partie de la peuplade Rouzéguy. Secondé par le corps d'année ptrtan
p 4009 de Yân et par les émîrs du Kourdistân, il vint camper, dans
l'espace de trois jours, sous les murs de Vân (1341), oil il eut une entrevue avec feu Ehosrew-Pacha. Celui-ci lui fit l'accueil le plus honorable et le plus respectueux: il vint à sa rencontre et le mena en ville. Il fit ensuite au trône sublime du sulthan un rapport des plus véridiques sur tous ces événements. Ce monarque lui adressa aussitôt, par l'intermédiaire du tchaouche
MoQsztbafa, de nouvelles lettres patentes dMnvestiture de sa principauté, accompagnées d'an cafetan impérial, d'un cimeterre à poignée d'or ^ ^/f^? qui, du trésor de Soulthân Q'oudwân le Tcherkès (le Circassien), toâly (prince souverain) d'Egypte (1342), avait passé dans le trésor impérial. Il y trouva jointes des dépêches qui lui étaient adressées par les illustres vézirs, principalement par le grand- véztr Mou hammed-Pacha. Il reçut en outre séparément (Àxdc une robe d'honneur d'un grand prix et un cimeterre à poignée d'or de la part de Lala Mouszthafii- Pacha, sèrdâr (général en chef) des armées victorieuses. Après avoir été honoré d'une manière toute particulière et après avoir été distingué d'entre ses égaux, l'heureux auteur de ces pages eut l'honneur de rentrer, au comble de ses désirs et de ses vœux, dans la résidence de ses pères et de ses illustres ancêtres (1343).
(Vers.) Je rends grâces à Dieu d'avoir obtenu, à mon gré, tout ce que je lui ai demandé.
A dater du jour où le glorietix et puissant monarque, dont les troupes étaient aussi nombreuses que les étoiles, chargea ses armées victorieuses de lui soumettre le Ghirwân, le Gurdjistân (la Géorgie) et l' Adzèrbaïdjàn (1 344), le susdit auteur les accompagna pendant dix années consécutives, de même que la félicité et la victoire, dans la plupart de leurs combats et de leurs marches successives; et il ne manqua ni négligea jamais la moindre occasion de donner les preuves les plus irrécusables de son zèle et de son dévouement- dans tous les postes qui lui furent confiés; ce qui lui attira, à quatre reprises, des témoignages flatteurs de la reconnaissance souveraine, tels que ceux que le défunt empereur Mouradkhàn qui habite aujourd'hui le Paradis, lui a adressés dans de glorieux rescrits impériaux {Kh(UthùUH(nimaioûn) émanés de son qalame^ qui semait des perles et des pierreries. Après l'avoir nommé, dans sa souscription,, «ikfon cher et sincère ami Chèref-KMn^ il continue en ces termes: «Y.ous-avez donné à notre esprit éclairé, aussi brillant que le soleil, des preuves aussi irrécusables que manifestes de votre par*
faite sincérité et de votre sympathie de votre extrême attachement et de votre dévouement sans bornes à notre auguste per- p^^an, sonne; vous-avez, par conséquent, mis le comble à l'afFection et à la bienveillance impériales que nous vous avons vouées. Soyez convaincu qu'elles sont parvenues à leur plus haut période. »
Lorsque le serdàr Ferhâd-Pacha s'empara en 991 (Â. D. 1583) de la ville d'Érivân (1345) et y fit bâtir un château fort, rhumble serviteur de Dieu fut chargé conjointement avec 'Ha*cane Pacha, mtr-i-mirân (gouverneur-général) de la Syrie (Châm, ou de Damas) de transporter du numéraire (le trésor) et des vivres à Tifiis et en Géorgie: il eut, par conséquent, Toccasion de rendre différents services dans cette campagne. Le canton de Mouche (1346), qui rapportait deux cent mille aspres, fut alors annexé et incorporé à VlWèt de Bidlts, avec les villages affectés au domaine particulier (du sulthan), de sorte que la somme totale des domaines particuliers ^y^ de Thumble auteur de ces pages fut alors portée à 1,400,000 aspres othomans (1347). Sous le règne des sulthans de la dynastie de 'Otzmân et des Ehaq'âns de cette glorieuse maison, aucun des émirs et des princes les plus illustres n'a été honoré au même point que lui de leur clémence et de leur bienveillance. Aujourd'hui que nous sommes parvenus à la fin du mois de dzy'l-'hiddjeh de l'année 1 005 de l'hégire (au 3 août 1 597 de l'ère chrétienne), la principauté héréditaire de l'auteur est encore en sa possession, grâce à la puissante protection de l'auguste khaq'àn Abou-'l-Mouz'affèr Soulthàn Mou hammed-Ehân (que le Très-Haut le préserve de tout revers). Quoiqu'il se 8oit|démis, par caractère (>uUL bénévolement) de cette importante fonction, il en a confié les occupations (les labeurs) à la sollicitude de son très-digne enfant de son très-louable fils Aboul-meâly Chèms-u'ddîn Bik (1348), que la Divinité a doué d'excellentes {S^ nîk) qualités (Puisse le Très-Haut prolonger ses jours et doubler la hauteur de son mérite ojji J%^f).
Voulant prouver à son fils l'affection paternelle qu'il lui % vouée, l'auteur, se conformant à la coutume d'autres écrivains^
TêxU
a transcrit ici, à titre de conseils à son fUs^ qnelqaes vers (1349) extraits da Khired^nâmeh (Livre de la sagesse) du célèbre MauUa Djâmy (1350), que Dieu lui fasse miséricorde! (1351).
(Vers.) Viens, enfant chéri de mon cœur (1352), prête To-
reille à mes conseils aussi précieux que les plus riches bijoux.
Garde un instant le silence comme la mère-perle: prète-moi To-
p^'». reille, lorsque j'y épancherai mes pierreries) Écoute mes avis et
associe-les à la science: mets-la en pratique, quand tu l'auras acquise. Les sages (les grands), qui nous ont enseigné la foi, ont transmis aux petits (à leurs humbles disciples) l'exhortation suivante: Toi, dont l'esprit est éclairé jcomme le soleil, imite Taurore, et accoutume-toi à être franc et loyal comme elle. Conserve, dans toutes les actions, un cœur droit envers Dieu; car c'est à la droiture que tu devras ton salut (1353). Si tu lui consacres (abandonnes) les œuvres, tu ne rencontreras jamais aucune difficulté (tu n'éprouveras jamais aucun revers). L'ennemi tremblera en te voyant agir, toutes tes actions te paraîtront faciles (1354). Si tu les abandonnes (les jettes), au contraire, à tout autre qu'à lui, tu seras en butte aux traits de l'adversité. Lorsque ton mauvais caractère prendra le dessus sur la nature, il n'y aura pour elle point d'autre remède que de contracter de bonnes habitudes. Brise la fiole de la colère avec. la pierre de la mansuétude; lave les ténèbres de l'ignorance avec l'eau de la science. Ne foule pas au pied (L C^ OJ^) ^^^ heureux horoscope. Divise toutes tes journées en trois parties. Consacre Tune à acquérir la science, car le manque d'instruction n'est que vice ' et que honte. Mets, dans le second tiers de la journée, ton savoir en pratique, et emploie le troisième à rechercher les hommes instruits (1355). Lis le volume {j^>, les fastes) des anciens et des modernes. Vois, comment les monarques de toutes les régions du globe ont lancé leur coursier dans le champ clos (l'hippodrome) de la royauté, comment ils ont fait avancer, sur cet échiquier (ce damier), la dame de leur ambition. Évite la compagnie des méchants en général, car ton naturel leur empruntera (dérobera)
TbxU
leurs mauvaises liabitudes. Tu seras gonflé de méchanceté et vide de bonté, sans que tu t'en aperçoives le moins du monde. Ah! qu'il est sage le dicton de ce campagnard au cœur pur (sans détour), qui a dit: «Le raisin prend la couleur du raisin!» Ne t'accointe pas avec le premier venu' ne recours pas aux lumières de chacune dites connaissances: le tort que l'on te fera dans ce monde ne proviendra guère que d'elles. Toutes les ini-» quités qui résultent de chaque tour 'de cette meule (1356) ont pour auteur une connaissance, et retombent sur une autre. Il p^aan, surgit entre deux habitants qui vivent sous le même toit des '' litiges qui n'ont jamais lieu entre deux personnes étrangères l'une à l'autre. Lorsqu'au jour du lit de justice iI^Lm*, tu donneras audience au public, garde-toi de jeter un regard d'indulgence sur les plaideurs impolis et grossiers, de crainte que, par suite * de cette plaisanterie (familiarité), qui donne naissance à l'audace, ils ne se permettent envers toi quelque propos insolent (1357). Lorsque le fil de tes affaires vient à se nouer, la patience est préférable à des efforts désordonnés (1358). Toutes les affaires peuvent se démêler (se débrouiller); mais ce n'est qu'a?pc lenteur. Ne protège jamais l'homme foncièrement méchant; ne donne point de vin à l'Hindou^. que l'ivresse rend furibond. Le méchant le devient encore davantage par suite de l'orgueil que lui inspire la grandeur. Lorsque le serpent prend des forces, il se métamorphose en dragon. Ne noue (n'embrouille) pas les affaires de tes sujets: donne-leur ce que Dieu t'a donné. Énonce-toi, tant que tu le pourras, avec politesse, afin que ton auditeur soit disposé à la conciliation. Parler avec douceur est le propre de la sagesse: la brutalité est, au contraire, l'apanage de la démence. Sois humble à l'égard de l'homme instruit, car son mérite l'emporte sur le tien, sous le rapport du savoir. Aie toujours le cœur droit, des intentions pures, et sois équitable envers les serviteurs de Dieu. Ma plume (moncalame) s'est usé le bec en traçant ces conseils : le feuillet du livre est noirci par ces caractères. Le sage a dit avec raison: «Lorsqu'il se trouve quelqu'un au logis, un seul
mot suffit de la part de celai qui lui adresse la parole. Il vaut donc mieux que nous nous frayions un chemin dans la voie du cœur, et que nous nous bornions à cette seule parole.»
Puisque notre véridique calame est parvenu, avec le concours et l'assistance de la grâce divine, à ranger sur le fil de la narration et de la description les pierreries des hauts-faits et des fastes admirables des émtrs et des princes du Eourdistàn, il est plus à propos que Tauteur se conforme à ce quUl a donné à entendre dans la Préface de cet ouvrage, et qu'il tourne la bride de son agile calame (roseau à écrire) dç Wâcith, dont la marche est pleine de grâces, ainsi que les rênes de ^a langue dont les paroles ont le doux parfum de l'ambre (1359), du côté j^^ du récit circonstancié et de l'exposition des événements arrivés p^^p! sous la dynastie d'éternelle mémoire des sulthans de la race de 'Otzmân et sous le règne des monarques de l'Iran et du Tourân (qui ont été leurs contemporains.) (1360).
(Vers de l'auteur.) Rendons grâces à l'Étemel de ce que ma plume guidée par le savoir est parvenue au gré de mes vœux, à tracer, jusqu'à la fin, la minute de cette Histoire des Princes du Kourdistân. Je ne me permettrai pas d'en dire davantage, et je me bornerai à saluer le lecteur >%JI^. •
Fin de la traduction da premier volume de texte persan imprimé à Saint-Pétersbourg BOUS les auspices de l'Académie Impériale des Sciences de Russie.
Traduction
du second volome de teite du Gbèrer-nâméb
imprimé à St-Pétersbourg,
8oas les auspices de rAcadémie Impériale des Sciences de Bussie, par les soins de Monsieur l'académicien Yéliaminof-Zemof.
Ck)ncliision ou Épilogue du Chèref-naméh *) Tmén,
qui traite de Thistoire des magnanimes Sulthans Othomans
et de celle des monarques de Tlrân et du Tourân qui ont
été les contemporains de cette auguste dynastie.
Il ne restera pas caché sous le voile du doute pour le brillant génie des hommes éclairés qui gouvernent les régions de Fintelligence et de la perspicacité, ni pour l'esprit investigateur des savants qui marchent de pied ferme dans la voie du talent et du savoir, qu'en coordonnant entre eux les événements dont se compose l'histoire des monarques, les écrivains et les annalistes ont l'usage et la coutume de se conformer à l'ordre des temps et à la diposition des lieux.
La preuve la plus convaincante et l'autorité la plus Irrécusable que nous puissions alléguer à l'appui de cette assertion, consiste dans la glorieuse biographie de sa sainteté Mou^hammed, ^/^' qui a été à la fois le meilleur des humains et l'élu de Dieu (à qui
*) Cet Épilogue a été commencé par Tautenr le dernier jour da mois de dsylliiddljéh de l'année 1006 de Pliégire = le 8 (18) août 1597 de J. C.
s^adresseDt nos prières et nos salutations); car cet être plein de générosité, dont l'existence a été le but que s'est proposé dans la création, (1) le Tout-puissant, à qui il a suffi, pour créer le monde de proférer le mot sois^ a obtenu l'insigne honneur d'être orné de la glorieuse couronne d'apôtre de Dieu et de sceau des Prophètes (2).
(Vers.) C'est le nom de Mou bammed qui a servi d'ornement à tous les êtres qui ont existé et qui existeront depuis les siècles les plus reculés jusqu'à la consommation des âges (3).
L'autre témoignage qui démontre de la manière la plus évidente ce que nous venons d'avancer, c'est la révélation de la surate qui commence par les mots: «Dis: C'est lui seul qui est Dieu», (4), surate qui, de l'avis unanime de tbnte la nation (musulmane «I^l JUL), a eu pour objet la louange de l'Être suprême et qui sert d^appendice à la parole du Seigneur et au livre émané de l'Étemel pour distinguer la vérité de l'erreur (5). 11 sera donc très à propos que nous nous basions, sur ces autorités en terminant cet opuscule dépourvu de mérite par l'histoire des puissants monarques de la race de 'Otzmân, quoiqu'une foule d'illustres champions de l'arène de l'éloquence et du style soutenu, et une multitude d'auteurs habiles à manier les figures de rhétorique et à déployer toutes les ressources de l'art oratoire, qui ont obtenu les plus brillants succès dans le domaine de la faconde et qui ont conquis la région du bel-esprit à l'aide de leur qalame aussi adroit qu'une lance de Khatth (6), aient composé de tout temps et dans toutes les langues, tant en vers (7) qu'en prose, des ouvrages où ils ont consigné les événements les plus remarquables arrivés sous le règne de ces sulthans aussi justes qu'équitables. Cependant, l'humble auteur de ces lignes, ayant eu le bonheur d'être rangé, fort longtemps et pendant une longue série d'années, au nombre des serviteurs de cette auguste dynastie et dans la classe des personnes honorées de l'intimité de sa Hautesse le glorieux Sulthan Âbou'UMoud affèr Moitiummed^Khânj qui à l'élévation de la planète de Saturne
joint nne pureté vraiment angélique, des vaes aussi étendues que la sphère céleste, la bouillante valeur de Mars et la sagacité de Mercure; de ce grand et noble khaq'àn, de ce monarque absolu de la surface du monde, du patron des souverains de la Grèce, de TÂrabie et de la Perse, de ce soleil de la sphère du sulthan et de l'empire universel, de cette lune du palais de la gloire, dont les conquêtes embrassent l'univers entier, de ce potentat (Darius) qui fait l'ornement du monde, qui enchaîne ses ennemis et soumet toutes les régions du globe (T")^ de ce sulthan des deux continents et des deux mers (8), de ce fidèle serviteur des deux augustes sanctuaires (de la Mekke et de Médine) :
{Rùubdï) (9). Ce souverain a soumis le monde entier à sa ^4/' domination, et sa valeur impétueuse a conquis, d'un bout à Tau^ tre, toutes les régions du globe. La lumière de la lune et du soleil, qui brillent à l'apogée de la sphère céleste, provient de la coupole que forme son parasol aussi élevé que le ciel.
Zélé destructeur de l'idolâtrie , qu'il renversa de fond en comble, il consolide les bases de l'islamisme, propage les sciences qui ont trait à la loi divine, et protège de tout son pouvoir la religion de Mouszthafa (son élu). Assemblage de toutes les vertus et les perfections morales, il est auteur des monographies
qui traitent des diverses pratiques de dévotion JjLpl cilo^. Né sous les auspices de deux planètes favorables aux mortels il a conquis tout l'univers; il est le phénix de son siècle, et c'est à lui spécialement que fait allusion le verset sacré, où il est dit: aDieu vous commande la justice et* la bienfaisance». (10): Que Dieu éternise son règne et sa domination; qu'il répande sur tous les mortels sa bienfaisance et saugénérosité.
L'humble auteur de ces lignes, ayant tourbillonné comme un faible atome sous les rayons salutaires du soleil resplendissant de ces augustes monarques (11), a considéré comme un devoir sacré et une obligation indispensable pour son esprit ( 1 2) de raconter dans VÊpUogue de son Chèref-nâméh (si toutefois il a le
bonheur de remplir cette tâche), d'une manière sommaire et rapide, en suivant toutefois l'ordre chronologique, les événements qui se sont succédé (13) sous le règne de cette glorieuse dynastie depuis l'époque de son avènement au trône, ainsi que l'histoire des monarques de l'Iran et du Tourân, qui ont été ses contemporains jusqu'à l'heureux temps où nous vivons (14), afin de s'acquitter intégralement de la dette sacrée que lui imposait cette sage maxime (arabe): «La reconnaissance envers notre bienfaiteur est un devoir indispensable à remplir pour lui payer le tribut de notre respect et lui rendre grâces des dons émanés de sa bienfaissancei). Sa faible intelligence s'appliqua, par conséquent, à coordonner et à épurer les faits ; et son esprit dénué de capacité attisa le feu de ses facultés intellectuelles, quoiqu'il fût déjà amorti et glacé, en décrivant et retraçant méthodiquement (15) ces événements extraordinaires, quoique l'élévation d'esprit et la perspicacité naturelle à l'homme lui fissent un devoir de chercher à approfondir les vérités des sciences et à pénétrer les subtilités accessibles à la raison et à l'intelligence en soulevant le voile qui couvrait les faits mystérieux et en acquérant quelques lumières à l'aide de ses propres élucubrations; bien qu'il lui convint, en outre, de parcourir préalablement la . vaste carrière des études historiques (des épreuves ^jUt*!) avec les coursiers de la certitude et de l'évidence ; je laisserai, du
moins, après moi (derrière moi ^jljj) un bien qui ne me man-
quera jamais: telle est ma manière de voir IJ^^Ij^ (16). Au moment où le q'alame de l'auteur, semblable à la gazelle musquée, entrouvrait sa vessie (sa poche) pour tracer ces caractères, et à l'instant où sa plume parfumée d'ambre exhalait son parfum pour réaliser ce projet, la langue, à son tour, prit la pa- *J|*/^*role pour lui révéler les secrets du cœur (17), et la prévint que, quand elle apporterait comme Khizr (18) l'eau de la vie de la source des délices, c'est-à-dirç des sombres ténèbres de l'encrier, elle devait étaler aux yeux des hommes clairvoyants (19)
le snjet de ses récits et de sa narration dans les termes (sous les vêtements) Les plus simples, afin de ne point troubler et ter* nir le fond de son discours aussi clair que l'eau la plus limpide et les images de son style poétique (20) par l'emploi d'étranges métaphores et celui de périphrases ûL^^ (21) et de comparaisons bizarres. L'auteur ose donc se iBatter du douï espoir que, grâces à la bonté divine, les lumières que répandront ces feuilles continueront de briller, comme les rayons du soleil, à l'orient de toutes les régions du globe, tant qu'il restera dans les pages des annales et sur la face des monuments quelque trace des lettres destinées à rendre les pensées (les plus profondes) et des emplacements {ijjj^ vases) des (plus somptueux) édifices: il se plaît à croire que, par un effet de sa grâce et de sa généreuse protection, leurs traits enchanteurs seront préservés du pernicieux effet que pourrait produire sur elles le mauvais oeil de tout homme prétentieux Jy^i^*
Discours qui fait connaître l'illustre généalogie des glorieux sulthans de la dynastie de 'Otzmân, et le motif pour lequel ils émigrèrent des confins de la Transoxane et du Khoraçân dans le pays de Boûm
(ancien empire romain d'Orient).
L'esprit éclairé des plongeurs qui scrutent la mer des recherches historiques et le génie inspiré des habiles nochers qui parcourent l'océan (le Popt-Euxin) des savantes élucubrations, n'ignoreront pas que les productions des annalistes et les écrits des meilleurs auteurs jUl «^U^l (22) (que Dieu leur fasse miséricorde !) nous apprennent, que la glorieuse généalogie de cette auguste dynastie remonte au sulthan 'Otzmân (?^<% (le vaillant champion de l'islamisme).
Dans les pages de son histoire intitulée Djékân-ara (l'ornement du monde), l'illustre Q'âzy Â'hmed G'affâry de Q'azwîn,
qui fut le plus éloquent des orateurs et le plus élégant des auteurs modernes, range le sultban 'Otzm&n au nombre des descendants d'ibra'ïl, fils de Seldjuûq^ et la glorieuse généalogie de ces souverains se rattache du commun accord des plus grands écrivains, à la puissante lignée des Seldjouq'ides. Tel est Tavis unanime de Cous les savants du monde et de Tuniversalité des hommes lettrés de la race d'Adam, qui nous apprennent qu'à dater de ce jour, c'est-à-dire en remontant depuis le mercredi, trente du mois de dzyH-hiddjéh de l'année 1005 (de l'hégire = »^/A6 août 1597 d. J. C) jusqu'à l'année 689 (1290 de l'ère chrétienne), époque où le sultban 'Otzmân Gàzy fit réciter la khouthbeh en son nom dans la bourgade de Q^ardhiszâr'i'Sséthibp (en Anatolie), il s'est écoulé trois cent seize ans. Ce fut alors que l'auguste Houma (autour royal), qui pronostique l'empire, et le ThogrU (condor) du sulthanat, au vol audacieux, se fixèrent au sein de cette magnanime dynastie (23). A partir de ce jour la grandeur et la puissance de cette immortelle famille progressèrent et s'accrurent journellement et d'un instant à l'autre : il est même à espérer que, jusqu'au jour de la résurrection, cette maison sans pareille sera préservée de toute décadence.
(Hémistiche). Daigne, Seigneur, exaucer les prières des affligés (24) (qui t'implorent).
La chaîne généalogique de cette généreuse dynastie remonte, dans l'ordre suivant, jusqu'à Japhet (Jûphite), fils de Noé, l"" le sulthan (régnant) Mou hammed-Khftn est le fils du sulthan Mouràd-Khàn, fils du sulthan Sélîm-Khân, fils du sulthan Bâîézid (Bajazet), fils du sulthan Mou hammed, fils du sulthan Mourâd, fils du sulthan Mou hammed (1*'), fils d'Ildérime Balézid (Bajazet l'éclair), fils du sulthan Mourâd (T'), fils du sulthan Orkhàn, fils du sulthan 'Otzmàn &ûjsy, fils d'Erthogrfll, fils de Chfth Souleïmàn, fils d'Alp-qaïa, fils de Q'izil-boug'a, fils de ËftI-Timoùr, fils de Q'otlog', fils de Thoug'ân, fils de Q'oçoûn, fils de Chaphour j^U, fils de Boulgal ^Ul^, fils de Bal-Sonq'or, fils de Touq'timour, fils de Baiçouq Jj^muL? fil8>.de 'Hamdour, fils de
Baq'yaga, fils de Gneuk Alp, fils d'Og'ouz-Khân, fils de Q'ara- Khân; et celui-ci descendait, à la cent-quarante-cînquième génération d'Iâphitz (laphet), fils de Noé (Sur lui soit le salut!).
Le but que noils nous sommes proposé en avançant ce qui vient d'être dit et en exposant les faits qui précèdent, a été de faire connaître le motif pour lequel ces favoris de la fortune vinrent des confins du Mawèra^nnuhr (Transoxane) et du Khoraçan dans le pays de Roûm (ancien empire romain d'Orient).
Lorsqu'en 611 de l'hégire (A. D. 1215), les vipères des troubles politiques ^j^j^j^ firent voir leurs dents canines dans les parages de la Transoxane et du Khoraçan à la suite de l'invasion des formidables armées de Djinguiz Khan; à l'époque où les plus grands désastres vinrent fondre sur tous les pays, en général, et où des calamités universelles accajblèrent tous les recoins de la terre, comme l'a rapporté (Khaundémtr) l'auteur de VAm% des biographieSy les Mong'ols soumirent la ville de Meru (25), qui était le pays natal de cette célèbre dynastie (othomane) à un massacre tellement général qu un personnage nommé Seïd 'Izz u ddîn, qui, pendant treize jours et treize nuits, procéda, conjointement avec quelques scribes, au dénombrement des habitants égorgés à Meru, en comptèrent dans la ville même cent trente mille et une fraction, si bien que la fumée de la stupeur s'échappa du foyer du cœur et du cerveau du seïd et de ses collaborateurs, qui se prirent à réciter le roubdl (strophe de quatre hémistiches) suivant du poète Kheyiûm (26):
(Boubétî) La main (27) ne se permet pas de briser le vase (précieux) dont II (Dieu?) a composé l'alliage. Pour qui et en dépit de qui a-t-elle rompu, du bout des doigts (à coups de poing il^^^^jl ?), tant de charmantes têtes et de jolis pieds?
On a raconté que la ville de Balkh était jadis tellement populeuse et florissante que l'on y faisait la prière du vendredi (2 8) en douze cents endroits différents, tant dans la ville même que dans les villages U^, et qu'il existait 'dans cette cité (29) et
dans sa banlieue treize cents bains destinés au repos (ou au plains 23
sir ^Lh) J>»f^). On peut d'après cela calculer, par induction, le nombre de ses habitants. Le vainqueur n'y laissa pas subsister âme qui vive, et fit mordre à tous ses citoyens la poussière du trépas sous les coups de son glaive impitoyable. Le poète 'Azizy a dit à ce sujet (30):
(Vers.) Il rasa la ville de Baikh comme le plat de la main et en abattit tous les grands édifices ^).
Quoiqu'on eût réservé, dans la capitale du Khaurizme , cent mille artisans, et emmené en captivité les jeunes femmes et les enfants, on répartit le reste de ses habitants entre les soldats mon gols, et on les fit égorger. On prétend que le lot de chacun de ces bourreaux se montait à vingt-quatre tètes, et que leur jbmê u, nombre dépassait cent mille (!). A Nichabour on procéda égale* ment, pendant douze jours consécutifs, au recensement des morts^ et l'on en inscrivit dix-sept cent quarante-sept mille (1,747,000), non compris les femmes et les enfants. Ce fut dans cette ville que le cheïkh 'Atth&r (que son tombeau soit sanctifié) goûta le sorbet du martyre (31).
En un mot, lorsque ces terribles désastres, qui étaient l'emblème du jour de la résurrection, vinrent fondre sur le Ehoraçân, Chah Souleïmân, fils de Q'al Alp (32), qui était rangé an nombre dés plus illustres généraux (émîrs) et des nobles khâns (33) du sulthan Mou hammed le Khaurizm-Châh, et qui, en qualité de lieutenant de ce souverain, avait été chargé de la garde et de la défense de la ville de Makhàn-lès-Meru (34), partit de Meru pour l'Adzèrbaïdjàn, pendant cette crise politique jy^, où la division régnait entre les troupes du Khaurizm-Chàh et leurs chefs. Il se mit en marche à la tète d'environ cinquante mille familles, qui faisaient partie des nombreuses peuplades de la nation turke, auxquelles on pouvait appliquer ce passage du Livre
') La ville moderne (le Balkh (ou Belkh) répond à Fancienne Badra on Zari» aspa^ capitale de la Bactriane, k 74 lienes S.E. d'Antiochia {Géogr, ane. et histO" figue, T. 1, p. 182, 183.
Sacré: «Si Diea ne leur avait pas prescrit Pémigraf ion, illesl aurait infailliblement châtiées x> (35).
II s'avança progressivement, avec ses tribus nomades et vassales (36), jusqu'aux parages de rAnnénie, déchargea les bagages du séjour dans la ville d'Akhlàth, qui est la capitale de ce pays, et choisit cette contrée aussi riante que le Paradis pour être le point central, où il arbora ses drapeaux favorisés par la fortune et planta ses bannières victorieuses. Au bout de quelquer temps, il se remit en marche vers AUÀstàn pour y faire la guerre sacrée aux impies infidèles. Lorsqu*en poursuivant son voyage^ ^ il fut arrivé au bord de l'Euphrate, il fut englouti par la mer dtr . trépas, au moment où il cherchait à faire passer ce fleuve à ses' nombreuses tribus dans les environs du château fort de Bjdhér^ une des dépendances d^ 'Haleb. Son corps fut rejeté par lesi flots sur le rivage et inhumé dans le voisinage du fleuve susmen^^ tienne. B avait quatre fils nommés: 1^ ErthogVfil; 2^ Sonqor on Sanq'ar ; 3** Gune dog'dy et 4® Doundâr.
A la suite d'un dissentiment survenu entre ces quatre frères^ gui ne tombèrent point d'accord sur le pays vers lequel ils diri^ géraient leurs pas , la discorde , et la mésintelligence éclatèrent entre les tribus vassales sIjLUl»! et ces frères (37). Erthogrfil se mit en marche pour se rendre dans le pays de Bcûm (l'Asie^ mineure) avec un de ses frères {Doundâr) et quelques-uns de se? adhérents, dans l'intention de faire la guerre sacrée ç\jt {gaza) aux perfides infidèles. Les deux autres frères reprirent le chemin de leur pays natal avec leurs peuplades (^ly) goûms) et leur» grandes tribus ou hordes d[/t^^ (38). A cette époque le sulthan jgm« ii^
'Ala-u ddîn (Aladin), fils de Keïq obâd (?), fils de Pérâmèrze ... ^'^'
... fils de Kelkhosrew fils de Q ilidje-Atslân, fils
d'Israd, fils de Seldjouq (39) était le souverain maître de ces contrées (40). Lorsqu'ils arrivèrent à Çfomeh (Iconium), suivant une autre version à Amâdàh (Amasie), pour y entrer au service du snlthan ^Ala-u ddîn (41), et lui exposèrent leur désir, ce monarque assigna à Erthog'rill, à sa tribu J^ôk et à ses vassaux
as*
( J^ à sa suite), pour y fixer leur demeure et leur domicile, les
* alpes de Thomanidje (Temnos, Tkoumûndjy?) sur - les frontières des infidèles soumis au seigneur de Bilédjik (42)., afin qu'elles leur servissent de quartiers d'hiver et de campements d'été,
Erthogrûl fit longtemps (U^wU) l^t guerre sainte aux vils infidèles. Au nombre des chefs de ses tribus vassales se trouvait un nommé Bouzouqlou (43), qui l'emportait sur les autres grandes tribus et q'abilés sous le rapport de ses nombreux partisans et auxiliaires, de son puissant crédit et de son influence. Il avait sept fils nommés: 1® loureh-guîr (44); 2^ Q'oçoua; 3® Wartzaq ^jj (45); 4^ Q'ara-Iça ^^.^ p>; 5^ Ewzâr {JjJ Auzâr?); 6« Goundouz; T Q'ouche Timo&r (46). Le divan du sulthan lui assigna également, pour lui et ses peuplades (ou ses cens J^l , ses g'oûms)^ à titre de résidence d'hiver, le lien nommé Ichouqour'Owa (la plaine du fossé ou du bas fond) (47); mais son fils aîné loureh-guir, qui était un jeune homme renommé pour sa va- - leur et sa magnanimité, et qui donnait journellement des preuves irrécusables de sa capacité, de sa bravoure, de son humanité, de sa générosité, de sa droiture et de sa loyauté, parvint à enlever, de vive force, aux vils infidèles le pays d'Adanah, de Tharsous (Tarse), de Çts (Cilicie) et de Mècis (^^/«-t^** ancienne Mopsuestia) (48) et se rendit maître des châteaux, des forteresses et des bourgades de ce pays, dont la principauté lui fut conférée à titre d'apanage héréditaire. Après le décès d'Ioureh-guir (49) son fils Kamazàn prit la place de son père : c'est à dater de cette époque que cette contrée est soumise à l'autorité des descendants de Ramazân, et il en sera fait mention, en temps et lieu, d'une manière circonstanciée. Cette lignée est actuellement connue sous p, 10. ' le nom de princes d'Adanah et de Ramazân Og lau.
En un mot, lorsqu'Erthogrûl eut déposé dans ces parages les bagages du séjour, il eut à soutenir des guerres sacrées et une lutte continue contpe-les impies infidèles et la renommée de sa valeur, de sa bravoure, de sa capacité et de'son génie (60) se répandit dans toutes les régions du globe.
Près de quatre cent quarante chefs sS^^r' ^^ ^^^ tribus vassales et commandants de ses peuplades ( Jy) goûms) obtinrent Tbonneur du martyre en combattant pour la religion orthodoxe et pour la glorieuse sounnèt du prince (sèid) des apôtres. Quant à Ertbog'rQl, il fut admis .dans le sein de la miséricorde divine dans le courant de Tannée 689 de l'hégire (A. D. 1290), et son fils le sulthan 'Otzm^n le remplaça en qualité de chef de sa tribu J^ et de ses vassaux.
Débat do sulthan 'Otzmân.
Après le décès de son père, chah Soulelmân envoya son oncle Szarou-laty ou hity (?) (51) (probablement Szarou-lâly) h, (^orAëh (Iconium) à la cour du sulthan 'Ala-u ddin, afin de le prier de daigner concéder au sulthan 'Otzmân, à titre de sandjàq', la bourgade de Sœguttchuk («ilst^, la Saussaie) (52) et le mont Thoumanidje (yLo^i» Temnos), qu'il avait enlevés aux infidèles du Tékoâr (on seigneur de Bilédjik). Le sulthan ^Ala-uddin daigna agréer sa demande, et octroya au sulthan 'Otzmàn les localités susmentionnées. Il fit, en conséquence, expédier^ à son adresse, des lettres patentes d'investiture, auxquelles étaient jjoints un tambour et un drapeau. II lui envoya, en même temps, par l'intermédiaire du tchaouche Balabân (û^^^ ou oM^)> à titre de présents et de cadeaux, quatre cents armures de guerre jU^
ÂiU 4^ jl^ cLm^juo consistant en flèches, carquois, arcs, cuirasses, cottes de maille et boucliers ^l^. Ses lettres patentes d'investiture rédigées en persan, qui ont passé sous les yeux de l'auteur de ces feuilles, étaient ainsi conçues*
«Otzmàn-Big est un des preux (bahadours) de notre temps et un des héros de son siècle, qui, jusqu'à ce jour, a acquis des droits à la protection de notre auguste dynastie. Ses pères et ses aïeux sont venus avec nos illustres ancêtres du Touràn dans l'Iran, et de l'Iran à Akhlàth et dans l'Adzèrbaldjân. Nous l'avons, jbm^ u, en conséquence, distingué d^ntre ses égaux en lui conférant le '* "'
grade éminent d^émîr, afin de le récompenser de sa sympathie, de son dévonement, de la pureté de ses intentions et de son attachement. Ajprès ayoir annexé la proVince de Nicée (^^1 Iznîq^) et de Ç[ardhiszûr (Szdhiby) (53) aux alpes de Thoumanidje (Tempos) et au territoire de Sœuguitchuk (de la Saussaie), nous lui en accordons la possession, et lui octroyons, en même temps, les armes nécessaires pour équiper quatre cents hommes, qui seront prises dans notre auguste arsenal et distribuées aux valeureux ehampioos de iMslamisme {gâzy) placés sous ses ordres, afin qu'il is*empresse d'entrer en campagne et de faire la guerre sainte aux infidèles, & la tête de ses belliqueux héros et de ses braves guerriers, dont la bouillante valeur ne le cède pas à celle des tigres (54).»
A partir de Tannée 688 de Thégire (1289 de J. G), le «nithan 'Otzm&n jouit d*Qne autorité entièrement indépendante et le aandjâq' du pays de Bid juj (55) lui fut également octroyé (ou bien le sandjâq' de Bithynie ou Bîdnîz J^j^ lui fut conféré). Les évéoéments ultérieurs du règne de ce souverain, de ses illustres enfants et descendants seront décrits suivant Tordre chronologique, de la manière indiquée dans notre Préface et dans notre Êpih^ue^ avec le secours de Dieu, dont nous implorons Tassistance,
Dans le courant de cette année d'heureux augure, qui était celle de Tavènement fortuné de cette immortelle famille, Théroïque sulthan 'Otzmân conquit, par la vigueur de son bras formidable et sous les coups de son foudroyant cimeterre, les châteaux de BiUdjïk (la Bdokoma des Byzantins), d^Iâr-Mszâr^ d'Aineh-gœul (Ângelokama) (56), d^Iound-'hiszâr jlamj,^^ et cPIèngutf chehr (ville neuve) (57). Il se dirigea ensuite vers le château fort et la ville de ^ ara'hisxàr-i'SzdMby^ qu'il enleva de vive force aux infidèles du Tekkoûr (seigneur d'Angelokoma)*
Un jour de vendredi de la dite année, un certain personnage nommé Thoursoun-faqth (le jurisconsulte) (58), qui appartenait à la nation turkomane, récita la khautàbé en l'honneur du sulthan 'Otzmân, dont les augustes titres servirent à compter de ce jour d'ornement au sommet desxhaires et à Pavers des monnaies i^inârs ou deniers d^r).
Vers la fin de la même année, le sulthan ^Otzmân s'unit par les liens du mariage, d'après le cérémonial prescrit par la loi du prophète et conformément aux canons de la religion de Mou hammed {Mouszthafa^ l'élu de Dieu) à la fille d'un des eheïkhs les plus illustres de son époque, nommé Dèdeh-bâly (59), Par un ha- ^J^^* sard des plus heureux, le prince d'Iâr-Mszâr avait accordé en mariage sa fille nommée M/oti/*ér (Nénufar) J^^ofoune au seigneur (tekkour) et prince de BUédjik. Le sulthan se rendit maître de ce château pendant la célébration des noces, et en fit mourir le prince avec toutes les personnes de sa suite. Il fit prisonnière NUoufèr Khatùune avec ses effets et son trousseau, et la donna à son heureux et glorieux fils Aurkhân-Khàn (60).
Année 690. (1291 de J. C.)
Le 5 du premier mois de rèbf de cette année (9 mars 1291), (61) Arg'oun-Khân, fils (lisez neveu) de Tégoudar Og'lane (62), fils d^Abaq^a (lisez frère d'Abaq^à)-Khân, fils de Houlagou-Khân, fils de Toulon!- Khàn, fils de*Tchinguiz-Ehân, qui était souverain de rirân, mourut dans le Q'arabâg d'Arrân (ou Ârrân) et un littérateur composa, sur l'époque de son décès, les vers suivants (63):
(Vers ) Il s'était écoulé six cent quatre-vingt-dix ans depuis l'émigration du prophète, et l'on était au cinq de rèbf, premier mois du nouveau printemps, lorsqu'Arg'oûn, conformément aux décrets de la divine Providence, quitta ce monde à l'heure du déjeuner, au lieu nommé Bàgtchéh (dans l' Arrân) «Dans le courant du mois de rèc^eb de la même année, son frère Gaî-Eha-
tou (64) qui gouvernait le pays de Roûm (l'Asie mineure), ayant appris le décès de son frère, se rendit à l'appel des émîrs, et partit sur le champ pour TÂdzèrbaïdjàn, où il se rendit en toute hâte. Quelques émîrs posèrent bénévolement et de plein gré le pied dans le cercle de Tobéissance, tandis qu'une foule d'autres ne le fit qu'à contre-cœur et par nécessité. Quelques généraux en chef ÉjJj ^jI^I reçurent la bastonnade, et leurs grades furent conférés à d'autres. Il expédia dans toutes les provinces de son empire des courriers chargés d'annoncer aux habitants l'heureuse nouvelle, qu'il allait leur donner des preuves de sa justice ef de sa bienfaisance en extirpant l'injustice et la tyrannie. Il reçut, sur ces entrefaites, des nouvelles alarmantes du pays de Roûm où il se rendit en personne après avoir nommé Singutoûr 'Noiân (65) lieutenant-général du royaume. Pendant son absence, quelques émîrs et princes du sang conçurent l'idée de se révolter et avisèrent aux moyens de susciter des troubles et du désordre.
Année 691. (1292 de J. C.)
p. 18. ' Galkhatou, qui, l'année précédente, était parti pour le pays de Roûm, et qui, au commencement de l'année courante, était revenu victorieux et triomphant de cette campagne, recommença à donner toute son attention aux affaires de l'empire. Il se concilia, contrairement à toute attente^ les esprits de ceux qui avaient songé à se révolter contre lui, en les comblant de toutes sortes de faveurs et de marques de bienveillance. Il confia le poste de généralissime à Aq'bouq'a Bahadour (66) et remit les rênes du vézirat aux mains habiles du khaudja Szadr-uddin Mouhammed (67) Ehâlédy, qui était originairement un des fils de Q'âdy de la ville de Zèndjân. Il lui donna le titre de seadr-i-djéhûn (président du monde), et nomma son autre frère, le khaudja Q'outhb-u ddin A'hmed, grand juge «liLÂiJl ^U et administrateur des legs pieux de tout l'empire. Au dire de tous les histo-
riens, Gaïkhatou-Ehân était le plus généreux des descendants de Holagou-Ehân ; si bien qu'il distribua (prodigua), en peu de temps, tous les trésors de ses pères et de ses frères aux princes du sang, aux kbatounes et aux émirs (généraux). Lorsque ses regamls tombèrent (68) sur les. pierreries que les souverains, ses prédécesseurs, conservaient aussi soigneusement que le bijou de leur cœur dans le trésor de leur poitrine, il les distribua toutes aux femmes et aux jeunes filles de son 'harèm cA^j l-fv^ ^^ disant: il appartient de conserver avec soin de pareilles marchandises aux gens qui se plaisent à s'en parer. Si iion, quelle différence y aurait-il entre les enfermer dans son trésor et les laisser intactes au fond de la mer ou au sein de la mine (d'où elles ont été tirées?) Nous apprendrons, par les événements des années qui vont suivre, quel fut le résultat de cette manière d'agir.
Année 692. (1293 de J. C.)
Dans le courant de cette année, le szadr-i-djéhân^ vézir de Gaï-Khatou-Khân, fit défendre aux émirs et aux noïâns de s'ingérer dans les affaires de l'empire et des finances (probablement
JL»^ s^U des affaires temporelles et spirituelles). Il les décidait toutes sans leur assentiment et réglait exclusivement les affaires militaires et civiles. Telle fut la raison pour laquelle deux officiers généraux de Gaï-Khatou nommés 'Haçane et Tbaïdjou in- p> i^. citèrent quelques notables de Tèbriz à exposer au monarque que le président du monde disposait, suivant sgn bon plaisir, des fondations charitables pour ses propres dépenses et négligeait totalement les intérêts de l'armée, les préparatifs de guerre et l'approvisionnement du camp (ordou) (69). Gaî-Khatou feignit de ne pas entendre ces mauvais propos, et publia un nouvel édit {iérlig) impérial, par lequel il laissa sous la surveillance éclairée du vézir et remit entre ses mains aussi capables qu'habiles l'administration de tout l'empire depuis les rives de VAmoméh (Oxus) jusqu'aux frontières de PÉgypte. Il confia également, à son vi-
goureux poignet les rênes da Ii6re arbitre en le laissant maître de statuer snr le sort de ses ennemis. Le ezadr-i-djéhém baisa humblement la poussière pour rendre hommage à son souverain, sortit de l'audience impériale, et fit charger de chaînes les pieds de ses détracteurs. Après les avoir admonestés de cette manièrei il prit, au bout de quelques jours, pour devise et pour règle de conduite Tindulgence et la magnanimité, en pardonnant à ses ennemis tous les torts dont ils s'étaient rendus coupables à son égard. (70).
Année 693. (1293-4 de X C.)
Comme il ne restait plus, cette année, dans le trésor impérial, un seul denier (d'or) ni une seule drachme (d'argent) par suite de l'extrême prodigalité de Gaï-Khatou-Khân dans ses largesses, envers les cher ifs et les grands, et à cause de la trop grande libéralité et des dépenses excessives du seadr'i»djéhân\ commue Gaï-Khatau ne savait pas se modérer dans sa profusion et son extrême libéralité, le szadr-i-djéhân se trouva hors d'état de faire face aux dépenses les plus urgentes: il consultait chacun sur le moyen de se tirer d'embarras, et songeait, dans, son esprit, à toute sorte d'expédients imaginaires pour y parvenir. Sur ces entrefaites (71) 'Izz-uddîn Mouzaflfèr, fils de Mouzaflfèr, fils de 'Amid, qui était un mauvais agent du fisc^^i^jljJLc, exposa au szadr'i'djéhûn: ce qu'il y aurait de mieux à faire en ce moment, ce serait de mettre en circulation dans les états du khàn, comme cela se pratique en Chine et dans l'empire du q'aân, le papier monnaie nommé tchao^ qui remplacerait l'or et l'argent, et qui servirait désormais aux achats et aux ventes, afin que le numéraire, tant en argent qu'en or, reflue intégralement au trésor impérial, et que le souverain jouisse de ressources immenses, sans - porter préjudice à âme qui vive.» Comme le szadr-i-jdjéhân SiYHit^ P' ^^' à cette époque, accumulé un emprunt de plus de cinq cents toûmâns sans avoir le moyen d'y faire face a»^ , et comme il se
présentait, à cliaqne instant, de nouvelles dépenses, Favis de 'Izzu^ddin Mouzaffer fat goûté par le vézir^ qui y prêta une oreille favorable, et qui s'entendit, à cet égard, avec Poulâd IchingsanÇy ambassadeur du q'aân, afin qu il soumît ce plan vraiment absurde à Tacceptation de Gal-Khatou -Ehân. L'empereur rendit (dans le courant du second mois de djoumâda=mai 1294) une ordonnance, par laquelle il statua: que désormais le commerce ne se ferait plus dans l'empire au moyen de l'or et de l'argent; qu'il serait défendu à l'avenir (72) de tisser des vêtements d'étoffes précieuses en brocard d'or, si ce n'était pour la garde-robe jl^ (le cabinet?) impériale; qu'il serait interdit aux orfèvres, aux tireurs d'or et aux brodeurs en or de se livrer à leurs travaux habituels; qu'il serait fondé des banques d'émission du tchao dans toutes les villes (73) de l'Âdzèrbaldjân, de l'Iraq' arabe, de l'Iraq' persique, du Farse, du Khouzistàn, du Diârbekr, de l'Arabie, du Ehoraçàn et du Roûm (Asie mineure). On nomma des agents destinés à mettre ce projet en exécution; on assigna à chaque ville et à chaque cité une somme considérable pour subvenir aux frais de construction de la banque d'assignations. Ce tchao était un morceau de papier carré, oblong, sur lequel étaient tracés quelques mots en caractères chinois; et des deux côtés se trouvait la profession de foi musulmane: (74) La- 'Uah Uldllàh Mouhammadou Bèçotd'tiUah «Il n'est point de Dieu, si ce n'est Dieu: Mouhammed est l'apôtre de Dieu.» On y avait également inscrit les mots (75) Irindjy-Dourdjy (qui arrive et qui reste), titre dont les ^aâns de la Chine avaient qualifié l'em» pereur (76). On avait tracé au milieu de ce papier un cercle, dans lequel était indiquée sa valeur (son poids), depuis une demi* drachme (un demi-dirhèm) jusqu'à dix drachmes ^). On y lisait, en outre, quelques lignes ainsi conçues: «En 693 l'empereur du monde a mis ce tchao béni en circulation dans ses états. Celui qui l'altérera et le contrefera CAJ^Jj jlJ^^/aJu sera supplicié avec
^) Au lieu de dix drachmes il faut lire jU>^ o^ àia dinars (oa deniers d'or).
sa femme, ses enfants et tons ses proches (on alliés j^^)». Cette nouvelle se répandit dans le pays, et tout le monde fut plongé dans la mer de la stupeur et des sombres pensers. Plusieurs poètes, animés du désir de se concilier la bienveillance du monarque et du smàr-i-djéhâfij composèrent des vers à ce sujet: ^j;^y^*nous citerons le suivant dans le présent ouvrage:
(Vers) (77) Si le tchao circule dans le monde, la prospérité royaume sera du éternelle» (78).
Bref, le tchao fut émis à Tèbrîz au mois de dzy-q'a'deh de l'année précitée (au mois de septembre 1*294) (79). Les marchands se livrèrent par nécessité, pendant deux ou trois jours, à leur commerce habituel. Plus tard une foule d'habitants de Tèbriz, ne pouvant plus supporter le spectacle du préjudice qu'ils éprouvaient résolurent d'émigrer: d'autres, quoiqu'ils ouvrissent, par crainte, les portes de leurs magasins, avaient soin de cacher leurs étoffes, leurs marchandises, leurs comestibles et leurs boissons. Le vendredi suivant, tonte la populace ameutée se répandit en plaintes et en lamentations. On lança des malédictions contre ^Izz-u ddin Mouzaffèr. Les gens àans aveu et la lie du peuple attentèrent à la vie de ce scélérat, et le précipitèrent, comme le rapporte une autre version, au fond des abîmes de l'enfer.
Les émîrs et les noïânes, de concert avec le szadr-i'djéliânj exposèrent au souverain: que la création du tchao entraînerait irrévocablement la ruine du pays et la dispersion des rdîa (sujets); qu'elle occasionnait un déficit (considérable) dans les produits de la douane. Ils ajoutèrent que, si cette innovation était encore maintenue pendant quelques jours, il en résulterait une perturbation générale dans les affaires temporelles et spirituelles
JL (ou dans les affaires de l'état etdansles/înance^ JL). Après avoir prêté l'oreille à ces plaintes, Galkhatou ordonna, sur le champ, l'abolition du tchao. Tous ceux qui s'étaient expatriés revinrent à Tèbrîz, et cette ville récupéra sa première splendeur.
Dans la même année les Égyptiens conférèrent le gouverne-
ment de PÉgypte au traître (?) Mél%k ^âhir (80), qui appartenait à Tune des branches de la famille des Aloubides. D était ministre (cMS agent?) de Mélik-Ecberef et prenait, au commencement du règne de ce sultban, le titre de lieutenant général (c^Lnâïb) de Mélik Nâszir (Mou hammed), fils de Self-u ddîq Q'ilaoun, jusqu'à ce que Kitoubouq'a le tua, vers la fin de l'année susmentionnée (693 de l'hégire ou 1293-4 de J. C.)
Année 694 de l'hégire. (A. D. 1294-5.)
Au commencement de cette année, Baïdou-Khân, filsdeTharaqaï, fils de Holagou-Khân, fils de Toulouï-Khân, fils de Tchin- ^j«'^ //• ,
•guiz-Khân, se révolta contre Gaï-Khatou-Khàn, qu'il fit mourir ^ et remplaça sur le trône (81). Au bout de huit mois de règne 6*azân-Khân, fils d'Arg'oun-Khân, se ligua avec l'émîr 'Hâdjy- NaOroûz, et se révolta, à son tour, contre Baïdou, qui fut également tué (82). G'azân-Khân monta alors sur son trône héréditaire. Dans le mois de cha'bân de la même année (83), il eut, par l'heureux efiet des grâces divines et des miracles de l'apôtre de Dieu, l'insigne honneur d'embrasser l'islamisme avec quatrevingt-mille chefs et grands de la nation mon gole. Cette conversion eut lieu par suite des sollicitations i^^^ac^Ij de' Hâdjy Naârouz,
à la station ou résidence ^l*f de Firoûz-KoÛhj en présence du cheïkh Ibrahim 'Hamèwy (de 'Hamah). Il fut, en conséquence, initié à la foi orthodoxe, et cetteHangue, qui, pendant toute sa vie, avait appris du précepteur auquel fait allusion cette tradition . «Et ses parents en font un juif ou un chrétien», (84) à prononcer les mots: «Il y a un Dieu en trois personnes» (85), se mit à réciter la profession de foi suivante: «Sache donc qu'il n'est point de Dieu, si ce n'est Dieu» (86). Elle attesta la vérité de ce verset: «Mou hammed (Mahomet) n'a jamais été le père d'aucun homme d'entre vous ; mais il est l'apôtre de Dieu et le sceau des prophètes» (87), et se plut à répéter sans cesse les paroles sacrées qui constatent Vunité de Dieu. Il fut en conséquence, ad-
tv
mis aa nombre des heareux mortels auxquels s'applique ce passage: «Vous êtes la meilleure des nations qui ait été produite pour le genre humain» (88). Il reçut le glorieux nom de Soulthân Ma'hmoûd-Ebân; et son frère Oeuldjaltou fut qualifié du titre de Soulthân Mou hammed (89). C'est à dater de ce jour que fut introduite (en Perse) Vère du Khân (Il-khânienne).
Année 695. (A. D. 1295-6.)
Il ne s'était pas encore écoulé vingt jours depuis l'avènement du sulthan Ma'hmoûd-Ehân au trône, lorsque, pour attirer la bénédiction et la protection divines sur les grands sceaux {altèmga^ sceau rouge) de l'empire, ce monarque ordonna, au commencement du mois de Mou harrèm de la dite année (le 10 novembre 1295), que l'on en changeât la forme, qui était carrée, et qu'on leur donnât la forme circulaire, qui est la plus parfaite de toutes. Il fit graver au milieu de ce poinçon les mots aJi ^
4Ul Jy^j j^ <ul j) «Il n'est point de Dieu, si ce n'est Dieu: Mou hammed est l'apôtre de Dieu» (90). B ordonna, en outre,
que l'on traçât en tête, des dépêches et des ordres les mots «Ull ^^^^» ici ÂUahou dla (c'est Dieu qui est l'Être suprême), et que toutes les lettres patentes par lesquelles il serait conféré des pensions ou des fiefs aux musulmans, dans tous ses états, fussent re^ vêtues du visa impérial. Il confia la dignité à^émir-id-ouméra (généralissime), de lieutenant-général du royaume et d'inspecteur général des revues (ou de l'organisation ^^^^mLL) de son armée aussi formidable que Mars à Hâdjy Naflroûz, et il désigna le sjsadr-i-djéhân (primat du monde), c'est-à-dire Khaudjah Szadruddin Mou hammed de Zèndjân (91) pour remplir les fonctions de vézîr.
Année 696. (A. D. 1296-7.)
Cette année l'émir 'Hâdjy Naflroûz suspecté d'intelligences secrètes «V^j^J^ avec le sulthan d'Egypte, goûta, par ordre de
G'azàn-Ebân, le breuvage (le sorbet) du martyre dans le Khoraçan (92). Dans la même année , Mélik Seïfuddîn Begdemir (^^jjC Begiermir?) (93), qui avait été mamelouk (serf) de Mé-* Kk Ëcheref, fils de Szalà'hu ddin Khalîl, fils de Seïf-u ddln, le tua. Il devint suspect au sulthan , et fut forcé de s'enfuir à Damas avec quatre autres mamelouks.
Année 697. (A. D. 1297-8.)
Dans le courant de cette année, le sulthan Mà'hmoûd 6'azàn jeta, dans sa capitale de Tèbriz, à proximité de son mausolée (dôme sépulcral), les fondements d'une mosquée cathédrale d'une médréceh et d'autres établissements d'utilité publique. Ce dôme est effectivement un édifice unique jU sous la coupole azurée des cieux, car il a cinquante -cinq coudées d'architecte de diamètre ^/Li, sur cinquante-cinq de hauteur. Chaque mur a douze coudées de largeur outre la voûte jll. du dôme. La plupart des chroniqueurs nous apprennent que la construction en fut terminée dans l'espace de cinq ans (94). Le vézîr Khaudjah *Aly chah
(95) deKhotlânafaitbâtiràTèbrîz une mosquée cathédrale, dont la façade (le frontispice ol^^) était surmontée d'une voûte, qui avait quatre-vingts coudées de hauteur; mais elle ne conserva pas sa solidité primitive, car elle s'affaissa au bout de deux ans. La coupole de G'azân se fendit également à partir de son zénith ^^[yJl C^^y sur une étendue de vingt à trente coudées de longueur et de trois coudées de largeur, de sorte que l'on peut voir le soleil et les étoiles par la lézarde; mais elle ne s'écroula pas. Le Q'âzy Mouhammed-Qàzy-Mouçâfir (étranger?) de Tèbriz, qui était wâly (gouverneur) de cette ville en qualité de lieutenant du chah Thahmasp et d'administrateur LU (surveillant) ^^^ jj des legs pieux de 6'azân, a fait réparer la lézarde du dôme. '* ^^'
Année 698. (A. D. 1298-9.)
Au commencement de cette année, Lâtchin ^Houçâm-u'ddfti
(96) fut tiié (mourut?) au Vieux-Caire {Miszr). Son fils Mélik
Manszoûr monta sur le trône du sulthanat. II se rendit maître de la personne de Mélik 'Aadil, quMI fit mourir avec sept de ses esclaves, pendant {^j^j^ au commencement) d'une partie d'échecs (97).
Année 699. (A. D. 1299-1300.)
Au commencement de cette année, Mélik Nâszir, fils de Mélik Manszoûr(98), qui était wMy (prince régnant) de Damas (99), livra dans les parages de *Himsz (Émesse) et de 'Hama (Epiphanie), au sultlian Ma'hmoùd 6'azân une grande bataille dans laquelle il fut battu (100). Le sulthan G'azâns'en retourna à Tèbrîz. Le mardi vingt-deux du mois de rédjeb, il donna Tordre de faire goûter au szadr-i'djehân (primat du monde) le breuvage du martyre. On démolit de cette manière l'édifice des talents et dCvS profondes pensées .^jLl* (des allégories), et l'on tarit la source de la générosité et de la bienfaisance (101). Quelques jours après, la dignité de lieutenant-général du royame, l'administration des affaires de l'empire du monde, le poste de véztr et la présidence du divan furent conférés au vaste savoir et à l'heureuse capacité du khaudjah Réchêd-ufhaqq w^ddounia wèddin^ qui était le coryphée des philosophes ou des sages «UXl de son temps dans les diverses branches des sciences rationnelles et traditionnelles, principalement en physique (philosophie?) et en médecine, et au khaudjah Sdduddîn de Sâwéh^ qui possédait un prodigieux
talent en fait de contrôle financier et de calcul Uu^l /> j^ %UL^j, Grâce à ces deux vézîrs doués l'un et l'autre d'un esprit éclairé et d'un jugement des plus^ sains, le monde, malgré -sa vétusté, se sentit rajeunir, et les désirs ainsi que les vœux (les besoins) de leurs proches ^j\i\ furent accomplis et satisfaits. La position des hommes de mérite et de talent fut singulièrement améliorée (102). Mais le funeste effet de la conjonction (103) des deux sinistres planètes (de Saturne et de Mars) dans le signe du Cancer, qui était l'horoscope du monde, fit sentir, à la même
époque sa fatale influence. Les ondées bienfaisantes que répand ordinairement sur la terre la nuée salutaire de la grâce divine, cessèrent de tomber pendant quelque temps, de sorte que les eaux du Tigre, du Djf hoûn (OxusVet du Nil subirent une baisse ^<,"' des plus désastreuses, et qui alluma les étincelles de la disette et de la faim dans le foyer des entrailles (aju^ de 1& poitrine) et dans les régions supérieures (^1^ le donjon) du cerveau des vieillards et de la jeunesse.
Année 700. (A- D. 1300-1301.)
Vers le milieu du dernier mois de Djoumàda de cette année (du 20 au 31 mars 1301) naquit l'émir Moubâri:&-uddin Mou- 'hammed, fils de Témir MouzafSr-uddin Mouhammed, fils de Témir GcSMz (ou (/td^j8r)-u'ddîn de Sèdjawènd (104). Leurs pères et leurs £aeux appartenaient à la nation arabe et ils arrivèrent dans le Khoraçàn avec l'armée de l'islamisme à l'époque otl elle fit la conquête de ce pays \ Us se fixèrent d'abord dans le village de Sèdjawènd, qui faisait partie du canton de Khauf ^\^ (près de Nichaboûr) dépendant du Khoraçàn. Lors des bouleversements occasionnés par l'armée de Tchinguiz-Khàn l'émir G^aïâtz (ou G'i&tz)-u ddin quitta ce village pour transférer sa demeure à lead (la maison d'adoration), et parvint, sous le règne d'Ârg'oûn Khân (?), au grade à^iaçaoul (huissier du palais). Son fils l'émîr Mouzaffir obtint, du temps de 6'azân, le commandement d'un hézâréh (une chiliarchie) et le droit d'avoir des timbales et un drapeau. L'émir Moubâriz-u ddin Mou hammed, à l'époque de l'afiaiblissement du pouvoir des Mong'ols, jeta les fondements d'un nouvel état; et, d'un jour à l'autre, son heureuse étoile s'éleva de plus en plus, jusqu'à ce qu'il vint à Tèbrîz pour en expulser Akhy-djoq (105), lieutenant-général de Djâny big-Kbàn,
^) Le Khoraçftn fat conquis par les années musnlmanes scms le règne da klia« life 'Otzmàn, vers Tannée 27 de l'hégire oa 647 de Père chrétienne. VHiai. universelle, T. XV, p. 409—410. •
le battit à Ouermroûd (R Guerméhroûd ùjj a^), et s'en retourna dans le Farse. Il soumit également le Kermân, qu'il annexa à la province CfL^ d'Iezd et de Tlrâq'. Il fit réciter la hhouthbeh en son nom dans rAdzèrbâIdjân. C'était un homme sévère et
despotique jLmj jlf», qui s'appliquait, de tout son pouvoir, à ordonner le bien et h prohiber tout ce qui était réprouvé par la loi divine ; si bien que les beaux-esprits de son temps lui donnèrent le surnom de Mouhtécib (prévôt de police). Le khau^ja 'Hàfizy fait allusion dans cet hémistiche (106):
«Ne bois point de vie, au son de la guitare viL», car le prévôt de police est sévère.»
Cette dynastie reçut des chroniqueurs le nom de suUhans de la dynastie de Moumffir (Mouzafii rides) (107). Sept princes de cette lignée ont exercé l'autorité souveraine, comme ou le verra dans le cours du récit des événements qui vont suivre.
ïwwi. Année 701 (1301-2) de J. O.
Cette année 6'azftn Khân.fit déployer, pour la seconde fois, les drapeaux de son armée victorieuse, et marcha sur la Syrie dans l'intention de s'en rendre maître. Lorsqu'il fut arrivé sous les murs de la ville de 'Haleb, il apprit que le sulthan d'Egypte ne quitterait pas, cette année-là, sa résidence royale: le sulthan (C'a- ^ftn) s'en retourna, en conséquence, dans ses états du commun aveu de tous ses émirs (108).
Année 702 (1302-3) de J. O.
Au printemps de la dite année, G'azân Khân envoya, en qualité d'ambassadeur à la cour de Mélik Nàszir, souverain d'Egypte, le Q'âzy Naszir-uddin Tébrîzy et le grand juge Qouthb-uddin de Mauszfll (?) (109). Leur message portait, en substance, ce qui suit: »Si Von fait réciter en Egypte la khouthbèh et battre monnaie en notre nom; si l'on se charge d'y payer un tribut
J> (impôt foncier) annuel, ce pays sera à l'abri de tonte hostilité de la part de nos troupes formidables. Si non, il arrivera aux Egyptiens ce qui est advenu aux habitants des états des Khaurizmchâhs de la part des armées des Djinguizides.« Après l'arrivée de ces ambassadeurs en Egypte, Melik Nâszir répliqua: »Des hommes investis de notre confiance iront porter à G'azàn-khân notre réponse à ces propositions. « Il combla les q'âzis de présents, et leur donna leur audience de congé. Arrivés à la cour de GTazàn khàn, ils lui rapportèrent ce qu'ils avaient vu et entendu.
Année 703 (1303-4) de J. O.
Le dimanche, onze du mois de chèwàl de la dite année (17 mai 1 304), G^azân-kh^n transporta dans le monde du néant le * bagage de l'existence dans la vallée dite Fichekil-dèrèh (peutêtre Fichekilek dèrèh) lez-Q'azwîn (110).
(Vers.) Dans le courant de l'année 703 de l'hégire, et dans l'après midi du dimanche, onze du mois de chèwàl (le 17 mai 1304), G'azâii,le souverain maître du monde, quitta les environs de Q'azwin pour se rendre au paradis. Puisse l'autre monde être pour lui préférable à celui-ci ! (111).
Il avait régné neuf ans et sept mois (112) et vécu trentetrois ans. On transporta son corps à Tébrtz, et on l'inhuma dans le mausolée (la coupole) qu'il avait fait bâtir pour y être enterré.
Le sulthan Mou hammed Khèrbèndeh (le muletier), dont le nom Timê u, fut changé plus tard en Khoudahèndeh (serviteur de Dieu) remplaça son frère sur le trône de l'Iran, à l'âge de vingt-trois ans. Il confia, comme l'avait fait son frère, la dignité ^e vézir au khaudjah Rèchîd et au khaudjah Sa'd-u ddin. Il avait été nommé Khèrbèndeh (ânier ou muletier), parce qu'après le décès de son père (Arg'oûn), la peur que lui inspirait son frère aîné G'azân- Khân (?), le décida à se réfugier aux environs de Chirâz et dans
le Kermân, où i) passa quelque temps, à Hormuz et dans ces pa* rages, avec des âniers (ou muletiers) et des chameliers : c'est ce qui lui valut le surnom de Khèrbèndèh (113).
Année 704. (1304-5 de J. O.)
Cette année-là le Très-Haut gratifia, à PcUdechte (le pied ou la lisière de la stépe) lez-Thârèm (1 14), le sulthan Mou'hammed Khoudabèndèh d'un fils, qu'il nomma Soulth&n Abou-S^aid {Il 5).
Année 705. (1305-6 de J. O.)
Au commencement de cette année (le 24 juillet 1305), le sulthan Mou'hammed Khoudabèndèh jeta, à Olank-i Qonqoûr (Pâturage du cheval fauve) (116), les fondements d'une ville et d'une citadelle jU», auxquelles il donna le nom de SouUhàmé. Il s'appliqua à consolider la place ainsi que le château fort âJii et à orner et embellir la nouvelle ville; dont il fit sa capitale, dès qu'elle fut achevée.
Année 706. (1306-7 de J. O.)
Cette année le sulthan Mou hammed Khoudabèndèh entra en campagne pour faire la conquête duGuilan. L'émir Q'otlog'châh, qui: était son généralissime, fut tué dans cette campagne, et l'émir Tchobân acquit après lui, une autorité absolue dans l'administration des affaires de l'empire (117).
Année 707. (A. D. 1307-8.)
Au commencement de cette année, le sulthan '0\xmkà-gûzy (le vaillant champion de l'islamisme) fit la conquête du canton de Marmara, du château fort de Kastel^ de celui de Eètëh {KatoUcda de Pachymeres), de Le/%6A(Leukai), d'Aq'tchah'hiszâr (Fort Blanchâtre), de Q'otch-'hiszâr et du pays environnant (118). Le prince
Jl» de Nîcée (Iznèq) expédia à celui de Gonstantineple un courrier ^g/'*
chargé de lui porter plainte contre le sulthan 'Otzmân, et implora les secours et l'assistance de ce monarque à l'effet de repousser l'agresseur. Ce prince envoya à celui de Nicée, comme troupes auxiliaires, un corps d'armée considérable.
Pendant que les troupes effectuaient, sur des barques, le passage du lac connu sous le nom de Z>t2 J^ (119), qui peut avoir approximativement quatre mille coudées légales d'étendue, le sulthan 'Otzm&n en reçut avis, et donna aussitôt à un corps de braves guerriers musulmans l'ordre de les repousser. La plupart des infidèles devinrent la proie du cimeterre de ces héros mahométans, tandis qu'ils traversaient le lac en bateaux.
Dans la même année le sulthan Mou hammed Khouda-bèndèh partit pour Bag'dâd (la demeure du salut) dans l'intention d'y prendre ses quartiers d'hiver. Il s'y engagea entre .... Szadri-djéhân de Boukhara (Boukhâry), qui était 'Hanéfite et qui allait faire le pèlerinage sacré, et le khaudjah Châfi'ite 'Abdulmélik (de Mérag'ah), grand juge dUJi ^li de l'empirç du sulthan, une controverse sur un point de doctrine ^j^ Ai»L» dans laquelle ils en vinrent à s'invectiver grossièrement l'un l'au- tre. Le sulthan Oeuldjaïtou adopta le rit (la doctrine) de l'imâm Châfiy (que Dieu lui soit propice !): il embrassa enfin la doctrine des sectateurs des douze imàms dite Imâmyieh (Bar. C. d'Ohsson, Hist. des Mongols, T. III, pag. 148), grâce au zèle du cheïkh Djèmâl-uddîn 'Haçane, fils de Sédid-uddîn louçouf le Purifié (l'Dluminé) de'Hilla ^ (120). Il adressa, en conséquence, à toutes les provincies de son empire des décrets et des firmans, par lesquels il leur ordonnait d'insérer les noms vénérés des douze imams dans la formule de la khouthbèh et de les faire graver sur le poinçon de la monnaie. Le cheikh Dje'mâl-u ddin dédia au sulthan son ouvrage intituté Â^f^l J^ Mindiâdj-ul-Kérâmèt (la voie de la sainteté) (121).^
Dans le courant de cette année, le château de Çfaràhcy (122), de ZrOîiôZoùrf;^ (ancienne Jfr//6M*;/ea) (123), i^ Kiwdh{\24,\ de Thara4ly{l2b\UnUcheh-cy{\2&)ei de Tékaûr-Unâry (puits de l'autocrate) (127) furent conquis par les amis de la dynastie du sulthan 'Otzmàn-g'âzy.
Dans la même année, Salâr^ lieutenant-général du royaume
ÂJLiJLJi i^U des sulthans d'Egypte, s'étant ligué avec plusieurs autres conjurés, conspira contre Nâszir, fils de Mélik Manszoûr. Mélik Nâszir ayant eu connaissance de leur trame perfide, se retira dans le château fort de Karak (Rrak), et Salâr conféra l'autorité souveraine à l'intendant de la table du sulthan lou tchackeneguîr) ^), qui reçut le titre de M élik-Mouz affèr (128).
Année 709. (A. D. 1309-10.)
Cette année-là les émirs se l'Egypte de révoltèrent contre
TbiiM II
p. 24. ' Mélik Mouzaffèr le tchachenéguîr (intendant de la table) , et le dépouillèrent de l'empire. Ils ramenèrent du château de Karak (Krak) Mélik Nâszir, qu'ils replacèrent sur le tr6ne du sulthanat (129).
La même année, le sulthan Mou hammed Khôudabèndèh confia le gouvernement de la province d'Abreq'ouh et la police des chemins publics du Khoraçân et du Loristân cumulativement avec le poste d'émir à Mouzaffir-uddîn Mon hammed, qui, dan? la campagne du Guilân, avait donné des preuves de sa valeur et de sa bravoure.
i)"Le Uhcuihenê guW'hàchy ou intendant de la taUe des snlthans othomans a sous ses ordres 60 tchcuihene guîrê on écuyers tranchants chargés de -servir, dans les jours du divan, le diner du grand-vézir et des autres ministres d'état (Bar. G. d'Ohson, continuation du TM. génér. de Vemp, Othoman, Tome VU, p. 22.
Année 710. (A. d! 131Q-11.)
Dans le courant de cette année, le snlthan Abou-Sa'ïd fut atteint de diverses maladies, entre autres de la variole. Son père et les grands dignitaires de Tempire désespéraient de le sauver, lorsqu^enfin le Très-Haut (qu'il soit loué et exalté!) lui rendit prompten^ent la santé. On distribua par reconnaissance, de nombreuses aumônes, et Ton fit beaucoup de bien (aux pauvres- et aux nécessiteux).
Le dix-sept du mois de ramazân de la même année (8 février 1311) le maulla Q'outhb-u'ddin Mahmoud, fils du mauUa Mas'oûd, fils du maulla Mouszlf b-u ddîn, qui était le modèle des docteurs et la crème des savants du temps du sulthan Mou bammed, passa dans la vie future dans la résidence royale de l'èbriz. On compte au nombre de ses productions le commentaire des Ouszùul (principes fondamentaux du droit), d^Ibn 'Hâdjïbj celui du traité de médecine (?) il.tC (ou de physique) intitulé jLfil Icherâq (Irradiation) et célni du Alu Mftdh (la Clef) (130).
Année 711. (A. D. 131M2.)
Cette année-là le sulthan Mouhammed Ehoudabèndèh fit exécuter le khaudjah Szadr-uddîn Mouhammed Sâwehdjy (de Sâweh), qui était son vézîr. 'Hamd allah Moustaiify (le contre-
leur général des finances) de Q'azwin a composé, à cette occasion, le chronogramme suivant (131):
(Vers) Il s'était écoulé, depuis l'émigration du Prophète, le nombre d'années désigné par les lettres i, ,^ et I (c'est à-dire sept cent onze ans), et la première décade ^j^ du mois de chèwâl était expirée, lorsque, par l'ordre du souverain maître du monde, la pleine lune de l'existence du khaudjah Sa'd-u ddin Mou- 'hammed s'éclipsa, un samedi, k Mouhaunvd (IS2).
Le poste de vézîr fut confié au khaudjah 'Â]y Chah du Khot-
lân, afin qu'il s'ocenpât, de concert avec le khaudjah (1 33) Rèchid'U ddln, de l'administration des affaires du vézlrat. Le sni-
than partit pour Bag'dâd vers la fin de la même année (134).
Année 712. (A. D. 1312-13.)
Cette année-là, Q'ara Sonq'or, gonvernenr de Damas, et ca-
•»-*"• lui de 'Haleb nommé Dje'mâl u ddîn (^5Vo««*«) Efrèm(135),qai étaient du nombre des plus illustres émirs de TEgypte et de la Syrie, redoutant le châtiment de Mélik Nâszir, s'enfuirent, à la tète de cinq cents formidables cavaliers, et entrèrent au service du sulthan Mou hammed Khoudabèndèh« Ils eurent l'honneur de baiser le glorieux tapis du sulthan dans les parages de Soulthânieh , et furent comblés par ce monarque de toutes sortes de faveurs et de caresses. Incité et encouragé par ces transfuges, le sulthan Mou hammed conçut de nouveau le projet de soumettre la Syrie qui le préoccupait déjà depuis quelque temps. H fit en conséquence, lever l'étendard du départ, et revint , sans coup férir ( «U^ en
paix), le 24 du mois de ramazân de la dite année (24 janvier 1313) (136).
Année 713. (A. D. 1313-14.)
Au commencement de cette année, le belliqueux et zélé sulthan 'Otzm&n conquit le fort c{'OinâcA6'J9i9j?4ry(137), le château d^AbsjsùuUf «J^f (138) {Alpsoûfy)^ celui d^AîneJhgœuly, ceux €rAtJirano8{138 9)et de Qarakos (ou tfaratékine ou Çjaradéhine ^^o»(139). • . .
Dans la même année, le sulthan Mou hammed Khoudabèndèh donna la province de Khoraçân en apanage à son illustre fils. Abou-Sa'ld Khân, qu'il envoya dans ces parages en lui assignant pour atabeg (régent) l'émir Simndje (140). Une multitude d'illustres fils d'émîrs, du même âge que le jeune prince royal {châh'Zâdeh) furent attachés à sa personne.
Le trois du mois de dzy-q'adeh de la dite année (20 février
1314), remlr Mouzaffir-uddîn Moahammed mourut, et fat inhumé dans une medrècéh quMI avait fondée dans la contrée de .^.^ M(îboud (Mibed?) dans le Farse (141).
Année 714. (A. D. 1314-15.)
Dans le courant de cette année, la poussière de la mésintelligence s'éleva entre Kibak (ou Kébouk?) Khan et le chahzâdeh leîçour ou Idçaour^ qui étaient des enfitnts et des descen* dants de Djag'ataî-khân, et qui étaient investis de la souveraineté (du sulthanat) du Ma-wèrd nnàhr (de la Transoxane) (1 42). lelçoûr ou leî-Saour pensa que le parti le plus sage à prendre serait de passer rAmomeh (Oxus) et de s'établir dans les riants parages vLU^JU du pays de Kboraçân. Il envoya, en conséquence, un de ses affidés, avec de nombreux présents et des raretés, à la cour du sulthan Mou hammèd Khoudabèndèh, et lui soumit le projet qu'il avait conçu. Le sulthan combla son ambassadeur 7^»^^^ de faveurs sans bornes et envoya à lelçaour des cadeaux dignes de lui être offerts. Il lui donna le choix et le laissa maître de se fixer dans ces contrées, partout où bon lui semblerait. lelçoûr se rendit à Bâdgîs-lejs-Hèrût (143), et arbora le drapeau du séjour dans la stèpe (Sedhra) de Codés.
Année 715. (A. D. 1315-16.)
Cette année-là Thog'aï-Timoûr, fils de Soury (ou Sîvry?)^ fils de Baba-Bahadour, fils d^Abouboka l^^f, fils d'Âmagân (J^\ (probablement ^^\ Ahahàn\ fils de Qoury ^jyi {Toury y^f)- .Bahadour, fils de Djoudjy Fechâr JjJ^ (lisez, jL*» Q'açâr), frère de Tchinguiz>Khân, se révolta à Asterabâd. Fechâr (lisez Q'açâr) était venu dans Tlrân sous le règne du sulthan Mou hammed le Khaurizme-châh, avec environ dix mille familles, qui faisaient partie des ouloûs et des tribus nomades oLLL») (mong'oles). Le sulthan Mou'hammed l'ayant fait mourir, ses enfants et ses
descendants, avec ses grandes et ses petites tribns, vivaient (passaient leur temps) dans les parages de Djordjftn (144).
Année 716. (A. D. 1316-17.)
Dans la nuit de la fête da Fithr (de la fin du grand jeûne), c'est-à-dire du trente du mois de ramaz&n de cette année, (ou 6 décembre 1316) le sulthan Mouhammed Khoudabèndèh passa de ce monde éphémère dans celui de l'éternité (145). 'Hamdallah leMoustaûfy de Q*azwîn a composé, à ce sujet, le chronogramme suivant:
(Vers.) Lorsque neuf mois de Tannée sept cent seize furent expirés le chah renonça au trône el^, à la couronne o^ (à la tiare) et (145 a) àTautorité suprême. Il trépassa et abandonna ce monde inconstant. H décéda subitement, ayant pleine connaissance de ses actions. Il avait régné douze ans et neuf mois, et en avait vécu trente-trois. Il fut inhumé dans un mausolée (sous une coupole J^ goumb€dz\ qu'il avait lui-même fait construire à Soulthànïeh.
On compte au nombre des monuments de ce souverain aussi puissant que Djèmchtd la fondation de la ville et du château de Soulthànïeh. Il donna à cette capitale la forme d'un quadrilatère. Chacun de ses gros murs ou murs capitaux (JiJ 'j\j\y^^j^ avait cinq cents coudées de longueur. Elle a une porte et seize tours («.^, en allemand fur^); mais elle est aujourd'hui tombée en ruines, et il n'en reste plus d'autres vestiges que les débris de son mur d'enceinte (146).
"^^^^ Année 717. (A. D. 1317-18.)
Au commencement du mois de szafèr de la dite année (147), c'est-à-dire le 13 avril 1317, le sulthan Abou-Sa'ïd-Khàn, fils du sulthan Mouhammed Khoudabèndèh, monta, avec l'assentiment général, sur le trône impérial de l'Iran, à l'âge de douze
ans, à Quirqi'Soulthameh (?). Il remit les rênes de Tadministration de Tempire aux mains, capables de Témir Tchobân le Suldoûz, et conféra le poste de vézir au khaudjah Bèchid et au khaudjah 'Aly-châh, qui l'avaient occupé sous le règne de son père.
Année 718. (A. D. 1318-19.)
Le dix-sept du premier mois de djoumâda de cette année (le 18 juillet 13J9) Abou-Sa'ïd-Khân fit mettre à mort, aux environs d'Abhèr, dans l'Iraq* persique, le vézîr Rèchîd u ddîn Mou hammed. Le mauUa Dje'mâl-u ddin 'Atîqy (?) a composé le chropogramme suivant sur l'époque de sa mort (148).
(Vers.) Lorsque le Bèchîd (le juste) de l'empire et de la religion partit pour la vie future, le secrétaire de la divine Providence traça (sur sa tombe) les mots oLh v'^ Q^^ ^^ ^^'*^^ ^^^ soit légère! (149.)
Dans la même année, Pémlr Moubâriz-u ddtn Mou hammed, fils de l'émtr Môuzafifer, grâce à la protection dont l'honorait le soulthan Abou-Sald, obtint de ce monarque le gouvernement de la ville de lezd, la maison d'adoratioi\ (150).
Année 719. (A. D. 1319-20.)
Cette année, quelques émirs du sulthân Abou-Sa'^ïd se liguèrent avec Q'ourmichy contre l'émîr Tchobân, à Cause de sa nomination au grade d^émir-ul-oumèra (général en chef). Leur inimitié et leur rivalité furent portée à un tel point qu'elles les poussèrent à lui faire la guerre et à lui livrer bataille. Le sulthân Abou-Sa'ld, malgré son bas âge, se signala dans ce combat par sa bravoure et sa valeur. Il engagea le combat, et fut le premier des monarques mong ois qui reçut le titre de Bàhadour (preux) (151)..
Année 720. (A. D. 1320-L)
Cette année le cMh-eâdeh (prince dn sang) lélçour (on lelçaour), qni avait, avec ses troupes, fait beaucoup de mal et exercé des ravages incalculables dans le Ehoraçàn , fut tué par les soldats de Keubek (Kibak) Ehàn. Les princes du sang Djougny (Djoky) et G'azân, ainsi que les épouses (khatounes) du chahzàdeh lelçour (ou leïçaour), furent faits prisonniers, et Keubek p. ^a' (Kibak) Khân (152) s'en retourna sain et sauf et chargé de butin dans la Transoxane (153).
Année 721. (A. D. 1321.)
Dans le courant de cette année, Doulèndy {DoundàS) (154), fille du sulthauMouhammedKhoudabèndèh, qui avait été donnée en mariage à l'émir Tchobân, vint à mourir, et le sulthan Abou- Sa ïd, voulant récompenser ses bons services et son dévouement, lui accorda son autre sœur Sâty-big (155). La même année, Keubek (Kibak) Khân, souverain du Ma-ivèra- nnahr ^ succomba à une maladie naturelle ^y^. Le tombeau de ce monarque se trouve dans la ville de Qarchy ^jij à proximité de la mosquée cathédrale.
Année 722. (A. .D. 1322.)
Cette année, le belliqueux sulthan'Otzmân fit la conquête dn château de Brouça L^y (ancienne Pmsa) (156), qui fait partie du grand continent J^l ^l^de Boûfn{de l'ancien empire romain d'Orient)^). C'est une place extrêmement forte et solide, dont le sulthan 'Otzmân entreprit la conquête en personne. H fit construire, de trois côtés, des batteries qui dominaient la place 1^1^. Lorsque le siège se fut prolongé pendant quelque temps^
^) Oa du wiate terrUoire de Vancien empire romam d^Orieni,
et que les assiégés forent réduits à la détresse; le prince Âurkhân livra un assaat à la forteresse du côté de QwpUmdjèh^ dont le nom signifie un établissement d'eaux thermales, et dont les voyageurs, sur terre et sur mer, n'ont effectivement jamais vu le pareil sous le rapport de la pureté de ses eaux chaudes et limpides et des édifices somptueux que l'on y a construits. La forteresse se rendit à Aur-kbàn, et cette ville semblable au paradis fait actuellement partie des provinces bien gardées qui appartiennent aux généreux sulthans de la dynastie othomane. Dans la même année décéda le cheikh Dédeh-bâly {Edék-bâly^ Cosm.) du .Q'aramftn , qui était le doyen (cheïkh) des contemplatifs, ^jUl (157). Cette année fut également celle de la mort de l'émîr Houçein Tllkhânide, dont le père avait été émtr-ul*oumèra (général en chef) du temps de Tchinguiz-khàn (?), qui l'avait été lui-même sous le règne du sulthân Abou-Sa'ïd, et qui avait épousé la fille d'Ar goun-khân (158).
Année 723. (A. D. 1323.)
Au commencement de cette année Q onor-àlp ^\ jf^^ un des preux du sulthan 'Otzm&n, fit, dans la province cJij de Rou- ^^^//' mille, la conquête d'une place forte, qui prit son nom et qui est aujourd'hui généralement connue àous celui de Château de Qofwr-oip (159).
Année 724. (A. D. 1324.)
Cette année le khaudjah 'Aly-châh, vézir du sulthan Abou - Sa'ïdkhân, fut atteint d'une maladie accidentelle ^^ a^ô^U. L'amitié que lui avait vouée le sulthan, porta ce souverain à lui faire une visite et à confier son traitement à d'habiles médecins, auxquels il recommanda de le soigner et de le traiter avec un zèle infatigable. La maladie ayant pris de l'intensité et faibli cousidérableknent le vézir, il finit par être rappelé dan-^- ^ in de la
miséricorde divine. Ce décèa^eut lieu à la résidence d^été d^Afldjàn. Son corps fat transféré à Tèbriz, où il fut inhumé dans le voisinage et au midi de la mosquée cathédrale qu'il y avait fait construire. Le khaudjah 'Aly-chàh est le seul des (quatorze) vézîrs de la dynastie mong^ole de Tlràn qui soit mort de sa mort naturelle. Après son décès, le poste de vézir fut confié à Roknu ddin Szaïn, qui, dans le principe, avait été le lieutenant de l'émîr Tchobân. Il était originaire de Chirâz; mais il avait été élevé à Nâkhidje'w&n. Son aïeul, Témîr Zla ul moulk, qui avait été inspecteur des revues J^j^ de Tarmée du sulthan Mou'hammed le Khaurizm-châh, est inhumé à Nakhidjéwftn, où Ton a construit sur sa tombe un collège, une mosquée cathédrale et une coupole
Année 725. (A. D 1325.)
Il naquit, cette année, à Témir Moubâriz-u ddîn Mouhammed un fils nommé Chah Chèref-u ddin Mouzafifer. Il livra, dana l'espace de quatre ans, vingt et une batailles aux Nikoudariens qu'il extermina, et devint un des princes les plus illustres et les plus puissants (161).
Année 726. /A. D. 1325-26.)
Dans le courant de cette année, le belliqueux sulthan 'Otzmân prit congé de ce monde éphémère et passa da^s celui de ^'^^' l'éternité. Ce sulthan avait vécu soixante-neuf ans, et régné pendant trewte-six années (?). Il mourut au lien nommé SœugtUdjuk (162), et son corps vénéré fat transféré à Brouça, où il fut inhumé. C'était un monarque aussi généreux que prévoyant. On faisait cuire (préparait), tous les trois jours, dans sa cuisine, une grande quantité de mets ; et il admettait le public à sa table (il donnait audience au public). Il distribuait, chaque année, aux {.auvres et aux infirmes de quoi subvenir à leurs dépenses, ainsi que des habits et des vêtements (163). Au moment de sa moit.
il ne laissa, en fait de richesses mondaines, que son cimeterre, sa cotte de mailles, quelques ehevaux.et deux troupeaux de moutons. Les troupeaux impériaux qui se trouvent encore actuellement aux environs deBrouça, proviennent tous de la race de ces moutons. Il avait fait construire, et il acheva une mosquée cathédrale à Qara-hiszâr-irSzdMby.
Les savants foule' ma) et les cheïkhs de son temps furent le cheïkh Szadr-uddîn de Q'onteh (Icouium), le mauUa Djél&l-ud- • dîn Roûmy, soulthân Wèled, fils du seïd Bourhân-uddî^Tèbrîzy(?) (164), Chèras-ul-'haqq Tèbrîzy, Bèha u ddîn Wèled , (fils?), le cheïkh Moukhlisz-pacha et 'Aachiq'-pacha (165).
Après la mort du sulthan 'Otzman, son fils légitime Aurkhân s'assit sur le trône du sulthanat. Ce fut lui qui inventa la mode des bonnets 0^)1^ (koulâh) de feutre blanc et celle du Js^:^
(destâr ou turban) roulé élégamment (avec soin ciKij) autour de la tête (en forme de bourrelet de mousseline) (166), qu'il introduisit dans l'armée othomaue. Ce fut encore lui qui créa un vézir pour l'administration des affaires de l'empire, et qui promut à cette éminente dignité Eheïr-uddin-pacha, ainsi que le maulla Djèl&l u ddîn (?) Kourdy (167). Un de ses émirs (ou généraux) nommé Aqtcheh'Qodjah (le vieillard blanchâtre ou grisonnant) (168) fit la conquête d'un canton <u»L de la province d'Anatolie, et cette contrée est aujourd'hui connue sous le nom de Çodjah- Uy (ou pays du Q'odjah) (168).
Çf aràh-Mourçal se rendit également maître d'un des châteaux forts de ces parages, qui devint célèbre sous son nom (169).
Ce fut dans la même aimée que le château fort de Szamàn- (îèreA^ (Sémèndra ou Sèmèndria) fut conquis (170). Pendant le siège du château d'Jïrfos, qui eut lieu à la même époque (171), ^J^* la fille du prince (ou du gouverneur) de cette place forte rêva qu'elle était tombée sur un tas d'immondices, d'où elle avait été retirée par un musulman, qui l'avait vêtue proprement. Elle aperçut, le lendemain matin, dans le nombre des musulmans un gnerrier nommé 'Abd-ur-Rdhmân Bahadour, dont la physiono-
mie était précisément celle du personnage (172) qu'elle avait vu en songe. Elle adressa à '.Abd-u r Rahm&n une missive, où elle lui fit connaître ses sentiments. Lorsque la nuit fut venue, ^Âbdu r Rahmân pénétra dans la forteresse, qui lui fut livrée par la jeune fille. Celle-ci fit^ en même temps, la profession de foi mabométane, et 'Abd-u r Rahmân s'unit à elle par les liens du mariage. Vers la fin de la même année, l'épouse vénérée du sulthân Âur-khàn, fit construire un pont sur la rivière qui passe à Brouça, et qui devint célèbre sons le nom de Niloufèr-saouyi (eau de Ni- . loufèr ou du Nénufar) (173).
Année 727. (A. D. 1326-27.)
Cette année le sulthan Abou-Sa'ïd conçut la passion la plus violente pour Bag'dâd Khatoune (174), fille de Témir Tchobân, qui était douée d'une rare beauté. Cette inclination en vint an point de lui ravir tout repos pendant le jour et la nuit. Le vers suivant, qui fait partie de la finale 4jU d'un gazd (ou d'une ode erotique) fut composé à cette époque (174 a).
(Vers.) Viens dans VÈgypte (ou dans la cité) de mon cùeur, afin de contempler le damas (dimech'q) de mon âme, car mon cœur est épris d'amour pour Bagdad (175).
L'émir Tchobân avait accordé, deux années auparavant, sa fille en mariage à l'émir 'Haçane, fils de l'émir 'Houceïn, fils d'Aq'boug'a. Comme le statut ou qanoûn organique de l'empire de Tchin-guiz Khân et la coutume des Hongrois exigeaient que, du moment où leur monarque s'éprendrait d'une femme de quelque classe qu'elle fût, gui lui donnerait dans VoeU^ son mari fût tenu de la répudier de plein gré et de l'envoyer au 'harèm de l'empereur, le sulthan avait chargé un dé ses confidents d'aller ^w^' trouver l'émir Tchobân et de lui dépeindre son ardent amour et sa passion pour sa fille. En apprenant cette nouvelle, Djobân en fut consterné, et fit une réponse inconvenante, qui inspira au sulthan de l'animadversion pour cet émir. Malgré la grandeur et
la puissance dont il jouissait ainsi que ses enflants, puisquHl était , depuis douze ans , le généralissime {éfntr-ul oumèra) et le pivot de l'empire de la dynastie régnante, Abou-Sald le disgracia (renversa «J^l j^lyf) et fit exécuter à Soidthânleh ses deux fils, l'émir Dimechq Ehàudjah et l'émir Mahmoud (176).
Année 728. (A. D. 1327-28.)
Au commencement de cette année, l'émir Djobàn, ayant appris l'exécution de ses fils, rassembla sous ses drapeaux près de 80,000 cavaliers duEhoraçftn, et marcha sur l'Iraq". Le sulthan Abou-Saiïd leva, de son côté, une nombreuse armée, et alla à Ba rencontre jusqu'à Q^azwin. Les émirs et les officiers supérieurs firent défection à l'émîr Djobàn àReï, et se joignirent au cortège i^y du sulthan. L'émir retourna , en conséquence, sans coup férir, dans le Ehoraçàn, et demanda un asyle à Mélik 6'alàtzu'ddin le Eourte (ou Eerte?), prince de Héràt, qui se conforma aux ordres du sulthan, et le 'mit à mort avec son fils Djellàd (?) Ehàn (177), dont la mère était la sœur du sulthan. Dès que l'émîr Timoûr-tàche, qui était un autre fils de l'émir Tchobàn, et qui gouvernait le pays de Boûm (l'Asie Mineure) fut instruit du malheur arrivé à son père, il craignit de se voir écrasé par la formidable armée du sulthan, prit la fuite et se réfugia à la cour de Mélik Nàszir, prince d'Egypte. Celui-ci, voulant complaire au sulthan, fit mourir Timoûr-tàche et envoya sa tète à la cour d'Abou Saïd (178).
Ce sulthan résolut, dans la même année, de nommer un vézîr investi de ses pleins pouvoirs et un conseiller vraiment digne de ce titre, qui fût capable d'occuper la place de président du conseil et en état de trancher les questions ardues du vézirat, un homme qui pût administrer les affaires du divan et donner l'im- ^^J^ pulsion à celles de l'empire. Après qu'il y eut mûrement réfléchi, son choix s'arrêta sur le Ehaudjah G'àlàtz-u'ddin Mou'hammed, fils du Ehaudjah Réchid. Le sulthan consulta, à ce sujet,
les émirs et les grands de l'empire qui , tous d'un commun accord, déclarèrent à l'unanimité, que le susnommé était le seul personnage qui, grâce à sa ferme résolution et aux faveurs de la fortune qui lui souriait» fût capable de donner ses soins à la solution des affaires de la haute et de la basse classe, et dont la brillante capacité, secondée par son zèle infatigable, fût en état de diriger les affaires de l'état avec poids et mesure, d'une manière parfaite et convenable, attendu qu'il l'emportait sur tous ses concurrents, %ous te rapport de l'origine et de la naissance, et qu'il était supérieur à tous ses contemporains dans les sciences rationnelles et traditionnelles, qu'il était en outre versé dans les us et coutumes du vézirat et connaissait à fond les règles de la comptabilité iI^L». Le sulthan lui conféra, en conséquence, le poste de vézir, et lui adjoignit le Khaucyah 'Àla-u'ddin Mou- 'hammed, qui était un des personnages les plus marquants du Ehoraçân. U leur recommanda de déployer toute la capacité et la probité possibles dans l'apurement des comptes et le contr61e des opérations financières O^Im, afin que l'esprit élevé du monarque fût à inéme de juger, d'une manière claire et précise, du véritable état des choses.
Au bout de huit mois, le Khaudjah 'Âla-u ddîn Mou hammed fut chargé des fonctions de contrôleur général LJL.) J^i, et fut exclusivement investi de cette dignité: les décrets furent honorés du monogramme (contre-seing) de Mou hammed BécUdy (fils /le BécMâ)j qui était lé plus droit {rechîd) des. enfants d'Adam. Ceux qui précédemment s'étaient permis de mauvais procédés 1#a^j ^ envers la famille de Réchid se méfièrent alors du Khaudjah G^alâtzu'ddîn Moù'hammed; mais ce généreux Khaudjah n'affronta qui que ce fût et combla tout le monde de faveurs et de bienfaits (179).
(Vers.) Qu'il soit mille fois béni, le vézir, qui, bien loin d'assouvir sa vengeance, ne cherche qu'à se concilier l'affection (générale).
Plusieurs hommes illustres de cette époque dédièrent leurs ouvrages à ce célèbre yézir; entre autres^le Q'àzy 'Abd-ur Ba'hmân Idjy (d'Idje) (180), qui fut le modèle des contemplatifs, le commentateur du MffMAhx&zhr (ou compendium) d'Ibn-ul- Hâdjib, et qui publia-, sous ses auspices, son traité intitulé FeMoêMr^i- GcRMmh. Le maulla Qouthb-u ddin Râzy (de Bel) lui fit également hommage de son commentaire des Méthâlt. Le cheikh Àw" ^i^^ ^hady dlszphahân (que Dieu lui fasse miséricorde!) composa en son honneur son Metmétoy (poème à double rime) intitulé Ujàmi'jQjèm (la coupe de Djèmchid) et le khaudjah Selmân Sâwèdjy (de Sàweh) a chanté ses louanges dans de brillantes qasgîdeh (odes héroïques) (181).
Année 729. (A. D. 1328-29.)
Au commencement de cette année, le Mélik G*alâtz-u ddin, fils de Mou hammed, fils d'Abou-bekr le Kerte (ou Kourte\ fondateur de la médréceh dite G^alâtmh sise à Herât, à la porte septentrionale de la mosquée cathédrale, vint à mourir, et son fils Mélik Ghèms-u ddîn(Ie soleil de la religion) lui succéda (182) conformément aux dernières volontés de son père.
Dans la même année, Moubâriz-uddîn Mou hammed ,. t^;^?^^ (prince souverain) d'Iezd et de Meïboud (ou Meïbed) s'unît, par les liens du mariage à Makhdoûm-Ghâh-Khatoune, fille de Djélâln ddin Suïourg'atmiche, fils du sulthan Q'outhb-u ddin Mou hammed, fils de l'émir 'Houçâm-u ddin 'Hamîd, souverain du Q'ara' Ehital. Ce mariage fut célébré à Kermàn d'après le rituel prescrit par la loi du Prophète et conformément aux canons (sacrés) de la religion de Momzthafa (l'élu de Dieu).
Année 780. (A. D. 1320-30.)
Cette année, Nâry ,^U {sk) Thog aï, qui, depuis longtemps, avait levé, dans le Ehoraçàn le drapeau de la rivalité «l^^io^ contre les souverains (méliks) kprtes (ou Kowrtes)^ et qui avait fait
beaucoup de mal aux ralas et aux habitants deHéràt, vint, malgré cela^ à la cour du sulthan Abou-Sa ïd, avec le dessein de perdre le vézir Khaudjah G'alàtz-u ddin. Il poussait rx)rgueil et la présomption au point d^aspirer au grade de généralissime (émirul'ùuméra) et au commandement en chef. Le sulthan Abou-Sa îd, ayant eu avis de ses rêves chimériques résolut de le faire arrêter. Il fut instruit, à son tour, des intentions du sulthan, et s'enfuit aux environs de Bel avec une suite peu nombreuse. Le sulthan envoya à sa poursuite le Khaudjah Loulou , qui le saisit dans les montagnes de Bel, et l'amena à la cour du monarque mongol, qui s'empressa de le faire supplicier (183).
Année 731. . (A. D. 1330-31.)
Dans le courant de cette année, le sulthan Aur-khàn, fils du
sulthan 'Otzmàn (le champion de l'islamisme), occupa ^yj k%ô
0(Aoûn 'UszâryiBapheum^ suivant Pachymeres), le château d'Jz-
nikmid (Nicomédie) et celui de Nicée (Imîq) (184).
^^85!' ^^^ ^^ même année, les habitants du ffoûr tuèrent à Hérât,
au passage (^ j^ ? ) du fort d'Ikhtiàr-u ddin, Mélik 'Hâfiz, fils de Mélik G'alàtz-uddin, qui était monté sur le trône après la mort de son frère Mélik Chèms-u ddin. Les grands et les chérifs, de concert avec ScUûr (le chef?), qui, à cette époque, jouissait d'un pouvoir dictatorial , placèrent alors sur le trône de la principauté, malgré son bas âge, Mélik MoutejS'Uddin^Houcdn^ fils de Mélik 6'alâtz-u ddtn (qui fut inauguré en 732). Le sulthan Abou-Sald lui fit expédier des lettres patentes de prince et un manteau d'honneur (185).
Année 732. (A. D. 1331-32.)
Cette année, le sulthan Aur-khân réunit à ses possessions le château de Tharaq-ly lénidjehcy et celui de Sj^yf Kdmik (ou Ooîntfc) (186). . .
Dans la même amiée, une maftittiâe de malveillants ayant teim des propos calomnieux sur le compte de Cheikh 'Haçane, âls de rémir Cheïkh 'Honcein, fils d'Aq bouq'a, rapportèrent au solthan Abou-Sa'ld, qu'il entretenait une correspondance secrète avec Bag'dâd Khatoùne, et qu'ils conspiraient contre lui. Le sulthan y ajouta foi et résolut de le &ire mettre à mort. Sa mère, qui était la tante d'Âbou-Sa'ld,- pria celui-ci d^épargner le sang de son fils (187), et sa demande fut agréée. Il fit grâce à Cheikh 'Haçane, et le relégua dans le château de GamâJch^ qui lui fut assigné pour sa demeure. Bag'dâd-Ehatoune perdit la faveur du sulthân, jusqu'à^ce-que Ton reconnut la fausseté de Taccusation, et constata les délations mensongères des calomniateurs. Le rang et le crédit de cette pirincesse en furent rehaussés, et elle exerça
dès lors Finfluence la plus absolue ij^j^^ J^^ (188).
Année 733. (A. D. 1332-33.)
Dans le courant de cette année, Abou-Sa'Id rendit sa faveur à rémir Cheikh 'Hàçane, qu'il avait relégué dans le château de Gamâkh, d'où il le fit sortir, * et le nomma gouverneur du Roûm (de l'Asie Mineure); il en conserva le gouvernement jusqu'à la mort du sulthan (189). Dans la même année naquit heureusement Chah Choudjét {190)y&h de l'émir Moubâriz^uddin Mou hammed.
Année 734. (A. D. 1333-34.)
Cette année, le sulthan Abou-Sa ïd accorda le gouvernement ^^* du'Farse à l'émîr Mouçâfir (Inâq). L'émîr Chah Mahmoud Indjou {191), qui avait été gouverneur (prince yTL) de ce pays
il^iij, grâce à la puissante priAedion ^ju^ de Vémîr Tchobân, et qui y possédait des richesses, des effets mobiliers et d'immenses domames, affectait maigre cela'xme extrême audace à la cour du sulthan. Il vit donc avec dépit le gouvernement du Farse passer en d'autres mains, et se ligua avec l'émîr Ma'hmoûd Icèn-qotlog
(Q'outtoug) (192), rémîr Soulthân-châh , fils de l'émîr Nîkroûz (193), rémîr Moa*hammed Big (194), l'émir Mou hammedPiHèn (195), et attenta, de concert avec eux, à la vie de Movçàfir. Celui-ci, ayant eu connaissance de leur trame perfide, se sauva dans Pint^rieur du palais impérial. Les conjurés s'avancèrent jusqu'à la porte du palais, et lancèrent quelques flèches contre la porte et les murs : ils poussèrent Taudace au point de demander qu'on leur livrât Mouçâfir. * Sur ces entrefaîtes, l'émîr Suïoûrg'ân O^jrr' (196) et Khaudjah Loulou accoururent avec une foule nombreuse ^U aJc, et le sulthan réclama leur assistance. Les conjurés se retirèrent; et le monarque, les ayant fait arrêter l'un après l'autre, donna Tordre de les mettre à mort. L'intercession du vézir Khaudjah 6'aïâtz-u ddîn Mou hammed leur sauva la vie, et ils furent incarcérés dans une des forteresses du pays (197).
Année 735. (A. D. 1334-35.)
C!ette année le sulthan Aur-khàn s'empara et prit possession des châteaux forts de Bâlykesryj du pays de Q^aracy^ du château de Bèrgâmay de ceux à!^ Aîdînedjiq d^Edrémîd (lisez ju^j^l an lieu de j^>jl»)), de IÇermasty et à'Otdoubûd (198).
Cette même année fut celle de la mort de Foutâd-khân, qui gouvernait Touloûs de Djag ataï et la Transoxane; (1 99) et l'empereur ffaisân {Ob^o^»^\ fils d'Tïfottr j^***tf ? monta sur le trône.
A la fin de cette même année, l'empereur Ouzbeg de la race de Touchy (Djoudjy) Khân (200) résolut de marcher de la stèpe des Khazars (201) sur l'Arrân et l'Adzèrbaïdjân. Le sulthan Abou-Saïd copsidérant (202) p. 87/ (Hémistiche) qu'il faut remédier au mal sans attendre qu'il arrive,
résolut, de son côté, avant même que l'ennemi n.'eût pris des forces et de la prépondérance, de faire des préparatifs de guerre et d'aviser aux moyens de le combattre. Il se dirigea, en conséquence, vers la province d' Arrân (ou Arrân) (203) avec ses émîrs
et ses troupes, et gagna ses <|uartiers d'hiver, avant que la saison en fftt venne^ (204).
Année 736. (A. D. 1336-36.)
Le sulthan Âbou-Sa'ïd ayant reçu la nouvelle de la marche de l'empereur (Padichàh) Onzb^, mena ses troupes sur les frontières de^ r Arràn et du Ghirwân, dans la saison des plus fortes chaleurs. Celles-ci corrompirent l'air et affaiblirent tellement les corps, qu'elles tes privèrent de l'existence (205). Au bout de quel* ques jours» le sulthan fut lui-même atteint d'une maladie accidentelle, et son heureux tempérament s'écarta entièrement de la voie de la santé. Quinze jours après, il la recouvra un peu, et alla au bain pour y satisfiedre un besoin indispensable (?) (206). Il eut une rechute, et quelques médecins présumèrent qu'il y avait eu intoxication par un poison quelconque. Le dimanche, 1 3 du dernier mois de rèbf de l'année susmentionnée {V décembre 1335) (207), il fiit, admis dans le sein de la miséricorde divine. Le khaudjàh Sehnân dit dans son élégie (208) :
(Vers.) Si la couronne verse des larmes; si le trône est consumé par la Couleur, qu'y-a-t-il d'extraordinaire ? Us déplorent la fin du règne du grand monarque Bou-Sdid (209).
Les émîrs et le grands dignitaires (les colonnes) de l'empire, ayant enseveli son corps et célébré ses funérailles, le transféré* rent à Soultbânieh, où ils l'inhumèrent à côté de la magnifique mosquée cathédrale que l'on avait désignée à cet effet (210).
Cojnme il n'avait point d'enfants mâles, Arpa-khàn, fils (21 1) de Souçah o^.^, fils de Singq'ân (ou Singgàn (jiiSl^). fils de Mélik Timoùr, fils d'Arriq-Bouga, fils de Touloul-khân (212), fils de Tchinguiz-khân, fut placé sur le trône du khànat, grâce au zèle ^juéu actif du vézir Ehaudjah G'alâtz-u ddtn Motf hammed. Mais, au bout de quatre mois, 'Aly Padichàhr, oncle maternel J U d" Abon-Sa Id, installa en qualité de sulthan, à Bag dàd, Mouça- ^;%f * Ehàn, fils de 'Aly, fils de Baldou-Khàn (213). Celui-ci s'insurgea
contre Arpa-Eh&n, et se ligna contre Ini avec les chefs (princes jjâL«») arabes etkourdes* Ils se rencontrèrent en nn lien nommé Tchag aton-lez Mèrâg a, et se livrèrent une grande bataille, le 17 du mois de ramazân de Tannée précitée (30 avril 1336) (214). Durant Taction, la plupart deS émirs et des officiers supérieurs ^Lc) firent volte face à Arpa-kb&n, et allèrent grossir les rangs de "la garde ^^ de Mouçà-khân. Par suite de cette défection de ses officiers généraux, Arpa-khàn ne put résister davantage, et prit la fiiite: le khau^jah 'Gaifttz-nddtn Mouhammed suivit son exemple. Mais celui-ci fut prin le premier aux Trois coupoles {8éh Oauwbèdan) lez-Mèrag'a, (215) et goûta le breuvage du martyre; le 21 du même mois (3 mai). Arpa-kbftn tomba ensuite entre les mains de l'ennemi, et suivit de près le vézîr à Âfld* jân, où il fut mis à mort le trois du mois de diewâl (le 1 5 mai) de la même année.
> Lorsque le bruit du triomphe de ' Aly-Padichàh , de Mouçakhàn et de la peuplade (du goum) Oulrate (Q'almacq') se fut répandu dans tout le pays, Témir 'Hàdjy Tchog'al se rendit du Diàrbekr dans le pays de Boùm, à la cour de l'émir Cheïkh 'Haçane, fils de l'émîr 'Houcein, fils d'Aq'bouq'a, qui était le fils de la tante du sulthan Abou-Sa'ld, et l'engagea à s'armer contre Mouça-khftn et *Aly-Padichàh. L'émir Cheïkh 'Haçane éleva âHr le trône Mouhammed-khân, fils i^Ioîd-qatlog (216), fils d'Dtimoûr, fils à'Inûdjy (?), fils de Houlagou-khân (217). Il résolut en lui-même la conquête de Tlrân^ et fit déployer le drapeau du départ pour se rendre dans l'Adzèrbal^ân. Mouça-khftn et ' Aly-Padich&h marchèrent à sa rencontre, et les deux armées avides de combats se rencontrèrent le 1 4 du mois de dzy Vhidjèk de l'année précitée (2 5 juillet 13 36) aux environs d'Alahthftq'. Aly-Padichfth eut recours à un stratagème, et envoya à l'émir Cheïkh- Haçane un courrier chargé du message suivant: «Nos deux souverains se disputent l'empire: qu'avons-nous »^A besoin, toi et moi, de prendre part avec eux à cette effusion de sang? Il me paraît plus sage que chacun de nous monte sur une
montagne avec les personnes de sa suite , qne nous les laissions aux prises l'un avec Pautre, et (Jue nous nous soumettions à ce^ lui des deux khâns qui remportera la victoire.»
L'émir Cheikh ^Haçane accepta cette proposition, et gravit une colline avec deux mille hommes habiles à rompre les rangs de rennemi. Le feu du comhat, attisé par le. vent des charges consécutives que renouvelaient les guerriers des deux partis, s'enflamma aussitôt, et Mou hàmmed Khftn tourna bride pour prendre la fuite. 'Aly-Padichâh, s'imaginanf déjà qu'il avait remporté une victoire complète, était descendu tranquillement et sans méfiance au bord de l'eau, et y renouvelait ses ablutions, lorsque l'émir Chetkh 'Haçane s'élança du haut de la colline à la tète de deux mille hommes maniant habilement le cimeterre et tailla en pièces le corps de'Aly-Padichàh à coups de glaive et de flèches. En apprenant cette nouvelle, Mouçârkbàn préféra la fuite à la résistance, et Mou hammed-khàn ayant tourné bride pour s'en retourner, vint rejoindre l'étnîr Cheïkh 'Haçane (218). Celui-ci, ayant donné ses soins à ^organisation des provinces <^L# k^^, s'unit par les liens du mariage à Dil-cJiâd'khûtoune^ épouse du sulthan Abou-Sà'ïd, en compensation de Bag'dàd-Ehatoune, que ce souverain l'avait contrainte de répudier (219).
Vers la fin de la même année, le sulthan Aurkh&n fît la conquête du château de Q'izU^eh (rougèatre) et de Thoamla dans le pays des Grecs mjj LU;X> (^û Roûm-ilie) (220).
Année 737. (A. B. 1336-87.)
Cette année fut celle du début et de l'apparition sur la scène politique de l'émir 'Ahd^r Itezzâq\ fils de FazUaUah de Pâchetînej chef de la dyûastie connue sous le nom de sùuUham Serbe-
dâriens àjjjj^j^ jt^%' (221), que l'on range au nombre de rois de diverses peuplades ciJ^ ÉyU (ou rois des satrapies), contemporains des Tchinguizides. Cet événement eut lieu à Sebzewâr dans le Ehoraçân (222). P&chetine est un village du canton
de Béhaq' dépendant de Sebzewàr. Le khaudijah Fazl-allah était le nwuhtéchim (223) de ce pays (royaume ou province vîLL). II ^^/'' avait cinq fils nommés: 1.° Emîn-uddin, 2.'' 'Abd-ur-Bezzâq (224), 3^ Wèdjth'Uddîn Madoûd, 4° Itfaszr'àllah et 5^ Chèmsùddîn. Emin-udâtn passait son temps au. service du sulthan Abou-Sald. Â cette époque 'kly-sourkh (le rouge) de Ehauf, à qui l'on avait donné le nom métonymique i^ à* Ahou-Mouslimej avait atteint le plus haut degré da perfection dans son art ^, comme lutteur et comme archer, et fréquentait la cour du sulthan Âbou-Sa*^Id. Il arriva un jour à ce monarque de laisser échapper ces paroles : «rAh ! plût à Dieu qu'û y eût dans notre empire ^ xj J^j^ (^^^^ notre juridiction) un homme capable de lutter et de tirer de l'arc en concurrence avec Abou-Mouslime!» Emîn-tfddin répliqua à l'Il-khân: «Votre serviteur a dansïe Khoraçân un frère nommé Abd-ur-Rezzàq, qui est en état de se mesurer avec Abou-Mouslime. Le sulthan fit partir sur le champ pour le Khoraçân un courrier chargé de lui amener 'Abdou r Rezzâq'; et ce courrier vint, au bout de quelques jours, le présenter au pied du trône impérial. Le sulthan lui ordonna de tirer de l'arc en concurrence avec Abou-Mouslime. Ils allèrent sur le terrain, et se mirent à lancer des flèches en présence du monarque. Comme la portée de celle que tira 'Abd-u r-Rezzâq' dépassait de dix pieds celle d' Abou-Mouslime, le sulthan donna à ses vézirs l'ordre de le charger de quelque mission, qui fut lucrative pour lui. Les fonctionnaires du divan lui confièrent la perception du produit des impôts et des fondations pieuses (Olf»^U au lieu de Olf»j JU) du Eermân, asyle de la sécurité
^L^l jb, qui se montait à cent vingt mille dinars kettpéguy (écus au lion en or) (225), à condition qu'il en prélèverait vingt mille pour son propre compte, et verserait les cent mille autres dans le trésor impérial. Après avoir perçu les sommes susmentionnées ^Abd-u r-Rezzàq' dépensa dans le Kermàn le principal et la somme accessoire (la commission) en s'y livrant à la boisson et
au libertinage. II partit alors poar Sebzewâr dans Pintention d'y vendre ses propriétés et son mobilier héréditaires afin d'en verser le prix de vente au trésor, en compensation du numéraire qu'il avait dépensé. U apprit en route ]a mort du sulthan Abou- Sa'ïd^et rassembla, à Sèbzewàr, sous ses ordres, une multitude de vauriens et de gens sans aveu. Il fit alors dresser un gibet ^/f' ^5jf^ à la porte de Sebzewâr, et dit à ces gens: «Que tous ceux d'entre vous qui voudront se liguer avec moi suspendent leur turban jU»^^, au lieu de leur tètç, à ce gibet afin de donner ^u monde entier et à ses habitants une preuve de leur attachement et de leur dévouement à ma personne !» U y eut, par un effet du hasard, sept mille hommes qui se déclarèrent, le même jour, en sa faveur, et on leur donna le surnom 4^ (sobriquet) de Serbedarân (tètes au gibet). Ils marchèrent, le même jour, contre le khaudjab ' Ala-u ddin Mou hammed, vézîr du Khoraçàn, qui résidait dans le bocage (j^ les prairies) de Damég'àu, et le mirent en faite. Le khaudjah s'enfuit du côté d'Asterabàd. Wèdjîhnddîn, frère de 'Abd-ur Rezzâq', l'atteignit au village de WàloMA (226), et le fit parvenir au rang des martyrs. A dater de ce jour, les Serbédârs firent les plus grands progrès (227).
Année 738 (A. D. 1337-38.)
Cette année le cheïkh 'Haçane, fils de Timour-t^he, fils de l'émir Tchobân, que l'on désigne sous le nom de GhéUch 'Haçane Koutchuk (le petit) proclama impératrice Sâty-big (228), fille du sulthan Mou'hammed Khoudabèndéh^ et fit insérer le nom de cette princesse sur la monnaie et dans la khouthbéh. U résolut de livrer bataille au cheïkh 'Haçane Buzurk (le grand). L'émir Cheikh ^Haçane, qui dans cet intervalle, était parti de Tèbriz pour Soûlthânieh, en reçut avis et marcha sur Q'azwin. Sàty-lng étCbeïkh- 'Haçane le petit (Minor) s'emparèrent de Soulthànïeh et de l'Adzèrbaldjàn, enlevèrent le drapeau du départ pour marcher sur la ville de Q'azwin. L'émîr Cheikh 'Haçane le grand {major) sortit,
de son côté, de cette ville; mais, avant qu'ils en vinssent aux mains, il fat conclu entre eux une espèce de traité de paix #Lo ^^. Sàty-big et Cheïkh 'Haçane le petit s'en retournèrent dans TArrân et l'Adzèrbaï^jâ^, et l'émir Cheïkh 'Haçane le grand se rendit à Soulthànïeh (229).
Année 739, (A. D. 1338-39.)
Cette année, le cheikh 'Haçane Koutdiyik (le petit) détrôna Sàty-big, et promut à l'empire Soulelmàn-khân, un des petits fils d'Yïche-moute, fils de Houlagou^khàn , à qui il fit épouser »~j/^.Sâty-big, bon gré malgré elle (230).
Année 740. (A. D. 1339-40.)
Au commencement de cette année, Djèh&n-Timoûr, fils d'Alafrèng, fils de Galkhatou-khàn, fut placé, à Bagdad, sur le trône de la souveraineté, gr&ce aux efforts du cheikh 'Haçane le grand {fiumrlC). Un mercredi du mois de dzy'fhid^jeh de Tannée susdite (juin 1340) il livra bataille aux environs du Tag'atou {^aq," atou) lez Mèrâg'a, à Soulelmàn-chàh et au cheikh 'Haçane Koutchuk, qui fcit battu (231). L'émir Cheikh 'Haçane (le petit) revint victorieux et triomphant à Tèbriz, et conféra la principauté (l'émirat) de l'Iraq* persique à l'émir Sulourq^ân, fils de Tchoubftn, conjointement avec son propre frère l'émîr Âcheref, fils de Timoûr-tâche. Il confia le gouvernement du Farse à son cousin (au fils de son oncle paternel) l'émîr Pîr-*HouceIn , fils de l'émîr Cheïkh Ma hmoûd, fils de l'émîr Tchoubân. Lorsque l'émîr 'Haçane le grand eut pris la fuite dans cette bataille, et fut revenu à Bag'dâd, il passa le trait de plume de la destitution sur le feuillet de l'avenir de Dje^hàn-timoûr, dont il reconnut l'incapacité. Le khaudjah Selmftn de Sâweh, qui, à cette époque était
attaché à la cour du cheikh ^Haçane le grand, composa une qasindeh (ode héroïque) pour le consoler (le justifier) de cette
défaite. Nous en citerons ici quelques vers (232):
(Vers.) 0 Chosroèsî Si ton armée protégée, par la Divinité a battu en retraite, il n'en est pas retombé un seul grain de poussière sur le pan du manteau de ta gloire. La raison (le jugement) sait fort bien que, dans le cours des révolutions du globe céleste, qui s'opèrent sans retour (233), les étoiles errantes (les planètes) n'acquièrent jamais de la fixité («1uU;l.I droiture). Ce qu'il y a de certain, c'est que, sur le tablier du royaume de» échecs, il n'y a pas une seule pièce qui l'emporte sur le roi en puissance et en majesté. îu auras vu, sans doute, que, du moment oii l'on avance la Tjour (le Roc) à côté du Roi malgré la nullité ^^ ^ d'un Pion peu ^dangereux et sans valeur, il est parfois à ptopos que pour son propre avantage, le Roi ne le frappe pas et s'écarte de son passage. Cette marche ne rehausse nullement le rang du Pion, et cette résolution ne fait rejaillir au* cun opprobre sur la dignité du Roi (234). L'heureuse influence de la fortune qui favorise le Roi finira toujours C^^j\ par anéan- ^J!' tir (extirper) le sabot du Coursier (cavalier) et la patte de l'éléphant (du Fou) (235).
Année 741. (A. D. 1340-4L)
Au commencement de cette année, Ildérime BâUzid (Baja- ^ zet la foudre où l'éclair), fils légitime du sulthan Mourâd-khân l""', vit le jour à Magniça {Magnesia Sipyli){2Z6). Au printemps de la même année, Cheïkh 'Haçane le grand leva une nouvelle armée composée de cavalerie turke et arabe, et envahit l'Adzèrbaïdjân. Dans le mois de dzy'l-'hiddjeh de la susdite année (juin 1341), Souleïmân-khân se rendit à Afldjân, avec ses émirs et ses noians, pour repousser les ennemis.
A cette époque, l'émir Jâgy-hasty^ fils de l'émir Tchobân, se méfiant de l'émir Cheïkh 'Haçane le petite fit défection à Vordou (armée) de Souleïmân-khân, et emmena (fit marcher devant lui) six mille chevaux que l'on avait laissés au verd au mont Séhènd (237). Le hasard voulut qu'il passât par un endroit qui se trou-
vait à proximité du camp du cheïkh 'Haçane dit le grand. Les Bag'dàdiens apercevant un tourbillon de poussière, s'imaginèrent que c'était l'armée ennemie qui venait les surprendre à Timproviste. Ils s'en méfièrent et regagnèrent aussitôt leurs cantonnements (238).
Au commencement de cette année ou à la fin de Tannée précédente, l'émir Moubàriz-u'ddîn Mon hammed jeta les fondements de sa souveraineté et marcha sur le Eermân. Mélik Naszir-u ddln Bourhân (?), qui était wâiy (prince régnant) de ce pays, étant hors d'état de lui résister, quitta le Eermftn, dont il évacua le centre (?) (239), et se retira dans le Kboraçân. La même année, le cheïkh 'Haçane dit le petite qui était au service de Souleîmftnkhftn, mena une armée dans le Dîarbekr, où il exerça de grands ravages (240.)
Année 743. (A. D. 1342-48.)
Cette année, l'émîr Wèdjîh-u'ddîn le Serbédâr, qui, après le ** meurtre de son frère, était monté sur le trône du gouvernement, ^4l!' se mit en marche de concert avec son directeur spirituel (Hr) le cheïkh 'Haçane Djouzy (241), pour aller faire la conquête de Herât. H livra bataille à Mélik Mou ïzz-u ddîn 'Houceïn le K^rte (ou Kourté)^ et fut battu. Un des guerriers de l'émÎT Wèdjîhu ddin donna au cheïkh 'Haçane Djouzy un coup de cimeterre dans le flanc (ou de côté), qui fit tomber sa tête de l'autre côté (?). On imputa (on attribua) ce meurtre à l'émîr Wèdjîh-u ddin (242).
Dans la même année, Mélik Acheref, frère du cheïkh *Haçane le petite mena une armée du côté de Chirâz ; mais il revint à Soultbânïeh sans avoir obtenu aucun résultat (243).
Année 744. (A. D. 184S-44.)
Dans le courant de cette année, l'autorité de Témir Gheïkh Abou-Is'hàq^ fils de l'émir Chah Ma'hmoûd Inedjou (224) fCommença à progresser, et il enleva la paume de la souveraineté avec la crosse du pouvoir, attendu que le mail était alors vacant: il s'éleva, par conséquent, du grade d'émir au rang suprême du sulthanat. Ses pères et ses ancêtres étaient nés dans le Farse, et la chaîne de leur généalogie remontait au tâiérable Ehaudjah 'Abd-allah Ànszâry (que son tombeau soit sanctifié!).
Le mot Ineé^ou signifie, en langue mongole, régisseur ou intendant des domaines de Vempereur (Padichàh), Sous le règne des monarques de cette dynastie l'émir Cheikh Abou-Is'hâq' acquit un grand crédit et une influence prépondérante à Chirâz. Son père l'émir Ma'hmoùd fut tué pendant les troubles du règne d'Arpakhân.
Dans la nuit du samedi, vingt sept du mois de rédjeb de la dite année (16 décembre 1343), ' Iisgèt-mélik {ou^lzzèt-i-moulk^ épouse de Fémîr Cheïkh *Haçane Koutchuk {Minor)^ qui avait de secrètes intrigues avec un certain personnage nommé laqot^châh^ craignant que son mari n'eût connaissance de cette conduite scandaleuse, gagna deux ou trois femmes et esclaves, et fit mourir Cheïkh 'Haçane en lui écrasant les testicules. Le khaudjah Selmânde Siweh dit à ce sujet (245):
(Vers.) Sept cent quarante quatre années s'étaient écoulées depuis l'émigration du Prophète, lorsqu'arriva à la fin du mois de rédjeb, l'aventure de Cheïkh 'Haçane. Une femme, et quelle femme! la meilleure des bonnes et des belles femmes saisit forte- ^pTJf' ment^ de toute la vigueur de son bras, les parties génitales du cheïkh 'Haçane, et les pressa si fortement qu'il en mourut et trépassa. Gloire à la maitresse-fenime (à la meilleure des belles femmes), qui terrasse son mari, en lui serrant les testicules! (246).
Année 745. (A. D. 1344r45.)
Cette année-là, Mélik Âcheref prit possession du territoire («1^1 dontaine) de son frère, et livra bataille, dans la plaine i'Agènabad, à l'émîr lâgy-basty, et à l'émir Suiourgân, fils de l'émir Tchob&n, qu'il battit l'an et l'autre. D éleva à la dignité de khàn un personnage originaire du Q'aptchaq^ qui se nommait NouchirewAn et l'appela Nôuckirewân le Juste. Celui-ci leva le drapeau de l'indépendance dans l'Adzèrbaldjân et l'Arrân (247).
Année 746. (A. D. 134&46.)
Cette année-là Mélik Âchéref fit enfermer dans une cage de fer son frère Miszr-mélik, et tt mourir à Tèbriz le pprte*glaive la'hïa Khaudjah 'Aly et Dtéguiz Bahadour, Il fit arrêter 0rU4, fils du (?) khaudjah Medjd-uddln l^éàhidy (descendant de Béchid) qu'il fit incarcérer au château de aK^. BerkUeh ou Bérèkleh (248). Il alla ensuite passer l'hiver dans le Q'ara-bâg', et laissa à Tèbriz son esclave grec Mou'hammed, dont il faisait beaucoup de cas, avec deux mille hommes armés de pied en cap.. Mou hammed le 6rec»se révolta, rendit la liberté à Ortoq' le Rèchidyet à plusieurs autres prisonniers d'état, et marcha sur Chirâz avec tout l'appareil nécessaire. Dès que Mélik Âcheref apprit cette nouvelle désagréable, il revint à Tèbriz, où il passa le reste de l'hiver.
Année 747. (A. D. 1346-47.)
' Cette année-là une affreuse peste vint, à Tèbrtz, se joindre à
la tyrannie de Mélik Âcheref, qui força tous les habitants en état de fuir, à se réfugier et à chercher un asyle dans quelque autre localité de l'Adzèrbaïdjàû (248 '').
Dans la même année, l'ag'a Mou^hammed Altimour (249), qui était un serviteur ^^ de l'émîr Wècljih-u ddîn le Serbédàr,
était devenu prince des Serbédârs après avoir assassiné son maître l'émîr Wèdjîh-u ddîn (250). Il fut lui-même tué par Khaud- '^'JJ^ jah ' Aly Chèms-uMdîn le Serbédâr.
Année 748. (A. D. 1347-48.)
Mélik Àcheref se mit, dans le courant de cette année, en marche, à la tète d'une armée imposante, pour aller faire la conquête de la ville de BagMàd (la demeure du salut). L'émîr Cheikh 'Haçane Buzurk {major) se retrancha dans la ville, oti Mélik Àcheref l'assiégea pendant deux mois. Lorsque la chaleur exerça son empire sur tous les éléments jf\yt de l'atmosphère, et que Mélik Àcheref reconnut qu'il ne pourrait obtenir aucun succès, il s'en retourna à Tèbriz, oil il abandonna les rênes de l'administration des affaires publiques, tant spirituelles que temporelles ^L^ ^^J^^ aux mains habiles et capables du khaudjah 'Abd-uU ^hâffi (serviteur du Dieu vivant), et se mit à pressurer les simples ra'la, les faibles et les pauvres {faquirs) de l'Âdzèrbaldjân, de rir&q' persique, de l'Arrân et du Moug'ân (251), en ravissant à chacun d'eux tout ce qu'il put leur enlever par la force et la violence.
Année 749. (A. D. 1348-49.)
Mélik Àcheref fit arrêter, cette année, le vézir Khaudjah *Abd-urhâyï, qu'il envoya au château d'Alamoute. Lorsqu'il apprit que le commandant de place le traitait de la manière la plus respectueuse et la plus honorable, il envoya à Alamoute l'amiral^>:«« ijj^ (? le préfet maritime) à l'effet d'annoncer au khaudjah l'heureuse nouvelle de sa réintégration et de le ramener à Tèbriz. Il le remit derechef à ce préfet ^^ qui fut chaîné de le mener et de le faire enfermer au château d^Jlinjàq jsiJl (252). Il confia la dignité de vézir à Khaudjah Mas'oud de Damég an, qui avait une fort belle main, et qui rédigeait les dépêches avec pureté et élégance (253).
Année 750. (A. D. 1349-50.)
Cette année-là Mélik Âcheref marcha sur Iszphahân, à la tète de cinquante mille valeureux cavaliers, pour se rendre maître de cette ville. L'émîr Nèdjîb-u ddîn, frère de l'émir Zakaria (Zacharie), le vézîr et du kbaudjah 'Emftdu ddîn Ma hmoûd du Kermân, qui, à cette époque, étaient gouverneurs de cette ville au nom de Cheikh Abou Is*hâq'. Ils fortifièrent les murailles et les remparts de la ville d'Iszphahân à l'entour de la citadelle ^ La», et s'y retranchèrent. Mélik Âcheref l'assiégea et l'attaqua pendant ^^J!" cinquante jours, à l'expiration desquels on conclut un traité par lequel les habitants d'Iszphahân s'engagèrent à faire dire la lûiouthbéh an nom de Nouchîréwân: ils envoyèrent en outre hors de la ville deux mille deniers d'or monnayé i,^;^ avec à-peu près cent mille dinars en étoffes de diverses espèces ^^b»i . Le Mélik se contenta de cette somme et s'en retourna dans l'Adzèrbaldjân (254).
Année 751. (A. D. 1350-5L)
L'émîr Cheïkh Abou Is'hftq' VIndjou fit marcher, cette année, pour la seconde fois, ses troupes contre la ville d'Iezd (la métropôle de la dévotion). Ses émirs (chefs) furent tués^ et il revint désespéré et découragé à Chiràz.
Dans la même année, Mélik Âcheref, renonçant à la passion des conquêtes, convertit en une forte citadelle le quartier de Rècbid, où il résolut de se fixer sans entreprendre de nouvelles campagnes. Son mauvais caractère et sa grossièreté ^bJ ^ envers les émîrs et les notables lui aliénèrent tellement les esprits, qu'il ne pouvait plus se fier à personne. Il demanda en mariage, peu de temps après ^jjjj jtj^^ la fille du prince de Màrdîn, qu'il fit amener à Tèbrlz. Il y célébra ses noces dans le quartier de Rèchîd où il donna un somptueux festin; mais îl se dégoûta
de sa jeune éponse après avoir consommé son mariage, et il ne la vit pas plus d'ane nuit (255).
Année 752. (A« D. 1351-52.)
Cette année fut celle de la naissance de Cheïkh Zâhid, frère de Sulthân OweTs, fils de Cheïkh ^Haçane le grand. Le khaudjah Selmân composa les vers suivants pour le féliciter de cette naissance :
(Vers.) (256.) Une lune à laquelle la maison (^^ le signe
du zodiaque) de la noblesse a donné naissance; un fils du soleil de la beauté (puisse la Divinité en rehausser encore l'éclat!) a mis le comble à la gloire de ce monde. Le ciel a fait germer un jeune rosier dans le bosquet de la grandeur et de la magnificence, (que Dieu lui accorde une heureuse croissance!). Le vendredi neuf du dernier mois de djumâda, lorsqu'il s'était écoulé sept cent cinquante-deux ans de l'ère du Prophète (3 août 1351)| Cheïkh Zâhid, cet auguste monarque, vit le jour, et le monde fut redevable de sa prospérité à l'influence salutaire de son heureuse étoile.
Année 753. (A. D. 1352-53.)
Dans le courant de cette année Témir Cheïkh Âbou Is'hâq^ fit marcher de Chirâz sur le Kermân une puissante armée commandée ^'Jf* par son neveu Keïqobâd. L'émir Moubâri^-u ddîn Mouhammed lui intercepta le passage avec son fils Cboudjà' , et les deux parties en vinrent aux mains à Pèntch-èngouckle (en turk Bêche pa/tr* maky les cinq doigts). Quelques-uns des émirs (chefs) de Chirâz furent faits prisonniers dans cette bataille, et l'émir Eeïq obàd, qui commandait en chef ce corps d'armée, prit la fuite. L'émir Moubâriz-u ddin revint triomphant et victorieux dans sa capitale.
Année 754. (A. D. 1353-54.)
Au commencement de cette année, l'émir Moubàriz-uddin
Mouhammed assiégea Cheikh Abou-Is'hàq dans les murs de Chirâz. Il y fat atteint, par un effet du méphitisme de l'air, d'une grave maladie, à laquelle son fils Chèref-uddin Monzaffèr succomba: Moubâriz-uddîn Mouhammed recouvra la santé. Tout malade qu')l était, il redoubla de zèle et d'efforts pour resserrer de plu9 en plus la îplace, et s'en rendit maître. L'émîr Cheikh Abou-Is'hâq se sauva avec mille difficultés de ce mauvais pas, et s'en fuit du côté du GunUistàn et du Château Blanc {Ç[àCaAr Sèfîd) (257).
Année 755. (A. D. 1354-55.)
Dans le courant de cette année, l'émir Moubftriz-u ddln Mou- 'hammed marcha sur Iszphahàn av^c l'intention de s'emparer de l'Iraq'. Cette ville fut prise grâce aux généreux efforts de son fils Chah Choudjâ'.
Dans la même année le lieutenant (nâîb) du khalife 'Âbbâcide Elr-Moutazid billahi qui résidait en Egypte et qui aspirait à l'indépendance, vint dans la province de Farse pour s'y faire proclamer. Moubâriz-u ddîn Mou'hammed, se conformant à l'avis des 'oidèma et des hommes instruits ç%ôi du Farse, proclama ce khalife, dont le nom retentit de nouveau du haut des chaires et figura sur le poinçon des dinars; pratique dont il n était plus resté de trace depuis la catastrophe de Bag dâd et le meurtre du khalife Mostdsjsim (258).
Cette année l'émîr Moubâriz-u ddtn Mou hammed envoya son
puissant jl^^l^ fils Q'outhb-u ddîn Chah Ma'hmoûd du c6té du châ-
^^/''teau de Gioubân-kâréh (Itche ^\). Le prince J^L de ce pays,
ne se sentant pas la force de lui résister, s'enfuit, par le chemin de Pùuckteqafa {éxJi C^ o'jj) ?), qui se trouvait du côté de la plaine (ou du désert i^): Q'outhb-u ddîn Chah Mahmoud daigna mettre pied à terre dans sa résidence princière, pour y mettre
ordre aux afiaires de ce pays. H agita ensuite sa bride victorieuse pour se diriger vers sa glorieuse capitale, c'est-à-dire vers la vUle de Chirâz (259).
Dans la même année son excellence wU» le grand mauUa, le modèle des savants les plus illustres de toutes les nations ^^IjH ^llJ, le juge le plus compétent des brillantes productions de l'éloquence «I^Laî jjb, jLiL , qui rangeait avec la plus grande habileté les perles du collier de l'élocution Cj^^, jj> ^i^U, Sa'd-ul-
millèt-wè'ddin Mas'oûd Teftazâny dédia son ouvrage intitulé Moukhtaazèr-i-TeïkMse (Abrégé de TExégèse) à Djâny-big Khân, qui appartenait à la lignée SOuz-leg ou Euz-heg Ehàn (260), fils de Tbog'rfil, fils de Bouq'la, fils de Q'araloutouï (?!), et qui était souverain de Khodjènd. On donne à ces monarques le nom de soulthans (lisez khâns) de la Quenk-ordah (Horde bleue). Les pays de l'aile droite ^l^)j C^:>j tels que la Russie ^j^j^j le pays de Keïqobâd (261), de Mâtchy ou Pahy ^L (?) et de Q'azân, étaient depuis longtemps soumis à leur domination.
Année 757. (A. D. 1356.)
Cette année le qréH de Hongrie (ce mot, dans la langue des Infidèles, signifie roi) (262), de concert avec les émirs (généraux) du pays de Lazare ji et de la nation serbe oLr««', marcha sur TAnatolie pour y livrer bataille au sulthan Aur-kM/n (263). Celui-ci, ayant eu connaissance de la ligue des Infidèles, donna à son vézir Soulelm&n- Pacha l'ordre de se rendre en Roumille pour combattre l'armée infidèle. Le pacha se conformant à cet ordre, fit les préparatifs nécessaires pour entrer en campagne (264).
Dans la même année, Cheïkh 'Haçane le grand fut admis, à BagMâd, dans le sein de la miséricorde divine, après avoir consacré dix-sept années de sa vie au gouvernement de ses étata. Son fils Sulthân Owéis (265) monta sur le trône, et prit la place de son père. Le khan^ah Selmân le félicité en ces termes (266):
(Vers.) Les messagers chargés dans le sablime palais des cieux d'annoncer les heureuses nouvelles (aux mortels) proclament ^r^o!* dans tous les états du monde, que, dans . le courant du mois de rèdjeb de l'année sept cent cinquante-sept (juillet 1356), le monarque légitime (Chosroès) de la surface de la terre est monté, dans la capitale de l'Ir&q', sur le trône des sulthans, grâce à l'assentiment unanime de toutes les créatures et de leur divin créateur. C'est Cbeïkh Oweïs, le souverain mattre o^'j^ ^^ ™o^* arques de son siècle, l'appui et le soutien exclusif des rois de l'univers. C'est pour les semer aux pieds de ce roi des rois, au moment de son arrivée, que le ciel a rempli ses divers étages (ou ses plateaux jLL) d'étoiles étincelantes, en guise de pierreries.
Année 758. {A. D. 1357«)
Dans le courant de cette année, Soulelmân-Pacha, vézîr du sulthan Aur-Khân, pénétra, conjointement avec Fâzil-big (heï), Adjèh laq'oub, les émirs (266") et une foule de valeureux guerriers, dans un bois nommé jS Eiémur (Charbonnière), où ils tuèrent les boeufs des Infidèles et en employèrent les peaux à faire des radeaux JL^ et des kèleka dllT (267). Ils passèrent la mer, se dirigèrent vers la Roumilie et se rendirent maîtres du château de Tchémèny ^^y^ (ou Tchèmènlîk) iili;»>, ancienne Tzympe (268), ceux ^'Jiûsteh àlJJ (?), i'Euruklik Sifjjlj de Qonour-Hiszdry^ ^^ Adjëk-owacy ^ qui est aujourd'hui généralement connu sous le nom à'Adjèh'Idqoub et celui de Rouguird ^^jj (269).
Dans la même année l'émir Cheikh Abou-Is'hftq^ tomba entre les mains des troupes de l'émîr Moubàriz-u ddfn Mouhammed, et fut mis à mort sur la place dite Hlddân-i-Sêûdèt (hippodrome de la félicité) à Chirâz, qui était une de ses créations. On prétend qu'au moment de son exécution, il improvisa le roubdt suivant (270):
(Stance de quatre hémistiches.) H ne reste plus hélas ! à l'oiseau de ma vie un seul grain de nourriture : |e n'ai plus rien à
espérer de mes proches ni des étrangers. QaMl est douloureux et pénible pour nous que dans ce moment solennel, il ne nous reste plus que le souvenir fabuleux de tout ce que nous avons dit (271).
Dans la même années Djâny-big-khàn ayant entendu le q'azy Mou hy-u ddin de Bèrdaa faire une description des plus pathétiques de l'oppression et de la cruelle tyrannie d'Àcheref partit pour rAdzèrbaldjàn, en prenant le chemin de Dèrbènd dans le Chirwftn (de la porte Caspienne du Chirwàn). Dès que Mélik Âcheref en reçut la nouvelle d'une manière authentique, il sortit du quartier de Rèchld-u ddin, où il s'était fixé depuis quelques années, et alla camper ù^ Jjji à ChèmbAgazân (272). Il fit^'J^J^ charger quatre cents files jUj de mulets et mille rangées de chameaux d'or, de pierreries et d'étoffes ^^U») (d'effets) précieuses, et les fit partir pour Alidjàn avec une nombreuse escorte. A l'approche de Djâny-big-kfaàn, il en fut consterné, et ordonna à Khaudjah Loulou de l'attendre avec ses femmes et ses trésors à la côte de Mèrènd au bord de la source du Khaudjah Rèchidu ddîn. Ils devaient revenir à Tèbrîz, si les affaires prenaient une tournure favorable et se rendre à Mèrènd dans le cas contraire. Il prit lui -même le chemin d' Atldjân, et attendit (les événements), assis au bord du chemin (273), sur la cime d'une colline. Il vit tout-à-coup arriver, par la route de Sourâb (Sourkhâb), Djânybig, qui ordonna à ses troupes de le cerner. A cet aspect, Mélik Âcheref s'en retourna à Chèmb-i-g azàn, où il passa une nuit: il suivit alors ses femmes et ses trésors. Tous ceux qui l'accompagnaient se dispersèrent, et le prince Ji^j^ rejoignit ses gros bagages à Mèrènd avec deux esclaves géorgiens. Les habitants de cette viUe, ayant appris la défaite de ce traître', firent main basse sur ses trésors. Ses femmes ayant également jeté le cri de sauve qui peut^ Mélik Âcheref partit pour KhoI. I] s'arrêta dans la plaine l^jMf^ chez le cheïkh Mou hammed Bâliqtchy (le pois- Bonnier), qui s'empressa de se mettre à sa disposition (de le ser-* vir); mais il expédia un courrier aussi prompt que l'éclair et le
vent à Vordùu (au camp) de Djâny-big-kbftn poar lai faire savoir ce qai se passait. L'émir Bèjlâz fut chargé d'amener Âcheref à sa majesté sL*^k)^* Cet émtr Pamena effectivement à Tèbriz et Ton jeta du haut des toits (des terrasses l««L) des cendres sur la tète de ce misérable. Dès que Dj&ny-big Taperçut, il lui demanda: cvPourqoi as-tu ruiné cet empire?» Il répondit: «Mes serviteurs l'ont ruiné contrairement à ma volonté», p. &2. ' Djâny-big-khân se rendit d'ÂQdjân à Hecht-roûd, ou il fit mourir Mélik Âcheref. On porta sa tête à Tèbrtz, où elle fut suspendue à la porte de la mosquée des habitants de Mèrftgah: Djâny big-khàn gagna, en toute hâte, la ville de Tèbrtz, oii il alla loger au palais du gouvernement «JL «jJ^^. H remit l'administration de ce pays à son fils Birdy-big, et retourna lui-même à Ourguèndj. Au bout de quelques jours, Birdy-big apprit la maladie de son père, et partit pour la province d'Ourguèndj. Le vézir Âkhy-tchouq prit possession de l'Adzèrbaï^jân (274).
Année 759. (A. D. 1357-58.) (275).
Au printemps de la dite année Sulthân Owels se mit eu marche pour Tèbriz dans l'intention de s'emparer de l'Adzèrbaldjftn, et battit Akhy djouq', chargé de la garde et de la défense de ce pays en qualité de lieutenant de Djâny-big (Birdy-big) r il monta ensuite à Tèbriz, sur le trône de la souveraineté (276).
Dans la même année, l'émir Moubâriz-u ddln Mon hammed, ayant conçu le projet de soumettre l'Adzèrbaîdjân et Tèbriz, partit de Chiràz pour en expulser Akhy-djouq', qui avait pris la fuite devant Sulthân Owels et qui avait arboré le drapeaa.de l'indépendance à Nakhidjéwân. Akhy-cyouq^ alla à sa rencontre jusqu'à Miânéh^ où les deux partis en vinrent aux mains. L'émir Moubâriz-u ddln Mou hammed remporta la victoire, et Akhydjouq' fut vaincu. L'émir Moubâriz-u ddin Mou hammed s'avança vers Tèbriz, d'où les grands, les chérifs, les notables, les artisans et les habitants de toutes les classes vinrent au devant de
lui et se conformèrent aux usages en semant à ses pieds de l'or et des pierreries jUi ifl^, et en lui offrant des présents. Le vendredi suivant il monta en chaire, oil il lut une élégante âJL khmtlAeh et pria pour le khalife *abb&cide. Il remplit les
fonctions d^imâm des musulmans, et s'acquitta (i^^l^Tau lieu de jIJlT) de la prière publique. Au bout de quelques jours on reçut la nouvelle que Sultbân Owels était parti de Bag'dâd pour Tèbriz avec le dessein de livrer bataille à Moubâriz-u ddtn Mou bammed. Dès que celui-ci en fut instruit, il s'en retourna à Cbir&z (277).
Année 760. (A. D. 1359.). j^i^.
Dans le courant de cette année Ghêlh Ghoudjd fit arrêter et priver de la vue son père Moubâriz-u ddîn Mou bammed (278) à
cause de sa mécbanceté envers ses émirs et ses enfants. Il le fît enfermer dans un des cbâteaux forts du Farse et monta, a sa place, sur le trône de la souveraineté. Des beaux-esprits de cette époque ont dit à ce sujet (279):
(Vers.) L'éléphant (280) supporta, pendant quelque temps, le poids de sa magnificence; il fit marcher pendant quelque temps ses armées de l 'Indus jusqu'au Nil. Lorsque la mesure de sa prospérité (de son pouvoir jJ^^) fut comble, il perdit la clarté de ses yeux, où l'on passa l'aiguille (281). ^
Année 761. (A. D. 1359-60.) •
Cette année fut celle où le sulthâo Aurkhàn (Ourkhân) prit congé de ce monde éphémère et passa dans celui de l'éternité. Son fils légitime ^j^ Jij le sultbân Mourâd T' prit, à Brouça, la place de son père sur le trône du sulthanat.
Le sultbân défunt était parvenu à l'âge de quatre-vingt-trois ans et en avait régné trente -cinq (282): il fut inhumé à Brouça. Ce monarque avait trois fils: 1) le sultbân Mourâd l""'; 2) Souleîmân-Pacba; 3) soultbàn Q'âcime. Ce dernier mourut du vivant de son père.
Dans la mèine année,, le sulthan Monrâd-Khàn , ayant effectué le passage de Oaliboly (Kallipolis), marcha sàr Thourbès f^jy^ (oa ^j^jy^) (283), et fit la conquête du château fort de Tchorly (Tzurulum). Il se livra une grande bataille sur les remparts (j^j^ j^^.Y) du château de MètAnêh 4;;.i»# (?) que le sul« thân fit démolir (284). Il donna à 'Hâdjy Ilbeguy l'ordre de s^emparer également de Pargoe j^ç^ (Burgas) situé au bord de la rivière de Marizza ^^^ (Maridj) (285).
Année 762. (A. D. 1360-6L)
Dans la dite année le sulthan Mourâd-Khân 1*' donna à Evré^ nos-bd Tordre de se rendre maître du pays à^Ipszàla (ancienne Kypselé). Celui-ci soumit eflectivement cette contrée, on il fit un grand nombre de prisonniers et un riche butin (286).
Année 763. (A. D. 1361-62.)
Dans le courant de cette année le sulthan Mourâd chargea Lâlah-Cbâhin d^aller faire la conquête d'Edrèneh (Âdrianopolis ou Andrinople). Les Infidèles soumis au tekkoûr (â Tautocrate Timêji, grec Jean Paléologue) s'opposèrent à sa marche et lui livrèrent une grande bataille. L'empereur fut enfin mis en déroute et se réfuta dans la place forte d'Edrènèh (Andrinople). Le sulthan Mourâd suivit de près Lâlah-Chàhin, et vint assiéger cette ville. Le général en chef de l'empereur prit la fuite à bord d'une barque jS^ ^i^J^i attendu que la Marizza était débordée et la ville d' Andrinople, qui était une des plus considérables de l'empire romain d'Orient {Roûm\ tomba au pouvoir des fonctionnaires ^I^LT (commissaires) de la dynastie de 'Otzmân. Lâlah-Châhin marcha sur Zagrah (Ssagra) et fit la conquête des châteaux forts d'Ipszalah et de Mâlgarah (287).
^) Les mots persans j^j^ j*^ji sigiûfient peat-ètre cm sujet ou à eawe château.
dn château
tu
Année 764, (A. D. 1362-63.)
Cette année le sultlian Mourâd-Khân, ce belliqueux antagoniste des Infidèles, jeta, dans sa capitale de Brouça, les fondements d'une imposante mosquée, dont il acheva la construction.
Le sultban Owels conçut, dans cette année, le prcget de se rendre maître du Chirw&n, mais il reçut, dans cet intervalle, la nouvelle de la révolte de Kbaudjah Mèrdjàn, qui gouvernait Bagdad, en qualité de lieutenant du sultban. Celui-ci jugeant très- urgent de le combattre, partit, en conséquence, pour Bagdad. Comme c'était le moment oti Peau était débordée, Kbaudjah Mèrdjàn rompit la digue du Chatth nommée Bènd-i-Fevric^ >jfj^, (?) (288); et les environs de Bag'dâd, à quatre phara-
sanges de distance, furent tellement inondés qu'il fut impossible à qui que ce fût d'y circuler. Une partie des troupes du sultban passèrent le Chatth en bateaux par No'm&nylé: Kbaudjah Mèrdjàn vint d'abord se ranger en bataille en face de l'armée du sultban. Lorsque celui-ci arriva à la suite de ses troupes et que Kbaudjah Mèrdjàn aperçut son parasol, il ne se sentit plus en état de lui résister et prit la fuite. Il coupa le pont, et se retrancha dans la citadelle de Bagdad d'où il implora le pardon du sultban. Celui-ci lui pardonna généreusement sa faute, et s'en retourna.
Dans la même année, Moubàriz-u ddin Mou hammed, qui avait été incarcéré à Ç'cdaï-Sèfid (château blanc), après avoir été privé de la vue par ses enfants, gagna une partie des hommes (de la garbison), s'empara de la personne du commandant de place et fit ^'^if* battre le tambour de l'insurrection. Chah Choudjà' , se repentant de ce qu'il lui avait fait, le fit sortir du château et lui restitua l'autorité souveraine. Une foule d'intrigants conspirèrent de nouveau en secret avec le père contre la vie de Chah Chouc()à'. Ce
prince ayant en connaissance de cette conspiration avortée, envoya son père dans un des châteaux forts des régions chaudes cAjiUéj^ji^ ^<^ Chirâz. Après y avoir été éprouvé, pendant quatre ans, par plusieurs maladies des plus graves, il fut transféré dans le château de Bèm (289) pour changer d'eau et d'air, et il y fut définitivement admis dans le sein de la miséricorde divine (290).
Année 766. (A. D. 1364-65.)
Lesulthan Owels marcha, cette année, contre Mafiszul. Cette ville fut abandonnée (lisez il-iljTau lieu de C-iJiT) par Belrâm Khaudjah le Turkoman, qui prit la fuite (291). Le Khaudjah Selmân de Sâwéh (292) dit à ce sujet:
(Vers.) n est venu un courrier, qui a annoncé la nouvelle de la conquête de MaOszul: puisse cette nouvelle porter bonheur à notre juste monarque!
Le sulthan Owels se mit à la poursuite de Beirâm-Ehaudjah, qui partit pour Mouche à la tète de ses ouloûs et de ses tribus vassales CiULl^I . Le sulthan l'atteignit dans la plaine de Mouche, piUa et dévasta ses oulous et ses tribus nomades. Le même poète dit encore à ce sujet (293):
(Vers.) Ton ennemi est un serpent, qui s'est esquivé dans la plaine de Mouche (de la' souris, en latin mus^ en allemand Maus^ en russe Mu%m). Le poli (la lame) de ton glsdTve a pris maintes serpents de cette nature (294).
Dans la même année, le sultan Mourâd-Khân, récupéra le cinquième du butin pris sur l'ennemi conformément à la décision de Q'ara-Roustèm le Q'aramanien. En vertu d'un fètwa de Q'ara khaltl Pacha connu sous le nom de JDjèndèrèlUj on préleva les jeunes esclaves qui faisaient partie du butin enlevé à l'ennemi (295): on les attacha à la suite de l'étrier victorieux du sulthan; on les coiffa d'un bonnet de feutre blanc, et leur donna le nom d^ lènny-tchèry (nouvelles troupes) : c'est à dater de ce jour que fut organisée cette milice (296).
Dans la même année, le sulthan Moaràd-Khân) souverain dn Boûm (de l'empire d'Orient) traversa la mer en passant par la ville nommée Galibouly (Kallipolis), et se dirigea vers l'Anatpli, ^iif* où il se rendit maître du château fort de Bîga (ancienne Begha). L'armée serbe (ou servienne) se coalisa et vint attaquer les musulmans. L&lah-Chàhin les surprit à la faveur des ténèbres, en un lieu nommé Tchermèn j^jf* Les Infidèles furent mis en déroute, et on leur enleva de nombreux prisonniers avec un riche butin (297).
Année 767. (A. D. 1365-66.)
Cette année le sulthan Mourâd-Ehân fit la conquête du château fort de Koutahîèh (ancien Gotyxium) de Simâo jL^^ d'Egrybouz et de Thawchâulou (298).
Cette année (?) fut aussi celle du décès du sulthan Ehalll, fils de Cheïkh Ibrahim, prince du Chirwân. La généalogie de ce souverain remonte, dans l'ordre suivant, jusqu'à Nouchiréwân le juste: Le sulthan Khalil était fils de Cheikh Ibrahim, fils du sulthan Mou bammed, fils de Eelq'obâd, fils de Ferroukhzâd, fils de Fèramérz, fils de Guchetasp, qui fut le créateur du canton dit G(mcheta»py dans le Chirwân.
Guchetasp était fils de Ferroukhzâd, fils de Minoutchehr, qui avait reçu le titre de khaqûri^ et à qui le poète Khaqâny fut redevable de son surnom poétique. Minoutchehr était fils de Kèsrâu, fils de Kaous, fils de Chéhriâr, fils de Guerchacif, fils de Féridoûn, fils de Fèramérz, fils de Salâr, fils A^Iézîd (sic)] fils de Djoun, fils du Mèrzébân (margrave), fils de Hormuz, fils d'Ânouchiréwân (Nouchiréwân) (299).
Année 768. (A. D. 1366-67.)
Chah Choudjâ', ayant appris, cette année, que les habitants de Tèbriz (300) fourniraient, par animosité contre ceux de Chirâz, des secours à son frère ChâhMahmoiid, se dit: «Avant que
mon frère ne soit secoum par les Tébriziens, je le BMttrai en déroute J\\^ ^Ji^.^ n sortit, dans cette intention, de la ville de
Chiràz, et marcha snr Iszphahàn (301):
(Vers.) Il s'avança de la sorte jnsqn^aa (MitdM jaune (Qaszrùeèrd), La poussière de son armée donna au monde entier la couleur de l'azur.
Chah Ma bmoud vint au devant de lui pour le combattre, et se réfugia dans la ville après lui avoir livré bataille. Ch&h Choudjà' vint camper sous les murs d'Iszphahân, dont il commença le ^1** ^^' siège. Lorsque les assiégés se virent serrés de près, les selds, les imâms et les notables sortirent des murs et décidèrent que Chah Ma'hmoûd irait trouver Ch&h Choudjâ^ et que les deux frères feraient la paix. Lorsque les seïds et les imâms rentrèrent dans la ville, Ch&h Mahmoud acquiesça, de son côté, à cet arrangement, et sortit de la ville avec cinquante cavaliers. H eut Thonneur de baiser la main de son frère, lui donna en suite un grand banquet et lui offrit des présents dignes d'un monarque. Cb&h Chou<^&' s'en retourna, content et satisfait, à Chir&z (302).
Année 769. (A. D« 1367-68.)
Cette année l'émir Q'&cime, frère du sulthan Owels, fut admis dans le sein de la miséricorde divine. Sa bière fut transportée sur le coteau ae Nèdjef, où il fut inhumé derrière la chapelle sépulcrale de son père l'émir Cheikh 'Haçane , dans le voisinage du martyriutn illuminé et de la tombe purifiée de sa sainteté le prince des croyants 'Aly (que le Très-Haut lui soit propice!). Le Khaudjah Selm&n de S&weh a composé en son honneur une élégie où il dit (303):
(Vers.) Héla« 1 le soleil du jour de la jeunesse a été de courte durée comme la seconde aurore. Hélas! cette fleur, avant d'être épanouie, a été subitement eff^euillée par l'ouragan d'automne. Pleure, 6 ciel ! pleure amèrement ce soleil qui a disparu a Faube du jour de la jeunesse. Il est certain que nous devons tous émi-
grer de cette demeure; ntis personne ne se serait douté qne Mir Q'âjaiBie, i la iBear de la jeunesse, dresserait sa tente dans le jardin de Féternité.
Dans la même année Belrâm-big, qui était le bien -aimé du sulthan Oweïs, fut englouti dans la mer du néant et succomba à ses excès de boissons enivrantes. Le sulthan Oweïs adopta un deuil tel que jamais on n'en avait vu de pareil. Il consistait en une cape noire ©L- kSLuT sur un vêtement (le corps) blanc; les émirs (officiers généraux) et les princesses {khatounes^ dames) jetaient sur leur cou des mantelets (<^*^ en russe njami») noirs. 11 fit certaines extravagances jJ^ o^^*^ ^^^^ personne ne se rappelait le souvenir; de sorte que le khaudjah Selmàn composa, dans cette circonstance, une élégie, où il dit entre autres (304):
(Boubétî.) Le coeur consumé par le feu de la douleur et le ^î/:^' dos courbé par l'affliction, le ciel pleura Beiram-chàh. Hélas, disait-il, en sanglotant. |jL»LU^ : Ce corps délicat, plus pur que l'eau de la fontaine de vie, s'est dissous au sein de la poussière: qne Dieu parfume la terre qui le couvre!
Dans le courant de cette année Chah Choudjà' voulut s'unir par les liens du mariage à une illustre princesse 4e la famille du sulthan Oweïs , pour mettre fin désormais à la discorde et à la mésintelligence qui, jusqu'alors , avaient régné entre eux; pour faire cesser les motifs de leurs différends et prévenir les secours que le sulthan Oweïs pourrait fournir à son frère Chah Mahmoud. Pour mener cette affaire à bonne fin, son choix tomba sur le nom du qoroudjy (garde du corps) IkMîâr-uddin (305) 'Hacane. Celui-ci partit pour rAdzèrbal^jàn avec le plus brillant appareil. Lorsque Chah Mahmoud en fut instruit, il désigna pour demander en mariage la fille du sulthan et fit partir son vé* zir le Khaudjah Tàdj-uddîn, qui était regardé comme le coryphée et le phénix de son siècle, en fait d'artifice et d'adresse.
Lorsque les ambassadeurs des deux frères se trouvèrent ensemble à la cour da snlthan, il s'éleva entre eax de longs débats en présence de ce monarque. Attendu que Ch&h Choudjà^ ne s'était pas humilié dans sa dépêche, et qu'il avait., au contraire, négligé, dans la rédaction de sa missive, l'humilité qui est d'usage dans le style épistolaire, tandis que Chah Ma'hmoûd avait témoigné au sulthan la plus humble soumission, au point de lui dire dans sa lettre : «que le maître dispose de son serviteur et de tout ce qui lui appartient», le snlthan remit une réponse (évasive) au messager de Chah Chou^jà^ et accorda sa fille à Chah Ma hmoud. Le khaudjah T&^-uddin emmena avec la plus grande pompe l'auguste berceau du pavillon de la chasteté et se dirigea vers Iszphah&n. Le Khaudjah Selm&n dit encore à ce sujet (306):
(Vers.) Le ciel a célébré des noces dans tx)utes les régions du globe, et quelles noces I Cet hymen a répandu la prospérité dans tous les états de l'univers. C'est l'union d'une lune resplendissante de lumière avec le soleil : c'est Talliance d'un Chérubin ^/^* avec une vierge du paradis. Le berceau de la Balqis de son siècle a daigné honorer de sa présence le pavillon royal du Ltjèm (du Salomon) de l'empire (307).
Année 771. (A. D. 1369-70.)
Cette année qui répondait à celle du Chien du cycle solaire mongol, l'émir Timoûr Oourékân (308) posa le pied sur le trône de
l'empire dans la contrée aJ»» de Kèche (ou Kiché)^ que l'on nomme aujourd'hui Ghéhr'ùsehse (la ville verdoyante). Son auguste généalogie remonte dans l'ordre suivant, à la lignée de Tchinguiz- Khân : L'émîr Timoûr 6ourék&n était fils de Témîr Tharag aï, fils de l'émtr Birguil JjT^^ (ou Borgul), fils de l'émir Qtiguiz , fils de l'émîr IdjU (ou Ëldjel J«f)) (309), fils de Q'oradjàr Noiân, qui, du temps de Tchinguiz Khftn, était généralissime {ém^ul'wdéra) et la s(mtme de V empire Slïl âU» (VAUer Ego du souverain). Q'aradjâr Noiàn était fils de Suiourgân (?) (310), fils d'Ir-
dumdjy , surnommé le Berlâs^ qui a donné son nom à k grande tribu de Berlàs <^X/e ^j^Ap- Celui-ci était fils de Q'atchouly Bahadour, frère aîné de Q'aboul Khàn ^jU Jj, fils de Touméneh Ehân : en remontant de trois générations, son frère et Tchinguiz-Khân se trouvent sur la même ligne :>J^^ \j^ f^-
On lui donna spécialement le titre de Gourékân (311), parce qu'il était le beau-frère de Mîr 'Houçein (prince du Turkistân). L'émir Timoûr vint au monde dans la banlieue ^ll^ de Kèche le 27 du mois de cha'bàn de l'année 736 (12 avril 1336): il mourut en 807 de l'hégire (A. D. 1404-5) après avoir régné trentesix ans. 0n bel-esprit ^U>^ nous fait connaître sa biographie j\ JI^J dans le distique C^j:> suivant (312):
(Vers.) Le sulthân Timur (ou Témir\ ce monarque qui n'eut pas son pareil, vit le jour en sept cent trente-six: il débuta en sept cent soixante et onze (A. D. 1369-70) et prit congé de ce monde en huit cent sept.
Il envahit, dans l'espace de trente -six ans, la plupart des états du monde habitable, de sorte qu'il conquit là Transoxane (le Ma'Wèra-nnahr)^ le Turkistân, lé Khaurizm, le Bèdekhchân, l'Hindoustân, le Khoraçân, le Sistàn, Kidj dans le Mékràn, les deux 'Iraq', le Farse, l'Adzèrbaïdjân, le Mazèndéràn, le Guilàn, le Chirwân, l'Arrân, le Kourdistân, le Gourdjistân (la Géorgie), le Diârbekr, le Boum (l'Asie mineure) et la Syrie (313). D eut^'Jf* quatlre fils, dont le premier fut Mirza Djéhân-guir, qui mourut du vivant de son père. Le second fut Mirza 'Omar-Cheïkh, qui était souverain {wâly) de la province cJ^j de Farse: la flèche du destin, lancée par le pouce il^*.! d'un Eourde, le frappa mortellement, du vivant de. son. père, sous les remparts du ch&teau :de Ehormatou ^U>r et il passa dans le monde de l'éternité. Le .troisième fut Mirza Miràn-'Gh&h, à qui avait été confié le gouvernement de l'Adzèrbsd'djâtt, des deux 'Iraq', et du Diârbekr jusqu'aux frontières du Boûm et de la Syrie, n fut tué après la mort de son père, à Tébriz, par l'armée de Q'ara louçouf le Turkoman. Le quatrième fut le Mirza Cbâh-rokh, qpi, du vi-
vant de son père, était prince ^1^ du Khoraç&n, et qui, après le décès de celui-ci, devint empereur de Plràn et da Tonrân (314).
Année 772. (A. D. 1370-71.)
Dans le courant de cette année, Fémir Wély, prince du Mazèndéràn, un des descendants de Djoadjy Fèchâr jili (lisez jLuj Çfaçâr)j frère de Tchingaiz-Khân, mit une année sur pied ^ei!* ^^ marcha sur Rel. Le sulthàn Owels partit de l'Adzèrbaïdjàn pour le repousser. L'avant-garde ^"^Uu du sultban Oweïs lui livra bataille à Hei, et le défit. Le sulthân fayant poursuivi avec des forces considérables aU aJc, rémîr Wély se vit bors d'état de .lui résister et tourna bride pour s'enfuir (je lis C^J^ au lien de C*#f Je). Il perdit une grande partie de son année, et on lui fit de nombreux prisonniers. Le sulthàn poursuivit Témir Wély jusqu'à Simnàn, d'où il retourna sur ses pas avec l'assentiment de ses chefs (émîrs) (315)*).
Année 773. (A. D. 1371-72.)
Cette année Sulthàn Owels partit de Tèbriz à la tête de son armée et marcha sur AOdjàn avec l'intention de livrer bataille à l'émtr Wély et de se rendre maître de ses états. Tout-à-coup l'émir Zàhid, frère de Sulthàn Owels, qui était monté, en état d'ivresse, sur la terrasse ^L du keuchk (kiosque) d'Afidjàn, tomba du haut de ce keuchk et rendit l'àme, comme l'avait décidé la diviqe Providence, dont il est impossible de devancer ou de différer les arrêts impénétrables. Le chagrin qu'éprouva le sulthàn Oweïs, par suite de la mort de .son frère, le décida à renoncer à son projet et à reprendre le chemin de Tèbriz. Dans cet intervalle Chah Choudjà' adressa à fémir Wély une dépèche, par laquelle il l'incitait à se prononcer contre le sulthàn.
1) Sur l'émir Wély à'AaUrabâd ^^Ll^l Toyez Séhir'UddkCs GecTUehie wm TolKiristan, B^an und Mascmàmm, p. 410, 411, 412, 416, 416, 417, 418, 419, 4M.
Année 774. (A, D, 1372-73)
Cette année -là rémîr Wély partît du Mazèndérân pour le pays de Reï à la tète d'une puissante armée : il se rendit de là à Sàweh. Moub&rek-ch&h le Wâly (?) (316), ainsi que d'autres personnages marquants de cette ville et une foule de faq'irs (pau- Tres) adressèrent à l'émir Wély un message ainsi conçu: «Pourquoi vous étes-vQus donné la peine de venir dans ces parages? Cette ville appartient à Sulthàn Oweïs, qui possède une nombreuse armée. H- vaut donc mieux que l'émir Wély renonce à nous attaquer cet hiver, et qu'il ne fatigue pas ses troupes. L'émîr Wély répliqua : «J'exige de vous que vous me soldiez l'impôt de plusieurs années ; que les magistrats (les pichewas ou chefs) évacuent la ville jusqu'à ce que nous nous retirions)». Les habitants de Sâweh s'y refusèrent et vinrent présenter le combat à l'émîr Wély. Celui-ci se prépara égaleïnent à leur livrer bataille^ et s'empara de Sâweh, de vive force, au bout de deux semaines. Moubârek-Châh le Wâly (?) se tint d'abord caché, et s'empressa en suite d'aller faire sa cour à l'émir Wély, à qui il donna sa fille en mariage. L'émîr Wély s'en retourna dans le Mazènderàn (317).
Année 775, (A, D. 1373-74,)
Cette année fut celle, où l'émir Timoûr demanda en mariage pour son fils aîné Djéhânguîr la fille d'Aqszoufy (?), prince Q'onqrate, et la fit amener à Samarq'ande (318).
Dans la même année le Tigre déborda et détruisit toutes les habitations (tous les bâtiments) de Bag dâd, à l'exception de quelques grands édifices. H périt dans cette inondation près de quarante mille âmes. Le maulla Nàszîr Boukhâry a composé , à ce
sujet {CJij iJ j^ dans ce temps-là), le vers suivant (318 •):
(Vers.) Cette année-ci la marche du Tigre a été-, à 'notre grand étonnement, celle d'un homme ivre (de fureur): il avait les
pieds chargés de chaînes (formées par les vagues) et l'éciime sur les lèvres (sur ses bords); il était probablement en démence.
*-„"• Année 776. (A. D. 1374-75.)
Cette année-là, le sulthân Oweïs voulant livrer bataille à l'émir Wély, se rendit de Tèbrtz au quartier fondé par Réchîd-u ddtn ^j^j ^jUc, où il fut atteint d'une grave maladie. Les grands dignitaires de Tétat accompagnés du q'àzy Cheikh 'Âly et
du khau(\jah Cheïkh Kdhdjâny jl**^(319) se rendirent au chevet de ce prince, qui avait jeté les fondements de l'empire, et lui demandèrent, quelles étaient ses dernières volontés. Le sulthân répondit: «L'autorité souveraine (le sulthanat) appartiendra à 'Houceïn, et le gouvernement de Bagdad, à Cheïkh 'Haçane.» Ils répliquèrent: «Celui-ci, étant l'aîné, ne s'y soumettra pas.» Le sulthân dît alors: «Vous savez (ce que vous aurez à faire en pareil cas)». Les émirs considérèrent ces paroles comme une autorisation <^jU'^ J^9 6t mirent aux fers Cheïkh 'Haçane. Dans la nuit du samedi^ deux du premier mois de djoumàda de cette année (10 octobre 1374) (320), le sulthân prit son essor vers les bosquets du paradis (de Rizwân). Dans la même nuit Cheïkh 'Haçane goûta le sorbet du martyre, et le khaudjah Selmân dit, à cet sujet, dans l'élégie du sulthân (321):
(Vers.) Ciel! va doucement: tu as fait une chose qui n'étak pas facile , car tu as ruiné l'Iran en lui ravissant son roi. Après avoir précipité un ciel entier (ou un être céleste) de ton apogée, tu l'as terrassé et ravalé au niveau de la poussière.
Après le décès de 3on père, le sulthân 'Houceïn posa à Tèbriz le pied sur le trône du sulthanat (322), et le khaudjah Selmân de Sâweh inséra ces deux vers (ce distique) dans l'ode de félicitation qu'il lui adressa à l'occasion de son avènement (323):
(Vers.) Toi, dont le parasol sert d^abri au soleil de l'empire ! tout ce qui existe, depuis la lune jusqu'au poisson (Léviathan, qui soutient le globe terrestre), est soumis à tes ordres et à tes
défenses. Ton royaume n'a pas à craindre le choc des catastrophes; ton siècle est exempt de la tache de la corruption cjU
Cette année fut également celle da décès de l'émir Chah Ma hmoûd (324), fils de l'émir Moubâriz-n ddîn Mou hammed. En ai^renant ces nouvelles, Chah Choudjà' composa le roubdî suivant (326):
(Vers.) Mon frère Ma hmoûd, ce roi qui m'épiait comme un lion en embuscade .^j^ jJ^ aï, me disputait la couronne et l'anneau royal. Nous avons fait deux lots pour le repos du monde. Il a choisi les régions souterraines ^j^j ^, et j'ai pris, pour ma part, la surface de la terre.
Dès qu'il fut instruit du décès de son frère , il marcha sur ^Jf^ Iszphahân, et soumit la principauté d'Iraq à sa domination.
Année 777. (A. D. 1375-76.)
Chah-Choudjâ' partit cette année pour l'Adzèrbaïdjân, atec le dessein de livrer bataille au sulthan 'Houçeïn, fils de Mélik Oweïs, et les deux armées se rencontrèrent aux environs de Hamadân. Après un combat des plus opiniâtres, le sulthan 'Houçeïn fut mis en déroute, et prit la fuite. Chah Choudjâ' retourna victorieux et triomphant à Tèbrîz. Les seïds, les q*âzis, les mauUas, les habitants, les grands et les notables de la province ilXL-o d'Adzèrbaïdjân, vinrent au devant du cortège royal et eurent l'honneur de baisser les doigts du monarque, qui se
plaisait à répandre dçs bienfaits et de^ grâces ^Jm. Le chah Choudja fut alors entièrement affermi sur le trône de Tèbriz, dont il put jouir tranquillement et paisiblement. Le khaudjah Selmân composa, à la louange de ce monarque, une ode héroïque (qaszîdèh)^ dont voici le début (>JUU mathid) (326):
(Vers.) Payons le tribut de notre admiration à un règne tellement sage, que ce pays, qui déjà tombait en décadence, a récupéré sa brillante prospérité, grâce à l'heureuse influence du
glorieux koumai (phénix ou autour royal), qui plane sur son parasol. La réputation dont jouissait le 'Ju^ (327) louçoufchah étant parvenue aux oreiUes du chah Ghoudjâ' , il le fit appeler à sa cour, et lui donna Tordre de réciter quelques strophes (du Q'oràUi qu'il savait par coeur) 1|JjlUI^. Chah Choudjà' dit ensuite: «Nous avions entendu prôner trois célèbres personnages de Tèbrîz, et nous avons trouvé la réalité toute différente de ce que nous attendions de leur part, c'est-à-dire que le poète Selmân est supérieur à sa réputation, louçouf-ehah est au niveau de la sienne, et le cheïkh Mou hammed Eah^âny (328) est tout le contraire ^jaîUz* (l'opposé).
On dit aussi que Chah Chou^à' n'avait pas une haute opinion du talent poétique du khaudjah Selm&n, à cause de l'ode héroïque, dont le début a été cité plus haut; mais celle qui, au contraire, le réhabilita complètement aux yeux de ce monarque commence par le vers suivant (329):
• (Vers.) Dès que les lignes (les termes) oik je décris son auguste physionomie (ou sa face resplendissante de gloire ^J^J) jaillirent de mon esprit, le soleil se leva à l'orient ( jiL« au début) de mon discours.
^^!' Lorsque Chah Ghoudj&' eut passé quatre mois entiers à Tèbriz, au sein des plaisirs et de l'allégresse, il apprit que son fils Ghfth lahïa avait levé lé drapeau de l'insurrection à Chiràz (330); et il se hâta de tourner la bride du départ du côté de cette ville.
Dans la même année, l'émir Timour Gourékân se mit en marche pour faire une expédition dans le Ehaurizme ; mais la mésintelligence (le désaccord ^îLuI ^) des émtrs et des grands ( jLcl notables) le força à marcher (pour la quatrième fois) contre les Gètes (331) dont il se rendit maître. Dans cet intervalle, ' Toq tamiche-khân vint lui faire sa cour, et fut comblé d'égards. Timour l'honora d'un regard de bienveillance, et l'envoya à Saq'naq' (332).
Année 778. (A, D. 1376-77.)
Toq tamiche-khân vint, cette année, pon»la seconde fois, rendre hommage à l'émîr Timoûr, qui Thonora et lui témoigna sa considération. Il le fit accompagner par ses troupes ^ et l'envoya à Saqnâq , où il le plaça sur le trône de la souveraineté.
Dans la même année, Témir Timoûr envoya un ambassadeur à'Hérât, à la cour de l'émir G'aïâtz-uddin, avec lequel il jeta les fondements de la bonne intelligence et cimenta les bases de la paix (333).
Année 779. (A. D. 1377-78.) ,
Cette année fut celle de la naissance de Mirza Ghah-rokh, fils de l'émir Timoûr. Celui-ci prît ses quartiers d'hiver à Zèndjîr-Séraî (palais des chaînes). Ce fut aussi dans la dite année que son fils aîné Djéhân-guir fut admis dans le sein de la misé-
ricor de divine, au dire de lauteur du jjJmuJI •IL. MatJi la-us sa- Mn CAbd-u r Rezzâq) (334).
Année 780. (A. D. 1378-79.)
Dans Iq courant de cette année, l'émir Timoûr prit le parti de faire une quatrième campagne dans le Ehaurizme. D en assiégea la capitale (le château fort), pendant trois mois et seize joursj sans pouvoir s'en rendre maître. Ce fut à la même époque que mourut louçouf-Szoûfy (335).
Année 781. (A. D. 1379-80.)
Cette année l'émir Timoûr s'empara du château de Ehaurizme et fit restaurer la ville de Eèche (ou Kiche\ où il avait vu le jour (336).
Dans la même année , Chah Choudjâ' , voulant appaiser les troubles suscités par SarouâdU J^U^jL (337), qui était un des
émirs (généraux) du sulthan Houce&i, et qui ne respirait, à Sonlr thftnieb, que révolte et insnbordinatiQn arriva du Farse, et battit ce rébelle. Celoi-ci^se réfugia dans le château fort de SouUhà- ^j^^^Qieh, d'où il vint enfin, avec humilité et componction rendre hommage à Chah Choudja , qui Thonora de sa faveur, et qui s'en retourna à Chiràz.
L'émîr Timoûr entreprit, cette année, la campagne sj-jft du Khoraçân. Au commencement du mois de dzy fhiddjeh de la dite année (27 février 1381) il arriva à la bourgade de KouçouîeA (338). Mehdy^ prince (J^L gouverneur) de cette ville, vint au devant de lui, et fut reçu avec bienveillance. Timoûr se rendit de là au village de Taibâd ^LU, où résidait le très-grand^ très-illustre et très-glorieux maulla Zeïn-uMdîn Abou-bekr. Il jouit de la noble société de ce maulla, et Tentrevue abondante en bénédictions qu'il eut avec ce saint personnage, lui procura de nombreux avantages. De là il tourna la bride de son coursier vers la bourgade de Fouchèndje (339) située -à six pharasanges ouest de Hérât. Il s'en rendit maître dans la nuit du vendredi, c'est-à-dire au milieu du mois susdit (14 mars 1381), et se dirigea de là vers la ville de Hérât (^^ Hary^ antique Aria) (340).
Année 783. (A. D. 1381-82.)
L'émîr Timoûr fit, cette année, la conquête de la glorieuse ville de Hérât. Dans la même année le sulthân Mourâd, souverain du Roûm Mjj ^1^, soumit, dans* le* voisinage du gros arbre nommé Deliklu qàba agâtche (gros arbre troué), une forteresse connue sous le nom de Haqqiigdy (Dien l'a démolie ou détruite) (341).
Année 784. (A. D. 1382-83.)
Au commencement de cette année, le sulthân Mourâd-kbàu
fit la conquête da château fort de Siroz jj^;^ (Serrés) (3^2). Dans la même année le snlthftn A'hmed, fils dû sulthftn Owels, à qui la ville d'Ârdébtl avait été assignée à titre de fief on d'apanage (J^jy^ Smaurgàl)y s'insurgea contre son frère Soulth&n 'Houceïn, qu'il fit mourir à Tèbrîz, et se voua lui-même aux affaires de l'état (343).
Année 785. (A. D. 1383-84.)
L'émir Timoûr entreprit cette année la campagpe du Sistàn; et, après avoir soumis à sa domination toutes ces contrées avec leurs dépendances ou annexes (344), il retourna à Samarq'ande. Dans la même année Sarou AdU (Adil le Blond) plaça le sulthân ^/^^ Baîézîd, fils du sulthan Oweïs, sur le trône de la souveraineté, à Soulthânieh (dans l'Iraq' persique). Il envoya ensuite quelqu'un à Chirâz pour implorer le secours et l'assistance de Cbâh Ghoudjâ'. Celui-ci se rendit aussitôt à Soulthânieh; et après y avoir mis ordre aux affaires, il tourna la bride de son coursier du côté de DîZ'i'phoûl et de Chouchetèr (dans le Khouzistàn) (345). Il fit passer une aiguille (rougie) dans les yeux de son fils Soulthân Giîbly ou Ghihély ^JLi.
Année 786. (A. D. 1384-85.)
Dans le courant de cette année l'émir Timoûr fit la campagne du Djordjân et d'Asterabâd, expulsa l'émir Wèly, qui était le prince Si> de ce pays, et partit de là pour Reï, où il prit ses quartiers d'biver (346). Dans la nuit du dimanche, vingt^deux du mois de chabân de la même année (10 octobre 1384), Chah Choudjâ' passa du réduit obscur luKde l'adversité et du ballier des tribulations dans le parterre du repos et la roseraie de la tranquillité. C'était l'élite de la famille et la crème de la dynastie des Mouzaffèrides. Il se distingua par son bon caractère, son esprit subtil^ ses nombreux talents et ses vastes connaissances. Il vé-
eut cinquante-trois ans et denx moîs^ et régna pendant yingtcinq ans, dix mois et yingt joars. Après son décès, son fils Chah la hia remplaça son père à Iszphahân, et son antre fils Sonltbân Ahmed, le remplaça dans le Kermàn. Ces deux frères furent continuellement ennemis et rivaux Tunde Tautre (347).
Année 787. (A. D. 1385-86.)
Le sulthân Mourad-kbân , souverain du Boûm mjj ^I j, conquit, cette année, les châteaux forts à'Uèhdah aiCI (peut-être àJLl Uskuba ou «ujCl Uskubia) et de Maroula aJ^jU (348). Il tomba une multitude de vases ^^Li. d'or et d'argent entre les mains des héros victorieux de l'islamisme, qui se les posaient sur la tète. Cette idée plut singulièrement au sulthân Mourad-khân; et ce fut à cette époque que parut Vuàkouf (orné) d'or et d'argent.
Dans la même année l'émir Timoûr s'avança jusqu'à Soulthânyïeh dans l'Iraq^; et, après avoir soumis cette ville, il partit ^tfrf'pour le Roustèmdâr et le Mazèndérân (349), d'où il revint à Samarq'ande; et il passa fhiver à Sâly-Serai. Dans la dite année Touq'tâmiche-khân envoya à Tèbrîz une armée de cinquante mille cavaliers pour en expulser le sulthân A'hmed ; et il s'en retourna ensuite en passant par Dèrbènd dans le Chirwân (350).
Année 788. (A. D. 1386-87.)
Le sulthân Mourâd-khân fit, cette année, la conquête des châteaux forts de Zthnah^ de Q'ara-wèrïah, de Dirâmah, de Q^awalab, et de Monastir (351). Dans la même année, l'émir Timoûr, ayant appris que l'armée de Tonq'tamiche-khân était venue ravager Tèbriz et l'Adzèrbaïâjân, résolut d'y faire une campagne, et se mit en marche de ce côté-là. Il soumit l' Adzèrbaïdjân, ainsi que la Géorgie (le Gurdjistân), et alla passer l'hiver dans le Q'arabâg d'Arrân (352).
Année 789. (A. D. 1387).
L'émir Timoûr voulant, cette année, mettre on terme an brigandage de Q'ara-Monhammed le Turkoman (353), quitta ses quartiers d'hiver du Q'ara6àg\ et se dirigea vers rAdzèrbaïdjân. A son retonr, Parmée passa par la plaine de Mouche et d'Akhlâth. Le prince de ce pays n'étant pas venu lui rendre hommage, Timoûr ordonna de piller et de dévaster les uloûs et les tribus nomades vassales oULi») de ces parages, s'empara des bords du lac de Yàn et vint à ' Aadildjuwàz: Le prince de ce pays vint se soumettre à la domination de Timoûr ; celui-ci se rendit alors à Yàn, en passant par Bèndi-mâhy (354). L'émir Timoûr résolut, la même année, la conquête de l'Iraq' et du Farse. Il apprit (dans le Chirwân), que Touq'tamiche-khân avait pillé et ravagé le Ma-wèra-nnahr (la Transoxane). Il confia alors la souveraineté ^^\J:> et le gouvernement de Ghirâz à la famille de MouzafiFër, emmena de cette ville avec ses maisons nomades «^r^jU, le noble et érudit Mir Seïd Djordjàny, et tourna la brio^ du départ vers Samarqande (355).
Année 790. (1388 de J. C.)
L'émir Timoûr prit, cette année, le parti de faire une cinquième expédition dans le Ehaurizme. Il soumit de nouveau cette contrée, et rasa les tours ainsi que le mur d'enceinte ©jL^ •^ ^J^'
[Jï{àe sa capitale) (356).
Année 791. (1389 de J. C.)
Touq'tamiche-khân se mit, dans le courant de cette année, à la tète de son armée, avec l'intention de combattre l'émir Timoûr; mais il revint sans avoir atteint son but. L'émir Timoûr tourna la bride de son coursier vers le MogouUdân (la Hong olie), qu'il envahit et dévasta. Il envoya son fils Mirân-châh expulser
les tnéliks serbédâirs, et fit partir Ujâmyri^ourbâny pour le Ehoraçân (357).
Année 792. (A. D. 1390-91.)
Cette année Atdîn-Aug lou (le prince d' Aïdin) se soumit bénévolement et de plein gré à la Porte dn belliqueux (gâzy) snlthân Mourâd-khân. La khouthbèh et la monnaie furent ornées des titres honorifiques de ce monarque.
Année 793. (A. D. 1391.)
Le sulthân Mourâd-khân livra bataille , cette année, à Lâz auglou (Lazare, qral ou roi de Servie), et fit prisonnier le généralissime des Infidèles nommé Despote (358), quMl fit mourir. Un des chefs (émirs) infidèles nommé Miloche (Eobilovitche) s'empressa de venir offrir, d'un air soumis et respectueux, ses hommages à l'héroïque sulthân. Lorsqu'il eut l'honneur de baisser la main de ce monarque, il renversa, d'un coup de poignard, ce cyprès du bosquet de la souveraineté, et l'abattit dans la poussière de la destruction. Par suite de cette blessure, ce monarque, qui se plaisait à combattre les Infidèles, prit son essor vers les régions éthérées j^ ^\ , et fut admis au rang des martyrs. Il était âgé de soixante-cinq ans, et, en avait passé trenteun sur le trône. Il laissa deux fils nommés Bdérime Balézid (Bajazet l'éclair) et la qoûb Tchèle'by. Le grand vézir de ce sulthân, martyr, (359) fut Khaïr-uddîn Pacha, devenu célèbre sous le nom de Q' ara-khalU\ *Aly-Pacha et Szaroudjeh-Pacha (le blondin), qui parvinrent au rang de vézîr, étaient l'un et l'autre ses fils.
Le sulthân Ildérime Bâïézîd remplaça son père, sur le trône, à l'âge de quarante-quatre ans, et fit mourir son frère laqoûb- ^eH* Tchèléby . Ce fut le premier des sulthâns othomans qui attenta à la vie de son frère. Il confia le poste de vézîr à * Aly-Pacha et à Timourthâche-Pacha. Les mines de Q'arathowa o^Lr*» ^®s châteaux forts à^Uskùub (Uskoupia, Scopi) et de Siroz jjj^ (Sères)
tombèrent, la même année, entre les mains d'Evrént)s-beI (360), ainsi que les places fortes d'Alacbehret de Valacbie {Jflâq)^ dont le prince se soamit à an tribut (361).
Notice sur les savants ^Uc et les cheïkhs, contemporains du
sulthân Mourâd-khân.
Ce fut d'abord le manlla Djémâl-n ddin d'Aq séraï, qui au sçn de tous les littérateurs, descendait, à la quatrième génération, de l'imâm 'Fakhr-u ddin Râzy (de Reï) (362): il a écrit des gloses marginales extrêmement fortes de raisonnement «UL* C^Uj^ sur le l^lunk (Élucidation) ; 2) le mauUa Fânary, qui est venu de Perse, et qui fut admis au nombre des disciples du mauUa Djé-
mâl-u ddîn d'Aq'sèrâï: il devint, to peu de temps, le plus érudit des savants du pays de Roûm (Asie mineure). Le chérif Mîr Seïd Djordjâny vint dan^ la ville d'Aq'sèrâï pour faire une visite au mauUa Djé'mâl-uddîn: mais celui-ci était mort-à cette époque, et l'entrevue ne put avoir lieu: les productions de ce mauUa sont célèbres; 3) le mauUa Ma'hmoûd, qui était qâzy de Brouça: il est généralement connu sous le nom de Qodjdh lEfèndy. Son fils Mouça Tchéléby se rendit en Perse pour y faire ses études, et acquit la connaissance des diverses branches des sciences mathématiques. Il est devenu célèbre dans le Ma-wérornuahr et le Khoraçan sous le nom de Qazy'Zâdéh-Roûmy. A l'époque oîi Mirza Ulug-big, fils de Mirza Châhrokh et petit-fils de l'émîr Timoûr, fonda l'observatoire de Samar qande(363), il fut son colloborateur q)^ (pompagnon de voyage); 4) le mauUa Bourhânuddîn À'hmed, qui était q'âzy d'Ârzèndjân, et à qui l'on doit des gloses marginales sur le IfeW A (Élucidation): elles sont intitulées Terdjîh (Préférence) (364). En fait de cheïkhs du sulthân, on cite Hââjy-begtâche, que les habitants du pays de Boum reconnaissent comme le pôle des pôles (365).
Année 794. (A. D. 1391-92.)
On exposa, cette année, au sulthân Ildérime Baïézîd, qu'un ^J^f
penomiage nommée Q'àzy Bonrhàn-Qddtn était devenn inrince (îcàly) da Soûm (de TAsie mineure). Le sulthàn se rendit dans ces parages avec l'intention de se rendre mattre dn Roùm. 0 conqnit snccessivement les châteaux forts d'AmàcIa (Amasie sur riris), de Toq'âte (ancienne Berisa)y de Samsonn (ancienne AmisuS'Efêpaloria) et de I>jânik (366)
Année 796. (A. D. 1392-93.)
Le snlthân Bâïézid résolut, cette année, de mettre un terme aux^ empiétements sur son territoire que s'était permis l'année précédente Koeuturume Sâîézîd (Bajazet le Perclus), d'après les instigations du prince de Mèntécha. Le sulthân, fondit avec la rapidité de la foudre, sur Koeuturume Bâïezid, qui, par un effet du hasard, mourut sur ces entrefaites (367). Son fils Isfèndiâr prit la fuite, et se rendit à Sinope. Le prince de Mèntécha alla faire sa cour à l'émir Timoûr, qu'il incita à venir dans le pays de Koûm. Dans la même année, les châteaux forts de Taraqlou, de Boeuzlu (368), de Q'asthamouny et de'Otzmândjiq' tombèrent également au pouvoir des amis (partisans çLiJ) de la dynastie othomane (369).
Le samedi, huit du mois de rè^jeb de la dite année (22 mai 1393 de J. C.) l'émir Timoûr fit passer au fil de son glaive impitoyable tous les membres de la famille des Mouzafférides, et prit intégralement possession de toute la province de Farse. Un poète dit à ce sujet (370).
(Vers.) Prends exemple sur la famille (la' lignée) de Mouzaffèr, sur ces rois qui ont enlevé la paume aux autres monarques. Vois comment ils se sont endormis (à jamais) dans la neuvième nuit du mois de rèdjeb de l'année sept cent-quatre vingtquinze de l'hégire (371).
Année 796. (A. D. 1393-94.)
Le snlthân Ildérime Bftlézld fit, cette année, la conquête du
château fort de Saloniqne %îLj^ (372), qui est une riante bour* gade du pays de Koûm (de la Ronmilie), et qui a toir|oiirs produit des hommes distingué par leur mérite et réfléchis O^jy^fj^^)*- Dans la même année Témir Timoûr fit la conquête de la ville de Bagdad (séjour du salut), du château de Tékrit et de quelques villes r^ii ^ji^ du Kourdistân (373). Ce fut également l'année ^'^î^' de la naissance de Mirza Ulug'big, fils de Mirza Chahrokh.
Année 797. (A. D. 1394-96.)
Le roi (qral) de Hongrie (Sigismond) arriva, cette année, de la Yalachie, et assiégea le château fort de Niguébouly ^^ (Nicopolis en Bulgarie). Dès que cette nouvelle parvint aux oreilles d'Ildérime Bàïézld-khân, il se dirigea vers ces parages avec la rapidité de l'éclair et l'impétuosité de l'ouragan. Il se livra entre les deux parties belligérantes une grande bataille, où le perfide jUf jij roi de Hongrie fut enfin battu. Les musulmans firent tme multitude considérable de prisonniers: le roi eut mille peines à se sauver de ce gouffre altéré de sang, et prit la fuite (374). Dans la même année, le sulthân Ildérime Bâïézid fit construire le château fort de GuzddjéRhiszâr (Beaufort) sur la côte d'Anatolie en face de Bogâzhiszàr (du château des Dardanelles), et celui de GhUy ^i (ou de (Jhilly ^JLi) fut également conquis (375). (Le sulthân) envoya un émissaire à l'empereur {tekkoûr j^ aviocratar) de Constantinople et lui témoigna le désir de s'en rendre maître. L^auiocraior j^ de Constantinople fit sa soumission au sulthân Bâïèzid-khân , et s'engagea à payer annuellement ,au di-^ van du sulthân un tribut de dix mille pièces d'or (376). H fut convenu qu'il serait installé un q'âzy musulman dans un des quartiers (377) de la ville de Constantinople, qui est connu sous le nom i^Islâmîjé (de l'Islamisme), qu'on y construirait une mosquée cathédrale et un minaret, d'oti l'on annoncerait la prière aux Fidèles (378). Les dogmes de l'islamisme furent professés, de cette manière, pendant quelque temps. Mais à l'époque des bou-
leversements politiques de l'émir Timoûr, les Infidèles démolirent la mosquée cathédrale ainsi que le minaret , et expulsèrent les musulmans du côté du pays de Roûm (Asie mineure).
Année 798. (A. D 1395-96.)
Le sulthàn parvint, cette année, à se rendre maître des châteaux forts de qjki^ Kângrah ou ^jsJi Kângry (379), de Malâ- . thiah, de Dérèndeh, de Diwriguy et de Bèhesny ^^y^-*«j (380).
Dans la même année, un seïd nommé Q' awâm-u ddîn (381), qui était un des descendants de l'imâm Mouhammed^^5/^V^(?), prit le parti de se fixer dans la ville d'AmouL du Mazèndéràn, dont les habitants lui témoignèrent la plus grande vénération ^[ê^\ et devinrent ses adeptes et ses néophytes; si bien qu'A- ^ y/^' fraciâb Djélawy, qui était wédy (prince régnant) du Mazèndéran se convertit à sa croyance. Lorsqu'il vit, que le zèle et le dévouement de ses disciples et de ses adeptes étaient portés à leur comble et parvenus à leur plus haut période, il profita d'un jour oii Afraciâb était venu lui rendre Visite, pour s'emparer et se défaire de sa personne. Il aspira alors à l'autorité souveraine, et se révolta. Son crédit s'accrut et se consolida, de jour en jour, à un tel point que le gouvernement de ces contrées lui fut dévolu. Les princes du Mazèndéran, qui y ont régné jusqu'à ce jour, appartenaient à sa lignée. Depuis quelques années, le chah Szèfide ^Abbâs s'est rendu maître de tout ce pays, à titre d'héritier de la fille de Mîr 'Abd-allah du Mazèndéran, et a institué un lieutenant chargé de l'administrer en son nom (382).
Année 799. (A. D7 1396-97.)
.L-émtr Timoûr confia, cette annéej(S8B), le gouvernementjde Hérftt. À son fils Mirza Châhrokh ; et, par. un effet de la bonté infinie du souverain dispensateur des grâces (qu'il soit glorifiéiet exalté t),^il naquit heureusemei^ijt, la»même année, à Mirza Chah-
rokh un fils nommé Mirza Bs^sonq'or. Il vit le jour dans la capitale de Hérât, à l'heure du déjeuner du samedi, vingt-un du mois de dzy'l-hiddjéh de la dite année (15 septembre 1397).
Année 800. (A. D. 1397-98.)
Mélik Thâhir (lisez Ji^lL Thâher-tèn) (384), prince J'U
d'Àrzèndjân, fit sa soumission à la cour du sulthân Ildérime Bàïézîd-khân, et envoya à la Sublime Porte les clefs de ses places fortes. Dans la dite année, l'émir Timoûr partit pour l'Hindonstân avec le dessein d'en faire la conquête (385).
Année 801. (A. D. 1398-99.)
L'émir Timoûr conquit, pendant cette année, la plus grande partie de l'Hindoustân. Il défit le sulthàn Ma'hmoûd-khàn ainsi
que Mellou-Khân ^jU ^L, souverain de ce pays, et tourna ensuite bride pour revenir à Samarqande (386).
Année 802. (A. D. 1399-1400.)
L'émtr Timoûr marcha, cette année, pour la dernière fois, contre l'Iran et prit ses quartiers d'hiver dans le Q'arabâg" d'Ar- ^^f • ràn. C'est ce que les historiens nomment la gu^re de sq^ ans (387). Le sulthftn A'hmed et Q'ara louçouf, craignant le choc de ses armées formidables ^l «^M^ prirent la fuite, et se rendirent, d'un commun accord, dans le Roûm (l'empire 'othoman).
Lorsqu'ils furent arrivés à Béhesny ^j^-^ , il s'éleva entre eux quelque mésintelligence dj ji^ de la poussière) suscitée par de perfides sycophantes indignes du pain et du sel de l'hospitalité. L'émir Q'ara louçouf retourna sur ses pas et le sulthân A^hmed partit pour le Boûm (l'Asie mineure), où il eut l'honneur d'obtenir à Angouria (Angora, ancienne Ancyre) une entrevue avec le sulthân Ildérime Bâïézid. Ce souverain ayant pris à tâche 4e l'honorer et de le traiter avec respect, lui céda la ville de
KoutdJAeh (ancien Gotyaeum sur le Thymbris) pour subvenir à ses dépenses. Dans cet intervalle, Pémir Q'ara louçouf vint paiement à Angonrïahy et le sultbàn lui assigna, pour son entretien, les revenus à^Aqchehr (Antioche de Pisidie (388).
Année 803. (A. D. 1400-140L)
Dans le courant de cette année, l'émir Timoûr résolut la campagne du Roum. Il conquit d'abord le château fort de Siwâs (Sébaste), d'où il marcha sur VAràbistanj et vainquit le sulthân Ferroukh k^ (389), souverain de l'Egypte et de la Syrie. Il le poursuivit jusqu'à la Syrie, qu'il envahit et livra au pillage. H fit briser le tombeau d'Iézîd, fils de Mo'âwlah>, dont il livra les ossements aux flammes (390). Il revint de là prendre ses quartiers d'hiver dans le Q^arabâg'.
Année 804. (A. J). 1401-2.)
Le sulthân Ildérime Bâïéztd s'avança, cette année, jusqu'à Angouriah (Angora ou Ancyre) pour livrer bataille à l'émîr Timoûr. Les deux armées en vinrent aux mains: les peuplades des sandjaq s de GiAermiân et de Mèntécha (ancienne Carie et léycié) ainsi que les Tatares firent défection au sulthân Ildérime Bâîézid, et se joignirent à l'émîr Timoûr. Cette défection affaiblit (découragea) complètement l'armée du sulthân, dont les valeureux héros combattirent et luttèrent avec le plus grand acharnement depuis l'aube du jour jusqu'au coucher du soleil.
Mouszthafa Tchéléby , fils du sulthân , disparut dans la mêlée, et une partie des troupes prit la fuite. Le sulthân lui-même fut fait prisonnier les 9 du mois de dzy f-hiddjeh de la susdite année (le 20 juillet 1402), au moment du coucher du soleil, par Soulthân Mahmoûd-khân, qui l'amena à Timoûr (391).
Année 805. (A. D. 1402-3.)
p. hJ. L'émir Timoûr passa l'hiver de cette année dans la province
à^Aîdine {ASAîne-Uy^ ancienne Mysie), qui fait partie de TAnatolie. Il restitua à leurs anciens maîtres toutes les provinces qu'il avait enlevées au sulthân Bâïézîd. H rendit, par conséquent, Qasthamouny (392) à Isfèndiâr-hey-ogloUy Qaramân (la Caramanie) à Qaramân-o gloUj le pays de Kermiân ou Ouermian et celui de Mèntécha à leurs héritiers (légitimes).
Il avait même l'intention de remettre en liberté le sulthân Bâiézid-khàii et de lui restituer tous ses états héréditaires. Il reçut, par un effet du hasard, dans la journée du jeudi, quatorze (393) du mois de chabân, de Tannée précitée (10 mars 1403), la nouvelle que le sulthân avait succombé, à Aqchehty à l'asthme et à une angine jL»^ ^j^i ^3^< Ce monarque était âgé de soixante ans et en avait régné treize (394).
n a laissé de nombreux vestiges^ UT de ses fondations pieuses et de ses établissements de bienfaisance, entre autres: une mosquée cathédrale et une superbe cénobie ^Ic aj^Ij à Andrinople. Il a en outre fondé des mèdrècès (collèges), des mosquées cathédrales, des cénobies Ll^j, une maison de santé (pour les aliénés), et d'autres établissements d'utilité publique dont il acheva la construction (395). H laissa, en mourant, cinq fils nommés Sulthân Souleïmân, Sulthân. Mouhammed, 'Iça, Mouça et Mouszthafa (396).
Notice sur les savants et les cheikhs, qui ont été les contemporains du sulthân Hdérime Bâïézîd.
1) Le cheïkh 'Hâmid, fils de Mouça d'Aq'sèraï, gui avait des visions extatiques UuLT, que Dieu avait doué de vertus et de dons extraordinaires oL[/ (397), et qui jouit encore d'une grande vénération parmi les habitants de cette contrée. Son glorieux tombeau se trouve dans cette ville.
2) Le cheïkh Beïrâm Soulthân (398), qui fut d'abord mouderris (lecteur), et qui renonça à cette carrière pour jouir de la
société du cheîkh 'Hâmid. H eut également des visions extatiques, et reçut de la divinité des vertus extraordinaires ainsi que la faculté d'opérer des miracles (des choses surnaturelles wb U .»). Il est inhumé à o>il Aiiqirah (Ancyra)*).
^jH^ 3) Le cheîkh Chéhâb-u ddîn Siwâcy (de Sébaste), qui fut d'abord attaché au service de quelqu'un, comme serf (É^ «^ esclave mamelouk ou mortaillable), et qui entra ensuite au service du cheikh Zeln-uddin (399) Khaufy ^ly^(de £%a<dans le Khoraçan), où il se perfectionna dans la science de la mysticité ou
du szoufisme ^jyol ^: il est enterré dans un lieu nommé JUI
Analig ou JUl Jtalig (?) (400).
4) Le cl^elkh Q'outhb-u ddin Imîqy (le Nicéen), qui eut une entrevue avec l'émir Timoûr, à qui il donna de bons conseils.
5) Le maulla Chèms-u ddin Mou'hammed, fils de Mouhammed(?) et Fanûry (401), qui se rendit en Egypte pour s'y perfectionner dans les sciences, et qui revint ensuite dans l'Asie mineure. Il devint d'abord q'&zy de Brouça, et pins tard vézir. On a de lui des ouvrages remarquables en fait d'exégèse ^j^^ et de compositions arabes wLj^. Il fit enfin un pèlerinage aux deux temples sacrés (de la Mekke et de Médine).
6} Le maulla 'Hâfiz-n ddin Mou hammed le Kowde^ devenu célèbre soUs le nom de Bezzûz-oglou (fils du marchand d'étoffes). n a composé un livre très-estimé et connu sous le nom de Bez- Bàzy^ sur la solution des questions légales soumises à la décision du mmfly {fetwa ^y^i\
7) Le maulla Medjd-uddin Abou Thâhir Mou hammed de Ghir&z, qui, entre autres ouvrages, a composé un livre devenu
' ^) n B^agit probablement ici de la ville à^Ancyra située dans l'ancienne Gaiatie
des Bowiama-, et U est à présumer qu'il ne faut pas la confondre avec àajSàS
Asiy§tmMk on AnQfmmh (Ancyre), ville considérable d'AnatoUe, près de laquelle le sulthan Bi^azet fut vaincu et fait prisonnier par Tamerlan; voyez MasseliOi Dictiofinaire imteerid àtè géogr. du tMnde cmcien, du maym-âge et des temp9 modemeê eoffiparie$f articles Ancyre et Angoury.
célèbre sous le titre de Logat-i-Çamoûs (dictionaire intitulé Qamous ou Océm) (402).
8) Le mauUa Mou hammed, fils du maulla Chèms-u ddin Mou- 'hammed Fanâry (403), qui devint, à Tâge de dix-huit ans, mouderris (lecteur ou professeur) à la mèdrèceh du sulthân , où il donnait des leçons publiques.
9) Le maulla Bèha-u ddin 'Omèr, fils du cheïkh Q'outhb-u ddin, qui devint moufty.
10) Le maulla làr-i-'Aly de Chirâz,^qui était profondément versé dans les principes fondamentaux et les diverses branches de la jurisprudence ^j^j J^l.
11) Le maulla Ibrahim, fils de Mou hammed, le 'Hanéfite, qui était un homme extrêmement distingué et instruit: il fut également le moufty de son temps.
12) Le maulla Izz-u ddin ^Abd-ul Lathif, qui a commenté les Mèchâriq et le Mènûr.
1 3) Le maulla Â'hmed de Kermiân (ou Gouermï&n), qui était un exellent littérateur et un poète très-goûté. Il parvint au rang de commensal et de familier (favori) du prince impérial Sulth&n Souleïmân, à qui il dédia le poème (turk) de sa composition, qu'il intitula Iskèndèr^nâmeh (Âlexandréïde). Il eut une entrevue avec rémîr Timoûr, à qui ses facéties plurent singulièrement. Il Tin- '^^j* vita à venir aux bains, et les bons mots qu'il y adressa à cet émir, sont généralement connus et renommés.
Année 806. (A. D. 1403-4.)
L'émir Souleïmân, fils du sulthân Udérime Bâïézid, monta, cette année, à Brouça, sur le trône du sulthanat. Son frère Mouça Tchéléby prit la fuite et se réfugia chez le prince de Q^aramanie {Q aramàn-oglou) ^ d'où il alla chercher un asyle à la cour d'Isfèndiâr-big. Celui-ci le fit embarquer à bord d'un vaisseau, et l'envoya chez le vmvode de Valachie. On donne ce nom au fonctionnaire (ou magistrat) nommé darougah et sjsoubûchy
(préfet on gouverneur civil) dans le dialecte Boûmy (turk occidental). On donne par dédain «JJub^ dLJy» le titre de vtnvodah (voïévode) aux princes infidèles, qui se sont soumis au kharâdj (à la capitation). Son nom primitif (^^1 propre) était y>^ Mardjou ou Merdjou {Myrtsche). Lorsque les nouvelles se furent répandues à Brouça, Témir Soulelmân partit pour Edrènéh (Adrianople) (404).
Après avoir complètement terminé la campagne du Boum (de l'Asie mineure) l'émir Timoûr entreprit, cette année, la conquête du Ourdjistân (de la Géorgie) et la prise de tous les châteaux forts de ce pays. Il ordonna la restauration (reconstruction) de la ville de BéUegân dans TArràn (l'Arménie persane), qui était, depuis longtemps , entièrement détruite, de sorte qu'il ne restait plus aucun vestige de ses anciens édifices (405).
Année 807. (A. D. 1404-5.)
Dans la nuit du mercredi, dix-sept du mois de chabàn de cette année (19 février 1405), l'émir Timoùr Gourékàn se rendit à l'appel du Dieu de vérité , et fut admis , à Otrâr, dans le sein de la miséricorde divine pendant sa campagne de Chine {KMtha%). La discorde éclata entre ses fils et ses petits-fils; etMirza Ghâh-rokh finit par monter, dans le Khoraçân, sur le trône de la souveraineté (406).
Année 808 (A. D. 1405-6.)
Au commencement de cette année, Mirza Emirân-châli, fils de l'émir Timoûr Gourékàn, se rendit de l'Adzèrbaldjân dans le Khoraçân. Son frère Mirza Ghâhrokh, ayant été instruit de ce départ, chargea plusieurs ^«^ émirs (généraux), tels que Szoufy- 'Ijl^^/^'tarkhân, l'émîr Djéhân-mélik et l'émîr Firoûz-châh d'aller à sa rencontre à la tête de cinq mille hommes de cavalerie.
Us devaient, dans le cas où son Altesse viendrait en qualité de prétendant au trône et avec des intentions hostiles, prendre
à tâche dô le repousser. Si, an contraire, ce prince désirait voir Mirza Ghâh-rokh en qualité de frère et pour faire acte de soumission, comme l'exigeaient les circonstances, les dits émirs devaient remplir envers lui les devoirs de fidèles serviteurs. Mirza Châhrokh leur remit, en même temps, une missive basée sur les préceptes de l'honneur, dans laquelle ce prince rappelait à son frère les règles fondamentales (les statuts) de la paix et de la guerre. Les chefs précités partirent tous ensemble, et arrivèrent au camp du mirza Mirân-châh en un lieu nommé Kdpoûcke yJ'yM. Us y furent admis à l'honneur de baiser le tapis de son Altesse, lui remirent la dépèche de Ghâh-rokh, et s'acquittèrent du message dont il les avait chargés. Mirza Mirân-châh ayant, de son côté, protesté de son amitié , de son afiection et de sa sympathie, leur dit: «Son Altesse, mon auguste frère le sulthân, a reçu en partage un bonheur illimité et une étemelle félicité O^ \m^ ijj^\ 4lJ^3, ^j) , tandis que l'être suprême a fait retentir à ..tre oreaie .ttenUve à » vol. j^> ces p«.les sur les-
quelles se base notre espoir.» Nous fortifierons ton bras à l'aide de ton frère (407), et cette heureuse nouvelle: «Nous vous accorderons à l'un et à l'autre un pouvoir (surnaturel) uUJL (408)». Les émirs se firent un devoir d'adresser au ciel leurs actions de grâces et les voeux qu'ils formaient pour le jeune prince.
Dans cet intervalle Mirza Âbou- (Aba) bekr, ayant été délivré de la prison de Soulthânieh alla rejoindre son père. Après avoir tenu conseil entre eux, le père et le fils prirent la route de l'Adzèrbaldjân (409).
Année 809. (A. D. 1406-7.)
Cette année Mouça Tchèlèby et Iça-Tchèlèby, fils du sulthân Bâlézid,.se disputèrent l'empire et se livrèrent bataille. Iça-Tchèlèby fut tué, et Mouça-Tchèlèby monta sur le trône à Brouça(410).
Année 810. (A. D. 1407-8.)
Dans le courant de cette année, Mirza Mirân-châh, fils de rémir Timoùr Gourékân, qui, par ordre de son père, avait été placé sur le trône CJ^ ^j de Honlagou-khân, et qui, pins tard, avait eu le cervean ébranlé par suite d'une chute de cheval, devint incapable de gouverner ses états il.lTl.^ L^. Q'ara louçouf le Turkoman se révolta contre lui, et ils se livrèrent une grande bataille dans le canton de Serd-roûd (rivière froide), une des dé- '«^«•y/^» pendances de Tèbrîz. Le mirza fut tué dans cette affaire, et Q'ara louçouf prit possession de rAdzèrbaldjân (411).
Année 81L (A. D. 1408-9.)
Cette année Mirza Ghâh-rokh, se conformant à la sunnèt du Prophète (sur lui soit le salut!), ordonna que Ton observât fidèlement le précepte d'obligation imitative jJ^ C^x^j et que Ton
suivit l'usage établi j%^ ejcii, en soumettant à la circoncision ses deux fils Mirza Bal-Sonq'or et Mirza Mou hammed Tckùuky (ou Djoguy). «(Hémistiche) (412), ces deux joyaux extraits de la mine de la Félicité», qui étaient le frontispice O^y^ ^^ volume de l'allégresse, et qui mettaient le comble à la beauté de la face du bonheur (413).
Année 812. (A. D. 1409-10.)
Mirza Châhrokh donna, cette année, l'ordre de restaurer la ville de Merw (414), qui était une des plus célèbres du Khoraçan, et la résidence royale des augustes sulthàns. On commença, à reb&tir cette charmante cité, qui, par le laps du temps et par suite des vicissitudes diurnes et nocturnes, était tombée en ruines, et dont il ne restait plus que les vestiges et les décombres de ses anciens édifices. Depuis l'année 620 (A. D. 1223), époque où ToulouT-khân, fils de Tchinguiz-khân, avait donné l'ordre
de la détruire (démolir) jusqu'à la dite année 812, où l'on commença à la restaurer, il s'était écoulé cent quatre-vingt-dix années, pendant lesquelles cette ville avait servi de gtte aux lièvres et de tanière aux renards. Bref, cette ville fut repeuplée en peu de temps et redevint florissante.
Année 813. (A. D. 1410-11.)
L'émir Souleïmân jnarcha, cette année, à la tète d'une armée, sur Lj^ (Bourça^ Brousse) dans l'intention de livrer bataille à son firère Mouça-Tchéléby. Pendant le combat, l'armée de Boumilie fit défection à Mîr Souleïmân, et se joignit à celle de son frère Mouça-Tchéléby. Cette circonstance décida l'émîr Souleïmân à prendre la fuite, et on le trouva, au bout d'un jour (415), mort dans un village. Mouça-Tchéléby monta sur le trône du sulthanat, et devint souverain absolu du Roûm. L'émir Souleïmân avait ré^é sept ans et sept mois (416).
Année 814. (A. D. 1411-12.)
Au commencement de cette année Mouça-Tchéléby se rendit maître des châteaux forts de Modrèni ^J^^ de Parawady iS^^j^Ji (c5^'^Lre wafè), de KoeuprUu et d^Aqtchèboly (417). La même année, Mirza Khalîl, fils de Mirza Mirân-châh, qui, pen-^'/^» dant la campagne du Khithaî (de la Chine septentrionale), avait* suivi le glorieux étrier de son auguste aïeul, vint, après la mort de ce dernier, surprendre la ville de Samarqande, où il s'empara de tous les trésors de la terre qui y avaient été accumulés par son aïeul. U se rendit enfin à la cour de son oncle paternel Mirza Châhrokh, qui l'envoya dans l'Iraq'. Il mourut à Chehriâr, une des dépendances de la province de Reï (418).
Année 816. (A. D. 1412-13.)
Pendant cette année, l'émîr 'Qara louçouf le Turkoman partit, à la hâte, de Tèbrîz et arriva dans le Q'arabâg à'Arrân
ioU^ d^s iSonieitô), d'où il envoya an ambassadeur à Cheikh Ibrahim , prince du Chirwàn , à qoi il proposa la paix. Le seld A'hmed, prince de Ghèky et OustèndU JjjjJU^T (Constantin?) le Géorgien), prince de Zagoum ou Zanoum ou Zagcme Jj)^ de concert avec Cheïkh Ibrahim, refusèrent de se soumettre, et rejetèrent la paix. Q'ara louçouf passa TAraxes^^jl, et Ton se livra plusieurs combats de part et d'autre. Dans cette lutte Cheïkh Ibrahim, ainsi que son frère Bahloul et Gustèndil (Constantin?) le Géorgien, furent pris dans le lacet de l'adversité (eurent le malheur d'être faits prisonniers). Q'ara louçouf précipita dans l'enfer Gustèndil (Constantin) avec son frère et trois cents aznaxMTB (gentilshommes) géorgiens. Il pilla la ville de C^amàkhy (ou Chamâkha) et revint à Tèbriz. Cheikh Ibrahim, Cheikh Bahloùl et le q'azy mauUa Zahir-u ddin furent amenés enchaînés dans l'Adzèrbalcyân. Cheikh Ibrahim s'obligea à livrer à Tèbrtz et à verser au trésor tous les ustensiles enrichis de pierreries ainsi que les vases d'or et d'argent qu'il possédait dans le Chirwàn. Cheikh Bahloûl compta pour sa rançon (le prix de son sang) une Bonune de deux cents toumâns, et le q'àzy en paya cent autres, à condition qu'ils seraient l'un et l'autre remis en liberté. Châkh Ibrahim, ainsi que son frère et le q âiy , ayant rempli leurs engagements, recouvrèrent leur liberté et retournèrent sains et saufs dans leur pays (419).
Année 816. (A. D. 1413-14.)
Au commencement de cette année, le sulthân Mou'hammed ^^l^-JAKhân, fils du sulthân Ildérime Bâiézîd (Bajazet) s'assit sur le trône du sulthanat. Nous allons donner ici quelques détails à ce sujet. Pendant les guerres intestines survenues entre ses frères o'j^'-fe *^Lf^j 1® sulthân Mouhammed, après la mort de son père, se soumettait par fois à eux et se fixa dans le sandjâq' que son père lui avait conféré de son vivant, jusqu'à ce que
Eoenr-châh^mélik, véztr de son frère Moùça-tchéléby, se révolta contre son bienfaiteur, se jeta dans les bras 4SL« j^ de l'autocrate de Constantinople J^^:^) ^^, et envoya, de concert avec Evrénos-beï, . un émissaire à la cour du sulthân Mouhammedkhàn à Amâciah, afin de l'engager à prendre les rênes du gouvernement. Ce prince, se rendant à leur invitation, vint à Bourça (Brousse), et passa, avec le secours de Tautocrate de Constantinople, de Galipoli en Roumilie (Romanie). Tous les émirs (les chefs) qui étaient de son parti, allèrent au devant de lui à Ândrinople. En apprenant ces nouvelles Mouça Tchéléby prit la fuite. Le sulthân Mouhammed se mit à sa poursuite: les serviteurs du sulthân s'emparèrent du fuyard en un lieu nommé ^L^ Sumâqlùu^ et le mirent à mort conformément aux ordres du souverain. Le sulthân Mou hammed-khân ayant pleinement recouvré son indépendance, s'assit sur le trône du sulthanat (420). A la fin de cette année, le prince de Caramanïe (E'aramân-og'lou), ayant attaqué la ville de Bourça (Brousse) pilla et dévasta ce pays, et s'en retourna. Le sulthân Mouhammed-khân le poursuivit jusqu'à Q'onïeh (Iconium), et il s'y livra une grande bataille. Mou hammed-bey le Q^aramân-og'lou (prince de Caramanie) fut fait prisonnier avec son fils Mouszthafa-bey. Le sulthân Mou hammed-khân pardonna au père et au fils les fautes dont ils s'étaient rendus coupables, et leur octroya une partie des provinces Cjijij de Q'aramân (de la Caramanie) (421).
Le sulthân Mouhammed-khân reconquit les châteaux de Samsoun, d'Iskilib, de Siwry-'hiszâr, de Q'ir-chehr, de Nikdeh, d' Aq-chehr, d'Iénny-chehr, de Sîd-i-g'âzy, d'Arg'ady ainsi que la ^^'"*g/^ contrée nommée Sa'ïd-îly, qui tombèrent au pouvoir de la dynastie victorieuse (422).
Dans la même année Mirza Chahrokh partit, à la tète de son armée, pour la province de Farse, afin d'en expulser Mirza Baï-
q'ara, fils de son frère, qai avait levé le drapeau de Tinsiirreetion. Lorsque le cortège impérial s'arrêta à Ghirâz sur la place (l'hippodrome) de la Félicité , Mirza Baïqara n'eut plus d'autre ressource que de s'humilier et de se soumettre. H eut recours à l'intercession de Mirza Baï-sonq'or, le généreux fils de Sa Majesté, se jeta sur le cou un cimeterre et un linceul et demanda l'honneur d'être admis à baiser le seuil de son glorieux oncle Ghâhrokh. La générosité de ce monarque le porta à passer le trait de plume du pardon et de l'indulgence sur ses actions criminelles.
Année 818. (A. D. 1415-16.)
Au commencement de cette année le château fort de Saurûn Ohy^ (^) tomba au pouvoir des victorieux amis du sulthân Mou- 'hammed-khân(423). Cette même année Mirza Ghâh-rokh confia à son fils Suïourg atmiche l'administration et la souveraineté du Bèdekhchân (424).
Année 819. (A. D. 1416-17.)
Le sulthan Mou hammed-khân parvint, cette année , à s'emparer des châteaux forts de Eânqry |j>i^ de Tchaq'a U», de Toucïa Lm^ et de Bâqir-Koureh-cy ^^j^^j^ J^, (du district des mines de cuivre) (425).
Dans la nuit d'un jeudi du premier mois de djoumâda de cette même année, les Très-Haut gratifia Mirza Baî-sonq'or, fils de Mirza Ghâhrokh, d'un fils, qui naquit à Bâgîséfîd (àla YiUe blanche) dans la capitale de'Hérât, et qui reçut le nom de Mrza ^ila-uddaûlèt (426).
Le sulthân Mou hammed-khân donna, cette année, l'ordre de rebâtir le château fort à'Içâqtchy (427). Vers le milieu de la même année, Mirza Châh-rokh partit de 'Hérât pour aller visi-
ter le tombeau (mcMrttfrmn) resplendissant de lumière et la tombe parfumée de 'Aly-bèn-Mouça e r-Eiza. Le quinze du mois de cha'bàn de la même année (28 septembre 1417), il arriva k3Iè-^^sgf' chehed (martyrium), et y remplit toutes les formalités prescrites pour ce pieux pèlerinage. Il fit suspendre sur le tombeau purifié une lampe en or pesant trois mille mitzqûls , qu'il avait fait confectionner bénévolement et de plein gré. Après avoir jeté, à l'est de la tombe de ce saint personnage, les fondements d'un palais et après y avoir créé quatre jardins, il s'en retourna à Hérât.
Année 821. (A. D. 1418-19.)
C'est dans le courant de cette année que fut exécuté, dans le pays de Roûm (l'Asie mineure), Boeurékludjeh Mousethafa^ qui était le vicaire {khcdîfeh) d'un hérétique jixU nommé Simaumah dj^L- OgloUy qui prétendait avoir reçu le don de prophétie, et
qui s'était rendu dans le pays d'Aïdîne (Aîdine-Uy) , dont il invita les habitants à se soumettre à lui (428).
Année 822. (A. D. 1419.)
Mirza Châh-rokh demanda, cette année, en mariage pour son fils Djoguy (ou Tchoky) la petite fille de -l'empereur (padichâh) de Mongolie ^U*J^i« Mihr-nikâr A'ga, fille de Mouhammedkhân(?).
Année 823. (A. D. 1420.)
Le fils de Simawnah ayant appris, cette année, l'exécution de son Tûialîfeh (vicaire) Boeuréklu ou lour&du ^jyi) Mouszthafa (429), quitta les états bien gardés du sulthan Mou hammed-khân, et se rendit du côté de Samsoun^ où il s'embarqua pour aller en Yalachie. De là il se rendit à Silistria ejjuJL, où il fit un grand nombre de prosélytes et de disciples, et prétendit à l'empire. Le sulthftn Mou hammed-khân instruit de cet événement, envoya
quelqu'un à sa recherche, afin de s'emparer de sa personne. Celoi-ci l'arrêta en un lien nommé Zagora ojtj (anc. Devellt4s\ et l'amena à la cour du sulthân : on le pendit à Sirus j^j»:^ (Sèrès, anc. Semaé) (430).
Dans la même annéei Mirza Chah-rokh partit du Khoraçân, et se rendit dans l'Adzérbaïdjân, avec de nombreuses troupes, dans l'intention de faire la guerre à Q'ara louçouf. Lorsque les drapeaux de Châh-rokh projetèrent lehr ombre tutélaire sur les provinces vîUu* de l'Iraq', il arriva du côté de Tèbrîz un cour- ^bH* ri^r 9^^ apporta la nouvelle que Q'ara louçouf avait rendu son âme au créateur du monde, aux environs d'Afidjân, et que les Turkomans, agités et inquiets comme le vif-argent, avaient évacué le château fort de Soulthânïeh, et s'étaient dispersés de tous côtés. Mirza Châh-rokh se rendit, en toute hâte, dans cette , ville, et envoya précipitamment Mirza Bâï-sonq'or à Tèbrîz. Il vint lui-même camper, vers le milieu du mois de dzy'l-qa'dah (20 novembre 1420), à Soulthânïeh, d'où il partit pour le Q'ara- ^ bâg', et y prit ses quartiers d'hiver (431),
Année 824. (A. D. 1421.)
Cette année-là Mirza Iskèndèr, fils de Q'ara louçouf, se battit, pendant trois journées entières, avec Mirza Châh-rokh aux environs d'Alècheguerde. Il fut enfin mis en déroute, et revint à Tèbriz, où il s'assit sur le trône, après que Mirza Châh-rokh s'en fut retourné (432).
Année 825. (A. D. 1421-22.)
Le sulthân Mou hammed-khân, souverain du Roûm m^j ^Ij, succomba cette année (?) à la diarrhée Jl^l, et passa de ce
monde sans avenir J L* ,^ dans la demeure étemelle. H était âgé de quarante-huit ans, et en avait régné neuf. H avait en cinq fils nommés Soulthân Mourâd II, Soulthân Ma'hmoùd, Soulthân
lonçouf, Monszthafa Tchéléby et Eoutchak Soulthàn A'hmed (le petit STilthàn A'hmed). Soulthàn Ma'hmoùd et Soulthàn louçouf furent privés de la vue et finirent par succomber à la peste. Mouszthafa Tchéléby et Eoutchuk Soulthàn A'hmed (?) furent mis à mort par leur frère. Le sulthàn Mouràd II prit la place de son père sur le trône du sulthanat (433). Le sept du mois de rèdjeb de la même année (le 28 juin 142 2) le Très-Haut (qu'il soit loué et exalté!) gratifia Mirza Baï-sonqor d'un 'fils, qui reçut le nom d'Aboul-q'àcime Bàbèr (434).
Notice snr les fondations pieuses et les établissements de bienfaisance du sulthàn Mou hammed-khân.
n fonda d'abord à Bourça L^^ (Brousse) la mosquée cathédrale, la cénobie <u^)j et Vimârèt (hospice) nommés Soulthâméh^^* (du sulthàn), où se trouve son tombeau j)>o. Il fit en outre bâtir et acheva deux simples mosquées et deux bains dans la bourgade de Mèi^zifoun (ancien Fhazemon en Anatolie). Il assigna aux deux temples sacrés (de la Mekke et de Médine; puisse la Divinité accroître, de jour en jour, le respect et la vénération dont ils sont l'objet!) des legs pieux, dont il envoyait, chaque année, les revenus sur les lieux, pour y être employés conformément aux dispositions du fondateur ci^l^ 4^-
Il fit également construire et acheva, dans l'endroit nommé ^J^ Qanache ou Qiniche une mosquée cathédrale et un couvent sur la tombe de Mouhammed Big Minnèt-angiou (?), qui était un des plus glorieux et zélés défenseur de la foi ^J»^ Oljc. On lui doit encore beaucoup d'autres établissements de bienfaisance et fondations pieuses (435).
Notice sur les savants et les cheïkhs, qui ont été les contemporains du sulthàn Mouhammed 1*'.
1) Le maulla 'Haïdèr de Héràt, qui était un des disciples du
maulla Sad-td miUèl wSddin Masoûd Teftassàny et qui a composé des gloses marginales A^iL sur le célèbre commentaire du Q'orân connu sous le nom de Charh'i'Kèchechûf (Bévélateur de Zamakh chory). On a encore de loi un autre commentaire sur VIçagoudjy (Isagoge, tiaoLytèffi) (436).
2) Le maulla Fakhr-ùddin 'Adjémy, qiii *était un des disciples de Mir Sèld-chèrîf Djordjàny , et qui fut le coryphée des savants de celte époque (437).
3) Le maulla Q'ara laq'oùb (Jacob le Noir) de Nikdeh, qui était un homme extrêmement instruit et plein de talent (438).
4) Le maulla Bûlézîd connu sous le nom de Szoûfy^ qui devint le précepteur JL« ou professeur du ^ulthân Mou hammedkhân (439).
5) Le maulla Moùhamned Kàfiéhdjy^ commentateur de la célèbre syntaxe intitulée Kàfiéh (suffisante), qui n'a pas son pareil
en fait de compositions arabes ûQ^ 'Arëbyiât (440).
6) Le cheïkh Pîr Elias (père Élie) d'Amâcïah, qui avait reçu de Dieu le don de faire des choses surnaturelles CiLI^ 4^U>, et qui était révéré par toutes les classes de la société ji»^^
7) Le cheïkh * Abd-ul-CatUf de Mèrzifoûn (?), qui était le pôle cpjj (44 2) de son temps, et qui est inhumé à Bourça (Brousse). On a bâti sur sa tombe une cénobie, où l'on distribue du pain et
du ragoût ^i aux allants et aux venants (442).
8) Le cheïkh ' Ahd-ùr-Bahmùn (443) de Mèrzifoûn, qui était un des plus illustres successeurs (ou vicaires Uk) du cheikh Zelnu ddîn Ehaufy ^i^ et dont le glorieux tombeau se trouve à Mèrzifoûn.
9) Le cheikh 'Abd-ur-Bahmàn, fils de 'Houçâm-uddin de ^Jf^Qumiche ^j^*^^ qui était originaire de cette bourgade, et qui
avait des visions extatiques jL^ j»^ ^^U: il est inhumé à Aroàcieh (444).
10) Le cheïkh Zakaria Khàtwety^ profond mystique, adonné à la vie ascétique ej^l^j «Jj!-*^ c^U»: il est également enterré à Amâcïeh (445).
Le cheïkh Lidhf-allah^ fils de Isfèndiâr, qui s'était voué au aervice du cheïkh 'Hâdjy^ et qui monta jusqu'aux plus hauts degrés de l'ascétisme :>J' ^^jc aJU C»UUe: il est inhumé à Ba^- Kesry (anc. Miletopolis) (446).
12) Le cheïkh Choudjâ -ù ddîn Q'aramâny, Mouiaffir-ù ddîn de Laréndeh (ancienne Laranda), Bidr-uddîn Daqîqy,. S&alàhùddîn Boléwy (de Boly), Mousdi h-u ddîn Khcdîfeh et 'Omèr Dédéh de Brouça, qui étaient du nombre des khalifes (successeurs ou vicaires) du cheïkh 'Hâdjy^ et qui parvinrent aux plus hauts grades de la spiritualité. Leur tombeau jouit d'une ineffable vénération et d'un crédit sans bornes parmi les habitants de ces parages (447).
Année 826. (A. D. 1423.)
C'est dans cette année que débuta et s'insurgea dans le pays de Roûm (l'Asie mineure), le prétendu (Doemmdjéh) sulthân Mouszthàfa (448). Sulthân Mouszthafa, fils du sulthân Bâïézîd, avait disparu dans la bataille livrée à Ildérime Bâïézîd par l'émir Timoûr. Il parut à Salonique, dans l'année précitée, un individu qui se fit passer pour Mouszthafa Tchélèby (le gentleman)^ fils du sulthân Bâïézîd, qui avait disparu dans la bataille livrée à l'émîr Timoûr. Une foule d'habitants, ajoutant foi à ses paroles, se rangèrent sous ses drapeaux. Les fils mêmes d'Evrénos embrassèrent son parti et lui livrèrenWa place de Sirus. Il vint ensuite en Roumilie, et toutes les troupes qui s'y trouvaient le proclamèrent sulthân. Il fit mourir Bâïézîd - Pacha , mir-i-mirân (gouverneur-général) de Roumilie, et partit ensuite pour l'Anatolie.
Le sulthân Mourâd-khân le suivit, de son côté, jusqu'à Oulovbâd (anc. Lopadium\ où il rompît le pont et campa fin bord de l'eau (du Shyndaqué). Il attaqua pendant la nuit, à la faveur
des ténèbres, Doeuzumcfjéh Mous^thafa (le prétendu Moaszthafa), Tme'n.qoi prit la fuite et se rendit à Oaliboli (Gallipolis). n y fit mettre à la côte (449) les vaisseaux qui servaient au transport des passagers, et le sulthân Maurâd> de son côté, se rendit à Lampsaque (Lapsakà diL^'i) (450), où* il ressembla quelques navires, abord dAquels il effectua le passage à son tour^ et aborda dans la plaine nommée Adja ouAdjek-Gwacy (451). Doeuzumdjéb Mouszthafa, instruit de cette circonstance, se dirigea vers le lieu nommé QigU'Ogâtshe lénîc^èhcy^ où il fut suivi de près par un corps d'armée (452) du sulthân, qui le fit prisonnier, et qui l'amena à la cour du monarque, où il fut mis à mort par ses ordres.
Année 827. (A. D. 1424.)
Le sulthân Mourâd-khân fit, cette anpée, la guerre à Isfendiâr-bel, qui fut battu (453). La même année, ce sulthân s'unit , par les liens du mariage à la fille du prince des Lazes (de Sinope) (454).
Année 828. (A. D. 1424-25.)
Isfèndiâr-beï vint, cette année, faire la conquête de Tharaqlou. Le sulthân Mourâd-kbân en ayant eu avis, se mit en marche pour le repousser. Isfèndïâr-beï s'en retourna à Boli. Comme son fils Q'âcime-bel se trouvait à la cour du sulthân, tous les chefs (émirs) et les notables firent défection à Isfèndiâr-bel, et s'empressèrent d'entrer au service de Q'âcime-beï. Isfèndiâr-beï prit la fiiite, et se dirigea vers le château fort de Boli, d'où il envoya son fils cadet Mourâd-bel à If cour du sulthân, à qui il demanda pardon de ses fautes. Ce généreux monarque, qui se plsdsait à couvrir du manteau de sa miséricorde impériale les torts de ses serviteurs,, se montra indulgent à son égard et lui accorda son pardon. Isfèndïâr s'en retourna à Bourça (Brousse) (455). On compte au nombre des événements les plus remarquables et les plus mémorables de cette année la rédaction et la composition
jîjJ^ (collection) de Tadinirable histoire intitulée Zafèr-nâmeh (livre des victoires), dont nons sommes redevables à la .plume élégante et merveilleuse du mauUa Ghèref-uddin 'Aly A^Iejsd^ qui fut l'écrivain le plus éloquent de son temps et Tautenr le plus illustre de son siècle. Il la dédia à Mirza Chah-rokh , gr&ce à la protection et sous les auspices de son digne fils Mirza Ibrahim, qui,, à cette époque, était souverain de la province de Farse(456). En traçant les lignes de cette histoire, qui répandent le parfum du musc (ou qui ont la couleur du musc), sa plume a fait parvenir ses exhalaisons ambrées à Todorat de l'àme des grands et des petits. Il est de &it que cette plume, qui semait des perles ^^ et des pierreries, a opéré de tels miracles, qu'elle a attiré sur ce soleil qui éclairait le monde les rayons de l'attention de toutes les classes de la société. Puisse le Très-Haut l'en récompenser dignement!
Année 829. (A. D. 1425-26.)
Cette année le prince de Valachie, qui était généralement connu sous le nom de Vdhoda (voïèvode) Diralgowa (?) (457), saisissant le moment où le 3ulthân Mourâd-khàn (j'ajoute se trmir voit) en Anatolie, attaqua la Roumilie (Romanie), dont il pilla et dévasta plusieufs localités. Ces nouvelles étant parvenues aux oreilles du sulthân, il donna l'ordre à Firoûz-bel d'envahir la Valachie, à la tète d'un corps d'armée composé d'environ trois mille formidables cavaliers. Le voïèvode Diralgowa (?) en fut instruit et tellement saisi de terreur, qu'il se munit du kharaé(je (capitation), auquel il s'était soumis, et se rendît avec ses deux fils à la cour du sulthân, où il jura et promit formellement par un traité, qu'il ne se permettrait plus de susciter des troubles et ne commettrait plus aucune hostilité contre les états bien gardés du sulthân.
Dans la même année furent reconquis et incorporés de nouveau à l'empire othoman les pays soumis aux princes d'Aîdin-
ily, de Szara-i-khàn , de 'Hâmid*ily et de Mèndicha, qui obéissaient précédemment à la dynastie othomane^ sôus lé sceptre de laquelle ils avaient été rangés dans la classe des grands émirs, et qui avaient profité des bouleversements opérés par l'émir Timoùr Gourékân pour s'insurger et se révolter, en retirant leur tête du licol de la soumission. Les princes de ces différents pays prirent la fuite, et se réfugièrent chez Mou hammed-Beî, prince de Q'araman (458).
Dans la même année, Mirza Cbah-rokh entreprit et acheva la construction d'un somptueux édifice ^U djLc (grand 'imàièt) sur la tombe du Ptr-i-Hérâi (père spirituel de Hérât) Khaudjab 'Abd-allah Ânszâry (459).
Cette année le prince de Q'aramân Mou hammed-beï (big) osa se révolter contre Mourâd-khân et attaquer le château fort ^"^J/^' à^^nthûUa (460), qu'il assiégea. Un coup de canon tiré fortuitement de son coté , de l'intérieur de la place , lui disloqua tellement tous les membres, que son corps tomba en dissolution. Le sulthân Mourâd-khân était, à cette époque, occupé à faire la guerfe sainte aux infidèles. Les trois fils de Mou'hammed-beï (big), nommés Ibrahim, 'Iça et 'Ala-u ddin, se rendirent tous les trois, d'un commun accord, à la Porte du sulthân Mourad-khân après la mort tragique de leur père. La principauté de Q'aramâu fut conférée, grâce aux bontés du sulthân, au fils aîné Ibrahimbig, et il fut alloué à ses deux autres frères une pension et un traitement annuel ^^j «-r^'r*? ^ condition qu'ils resteraient attachés au service de la cour impériale (461).
Un des événements les plus importants de cette année consiste dans le coup de couteau qui fut donné à Mirza Chah-rokh. Voici l'historique de cet attentat: Son Altesse Mirza Chah-rokh, se conformant au texte sacré qui porte: «Hâtez-vous donc, vrais croyants, d'aller louer Dieu, lorsque nous vous appelons à la pri-
ère du jour du vendredi (462)!», honorait, tous les vendredis, de sa présence la mosquée cathédrale située dans l'intérieur de la ville de Héràt. Le vendredi, vingt-trois du second mois de rèbf de la dite année (22 février 1426), ce prince, ayant terminé' sa prière, s'était levé dans l'intention de sortir du mouszalla (463). Lorsqu'il était en chemin, un individu couvert d'un froc de feutre, nommé A'hmed le Lor^^ qui était un des disciples du maulla Fazl-allah Asterabâdy, se présenta, dans l'intérieur de la mosquée cathédrale, devant le prince, tenant un papier à la main, comme pour lui demander justice. Le mirza donna à Tune des personnes de sa suite l'ordre de prendre connaissance de sa plainte et de la lui transmettre. A^hmed le Lor courut, . sans balancer, droit au prince, et lui plongea dans le bas ventre la lame d'un couteau aussi brillante qu'une goutte d'eau; mais elle ne fit pas grand effet. Les émîrs taillèrent aussitôt en pièces, dans la mosquée même, ce misérable et forcené Lor. Mirza Baïsonqor et les émirs procédèrent aussitôt à une enquête, et l'on découvrit, dans la coiffe de sa thûqîeh (de son bonnet) une clef, à ^89.' l'aide de laquelle on ouvrit la porte d'une maison, où se trouvait un petit entrepôt (ou une petite halle 4xnl) de marchands de toiles (464). Cette découverte fut la cause de la ruine d'une multitude de maisons (ou de familles). On soupçonna d'avoir participé à ce crime l'émîr Qûdme-ènwâr (distributeur des lumières), le coryphée (ou sëiâ) des ascètes (465); et il émana, de la part du monarque, un firman, qui ordonnait son bannissement de la ville. En considération de l'intimité qui subsistait entre Mirza B^-sonq'or et ce seïd, on ne lui fit aucun mal. Le mirza alla, en personne, lui présenter ses respects , et dans leur conversation, le mirza lui dit: «Pourquoi vos actions ne s'accordent-elles pas avec vos paroles? (466).»
(Vers.) Pas tant de paroles (verbiage), Qâcime! Lève-toi et pars: jette du sucre au perroquet et de la charogne aux grues
Le vénérable émir sortit enfin, le même jour, de la ville
de Héràt, et un des littérateurs (beaux-esprits ^^Ui) contemporains nous a laissé, au sujet de cet événement, le chronogramme suivant (467):
(Vers.) Un jour de vendredi de Tannée huit cent trente, il se passa, après Theure de la prière, dans le Khoraçân et dans la
ville même de Hérât, un fait des plus surprenants. Un homme, - dont la marche était aussi bizarre (oblique) que celle de la reine sur réchiquier , voulut roquer (frapper un chah-rokh) et fut luimême maté.
Dans la même année, Mirza Suîdurg'atmiche (468), fils de Mirza Chah*rokh, qui était prince du Badakhchân, de (jaznin (ou 6'iznîn) et de Kaboul, passa dans la demeure étemelle, lorsqu'il eut atteint le terme qui lui avait été fixé par la divine Providence.
Année 831. (A. D. 1427-28.)
Cette année le sulthân Mourâd-khân fit mourir, avec tous ses gens (avec ses g'oûms ^lyO) le Turkoman Qieil-Qodjjahy qui rési* daità Tchoroum (469), et qui investait, chaque année, les provinces bien gardées de Tempire othoman. Cette année fut également celle de la conquête des châteaux forts de Çfodjah-qatacy (Rocher du Q'odjah), de Djànik, de Salonique, d'Alneh et de Q'ârita (?) (470).
Année 832 (A. D. 1428-29.)
Cette année le sulthân Mourad-khân demanda en mariage la fille d'isfèndiâr-big (471), et donna une grande fête ^^.
^/^' Au commencement de la même année, Mirza Chab-rokh, ayant conçu le plan de faire la guerre à Mirza Iskèndèr, fils de Q'ara louçouf le Turkoman , partit du Khoraçân pour f Adzèrbaïdjân. Les deux années en vinrent aux mains aux enyirons de Selmâs. La bataille se prolongea pendant deux journées entières, et Mirza Iskèndèr fut mis en déroute. Mirza Chah-rokh chargea
son fils Mirza Mou hammèd Ljjoguy (ou Tchoky) et plusieurs grands émîrs j LT ply*) (généraux de division?) d'aller à la poursuite de l'ennemi. Ils le poursuivirent jusqu'à Ârzeroùm; mais ils n'en aperçurent plus la moindre trace. Mirza Chah-rokh se retira de Selmâs et alla prendre ses quartiers d'hiver dans le Q'arabâg d'Arrân (472).
Année 833. (A. D. 1429-30.)
Mirza Chah-rokh confia, cette année, le gouvernement de la province (de l'état C^Ci^s) d'Adzèrbaï^jân, avec ses annexes, à Mirza Âbou-Sa'ïd, fils de Q'ara-Iouçouf le Turkoman, qui, dans cet espoir, s'était rendu à sa cour. Mirza Chah-rokh quitta ensuite ses quartiers d'hiver du Q'arabàg', et partit pour le Ehoraçân (473).
Année 834. (A. D. 1430-31.)
Lorsque Mirza Ghah-rokh revint, cette année, de sa seconde campagne dans l'Adzèrbaldjân, et arriva à Hér&t, ou lui rapporta qu'il était venu du Ehaurizme un courrier, qui annonçait que l'armée uzbègue avait suscité des troubles dans ce pays; qu'il était arrivé des bords de VAnumeh de Nombreuses troupes destinées à attaquer le Khaurizme. L'émir Ibrahim, fils de l'émir Chàh-mélik, wâly (prince régnant) de ce pays, se sentant incapable de leur résister, partit pour Kâte et Khaiouk (474), et l'armée uzbègue s'empara du Ehaurizme, où elle commit de grands ravages: le pillage et la dévastation passèrent toutes les bornes. A cette nouvelle, Mirza Chah-rokh envoya dans ces parages une foule de grands émirs (généraux de division), qui s'empressèrent de se conformer à ses ordres^ et partirent immédiatement pour le Ehaurizme. Dès qu'ils y furent arrivés, ils exterminèrent l'armée uzbègue et la mirent complètement en déroute. Les émirs regagnèrent ensuite le Ehora^n (474 *). ^%l'
Année 835. (A. D. 1431-32.)
Cette année fiit celle de l'hcareuse naissance da sulthân Mou- 'hammed-khân II, fils du sulthân Mourâd-khân II, qui eut lieu dans le pays de Roûm mjj cJ^j (475). Il arriva, dans la même
année, des parages de l'Adzèrbaïdjân un émissaire, qui annonça à Mirza Chah-rokh que Mirza Iskèndèr, fils de Q^ara louçoaf, s'était raffermi sur le trône de cette province après avoir battu et tué son frère Abou-Sa'ïd, qui la gouvernait avant lui (476).
Année 836. (A. D. 1432-33.)
Dans le courant de cette année , Témir Khalil-allah , prince du Chirwân, dont il n'est pas nécessaire d'exposer et d'expliquer la noble extraction, puisque nous avons déjà fait connaître précédemment et à diverses reprises l'illustration de cette famille princière (477), reçut à sa cour le prince du sang lâr-i-Aly, fils de Mirza Iskèndèr, fils de Q'ara Iouçouf.(478), dont la conduite inconvenante avait tellement aigri son père contre lui qu'il avait été forcé de prendre la fuite et de se réfugier dans le Chirwân» L'émîr Khalîl le fit embarquer et l'envoya par mer à Héràt, à la cour de Mirza Châh-rokh. Celui-ci prit à tâche de faire à lâr-i'Aly (l'ami de 'Aly^ l'accueil le plus honorable et l'admit dans le cercle «JT^ des princes du sang impérial. Mais ce prince avait l'habitude de fréquenter une foule de vauriens, de malfaiteurs, de débauchés et de gens sans aveu, Turks et Persans (ou Tûdjik3 vSIa^U). Mirza Châh-rokh avait fait émigrer de l'Adzèrbaïdjân, et colonisé dans la ville de Hcrât à peu près dix mille familles turkomanes. C'était précisément à l'époque oii le maître fondeur ^f dlHj ^Ll.1 Ferroûkh venait de fondre son arc tonnant jcj 0^^> ^ l'aide. duquel il prétendait qu'il pourrait lancer un boulet en pierre S^ du poids de quatre cents mens. Mirza Châh-rokh était monté sur la montagne de Bâtdy-gâh (479) pour y voir manoeuvrer cet arc (ce mortier) , et observait de là tout
ce qui se passait. Il vit tont-à-conp paraître le prince {mir-zâ' deh) làr-i- Aly. C'était un jeune homme dont un seul coup d'oeil produisait sur la ligne de bataille de ses admirateurs le même effet que le jour du jugement dernier, et dont le regard péné- ^/^' trant prenait les coeurs de ses victimes éperdues d^amonr pour but des traits meurtriers de ses (tendres) reproches O^^^^ ^JsJ^- Dès que les habitants de la ville Taperçur^nt, ils accoururent subitement et hors d'eux-mêmes vers lui, et rendirent en se prosternant à ses pieds , un tel hommage à sa beauté, que personne ne songea plus à voir fonctionner Varc tonnant ou à tonnerre. Mirza Ghàh-rokh fut consterné envoyant ce qui se passait, et fit partir, aussitôt après sa. rentrée en ville, le mirza lâr-i-'Aly pour Samarq'ande, de peur que les Turkomans et les gens du Eboraçàn ne se ralliassent autour de lui, et qu'il n'en résultât des troubles dans toute la province.
Année 837. (A. D. 1433-34.)
Le sulthân Mourâd-khân s'unit, cette année, par les liens du mariage à la fille du prince de Sémèndria (ancienne capitale de la Servie) (480). '
Le samedi, sept du premier mois de djoumâda de cette même année (21 décembre 1433), Mirza Baï-sonq'or, fils de Mirza Châh-rokh, mourut, à l'aube du jour, dans la ville de Héràt, au lieu nommé Bâgi-Séfîd (}e jardin blanc ou la ville blanche)^ et il fut inhumé sous le dôme de la médréceh fondée par sa mère Gaûhèr-châd Bégume (481). Aucun prince de la lignée de Timoûr ne choya autant que 'lui les hommes de mérite et de talent. On rapporte, entre autres, qu'il y avait, à la bibliothèque de son Altesse, quarante calligraphes, qui y étaient continuellement occupés à transcrire (des ouvrages). Le savant et illustre maulla Louthf'OUah connu sous le nom de 'Hafiè-abrou lui dédia son (célèbre) ouvrage intitulé ZouMèt-ultéwâ-rikh (la crème des chroni" ques) (842), où sont décrits tous les événements arrivés dans le
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monde, ainsi que les faits et gestes des différentes classes de l'espèce humaine. Le jour de la mort àe son Altesse, les beaux-esprits et les poètes composèrent une multitude d'élégies «J^ en son honneur. Mais l'émir Ghâhy remporta la palme sur tous les autres en écrivant, à cette occasion, le roiubàl suivant (483):
(Vers.) En deuil de Toi, le monde n'a fait que gémir et se lamenter : la tulipe n'a versé sur le pan de sa robe que des larmes de sang; la rose a déchiré le sein de sa tunique {qàbci) purpurine; la tourterelle s'est caché le cou sous une cape de feutre noir.
Année 838. (A. D. 1434-35.)
Daiis le courant de cette année, le château hongrois de Goeur II' guèrdjinelîk (du colombier) fut conquis par les serviteurs (0^-0 ^ les personnes de la suite) du sulthân Mourâd-khàu (484).
Dans la même année Mirza Châh-rokh résolut de faire une campagne dans l'Âdzèrbaïdjàn, et s'y rendit pour en expulser la nation turkomane. Lorsqu'il tourna la bride du départ vers les confins de Reï, l'hiver le surprit et il fit toutes ses dispositions poiir y fixer sa résidence.
Année 839. (A. D. 1435-36.)
Au commencement du mois de mou harrèm de cette année
(27 juillet 1435) Mirza Châh-rokh quitta ses quartiers d'hiver de Reï, et se rendit à Tèbriz. Dès que le monarque, semblable à un second Darius, se mit en marche, Mirza Iskèndèr (Alexandre) le Turkoman évacua Tèbriz, et prit le chemin de la fuite. Son frère Mirza Dj^hàn-châh vint, contrairement à son frère, comme la félicité éternelle au devant du cortège de Châh-rokh, et fut honoré des faveurs impériales et des témoignages de bienveillance du Khosroès. Mirza Châh-rokh daigna s'arrètefr dans la résidence royale de Tèbriz, et passa quelque temps dans cette
ville, où il mit ordre aux affaires de la province (de l'état) d'Adzèrbaïdjân. Le hait (0. JLu^ le vingt) du dernier mois de rébf (ïe r' ou 13 novembre 1435), il partit pour aller prendre ses quartiers d'hiver dans le Q'arabâg' d^Arrân. Il y passa toute cette saison, et se rendit à Aiidjàn au commencement du printemps. Là il confia l'empire de l'Adzèrbaïdj^n d^CU JjlUL à Mirza Djéhân-châh, fils de Q'ara louçouf, et le munit d'un diplôme im-
périal d'investiture revêtu du grand sceau rouge {Al-tèmga) de l'état. Il remit à son habile poignet les rênes du gouvernement absolu de ce pays (485), l'honora et le gratifia, lui et ses officiers (serviteurs oLr^)? ^^ présents honorifiques, et tourna la bride du retour vers le Ehoraçftu (486).
Dans la même année, le sulthàn Mourâd-khân envoya le béglerbéguy de Roumilie (Remanie) repousser le qrcd (roi) de Hongrie, qui était venu attaquer le château fort de Goeuguèrc^ndîk, On pilla et l'on ravagea, pendant quaran^-cinq jours, les contrées 2*wm w, susmentionnées, d'où (on ramena) de nombreux prisonniers et de riches dépouilles. L'es belliqueux défenseurs de l'islamisme en revinrent sains et saufs et chargés de butin (487). Le fiils de Woulk^) ( Icjl jl, et non ic,l jJ>), prince de Sèmèndra, envoya sa fille, avec quatre de ses fils, à la cour du sulthàn Mourâd-khân (488).
Année 840. (A. D. 1436-370
Dans le courant de cette année, l'esprit éclairé du sulthàn fut à même de se convaincre, d'une manière évidente, de la trahison du fUs de Woulk (du despote de Servie), et il fit marcher des troupes contre lui (489). Dans 1^ dite année, Mirza Iskèndèr, fils de Q'ara louçouf, partit du pays de Roûm (de l'Asie mineure) pour expulser son frère Mirza Djéhân-châh, que Mirza
1) Le nom de ^J^ Woulq ou Wdq est le même que le substantif russe BoAm V(Xk (loup).
Chah-rokh avait investi de la souveraineté de l'Adzèrbaïdjân. Les deux partis se rencontrèrent en un lieu nommé Szoufiûn-lez Tébrîz. Mîrza Iskèndèr fut battu, et se réfugia dans le château à'Elèndjaq (490). Son fils nommé Chah Q'obâd, qui avait des intrigues amoureuses avec une des khaszèky de son 'harem (491), et qui en était passionément épris, tua son père, et fit transporter sa bière à Tèbrîz, où elle fut inhumée auprès ^^ j^ du château fort d'Akhy Sa d-u ddin (Sa ïd-u ddîn?), sur le WéRân-Kouh (492). On construisit un superbe édifice JU OjLc sur son tombeau (493).
Année 84L (A. D. 1487-38.)
Cette année le fUa de Woulq (le despote de Servie) prit la fuite et se réfugia en Hongrie. Le château fort de Sémèndra, celui de Mora ojy et celui de Garma-mora ojy ^j^ (?) furent occupés par les partisans U^l du sulthân Mourâd-khân (494).
Cette même année le padichâh Seïf-u ddîn, wôiy (souverain) de Hormuz, vint offrir ses hommages à Mirza Ch&h-rokh, qui daigna jeter sur lui un regard de bienveillance. Il s'en retourna ensuite content et satisfait (495), (cf. flwi. 'urniverBÛle^ T. XVIII, p. 316—319).
Année 842. (A. D. 1438-39.)
Isfèndiâr-oglou (?) s'étant, de nouveau, permis, cette année, de violer le traité qu'il avait conclu, pilla et dévasta, en l'absence du sulthân Mourâd-khân, le lieu nommé Jhhy-hasâry et inquiéta les oulous ainsi que les tribus nomades vassales qui dépendaient ^%//' du sulthân (496). Celui-ci fit marcher contre lui un corps d'armée qu'il désigna. Le parjure envoya à la cour du sulthân son épouse, qui était la soeur de ce monarque, avec son ministre (vézir); et ses fautes lui furent pardonnées grâce à la générosité et à la clémence sans bornes du Khosroès. ï)ans la même année^
Mirza Chah rokh sortit de Hérât pour aller visiter le tombeau (mèchehed) de rimâm Riza, à qui nous offrons nos salutations et nos voeux ; et il revint dans sa capitale après s'être acquitté de son pèlerinage. Dans cet intervalle, l'artiste {maître >U«)) Q'awwâmuddîn, architecte de Chirâz, qui avait encouru la disgrâce de Mirza Châh-rokb à cause de plusieurs négligences dont il s'était rendu coupable dans ses constructions CjjLc j:>, qui s'était retiré dans un recoin solitaire, et qui n'avait plus été admis à l'audience du monarque, inventa (combina ^^f ^[A^^) un caleïidrier,
^yiî, et rentra en grâce près de Mirza Châh-rokh (497). Celuici improvisa, à cette occasion, le vers suivant, dont il lui fit la lecture (498):
(Vers.) As-tu traité avec assez de sollicitude les affaires de ce monde pour pouvoir donner ton attention à celles du ciel?
Année 843. (Â. D. 1439-40.)
Le sulthân Mourâd-khân envoya, cette année, en Valachie, des troupes auxquelles il donna l'ordre de piller et de dévaster ce pays. Comme l'hiver était rigoureux, les armées musulmanes essuyèrent de grandes pertes et revinrent sans avoir atteint leur but (499).
Dans la troisième nuit du mois de châbân de cette année (10 janvier 1 440), le Très-Haut gratifia Mirza ' Ala-u ddaûlèt, fils de Mirza Baï-sonq'or, d'un fils qui reçut le nom de Mirza Ibrahim (500).
Année 844. (A. D. 1440-41.)
Le château fort de Qouhara (?) tomba entre les mains des serviteurs du sulthân Mourâd-khân, et Chèhâb-u ddîn Pacha fit construire dans le voisinage du château de Belg'rade un fort ou un retrauchement qui dominait cette place (J)^) (501).
Dans la même année, Mirza Chah-rokh défendit, de la ma-
nière la plus expresse, aux princes du sang (Ohch-zâdés) de boire
du vin, et monta personnellement en selle pour faire démolir les
tavernes UiU ^^, dont il fit répandre le vin et les diverses es-
^"*y^'pèces de boissons enivrantes^*» ^LjI. Il fit également détruire,
' avec le plus grand soin, les édifices destinés aux jeux et aux au* très plaisirs prohibés par la loi divine.
Année 845. (A. D. 1441-42.)
Le sulthân Mourâd*kh&n abdiqua, cette année (?), bénévolement et de plein gré, l'autorité souveraine, et plaça sur le trône son glorieux fils le sulthan Mou hammed-khân. Il prit lui-môme le parti de se retirer à Magniça (Magnésie) (502).
Cette même année Mirza Chah-rokh envoya à la cour du sulthân d'Egypte le sèïd Chèms-u ddin Mou hammed-zèmzémy, pour s'aboucher 4»jlL« avec ce monarque an sujet du voile dont il fallait couvrir le tabernacle vénéré de la Mekke (que Dieu rehausse d'un jour à l'autre le respect et la vénération dont jouissent les deux sanctuaires!). Le souverain {wàly ^J/j) d'Egypte y donna son assentiment, et accorda au cheikh la permission de s'en retourner (503).
Année 846. (A. D. 1442-43.)
Le sulthân Mourâd-khân accorda, cette année, sa fille à Q'obâd-big (?), fils i'Isfèndiâr-oglou (504).
Mirza Ghah-rokh envoya, la même année, en ambassade dans l'Hindoustân le maulla ^Abd*ur Rezzâq, Samarqandy, auteur de la chronique intitulée Mathld-us sddem (orient des deux astres propices), et confia à son petit-fils Mirza Soulthân Mouhammed, fils de Mirza Baï-sonq'or, le gouvernement d'une partie de l'Iraq', de Soulthânylé, de Q'azwîUi du territoire (royaume vîLL) de Reï et de Q'om.
Le prince de Q'aramân envoya, cette année, an roi {qrâl) de Hongrie nn émissaire chargé d'une dépèche ainsi conçue: «Par suite de ses nombreuses maladies, le sulthân Mouràd-khân ne peut plus monter à cheval, et n'a plus la force de se mouvoir. Il s'est, en conséquence, démis de l'autorité souveraine, et â placé sur le trône son fils, qui est encore en bas âge. Les affaires de l'empire othoman déclinent et sont en pleinç décadence. Si nous nous mettons en marche, chacun, de son côté, nous parviendrons à nous en défaire.»
Ce langage dénué de fondement mit en émoi le malfaisant qrâl, qui marcha aussitôt contre le sulthân Mouhammed-khân. Celui-ci alla à sa rencontre et les deux armées en vinrent aux prises. Après une lutte opiniâtre, l'armée des Infidèles fut battue et mise en déroute. Le roi eut la tête tranchée dans cette ^«?^ bataille, et les perfides Infidèles furent livrés en proie au brillant cimeterre des victorieux et zélés guerriers musulmans (505).
Dans la même année, Mirza Chah-rokh passa l'hiver dans sa capitale de Hérât, et son esprit élevé fut uniquement préoccupé des affaires politiques et religieuses de son empire.
Année 848. (A. D. 1444-45.)
Le corps des Janissaires se révolta, cette année, contre le sulthân Mott^hammed-khân, et assaillit les vézîrs en les sommant de rappeler le sulthân Mourâd-khân de Magniça (Magnésie), et de le réintégrer sur le trône du sulthanat. Les illustres vézirs, étant également d'avis que les circonstances l'exigeaient, ramenèrent de Mogm^a (Magnésie) le sulthân Mourâd-khân, qu'ils placèrent sur le trône, et envoyèrent dans cette ville le sulthân Mouhammed-khân (506).
Dans la même année, Mirza Chah-rokh fut atteint d'une ma-
ladie tellement grave que les hérâtiens ne savaient, s'ils le conserveraient, ou s'il y succomberait. Il recouvra la santé au bout de quelques jours. Son esprit plein de droiture lui suggéra l'idée de demander encore cette année au souverain d'Egypte la permission de faire couvrir (vêtir) d'un voilé le tabernacle sacré de la Mekke, de même qu'il l'avait reçue ^y Ali/^ l'année précédente jdu sulthân TcMgmâq^ un des souverains de ce pays (507). Il persista dans l'accomplissement de ce projet, et envoya dans le 'Hédjâz, par l'entremise du cheïkh Noûr-u ddîn Mou hammed Mourchidy et du mauUa Chèms-u ddîn Mou hammed d'Ebhèr, le voile (le vêtement 4^L) que l'on venait d'achever à lezd (la maison d'adoration). Ces deux illustres personnages menèrent cette affaire à bonne fin, et s'en revinrent. La même année Mirza Mou hammed Djouguy (Djoguy ou Tchoky), le plus jeune des fils de Mirza Chah-rokh, fut admis dans le sein de la miséricorde du père-nourricier des mortels J^^^^ (508).
Année 849. (1445-46 de J. C.)
Les châteaux (V Aq tchè- hiszâr et de Bâllou Badra tombèrent, p^."*y/' cette année, au pouvoir du sulthân Mourâd-khân (509).
La même année, Mirza Soulthân Mou hammed, fils de Mirza
Baï-sonq'or, qui était wâiy (prince) de l'Iraq' et du Farse, ayant
appris la maladie de son aïeul Mirza Chah-rokh, leva l'étendard
du khalifat (de prétendant à la succession) (510).
Année 860. (A. D. 1446-47.)
Mirza Chah-rokh, voulant mettre à l'ordre Mirza Soulthân Mou hammed, qui avait levé l'étendard de prétendant à la succession C^9%j partit, cette année, du Khoraçân pour la capitale de l'Iraq' et du Farse. Lorsque le cortège {^y la garde) de Chah-rokh arriva à Iszphahân, Mirza Soulthân Moo'hammed prit la fuite, et se dirigea vers le Loristàn (R. le Kourdistân ù^^^)-
Après avoir mis ordre aax affaires de l'Iraq et du Farse, Mirza Chah-rokh s'en retourna dn c6té de Reï. Dans la matinée da dimanche, vingt-cinq du mois de dzy l-'hiddjéb (14 mars 1447)^ le mirza fdt surpris, dans Tendroit nommé FèchatoubèhrleihBA {oll), de maux d'estomac, qui dégénérèrent en une maladie des plus aigûes; et il prit, à Tinstant même, congé de ce monde éphémère pour passer dans la vie future. Un bel-esprit a composé, à son sujet, le chronogramme suivant (512):
(Vers.) Le monarque du monde, Chah-rokh, ce foyer de lumière ^J^y vit le jour en sept cent soixante-dix-neuf (A. D^ 1377-78): il devint célèbre, comme souverain, en 808 (1405-6 de J. C), et quitta ce séjour de vanité en huit cent cinquante (A. « D. 1447) (513).
n avait cinq fils distingués par leur mérite, instruits et vertueux (parfaits), savoir: 1) Mirza Ulu^'big qui, à l'âge de quarante-deux ans, était prince du Ma-wérdnnàhr (de la Transoxane) et du Turkistân, en qualité de lieutenant de son père; 2) Mirza Ibrahim, qui était prince J)j du Farse. Ce fut sous les auspices et la protection de ce Chàh-zâdèh aussi juste que savant, que le mauUa Chèref-u ddin 'Aly lezdy composa son Za/^-ndmaA, production d'un mérite tellement transcendant, que, de l'avis de l'auteur de ces lignes, aucun homme de lettres ^^li n'en écrivit jamais de pareille en fait d'histoire ; 3) Mirza Balsonq'or; 4) Mirza Sulour^atmiche ; 5) Mirza Mou'hammed Djauguy ^f.. Mais d'après ce qui a été rapporté dans les années qui précèdent celle-ci, quatre de ses fils, à l'exception de Mirza Ulug'big, moururent du vivant de leur père. Après le décès de ''^J^ Mirza Chah-rokh, Mirza Ulug big s'assit sur le trône du sulthanat dans le Ma'WéfdniMjAkr (la Transoxane) et le Turkistân (514); Mirza'Ala-u ddaQlèt, fils de Mirza Baï-sonq or, dans le Khoraçân, et son frère Soulthân Mou hammed, dans l'Iraq' et le Farse.
Année 851. (A. D. 1447-48.)
Mirza 'Ala-u ddaûlèt s'afifermit, cette année, sur le trône du
Ehoraçân. Mirza 'Abd-td Lathîf^ fils de Mirza Ultig big, fat enfermé, par son ordre, dans le château fort d^BJUiâr-uddin (515); mais il fat relâché an bout de deux ou de trois mois.
Il éclata, dans la même année , parmi les enfants et les petits-enfants de Mirza Chah-rokh, des hostilités ^jiSjùJ et des troubles qu'il serait trop long de raconter ici (516).
Mirza Ulng^big quitta, cette année, le MiMvéra-'nnàkr à la tête d'une nombreuse armée, et marcha sur le Ehoraçân. Lorsqu'il fiit arrivé au lieu nommé Tèrnâb (?) (5 1 7) situé à quatre (?) pharasanges (20 kilomètres) de Hérât, il s'y livra une grande bataille entre lui et son neveu Mirza * Ala-u'ddafllèt, fils de Mirza Bal-sonq'or, dont l'armée fut battue. Ce dernier s'étant retiré sain et sauf de cette bataille, se réfugia chez son frère Mirza Abou 1q'âcime Bâbèr sur les frontières du Djordjân; mais il ne revit plus la face du bonheur (il ne recouvra plus l'autorité souveraine). Mirza Ulngbig soumit à son pouvoir toute la contrée du Ehoraçân, et s'en retourna dans la Transoxane. Après le retour, de Mirza Ulugbig, Mirza Bâber vint, dans le courant du mois de dzy rhiddjeh de cette année (février 1449 de J. C), d'Asterabâd dans la capitale de Hérât (518), où il monta sur le trêne du sulthanat. H fit mettre dans les fers son frère Mirza ' Alauddafilèt.
Dans la même année, le maudit roi de Hongrie, et lanq'o, roi de Q^oçoûn (?) (519), firent une levée en masse f^^, et marchèrent sur Belgrade à la tête d'une grande armée, se proposant ^jJS; de dévaster les pays de l'islamisme. Après les avoir ravagés et livrés au pillage, ils se disposaient à se retirer du côté de Qo^çoûn. Dans cet intervalle, le sulthân Mou hammed-khân arriva de Magniça (Magnésie), et attaqua, de concert avec son père, les impies Infidèles. B se livra entre eux une bataille tellement acharnée.
que le ban (pan) de Pologne, celui de la Bohème et plusieurs autres bans mordirent la poussière dans cette lutte sanglante.
Le mot hân (pan) a le sens de vézir dans le dialecte des Infidèles francs (européens). Les valeureux défenseurs de Fislamisme et les héros unitaires déployèrent, dans cette affaire, une si brillante valeur, que Ton donna à cette guerre sainte ojjà le nom de gazal-eWbèr (glorieuse caihpagne).
Année 853. (A. D. 1449-50.)
Le roi lanq'o (lanqoqrâl) et celui de Hongrie (?) se coalisèrent cette année avec le vcivoda (hospodar) de Valachie, et marchèrent sur Nicopolis. L'armée du sulthân Mourâd-khân chargea les Infidèles, et en tua un grand nombre. lanq^oq'râl (le régent) prit la faite, et les Infidèles se débandèrent (520).
Mirza 'Âbd-ul Lathif, fils d'Ulugbig, se révolta, la même année, contre son père. Us se livrèrent bataille aux environs de Samarq^ande, et Mirza Ulug big, ayant été battu, se rendit à Chéffiroukhîéh. Son esclave, que son ingratitude rendait indigne du sel de l'hospitalité, ne le laissa pas pénétrer dans la place. Il voulut alors demander un asyle au prince uzbeg Aboul-khalr (521). H pensa ensuite, que la piété filiale aurait plus d'empire sur le coeur d'un enfant, et résolut, en conséquence, de se diriger vers Samarq'ande et d'aller trouver un fils inhumain et barbare. H se rendit donc sans crainte chez son enfant j^j>, dans le courant du mois de ramazân de la dite année. Ce misérable ne fit aucun cas des droits sacrés que son père avait sur lui et que tous les savants fouléma) du monde , de même que tous les hommes lettrés ont expressément recommandé de respecter. Depuis la propagation de l'islamisme et même depuis le siècle d'Alexandre le Bicorne, jamais monarque aussi savant ni aussi habile que lui en fait de philosophie (ou de physique C^ Je) ne s'était affermi ^jq}:
sur le trône de l'empire. H parvint au rang de martyr sous le
bras homicide d*an nommé 'Abbâs qui Téleva à ce degré de gloire (522).
(Vers.) Puisque ce fut 'Âbbàs qui le fit tomber sous son glaive barbare, l'époque de cet assassinat put ètte désignée par les deux mots ^l^i^^U "Ahbâs kouchte (Abbàs Ta tué) (523).
Ce malheureux fils fut mis à mort, six mois après le meurtre de son père, par un des fidèles serviteurs de ce dernier nommé Baba 'Houcéin, et sa mort vint à l'appui de ce vers (524):
(Vers.) Le parricide est indigne de l'empire; et s'il peut y parvenir, il ne s'y maintient que pendant six mois (525).
Par un hasard des plus étonnants les mots Baba 'Houcm Kouchte C^ jé^u^ Ll^ (Baba Houceïn l'a tué) forment également le chronogramme de son assassinat, de sorte qu'un poète dit au sujet (526):
(Vers.) Baba 'Houceïn le tua d'un coup de flèche dans la nuit du vendredi: l'époque de son assassinat est (en conséquence) désignée par les mots BahaHoucéim, Kouchte {CJ^ jt*^ ^^)(^27).
Dans la même année où Mirza 'Abd-ul Lathif fiit tué, les grands et les notables de S'amarqande promurent à l'autorité souveraine Mirza 'Abd- Allah, fils de Mirza Ibrahim, fils de Mirza Gh&h-rokh.
Année 854. (A. D. 1450-51.)
Dans le courant de cette année le sulthân Mourâd-khân fut admis, dans le pays de Roûm, dans le sein de la miséricorde du père nourricier des humains et les émirs tinrent sa bière Ji^j cachée pendant treize jours sans la montrer à qui que ce fût, jusqu'à ce que le sulthân Mou'hammed-khân arriva de Magniça (Magnésie), et s'assit sur le trône des Césars. On inhuma alors le corps du monarque défiint, qui était âgé de quarante quatre ans^ et qui en avait régné trente et un. U avait eu cinq fils nommés: 1) Soulthân Mouhammed; 2) Soulthân A'hmed; 3) Soulthàn 'Ala-uddin; 4) Soulthân 'Haçane; 5) Soulthân Aur-khân
(528). Soulthàn A'hmeâ et Soulthàn 'Ala uddin moururent à Amâciàhj où ils sont enterrés. Soulthàn Haçane et Soulthàn Aurkhàn sont morts à Andrinople et ont été inhumés dans l'école d'enseignement de la loi orale {Dâr-îd 'hadîtz).
Ses vézîrs se nommaient: 1) Ibrahîm-pacha; 2)'Hâdiy ^Iwazpacha; 3) D'emoùr-pacha, fils de Timoûr-tâche-pacha; 4) Sza* roudjeh-pacha; 5)'Aly-pacha; 6) Ishaq'-pacha, 7) Chéhâb-tfd-^^|Ji dîn-pacha; 8) Balabàn-pacha, et 9) Ehalil-pacha, fils d'Ibrahimpacha (529).
Dans la même année, Mirza Soulthàn Abou-Said, fils de Mirza Soulthàn Mouhammed, fils de Mirza Mirànchah, fils de rémîr Gôurékàn, s'insurgea à Boukhara, comme nous allons le raconter:
Mirza Soulthàn Abou-Sa'ïâ était attaché à la cour de Mirza Ulug'big, qui résidait à ^amarq'ande. A l'époque où ce dernier vint camper sur la rive du Dji'houn (Oxus) en présence de son fils Mirza 'Abd-ul Lathîf, Mirza Abou-Sa'ïd prit la fuite et alla rejoindre la peuplade (ou la tribu Jj)) d'Argoûn (?), où il rassembla sous ses ordres un corps de troupes ^^^j avec lequel il vint à Samarq'ande. Mirza Ulugbig, jugeant très-urgent de l'en expulser, se dirigea vers cette ville. Dès que Mirza Abou- Sa'ld en reçut la nouvelle, il prit la fuite, et s'en retourna dans la peuplade (ou tribu?) d'Argoûn j^J JjI ù^ i^V)' Aussitôt que Mirza 'Abd-ul Lathif eut mis fin à l'existence de son père, et fut devenu empereur (padicMh), il envoya à Mirza Abou- Saîd un émissaire qui le ramena à Samarq'ande, où il fut incarcéré. Mais il s'évada de sa prison, et se rendit à Boukhara. Le darog^ah (gouverneur civil) de cette ville l'arrêta, et le confina
1) Il a'agit probablement ici à^Argoun-aqa, qui était goavernenr da Ehocaçan lors de l'arrivée de Honlagoa-khftn en Perse: ce goavernenr appartenait à* la^ nation Ouirate (q'almoaq). Bar. C. d'Ohsson, Hisd, des Mùn^ <à8, T. m, p. 120-^ 189; Hammer, Oesch. der Ikhane, T. 1, p. 53, 55, 57, 58, 89, 92, 115—117, 277, 875; 11, p. 10,41,^6.
dans un réduit pins étroit que Testomac des avares. On reçat, le même jour, dans ce pays, par un effet du hasard la nouvelle du meurtre de Mirza 'Abd-allah. Les émirs et les notables de Boukbara vinrent faire 4eurs excuses au mirza Soulth&n Âbou- Sa'ld, le firent sortir de prison, et le placèrent sur le trône. Ce prince non content de la principauté de Boukbara, se hâta d'aller combattre mirza 'Abd-alla, qui avait occupé le trône de Samarq'ande après le Mirza 'Abd-ul Lathif. Il leva, en conséquence, le drapeau du départ; et lorsqu'il fut arrivé à dix pharsakhs (50 kilomètres) de Sâmarq'ande, le mirza ^Abd-allah s'empressa d'aller, selon l'usage, à sa rencontre JLum.) ^t^w; et après qu'ils se
furent livré bataille, le mirza 'Abd-allah remporta la victoire, et le mirza Soulthân Abou-Sa'ïd tourna la bride de la déroute vers *:7^Jf»leTurkistân(530).
Établissements de bienfaisance et fondations pieuses du
sulthân Mouhammed- (?) khân.
n termina d'abord la bâtisse de la mosquée cathédrale d'Andrinople qu'avait fondée, pendant son règne, Mouça Tchéléby, qui était décédé sans l'avoir achevée (531). Lorsque le sulthân Mouhammed-khân prit les rênes du gouvernement, il entreprit d'en terminer la construction, et la mena à bonne fin. Il fit construire aux alentours de cette mosquée des boutiques et une halle aux toiles (ù'^j'je Bezzâzistân\ qui, à sa mort, restèrent également inachevées. Le sulthân Mourâd-kh'ân (?) en termina enfin la bâtisse sous son règne. D assigna à la mosquée cathédrale des legs pieux considérables (^^^^m), et elle est aujourd'hui connue sous le nom d^ Esky-c^jâmt (vieille mosquée cathédrale). H fonda dans la même ville, et acheva une autre mosquée cathédrale, qui est appelée de nos jours Mewlétcy-hhâneh. U fit jeter ^ur la rivière à^Erguéneh (ou Irguinéh «Jj^j) un grand pont, qui a trois cent soixante sources ou fontaines (532). Aux deux tètes de pont, il fonda une superbe mosquée cathédrale et une cénobie
Ai|)j^ J\cmJ^ jx^^^j dont 11 acheva la constniction. H assigna, chaque année, anx illustres selds, aux notables ^iLcl et aux nobles chérifs une somme de mille ducats iSJ^ ^ ^'^ j) J»» à titre
de cinquième destiné à la famille de Mahomet j^ J) ^jmé^. Il alloua en outre, annuellement, sur le produit (les revenus JL J^io^) de ses domaines, et envoyait aux pauvres (fakirs) de la Mekke et de la resplendissante Médine une somme de trois mille
sequins aC (jyjl Jj» a-,, qu'il leur destinait.
Notice sur les savants <XJ^ et les cheikhs, qui ont été les contemporains du sulthân Mourâd-khân (633).
1) Le maulla Mouhammed Armag'âny, qui était un des disciples du maulla Fe'nâry et un homme du plus grand mérite jJ^ Jâôf. n parvint enfin au poste de qâfy-askèr (juge de l'armée) et de moufty de son temps. Il est connu sous le nom d'J<$gMèn-oglùu (?) ic,) ^ (fils du neveu) (534).
2) Le maulla Châh-Mou hammed, fils (?) à^Iéguèn-ogloUj qui parvint au poste de q'âzy de Brouçah.
3) Le maulla Mouhammed' louçouf Bâly jC (?) (fils d'Iéguèn). qui était lecteur à la mèdrèceh (au collège) de Brouçah et un homme extrêmement instruit. Il a composé dçs gloses marginales sur le Tdunh.
4) Le maulla Chèref-u ddin(?)Seïd A'hmed de Crimée (535). 5r?(£' C'était un homme distingué par son savoir et son talent, à qui
l'on est redevable d'un grand nombre 'd'ouvrages et de productionô célèbres, qui circulent de main en main J^l jCU. n devint lecteur {imuderris) aux collèges (fnéd/rèceh) impériaux de Constantinople et fut admis dans la société intime de l'empereur ipadichah).
5) Le maulla Se'ld 'Aly de Sâmarq'ande, qui vint dans le Boùm^ et qui devint mouderris (lecteur) à Larènda. D a composé
une exégèse ^/t^9 V^ j^^^ d'une certaine célébrité parmi les savants (otdéma).
6) Le manlla Chèms-u ddin Mou hammed Oouràny (536), qui était la perle de son siècle et le phénix de son temps (537), en fait de jurisprudence! d'explication de la loi orale (EaàUz) et d'exégèse: il finit par devenir instituteur ( JLo professeur) du sulthân Mou hammed-khân.
7) Le mauUa Tâdj-uddin Ibrahim généralement connu sous le nom de KhciMb-zàdéh (fils de Khathtb ou prédicateur), qui n'eut pas son pareil en fait de sciences rationnelles et traditionnelles, et qui a composé une multitude d'ouvrages estimés : il fat le premier des lecteurs {mouderris), à qui l'on alloua, dans le pays de Boûm^ un traitement (journalier) àijic de cent aspres.
8) Le mauUa Ehizr-Pacha (?) MèntécJiàlu (du pajrs de Mèntécha) généralement connu parmi les savants sous le nom de ' Hamîd'Oglou: il devint d'abord instituteur JLm du sulthàn Mou- 'hammed-khân (538)/ '
9) Le maulla 'Hamzah Q'aramâny (du Q'aramàn), qui a composé divers ouvrages sur les sciences traditionnelles et rationnelles, et qui devint, à la fin, le moufty de son époque.
10) Le maulla 'Ala-uddin de Q'otche-'hiszâr, qui était un
calligraphe sans pareil, et qui a commenté le Wfldh (la clef) (538 •).
11) Le maulla Mou hammed, fils de Q'outhb-uddiu d'Izniq^ {lentqy le Nicéen), qui cumula la vérité C*m», la loi divine «Idu^ et la voie C^^ (539). H jouit également d'un grand crédit (mot-à-mot Uale bras long) en fait de spiritualisme ou mysticisme (ijyci sisoufisme). Il a composé des gloses marginales d'un raisonnement très-solide cUll« C^ib j^ sur Pouvrage intitulé Fomeoûe-id-hikèm J2\ u^y^ (^^ l^s àhâtons des instructions
fhéclogigues à^Ibn^-Aràby) (540).
Au nombre des ch^Jchs les plus illustres on compte:
1) Le cheikh Aqhyiq (aux moustaches blanches), qui était le coryphée des contemplatifs (jUs^ de son temps.
3) Le cheïkh Mou hammed de GdibotUy (Callipolis), devenu célèbre sous le nom à^Iazic^y-oglou (fils de Scribe), qui a composé un livre intitulé Mouhammèdyieh (541).
3) Le maulla Ghéikhy de Guermlàn, qui a composé en turk un metznéwy (ou poème à double rime) intitulé Khosrew et Ghir fine. Ce metznéwy jouit, parmi les habitants du Boûm (de l'empire 'othoman), d'un crédit que nous ne saurions décrire >\ilcl
4) Mouszlih-rfddîn d'Audrinople ^jj dj^:>l, connu sous le nom^^f' à^Ifnûm'i'dd>hâg an (imâm des tanneurs), qui était versé dans
les sciences pratiques et spéculatives ^) ^L^ iju^^ f^*
5) Le maulla Ptry-khalifeh de *Hamîd-ily, qui parvint aux grades les plus éminents (de la vie contemplative), et qui était un guide spirituel aussi parfait (vertueux) que capable de perfectionner les autres jTCj J^l^ J^»
6) Les cheïkhs Tâdj-uddîn/ Haçane et Chèms-uddîny qui étaient tous les trois parfaitement versés (^Lc JJ^ à^nn parfait àloi) dans les sciences pratiques et spéculatives : que Dieu parfume leurs âmes en les soumettant au soufBe vivifiant (en les exposant aux zéphirs) de l'esprit divin (»^^) l'archange Gabriel
ou Mahomed); qu'il gratifie leurs triomphes (et leurs succès) des trophées de sa miséricorde! M*f>» ^jil ^uc^^
Année 855. (A. D. 1451-52.)
Dans le courant de cette année, les deux frères, c'est-à-dire
1) Messieurs G. Barbier de Meynard et Pavet de Gourteille ont renda les mots •jLJ^JL ^IJJ) Jic *'^9^j^ P^ ^ âifférenUê scienees extérieures et inH'
mes. Toyez Maçoudi, Les Frames d^or, édition publiée aux frais de la Société asiatique de Paris, T. V^, p. 8.
Mifza Abou l-q'&cime Bâbèr (542) et Mîrza Sonlthàn Mouhammed se livrèrent bataille à Tchtnarân (aux platanes), loc^té dépendante d'Asterabâd (543). L'année de Mirza Sonlthàn Mou- 'hammed fat battue, il fut lui-même fait prisonnier et amené i Mirza Bâbèr. Celui-ci prit la parole pour l'invectiver jJ», et lui dit: «Pourquoi as-tu amené ton armée de ce cété-ci, et agi hostilement contre moi?» Soulth&n Mouhammed lui répliqua:. (xLa royauté n'est pas à l'abri de pareils inconvénients.» Après une longue explication, Mirza Bâbèr, cédant aux suggestions de vils intrigants, donna l'ordre de le faire mourir. Il avait vécu trentequatre ans, et la durée de son règne avait été de dix années, dont cinq, en qualité de lieutenant de son aïeul Mirza Chàh-rokh, et cinq autres, comme souverain indépendant, n n'avait point d'autres enfants mâles que Mirjsa lûdikâr Moùhamméd. Sa bière fut transférée dans la capitale de Hérât, et inhumée à côté du tombeau de son père dans la wèdrèceh (au collège) fondée par son aïeule 6aflhèr-châd-ag a.
On cite comme un des événements les plus dignes d'admiration, que le coeur de sa tendre épouse fut tellement enflammé et consumé par ses brûlants soupirs, et que ses yeux éplorés versèrent un si gros torrent de larmes, qu'elle en rendit l'âme.
. Lorsque Mirza Bâbèr eut l'esprit parfaitement tranquille du
c6té de son frère, il dirigea les rayons de ses méditations sur
»«;3 l'affaire de son autre frère Mirza 'Ala-uddaûlèt, qui l'accom-
pagnaît, comme son captif. Il ordonna qu'on lui passât dans les
yeux une aiguille (rougie) (544).
(Vers.) Si ton coeur est doué d'un oeil clairvoyant, contemple ce parterre azuré pour qu'il te serve d'exemple Cjj^ , et demande-toi, comment cet oeil que le collyre même aurait blessé, pourra supporter la douleur cuisante que lui causera le fer rougi?
On raconte comme un fait notoire , qu'au moment où on lui passa l'aiguille dans les yeux, 'Ala-u'ddatQèt improvisa ces vers (545):
(Vers.) Depuis que le ciel se soulève arec malveillance contre moi^ mon coeur a complètement renoncé aux affaires de ce monde. Puisque (ou Lorsque) la main du destin m'a passé le fer rougi (l'aiguille) dans les yeux, j'ai cessé de pleurer les beaux jours de ma jeunesse. Ce supplice pourra servir d'exemple aux mortels clairvoyants (546).
La même année Mirza Soulthàn Abou-Sa Id, qui, l'année précédente avait été battu aux environs de Samarqande, par Mirza ' Abd-allah, et qui s'était enfui du côté du Turkistan , se mit en marche avec le secours et l'assistance d'Aboul-Ehalr-Ehân l'Uzbeg (547), dans l'intention de livrer bataille à Mirza 'Abd-aUahr Celui-ci, ayant reçu avis de la ligue et de la marche de ses ennemis, sortit de Samarqande avec des troupes aussi nombreuses que les gouttes de pluie. Après avoir effectué le passage de la rivière de Koumouk vîU^(548), les deux parties en vinrent aux mains. Mirza 'Abd-allah fut mis en déroute, et son cheval resta embourbé dans sa fuite: il fut, en conséquence, fait prisonnier par le poignet du destin; et dans la journée du mardi, vingt du premier mois de djoumâda de la susdite année (21 juin 1451 de J. C), il goûta le breuvage du martyre par ordre de Mirza Soulthàn Abou-Sa'ïd, qui fit son entrée dans la ville de Samarq'ande, et s'assit sur le trône du sulthanat (549).
Le sulthàn Mou hammed-khàn fonda, cette année, aux environs A^Istamboul (Constantinople) , la forteresse d^Iény-'hiseâr (château neuf) généralement connue de nos jours sous le nom de Bogéb'kécèn (qui cotipe ou barre la gorge du Bosphore) (550).
Dans le courant de la même année, Mirza Aboul*q^âcime Bàbèr, ayant l'esprit parfaitement tranquille sur le compte de son ^J^' frère, se dirigea vers l'Iraq' et le Farse, en passant par le chemin du désert d'Iezde ^ ù^^^* Pendant qu'il se rendait de Chirâz à Iszphahân, il reçut en route un courrier venu du Eho-
raçân, qui lui annonça qu'il avait éclaté une grande révolution à Héràt, que Mirza 'Ala-nddaQlèt n'avait pas eu la vue endommagée lorsqu'on lui avait passé l'aiguille sur le yeux; qu'il s'était insurgé, et qu'une grande ajGBuence de peuple s'était rassemblée sous ses ordres. Â la réception de cette nouvelle, le mirza préféra l'exercice à l'inaction, et il lui fut impossible de rester en
place (Uiy de différer son départ). Arrivé au keuchke (kiosk) d'or situé à moitié chemin de Chiràz à Iszphahân, il tourna la bride de son coursier du côté du Ehoraçân.
Lorsqu'il vint à Qame (551), il apprit que Mirza 'Ala-uddaulèt s'était rendu au camp {prdou) de Mirza Djéhân-châh, fils de Q'ara louçouf, qui, dans ce moment-là, se trouvait aux environs de Reï. Mirza 'AVou 1-q^âcime Bâbèr, se sentant rassuré à cet égard, passa cet hiver dans le Ehoraçân au sein des plaisirs et de l'allégresse (552).
Année 857. (A. D. 1453) (552 y
Cette année le sulthân Mou hammed-khân, souverain ^1^ du pays de Roum (de l'empire othoman), parvint, à l'aide de ses merveilleuses dispositions (ou combinaisons ^/^IjlJ) et de ses admirables Inventions (ou créations <J^La^), à faire armer quatre cents navires, qu'il fit transporter par terre sur des ^aràhas (chariots), et les fit lancer à la mer du côté de la tombe vénérée de sa sainteté Âloûb VÀnszâry. On prétend qu'il fit jeter un pont de soixante dix bateaux, sur lequel il fit passer son armée du côté de Constantinople. Après avoir assiégé Istâmboul pendant quarante cinq jours (553), il s'empara de la ville et de la forteresse le mardi (554), qui était le vingtième jour du Aemier mois de djoumâda (?) de l'année susdite (29 juin 1453). Les armées de l'islamisme y firent un riche butin, et furent gorgées de richesses incalculables. Le vendredi suivant, on fit la prière publique à Sainte Sophie {Aîa 8zouf%a\ qui était l'église des Infi-
dèles (555); et la îdiouMeh fut lue en l'hoimeur du glorieux sul- ^jTît^ thân Mou hammed. A dater de ce jour^ Constantînople devint la résidence impériale des sulthâns de la dynastie othomane.
La même année, l'Iraq' et le Farse tombèrent au pouvoir de Mirza Dje'hàti-chàh, fils de Q'ara-lQuçouf ; et ce bel empire, après être resté, à-peu-près quatre vingts ans, entre les mains de Témir Timoûr Goui^kàn et de ses descendants, leur fut ravi, et soumis à la domination des Turkomans (556).
Année 85a (A. D. 1454.)
Mirza Aboul^-qàcime Bâbèr se rencQt, cette année, dans le Ma-^cérdn-nahrj et assiégea Mirza Soulthân Abou-Saïd dans la ville de Samarq'ande. Lorsque le siège se fut prolongé pendant quarante jours, il fit la paix, et s'en retourna dans le Ehoraçân
Année 859. (A. D. 1455.)
Cette année le sulthàn Mouhammed-khàn soumit, dans le pays de Boûnij les châteaux forts de Siliwry, de Bivados (Big adoun), de Purgoz (Bourgaz), de Mènèbole, de Novaberda, de Sivvri-hiszâr (Ostroviza) et d'Aenos (558).
Année 860. (A. D. 1455-56.)
Le sulthân Mou hammed-khàn parvint, cette année, à s'emparer de la ville de Belg'rade (559).
Dans la même année, Aboul-qâcime Bâbèr se rendit de sa capitale de Hérât à la ville sainte de Mèckehed (du martyrium), oïl il passa l'hiver. Il naquit, vers la fin de la même année, au mirza Soulthân Abou-Sa'ïd , dans la ville de Samarq ande, un fils qui reçut le nom de Mirza 'Omar-cheïkh (560).
Année 86L (A. D. 1456-57.)
Le sulthân Mou hammed-khân livra, cette année, une grande
bataille et un combat des plus acharnés an roi de Hongrie. Celui-ci fat blessé et précipité an fond des abîmes infmiaax (dans le Tartare J*.) ÉjJj) (561).
Dans la matinée dn mardi, 25 du second mois de rèbf de la dite année , Mirza Bàbàr partit pour là demeure éternelle dans la ville sainte de Mèchebed. Mirza chfth Ma hmoûd, qui était Fataé jc^l de ses enfants (fils), monta sur le trône du sultbanat, ^o";le même jour, à Page de onze ans ^JL o^^^ j^ (562). Mirza Abou 1-Q'àcime avait vécu trente-six ans, et son règne en avait duré dix. On raconte comme un fait notoire, et il est écrit dans plusieurs chroniques, que, quatre jours avant sa mort, Mirza Bâr bèr était sorti de Mèchebed pour se promener et faire une partie de chasse. H se promenait dans un des sites les plus pitto* resques «liU;!^^ de cette contrée, lorsqu'il aperçut un derviche, qui avait la chevelure ébouriffé (en désordre), la tète et les pieds nus, et qui. était assis sur une pierre. Celui-ci saisit la bride de Mirza Âboul-q'âcime B&bèr, et se mit à lui réciter un sonnet jSa %^Ji de plus de cinquante vers, qui, d'un bout à l'autre, traitaient de l'instabilité de ce monde, et qui avait pour refrain m^Jè jUb le vers suivant (563) :
(Vers.) Tout ce pompeux appareil ^i/kJ^ de la création n'est pas un atome de poussière aux yeux des hommes fous (d'amour pour la divinité).
Après avoir achevé ce sonnet, le derviche disparut à tous les regards. Les émirs et les grands dignitaires de l'empire eurent beau le chercher, ils n'en trouvèrent plus de trace. Mirza Chah Ma hmoûd partit dix-huit jours après le décès de son père de la ville de Mèchebed pour se rendre dans la capitale de Héràt. Au bout de deux mois de séjour dans cette ville, il reçut du côté du Mourgâb^) la nouvelle que Mirza Ibrahim, fils de Mirza 'Ala-ud-
1) Je pense que la véritable leçon est Mergâ^i ce flenye,qùeles anciens nommaient Marffus, a donné son nom à l'ancienne Margiane (Géogr. anc. et histori* que, T. 1, p. 181).
dafllèt marchait sur le Khoraçân à la tète d'une uombreuôe armée. Mirza Chah Mahmoud, n'étant pas en état de lui résister, se retira du côté de Mèchehed; et Mirza Ibrahim, étant venu dans la capitale de Hérât, y monta, au commencement de rè^eb, sur le trône du sulthanat, sans rencontrer le moindre obstacle ni la moindre résistance. Au milieu du mois de Gha'bàn, il partit pour Mèchehed dans Tintention d'y livrer bataille à Mirza Chah Ma'hmoûd. Celui-ci, ayant, de son côté, rassemblé à Mèchehed des troupes innombrables, tourna la bride de la marche vers Hérât. Il y eut, en un mot, entre la bourgade de Kouçouïeh (564) et le caravanseral (ou le couvent iLj) (565) de Châhmélik, une bataille telle qu'il ne s'en était pas livré pendant plu- . sieurs siècles. L'armée de Mirza Ibrahim fut d'abord battue, et^no: ses guerriers se débandèrent; mais, à la fin de la bataille, l'émir Mou hammed Tarkhân, s'étant mis à la poursuite de l'ennemi, déploya la plus brillante valeur et la plus grande bravoure. Il écrasa l'armée de Mirza Chah Ma hmoûd, qui prit le chemin de la fuite et se dirigea vers Mèchehed.
Par un hasard des plus singuliers, on reçut dan& la capitale de Héràt, à l'heure du déjeuner du lundi vingt-cinq de cha'bân (= 19 juiUet 1457 de J. C.) la nouvelle que Mirza Chah Mahmoud avait été honoré de la victoire et du triomphe. Un instant après il arriva un autre détachement ^û ^ , qui annonça que
la victoire avait souri à Mirza Ibrahim. A l'heure du midi de la même journée, on reçut la visite d'un ambassadeur ^^^1 (un envoyé) de Mirza 'Abou-Sa'ld, porteur de divers diplômes U'LtJ adressés aux grands et aux chérifs, à qui il annonça que, le lendemain matin, l'auguste cortège (la garde impériale?) viendrait triomphalement camper dans le jardin de la ville^^ cL^ (566).
A l'aube du jour »LJl ^ Mirza Soulthân Abou-Saïd vint loger
à Bâgi'Chéhr^ et Mirza Ibrahim se dirigea vers les confins du Sjordjân et d'Asterabâd. Mirza Soulthân Abou-Saïd séjourna pendant quarantertrois jours à Hérât, où il fit mettre à mort
Gaflbèr-châd-o^'a, la respectable épouse de Mirza Chah*rokh, et il prit ensuite la route de Balkh.
Année 862. (A. D. 1457-58.)
Mirza Djèhànchâh, fils de Q'ara louçouf (567), ayant appris, cette année, le décès de Mirza Abonl-qâcime Bâbèr, partit de TAdzèrbaldjAn pour marcher sur le Ehoraçân (568). Lorsqu'il eut passé la montée de Szondou^ chikèn (Brise-malle) , et arriva à une pharasange d'Asterabâd, Mirza Ibrahim, fils de Mirza 'Alauddafilèt, qui, à cette époque, se trouvait dans ces parages, se mit en marche pour lui livrer bataille. Les deux partis s'entre- ^iJf' choquèrent, à proximité d'Asterabâd; et il périt, dans cette affaire, une foule d'émirs et de mîr-zâdés du Djagatal. Mirza Ibrahim, tout éperdu, se sauva dans le désert de la fuite, et il ne cessa de lâcher la bride à son coursier jusqu'à ce qu'il fut ar rivé à Héràt. Le dimanche , cinq du mois de szafèr de la dite année (24 décembre 1457), lorsqu'il arriva dans la rue des allées oLL^ A^^ (569), un qcdèndèr (570) s'élança hors d'une boutique, et lui dit: «Souverain maître du monde! puisses-tu jouir d'une longue existence ! Si tu fais encore une autre campagne, tu feras disparaître du monde la race de Djag atal.» Mirza Dje'hànchâh s'occupa, pendant sept mois, à orgasiner L^ l'état du Djordjân CjLj^ iIJÛL^, et se rendit ensuite à Héràt. Lorsque Mkza Ibrahim fut instruit, au compiencement du mois de ch'abàn, de la marche de Mirza Dj'ehàn-châh, il tourna la bride du départ vers les montagnes du 6'oûr et du G'ardjistàn. Au mflieu du même mois, Mirza Dje'hàn-chàh vint camper à Héràt, au Bâgizagân (jardin des corneilles). Nous raconterons, dans le courant de l'année ci-après, les événements ultérieurs qui lui arrivèrent,
avec le secours de Dieu, du roi que nous adorons.
Mirza Soolthân Abou-Sa'ld ayant appris, cette année, dans
les parages de Balkh, l'arrivée de Mirza Dje'hàD-châh dans la capitale de Hérât, se dirigea vers le champ du combat. Il passa quelques jours sur la rive du Mergâb (571), et envoya à Mirza Dje'bân-châh un ambassadeur chargé d'un message ainsi conçu: tll faut que tu renonces à nos états héréditaires, que tu te contentes de rAdzèrbaïdjàn que Mirza Châh-rokh t'a concédé, et que tu t'en retournes dans cette province.» Lorsque les ambassadeurs de Mirza Abou-Sa ïd arrivèrent auprès de Dje'hân-châh, et lui transmirent le message du mirza, Dje'han-châh, qui, de son côté, avait reçu quelques nouvelles désagréables de l'Adzèrbaïdjân, s'estima très-heureux d'accepter les propositions des ambassadeurs, et consentit à la paix. Il emmena Mirza lâdikâr Mou hammed, fils de Mirza Soulthân Mou hammed, fils de Mirza Baï-sonq'or, fils de Mirza Châh-rokh , et retourna dans l'Adzèr- ^ÏTîia.* baïdjân. Mirza Soulthân Abou-Sa'Id vint dans la résidence royale de Hérât, et se plaça sur le trône qu'il avait hérité (de ses pères) (572). Dans cet intervalle, Mirza Châh-Mahmoûd, fils de Mirza Abou 1-q'âcime Bâbèr et Mirza Ibrahîm, fils de Mirza ^Alauddattlèt, furent admis dans le sein de la miséricorde divine.
Année 864. (A. D. 1459-60.)
Q'izil Ahmed-big s'enfuit, cette année, du pays de Roûm, et se réfugia à la cour de 'Haçane-big (573), fils de 'Aly-big, fils de Q'ara'Otzmân, fils de Q'otlog'-big, de la dynastie Aqqcioufdou (des Turkomans du Mouton Blanc), qui était prince du Diâr-bekr (574),
Le sulthân Mou hammed-khân envoya Isma'ïl-big, frère de Q'izil A'hmed, avec sa femme et sa famille, en Roumilie (Romanie), où il leur assigna une pension.
Année 865. (A. D. 1460-61.)
Dans le courant de cette année, le sulthân Mou hammed-khân
envoya quelqu'un dans la principauté *l^^j de Q'izil A'hmed pour ' en prendre possession. Les châteaux forts de Q'asthamouny (575), • de Sinope, de Trébizonde, de Q'oïounlou- hiszâr, de Médellu (Mitylène ou Castro) et d^IaUcha (laicsa) tombèrent également au pouvoir des commissaires des ministres (cU,l ?) de la dynastie 'othomane.
Dans la même année Mirza 'Ala-u ddaûlèt, fils de Mirza Baïsonq'or, qui menait une vie errante depuis le jour où son frère l'avait privé de la vue, décéda dans le Roustèmdar dans la maison de Mélik By sutoun (576). Sa civière (577) fut transportée à Hérât où on Pinhuma à côté de son père et de son frère (578).
Année 866. (A. D. 1461-62.)
Au commencement de cette année le sulthân Mou hammedkhân partit pour aller faire la conquête de la Yalachie, et revint satisfait de sou expédition (579).
Mirza Dje hân-châh partit également cette année de l'Adzèrbaïdjân pour le Farse, afin de remettre à l'ordre (frotter les oreilles) son fils Pir-Boudâq'. Lorsqu'il y fut arrivé, il fut con- ^jjI\' venu que Pîr-Boudâq se rendrait du Farse à Bag dàd. Celui-ci s'empressa de se conformer aux ordres de son père, qui retourna à Tèbrîz (580).
Année 867. (A. D. 1462-63.)
Le qaziqlu'ooîvoda (hospodar empaleur) de Valachie fut mandé, cette année, à la cour du sulthân. Il refusa de se rendre à cette invitation, et il émana un firman d'une exécution aussi rapide que celle des arrêts de la divine Providence: qui enjoignit aux armées musulmanes de piller et de dévaster la Yalachie. Le poste du q'aziq lu-voïvoda fut confié et accordé à son frère (581).
Dans la même année eurent lieu la conquête de VHeraégovine vîL;» C^^jj la prise des châteaux forts de Dirâdj Jj> (Du-
razzo) et de Zwornik J^j^ji, ainsi que la soumission de la Bosnie (582).
Mirza Soulthân Abou-Saïd conquit, cette année, le château fort de CMhrokhïa ^ui^Li, situé sur la frontière du' Turkistân (583). Il fit prisonnier Mirza Mouhammed Djouguy (ou Djoguy), fils de Mirza 'Abd-ul Lathîf, fils de Mirza Ulug'bîg, qui s'était retranché dans cette forteresse, et il retourna ensuite dans le Khoraçân (584).
Année 869. (A. D. 1464-65.)
Ibrahim-big Qurarnân-ouglou (prince de Caramanie) mourut cette année, et ses deux fils, Is'hâq -big et Pir- Ahmed-big vinrent à la cour du sulthân Mouhammed-khân, qui leur confia la principauté de leur père (585). Les deux frères se livrèrent bataille à Erménak (586), et Ishâq-big, vaincu, entra au service à^Uztme'Haçane-hig, prince du Diâr-bekr. Pîr-A'hmed-big devint souverain absolu du Q'aramân (de la Caramanie) (587).
Année 870, (A. D. 1465-66.)
Au commencement de cette année le sulthân Mouhammedkhân soumit le château fort à^Ilbaszûn (588).
La même année Mirza Soulthân Abou-Saïd fut atteint d'une grave maladie, dont il se remit au bout de quelque temps. Vers la fin de la dite année, Mirza Dje'hân-châh partit pour Bag'dâd, afin d'y combattre son fils Pîr-Boudâq* (589).
Tm* U,
Année 871. (A. D, 1466-67.) Tm.
Mirza Dje hân-châh se rendit, cette année, maître de la ville de Bagdad après un siège d'un an, et y fit mourir son fils Pîr-
Boudâq (590). II envoya, par un ambassadeur, à Mirza Soulthân Abou-Sa'ïd le bulletin de la conquête de Bagdad ^1^ l«Lm.
Année 872. (A. D. 1467-68.)
Le dix du mois de chèwàl de cette année (4 mai 1468 de J. C), Mirza Dje'hân-châh sortit de Tèbriz pour aller livrer bataille à 'Haçàne-big le Baïèndourien , et marcha sur le Diârbekr. 'Haçane-big, en ajant reçu la nouvelle, rassembla son armée: son frère Djehânguîr-big ainsi que ses tils, Mourâd-big et Ibrahîm-big, se joignirent à lui. Dans cet intervalle, il consulta
le sort en ouvrant, an hasard, la parole de Dieu 4jjl m^ JUJ ^co, et le verset suivant s'offrit à ses yeux: «Va trouver Pharaon; car il a passé les bornes de Tiniquité (591).» Lorsque Mirza Dje'hân-chàh arriva dans la plaine de Mouche, Q'acime le perwânehdjy (garde du sceau de cabinet), qui était un de ses émirs (généraux) les plus distingués, et qui avait été placé h Tavant-garde J^LfV, fut rais, en déroute. Les guerriers du Mouton Blanc, s'étant précipités, de tous côtés et de toutes parts, sur Tarmée v^^» ennemie, en tuèrent et en prirent une grande partie. MirzaDjéhân-châh s'arrêta, pendant quelques jours, au lieu nommé jy^\ AUoûr (592), une des dépendances de Tchabaqtchour (593). Après avoir tenu conseil avec ses généraux, il battit en retraite. D'autre part, les chefs (émîrs) turkomans du Mouton Blanc {Aqqciourdou) se dirent: «Puis qu'il s'est retiré sans nous avoir fait le moindre mal, nous agirons comme lui.» 'Haçano-big s'y opposa. Lorsque Mirza Dje'hân-châh eut quitté ce campement (iowrie), et vint s'arrêter au pied de la montagne, il transféra de là son camp à la station de Khaundjiq (jf )y> ^l«f ou Khântchcmk)^ qui dépendait de Djabaqtchour (594). 'Haçane-big sortit de son camp (ordou) avec six mille impétueux J^ cavaliers , et se mit en marche pour livrer bataille. On reçut, sur ces entrefaites, des avant-postfts Jjlji (qaraoul) la nouvelle, que Mirza Dje'hân-
chah s'était fait devancer par son armée, et qu'il était lui-même endormi dans son logement (w)^ JjU sa chambre à coucher), avec un petit nombre des siens. 'Haçane-big vint fondre sur lui, et, lorsqu'il arriva aux alentours du lieu oii Dje'hân-châh se livrait au sommeil ol^l^, celui-ci, ayant été averti de son approche, ^it' se hâta de monter à cheval, et ils en vinrent aussitôt aux mains. Un inconnu J^ s'approcha de Djehân-châh, et le frappa en traître (lui donna un coup réprouvé jSlc ^^). Ce prince s'écria: «Ne me tue pas, et mène-moi (porte-moi) en présence de 'Haçane-big, car tu en tireras quelques profits j^j Ujjli l^.» Gomme sa blessure avait épuisé toutes ses forces, il s'affaissa. Son assassin lui trancha la tête, et la cacha de crainte qu'il n'en résultât quelque mal pour lui. On finit par reconnaître son cheval et ses armes jI^j (son attirail) chez son assassin, et l'on y découvrit également la tête de Mirza Djehân-châh. 'Haçane-big envoya sa tête au sulthân Abou-Sald dans le Khoraçân. Ses fils Mouhammed et louçouf furent faits prisonniers: le premier fut mis à mort, et le second, privé de la vue. De là 'Haçâne-big, victorieux et triomphant, tourna la bride du départ vers ses quartiers d'hiver (595).
Année 873, (A. D. 1468-69,)
Au commencement de cette année, Mirza Soulthân Abou- Sa ïd partit du Khoraçân à la tête d'une innombrable armée , et marcha sur l'Adzèrbaïdjân, dans l'intention de venger la mort de Mirza Dje'hân-châh sur la personne de 'Haçane-big le Baïèndourien. Lorsque l'armée di'Abou-Saïd vint camper au village de Miâneh, les phalanges de l'hi^ver et des frimas livrèrent subitement la surface de la terre au pillage et à la dévastation. Le Khosroès (souverain) des planètes se couvrit les épaules d'un manteau de nuages, qui lui tenait lieu de petit-gris (596); et redoutant le froid de l'atmosphère, il n'osa plus sortir sa tête du pavillon azuré (des cieux). Cette circonstance décida Mirza
Soulthân Abou-Saïd à convoquer ses émirs et ses nolnes avec lesquels il tint conseil sur le lieu qu'ils avaient à choisir pour leur campement (iourte) et leurs quartiers d'hiver. Us décidèrent tous 9 à l'unanimité, qu'il fallait chasser du Q'àrabàq' 'Haçanebig qui s'y trouvait, et prendre possession de ses quartiers d'hiver. Les glorieux drapeaux se mirent, en conséquence, en marche pour se rendre, dans cette intention, dans le Q^arabàg' d'Ar- 5!7/?' rân. Lorsque le cortège impérial vint dresser ses tentes à sept pharsakhs (35 kilomètres) du Q'arabâg, la disette de vivres qui s'y faisait sentir décida les hommes sages et prévoyants à émettre l'avis, qu'il serait à propos de marcher sur Ma hmoûd-abâd et Q'izil-agàdj, afin que le Chirwân-chàh, qui leur témoignait de la sympathie ^j^ u^'^ ^^j^ ^^' P^^ opérer sa jonction avec le camp (ordou) impérial. Ils se remirent en marche dans cette vue, et arrivèrent dans une plaine (stépe), dont le fourrage était vénéneux et empoisonné. Tous les quadrupèdes qui en goûtaient une seule bouchée, en faisaient leur viatique pour la vie future, et il était impossible de sauver leur âme des griffes de la mort.
La riante contrée ol^ du Moug'ân servit ensuite de campement à l'armée de l'auguste sulthân; mais la famine et la disette y parvinrent à un tel degré d'intensité, qu'on ne pouvait sy procurer un seul menn de blé au prix de dix dinars keupéguy ( écus d'or au lion) (597).
'Haçane-big, ayant intercepté toutes les voies de communication, ne permettait à âme qui vive d'ammener quoi que ce fut au camp impérial. En résumé, après de nombreuses missives et dépèches et de longs pourparlers, l'émir 'HiEçane-big envoya à la cour de Mirza Soulthân Abou*Saïd le seld d'Àrdébil (IsmdU 8zèfy\ en qualité d'ambassadeur. Il affirma, à son retour, que les Khoraçaniens étaient excessivement malheureux et découragés JC^j ù^^9 6^ V^^ Q6 fallait absolument pas consentir à la paix, attendu qu'ils ne tarderaient pas à s'enfuir de la manière la plus honteuse. 'Haçane-big congédia, en conséquence, plusieurs
personnes que Mirza Soulthân Abou-Sa ïd lui avait envoyées pour traiter de la paix. Ces négociateurs n'avaient pas encore rendu compte au prince de leur mission, après leur retour à la cour du mirza Abou-Sa ïd, lorsqu'on vit apparaître dans le lointain l'armée de 'Haçane-big comme un point noir à l'horizon. Dans cet intervalle, quelques émirs infidèles et versatiles du Ehoraçân désertèrent leurs tranchées ^jy^ (598) et passèreint à l'ennemi. Le mirza Soulthân Abou-Sa îd, se résignant à l'infortune et à la détresse (fatigue), fut forcé, en plein midi, de gagner la vallée de la faite, le seize du mois de rèdjeb (1" février 1469 de J. C). Les deux fils de 'Haçane-big se mirent, sur le champ, à sa poursuite, et prirent son Altesse Iji^bss^l , qu'ils amenèrent, à minuit, ^i"' au camp (ordou) de leur père. Le vingt «deux du même mois (7 février), cet auguste monarque goûta le breuvage du martyre, et le mauUa Djélâl-uddîn Dévâny dit au sujet de ce meurtre (599):
(Vers.) Comment le sulthân Abou-Sa ïd, dont la majesté souveraine était parvenue à un tel degré de gloire, que le ciel, malgré son grand âge, n'avait jamais vu de jeune prince tel que lui, pouvait- il, de fait, échapper à une mort violente , puisqu'il s'était lui-même rendu coupable d'homicide? Le chronogramme de son exécution se compose des mots juiu. ^1 ^LiiJL JXiU Maqtàl4 SouUhân Abou-Sdid (meurtre du sulthân Abou-Sa'ïd) (600).
Lorsque ce moi^arque leva, dans le Q'arabâg', l'étendard du départ pour passer dans la vie future, il avait onze fils, savoir:
I) Mirza Soulthân Mahmoud; 2) Mirza Soulthân A'hmed; 3) Mirza Châh-rokh; 4) Mirza Ulugbîg; 5) Mirza 'Omèr-che'ikh; 6) Mirza Aba-bekr; 7) Mirza Soulthân Mourâd; 8) Mirza Soulthân Khalil; 9) Mirza Soulthân Mouhammed; 10) Mirza Wéled;
I I) Mirza Soulthân 'Omèr (601).
Dans la même année, Pir A'hmed-big Qaramân'Oglou (prince de Caramanie) s'insurgea et se révolta contre le sulthân Mou- 'hammed-khân, souverain ^U du Baûm. Les lieutenants du sulthân ^UJL <^ly confièrent la dite principauté à SoultbÂii Moofiz-
thafa, à titre à^ItSèt (ou province) administrée par an béglèrbéguy (gouverneur général) (602).
AAnée 874. (A. D. 11469-70.)
Ogourlou Mouhammed, fils de 'Haçane-big, ayant eu, cette année, quelques motifs de se fâcher contre son père , se rendit à Bag^dâd, où il ne séjourna que très-peu de temps. Il partit ensuite pour le Boum (l'empire 'othoman), où il entra au service de Mouhammed-khân. Ce monarque, attachant le plus grand prix à son arrivée, lui donna sa fille en mariage. Elle en eut un fils, qui reçut le nom de Koudeh-Âhmed.
La même année, 'Haçane-big marcha contre Tlrâq persique, et soumit ce pays à sa domination. Il se dirigea ensuite vers le Farse, et fit mourir lo^çouf Mirza, fils de Dje'hân-châh. Il confia le gouvernement de Ghirâz à Omèr-big MaQszullu, le transféra ^na: plus tard à son propre fils Soulthân Khalil, et retourna à Tèbriz. n attacha à Tétrier (à la suite ou à l'état-major) de Mirza lâdikàr Mouhammed (603), fils de Mirza Soulthân Mouhammed, fils de Mirza Baï-Sonqor, fils de Mirza Ghâh-rokh, fils de l'émir Timoûr Gourékân, les émirs et les troupes du Khoraçân qui avaient été faits prisonniers lors du désastre de Mirza Soulthân Abou-Saïd, et les envoya prendre possession du Khoraçân ^Ll^ Lm^. Lorsque Mirza lâdikâr arriva aux confins de Besthâm, il apprit que Mirza Soulthân 'Houçein, fils de Mirza Manszoûr, fils de Mirza Baïq'ara, fils de Mirza 'Omèr-cheïkh, fils de l'émîr Timoûr Gourékân (604), était monté, à Hérât, sur le trône du sulthanat. Gomme son armée était sans armes (jl^ ^ sans équipement), il tourna bride vers le Mazèndérân. Dès que Mirza Soulthân 'Houçeïn apprit l'arrivée de Mirza lâdikâr Mou hammed, il résolut de marcher sur le Mazèndérân, et se dirigea vers ces parages. Mirza lâdikâr Mouhammed s'avança, de son côté, jusqu'au lieu nommé Tchénâran^ où les deux armées se rencontrèrent. Après un combat et une lutte des plus opiniâtres, Mirza
lâdikâr Mou hammed fat battu et se retira du côté de Simnàn. Mirza Soulthân 'Hbuçeïn retourna à Hérât (605).
Année 875. (A. D. 1470-71.)
Au commencement de cette annèe^ le sulthàn Mouhammed- khan conquît, dans le pays de Roûm m^j C^^^ (l'Asie mineure),
les châteaux forts à'Ârkily {Àrèkly)^ d^Aqséraî, de Otdek vîiy, de Koukuzeh oj^/ et de 'Alâyiéh (606).
La même année, Mirza lâdikâr Mou hammed , qui avait été défait par Mirza Soulthân 'Houçeïn et qui s'était retiré à Simnàn (ancienne Semina\ invoqua le secours et l'assistance de 'Haçane-big. Ce souverain lui envoya une nombreuse armée auxiliaire composée de Turkomans de l' Adzèrbaïdjân ; et il marcha, derechef, sur le Khoraçân. Mirza Soulthân 'Houçeïn vint, de nouveau, à sa rencontre. A son arrivée à Sebzewâr, une foule ^J,^f» d'émîrs infidèles et inconstants du Khoraçân lui firent volte-face et entrèrent au service de Mirza lâdikâr Mou hammed. D se vit donc, à son grand regret, hors d'état de résister, et se dirigea du côté du Mèrg âb. Mirza lâdikâr Mou hammed se mit à sa poursuite, et vint jusqu'à 'Hérât, où il s'assit sur le trône de la souveraineté. Lorsque son règne eut atteint le terme de quarante jours, Mirza Soulthân 'Houçeïn arriva inopinément du lieu nommé Baba Ildhy^ l'attaqua à l'improviste à la faveur des ténèbres, avec une suite peu nombreuse, le surprit au Bâgy-zagân (jardin des corneilles), le fit prisonnier et le mit à mort dans un des édifices qui faisaient partie des palais de cette vUla. H devint ensuite souverain absolu et indépendant de Hérât et du Khoraçân (607).
Année 876. (A. D. 1471-72.)
Mirza Soulthân ^Houceïn promut, cette année, au poste d'émir (chef) du divan impérial son Excellence le grand éxxAjCj^\
^^^Niiâm-uddîn 'Aly-chtr (608), et décréta qu'il apposerait son sceau, avant tous les autres émirs, sur les ordonnances et les décrets émanés de Tautorité souveraine. Un des beaux-esprits de l'époque composa les vers suivants au sujet de sa nomination (609) :
(Vers.) Le céleste émir ' Aly-chîr, dont la noblesse est portée à un tel degré de prééminence , que l'esprit est incapable d'apprécier ses perfections, prit place au divan le dernier jour du mois de cbabân, afin d'y déployer sa justice et son équité. C'est une nomination vraiment digne de notre héroïque monarque. Lorsqu'il mit le sceau à la félicité (l'empire) du souverain maître (du sulthân) du monde, l'époque en fut désignée par les mots: <<Aly'Chîr mouhr-^zèd^» ("Aly-chîr y apposa son sceau) (610).
Année 877. (A. D. 1472-73.)
Mirza Soulthân 'Houçeïn livra bataille, cette année, à Mirza Soulthân Mahmoud, fils de Mirza Soulthân Abou-Sa'ïd, au lieu nommé Tchékmèn^ une des dépendances A^Àndïkhoud. Il le mit en déroute, et revint heureusement dans sa résidence de Hérât (611).
Année 878. (A. D. 1473-74.)
Q'ilidj-Arslàn-big, prince (^rU gouverneur) du château fort
de 'Alâyieh^ fit, cette année, sa soumission au sulthân Mou'hammed-khân. On lui assigna, à titre de fief, le lieu nommé Gu- ^^^'* muldjina j avec quelques thnârs, et on l'envoya du côté de la Roumilie (Romanie) (612).
Il se livra, cette année, dans le canton de. BàXbowrte^ entre le sulthân Mou hàmmed-khân et'Haçane-big le Balèndourien, une grande bataille , dans laquelle fut tué Ogourlou Mouhammed,
fils de 'Haçane-big; qui était entré au service du sulthân; mais l'armée de 'Haçane-big fut battu et les lieutenants du sulthàn ^llJL 4^1^ (613) s'en retournèrent victorieux et triomphants dans la résidence du khalifat (614).
Année 880. (A. D. 1475-76.)
Vers le milieu de cette année, le sulthàn Mou hammed-khàn fit la conquête des châteaux forts de Sélefkeh (Séleucie-Trachée), d'Ârménâk (Homonada) (615), de Eaffa (ancienne Théodosia) et de Mènkoub.
Année 881. (A. D, 1476-7X)
Le sulthân Mouhammed-khân fit, cette année, la conquête de la province de Moldavie (Q^ara-Bagdân)^ dont le voîvoda (hospodar) et prince Istiphân (Stéphân, Etienne) prit la fuite (616).
Année 882. (A. D. 1477-78.)
Le sulthân Mouhammed«khân, après avoir livré, cette année, une grande bataille, se rendit maître de la ville à^Iskèndèrieh (Scutari, Ouskoudar ou Scodra)^ et prit possession de l'île de Lemnos par capitulation (617).
Dans la nuit de la fête de ramazâu de cette mêm^ année (janvier 1478), Ouzune 'Haçane-big le Baïèndourien fut admis dans le sein de la miséricorde divine. Un poète a composé, à ce sujet, le chronogramme suivant (6 1 8) :
(Vers.) Pour désigner l'époque de sa mort, chacun se prit à dire: Ghàh'i-dvn-pèrwèr'i-âdUjc^lcjj^ jtn ©l^ (souverain juste et protecteur de la religion). C'était eflfectivement un monarque qui protégeait ses sujets et qui se distingua par sa justice. Il promulgua, pour la perception des impôts sur les raïa, un règlement ou statut organique (<ub (j^ii un canon) qui est encore aujourd'hui mis en pratique par les souverains de l'Iraq , du Farse
et de TÂdzèrbaldjâD. Ses enfants mâles étaient an nombre de sept, savoir: Og'ourlou Mon hammed, Maqszoûd-big, Zeïnel-big, Sonlthàn Khalil, Mirza la'q oûb, Mirza lonçouf et Mirza Mècf h. De ce nombre Ogourlou Mou hammed et Zeïnel-big passèrent dans l'antre monde du vivant de leur père. Soulthân Ehalil snccéda à celui-ci après son décès, et fit mourir son frère Maq - ^gi!* szoûd-big, fondateur de la mosquée cathédrale de Tèbriz, qui lui ' doit son nom de Maqszoûdieh (6 1 9).
Année 883. (A. D. 1478-79.)
Au printemps de cette année, Mirza la qoûb se révolta contre son frère Soulthân Khalîl; et il se livra, entre les deux frères, au bord de la rivière de Khoï, à l'heure du déjeuner du mercredi, quatorze du second mois de rèbf de la dite année (16 juillet 1478), un combat acharné, dans lequel le sulthân Khalil fut tué, et Mirza laq'oûb revint à Tèbriz, où il monta sur le trône du sulthanat: Mirza louçouf et Mirza Mècf h se soumirent à leur aîné (620).
Année 884. (A. D. 1479-80.)
Le sulthân Mou hammed fit accompagner cette année, par une armée 'othomane, Ala-uddewlèt-big^ prince de la famille des Dzoulqadres (621), et l'envoya dans le pays qu'occupait cette
nation (ou cette famille aûLL ^I), afin d'enlever cette principauté à son frère Boudâgbig et de lui en remettre le gouvernement. Dès qu'il y arriva, ce pays tomba au pouvoir des partisans cU^I de la dynastie othomane. Â la fin de la même année, le sulthân Mou hammed-khân chargea Kéduk A'hmed-Pacha (622) de faire la conquête de la presqu'île de Potdia U^ ©^ J» (en italien Puglm, la Fouille ou l'Apulie), dont il se rendit effectivement maître.
Année 885. (A. D. 1480-81.)
Au commencement de cette année, le sulthân Mou hammed-
khàn donna à Mècfh- Pacha Tordre d'expulser (de son île) le prince de Rhodes ^J^J\f J^L (Pierre d'Aubusson, grand-maître de
l'ordre de St.-Jean de Jérusalem), et plaça sous les ordres de ce pacha un corps d'armée considérable (623). Dans la même année ^li Qanszou^ souverain d'Egypte ^^^i^-e ^l^(?) (624), ordonna à son proto-big le DévU-dâr (ou secrétaire d'état j 1^1^^ vîL^ ^L lj:>^) (62 5) d'aller faire la conquête du Diârbekr avec l'armée d' A-* rabistân. Mirza laq'oùb, ayant été instruit de ce projet, voulut aller, en personne, repousser l'ennemi; mais ses émîrs ne le laissèrent point partir. Il envoya, en conséquence, contre ^I^j j:> l'ennemi Baïèndour-big, Souleïmân-big, Bijèn-oug'lou et Szoufy- ^jjjf' Khalîl MaUszuUu. La rencontre des deux armées eut lieu aux environs de Boha (Édesse) (626). Le proto-big, secrétaire d'état (627) et les autres émîrs (chefs) qui l'accompagnaient furent fait prisonniers dans cette bataille, et mis à mort. Mirza la q'oûb, voulant éterniser la mémoire de ce (brillant) succès (628), octroya la ville d'Iszphahân à Baïèndour-big.
Année 886. (A. D. 1481-82.)
Le sulthân Mou hammed prit, cette année, congé de ce monde
éphémère dans les prairies de V autocrate à Scutari ^^^^jj^ j^
jb^iL), et passa dans les jardins de Rizwân (629). Il était devenu empereur à l'âge de vingt-un ans, et en avait régné trente
et un. Après son décès, son successeur légitime jj^ ui», le sulthân Bâiézîd-khân (Bajazet II) monta sur le trône de la souveraineté dans la capitale bien gardée de Constantinople (630).
Notice sur les fondations pieuses et les établissements de charité du sulthân Mou hammed -khân (que la terre lui soit
légère!) (631).
1) L'église de Sainte-Sophie (Aïa-SzoupUa) ^ dont on n'a ja-
mais fondé ni bâti la pareille sur la surface de la terre, depuis que l'architecte du monde et Tingénieur qui a présidé à l'organisation de la sphère céleste, a construit l'édifice hexaèdre et érigé les quatre piliers (gros murs) de l'atelier des créatures. Elle avait été, pendant de nombreuses années et des siècles infinis, c'est-à-dire comme on le prétend, pendant plus de treize cents ans (?) le temple des idoles ^Lo) (j^ (?), et le lieu d'adoration d'un peuple plongé dans les ténèbres (de l'idolâtrie), la qu'elle fut convertie en mosquée cathédrale (632). Abstraction faite de cette mosquée, ce monarque en fonda, sur une éminence sise au milieu de Constantinople, une seconde d'une grandeur et d'une magnificence parfaites, dont la construction fut achevée dans l'espace de huit ans. Il a également fait bâtir la magnifique mèdrèceh nommée Tzémânyieh (les huit collèges), dont l'oeil du monde n'a jamais vu la pareille ni l'égale dans le cours des siècles et des âges. Elle n'a cessé, depuis cette époque, d'être le rendez-vous (le lieu de réunion), des hommes lettrés et la source de nombreux savants (ouléma). Près de cent cinquante étudiants
et candidats {^JjiL amateurs) y sont occupés, chaque année, à enseigner o^li) et à s'instruire ©^1*^1, et l'on y forme d'illustres maullas et des littérateurs d'un grand mérite Jj^ J^\i\. Ils y
reçoivent un traitement journalier de cinq cents aspres, et par- ^^^^» viennent ensuite aux grades de 'qâdy à la Mekke la vénérée, à Médine la resplendissante, au Caire, à Damas {Châm), à Bag'dâd, dans la résidence impériale d'Àdrianople, à'Haleb, à Diârtfekir (Amide) et à Tèbrîz: ils deviennent plus tard, suivant leur capacité et leurs talents naturels, qâzy'oskèr (juge militaire) et même moufty (633). Ce sulthân a, en outre, fait bâtir et achevé une autre mosquée cathédrale, une haute école ^Lc i^jjj^ et un couvent, où l'on nourrit (des indigents) de toutes les classes de la société, sur la tombe replendissante de lumières de sa sainteté Âïoub l'Ànszâry, qui était un des illustres compagnons du Prophète (que Dieu le bénisse et lui accorde le salut étemel !). Dans
la 53 année à dater de l'émigration de ce Prophète, le vénérable ■Âïoub vint, avec Tarmée musulmane chargée de faire la conquête de Constantinople, et il y mourut (634). Il avait été inhumé clandestinementj et le cheikh Aq' (?) Chèms-u ddîn (que son précieux tombeau soit sanctifié!), éclairé par la révélation divine oui^et par les dons extraordinaires dont la divinité l'avait honoré, découvrit du temps du sulthan Mouhammed-khân, des vestiges de son tombeau. Ce monarque fit aussi construire une jolie mosquée cathédrale, un célèbre couvent cif^i im^y^ de derviches sur la tombe du cheïkh Âbou 1-wéfa, qui fut le modèle des amis de Dieu (dés Santons) et le coryphée des hommes pieux (635). H existe, en un mot, une multitude d'autres fondations pieuses et établissements de bienfaisance de ce sulthân (636).
Notice sur les savants {ouléma) et les cheïkhs qui ont été les contemporains du sulthân Mouhammed-khân (637).
1) Le maulla Chèms-u ddîn Mouhammed Gourâny (638), qui fut d'abord instituteur du sulthân, et qui devint plus tard qâ^y- 'askèr (juge militaire), et le moufty de son temps.
2) Le maulla Khizr-beï, qui a été immderns à la mèdrèceh du sulthân à Brouça. Ce fat lui qui, le premier, fut nommé q'âzy à Constantinople (639).
3) Le maulla 'Aly Q'ouchedjy (l'oiseleur?), qui fut le modèle des plus grands hommes de toutes les nations, et qui est tellement célèbre, qu'il est inutile de nous étendre plus au long sur son compte. Mais ce maulla était d'origine turke et natif du Mawèrdnnahr (de la Transoxane). Son père se nommait Qouchedjyzâdeh (fils de l'oiseleur?), et il est probable [qu'il descendait des qàbîlés (tribus) Qouchetchy^ qui étaient les plus considérables des ^^f, tribus (dchirèts) turkes. Quoi qu'il en soit, il s'appliqua, dans
sa jeunesse, à l'étude des sciences et devint en fait de physique {CaX». philosophie) et d'astronomie olL^ ^, le coryphée des sa-
vants de son temps. Il jouissait de la plus grande faveur à la cour du mirza Ulug'big Gourékân à un tel point que le mirza lui adressait la parole en lui disant: «Mon fils.» Il fonda, de concert avec ce prince, un observatoire à Samarq'ande, et dressa des tables astronomiques. Après le meurtre du mirza Ulug big, il se réfugia dans TAdzèrbaldjân, et 'Haçane-big le Baïèndourien renvoya en ambassade à la cour du sulthân Mou hammed-khân, souverain du Roûm (de l'empire 'othoman JJ^ mjj). Le sulthân refusa au mauUa la permission de s'en retourner en Perse , et il devint d'abord motiderris (lecteur) à la mèdrèceh du sulthân à Brouça. Après avoir mis la dernière main à la fondation des huit collèges (de la Mèdrèceh dite Tzémânyieh, octuple), le Sulthân appela le mauUa à Constantinople, et lui alloua un traitement journalier de cent cinquante aspres 'otzmâny^ avec un beau village (640).
4) Le mauUa Khosrew, qui était l'homme le plus distingué de son époque et les plus parfait ^)^ de son siècle. Il fut nommé qâzy de Constantinople, de G'alatha et de Scutari, avec le titre de mouderris à Sainte-Sophie (641).
5) Le mauUa Chèms-u ddin A'hmed devenu célèbre sous le nom de maulla Khlûly^ qui était mouderris à l'une des mèdrècès à'Iznîq (Nicée), et qui a écrit des gloses marginales sur le commentaire des 'Aqâid (dogmes ou articles de foi): c'est un livre extrêmement goûté (642).
6) Le maulla Mouszlf h-u ddin Q'asthalâny, qui eut d'abord le titre de qâzy du lieu nommé Seh-chehr (trois villes). A l'époque où la place de qâ^yaskèr (juge de l'armée) fut partagée entre deux titulaires, le poste de q'âzy-'askèr d'Anatolie (lisez Roumilie) lui fut conféré (643).
7) Le maulla Mouszlf h-u ddin de Brouça coimu sous le nom de KhaudjaJi-zâdeh (fils de marchand): il devint jdiy-asfcèr (juge de l'armée) à l'âge de treize ans (?!) (644).
8) Le maulla 'Haçane Szamsouny, qui fut le coryphée des sa-
rants de son temps en fait de sciences rationnelles et traditionnelles. Il devint d'abord instituteur du monarque et plus tard . qùJfy'Oskèr (645).
9) Le maulia 'Âbd-uF-kérim , qui fut acheté par le sulthàn ^j£: Mouhammed-khàn (le vaillant champion de la foi, gàBy)\ mais
qui s'appliqua, avec le plus grand zèle à l'étude des sciences ; si bien qu'il devint le coryphée des savants de son temps, paryint au poste de qAèy-askèr et fut ensuite nommé moufiy; il remplissait ces fonctions, lorsqu'il mourut (646).
10) Le maulia Mou hammed devenu célèbre sous le nom de 'Hàdjy 'Haçane-zàdeh : il n'avait pas son pareil dans les scjlence^ traditionnelles (647).
11) Le maulia Fâkhr-uddin-Zâdeb, qui était originaire du pays de Hérât et à qui l'on doit un grand nombre d'écrits; de sorte qu'il est renommé parmi les savants du pays du Roûm (de l'empire 'othoman) sous le nom. de Motâszannifék (petit auteur, écrivaiUeur). Lorsqu'il arriva dans le pays de Roùm,' on lui assigna un traitement journalier de quatre-vingts asprés (648).
1 2) Le maulia Sérâdj-u ddin Mou hammed connu sous le nom d® o^^lj t^/iL Tchéléby-zâdeh (peut-être o^b ^^ ' HaMby-zâdeh^ Alépin de naissance): il était encore en bas âge, lorsque l'émîr Timoûr l'emmena de 'Hale'b dans le Ma-wérdimahrx mais il revint dans le Boûm (empire 'othoman) et devint mouderris (lecteur) à Adrianople (649).
1 3) Le maulia Sinân-Pacha, fils de Ehizr-big, fils de Df elftlu'ddin, qui fut d'abord professeur JU* du sulthân Mou'hammed-
khàn, et qui parvint enfin au poste de vézîr (650).
14) Le maulia Mou hy-u ddin devenu célèbre, parmi les savants, sous le nom à^^Akhunn. Il a composé des gloses très-fortement raisonnées «Ullo «J^U j3 sur le Tedjrid (651).
1 5) Le maulia ^Âbd-uI-Lathif, qui était un homme plein de mérite et d'instruction, et qui remplit, pendant quelque temps,
la place de monderris (lecteur) à la médréceh dite Tzémmiffeà (des huit collèges). *
16) Le manlla Moahy-iiddln conna soas le nom de£Wjwtfo- $âdéh (OQ Bénikhê-sdd€Ji\ qui parvint au poste de jdjy-aslèr (652).
1 7) Le manlla A'hmed-Pacha, ffls de Wély-nMdln, devenn célèbre sons le nom de Wély-ùddin aughê: c'était nn homme extrêmement distingué, instrnit et versé dans les lois. Il fnt d'abord q^ftzy de Bronça, et devint ensuite q^ftzy-'askèr: il parvint enfin
^^^f*au vézirat, mais il fnt destitué. Le sandjaq* de Brouça lui fut octroyé à titre à^arpaliq (ou traitement complémentaire) (653).
On compte au nombre des saints ol^ ^^j cheikhs qui vécurent du temps de ce monarque, zélé et glorieux défenseur de la foi ^jlc j»U^, le cheSkh Abaiê Idkâqaq Okèms-^'ddltn de Qowiek (654), et sa sainteté le chrïkh ÂbodJrwéfa de la même ville (655), •le cheikh " Éâéfjtf-khàlifa de Constantinople (656), le cheikh ^oéljjéwjf'-Jchàlifa (657) et d'autres, qu'il serait trop long d'énumérer : que Dieu lenr fasse miséricorde et leur pardonne leurs &utes !
Année 887. (A. D. 1482-83.)
Au commencement de cette année naquit heureusement le prince impérial 8éltm-hhân (?) (658).
Dans la même année, le sulthftn Djèrn^ frère du sulthân Btié- * zid-khân» revint de son pèlerinage aux deux temples sacrés (que Dieu accroisse de jour en jour le respect et la vénération dont ils sont l'objet!); et il se réfugia au sein de la peuplade de Thorgoud et de Warsaq (en Garamanie) (659). Il leva, parmi elles, une armée, à la tète de laquelle il fit la guerre au sulthàn Bâlézîd-khàn. H fut battu; et comme, après cette défaite, il ne lui était plus possible de rester dans le pays de Roùm (l'empire 'othoman), il partit pour l'Europe (le pays des Francs) (660).
Dans le courant de cette année, Ibrahîm-Pacha, fils de Ehalil-Pacha, qui avait été qâzy-askèr de Roumilie (Bomanie), de-
vint grand-vézir, et le mauIIa'AIa-Qdâln Fènftry devint ^àzy- 'askèr de Ronmilie et d'ÀnatoIie, et mourut dans l'exercice de ces fonctions (661). ^
Année 888. (A. D. 1488-84.)
Le sulthân la'q'oûb, fils de 'Haçane-big, jeta cette année, dans sa capitale de Tèbriz, les fondements de l'édifice nommé Eechte- WndUe (les huit paradis), qui était un objet de jalousie pour le paradis céleste (^^/jl suprême), et il en acheva la construction en peu de temps.
Le sulthân Bâiézid-khân promut, cette année, an rang éminent de vézir, A'hmed-Pacha, fils de Ghèms-u ddin Mou'hammed Fén&ry; mais ils ne tarda pas à le destituer. . •
Année 890. (A. D. 1485-86.)
Les châteaux forts de Warsâq' et d'Âdanah (en Gilicie) toinbèrent, cette année, au pouvoir des fonctionnaires investis des^^^ pleins pouvoirs du sulthân Bâiézid-khân (662).
Année 891. (A. D. 1486-87.)
Le maulla Mou'by-u ddin Mou'hammed (663), qui était qûfyaskèr de Roumilie (Remanie), fut destitué et mourut dans le courant de cette année. H fut remplacé par le maulla Wouldân
Année 892. (A. D. 1487-88.)
Mirza Soulthân 'Houçeïn passa Thiver de la dite année dans le pays de Merw ^^^ «1^^^) et confia le gouvernement oU d'Asterahâd à son Excellence Mir Nizâm-u ddin 'Aly-chir.
Année 893, (A. D, 1488,)
SoQlthân 'Haldèr, fils de Cheikh Djouneïd, qui était le fils de la soear de 'Haçane-big, fat tné, cette année, dans le Thabacéràn (664), par Tannée de Sonleïmân^big Bijèn-auglou, qni avait été envoyé, de la part du snlthân laqoûb, au secours de Ferroukhless&ri prince du Chirwàn.
Année 894. (A. D. 1488-89.)
Le douze dû premier mois de rébi de cette année (14 février 1489) Mirza Soulthàn 'Houçein demanda en mariage, pour son fils Mirza Mou'bammed Ma'szoûm, la fille d'Ulug -big, fils du mirza Soulthàn Abou-Sa'ïd. Cette princesse fut amenée, avec»la plus grande pompe, de Kaboul à la capitale de Hérât.
Année 895. (A. D. 1489-90.)
Le sulth&n la q oûb fut atteint, cette année, d'une maladie accidentelle ^j4/« ^j[c dans ses (ftiartiers d'hiver du Q^arabâg'. Son frère louçouf-big et sa mère tombèrent également malades. Cette ptincesse fut admise, le 28 du mois de dzy-'l'hiddjeh (12 novembre 1490), dans le sein de la miséricorde divine. Ils étaient encore malades, lui et son frère, et Ton eut soin de leur cacher le décès de leur mère.
Année 896. (A. D. 1490-91.)
Dans la nuit du vendredi, dix du mois sacré de mou harrèm de cette année (24 novembre 1490) (665), louçouf-big, frère du sulthân la qoub, prit son essor vers les jardins de Rizwàn. La maladie du sulthân la' qoub s'aggrava, et il suivit^) son père, sa
1) n serait plas confonne aux règles de la grammaire persane de lire tout simplement Ji^j^lj^j j^^j jJ^ ^ *îl fut privé de père, de mère et de frère»; mot-à- mot: dl derint sans père, sans mère et sans frère». Il suffirait dé changer
mère et son frère {?Ji>/j^i^j j^L-^jJ^ ^) (666), dans l'aprèsmidi d'un jeudi du mois de szirfer. Baïsonqor Mirza, fils du.^;^^' sulthàn la'q oùb, fut placé sur le trône, grâce aux généreux efforts de Szoufy-Khalil et des émirs Matiszullu (667). La plus grande discorde éclata parmi les chefs (émirs) Aqqmîmlou (du Mouton blanc). Baïèndour-big, entre autres, qui était un des principaux émirs, éleva, en dépit de Szoufy-Khalîl, Mècf h«-big, fils de 'Haçane-big, sur le trône de l'Iraq". Il en résulta, entre eux et Szoufy-Khalîl, une grande bataille, dans laquelle Mècf hbig fut tué, et Roustèm-big (?), fils de 'Haçane-big, fut fait prisonnier (668), et incarcéré au château d'Elendjaq'. Mahmoûdbig, fils d'Og ourlou Mou'hammed, fils de Haçane-big, prit la fuite, et se rendit du côté de Hamadâu; Chah ' Aly-big Pumâk (669) lui conféra l'autorité souveraine, et Szoufy-Khalîl, s'êtant mis len marche vers ces parages, à la tête- de l'armée, fit mourir 'Alybig et Mahmoud aux environs de Burouc^irde ^jtjji- Souleïmanbig Bijèn-auglou arriva, sur ces entrefaites, du Diâr-bekr, et se souleva contre Szoùfy-Khalil. H se livra, entre les deux parties, sous les murs du château fort de Yân, une bataille dans laquelle Szoufy-Khalîl fut tué. Bijèn-aug lou devint, à sa place, le e^'oum- M'Vl-mmlM, (la somme du royaume, l'âme du gouvernement. Voirter ego) de Baï-sonqor.
Année 897. (A. D. 1491-92.)
Dans le courant de cette année, Ibrahim -big, fils de Dâna Khalil le Q'adjâr, qui devint célèbre sous le nom A^Atbeh-Sofd' thân (670) jUJL o^I , s'étant entendu avec Q'iriq Sîdy-'Aly (R. Q'azaq' Seïd 'Aly) (671), gouverneur d'Àlèndjaq*, fit sortir de ce château Roustèm-big, fils de Maqszoùd-big; et ils se mi-
^ en ^, avec on seul point diacritique sous l'initiale. Le sens exigerait
qu'onlût j^L, jjj ^ Jiij^ f}^^j^ J^^^J «il décéda, n'ayant pins ni père, ni mère, ni frère; mot-à-mot: 9U4ev%nt âéfiint sans père, sans mère et sansfrère:^
rent en marche pour combattre Soulelmào-Ug Bijèn-anglou. Celui-ci fat abaadomié par les émîrs, qui se joignirent à Bonstèm* big. Cette circonstance décida Bijèn-anglou à prendre la fuite et à se rendre dans le Diâr«bekr, où il fut tué par Noùr ' Aly-big, frère aîné d'Aîbeh*Soulthàn. Balsonqor-big s'enfuit, et se réfugia à la cour de son aïeul maternel Ferrùukh-Iessâr (672), prince du Chirwàn. Dans les derniers jours de rè^jeb , Roustèmbig monta, à Tèbriz, sur le trône du sultbanat; ce qui appaisa tont d'un coup les troubles qui avaient éclaté.
^J^: Dans la même année, le sultbân Bàlézid-khàn (Biyazet) s'empara, dans le pay« de Boûm m^j C^^^ (la Remanie) du château fort de DépeJi'délèn (673) et ae la province d'Albanie (Amafld).
Année 898. (A. D. 1402-03.)
Kœuceh'^ Hâéljy ^e pèlerin à barbe rare), gouverneur d'Iszpbah&n, se révolta, cette année, contre Roustèm-big. Ce prince se mit en marcbe vers l'Iraq' afin de le repousser. Ses émirs arrivèrent, avant lui, aux environs de Q'oum, où ils rencontrèrent Eoeuceh 'Hftdjy, qu'ils mirent à mort. Le mauUa Chéhidy a dit à ce sujet (674):
(Vers.) Sire! Tu as marché sur Q'oum, et tu y as obtenu un double succès ^L^3 m: Tu as coupé le cou au'Hâdjy (pèlerin) et tu as aperçu la Kdbah ou maison carrée (tu est parvenu au terme de tes désirs).
Cette même année, Roustèm-big (675) et Baïsonq or, fils de Soulthàn la'qoùb, se livrèrent bataille sur les confins de Guèndjeh et de.Bèrda'. Balscoiqor y fut tué.
Année 800. (A. D. 1403-04.)
Dans le courant de cette année, Mirza Soulfhân A'hmed, fils aîné du mirza Soulth&n Abou-^'ld Oourékàn , qui était devenu souverain (padichâh) de Samarq'ande après la catastrophe d^ de