devenus possesseurs de beaux villages et de riants guérets enlevés aux Q'izilbâches dans les provinces d'Adzèrbaldjân et d'Arménie, qui leur ont été concédée, à titre de bénéfices militaires, sous les noms de snâmèl et de timâr. 'Haçane-big était, sans la moindre exagération, un très habile politique J^U^ ^.y^ (?)) protecteur de sa tribu et
pratiquant la justice , si bien qu'il a été rédigé un État de services, en un Tolume, où ont été consignés, article par article, tous les services rendus à la cause de la dynastie othomane, les actions d'éclat, les hauts faits et les traits de bravoure de ce prince, de ses enfants (descendants) et de la grande tribu (race) Ma'hmoûdy (551), depuis le jour de sa soumission à la Sublime Porte jusqu'à sa mort. On y a inscrit chaque article, du commencement à la fin. Après avoir soumis chacun d'eux au visa et au sceau des beglcr-béguis , des deftèrdârs et des q'âzis de V&n et des autres émirs kourdes, il a fait apposer, à la fin de ce volume, le sceau des illustres serdàrs. Il l'a enfin adressé à la cour du défunt sultbftn Mourâd-Khân, qui l'a orné de son brillant monogramme {thougra) (552). Toutes les fois que son âme lui suggérait (dictait) quelques requêtes et placets, il prenait à la main le volume susmentionné et se rendait à l'auguste divan im* périal, où il obtenait tout ce qu'il demandait. Dans les combats et les assemblées (aux audiences) il parvenait toujours à convaincre son adversaire et à mettre son ennemi hors de combat,
Chtr-blg, Us de 'Haçane-Ug.
Lorsque son père obtint, de son vivant, le sandj&q de Magou pour son fils aîné 'Iwàz-big (553), il résigna celui de Ehochàb e( la principauté Ma'hmoùdy en faveur de son second fils Ghir-big. C'est un homme qui joint le mysticisme des Ssfoufis k Têxu la pieuse abnégation des AbcUUs! Il emploie la plus grande parp . Bio, tie de son temps a converser avec les ouléma (savants ou docteurs de la Loi) et avec les hommes de lettres, et à visiter «J^^j», avec respect, les cheikhs adonnés à la spiritualité. Il a fût un pieux pèlerinage à la maison sacrée (la Kdaba) et honoré de ses bienfaits et de ses bonnes oeuvres les ascètes, les dévots et les derviches. La grande tribu et les peuplades {goums) Ma'hmoûdy sont également contentes et satisfaites de ses bons procédés. Il* y a aigourd'hui douze, ans qu'il est investi de la prin-
cipanté (de Pémlrat) de Ehochàb) et du commandement en chef des émirs, des tribus nomades et des notables de cette peuplade.
GBLAPITBE VL
Des Princes Donmbély (553).
L'intéressante narration des historiens les plus dignes de foi nous apprend que la généalogie des émirs Doumbély remonte à un certain personnage des tribus arabes de la Syrie, nommé 'Iça (Jésus). Suivant une autre version , il serait originaire de Ljézirdi-i' Omèryié (554) et serait venu se fixer aux environs (ou dans les parages ^j^^yi) de rAdzerbaïdjàn. Les anciens souverains (sulth&ns) lui octroyèrent, à titre d'apanage (^U^l au-
djâqliq) le canton de Sokmàn-abâd-lez-EhoI ^^ ^L) (jlSL (555), où il habita fort longtemps, et oiï de grandes et de petites tribus {qabUeh) se rassemblèrent d'un jour à l'autre sous son autorité. Les princes et les peuplades Doumbély pratiquaient, dans le principe, la doctrine réprouvée des lézidy. Leurs princes devenus célèbres sous le nom de 'Iça-Uguy et quelques grandes tribus abjurèrent plus tard (en second lieu jLil ^U) cette hérésie , et embrassèrent la doctrine des Sounnites et des musulmans orthodoxes (il^U» J^l), mais une partie d'entre eux persévérèrent, comme auparavant, dans leur croyance pernicieuse.
D'après une autre version, qui est la plus authentique, les grandes tribus Doumbély proviennent (sont venues) du pays des BcJdUy, et on leur donnait , parmi les Eourdes, le nom de Doumbély Bokht. Un des descendants ^V^l de Iça-big nommé cheikh A'hmed-big parvint à un poste éminent sous la domination des Turkomans AqqoUmniou (du Mouton blanc) et conquit le château fort de Baî ^L, et une partie du pays 'Hakkâry, qui furent
17ft
soumis à son autorité. La principauté et le gouvernement du château de Bal restèrent longtemps confiés aux soins de la peu-
Texte f ^
Persan, plade Doumbély. Cheïkh Ahmed laissa en mourant deux fils nommés Cheikh Ibrahim et Cheïkh Bahloûl. Ce dernier succéda à son père conformément à sa dernière volonté. Après avoir gouverné pendant quelque temps, il arbora enfin son drapeau princier dans le monde de Téternité et laissa sept fils, savoir: Djèmchîd-big, Mouhammed-big, Khâliq'-werdy-big, Hâdjy-big, A'hmed-big, Isma'ïl-big et Dja'afèr-big.
HâiUT-Ug, ffls 4e Cheikh Bahleûl*Mg.
n était depuis longtemps attaché par les liens du dévouement et de Taffection à la cour du chah Thahmasp, qui le protégeait également.
Ce souverain, ayant réuni le district de Ehol ^^ «1^1 à Sokmân-abâd, les lui octroya, à titre à^tiâlèt (principauté ou gouvernement), et lui donna le titre honorifique de Hâdjy Soîdthân. D confia à son zèle la garde et la police de la province frontière de Van, ainsi que la défense des limites de son empire. Lorsque les Eourdes, habitants du désert, ces perfides suppôts du démon, qui n'avaient jamais vu de pays habité (civilisé ?) ni en songe, ni pendant qu'ils étaient éveillés, firent leur entréo. dans la bourgade de KhoI, chacun d'eux s'imagina être l'égal des héros de la légende, tels que Gouderz, Guiw et Sàm, fils de Nérimân, et se disait: «Le chah Thahmasp nous a placés ici pour tenir tète à l'armée de Roûm (othomaue), comme dit le poète (le maître).
(Vers.) On Eourde (556) perdit un ânon (son pauvre âne) dans la Ka'aba. Il la parcourut avec grand bruit en disant: «Ah! qu'il est long le chemin de ce désert: qu'y-a-t-il d'étonnant (de mystérieux), si mon âne s'est égaré? Ainsi parlait le Kourde; et en regardant derrière lui, il aperçut son âne (557). Il se mit à rire en le voyant, et dit: «Mon âne s'était égaré dans la foule: si je l'ai retrouvé, c'est grâce au vacarme que j'ai fait (558).
Si le Koiirde ne s'était pas lamenté/ Tâne s'en serait allé, et annût en ontre emporté sa chaîne.
En nn mot, les Eonrdes Doumbély poussèrent la vanité et la présomption à un tel point qu'on ne saurait s'en figurer da- ▼antage. On rapporte que quelques-uns d'entre les officiers supérieurs (d'entre les plus marquants O^^^^ j') entrèrent dans la boutique d'un confiseur, et s'y régalèrent de confitures. Lorsque v^xu lé maître confiseur leur demanda, à leur sortie de son magasin, f- 912. le prix de ses confitures, ils lui répondirent: «Le chah nous a fait présent de cette ville avec les fruits confits qui s'y trouvent.» De là est provenu le proverbe vulgaire turk: ^Jf ^^ ftj^ j^
Oiekr bieûmCj "halwa Ussûme» (La ville nous appartient, la confiture est à nous). On raconte également le fait suivant au sujet de cette peuplade: Un groupe de musulmans Doumbély entra, on vendredi, dans la mosquée cathédrale de Ehoï pour entendre la khauthbéh (559). Lorsque le khath^ (prédicateur) prononça, suivant Tusage de la secte Imàmy (560), les noms des douze Imâms (que Dieu leur soit propice)^), ils y mirent opposition et se dirent l'un à l'autre: «quel singulier khathib! Il n'a pas prononcé les noms de 'Hâdjy-big ni de son frère, tandis qu'il a proféré celui de leur jeune frère Dja'afèr-big. Tant que le hhatMb n'insérera pas dans la Tchouthbéh les noms de 'Hàdjy-big et de ses frères, nous n'assisterons plus à la prière du vendredi.» On • raconte au sujet de cette' peuplade , une multitude de bons mots (facéties) du même genre, mais il est plus à propos que nous n'en fassions pas mention. Bref, à l'époque où 'Hàdjy-big fut chargé momentanément du gouvernement de KhoI, il voulut , à plusieurs reprises, aller tirer vengeance de la tribu Ma'hmoûdy, qui était l'ennemie invétérée de la sienne; mais il échoua chaque fois dans son entreprise, comme il a été dit plus haut dans l'histoire de la nation Mahmoùdy. Enfin Iskèndèr-Pacha, mir-t-mi-
1) Ce passage me semble également proayec que Chèref-u'ddîn Biditcy était Chtate^ et non SwmUe.
rân de V&d, poussé par 'Haçane-big et Ehàn Mouhammed le surprit et Tattaqua à Timproyiste à Ehol, où il tua 'Hà^y-big avec une multitude de guerriers de la peuplade Doumbély. Celui-ci laissa en mourant un fils en bas âge nommé 'Hâdjy-big.
A hmea-Ug, ffis ie Bahtoûl-Wg.
Le canton de Sokmàn-abàd lui fut d'abord confié par le di- Tan du ch&h Thahmasp. Lorsque la grande tribu Doumbély,
^'i' ne sachant pour quel parti elle devait se prononcer -^JliJu
cU^ /j^ après le meurtre de Hà^jy-big, se déclarait tantôt en
faveur des Boûmy (Othomans), tantôt en faveur des Q izilbftches, ils s'écartèrent du chemin de la droiture et du sentier de la loyauté, en agissant d'une manière contraire au bon plaisir de chah Thahmasp jusqu'à l'époque où l'héroïque et belliqueux sulthàn Soulelmàn Ehàn revint de sa campagne de NakhitchévAn. Le chah Thahmasp envoya alors du côté d'Àrdéhân (561) les trois frères A'hmed-big, Isma'll-big et Dja'afèr-big avec quelques émirs q'izilbftches, et convint secrètement avec ces émirs des dispositions suivantes:
a Vous ferez, tel et tel jour, un massacre général des grandes tribus Doumbély; et moi, de mon côté, je livrerai en proie au cimeterre tous les qoroûdéis (gardes du corps) de cette nation qui sont attachés au service de mon auguste cour.» Au jour fixé les chefs (émirs) q'izilbàches mirent à mort à Ardéhàn tous les
trois frères avec quatre cents vaillants j)^ guerriers de la peuplade Doumbély. Le chah Thahmasp fit également massacrer à peu près vingt à trente qorotidjis appartenant à cette nation. Manszo&r-big, fils du Mou hammed-big, s'enfuit d'Ardéhân, et se réfugia à la cour du sulthân, vaillant champion de la foi, où il fut comblé des faveurs impériales, et devint l'objet des bienfaits sans bornes de ce monarque.
HaB8zeûr-big, Ils de ■otfhammed-blg, fils de Babloàl-bigr.
Le canton de Q otour-^dérehrcy (de la vallée de Q'otoiir) et de B&rgairy (562) lui forent octroyés, à titre de sandjàq', par la faveur illimitée du sulth&n , et les Doumbély qui avaient échappé au glaive vinrent se grouper autour de son drapeau. Il consacra sa vie tout entière au gouvernement de cette contrée, et laissa en mourant deux fils nommés Wély-big et Q'ilidje-big.
Wély-Ug, fils de Huszoûr-Ug.
Après la mort de son père , son poste lui fot gracieusement accordé. On peut dire de lui, sans exagération oKj ^, que c'est un homme supérieur à tous les autres sous le rapport de la valeur et de la bravoure, et qu'il est digne et capable d'occuper les postes éminents d'émirs et de prince. De nos jours, c'està-dire en 1005 de l'hégire (A. D. 1596—7), il possède les cantons de Q'otoûr-déreh-cy et d'Abaq'al. à titre A^auc^jâq (apa- 2v«to nage). Celui à^OtUchouq j^^l (probablement Owatchiq) (563) a ^ ^'^été conféré, à titre de sandjàq^ à son frère Q'ilidj-big lors de la prise de Nakhdjiévân, et il l'occupe encore aujourd'hui sans partage et sans opposition.
^HâiUy-big, fils de HâfQy-bIg.
Il était né depuis deux mois, lorsque son père fut tué, et on lui donna le nom du défont, suivant l'usage de la nation Eourde; le chah Thahmasp lui assigna une pension sur le trésor. Lorsqu'il eut atteint l'âge de puberté et de discernement, il l'admit dans les rangs des illustres q'oroudjis. A l'époque des troubles politiques suscités par soulthàn Baïézîd (564), le chah le nomma émir du canton d'Abag'a, et il se rassembla sous son drapeau une foule de guerriers de la nation (race) Doumbély. Il consa-
cra nue vingtaine d'années au gonvernement de cette principauté; et après la mort du chah Ismall second, c'est-à-dire sous le règne du chfth soulthàn Mouhammed, lorsque le serdàr Mouszthafii Pacha vint camper au bord de la rivière de Q'anag' (565), Émlr-Khftn prit le parti d'attaquer nuitamment Tannée musulmane: Hàdjy-big et une partie des émirs q^zilbàches périrent dans ce combat, et furent submergés par la mer de la mort dans les eaux du Kour. Sokmèn-abàd , qui , lors de la soumission de Nazar-big, avait été gracieusement concédé par défunt le sulthfto (566) aux enfants de 'Hàdjy-big, est encore actuellement en leur pouvoir: son fils atné porte également le nom de 'Hfti^y-big.
SpiltIâH Aly-Ug, ffls 4e DjemchM-big, Ug U BMMhig.
Dans le temps où il s'opéra un changement dans les sentiments du chah Thahmasp à l'égard de la peuplade Doumbély, et où ce souverain donna l'ordre de la détruire, soulthftn 'Aly était attaché à l'illustre corps des'goroué^is du chah, et avait été dél^é pour feiire rentrer l'impôt (567) et les redevances d'Iszphahàn. Lorsqu'il eut touché la somme de cent toumftns à compte sur les redevances o^^ qu'il était chargé de recouvrer, il apprit la nouvelle du massacre de ses frères, de ses oncles et 2v^ de la grande tribu Doumbély. Il prit alors ces cent toumâns en p?aS; argent comptant, et s'enfuit du côté de Vàn, où il vécut, pei^ dant quelque temps, caché au sein de la peuplade Doumbély. Dès que le chah Thahmasp revint à des sentiments plus favorables envers cette peuplade et déposa dans la niche de l'oubli les pages où étaient consignées les fautes (568) qu'on lui reprochait, soulthàn 'Aly-big se munit des mêmes cent toumàns d'argent comptant, et retourna à la cour du chah. Il renouvehi à ce monarque l'assurance de son dévouement et de son sincère attachement, et eut l'honneur d'être comblé de caresses et de présents de la part de ce souverain, qui l'attacha, comme auparavant, au corps des q'oroudjis. A la nouvelle de la mort de 'Hàdjy-big,
le ch&h sonlthftn Mouhammed confia à Soulthàn 'Âly-big la principauté de Doumbély; il réunit au canton de Soulelmân Serâyl le moitié de celui d'Âbag'a, et les lui conféra. Lorsqu'il eut passé quelques années dans ces parages en qualité d'émir, les cantons précités furent complètement ruinés par suite des vicis* situdes du temps jU) Ci)^, et le revenu en était devenu entièrement nul, à tel point que le prince vivait dans la gène CS^ à Gharùûr jj^^ où il touchait chaque année une certaine somme provenant de l'impôt et des redevances de la vallée d'Âlakis J>J^\ et de Charoûr (569) dépendante de Nakhdjévân, qui lui avaient été allouées pour fournir à sa subsistance. Il y passa dans le monde de l'éternité au terme qui lui avait été fixé par la divine Providence et laissa trois fils nommés Nazar-bîg» Q'ili^e-big et 'Houceïn-big.
Naûur-Ms, Ils de SoilOiân Aly.
Après le déc^ de son père, la principauté Doumbély lui fut assignée par le divan du chah soulthâ^ Mou hammed. Lorsque la ville A^Iréwàn (Ériv&n) tomba au pouvoir des partisans LJ^I de la dynastie othomane, et que le vézir Sin&n Pacha Ait chargé de la défense de cette place, Nazar-big et quelques émirs q'izilb&ches des peuplades <t»ll Uomifiiou (570), Albaoute, Sa^adlou et de Tchimiche guézeh, qui habitaient, depuis les anciens temps, le Sjokhour-Sdad (571), prirent le froc du pèlerinage mIjJ pour
se rendre à la céleste cour othomane, et furent admis, grâce à t^xu Fintervention de Sinân Pacha, fils de Tchig'ala (572), à l'hon- p-^ie! neur de présenter leurs hommages au serdâr Ferhàd Pacha à Arze-roûm. Le district <;ldl de Tchaldiràn, de Soulelm&n Sérâyl et de Sokmèn-abâd fut octroyé, sur l'ancien pied, à Nazar-big et à son frère Q'ilidj-big, par la munificence impériale. Comme Sokmèn-abâd avait été annexé, pendant quelque temps , au samjyâq' de Bargniry, par le divan du chah Thahmasp, et avait été conécdé plus tard par un iarlig' du défunt sùlthân, à titre de fief
héréditaire ^jÇlj pUil, à Manszoùr-big le Ma'hmoùdy, celai-ci
hésita et tergiversa, lorsqu'il s'agit de remettre le canton à Nazar-big. Ce dernier fit viser LmI de nouveau le décret impérial par le serdàr Ferhàd Pacha, qui le rendit exécutoire en vertu du gracieux dipl6me du sulthàn. B avait été, d'un autre côté, convenu et stipulé avec SinAn Pacha, à l'époque de la soumission de Nazar-big à la Porte othomane, que celui*ci serait mis en possession du canton de Sokmèn-abAd, qui était depuis longtemps l'apanage héréditaire de la peuplade Doumbély; et il s'était muni, en conséquence, d'un décret impérial dûment et pleinement ratifié. Il voulut, par conséquent, s'emparer de vive force de Sokmèn-ahAd: cette prétention attisa, de part et d'autre, le feu de la mésintelligence et de la discorde, et raviva l'Ancienne inimitié qui subsistait entre les deux peuplades. La chose en vint au point de s'armer du glaive et de la lance : elles rassemblèrent dont l'une et l'autre, sous leur drapeau respectif leurs grandes et leurs petites tribus, ainsi que leurs partisans led plus dévoués, et se rangèrent en bataille en face l'un de l'autre. Nazar-big mordit la poussière dans ce combat avec son frère ^Houceln-big et quatre-vingts guerriers des plus distingués de la peuplade Doumbély.
Lorsque ses frères eurent été tués, il vint à Ârzeroûm avec les émirs et les peuplades {goûma J^Oy offi*ir ses hommages au serdàr FerhAd- pacha dans l'espoir qu'il serait procédé à une grande enquête à ce sujet jl j»)^ Ji^ «1^1^ jL aT. Le serdftr,
de son côté, somma Manszoùr-big et les autres notables {(jl^i) officiers supérieurs Mah'moûdy, qui avaient pris part à compa-
î**** rattre à sa barre.
'' '^^' L'auteur de ces lignes assista également à cette audience. Lorsque l'on commença à procéder aux préliminaires d'une enquête approfondie (573) de cette aflaire, on reconnut que l'irri-
tation >Lj des deux parties provenait de deox ordres contradic^ toires remis par le serdàr entre les mains dn demandeur et du défendeur.
(Vers.) (574). Quiconque s'estimera heureux de se résigner à son sort, sera honoré pour son caractère, tant qu'il existera (575). Tout homme, au contraire, qui s'accointera avec la
cupidité jijjj et l'ambition, finira par tomber dans la misère et la pauvreté (576).
Le serd&r, qui avait pris la justice pour guide, appliqua sur ses lèvres le sceau du silence, se couvrit du manteau de l'intelligence, lorsqu'il s'agit d'exécuter l'arrêt (le précepte) de la justice, et prit le chemin de la conciliation, comme le prescrit l'aphorisme ainsi conçu: a La paix est le roi (le sèld) des jugementa». Dès que le serd&r eut atteint de part et d'autre le but qu'il se proposait, il décida que Manszoùr-big renoncerait au canton de Sokmèn-ab&d et le remettrait à 'H&djy-big, petit-fils de feu'Hàdjy-big (577). Le canton de Tchaldiràn fut accordée à titre de sandj&q', à Q'ilidje-big pouf mettre un terme à leur prétention (procès) et à leur différend. La peuplade Doumbély se soumit à contre-coeur à cette paix plâtrée (paix de loup) et s'en retourna (578).
. CHAFITBE 3L
Des Emirs et des Princes Guelhors, qui se réduisent à
trois branches a^ (578).
Ces princes font remonter leur origine à Qouderz^ fils de Chmo^ qui, du temps des monarques Eèyï&nides, était wâHy (gouverneur) de la province de BâbU J^L C^^j (Babylone) connue aujourd'hui sous le nom de Kaufah. Gouderz donna le jour à un fils nommé f\pj Bohhâmy qui , par ordre du monarque Kéyîftnide Bebmen, (579) mena une armée en Syrie (580), à Jérusalem
et en Egypte où il -exerça de grands ravagea et de sanglants massacres Y U versa le sang des enfants d'Israël en si grande abondance qu'il suffit pour faire tourner un moulin. Les historiens ont changé son nom en Bakht-un^naser. Celui-ci finit par mettre le pied sur le trône de l'empire. C'est depuis cette époque que le gouvernement de ce pays resta entre les mains de leur descendants. On donna à leur grande tribu le nom de Qourûn.
PAtiCUPU PlIlUt •« PiniÈtl ItAldl
Des Princes de Pèlènkâi (581).
Asi« Il y a quatre princes de cette dynastie dont les noms ont ji. 818, passé de bouche en bouche, et sont encore cités parmi les . hommes (582). Le premier fut ffoSb'^tiUàh'bigy qui fut un homme très pieux, dévot et distingué par son mérite. On cite au nombre des châteaux forts et des cantons que possède cette peuplade les châteaux de Dive-dUy de Nau-dùe (château-neuf), de Dive^mâny de Oouwâh-i^ofiMe (583), de Naûr (ou Naar)^ de Kélâtakj de Néchoûr j^ (584) et de Mèrâioidimèn jwJf^U (^85). II (6'alb-ullah) fut d'abord soumis au chah Szèfîde Ismall. Lorsqu'il mourut, son fils (586)
Moii1iammed-bis, dis de CT alb-illah-bi;,
prit la place de son père , dont la principauté héréditaire lui fut conférée par le divan du chah Thahmasp. C'était un homme doué de toutes sortes de belles qualités JjUj et distingué par sa justice et son équité. Il était un zélé protecteur des ^ouléma (savants) et des littérateurs p%âs, et a fondé à Pèlènkftn un collège
1) Sur Omnff Chuàerg et Bêhhfim Toyet 8if Jtho Malcolm, SisMre êe Fine, T. I. p. 78, 74, 76: et GOrres, Hddehlm(A von Iram. T. II, p. 183<-191. Sur BMiifuuMar Yoyez les Prairies Sw de Maçaudi^ trad. française T. II, p. 122—128, 127, 128.
(médréceh) et une mosquée cathédrale. Le chah Thahmaap s'u* nit à sa Me par les liens conjagaux , et il jouit de quelque réputation par suite de son alliance (avec ce monarque). H exerça^ pendant quelques années, une autorité absolue, et eut quatre fils, savoir: Témir Iskèndèr, l'émir Souleïmân, soulthân Mou* zafFer et Djèmchld big. H partagea, de son vivant, son pays héréditaire en quatre parts, qu'il distribua à ses fils. Après avoir nommé l'émîr Iskèndèr son lieutenant, il le désigna pour son successeur.
L'Émtr Iskèndèr.
Il vint à Q'azwîn après le décès de son père , pour y rendre hommage au chah Thahmasp, et fit renouveler son diplôme d'investiture. Sous le règne du chah Isma^^U second, il vint lui faire sa cour, et obtint le plus gracieux et le plus honorable accueil. . La principauté de Pèlènkân lui fut confiée comme auparavant, et il s'en retourna au comble de ses voeux. Lorsqu'il se fdt écoulé une vingtaine d'années à dater du jour de son avènement, son existence devint la proie des tigres (587) et des Hons de la mort, et il remit son âme au créateur du monde (588).
(Vers.) Ne t'abandonne pas à la sécurité, car cette mer orageuse n'a jamais (589) oublié d'engloutir les mortels.
Saulag (probablement j^^ Szotdâq^ le Manchot) 'Houcein le Tèkèln, prince de Deïnéwèr, marcha contre le château de Pèlènkân après le décès de Mîr Iskèndèr, s'empara de cette forte- ^,2S^ resse considérée comme inexpugnable, et en prit possession. Le ^ "^' frère d'Iskèndèr nommé soulthân 'Houceïn, tremblant et se méfiant de Soulâg , se rendit i Chehrézoùl pour y faire sa cour à Ma^hmoûdy-Pacha, fils de Chèmsy Pacha. Lorsqu'il édata, après le décès du chah Ismall, des troubles et du désordre dans les affaires des Qfizilbâdies, on vit sui^ir dans ciiaqve tète des projets ambitieux et dans chaque cerveau des prétentions chimériques. Wély-Khân le Tèkèlu, gouverneur (ou prince J^L) de
Hamadàn, se défit de Sovlàg Houceïn. Les troupes fournies par la province de Chehrézoûl (590) saisissant cette occasion, arrachèrent le château de Pèlènkàn des mains des Tékélu^ et il ne resta plus un seul des héritiers de cette principauté. Pèlènkàn est actuellement conféré par le divan de la dynastie othomane, à titre de sandjàq\ à des fonctionnaires étrangers.
PARACRAPU SECOHD 4d SBCOHDE BIAICIB «^tui.
Des Émîrs de Dér-i-tènk^ qui, dans les premiers temps, était comme sous le nom de province ou principauté cJij
de ^Holwân (591).
Un des princes de ce pays se nommait Sohràb-big, comme l'a entendu dire Fauteur de ces pages. C'était un homme vaillant, généreux et déterminé, qui possédait les cantons et les châteaux nommés Bàwéh (R. ejL Pâwek)^ Bâdkéh (R. JCL Pâ^ guéh\ Alâny, le château de Zèndjîr^ Zèwûn-sery Doûdmûn (o'^^^ Doûdân; R. ob->^ Dourûn) et Zermânihy (R. ^J^jj Zèrmâméky (592). Après la mort de ce prince, son fils
*Omèr-bis
succéda à son père. C'était, dans le principe un homme déhonté, sanguinaire, scélérat (593) et adonné au vin. Il fut enfin ramené dans la bonne voie par la grâce divine, et fit sincèrement pénitence de ses péchés. Il vint faire sa soumission à l'héroïque sulthân Soule!mân, lorsque ce monarque fit la conquête de Bag^dâd: son iîâlèt héréditaire lui fut alors confiée, et il fut en outre comblé de faveurs sans bornes de la part de ce Chosroès. A dater du jour où il fut admis au rang des serviteurs de la Sublime Porte impériale, il resta inébranlable dans la voie du dévouement, et marcha de pied ferme dans le chemin du service. H parvint à un âge très avancé, et fut englouti par la mer dé l'anêkntissement (594).
(Vers.) Supposé que ta aies compté sept semaines a»*^ d'ex- »<>(• istence oa que ta aies vécu jusqu'à sept mille ans; peu importe p- ^^• que tu sois d'une haute ou d'une basse stature, puisque notre taille est destinée à être engloutie (par la mer du néant).
Après son décès, son fils
fut chargé du gouvernement de sa principauté. C'était le coryphée de son siècle et la perle (l'unique) du monde pour la vaillance, la grâce et la beauté. Il possède aujourd'hui son domaine héréditaire et ses acquêts avec leurs accessoires «>fL>J) ^jàJ^A^f
depuis les confins de Delnéwèr, de Jâilour et de Bâg'irlou jusqu'aux limites de Bag'dâd (la ville du Salut) (595). D n'a pas son second en fait de nombreux bestiaux et de vastes pâturages, de riches trésors et de grands capitaux progressivement amassés , ni sous le rapport de ses nombreux partisans et défenseurs.
PARAGRAPHE TROISIÈIE OU TROISIÈME BRAKGHE (4^).
Des Émirs de MAhydechte ') <596).
A l'époque où nous avons écrit cet ouvrage plein d'imperfections, nous n'avions près de nous personne qui connût leur pays; mais nous avons appris par la voix publique que leur ancien patrimoine (jU^I apanage) se composait de Mâhydechte et de Til^wer j^'iLï (597), et que la plupart de leurs grandes et de leurs petites tribus forment des peuplades et des uloûs oL^I nomades oUU^l (598). Leur principauté était précédemment
1) Mr. de Hammer, qui a suivi l'historien tark Ndîma (T. I. p. 487), donne & cette plaine le nom de DescM-mahi (plaine ou stépe du poisson) et nous apprend qu'elle se trouve à trente journées de marche (dreyssig Màrséhé), de Bagd&d (Ge* gMchte des osman. BeicJhes, T. V, p. 118). Au lieu de Dér-i-tènk le même historien écrit Derteng (Engthor).
partagée entre deux frères noinmés Ckekbâg et MansMoûr^ qui l'admiaiatraient conjointement. Dans le courant de l'année 1002 de rhégire (A. D. 1593 — 4) le frère nommé Manszoùr taa Chehbàz et se rendit maître de toutes les tribus nomades vassales oULi») (599). C'est lui qui est actuellement investi du droit de lier et de délier et du gouvernement indépendant de ce pays (600).
Chehbâz laissa un fils nommé Elqâs (601) ^^Uil. Il se montre parfois hostile envers son oncle, et il s'est engagé à livrer (602), chaque année, près de quarante mille moutons au divan de Bag dàd. Il est on ne peut plus soumis et obéissant aux commissaires (fonctionnaires) de la dynastie othomane et au mlr-imirûn de ce pachaliq'.
C'est un homme déterminé et valeureux, qui se distingue d'entre ses égaux , pour lesquels il est même un objet de jalousie sous le rapport de ses immenses richesses^ des produits jljjl de ses bestiaux et de ses nombreux pâturages (603).
CHAFITBE XL
Des Princes de Bâneh (604).
L'intéressante narration des écrivains les plus dignes de foi êSTxtê et le texte instructif des conteurs d'histoires nous démontrent ?«?/".* de la manière la plus évidente que Bâneh (o.u Bânah) est le nom d'un pays qui l'a transmis aux émirs de la grande tribu qui l'habite. Cette principauté se réduit à deux cantons et châteaux forts , dont l'un est le château de Piroûz et le canton de Bâneh {Bânah) ; l'autre est appelé le château de Chubouh avec le- canton du même nom (605). Elle est située entre la principauté d'Ârdélân, celle de Babân et de Mohry (ou Makary); et leurs princes ou émirs ont reçu le titre honorifique de /hjJI yl-^l IJchtiàr-uddin (choix' de la religion).
Ce surnom leur vient de ce qu'ils ont bénévolement abjuré l'infidélité pour embrasser l'islamiame, sans avoir obéi à aucun des souverains (sulth&ns) musulmans: Dieu le sait.
Le nom du premier de ces princes qui a passé de bouche en bouche et qui est devenu célèbre était Mir^a^big^ fils de Mtr Mùuhammed.
n gouverna, pendant quelque temps, la principauté de Bàneh, et s'unit par les liens du mariage avec la fille de Bîguéh-lng, prince d'Ârdélftn. Il acquit une entière indépendance dans sa principauté , et finit par devenir le rival et l'adversaire de soûl- . thân 'Aly-big le Q*anlié^e ^Jbuf (probablement le Tébènlidje jftLj) qui briguait, concurremment avec lui, la main de la fille de Biguehbig (606). Soulthftu 'Aly-big, ayant préposé son frère Q^atinemiche-big S^ ^^^U^li (607) à la principauté de Bâneh, expulsa Mirza-big du pays. Celui -ci demanda un asile àBigueh-big, dont il implora le secours; chassa, à son tour, avec l'assistance de ce dernier, le susdit Q'âtinemiche big (609), et se raffermit dans sa principauté. Lorsque la mort naturelle le força à prendre congé de ce monde éphémère, il y laissa, comme souvenirs, cinq fils nommés Boudâq'-big, Souleïmàu-big, 6'àzy-Ehàn, Mtr Mou* 'hammed et Og'ourlou.
Boudâq'-bigr^ (ils de M\n&'b\g.
Il donna, après le décès de son père, tous ses soins aux affaires de la principauté, et lorsqu'il l'eut gouvernée pendant quelques années, ses frères consanguins Mir M^ouhammed et Og'ourlou, qui n'étaient pas nés de la même mère que lui, s'insurgèrent contre lui, et le bannirent de son pays. Boudâq'-big y^^^ se réfugia & la cour du chah Thahmasp, qui lui accorda des se- ^.m! cours et des troupes auxiliaires afin de le réintégrer dans sa principauté héréditaire. L'ange de la mort, qui met fin à tous DOS plaisirs (qui est notre trouble-féte) , vint subitement fondre sur sa tète, et lui ravit l'âme dans la ville ^e Q'azwin.
SoiileliËâH-bl;, ib de Mlm^lils.
Après la mort de son frère Boudàq-big, la principauté de Bâneh lui fut gracieasement accordée par le divan du chah Thab* masp. Id-qouly'big^ fils d'Âïdîne Aq'a le Dzoul-q'adr, toâly de Mérûga^ reçut l'ordre de fournir des secours à Souleîmàn*big et de l'installer dans la principauté de Bàneh.
Grâce à son concours, Souleïmàn-big devint effectivement prince de Bâneh, qu^il gouverna une vingtaine d'années. Comme c'était un homme pieux et religieux, il renonça à la gestion des affaires aussi difficiles qu'importantes (.^^ périlleuses) de la principauté, donna sa fille en mariage à son neveu Bedr-big, et lui abandonna sa principauté. Il fit deux fois le pèlerinage des deux temples sacrés (que Dieu redouble le respect et la vénération dont ils sont l'objet!). Il préféra, la seconde fois, rester dans le voisinage du tombeau purifié et du sépulcre resplendissant de lumière du meilleur des mortels (que Dieu le comble de ses bénédictions , lui et sa pieuse lignée) ; et il fixa sa résidence dans la ville de Médine l'Illuminée (609).
TROISIÈME SKGTIOlf Ai> DiïlSÊK ER tUATRE PARAGRAPHES 4^.
Des fimtrs ou Princes kourdes de rirâa.
A l'aide de leur plume (<^1K pinceau) d'où pleuvent des perles et qui sème des pierreries, les historiens et les archéologues (6 1 0) ont consigné sur les tablettes de l'exposition , que les principales tribus kourdes de l'Iran se divisent en trois classes ou races asJL nommées: 8iâh Manszoûr^ jy^^ 0^9 Tchékény ou Tchiguiny ^jù et Zèn^neh ajIjj. Une tradition notoire et qui a passé de bouche en bouche nous apprend qu'il y eut, dans le principe, trois frères qui vinrent du Loristàn, 6ù, suivant une autre version, du pays de Gouràn et d'Àrdélân, et qui abandon-
nèrent leur patrie et leurs foyers avec le projet d'entrer au service des souverains de Tlràn. Ceux-ci les ayant avancés très rapidement, ils parvinrent tous les trois au grade d'éwîr, et les ^j;^^ hommes qui vinrent, de tous côtés et de toutes parts, se ranger ^'*^' sous leur (6 11) drapeau, prirent leur nom. Les autres peuplades ijfl^i (nations kourdes de l'Iran, qui sont soumises à des émirs (princes) et à des stdthânSj se nomment: V. SS' Lek; 2^ jt^j ^^^^i 3^ O^jJJ ^oûjS'bihân; 4^ ^ (612) MétUidje {?); 6\ ^^j^'Haszry\ 6^ Ghéhrézouly (613); 7^ jL>#j^ WirmiAûr (614); 8*. J^jf QuÛâny] 9^ ^) Inelou (615) ou Troglodytes^ 10\ Mèmîauyi Jî^l IV. ^ Kidje ou Quidée (616); 12\ jl^f
Gowrâny (617); 13^ J^j ZiMy; U\^ ^ Kelleh-guîr (618); 15*. ^jj^ Pagouky (619); 16\ ^^ Bèby (620); ir. Tchimiche guéeek il^îCi.»*; 18\ Arabguirlou ^J/^^ (621).
Quatre de ces branches as> nommées Pazouky^ Tchimichc guéaeky ^Arabgutrlou etBè&2/(622)ont depuis longtemps des émîrs (princes) et des mirzas (o^^j^^^ mirzûdehy fils d'émir) choisis parmi eux, dont la principauté et l'émirat sont héréditaires. Vingt-quatre autres tribus (o^^ troupes) kourdes habitent, le Qcaràbûg^ dans la province A^Arrân (623), et sont connues sous le nom (turk) à.^ Iguirmy-dewrte (les vingt-quatre). On leur donna pour émir^ sous le règne du chah Thahmasp, un personnage choisi parmi eux et connu sous le nom d^Âhmed-big Pertâlj sous la condition expresse qu'il aurait sous ses ordres près de trois mille cavaliers, en temps de paix comme en temps de guerre ^jsât^^ y^j^y en qualité dé troupes auxiliaires et de gendarmerie jL^^^L^:>(624).
Il y a en outre, dans le Ehoraçàn, une autre peuplade aûLI kourde que l'on appelle jS OuUj et dont le commandement était confié, du temps du chah Thahmasp, à un personnage nommé Chèms-u'ddin-big. Il se trotwe enfin dans VIràn wne multitude de peuplades dû 11» kowrdes peu célèbres^ jy^jéh qu^U serait trop long d^énumérer: nom avons ^ par conséquent y jugé nécessaire de nous en abstenir. Louange à Dieu, à ce roi, que nous adorons (tous).
PilAttiPII PUlUt «D PIBIltlB ItiKU
Des fintrs Slâh-lHaiisawflr.
En 960 de l'hégire (A. D. 1553) le chah ThAhmasp, qû protégeait spécialement un des mrza$ (mîr^eàdeh^ fils d'émir) de cette peuplade nommé Khalll-big, loi donna le titre de Kho' lîl^Khûnj loi confia le commandement en chef ^tr^^) ^^ de tons les Eourdes de Tlràn (la Perse), et plaça sous ses ordres ^^^ vingt-qaatre branches aj^ de cette nation, à Texception jl^ de p.'Zé. '^ gi*Ande tribu Si&h Manszoùr et des Kourdes qui avaient un émtr choisi parmi eux (625). Il lui accorda la province «Idl de Soulthânïeh, de Zèndjân, d'Abhèr, de Zerrin kémèr {^ jijj ceinture d'or) (626) et plusieurs cantons situés entre l'Adzerbaldj&n et l'Iraq'. Il lui fut eiyoint de rassembler sous son drapeau près de trois mille cavaliers de la nation kourde, de se fixer entre Q'azwln et Tébriz, de veiller, à la sûreté des chemins et des grandes routes et à la garde de frontières. Lorsque deux ou' trois années se furent écoulées, Ebalil khAn réunit (627) sous ses ordres une nombreuse multitude de Kourdes pareils à des dives (démons); mais il ne remplit pas convenablement la tâche qu'il s'était imposée de les tenir en bride. Il suivit, au contraire, une marche diamétralement opposée à ce que s'était figuré le chah, de sorte que les marchands ambulants et les voyageurs furent inquiétés par les méfaits des Kourdes, dont l'agglomération entraîna la dispersion de la population du pays. Cette circonstance attira à Khalil-Khàn la disgrâce du chah Thahmasp, qui lui assigna le district de Khaur Jy^ ^)Û\ dans l'Iraq' (628) et le relégua sur les frontières du Khoraçâo, à charge de s'y fixer (629). Comme l'insigne faveur ^JjJc dont il jouissait auparavant avait dégénéré en dégradation (^'^ humiliation) (630), et comme toutes les peuplades ou tribus kourdes qui s'étaient rassemblées sous son drapeau s'étaient dispersées et débandées
*^, il alla lai-méme rejoindre la grande tribu S!âh«-Manszoùr, et consacra le reste de ses jours aux alTaires du gouver*' nement sur les confins du Khoraçân.
Après sa mort son fils mineur (^^) nommé DaBièt (ou Dewlè£) -iâr prit les rênes du gouvernement de la principauté de son père, en vertu d'un décret du chah soulth&n Mouhammed, et reçut le titre de Damèt-târ-Jchân. Dans cette intervalle, la province d'Âdzèrbaïdj&n tomba au pouvoir des fonctionnaires (commissaires j\^Lf) de la dynastie othomane, et Dafllèt-ïàr^khfin fut préposé à la garde et à la défense des limites et de Textrème frontière de rAdzèrbaïdjàn. Les cantons de ^^^i^ Kèrechp (631), deZerrîn Kèmèf, deSidjàs(632),deZèndjàn, deSzourlûq' ^^^ (633), de Q'ïdâr ou Q'aïdâr jlju», de Chèbistân, d'Engourân ou ^^^ Angouràn, de Q'untchouq'ah le Haut etleBas(634),qui,par suite J^*^^;; des troubles, des désastres et des bouleversements (politiques), avaient été foulés aux pieds des chevaux des armées q'izilbâches (persanes) et kourdes au point d'en être ruinés et dévastés, lui furent tous gracieusement alloués par le divan du chah soulthàn Mouhammed, afin qu'il ramenât les divers cantons à leur ancienne splendeur et les rendit aussi florissants et peuplés qu'auparavant. Il s'y rendit en conséquence, fixa sa résidence dans le canton de Kèrechp, où il fit construire un château solidement fortifié et fonda une q'aszaba (bourgade, oppidum). Le démon (dive) de la vanité se retrancha dans le donjon de son cerveau et le poussa à retirer sa tète du licol de l'obéissance et de la soumission au chah. Soulthân Mou hammed prit la résolution de le châtier. Lorsque Daâlèt-lâr-khân en fut instruit, il persista dans sa révolte et jeta les fondements d'une grande et forte citadelle dans le district JÛl d'Engourân et de Chèbistân. Le chah soulthân Mou hammed fit marcher contre Daûlèt-Iâr Mourchid-qouly Khân le Châmlou (Syrien), fils de Wély.Khalifa(635), à la tête d'environ six mille cavaliers, avec ordre de combattre Dafllèt-Iàr et de s'en rendre maître. Dès que Mourchid-q'ouly Khâa arriva sur les lieux, il s'empressa de commencer le siège
de la place. Dafllèt-I&r se retrancha dans Tintérienr du cb&tean avec une foule d'illustres guerriers, et sortit un jour son bras vaillant de la manche de la bravoure fermement résolu à faire une sortie nocturne, dans laquelle il se distingua par ses valeureux exploits et ses charges pleines d'audace.
Mourchid-q'ouly £h&n, ne pouvant plus lui résister, prit enfin le chemin de la fuite. DaQlèt-Iftr le poursuivit. Une multitude de guerriers placés sous les ordres de Mourchid-q'ouly Kh&n servirent de pâture au cimeterre étincelant: leurs tentes et leurs pavillons ^j»j 4^ , leurs richesses et leurs effets (bagages) furent tous livrés au vent du pillage et de la spoliation.
On raconte que la vieille mère de Dattlèt-ïâr, montée, dans cette bataille, sur un cheval sans selle, se mit à la poursuite des fuyards en criant : ^Hd^énaq arah, hd hénaq arah (sus aux timbales, sus aux timbales) (636); c'est-à-dire: «jetez-vous d'abord sur leurs timbales». On enleva tous les thauqs (queues de cheval servant i^âan, d'étendard) (637) et les timbales (de la musique militaire) de sept p. 9£d. ^{^^./it;^^ et on les porta au château. Cette troupe n'eut plus le front de retourner en Perse. Craignant et redoutant le courroux du châh'Abbâs, elle s'enfuit forcément du côté du Guilân, où elle entra au service du khân A'hmed, wâly (prince) de ce pays, qui les accueillit avec bienveillance. Mais au bout de quelques jours, on vint les réclamer & la cour du khân A'hmed, et on les exécuta à Q'azwin avec plusieurs malfaiteurs (638).
Enorgueilli et infatué de ces succès, Daûlèt-Iâr Khân se livra à des rêves ambitieux et s'abandonna aux perfides • suggestions de Satan. Il ceignit, en conséquence, son front débouté du bandau ajLac de la révolte, et empiétant sur la province d'Iraq', il voulut s'emparer par stratagème ^^ ^L^ (?) de Souleîmânieh et d'Âbher (6^9). Le chah 'Abbâs en ayant eu avis, fit marcher, en toute hâte, contre DaOlèt-Iâr la peuplade Châmlou sous les ordres de Mehdy-q'ouly Soulthân, petit-fils d'Ag'zy-wâr Khân (640).
Comme c'était le moment où devaient commencer ses re*
vers (641), il licentia (dissémina) ses uloûs et tribus nomades, et se fortifia, avec quelques-uns des siens dans l'intérieur d'un château inachevé, dépourvu de créneaux et de barbacanes. La peuplade Chftmlou en commença le siège. On en donna ensuite avis an chah 'Âbbâs, qui prit son essor vers ces parages sur les ailes de la célérité. Datllèt-Iâr, prévenu de l'arrivée de la garde du chah ^Li c^^^, en fut consterné , et vint faire sa soumission. Il eut l'honneur «de baiser le seuil du monarque, et pour lui témoigner son humilité et sa componction, il se prosterna (642) dans la poussière du néant (643). Il fut garroté et enchaîné par ordre du souverain (de l'empereur) avec environ trois cents de ses ag'as et de ses officiers ^Luale. Sa femme, sa 'famille, sa fortune et tous ses acquêts furent pillés et ravagés. Au bout de quelques jours, Datllèt ïftr fut lui-même pendu à un gibet, et passa de ce séjour de vanité dans la demeure de l'allégresse (644).
miM PARAiiitAPU OU BRAICHE d^.
Des Émîrs Tchekény od Tehigniny.
Cette peuplade se distingue des autres Eourdes de la Perse par sa bravoure, sa valeur et son. courage. Comme il ne restait parmi eux aucun émir ni mirzâdeh qui fût capable de gérer les p^, affaires de la principauté, ils se répandirent dans l'Iraq et l'Adzèrbaïdjân, où ils allongèrent la main de la spoliation sur les biens des habitants. Us se livrèrent au brigandage et interceptèrent les routes. Les marchands et les commerçants, réduits à la dernière extrémité par suite de leurs méfaits et de leurs hostilités, accoururent de tous les points et de tous les côtés de l'empire pour venir demander justice à la cour du chah Thahmasp, où ils exposèrent leurs griefs. Après s'être assuré, par une enquête et par espionnage, de la continuité et de la notoriété de leurs procédés vexatoires et hostiles, on statua, que, partout où l'on verrait des individus appartenant & la peuplade
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Tchékény on Tchiguiny qni se seraient rendus coupables d'as* sassinat et de brigandage O^U^ Ji», on devait les expulser de yiye force des états du chah et les laisser aller partout oii ils Youdraient; mais que, s'ils y séjournaient plus longtemps, on devait les tuer partout où on les rencontrerait et livrer au pillage et à la déprédation leurs biens et leurs effets (645).
(Vers.) Quand le souverain est juste, ne te plains pas d'op-* pression. La justice des monarques est préférable aux années d'à* bondance.
Près de cinq cents de leurs notables ^Lcl prirent, en conséquence, la résolution de partir pour THindoustân (646), et se dirigèrent Vers le Khoraçàn.
Q'azaq'-Khftn le Tékélou, qui, à cette époque, était prince (ou gouverneur S\») de Héràt, et dont l'esprit était préoccupé par la crainte et la terreur que lui inspiraient l'extrême sévérité et le courroux vengeur du chah Thahmasp, invita la peuplade susdite à entrer à son service, et mit tous ses soins à la choyer convenablement. Lorsque l'affaire de Q'azaq'-Ehân eut été menée^ à bonne fin par la main de Manszoûr-big le Szèfide la peuplade Tchiguiny se dirigea vers le Cfardjistànj oii elle se réunit.
Dès que les faits qui la concernaient furent parvenus, dans toute leur exactitude, aux augustes oreilles du chah, ce monarque, sachant que les prouesses et les vaillants exploits de cette peuplade étaient le sujet de toutes les conversations, promut au rang éminent d'émtr* et envoya à ce peuple {^yi goûm) un certain Boudâg'-big, qui était un des mirzas (fntreâdeh) de cette peuplade aâ^II», et qui avait été admis au nombre des illustres ^orouâjis (gardes du corps). Il assigna aux Tchiguiny une des * localités du Ehoraç&n , et leur position y devint de jour en jour plus prospère. Lorsque *Abd-ul-moumine Ehân, fils de 'Abdallah Khan l'ouzbeg, marcha en 1001 de l'hégire (A.D. 1592 — 3) contre Boudâg'-Eh&n, à la tête d'une puissante Jjm armée d'environ trente mille hommes (647) avec le projet de s'emparer du
tbàtean de Q'oudjâa, où il Tassiégea, le chah 'Abbâa (I.) alla à 8on secours, et 'Abd-ul-monmine Ehàn leva le siège de la place. Le chah 'Abbàs honora et combla le dit Bondàq -Khân de témoignages de sa bienveillance impériale, promut ses cinq fils au rang d'ém^, lui confia le commandement et l'administration de ce pays en qualité d'émir-t^Z-otiméra (général en chef) et s'en retourna dans Vlrkq. U est actuellement rangé an nombre des plus illustres émirs de la cour de ' Abbàs (648).
TROISIÈME PiXiGRiPlE OU BXiSGHE
Des Êmîrs Zènguéneh (648').
Du temps du feu chah Isma'Il le Szèfide, cette peuplade était également parvenue aux grades les plus éminents et devenue un objet de jalousie pour ses égaux (contemporains). Lorsqu'il ne resta phis un seul de leurs émirs, ils entrèrent par détachements Ai> au service des émirs q'izilbâches et demandèrent à servir dans l'Iraq' et le Khoraçan. Quelques-uns d'entre eux furent admis dans les rangs des illustres qonmdjis.
mnm PiKifiRAPIE OD BRilGIE 4^.
Des Émîrs Pazoïky (649).
Suivant la tradition la plus accréditée et du commun accord des hommes instruits , les émirs Pazouky tirent leur origine de la grande tribu Souwéidp. Quelques auteurs anciens les comptent au nombre des peuplades de l'Iran. Quoiqu'il en soit, ils ont gouverné , sous le vhgM des sulthàns turkomans et des souverains q'izilbâches , la principauté de Eeïfy, d'Ardjiche, de 'Adiljuwftz et d'Alacheguerde (649*).
La plupart des grandes tribus Pazouky possèdent des bestiaux (l^jL quadrupèdes); mais elles ne professent aucune doctrine
positire, et eUes ne s'inquiètent pas beanconp (eUes n'ont gaère d'idée) de ce qui est licite ou illicite ^.;]1« ^j %Jjj^ ^j> jLJbU ^ juâJ (j\j^ (elles ne s'attachent pas beaucoup à ordonner ce que la loi approuve et à défendre ce qu'elle réprouve).
Leurs princes se divisent en deux branches nommées Khûr ledrlng ou Choukr-biglu (650). Le premier d'entre eux, qui fut j^^ émir, et qui jouit de quelque célébrité fut 'Haumn ^ÂlyAng. Il f!ltA\ 6ut deux fils nommés Cheh'Souwâr-big et Chouhr-hig.
Cheh-8oDwâr-bi;, fils de 'Hoiceln 'Aly-bi;.
Après l'extinction de la dynastie Aqidiounlou (du Mouton blanc), il s'attacha au service de l'émir Chèref, prince de Bidlîs, et son fils Khâled-big se rendit à la cour du ch&h Szèfide Isma'U. Il donna dans une bataille tant de preuves de sa valeur et de son sang-froid ^Ij^, qu'il eut une main désarticulée. Le chah Ismall lui en fit faire une en or, que l'on adopta à la place de celle qui avait été amputée , et il lui donna le nom de Tehotàq- Khâkd (Ehàled le Manchot). A dater de ce jour il jouit de la faveur de ce monarque. Le district de ELhnoùs (Ehonos) et de Mélàzguerde, ainsi que le canton d'Ew-'hakftn-lez-Moùche furent réunis et accordés , en qualité de principauté et à titre de gratification j|>l, à Khâled-big et à ses frères (651). On peut dire, sans être taxé d'exagération, que E[hâled-big était un homme intrépide et vindicatif ^Ifi (despote), à qui sa haute dignité inspira une vanité déplacée. Il tua, en mi seul jour, neuf émirs kourdes et turkomans qui étaient venus lui faire visite.
Il aspira au sulthànat (à la souveraineté), fit réciter la hhouthhéh (prière du prône) et battre monnaie en son nom. Il fit enfin défection aux Q'izilbàches, et se soumit à la Porte du sulthftn Séllm-EJi&n. Là aussi il posa le pied hors du sentier de l'honnêteté w>l; et lorsqu'on revint de la conquélie de Tchaldirân (652), il fut exécuté conformément à un firm&n aussi irrévocable
que les arrêts du destin. Il laissa deux fils nommés OweTs-big et Wèled-big, ainsi qne trois frères: Roustèm-big, Q'obàd*big et Mon hammed-big.
A l'époqne où le canton d'Ew-hakân-lez-Moûcbe se tronvait, comme principanté, sonmis an pouvoir de Ronstèm-big, frère dé Kbâled-big, celui-ci (il?) fut tué à Ew-'hakân avec une multitude de guerriers Pazonky, dans un combat qu'il livra à Cbèref- Kl^ân, prince de Bidlis, et à la grande tribu Rouzéky, comme jmtmh.
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nous le raconterons plus loin d'une manière circonstanciée, à l'article de l'émtr Cbèref. Son frère nommé Q'obàd-big ne laissa point d'enfants mâles. Son autre frère Mou hammed-big eut un fils nommé émir Aszlàn (j^\ ou Arslàn (j%J\ Big, qui^ sous le règne du chah Thahmasp, était attaché au corps illustre des q'oroudjis.
0wel8-bi;, fils de Khâled-big.
Après l'exécution de son père , il fit défection à la Sublime Porte (mot-à-mot il tourna le dos au pays de Itoûm) et entra au service du chah Thahmasp. Ce monarque lui octroya la principauté (l'émirat) de Adildjuwâz. Lorsque trois années se frirent écoulées de la sorte, Mouça Soulthàn, wàly de Tébriz, conçut de l'animosité contre Owels-big, à cause d'un différend que celui-ci avait suscité , et Owels-big prit la fuite pour se rendre dans le pays de Boûm (ancien empire Romain d'Orient), où il se fixa à Kelfy. Dès que cette nouvelle parvint, à Constantinople, aux augustes oreilles du sulthàn Souleïmàn-Ehàn, il émana de la part de ce souverain un firman aussi irrévocable que les arrêts de la providence Li (du destin), qui enjoignait au Dmze Davoûd (653) de le mettre à mort avec ses enfanta et les personnes de sa suite,, et d'envoyer leurs têtes à la Porte de félicité *). •
1) D'après la notice bîsloriqne qne pnblie le Jùu/mtd de ConaUuMnoplê nir le palais de Top-q^apou devenu réeemment la proie de flammes on donne le nom dis II. 18
Le Draze Davotkd , se conforma à ce firman en exécutant à Kelfy Owels-big avec son frère Wèled-big et ses fils Ehâled-bîg et Elvènd-big. Ses deux fils en bas âge Q'ilidje-big et Dzon Ifiq'ftr-bigy qui lui sorvécnrent, se réfîigièrent à la cour d'Ahmedbig le Zerraq'y (654), prince de ^i^c^Jtâq (ou jtic) ^atâq). Ce prince leur donna un asile à Tombre de sa protection, fit nn rapport, à cet égard, à la Porte de félicité du Padicbfth, et leur assigna one pension. Lorsqu'ils eurent atteint Tâge de puberté et de discernement, ils s'enfuirent avec leurs procbes' et leurs peiq)lades {g'oûms)^ et entrèrent au service du cbah Tbahmasp.
(TUi^e-big, «s d'Oweb-big.
Lorsqu'il arriva à la cour du cbftb Tbahmasp, ce souverain lui confia le district «l^i de ^ Zagam (ou Zakoum), une des
dépendances de Onéndjah (aujourd'hui Jéliçavetpol) dans l'Arrftn (655), et la principauté Pazouky.
Après l'avoir gouverné pendant neuf ans, il mourut au terme fixé par la divine providence, lors du retour des drapeaux du chah de sa campagne du Oourdjistân (Géorgie) (656), et laissa un fils en bas âge nommé Owels-big.
DzoDiaqâr-big. flls d'Oweb-big.
La principauté de Pazouky lui fut confiée après le décès de son frère, et le chah Thahmasp le prit sous sa protection.* Mais
Bâb'i hùumaUmn (porte angaste) an portail de ce palais qui donne enr la TÎlle de Gonstantinople et qni fat construit en 1478. Il est d'une grande simplicité et se tronye à l'endroit où s'étendnît jadis le Forum auguHeon.
On passait de la seconde conr du palais de Top^qapou dans la troisième par la porte nommée Bâfh%-$è' âdèi (porte de félicité) qu'on appelait aussi la porte des eunuques blancs, parce que la garde leur en était confiée. Elle donnait dans la soflEe du tràne, et les ambassadeurs seuls, le jour de leur présentation, ainsi que les ministres, lorsque les sulthâns les faisaient appeler, pouTaient franchir le êeuû de cette porte, fui gervaH au$m éPet^ée au „Hmrem^\
son existence ne fut pas de longue durée comme la saison de la rose et de la talipe, et l'ouragan de la mort ne tarda pas à faire tomber le feuillage (657) du palmier de sa vie dans la poussière de l'adversité ^^^Lr-li (658).
(Vers.) n vaut mieux que l'homme voie ses désirs se réaliser lentement; car c'est en s'accomplissant que notre carrière se termine. Le rubis a été lent à se former , mais il est de longue durée, la tulipe (659) s'est promptement épanouie, et a rapidement disparu.
Comme il n'avait point d'enfants mâles, la principauté Pazouky fut accordée à OweIs*big, fils de son frère, et Ton conféra les fonctions de lâla (mentor ou régent) à làdikàr-big. La mère d'Owels-big, se méfiant de ce tâla^ craignit qu'il D'attentat aux jours de son fils (660). Elle abandonna, en conséquence, sa principauté, emmena son fils, et se rendit à Q'azwin, à la cour du chah Thahmasp.
lâdikâr-bi;. Us de Zelnel, fils de Chaskr, fils de Hooeela Aly-big.
Lorsque Ifi mère d'Oweïs-big dépouilla son fils Owels de la principauté Pazouky, elle fut décernée, conjointement avec le district eldl d'AIapheguerde (661), à làdikâr-big avec l'assentiment unanime de tous leurs notables (662), et en vertu de lettres patentes du chah. Comme c'était un homme semblable à un àbdâlj et dont le caractère se rapprochait de celui des qalènders, il passait la plus grande partie de son temps dans la société des religieux de l'ordre des abdâls et des hommes dégagés de tout lien terrestre o'-^ c^* Il n'était pas très-strict observateur des préceptes de la Loi; ce qui lui attirait l'ànimadversion et la réprobation des hommes clairvoyants ^^^^ J^l. C'était, de fait, un homme vaillant et généreux. La grande tribu Pazouky était devenue, sous son règne, riche et opulent : près de deux mille familles kourdes s'étaient rassemblées sous sa ban- pèr$an,
Bière. H avMt fait cultiver et remis sur un pied florissant les
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villages et les campagnes d' Alachegaerde , de sorte que tout le monde aspira à faire le pazouky j:^^/ kS^^^j^ l5^^ *^- '' passa dans l'autre monde après avoir gouverné la principauté pendant quinze ans.
Rlâz-Ug, fils dlâdlkâr-big.
La principauté Pazouky et d'Alacheguerde lui fut octroyée après le décès de son père , en vertu d'un décret du chah Thahmasp.' n suivit la sunnèt (les erres ou la doctrine) de son père en fait d'hétérodoxie, et en fit même cent fois davantage «jLu;! i^L^. Par suite de la réprobation et du blâme qu'il s'attira de là part des émirs et des gouverneurs (ou princes) des provinces frontières de l'Asie mineure (du Roûm)^ on adressa au chah Thahmasp une dépêche allégorique, qui portait, que, si la doctrine et les moeurs v'^'j ^^ ^^^ Q'izilbàches (Persans) étaient conformes à ceux que pratiquaient les peuplades Pazouky, celles de Khnoûs et de Tchimichegazak, il n'était plus permis de les qualifier de musulmans. Le chah Thahmasp destitua Maq'szoûdbig de E^noûs et d'autres émirs de ces confins: il fit mettre à mort une foule d'habitants de Ehnoùs et fit incarcérer Maq*szoûd-big dans le château d'Alamoute (663). Nïâz-big fut destitué de sa principauté, qui fat décernée à Owels-big surnommé Çfilidje-bigy et Nïâz-big resta destitué/ tant que vécut le chah Thahmasp. Après le décès de ce monarque, la peuplade Pazouky fut partagée en deux sections par le chah soulthân Mou hammed. Il remit à Nïâz-big la branche dite Choukr- (ou Chèkèr ?) hégutf : tout le reste se rangea sous les ordres de Q'ilidje-big.
Nïâz-big se soumit à Émlr-khân. Les Kourdes connus sous le nom de Ehâled-biguy se rassemblèrent autour de Q'ilidje-big, qui embrassa le parti de Toq'maq'-Ehân (664), et le district i»ldl d'Alacheguerde fut partagé en deux.
Nïâz-big donna, dans cette province frontière, des preuves de sa bravoure et fut englouti par la mer du néant dans les flots
du Koùr, {(NTsque Émlr-Kh&n se mit en marche pour aller com* battre LMa-Pacha (665), et lors de la défaite de son armée dans le Chirwàn, an bord de la rivière de Q'anag' (666).
Oweb-bi; deveno célèbre sods le nom de Otlidje-bl;.
Nous avons exposé plus haut, qu'Owels-big avait été dépouillé de sa principauté par sa mère, qui, de crainte de voir lâdikar-big attenter à ses jours par convoitise pour la principauté Pazouky, l'avait emmené à Q'azwin. Le chah Thahmasp le garda à peu près vingt ans dans les rangs de ses illustres q oroudjis, de sorte qu'il grandit et se forma à Q'azwin. Us s'y appliqua de tout son pouvoir à acquérir des talents, à étudier la langue et à saisir facilement le sens du discours, de sorte qu'il se distingua d'entre tous ses égaux. Lorsque Nlàz-big fut destitué par suite de son infâme conduite (667), la principauté Pazouky et le district t)^\ d' Alacheguerde lui furent accordés. Il y vaqua, pendant quelques années, d'une manière convenable, au commandement,
à l'administration et au maintien de la peuplade Pazouky (668),
bannit le schisme et l'hérésie qui avaient pris naissance dans sou sein, et y propagea les dogmes de l'islamisme. H mit tous ses soins à pratiquer sa sainte Loi et à faire fleurir cette glorieuse religion. Lorsque le pacte et le traité d'alliance conclus par les (deux) monarques furent enfreints et violés après le cbàh Thahmasp, Alacheguerde reprit ses premières erres et devint semblable aux nations égarées OI^L des anciens temps, telles que les pays de Loth (Sodome) et de 'Âd. Les tribus nomades et les •uloùs de cette contrée, pareils à des onagres effarés qui fuient à l'aspect d'un lion, se dispersèrent de toutes parts, et furent menacés d'une ruine complète.
Grâces à la sage politique ^j^ji ^-*» d'Émîr-Khân, la principauté Pazouky fnt partagée en deux sections. On assigna à Q^'ilidje-big des appointements v^l^ à percevoir sur les alentours de Nakhidjéwân et il se fixa avec Toq'mâq'-Khân dans le
Tkziê p. 889.
Ujokhar-Sad (669): il rmdit, dans ces parages, toutes sortes de services agréables à Diea qjj^^.
Lorsqae 'Otzmân Pacha entra en campagne en 993 (A. D. 1585) pour aller s'emparer de la ville de Tébriz, et qne Vordùu fï^n, ^^ rislamisme, qui parcourait le monde entier, daigna un jour, '• ***• s'arrêter au bord de la source du voleur (^^^^ u^l/* 'Hàramy^ bœUdg y) {670), Toqm&q'-Ehàn, 'Aly-qouly Khân Fhfidj-oglou (fils du coureur), Ismy Kh&n le Chàmlou et d'autres officiers supérieurs {ô^c\ notables) ^qizilbâches rencontrèrent, en un lieu nommé ajuI Ebneh (671), Sinàn-Pacha Tchigûl-oghu (fils de Cicala), qui commandait les avant-postes et l'avant- garde des armées victorieuses. Les vagues orageuses de la mer du néant s'élancèrent de part et d'autres jusqu'à la constellation de la Chèvre, el Q'ilidje-big fut englouti, dans cette mêlée par la mer du trépas (672). Q'oudj^r-big, fils de Châhqouly (de la tribu) Bélilftn-i-Piniànichy (673), lui trancha la tète, qu'il alla présenter à 'Otzmân- pacha, et il eut l'honneur d'être comblé de cares* ses (d'éloges) de la part du monarque (Cbosroès). Q'ilidje-big laissa, en mourant, un fils nommé Imàm-q^ouly-big, qui entra d'abord au service des émirs qizilbàches, principalement de Dzoulfiq'àr-Khàn le Q'aramânlou, gouverneur {J\») d'Ârdébtl:
le ch&h 'Abbàs finit par lui accorder le poste honorable de qorouc^y (674). Une section ou branche àijê de la peuplade Pazouky partit de Nakhidjéwàn conjointement avec les émirs Doumbély pour ^se soumettre à la Porte impériale. La principauté (l'émirat) de cette peuplade fut confiée, de la part du serdàr Ferhâd Pacha, à un certain Ibrahim-big auqtchy-oglou (fils de l'archer) avec un des cantons d'Alacheguerde (675); mais il fut destitué deux années plus tard.