‹ Chèref-namehChapitre 19 sur 22 · SIS · texte numérisé non relu

SIS

permit à Téinlr Chems-ifâdlB de retourner dans ses foyers, et adressa à Ghèref-Khftn des ordres du cabinet cAjf^\j^ (1235) pleins de bienveillance, par lesquels il lui confia Tadministration des affaires de l' Adzerbaldjàn , et lui adjoignit, en qualité; de coopérateurs et d'aides, plusieurs émtrs q'izilbàches, tels que Helhel Soultbftn "Ârebqufrlou (de Arebqulr), OweIs*Soulthftn le Pazouky, Edjell Soulthân le Q'adjâr, Ëmireh-big le Ma'hmoûdy et Mouça Soulthân, gouverneur J^L de Tèbri^. Il fut statué, que toutes les fois que Chèref-Kbân aurait besoin de secours et ^^^ de renforts vîUy^, il réclamerait l'assistance des émîrs précités, '' ^^' qui s'empresseraient de se rendre à son appel. Il tourna ensuite en personne la bride du départ vers le Khoraçàn afin d'en expulser 'Obeid-ullah l'Ouzbeg. L'humble auteur de ces lignes a entendu dire à son père: «Lorsque j'obtins du chah Thahmasp la permission de m'en retourner à Bidlîs, il me dit: «Recommande à ton père de ménager et de se concilier, par tous les moyens possibles, la nation othomane (^otzmânlou) jusqu'à l'époque de notre retour du Khoraçàn, car Oulamah est devenu son ennemi (juré), et Ton ne trouvera pas, dans tout le quart habitable du monde, son pareil en fait de boute-feux prêts à susciter des querelles et des dissensions. Je sais de science certaine qu'il ne laissera point de repos à la nation otbomàne et qu'il ne cessera d'agiter la chaîne des troubles et de la méchanceté. Chèref Khàn ne suivit pas la recommandation du chah, et résolut de châtier les émîrs du Eourdistân qui étaient ses voisins, et qui, pendant te siège de Bidlîs, s'étaient ligués et coalisés avec Fil la q'oùb et Oulamah. Il marcha d'abord, à la tète de ses troupes, contre Mîr Davoûd le Ehizâny, pilla et dévasta une partie de sa principauté. Il assiégea, pendant trois jours et trois nuits, Mîr Davoûd dans le château fort de Khizân. Lorsqu'il y eut quelques hommes de tués et de blessés de part et d'autre, la nouvelle de l'arrivée d'Oulamah à Bîdlis se répandit subitement, et Ghèref Khàn leva aussitôt le siège du château de Khizàn, et s'en re* tourna ; ce qui décida «J^^r^jl les émtrs entachés de trahison

à abandoiin^, tout d'un coup, le parti de Ghèref-Khftn et à se prononcer en faveur d*0alamah. U en fat de même de plusieurs émirs de la grande tribn Roazéguj, savoir : Mlr Boudâq le Elvàny, Ibrahîin Ag a le Bilbàcy, fils de Cheikh Émir, Q'alèndèr- A'ga, fils de Mou'hammed Ag'a le Guelhoaky et Derviche Ma'h* moud le Kellédjtrj, qui étaient irrités contre Ghèref*Ehân) et qui allèrent rejoindre Oalamah. Bref, ce dernier, secondé (avec jMTMM. le secours de) par Fil la'qoûb Pacha, gouverneur général du Diârbékir, et cédant aux sollicitations des princes {CjIj^ de

leurs majestés) marcha, pour la seconde fois, par le chemin de Khizàn, sur le canton de Tâtig, dans le courant de Tautomne de Tannée 940 (A. D. 1533), à la tète d'environ deux mille hommes d'infanterie et de cavalerie ^) habiles à manier la lance ainsi que le mousquet, et adroits archers. D ne se trouvait, à cette époque, pas plus de cinq mille hommes présents sous les drapeaux de Cher ef- Khan. Il voulut néanmoins se conformer à la recommandation du chah Thahmasp , qu'il avait encore présente à la mémoire. Il avait, en conséquence, résolu de se mettre en marche vers Alah-thâq' et Alèche Kerd, et d'envoyer un exprès (émissaire) à Mouça Soulthân et aux émirs qui se trouvaient à Tèbriz, afin de les inviter à lui amener des troupes et de se hâter ensuite de combattre et de repousser Oulamah. Mais les ag'as Rouzéguy n'adoptèrent pas cet avis, principalement Sidy 'Aly Aga le Pèrtafy, qui était alors le ministre JJ^ et Vatter égo (vîllll aJU la somme de Vétat) de Chèref-KhÂn, le guide {\j:u le coryphée) et le doyen ou le patriarche {^jj^ la barbe blanche) de la peuplade Rouzéguy. Celui-ci poussa la sottise et l'ignorance au point de dire, en présence du khân et en plein dîvan : « Si la grande tribu Rouzéguy balance et hésite de livrer bataille à Oulamah, je ferai une levée de tous les infidèles et les Arméniens qui habitent la principauté de Bidlis, et je me fais

1) Da substantif penan jI^m* Sciuiioèr (caralier) pourrait dériter le nom de l'illuitre et etièbre général et feld^maréchal maie Py#Ofio<i» (SouToroff).

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fort de le repousser. Qaoique (1286) Cbèref-Kbân fût on ne pevt plus versé dans la connaissance de la géomancie et de l'as* trologie judiciaire et quoiqu'il répliquât : « La géomancie m'apprend que l'astre d'Oulamab a atteint, en ce moment, son apogée, tandis que le nôtre décline et est parrenu à son degré le plus infiiM : il ne nous convient et ne nous sied donc, en aucune manière $ de l'attaquer en pareille circonstance, et d'en venir aux mains avec lui » ; il lui fiit cependant impossible de se modérer (contenir ^^ L^) davantage en entendant les vains discours et les rodomontades de la nation kourdê (1237), et il se résigna à lutter, à la tète de cette troupe (1238) peu nombreuse, avec le gros corps d'armée d'Oulamab.

Lorsque celui-ci fut arrivé sur les confins du canton de Tfttig dépendant de Bidlîs, il marcba à sa rencontre, et les deux partis se trouvèrent en présence l'un de l'autre au sud du cbftteau fort de Tâtig. Oulamah adossa son armée à la montagne, p^n,

et en transforma le front, qui consistait en champs de millet, en un vaste bourbier formé par les eaux qu'il avait barrées pendant

la nuit. Il renforça ensuite les lignes de son armée (1239), dont il flanqua le centre et le corps de bataille (»U» l'aile) de

quelques files de janissaires et d'archers. Chèref Eb&n, de son côté, avait rangé la sienne en face de son adversaire. La peuplade Rouzéguy, entraînée par son orgueil et sa présomption engagea la lutte et le combat sans avoir égard à la supériorité de l'ennemi ni à la difficulté du terrain sur lequel elle allait livrer bataille. Les jeunes et bouillants guerriers des deux partis et leurs champions aussi impétueux que des tigres se ruèrent les uns sur les autres comme des lions ivres de fureur et supérieurs C^^ ^j à leurs adversaires. La poussière soulevée par la mêlée et la flamme du combat s'élevèrent jusqu'aux nues (1240).

(Vers.) Les valeureux champions (ou les champions kourdes) des deux partis se livrèrent de nombreux assauts. Ils firent jaillir le feu du sabot de leurs coursiers ,^ et empourprèrent de sang

la poussière du champ clos. Armés de leur glaive et de leur bouclier, les lions rugissants et ivres de fureur semblai^t porter un croissant sur la tète et tenir un soleil à la main. L'arc, pareil à un crocodile et à un formidable dragon, fit trembler la terre et perdre Tesprit au monde entier. L'atmosphère se rem* plit d'épais nuages formés par la fnqié du mousquet: le glaive étincelant en fendait les ténèbres comme une nuée resplendissante. Du milieu de ce sombre nuage produit par la fumée, qui ressemblait à une vaste mer, le mousquet faisait pleuvoir de toutes parts une grêle de balles.

Pendant que l'incendie de la guerre et la flamme du combat

s'élevaient jusqu'à la constellation de la chèvre j^, Emirehbig le Ma'hmoûdy à la solicitude duquel avait été confiée l'aile droite de l'armée de Chèref Ehân, ainsi que les guerriers placés sous ses ordres ceignirent leur front débouté du bandeau du

parjure (de l'infidélité ^l»^) (1241).

(Vers.) N'espère pas, mon coeur, de trouver la fidélité chez les enfants de ce monde, car il n'existe point d'humanité (de générosité) dans la nature de ces compagnons de voyage.

U fit défection, et alla rejoindre l'armée d'Oulamah.

Par un effet du hasard, une balle de mousquet vint, dans cet intervalle, frapper le khàn à l'épaule gauche et sortît par le porêan, dos. La brido, à l'aide de laquelle il contenait son coursier, s'échappa de son poignet, et ses soldats s'élancèrent, à cet aspect, dans la vallée de la déroute. Il périt, dans cette (fatale) journée sur le champ du carnage, près de sept cents jeunes guerriers habiles à manier le poignard ,>si», qui se plaisaient à donner vaillamment la chasse à l'ennemi, entre autres cinq cents fils d^émîr ^^\jj^\ et ag'as ^), de la grande tribu Bouzéguy, qui furent taés avec Stdy 'Aly Ag'a le VéMl. Son fils Sikkir-big

n Mac. A. /iLlcIj o>lj j^l j\ji J^\^\ B. 0. /.Llèl jl>i JL^L •jasI* f^j^j «cinq ceiito ag*u et personnages marquants».

«âL^^(8ic) et plusieurs antres forent faits prisonniers (1241*), et tombèrent entre les mains du vainqueur. Par suite de ce désastre Onlamah tourna la bride du départ du côté de Yàn et de Yousthftn sans mettre le pied sur le territoire de la principauté de Bidlts. Cette terrible catastrophe attira sur la tête de Sidj^^Âly Aga les imprécations de toutes les classes (grands et petits) de la peuftade Rouzéguy, c'est pourquoi sa race s'éteignit

complètement , et il ne resta plus un seul (âme qui vive ^L:>) de ses enf;|nts, de ses descendants ni même de ses cousins.

L'âge du défunt martyr Chéref-Khân passait la quarantaine et i^prochait de la cinquantaine, lorsque ce malheur vint le frap* per: il avait régné plus de trente ans en souverain indépendant et absolu. Le nombie de ses enfants était restreint à Témir Ghèmà uddin, qui avait reçu le jour dç la fille de 'Âly-big de Szaszoun. Il demanda en mariage pour son fils la fille de Mou hammed-big de 'Huzzou (ou'Hzou). On célébra, À Toccasion de ses noces, une grande fête,' qui dura sept jours et sept nnits. On fit disparaître sur la place dite Qu&Jc-méidân ^ du tablier de ce monde, tous les appareils des jeux et des plaisirs prohibés, tels que les dés du trictrac (3^ ^^j¥* ou les dames du jeu de dames). Ce prince ordonna une fête conforme aux prescriptions -de notre sainte loi et unit par les liens du mariage la chaste firàcée olu <Ii>rf*r j^ (1242) à son fils tendrement aimé, sans enfreindre le rituel de la religion du prophète ni le cérémoniel réglé par les canons sacrés de la loi de Mousdbafa (l'élu de Dieu). Ce joyeux banquet fat si sagement ordonné , que le ciel, prenant la place du monde, ouvrait ses milliers d'yeux (étoiles) pour contempler avec admiration ce merveilleux spectacle. Il présenta aux jeunes époux, sur le plateau de l'offrande, et sema sur leurs têtes, pour les féliciter et leur rendre hommage, les brillantes pierreries des étoileà qu'il avait soigneusement conservées, pendant tant d'années, dans son sein et dane le pan de 8Qa manteau. Lorsque ce festin solennel et ce somptueux ban- 1^,

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quet furent ornés et embellis, dans rintérienr de la tmte et do pavillon (nuptial) (1243) par toutes sortes de plaisirs, de joie et d'allégresse, les plus illustres émtrs du Eourdistân, tels que Seïd Mou hammed le 'Hakk&ry , Chah 'Aly-Ug le Bokhty, MéUk Khaltl rÂïoubide et 'Haçane-big de Palou (1244) assistèrent à cette charmante fête, oik il se livrèrent ati plaidr et à la gaieté* Ces journées furent C0B6a4îrées par la jeunesse du Kourdistàn à jouer, sans relâche^ au mail et à abattre les citrouilles (Ifiâ qui leur servaient de but): elle c^t aux jeunes époux, à titre de présents de noces et sema à leurs pieds ^s plateaux (entiers) chargés d'or (monnayé) et d^or trait ÇiL). Après avoir préalablement rempli les devoirs que lui imposait l'hospitalité, et «près s'être conformé à l'étiquette des banquets Chér^ Kfa&n £stribua aux grands émirs et aux illustres princes des présents dignes de leur être offerts et des robes d'honneur (cafetans) d'un grand prix : il leur accorda ensuite la permission de s'en retourner (leur donna leur audience de c^mgé). Il accomplit les souhaits les plus ardents de son coeur en faisant peser sa vengeance sur tous les individus des diverses peuplades qui avaient blessé ou trahi ses pères et ses aïeux. Dans ce nombre se tirou* vait la grande tribu Pazouky depuis l'époque où le chah IsmalK se conformant à un arrêt de la divine providence ^^ cr^^^xf , avait nommé Djolâq' Khàled (Kbàled le manchot) gouverneur général {émir-ul-êumêra) du Kourdist&n. Celui-ci, s'étant emparé du canton d'Evhakàn dépendant de Mouche, l'avait incorporé an territoire de Khnoûs et donné à son frère Roustèm-big. Après en avoir pris possession , ce dernier s'étut permis de fréquentes hostilités envers la grande tribu Rouzéguy, et avait fixé sa résidence d'hiver à Ev hak&n.

En 922 de l'hégire (A. D. 1516), au poeur de l'hiver et au moment où le froid était des plus intenses dans le canton de Moftche, et où les frimas y étaient tellement glacés qu'il était devenu semblable à une mer orageuse et à un océan altéré de sabg ; lorsque les Tohitiles et les ruminants «ji^ n'osaient {dus

le traverser aa vol ni en parcourir la surface, Chèref Khâi>, à la tète d'environ quinze cents jeunes guerriers Rouzéguy, qui s'étaient attaché des patins (1245) aux pieds, vint attaquer, à Pimproviste, Roustèmbig, qu'ils tuèrent avec ses deux fils et quatre cents jeunes guerriers de la tribu Pazouky. Us passèrent en outre au fil de leur glaive impitoyable tous les habitants des deux sexes, grands et petits. Une partie de cette peuplade, qui avait échappé à cette boucherie, se réfugia dans une caverne voisine d'Ev hakân, où ces malheureux se retranchèrent et furent étoujSés , avec leurs familles , par la fumée des feux qu'on y alluma (1246).

L'auteur, qui a tracé ces lignes, a entendu dire à quelques personnes des plus honorables, qu'une vieille femme se couvrit . la tète d'une peau de chèvre ^Lj) , et échappa de la sorte à ce désastre, qui rappelait le souvenir de l'impétueux ouragan auquel succomba tout le peuple Ae'Ad: pas une âme n'y survécut. On leur infligea le châtiment qu'ils avaient mérité par leurs actions iniques ; on fit prisonniers leurs femmes et leurs familles, et l'on revint sain et sauf et chargé de butin.

En 939 (A. D. 1532 — 33) on arma plusieurs barques et caravelles (1247) dans l'intention de s'emparer du château fort d'Akhtamar situé au milieu du lac de Vân et d'Ardjiche, qui, depuis longtemps, était incorporé à la principauté Roujéguy, et qui était enfin tombé au pouvoir des princes Ckèmbo yJJ.. On le soumit de vive force, et Roustèm-btg, gouverneur du châteaii, qui était le fils de Mélik-big le ^Hakkâry, fut tué d'un coup de mousquet dans cette mêlée it^. Chèref-Khân enleva en outre le territoire (pKll district) i^Isird ^^ju^I (1248) à la grande tribu Bokhty, dont le prince s'en était emparé de vive force, et il le remit entre les mains de Mélik Khalil, prince de 'Hiszn-Keîfa, comme on l'apprend par nos récits précédents et dans le cours de notre narration antérieure. Lorsqu'il s'empara du canton d'JS'rzèn on Arsèn (1249), que possédait Mélik Ehalîl, il le soumit à la domination de Mouhammed-big de Szaszonn, et envoya

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Cheikh Émir te Bilb&cy an secoars de 'Izz-n ddln Ghfr le 'Hakkftry. n raccourcit le bras de l'asarpation qae la peuplade Ma'hmoûdy avait allongé sur leur principauté arec TassistaBce des . Q'izilbâches , et rel&cha, de vire force, Iwaz-big le Mahmoùdj, ' qui avait été détenu dans le château de Vàn par le Q'izilbftche Oeurkmèz-Soulth&n, comme nous Tavons exposé plus haut (1250). On compte au nombre des fondations pieuses et des établissements charitables de ce prince une superbe mosquée cathédrale mL, un excellent collège (mèdréceh) avec une jolie cénobie, qu'il

fit construire à Bidlts même ^j*»^Ji u^J^^ ^' auxquels il donna

le nom de Chérèfyieh. Il y fonda la qatszaryieh àj^j^ et un grand khàu (caravanséral) à deux étages (1251). Il affecta à leur entretien, à titre de legs pieux \iôt (1252), de beaux villages, des terres labourables, des boutiques (ou ateliers) avec un moulin florissant et plein de produits J^L. Il déféra Tadmi-

nistration CZSy (1253) de toutes les propriétés léguées et des terres grevées Lj^à»^ à ses descendants inâles de génération eu génération jusqu'à leur extinction. Il fixa lui-même le lieu de sa sépulture à côté de la mosquée cathédrale dite Chérèfifieh (1253^), et son épouse Chûhbîguy Khatoûne, fille de *Aly-big de Szaszoun, (1254) fit ériger sur sa tombe une coupole (un dôme juiT), dont elle acheva la construction. Elle affecta quelques legs pieux à l'entretien des 'hâfiz^ (1255) chargés de réciter (lire) des fragments du Q'or&n, afin qu'ils s'occupassent d'en faire la lecture, matin et soir, sur la glorieuse tombe des deux époux.

PiRlGKiPHB dUATRIÈlE.

qui traite de la biographie de TÉmir Ghèms-u'ddîn,

fils de Ohèref-Khân.

Il est aussi clair que la lumière resplendissante du soleil qui éclaire le monde et aussi évident que l'éclat de la véritable au-

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rore aux yeax des hommes instruits et clairvoyants, qui connaissent Tatelier de la création, que (1256), toutes les fois que le Tout-Puissant , cet Etre par excellence Jsj^ (qu'il soit à jamais glorifié !) se propose d'affermir sur le trône de l'empire et d'orner de la couronne étincelante de la souveraineté, le front superbe d'un être favorisé du ciel , en l'élevant au rang suprême et à la plus haute dignité , il le choie et Ty prépare , dès les premières lueurs de l'aurore de sa prospérité et à dater des premiers jours de sa puissance , en lui jetant un regard de faveur (de générosité) et d'épreuve C>^j C^y^ afin que cet heureux mortel soit à la fois doué de gloire et d'obscurcissement (1256^), de prospérité et de décadence , de munificence et de vengeance , de mansuétude et de rigueur, d'amour et de haine, de vivacité (promptitude) et de gravité (de flegme j^). Ces paroles divines: «J'ai pétri, pendant quarante matinées, de mes propres mains le limon dont a été formé Adam» (1257) éclairent, comme le grand luminaire, l'exactitude de cette assertion. La bruyante renommée aJlLJ» qu'ont acquise ces mots: <(Nous ne l'avons envoyé sur la terre que par un effet de notre miséricorde pour les mortels» (1258) a pour contraste la fâcheuse influence de ces autres paroles divines: «Tu n'as absolument rien à dire à ce su- n^Oê jet... » (1259). La lune de Bedr, qui, depuis quatorze jours, fT^S* (1260) éclairait le monde, a eu pour pendant la désastreuse et affligeante catastrophe à^Ohode^). Le trône de la souveraineté et le siège* de la puissance, qui est redevable de sa solidité et de sa splendeur ^ILi à sa longue durée et à sa glorieuse magnificence, est infailliblement exposé à d'étranges révolutions et à d'étonnantes vicissitudes (1261). La preuve la plus évidente et l'argument le plus convaincant que l'on puisse faire valoir à l'appui de ce que nous venons d'avancer, la meilleure démonstration que nous puissions en donner, consiste dans les événements ar-

1) Yoje^rjJt'harân, trad. anglaise de G. Sale, 1*' Tolume, p. 58—54, 78—74, 75 — 76.

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rivés à Ghèms-uddlD'kii&D; car il occupa, dans le principe, la place de son père sur le trône de la principauté de Bidlis, et se résigna, dans les derniers temps de sa vie, à l'expatriation, parce qu'il eut le malheur d'encourir la disgrftce du belliqueux sulthan Souieïmân-khân , et parce qu'il fut mal secondé et même abandonné par la fortune.

Nous en donnerons ci-dessous l'explication circonstanciée. Lorsque Chèref-khari goûta à Tâtig le sorbet dii martyre (1262), la grande tribu Rouzéguy ramena son fils Cbèms-u'ddin du château d' Akhtamar , le nomma prince de Bidlis , et passa la tête du bonvouloir dans le licol de l'obéissance. On abandonna les rênes 4e Tadministration abs<)lue des afihires de l'état au poignet aussi habile que capable de 'Hâdjy Chèref, fils de Mou- ^hammed ag a le Guelhouky. Quand il eut régné dix-huit mois, le sulthan Soulelmàn-khân, mû par les instigations d'Oulamab, nomma, vers la fin de l'année 941 (Â. D. 1535) le grand-vézir Ibrahîm-Pacha serdar (général en chef) de ses troupes victorieuses, et le fit partir pour l'Âdzerbaïdjân. Dès que les glorieux étendards de l'armée triomphante éclairèrent de leurs rayons bienfaisants les remparts extérieurs (1263) de la ville de Diftrbékir (ou Âmide) (1264), Chèms-u'ddin*big, s'étant muni de riches présents et de somptueux cadeaux, alla au devant du pacha susnommé A son arrivée au camp impérial, le grand- vézir Ibrahim-Pacha, s'empressant de le combler d'égards et de lui témoigner son respect, lui accorda le diplôme de gouverneur fle Bidlis an nom du sulthan, et il accompagna Tarmée victorieuse jusqu'à persa^i, Tébrfz. En apprenant ces nouvelles, le ch&h Thabmasp, laissant à Tabandon les affaires du Khoraçân, se dirigea vers l'Âdzèrbaldjàn. Dès que le vézir IbrahimrPacha reçut à Tébrîz la nouvelle que le cortège (c^^ la garde, l'état-major, ApysKHna) du chah avait quitté le Khoraç&n, il fit partir, en toute bâte, pour la céleste Porte du sulthan un courrier aussi prompt que le zéphir et l'aquilon, et lui donna avis de la marche du chah Thabmasp sur i'Âdzèrbaldjàn , en priant le monarque de diriger vers

la Perse son glorieux parasol j2m , qui se perdait dans les nues.

Le salthan, ce zélé champion de la foi, fit ses préparatifs de départ, et quitta sa capitale bien gardée de Constantinople pour se rendre à Tébria à la tète d'une armée tellement nombreuse que les légions innombrables des étoiles qui ornent les sphères cé« lestes n'étaient rien (en comparaisson d'elle), lorsqu'il s'agissait d'en faire le dénombrement, et avec des troupes tellement considérables que le calculateur du jugement le plus subtil en au-^ rait été stupéfait et ne serait jamais parvenu à en additionner le total (1 265). Le cortège ^y des deux potentats arriva dans l'A? dzèrbaldjàn au bout d'un mois (de marche), et le belliqueux sulr than, se conformant aux statuts (au nomocanm) et aux coutumea de Tempire othoman, fit parvenir au-delà de la voûte céleste lA proclamation de son départ pour l'Iraq^ et fit annoncer aux grands et aux petits, qui prêtaient une oreille attentive, ses préparatifs de guerre et son intention de commencer les hostilités, n mit en pratique les sages conseils de ses plus illustres généraux et fit devancer ses armées victorieuses par des hommes qui

avaient déjà maintes fois donné, sur les champs de bataille et dans les rangs des combattants, des preuves irrécusables de leur vaillance , afin de terrasser les ennemis a Taide de leurs bras aussi puissants que vigoureux (1266) et sous les coups de leurs foudroyants cimeterres. Après avoir donné au centre et aux ailes de son armée la solidité de la muraille d'Alexandre, il partit pour l'Iraq' en maintenant le même ordre de bataille.

De son côté, le chah Thahmasp vint à sa rencontre jusqu'à Sonlth&nleh. Mais, coinme l'inimitié et la rivalité qui régnaient entre les troupes Q'izilhàches avaient, à cette époque, atteint leur plus haut période , et comme il ne se trouvait pas plus de huit mille hommes de cavallerie présents sous les étendards de t^xu Thahmasp, il ne se sentit pas la force de résister aux troupes de p- ^o. Souleïmân aussi nombreuses que les gouttes d'eau de la mer, et il se retira sur Derdjèzîn (ou Dèrguézîn) et sur 'Hamadân. Attendu que 4Jl;I >y^j L (?) le soleil avait (déjà) parcouru seize de-

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grés du signe éqninoxial de la Balance (1267) ^), l'armée formidable des frimas et de la neige descendit de l'atmosphère sur la terre pour envahir les provinces de Tlrâq' ^\jc dUL*. Le froid devint tellement intense qu'il entrava la marche des années victorieuses. Une multitude de guerriers (d'hommes) de l'empire othoman (de l'ancien empire romain d'Orient), de chevaux, de (1268) mulets de relais et debétes de somme )^L (quadrupèdes, bestiaux) du camp impérial périrent victimes des grands froids, de l'abondance des neiges et du manque de vivres. Ce fut, en conséquence, une véritable catastrophe (un mauvais oeil) pour l'armée de l'Islàm (1268^). Elle laissa Oulamah à Tébrtz avec les gros bagages ^jcl et les janissaires, et partit elle-même pour Bag'dâd, séjour du salut. A la nouvelle de l'arrivée du cortège («^r^ de la garde?) du sulthan, Mouhammed-khân Ghèref-u'ddtn Og'lou le Tekkélu, à qui avait été confié le goufvernement (l^Iîâlèt) de cette ville, en fut consterné comme une frêle et chétive fourmi ^). Il embarqua ses femmes et sa famille , et s'enfuit du côté de Chouchetèr et de Dizifoul (ou Diz-i-phoul) (1269), de sorte que l'héroïque sulthan conquit, sans coup férir, la ville de Bag'd&d , où il établit ses quartiers d'hiver.

Pendant cette campagne, Chèms-u'ddin-big fut attaché à la suite de l'étrier (à l'état major) impérial. Il obtint à BagMftd la permission de retourner dans ses foyers, et partit pou/BidUs.

Lorsque le belliqueux sulthan se fut dirigé, au commencement du printemps, par le chemin i^Altoun koeupry (du pont d'or), vers l'AdzèrbaTdjân , et qu'il fit retentir la voûte du d6me inconstant des cieux du bruit de son retour dans sa glorieuse capitale; lorsque ce monarque fit dresser sous les murs d'Akhlàth sa tente ^^L^ majestueuse et son pavillon (jlj^^oU impé-

1) Sar le signe de la BaHanee (jtjJi\ consultez M' l'académicien Berahard Dorn dans sa DeBcriptûm ofan arabic cdestùHLjflébej p. 19, ^ 37.

2} L'auteur fait allusion aux paroles que Mahomet met dans la bouche de la reine des fourmis à l'aspect des armées de Salomon (Ç^orany Surate XX VII, Sa- ▼ary version française, T. II. p. 128.

rial, dont la dme se perdait dans les nnes et s'^evalt avec or* gueil jusqu'au point culminant de Tapogée du soleil et de la lune, les illustres vézirs, stimulés par le misérable Oolamah, invitèrent Chèms*u'ddîn-big à comparaître à la barre du divan do sulthan, dont la magnificence égalait celle de Salomon, et lui dirent: ^*^ «L'empereur vous demande la principauté de Bidiis, et vous oc- '* **'• troie en échange, à titre d'apanage héréditaire, ceHe de Malâthia et deMèr&che (1270)i>. Chèms-u'ddin big s'empressa de répondre: «Notre tète, notre fortune et notre principauté dlL sont toutes à la disposition de l'empereur».

Ma'bmoùd 'Ëmadàn de la peuplade Bàlégny (1271), qui était le phénir(Ail^> l'unique) et le pilier (la colonne, le soutien) (1272) des agas Rouzéguy, et qui Se trouvait au divan, adressa la parole en kourde à Chèms-u'ddîn et lui dit: «Â quoi nous servira la vie, lorsque notre principauté héréditaire et Vaudjâq (le patrimoine) Rouzéguy nous échapperont des mains?v Si tu me l'ordonnes, je criblerai le grand vézir Ibrahim Pacha de coup de poignard ^^^t». Il assiste aujourd'hui à la séance du divan près de cent cinquante hommes de la grande tribu Rouzéguy: ils se feront tous tuer pour la défense de leurs foyers (de leur patrimoine jU^J)' nous laisserons (du moins), comme souvenir, un nom (immortel) inscrit (en caractères ineffaçables) sur la page du monde». Chèms-u'ddîn répliqua: «Ce n'est pas l'empereur oii^L ni le vézir qui nous affrontent: tout le mal vient des instigations d'Oulamah, car il est dit (1 273):

(Vers.) La haute prospérité de l'ennemi est un fléau: sinon, le mineur qui est parvenu à creuser le sein des montagnes, a fait un acte de bravoure.

Bikr-big le Roùzbihâny, qui était l'ag a des gardes (? esclaves (jUh du pacha) d'Âmide, et qui, à cette époque, venait d'être investi du sandjâq de Adildjuwàz, ayant eu connaissance des propositions CÀ^jkp du Rouzéguy, dit en langue kourde à Chèms-u'ddtn : «Garde -toi bien de suivre les conseils de tes ignorants Kourdes (1273). Si la principauté de Bidlls t'échappe pendant quelques

jours; tu penx recouvrer ton apanage (jU^i.ton patrimoine), tant qae ta tète est sauve». I Lorsque la réponse fait par CBèms-u'ddin-big eut été rapportée au monarque, il lui décerna un cafetan royal, 'Un cheval sellé et bridé, une chaîne et une masse d'armes en or (1274), avec le diplôme dlnvestiturê de Vliâlèt (du gouvernement) de Malâthia. Celui de TMIèt de Bidlis fut délivré à Oulamah. 7^1 Chèms-uMdin-big éVacua les places fortes de la principauté de Bidlis et les remit aus: commissaires (^iCLiUT fonctionnaires) du sulthan Près de quinze individus du nombre des notables Rou* céguy furent envoyés à Malâthia pour en prendre possession. Après le départ (j:jf ^^ de Tauguste cortège ^J^y^ du sulthan, Chèms-u'ddtn-big, voulant se rendre à Malâthia, partit avec ses femmes et sa famille en suivant le chemin d^ Szaszoun. Comme, à cette époque, cette principauté était gouvernée par Soulelmânbig le 'laieâny ou 'Aeizàny ^'j Je (probablement ^\jjjsi le 'Arz^ ràny ou Ards^ûunien){\21b)j celui-ci lui déconseilla, lors de Jeur entrevue, de se rendre à Malâthia, en lui disant: «II n'existe plus dans votre famille d'autre prince que toi, qui soit l'héritier légitime de votre apanage {audjâq) héréditaire, et la nation Roûmy {\216) est très-peu digne de confiance. Si la race des princes de Bidlis te perd, elle sera entièrement éteinte». La crainte et la terreur s'emparèrent, en conséquence, de son esprit, et il hésita de partir pour Malâthia. Le chah Thahmasp résidait alors, par un effet du hasard, à Ârdjiche, et il avait donné à'Abd-allah-khân, â Bedr-khân TUstâdjlou et à Mèntécha Soulthân(1 277) l'ordre de piller et de dévaster le canton d'Akhlâth et de Mouche. Il (Chèms-u'ddîn) craignit que l'armée Q'izilbâche ne ravageât les grandes et les petites tribus Rouzéguy. Il renonça donc forcément à son projet de se rendre à Malâthia, et tourna la bride de*son coursier du côté des Q'izilbâches. H fit sa soumission et se dirigea vers Tébrtz avec sa maison nomade (1278). Six individus d'entre les ag'as Bouzéguy eurent l'occasion (l'avantage) de l'escorter et de l'accompagner.

Oulamah, de son côté, ayant conçu des inqaiétades, évacua Bidlis et se dirigea du c6té de Diârbékir (1 278*), à la suite de rhéroïqne et belliqueux sultban, de sorte que Bidlis resta quelques jours sans maître et sans défenseur LiLj c^lo ^. Les quatre cantons d'Âmourek ^^^1, de Ebotte C^^(1279), de Pouganfid ^Ll^^f ^^ ^^ Kérèndj ou Kinndj ou Kiridj ^^ (1 280) dépendants de Tllâlèt de Bidlis en furent détachés et conférés en- ^^^ suite, sur la demande d'Oulamab, à titre de sandjâq' à Ibrahim- ^''^S^.* big, fils de Cheikh Émir le^BilbAcy. Celui-ci, ayant pris possession des châteaux d'Amourek de Guelhouk et de Pougan&d (ou Boug'anàd), ne témoigna pas à Q^alèhdèr ^— ag'a les^'égards auxquels il s'attendait. II se révolta, en conséquence, contre le mir-- %'lwa de Bidlis, de concert avec Dédeh-big le Q'awalicy, Mljr Mon bammed Nàszir-u'ddtny et environ quatre cents hommes des plus considérables de la peuplade Rouzéguy: ils prirent (tous ensemble) le parti d'émigrer et de partir pour rAdzèrbaldjàn avec leurs femmes et leurs familles. LorsquMls y furent arrivés, le chàb Thahmasp témoigna la plus grande bienveillance à Chèms-u'ddin, lui donna le titre de Giètns-u'ddîn Khàn^ l'admit au rang (1281)

de ses illustres émirs (généraux) et lui confia le district ^\ de Souràb (ou Sourkhâb) avec plusieurs autres localités. On lui conféra

gracieusement tantôt le district (territoire çO de Mèràg'a avec ses dépendances, tantôt celui de Dèmawènd et de Dâr-td-merz (1282), tantôt celui de Gourm-roûd (1293), de Djehroûd et de Férahân. Il passait la plus grande partie de son temps à la suite de rétrier du monsgrque dans ses résidences d'été et d'hiver. Ce souverain admit dans les rangs de ses grands Çforcmdjis et des dobles Jèçaouls (1284) à peu-près cent cinquante personnages de marque de la peuplade Rouzéguy. On fit, entre autres, à Cheïkh Ëmir le Bilbâcy et à Dèdeh-big le Q'awalicy Thonneur de les élever au poste éminent de centenier .ou centurion (^U j[^ ^^ luzebâchy).

Après rémigration de Dèdeh-big^ de Mir Mou bammed et de

Q'alèûdèr aga, Khosrew Pacha , nUr-ùmirân (gouverneur général) d'Amide, conçut des soupçons sar le compte d'Ibrahim-big, et lai envoya nn exprès chargé de Tinviter à se rendre à Diar-békir. Ibrahim-big se méfiant, à son tour, de cet appel, mit ses châteaux forts en état de défense, tarda et hésita de partir. Lorsque les faits eurent été exposés, avec la plus grande exactitude, au pied du 7>x^ trône impérial, il émana un firman des plus absolus, qui enjoignait f. 444. gQ2 émirs (chefs) du Kourdistân de marcher tous de concert contre Ibrahim-big et de se rendre mattres de sa personne. Les susdits émirs s'empressèrent de se conformer à cet ordre en cernant Ibrahim-bi^dans le château de^Guelhouk et en réduisant les assiégés à la dernière extrémité. Ibrahim-big, frappant alors à la porte de la paix et de la conciliation , envoya à Ehosréw-Pacha son frère Q'âcime Âg'a pour le prier de lui pardonner ses fautes ^1^. Le pacha lui accorda son pardon , à condition qu'il viendrait le trouver, mais Ibrahtm-big, saisi de crainte, ne consentit pas à se rendre à cette invitation. Il envoya alors son autre frère Cheikh Émir auprès des émirs qui le tenaient assiégé, et les pria d'envoyer Cheikh Émir à la cour du pacha pour lui demander un sursis. Il promit d'aller, en personne, rendre hommage au pacha quelques jours après que les émirs auraient levé le siège, afin de lui demander pardon de ses méfaits (0[^^m! manquements).

Lorsque les émirs transmirent ces nouvelles au pacha, il s'y refusa et infligea le châtiment le plus sévère à son frère Q'âcime Âg'a, qu'il fit exécuter à Âmide. Il expédia en outre aux émîrs l'ordre de faire également mourir son frère nommé Cheikh Émir et de continuer le siège du château. Cheikh Émir ayant été pré: venu par' un de ses amis, sortit, à l'heure de la prière du soir, de chez les émirs sous prétexte (avec l'intention) de faire ses ablutions yij^ se jeta au milieu des bois et de fourrés J^, et prit la fuite. U se réfugia d'abord au sein de la grande tribu ^^Ilakkâry, d'où il se dirigea vers le pays des Q'izilbâches. Ibrahtmbig, ayant eu connaissance du meurtre de son frère Q'âcime Âg a

et de la faite de son antre frère Chéïkh Émtr^ se jeta dans le ch&teau fort d'Âtnonrek, où il ne resta pas non pins, et se réfugia chez les Q'izilbâches. Les assiégés demandèrent Vamân. (grâce), et les émirs, grâce â la médiation de Bèha-u'ddin-big, prince de 'Hzon (on 'Huzzon), pardonnèrent aux assiégés les fan- j^^^ tes dont ils s'étaient rendus coupables , et les firent sortir sains l^usl et saufs de la place. Tous les trois châteaux furent rasés (1285). Ibrablm ag'a n'ayant pas obtenu un accueil favorable de la part du chah Thahmasp ni de Chèms-u'ddin-khân, retourna, au bout de deux ans, dans le pays de Roûm (l'empire otboman): il jeta sur son cou le cimeterre et le linceul des criminels, et vint baiser le seuil de l'héroïque sulthan, qui était un second Salomon. Grâce aux rayons de la clémence impériale, ses fautes lui furent pardonnées ayec indulgence (1286), et on lui accorda un sandjaq^ de la province C^^ij de. Roumilie (?), où il passa le reste de ses jours. Il fut enfin mis à mort par ses serfs Madjàrs (1287) i^y. 5l^ ^ 0^% ^^^)' Quant à Cheïkh Émîr, il devint d'abord l'objet des regards de bienveillance du chah, qui le combla de ses faveurs royales, et lui accorda le grade de centenier {iûÉbâchy) des q'oroudjis (gardes du corps) kourdes dont il aété x fait mention précédemment iUL ^I^J *jjj\ J^ dS] mais il ne

conserva pas ce poste c^k^s (j\ j^, par suite de l'abus qu'il faisait de l'opium, H devint ensuite un objet d'animadversion aux yeux du monarque et de l'armée entière, et fut rebuté de tout le monde, jusqu'à ce qu'enfin il décéda en 965 (A. D. 1558) dans le Chîrwân , où il avait été placé en qualité de wékU (ministre ou intendant) de l'humble auteur de ces pages. Dédeh-big fut également destitué du grade de centenier des q'oroudjis (gaVdes du corps) de Thehrân et fut nommé wékîl de mon respectable père ^^^ ^jy\ (mon seigneur et maître), avec quarante q'oroudjis de la peuplade Rouzéguy. Il goûta le sorbet du martyre en Géorgie (1288) dans le courant de l'année 956 (Â. D. 1649). ^

Quant à Chèms-u'ddin khân , il se lassa et dégoûta tout-à-

tu

coup du service, et choisît de préférence le recoin de la solitode et de la retraite. On lai assigna, pour sa subsistance, nne somme d'à-peu-près cent toumàns équivalente à deux cent raille asprea othomans , sur le produit des impôts et des dispositions charitables oU»> JU de la vill^ dlszphahân (1289). On lui conféra en

outre le titre de Tarkhân (1290), afin ^u'il fiit exempt de toute réquisition et du service militaire (1291), et résidait dans la ville susmentionnée^).

Lorsque dix années se furent écoulées de la sorte, le chah Isma'Il second sortit du château fort de Q'ahq^àha (du Bicanej^^^ ment) (1292) en 984 de Thégire (ou 1576 de J. C), et monta à r'^2S: Q'azwtn sur le trôna de l'empire. Il envoya chercher mon père, mon seigneur et maître, et le fit amener à Qfazwtn. Comme celuirci avait déjà parcouru soixante-sept étapes J^i^ de la vie, et comme il avait été, pendant la plus grande partie de sa noble existence, en butte aux angoisses, au chagrin, aux peines et aux soucis; comme le fréquent usage des électuaires et des excitants opiacés lui avait en outre desséché le cerveau , il né se souciait plus de rentrer au service des monarques et n'avait plus de goût pour la société en général: il s'était, par conséquent, habitué à la solititude et à la retraite (1293). .

(Vers.) Ceux qui s'isolent par amour pour toi (grand Dieu!) ne profèrent point d'autre nom que le tien: l'esprit, où tu es toujours présent perd tout autre souvenir.

Dans cet intervalle, sa sépara tioa d'avec ses enfants des deux sexes et son émigration de la peuplade Rouzéguy, en général, avaient fait sur lui une profonde impression. Par un hasard des plus heureux^ tous ses enfants^ ainsi que toutes les classes de la grande tribu Rouxéguy se trouvaient à Q'azwîn, lorsqu'il honora cette ville de sa présence. Il fut enchanté et ravi de l^s revoir. Ce fut à cette époque que son noble tempérament se dérangea (s'écarta de la voie droite), et il fut atteint d'une maladie acci-

1) Sor le rang de Tarkhan chez les Turks et les Mongols voyea 8t. Martin, Mém. «ur PArmàme, T. II, p. S264— ^5.

dentelle a^jU, i la suite de laquelle il entendit avec satiçfactioo , «résonner i son oreille cet appel de la divinité: «Âme, qui as en de la confiance, reviens satisfaite vers ton Seigneur, et sois la bienvenue! (1294), et Pécho de ces paroles sacrées: «Q jouira d'une vie agréable dans un délicieux jardin» : il fut enfin admis à Q^azwin au sein de la miséricorde divine (1296).

(Vers à double rime.) H prit son essor et quitta ce séjour passager: quel est celui (d'entre nous) qui n§ suit pas la même voie? Le néant est un chemin, dont le glaive fatal n'a laissé éch^pper aucun des ètrjes qui existent (1297). Que le paradis soit (à jamaisy sa demeure! (1299). Puisse-t-il trouver place dans le sanctuaire (1299) de la divinité!

Il laissa en mourant deux fils, savoir: Chèref, l'auteur de ces feuillets, et Khalef-big. Celui-ci fut rangé, pendant quelque temps, au nombre, des q'ororfdjis du châb Thâhmasp, et occupa, pendant quelques années, le poste honorable de centurion, n parvint enfin , sous le règne du chah Soulthàn Mou bammed,

au grade d'émir et fut admis au nombre des intimes (ù^ijU favoris) de Hamzab Mirza (1300). Lorsque ce prince eut été tué, J^^?.' Khalef-big- fit sa soumission à la Sublime Porte du défunt sulthau Mourâd-khàn, (1301) et eut l'honneur d'obtenir le sandjâq' d'Âkcheguerde et de Mélâdzguerde (1302).

APPENDICE J.i,

qui traite de la biographie de Fauteur depuis sa naissance jusqu'à ce jour, c'estrà-dire jusqu'à l'année 1005 de l'hégire

Je suis semblable à une balle ballotée par le mail de la Providence (Ui du destin) dans la lice de l'espace des mois et des années. Je retombai d'abord sur le dos pendant quelque temps, comme le comporte la faiblesse naturelle de l'enfance. Malgré mon innocence, j^avais, dans mon berceau, les mains et les pieds garrotés comme les criminels. J'avais le pied boiteu;^ (1303)

pour marcher, et la main trop faible pour saisir. Ma baoche était liée pour manger, et ma langue, muette pour parier (1304).

On voyait briller, à chacun de mes cils, une goutte de sang de mes entrailles; ma bouche n'avait pas encore aspiré le Mt aussi pur que Peau la plus limpide.

Plus tard j'étais encore tellement privé de la faculté intellective, qu'il m'était impossible de distinguer ma main droite de la gauche. La vive sollicitude «I^lic d'un père tendre et doué des plus belles qualités m'arracha violemment (1305) du sein miséricordieux de ma mère pour me livrer aux mains créatrices d'un institeur. Celui-ci imposa aux pieds de mon gé-

nie mX les entraves de son jugement (1 306). Pour former mon âme, il sema sur la terre de mes dispositions naturelles la semence de la science, du talent et de la perfection morale (de la vertu), à l'aide des lettres de l'alphabet. En étalant à mes yeux les modèles d'écriture ^l^Lii» u^y i' fraya à ma faculté intuitive le chemin à suivre pour contempler ^^ «j ces jeunes fiancées, dont les ailes et les plumes avaient la couleur de l'ambre (gris). En m'exerçant à les prononcer ^LlJ^âJ :>ytjj^ il développa chez moi la faculté de la parole, et me fit atteindre le but de ses explications en m'enseignant l'orthographe des mots (en suivant les courants des mots (Jl^l v5jWj^)- H ^^ fit ensuite parcourir, en épelant, toutes les lettres (les particules ^^) du discours , l'une après l'autre , comme un voyageur auquel on a mis des entraves. Lorsque ma langue se fut dégagée de ces en-

traves dans cette course {^cJj^ dans ces leçons), je m'avançai d'un pas rapide directement vers mon but. En suivant ce système et cette méthode, il me fit successivement passer de l'initiale Ba (B) des mots <Ujl ^ Bism-Ulahi (an nom de Dieu) à la finale sine (s) du mot ^^L nâs [les hommes) (1307). J'entrai en nxiê ^^^*^ ^^^5 1* carrière de l'étude des sciences (1308) et tombai à p'^'uà' la queue des étudiants qui apprennent à en connaître les différentes branches (^yî funoûn).

Je demandai à ceux qui m'enseignaient la syntaxe lés prin* cîpes fondamentaux de^ 1NV46 vi/cl (l'analyse grammaticale) et j'appris des grammairiens les règles des dlâl J'^ld (formes défectueuses (1 308*). La jurisprudence et ses principes fondamentaux Ji^y^^ me firent parfaitement connaître les bases de la doctrine qui nous apprend à distinguer ce qui est licite de ce qui esfriUicite-. '

Les auteurs 'qui noua ont transmis cAjj le 'Hàditz sl^j* et là loi orale du prophète (1309) m'initièrent à la voie (1310)

qu'il a suivie, à la coutume /^jl de ses compagnons et à la marche {Cjj^ la conduite, le genre de vie) de sa famille (1311).

Voyant que la science (théorique) ne pouvait seule remplir mes désirSy je résolus de mettre ces sciences en pratiqué. Je me Youaî, soir et matin, (1312) à la lecture rhythmique du Q'orân; je me livrai, matin et soir, à la méditation^. A force dé louer Dieu et. de méditer, je pwvins à un point de spiritualisme ^j^^j (1313) où le voUe du monde matériel cessa de me dérober la face de la réaZi/^ «Ijus» ^), Je contemplai distinctement l'Être^ unique et la lumière universelle Lm«u jy sons l'emblème des splendeurs célestes, JyJ sZjjy»^ et sous l'aspect des ombres (terrestres) J^tl viU»,. La variété (multiplicité) de la science extérieure (du monde matériel) (1314) comparée kVunilé de la science intériei^e{de la science intuitive du spiritualisme) me parut semblable à un atome de feu (1315) comparé à la flamme qui tourbillonne. ^

Bien qu'il soit (1816) évident aux yeux des hommes doués de mérite et de perfection comme à ceux des savants et des hommes de talents, que le but que nous nous sommes proposé 4lanfi cet exorde et l'objet que nous avons eu en vue dans ce préambule (1317) a été de fournir au lecteur quelques notions sommaires sur la vie de l'humble et chétif auteur de ceà pages

1) Sur le sens mygHquê da mot «^JulU yoyez le Pend-nâméh trnàmt et publié par Mr. le Baroa SUvèstre de 8acy, p. 167, 168 et saiv.

et sur son beareuse carrière depuis le moment de ea oftisaance jasqa'à ee jour, les faits se sont saccédé dans.rordre saivant:

Lorsque TiHustre père de cet humble auteur se vit forcé,^ conformémeut à la volonté de' la divine Provideuce •Jj^î^^^sf ,

de s'expatrier et d'émigrer de sa résldeiice babitueUe eu se ré-* sigHaat à réloigoement «t à l'absenee^ il se réfdgia éo Perse (^U^I^L^ dans le pays des barbares) et épons» la fille d'Éoéf-

. kb&D MaflsEallfi (1818), qui devint la tendre mère du snsdit auteur. Émtr-khÂn était le fils de Kil&by-bîg, fils d'Ëmir-hîg, conno sous le nom de Tog[ât le Baièndotmen (?) (1319), qoi, sous le règne du suUhan 'Haçane-big le Balèndourieny^ figurait au nombre des émirs (généraux) et des princes les plus illustres de cette dynastie (lignée <LJL), et qui avait donné des preuves de sa bravoure et s*était. distingué par ses vaillants exploits à là bataille qui iFiit livrée dans le Q'ar|k-bâg' par 'Hàçane^big au sulthan (Timouride). Abou-Sa'td (}ourgàn (ou Gourékàn), de même que dans celle qui fut livrée dans la plaine de Balbourte à 1-béj^^ roïque (g^âjsy) sultlian Moufaamnied kh&n (1320). La principauté ITTHi. d'Âr:^én4îân (ou Er^èndjàn) et de ces parages lui fut soumise et il a effectivement laissé dans cette bourgade des vestiges de ses fondations pieuses et de ses établissements de charité, tels que des mosquées ^L«<o et des collèges (médréceh).

Bref, cet humble. et misérable serviteur .de Dieu, décbq de toute aonsidération jLblcA^j^jlJjL, reçut, au bout de sept açs après leur immigration dans cette contrée (la Perse Jj^ljL^)^ le jour et l'existence de la fille d'Emir khân, ^^ns la bourgade de Guermroû^ ^,;-^(ou Quermehroûd ^xj^^^\ V^^ ^^^ finages JUcl de la ville de Q'oum dans l'Iraq', le vingt du mois sacré

. 1) De P;^cUe'etif persan' mS guetm (cbaad) déme soû ^syuoityiiifi allëiBaod

utarm. Le 8Ql>atautif persan ^jj rôûd (riyière) a probablement donn/é naissiiiice à son synonyme russe ppneû {rout^ch^ eau coaratite, misseaa)^, et pent-^tre an ▼erbe pump (rûU) oreosçr, foafller, miner) d'od vient^Je labatantif |>y^ {roudà miné).

àeA>vfAn AÛeh de FaDir6e.94&il6 l'bégire, qni répondait à cette da Lièvre Cj^y (da cycle solaire .4eBMongQte)» c'e^t^ànlire le 25 février 1543 de l'ère Tulgàire). Il viole au moiidé dad^ la demeure Jjlu^des Q'Âzis do ^jneHaroM, dont Tiltiietre généi^logie remonte au q'&^y Cbùurelh de Koa& (V321) renomifté parmi les savants (ouléma), et. les Uittératears lies beaux-esprits) par le rang éminent et le grad» é^eyé ^{k '11 occupa de son vivant. Depuis l'époque de son arrivée de Koufab dans cette contrée^ «ette feonille à toujours compté dans son sein des hommes distingués ^ piu* leur mérite et leilr. savoir (1322). C'est grâce aux pieuses et ferventes prières d^ .cette illustre lignée, que depuis songeafiEhice jusqu'à ce jour où il a déjà pa3sé la. cinquantaine et, approche de sa ibixantaine, il a consacré tous ses moments (de loisir) à la société des savants ^oulétna (docteurs de la Loi) et à la compagnie* des litérateuts (Ëeaux^esprits), qui ont lait preuve détalent, et il n'a pas cessé un seul instant de fréqtionter cette classe distinguée {^Afl^U (1323).

(Versi) i)jâÈiy., éoîs.t>ur de toute souillure corporelle; sois humble comme la poussière sous lés pieds des hommes purs, H peqi sé-fiitre que tu -recopies tm seul grain de cette ponssière: Ui le jfendras, ^* tu deviendras homme*

Comme le défunt monarque chah Thahmasp^dvait coutume de &ire entrer, d^ Page le plœ tcaidre, dans soti 'harèm parti-^ culiér les fils des. émirs (chêfe) et.des. notable de son royaum'e^ dé les admettre dans 4a société Intime des princes du sadg (chah-- £âdek) royal^ et^de le&. ranger datts la classe des seigneurs ^>lif les. plus dignes de respect .^)) i^ se' faijiaU un devoir sacré de les faire élever avec le plus grand soin et de les protéger H stimulait leuf zèle pbmr l'étude du Q'oràn et la lectiire-djes précepteà de la loL, pour la crainte de Dièu et les purifications CjJ^ ^^n, (1 824), et leur inspirait du goût pour la société des hommes re^ ligieux et de ceux qui -professent ja croyance des gens d«

1) Le mot> w^iif doit peut-être se traduire Ici ^2ûc enfants: dans ce cas, il faudrait dire: „daii8 la même classe que ses respectables enfanté''^.

bien (1325). H lès prémnnissait) sans rcflâehe/ contre le cèi^Mt

des bomau» dépravés, d'm mèavàis caractère, dès mécbMts^ foDctériement tnalfaîKAots et des prératric^tears (1326). Il lear reconimaqdait- sortout la vénéra^on iluj» iKrùr les savants «Ue et les bômiMs de lettres ^i^.

liOrsqû'ils avaient atteint l'âge, de maturité juij et dn discernement, il leur fiisaît apprendra toutes sortea d'exei'cices gfmnastîqiies (on tlailifaires \jj^^ ùy*)y V^ consistaient à ti* rèr âe Tare, à manier le mail,' à dressernn coursier: il feor ensëignait en. outre les principes fondamentanx ^lyl (les canoits ^^U) de rescrime {ySJrr^ '^ ntanieiiient des arjàes) ét'les

rêglesde Turbanité et de^a civilité ^^^^J^Lêf^^U H lèqr disait: «Appliqnez-vons aussi pendant quelque temps (qû parfois ^^pIT) à la peinture J^)^ ^.ui^jy car elle rectifie le génie j;C>Clj^ f^uJL (1327). . /

(Vers.) Quiconque a goûté un instaqt de bopheur,; en a été redevfible au coeur i'im bomme claicvoyant (^Jlki «.^U d'un protecteur, éclairé), . . '

Tout regard de bienveillance provenailt d -un sincère atta* cbement et â!ttne affection pore, eÀU ^ bien Vesaonner, june vraie pierre philosopbale^ Lorsque Ja protection (llégîde tutélaîre) des boihmes vertueux (purs) atteint son bût, les pétales de, la rose fratebeneçt épanojiie se dégagent des. épines. .

Dès que rbnmble auteur'' dé ces lignes eut atteiçt 1 -âge de neuf ans il fat admis ïmivanf la eoutmoé/en 968 ite l'Ilégire (155l^ de J. C.) dans le 'harèm particulier* et la sodété intime du cbÀh. n j passa iroi9 ans àà sein de la famille («LJL li^éê) de ce vertueux monarque, et fiit rangé^ati ébattre des serviteurs J^ de ce généreux- sultiian, jusqu'à L'année ^1 (A.' I>. 1 654r-*5), époque où 8on.\respectabIe pèrof son seigneur et mattre ^^tî^ lS^^ déinanda la permission dé se* i^rer deda ôdur pour vivre de préférence dans- là solitude et la retraite. La grande tribu Rouzéguy pria alors, à. Tunaniniité, le cbâh Thah-

masp de conférer gracieusement sa principauté à Fauteur de ces pages. Le chah daigua, sur leur demande, l'élever, à Tâge de douze ans, au poste w^^-aj^ d'émir et lui octroyer généreusement le district Mil de Saliftn et de Mahmoûd-ab&d (1328) dépendant du Chirwân. Lorsqu'il eut consacré trois ans à l'administration de cette principauté, et que cheikh Émir le Biibâcy, qui était son gouverneur (HacTaBHUKi*) et son ministre JJj, vint à mourir, le district Mil de Saliân fut conféré à un autre et le susdit au* teur vint faire sa cour au chah dans sa résidence d'été de persan,

Kkèrqân (1 329). Il fut alors placé sous les auspices de son oncle maternel Mou hammed-big, gouverneur de Hamadân, qui lui tint lieu de père et qui daigna admettre ce malheureux émigré au rang de ses enfants en l'unissant à sa tille par les liens du mariage. Le chah Thahn^asp lui alloua les environs de Hamadân pour fournir à sa subsistance et pourvoir à l'entretien de la peuplade Rouzéguy. Il passa encore trois autres années à Hamadân. Lors des troubles (du tapage) suscités par Soulthân Baïézîd (Bajazet, fils de Soliman le Grand); à l'époque de l'arrivée de ce prince à la cour du chah qui le fit prisonnier, et lors des fréquentes ambassades adressées à la cour de Perse par celle de Roûm (de Constantinople) le chah attira de nouveau à Q'azMîu par de feintes caresses par dissimulation ilJ^jj le défunt père de l'humble auteur de ces lignes, lui confia la principauté (l'émirat) de la peuplade Rouzéguy, et lui octroya le district Mil de GuermrotMl >^^t*j^ l^t non :>j^j^\ une des dépendances de Q'oum, où il fut envoyé. Au bout de quelques années, il fut derechef ennuyé des tracas U^ que lui donnaient les fonctions d'émîr, qui ne s'accordaient pas avec ses prétentions (1 330). Le chah, qui habite aujourd'hui le paradis, en investit, une seconde fois, l'humble et modeste auteur à qui il assigna les impôts et les revenus des dispositions charitables d'Iszphahân pour subvenir ft sa subsistance et à la solde des personnes de sa^uite. Il resta attaché à la cour à Q'azwin, et il ne la quitta plus pendant deux années consécutives. La divine Providence résolut ensuite

la captivité du kb&n Â'hmed Guilftny, uMy (prince soaverain) da Biâh-Piche (1331), et le chah défant conçut le projet de se rendre maître de son pays. Il donna à son humble serviteur l'ordre de veiller à la garde .et à la défense de cette contrée avec quelques émirs (chefs) q'izilb&ches. Ceux-ci ne remplirent pas leur mission de manière à satisfaire leur défunt souverain: ils se permirent, au contraire, des exactions et des avanies, opprimèrent et tyrannisèrent les ra'las. Il n'en fut pas de même de l'auteur de ces pages, qui prit à tâche de se concilier la bi^iveillance des créatures et du créateur (1332).

(Vers.) Les hommes bien intentionnés (o'^ s^^ clairvoyants?) sont les amis intimes des rois, et sont chéris des monarques protecteurs du monde. Ils plongent leur aiguillon dans les entrailles ^ des oppresseurs, et sont, en même temps, un baume salutaire pour les blessures des opprimés qui implorent leur justice.

Il eut toutes sortes d'égards et d'attentions pour les raclas

et les sujets indigènes (jbJLyU de ce pays, qu'il prit sous sa protection, chercha à se concilier la bienveillance du chah, et se conduisit de manière à la mériter, si bien que les lieutenants de

ce monarque «^l^^v'^ ^^^ adressèrent plusieurs ordres suprêmes conçus dans les termes suivants:

«Votre parfaite équité et votre bienveillance pour nos sujets, votre extrême bravoure et votre brillante valeur sont tellement manifestées et évidentes pour l'esprit éclairé de nos lieutenants royaux, qu'elles Te couvriront de gloire (^L^^jj^ que Tu auras la face blanche) dans les deux mondes.»

En un mot, grâce aux ferventes prières de ce monarque plein de justice, la chose en vint au point que cet humble serviteur de Dieu livra bataille, â la tète de quatre cent cinquante cavaliers et fantassins, â un certain personnage nommé Soulthân Hâchim, un des descendants des sulthans de ce pays, que les habitants

avaient investi de l^autorité suprême et qui vint l'attaquer et en* gager la lutte avec dix-huit mille hommes d'infanterie et de cavalerie. Par une grâce insigne de la Toute -Puissance divine, ce rebelle fut mis eo déroute, et il périt, dans cette bataille, près de dix-huit cents habitants du Guilân dont les tètes servirent à ériger trois tours (minarets) triomphales (1333). Abstraction faite de cette victoire, la divine Providence daigna encore gratifier le vainqueur, d'une manière invisible, surnaturelle et indubitable, de plusieurs autres succès éclatants dont l'honneur et la gloire rejaillirent, en grande partie, et influèrent sur l'heureuse carrière de cet humble et chétif serviteur.

Dégoûté de l'air méphitique du Guilân et des nombreuses maladies chroniques qui en résultent et qui lui avaient ravi la ~ plupart des hommes d'actions de la peuplade Rouzéguy, il conçut le désir de sortir du Guilân, et adressa, à ce sujet, à Sa Majesté le Chah une requête, dans laquelle il lui exposait le véritable état des choses.^ Au bout de sept ans, qu'il venait de passer dans ces parages, il obtint la permission de les quitter, et vint perêan, faire sa cour au chah, qui se trouvait à Q'azwln. Ce monarque voulut d'abord l'attacher à la suite de l'étrier royal (à son étatmajor); mais les affaires des Q'izilbâches s'étaient embrouillées et avaient pris une autre tournure; les grandes tribus (1334) et les ùuhnâq^s (tribus nomades) q'izilbâchës s'étaient divisés en deux partis, et le chah Thahmasp ne pouvait plus, de son côté, les tenir en bride à cause de son grand âge et de sa caducité. II était donc très -probable qu'elles ne tarderaient pas à tomber l'une sur l'autre, et qu'il en résulterait une conflagration générale dans tout l'empire. L^humble auteur de ces lignes ne jugea pas à propos d'attendre plus longtemps, et il pria le chah de l'envoyer dans une province quelconque de ses états. Le chah Thahmasp lui octroya plusieurs localités du Chirwân, et hii assigna, pour subvenir à l'entretien de la tribu Rouzéguy, les revenus oy>j de ses domaines particuliers, dans le Chirwân; c'est-à-dire ceux des tribus turkomanes oUT)^ d'Arèche,

d'Aq'tâche, de Q'abalah, de Bakou et de Eénâr i-âb (du littoral) (1335): il le fit ensuite partir pour le Ghîrwàn, où il ne passa que liuit mois. Il y apprit la nouvelle de la mort du chah, des troubles de Q'azwin, de l'assassinat du sbulthân 'Haldè'r Mirza, de la sortie d'Ismall Mirza du château fort de 0ahqaha (du Ricanement) (1336) et de sa marche sur la capitale de Q'azwîn. Sur ces entrefaites l'humble serviteur de Dieu reçut du nouveau souverain un décret royal, qui lui était adressé et qui l'invitait à quitter le Chirwân pour se rendre à sa cour. Il l'éleva au grade à!^ émir-ul-ouméra {prince des princes ou généralissime) des Kourdes et décida qu'il serait continuellement attaché à la suite de l'étrier fortuné du monarque persan, et que, toutes les fois qu'il surviendrait aux émirs et aux princes du Kourdistân, du Loristân, des Gourâns et des autres peuplades kourdes quelque affaire importante de nature à être soumise à la cour royale, ils s'adresseraient directement à ce faible serviteur, qui serait chargé de statuer sur toutes les affaires de sa nation. Le -chah prit tellement à cœur de l'honorer, et lui témoigna tant d'égards, qu'il devint un objet de jalousie pour ses égaux, et fut même en butte à l'envie des seigneurs (notables) q'izilbâches. De perfides sycophantes rapportèrent enfin secrètement au chah uxu que le pauvre auteur complotait avec quelques émirs (chefs) ÎTÎa!' q'îzilbàches, qui avaient conçu le projet de placer sur le trône Soulthàn 'Houcein Mirza (1337), fiîs de son frère. Le nouveau souverain était, dans l'origine, d'un caractère versatile, et il l'était, à la fin, devenu à un tel point, par suite de l'abus qu'il avait lait de l'opium dans la prison d'état de Q'ahqaha, qu'il lui était impossible de vivre pendant un mois et de se comporter affectueusement avec qui que ce fût. Les rapports mensongers et calomnieux que lui avaient faits les envieux et les ennemis jurés du faible auteur de ces pages firent impression sur l'esprit de ce prince: il fit, en conséquence, pendre et supplicier les uns, destitua et fit incarcérer les autres.

Quant à l'auteur il l'éloigna de la capitale avec la promesse

de Tinvestir de la principauté (du gouvernement C^yL) Ae Nakhidje'wàn (1338), et l'envoya sous escorte o:>\^ j»*. j^ ^\ym du côté de PÂdzèrbaldjân. C'était, au fond, une heureuse nouvelle ou une énigme et un pronostic ^jUl^ j^j L émané de la faveur divine (1339), une grâce (spéciale) de la bonté infinie (de la divine Providence); ou bien c'était (en quelque sorte) pour lui la permission de retourner dans sa patrie et de regagner ses foyers primitifs. Lorsqu'il eut gouverné et administré Nakhidjévân pendant seize mois, il reçut, par l'entremise de Khosrew- Pacha, gouverneur-général de Vân, du prince 'Hakkâry Zeïnelbig et de 'Haçane-big le Ma hmoûdy, de la part de la cour du défunt sulthan Mourâd Ehân (que Dieu lui fasse paix et miséricorde), de ce monarque aussi majestueux que Féridoûn, aussi juste que Ehosroès,'de ce sulthan aussi puissant que Djèmchid, et aussi inébranlable qu'Alexandre, l'heureuse annonce du di- \ plôme d'investiture de la principauté (de Vlîâlèt) de Bidlis, et une nouvelle des plus agréables, car ils lui mandaient: «Grâce aux faveurs infinies de notre Khosroès et aux bienfaits sans bornes de notre auguste souverain, votre apanage (jU^I patrimoine) héréditaire vous a été restitué et conféré. Revenez donc dans votre patrie et dans vos foyers, rassuré (par ce témoignage de bienveillance), réconcilié et plein d'espoir (1340).» Se conformant au principe qui dit: «Toute chose retournera à sa source», il partit de Nakhidjévân le trois du mois de chèwâl de l'année 986 (Â. D. 1578, le 4 décembre) à la tète d'à peu près quatre cents de ses fidèles serviteurs fj%*j dont deux cents faisaient

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