SOS
son père, et qai avait régné près de vingt-sept ans, en bonne santé, atteignit le terme de sa carrière. Son frère cadet Mirza Sonlthàn Ma hmoùd le remplaça sur lé trône du snlthanat (676). Dans la nuit* du lundi, quatre du mois de ramazftn de la même année (9 juillet 1494), Mirza 'Omar-cheikh, fils du Mirza Soulthân Abou-Saïd, qui, sous le règne de son père, était prince (ivâty) de Ferg'ànah, y leva, après lui, le drapeau de la souveraineté, et vécut continuellement en guerre avec ses frères Mirza Soulthàn A'hmed et Mirza Soulthftn Ma'hmoûd. D tomba enfin, un jour, du toit (de la terrasse) d'un colombier à^Akhsy (677), qui est une des bourgades à^Ândlcljân , et mourut. Son fils aîné jljl zèhîr-u'ddin Mirza Bàbèr prit la place de son père, et soumit, en peu de temps, les places frontières du Turkîstftn (678).
Année 900. (ArD. 1494^95.)
Au milieu du mois de mouharrèm de cette année (15 octobre 1494), Mirza Soulthàn Mahmoud, fils du Mirza Soulthàn^.?*
Abou-Sald, qui était parvenu au trône de Samarq'ande après son * frère aîné, arriva au terme de sa carrière. Son fils aîné Mirza Balsonq or (?) remplaça son père, et fit passeï* Taiguille (rougie) dans les yeux de son jeune frère Soulthàn ^ Aly, qui lui donnait de rinquiétude; mais il ne perdit pas la vue (679),
Année 90L (A. D. 1495-96.)
Au commencement de Tannée susdite, Mirza Soultbj^n ' Aly s'enfuit de Samarqande, et se rendit à«Boukhara, d'où il revint à la tète d'un nombreux corps d'armée. Son frère Mirza Baï- ' sonqor, hors d'état de lui résister, se cacha dans la ville. Il sortit enfin incognito ^^ ^jt^ de Samarqande, et gagna la , forteresse Chàdemàn. Mirza Soulthàn 'Aly s'assit, à Samarqande, sur le trône du snlthanat (680).
Année 902. (A. D. 1496-97.)
Cette année-là, Goeudeh A'hmed, fils d'Aog ourloa Mon'hammed, fils de 'Haçane-big, s'enfuit de la cour du sulthân Bftiézîd- • khftn, souverain du Roûm (de l'empire romain d'Orient), qui était son beau-père 3LL. Il s'embarqua et gagna la côte d'Anatolie, où il monta quelques cbevaux que l'on avait gardés à Ârzènd(jftn, pour aller dans l'Adzèrbaïdjàn. II se dirigea, bride abattue, vers Tèbrîz avec une suite peu nombreuse. Grâce aux secours de' Haçane-big 'Aly-kMny^ qui avait épousé la fille d'Augourlou Mou'hammed,^il s'insurgea contre Roustèm-big, qu'il vainquit, et monta^ à Tèbrtz, sur le trône du sultbanat Roustèmbig fut tué (681).
Année 903* (A. D, 1497-98.)
Goeudeb- Ahmed voulut, cette année, adopter les coutumes
et la loi canonique ù^l^ v'^' ^^ ^^ dynastie 'othomane (682): les chefs (émirs) turkomans s'y refusèrent, et ne voulurent pas s'y soumettre. 'Houceïn-big'Aly-khâny et MouzaflPer-big le Purnûk se déclarèrent ouvertement contre lui; et il les fit mettre à ^^Y' ™^^- Aïbeh-Soulthân le Q'adjâr et Q'âcime-big le Purnâk firent battre dans l'Iraq le tambour de la révolte. Goeude Ahmed donna avis de leur hostilité aux petits comme aux grands. Il convint avec eux de marcher contre les rebelles, et prit directement la route d'Iszphahân, où il arriva pendant l'hiver. Les deux partis en vinrent aux mains et Goeudeh A'hmed fut tué. Comme c'était un homihe d'une taille raccourcie, il avait les bras et les jambes très-courts, et des plaisants Jij)^ l'avaient assimilé à un chùu-fleur\ c'est ce qui fit dire à un poète (683):
(Vers.) Le chou-fleur que l'on avait proclamé souverain (sulthân) du monde, fut enterré à l'arrivée de l'hiver.
Année 904. (A. D, 1498-99.)
Moahamméây-Mirza, fils d'Ionçonf-big, fils de 'Haçane-big, se révolta, cette année, contre son frère Ëlwènd-big, qui était monté sur le trône de l'Âdzèrbaïdjàn après Goeudeh ou Koudeh A'hmed. Les denx frères se livrèrent bataille k' Aziz-kèndy (684), et Aibeh-Sonlthân, qui était le djoumlèt-id-moulk (l'âme dn gouvernement ou Valter ego) d'Elwènd-big, fut tué. Mou hammédy- Mirza remporta la victoire, et fit son entrée à Tèbrîz, où il arbora le drapeau de l'indépendance.
Sur ces entrefaites, les frères d'Aïbeh-Soulthân firent sortir Soulthân Mourâd, fils d'Iaqoûb-big, du château de Boî^ndvs (château d'airain), où il avait été incarcéré par ordre d'Aïbeh- Soulthân, et le menèrent à Ghirâz chez Q'âcime-big le Purndk (685).
Année 905, (A. D. 1499-1500.)
Mou hammédy-Mirza mena, cette année, des troupes contre la capitale de Ghirâz , à l'effet d'en expulser le sulthân Mourâd et Q'âcime le Purnâk. On se battit aux environs d'Iszphahân.
Mouhammédy-Mirza, après avoir été vainqueur et triomphant, fut vaincu par suite de son imprudence, et mis à mort.
A partir de ce jour, il éclata, parmi les Turkomans AqqcAotmlou (du Mouton Blanc), de nouveaux troubles, qui ébranlèrent de fond en comble l'édifice de leur puissance (686).
Dans la même année, le sulthân Bâîézid-khân envoya Bâlybey piller et ravager la Pologne, et chargea Naszou h-bei de faire ^^^» une incursion en Russie et de la livrer au pillage. Bâly-bey ne put s'acquitter de sa mission à cause du froid et de l'abondance des neiges, et perdit une multitude innombrable d'hommes et de . chevaux (687). Naszotfh-beï revint chargé d'un riche butin et d'immenses richesses.
Année 906. (A. D. 1600-1601.)
Cette année, le snlthàn Bàiézid-kh&n s'empara, dans la Torqoie d'Europe mjj CJij j> (dans le pays de Boum), des châteaux forts de Modon on Mothone (ancienne Mahone) et de Coron (an-, cienne Epea on Coroné) (688).
Dans la même année, Che!beg-kh&n (689), fils de Boadag* Sonithân, fils d" Abou 1-khaIr-khàn, fils de Dafllèt-cheïkh Ang lane, fils d'Ibny-Ang'lane (690), fils de Tôulàd-Auglane (691), fils d'Albeh (Alneh?) khandjah, fils de Touqïa Li^\(Usez Toîêqta [:iy\ fils de Balagân?, fils de Chelbân, fils de Djoudjy, s'empara par mse et par artifice de Mirza Sonlthân ' Aly, fils de Mirza Soulthan Ma'hmond, fils de Mirza Soulthan Abon-Sa'ld Goarékân, et le fit mourir. Il s'assit ensuite, dans la ci^itale de Samarqande, sur le trftne du Gourékân, et se rendit maître de tons les états vîUU» (les provinces?) du Ma-îvèra-' nnaJir (de la Transoxane), qui, depuis plus de cent trente ans, avaient été soumis à la domination des souverains (sulthans) du Djagataï. On lut la khouMehj et Ton frappa monnaie en son nom (692).
Année 907. (A. D. 160M502.)
C'est dans cette année que débuta et s'insurgea (je lis jy%^ ^ji) dans l'Iran Chah Isma'll le Szèfide {Stèfèwy). Il était fils
de Soulthan 'Haldèr, fils du cheikh Djouneld, fils du cheikh Ibrahim, fils du cheikh 'Aly, fils dit cheikh Szadr-u ddin Mouça, fils du cheikh Szèfy*uddin Ishàq'. La généalogie du cheikh Szèfyu ddin remonte, an bout de dix-huit générations (693), à sa sainteté l'imâm Mouça Eâzime (que Dieu lui soit propica) (694). Le premier de ses illustres aïeux qui vint à Ârdèbïl, fut le seld Fi-roûz-châh surnommé 2!ervin Kotdàh (au bonnet doré) ^). Sa grande
1) Cest probablement ce qui a induit Sir John Malcolm à dire dans son JEBeUrire de Perse (trad. française, T. 11, p. i71): «Les sept tribus torques dèrottéee
piété et son insigne dévotion lui attirèrent le dévouement des habitants de cette contrée, qui devinrent ses disciples. Du temps des monarques tchinguizides, plusieurs émirs (chefs) mongols, principalement Témir Tcboubftn, furent les adeptes et les secta- ^;^f* teurs du cheikh Szèfy*u ddtn (que Dieu lui fasse miséricorde!). C'est pour cette raison que les notables û^' mong^ols devinrent tous des disciples et. des partisans dévoués de ce cheikh. Il surgit dans toutes les contrées, et principalement dans l'Ir&n ùLrf'v ^^^ multitude d'autres disciples, si bien que l'émir Djonbàn demanda, un jour, au Cheikh Szèfy-u ddin, dans un entretien qu'il eut avec lui: «Le nombre des soldats de notre empereur estil supérieur, ou non, à celui de vos disciples?» n répondit: «Dans rir&n le nombre de nos sectateurs est le do'uble de l'effectif des armées impériales.» Plus tard (Jli) ^U en second lieu) Ouzune 'Haçane le Bâîèndourien conçut une si grande vénération pour le cheikh Djouneld (694), qu!il lui accorda, en mariage, sa soeur utérine Khadijah Khatoune. C'est elle qui donna le jour à Soulthàn 'Haidèr. Lorsque le sulthàn la'q'oûb se fut affermi sur le trône de son père, U s'unit par les liens du mariage à la fille de Ferroukh-Iessâr, prince du Chirwàn (695). Pour complaire à cette princesse, il contenait Soulth&n Haldèr, qui était le fils de
sa tante paternelle d^, et qui, passait, chaque année, par le Chirwàn, pour aller faire la guerre (sainte) aux Tcherkès (Circassiens). Rien ne put arrêter Soulthân 'Haïdèr, qui devint l'ennemi et l'antagoniste de Ferroukh-Iessâr, et qui continua de faire, comme de coutume, des incursions hostiles Ijô sur le territoire des Tcherkès. Le sulthftn là'q oûb voulant mettre un terme à ces hostilités, envoya Soulelmân-big Bijèn-aug'lou et Albeh Soulthân le Q'adjâr dans le Chirwân au secours du sulthftn Ferroukh-Iessftr. Les troupes turkomanes, de concert avec celles du Chirwftn, in-
à Shah Ismael eurent an bonnet ronge, ce qui leur fit donner le nom de Kusd» ha^ ou Têtes d^ar, qui a passé à leur postérité»
terceptèrent, dans le canton de Thcibarcéran (lisez ûLf'^ ^^^^ bacérûn\ le passage aux Szaufis (stc), et tuèrent Cheikh 'Haldèr, comme il a été dit pins haut (696). Il laissa, en mourant, trois fils en bas âge, auxquels la soeur du sultbào la^q^oûb avait donné lejour savoir: Soulthân 'Aly, Seîd Ibrahim et Chah Ismaïl. Le sulthân la q'oûb les fit d'abord incarcérer tous les trais au châ- ^m.* teau d^AkMamar, d'où ils furent ensuite transférés et emprisonnés dans celui d^Iszthakhr (Persépolis*lez-Chiràz). Lorsqu'ils y furent restés en captivité pendant quatre ans et demi, le sulthân laq'oûb vint à mourir, et les rênes du gouvernement de l'empire des Turkomans passèrent entre les mains capables de Roustèm-l)ig, fils de Maqszoûd-big. Celui-ci, accédant à la demande de sa tante, les fit extraire du château d'Iszthakhr, et les appela à sa cour à Tèbriz. Il se livra, par hasard, à cette époque, une bataille entre Roustèm-big etBdfsonq'or. Soulthân 'Aly donna, dans ces diverses affaires {Éjim^ combats), des preuves de sa valeur et de sa bravoure. Sa vaillance et son audace inspirèrent des craintes et de vives inquiétudes à Roustèm-big, qui fut uniquement préoccupé de l'idée de s'ai défaire et de s'en débarrasser, n envoya, en conséquence, à Ârdébil Aïbeh-Soulthân le Q'acyâr et Houceîn-big 'Âly-khâny dans l'intention de se rendre maître de Soulthân 'Aly et de ses frères. Soulthân ^Aly engagea avec eux une lutte et un combat, dans lesquels il goûta le breuvage du martyre. Chah Isma il se sauva avec son frère, et alla se réfugier à la cour de Kârguïa-Mirzô ' Aly , prince du Guilân Bîdh-pîche (697). Roustèm-big le redemanda, plusieurs fois, à Eârgnia Mirza- Aly; mais celui-ci lui donna, chaque fois, une défaite, et il ne le livra jamais, jusqu'à ce que Chah Isma'îl quitta, à l'âge de treize ans, le Guilân pour aspirer à l'empire. H passa Vhiver k Ardjuwân (698); et au commencement du printemps, il se dirigea vers Ming^oetd (J^^ mille lacs ou étangs), où il se réfugia au sein de la grande tribu Ustâdjlou. Près de sept mille cavaliers se rassemblèrent sons ses étendards. H passa le Eoûr à Q'cHoû/n-eulumy (699),.etFerroukh-Iessâr vint se ranger
en bataille vis-à-vis de lai à la tète .de vingt mille cavaliers et six mille fantassins. Il se livrèrent une grande bataille, et Ferronkhless&r perdit la vie dans cette affaire, avec les notables du Chirwân. Son fils Chirwân-châh s'embarqna et fit voilé vers le Gui- ^iTjs"' lân. Le cbâh Isma ïl soumit, pendant l'hiver, quelques-unes des contrées dépendantes du Chirwàn, et alla prendre «ses quartiers d'hiver à Mahmoûd-abàd (700). Il marcha de là sur Nakhidjéwaji dans l'intention de se mesurer avec Âlwènd-big, fils d'Iouçouf-big, fils de 'Haçane-big. Les deux armées s'entrechoquèrent à Gharoûr, une des dépendances de cette ville. Âlwènd-big (?) ainsi que les notables turkomans, principalement Q'irdjigaï Mou hammed, Lathîf-big, Sîdy G'âzy-big et les fils de Pîltèn-big, avec huit mille hommes^ demeurèrent sur le carreau. Le chah Isma'U fit ensuite son entrée (triomphante) à Tèbrîz, où il fit proclamer son glorieux nom du haut des chaires , et en fit orner la face (l'avers) des dinars. Il confia le poste de général en chef {émîr-îU-ùtêméra) à 'Houceln-big le Œâmlùu (Syrien), celui de Ssfodr (primat de l'islamisme), au Q'âzy Chèms-u ddin Djïlàny,
qui était son professeur, JU^^ et le-vézirat, à l'émir Zakaria de Tèbrîz (701).
Année 908. (A. D. 1502-3.)
Il se présenta, cette année, en un seul jour, à la cour du sulthàn Bàlézid-khân (Bajazet) six ambassadeurs des plus grands monarques et des plus illustres potentats (khaq ans). Le premier venait de la part du raja de l'Inde; le second, du Pharaon (Azis) d'Egypte; le troisième, du prince ^L de Hongrie; le quatrième,
du qrâl (roi) de Pologne; le cinquième, du prince de Valachie, et le sixième, du padkhâh (empereur) de Perse.
Dans la même année, le chah Ismaïl partit de Tèbrîz pour faire la conquête de l'Iraq'. Soulthân Mourâd, fils de Sulthàn la'qoûb, quitta ses quartiers d'hiver de WUkân (A. R. O^^ DéUékân) (702) à la tête d'environ soixante-dix mille valeureux
5ie
cavaliers, pour loi livrer bataille et se diriger vers Hamadân. Arrivées an iailâ4 (campement d'été) i^Ahnaîkqouiâgff les deux armées se rangèrent en face Tnne de Tautre. Après nn combat et nne latte des plus opiniàtrejSy l'armée du snithân lifourâd fot mise en déroute, et Ousd-Ahmed (le bel A'hmed) le BaIè»idourien, qui était son* émfr-4iI-ot«mèra (généralissime) fut tué avec dix mflle ^^^f* Turkomans. Le sulth&n Mourâd se dirigea du côté de Chiràz, ayant sa bride rompue et ses étriers brisés (en pleine déroute). Le châb Ismall 1*' lui donna le nom de Normowràd (disgracié, malheureux), et le poursuivit, sans relâche jusqu'aux confins du Farse (703).
Année 909. (A. D. 1508-4.)
Le ch&h Isma'll 1"^ mit, cette année, le pied dans la province de Farse, et fit son entrée dans la capitale de Chirâz. D fit mettre à mort les khathibs de Kazroun, parce qu'ils étaient Sunnites et orthodoxes «I^U» J#l, livra leurs domiciles au pillage, et conféra la principauté il^^, à titre d'apanage {Audjûqliq ^L^l ), à Hi&s-big le Dzou 1-q'adre (704), connu sous le nom de Kétchdbig (Big boiteux); elle resta, près de cinquante ans, en sa possession et entre les mains de ses descendants >ij\. U soumit ensuite les châteaux de Oid-ùkhèndân (rose épanouie) de Firoûzkouh et Ajusta (Sta). H fit mettre dans une cage de fer ^Houceln Ouiâï Djélftwy, qui avait précédemment mis à mort Iliâs-big OuIq*oute Cypl Aug'lou l'Ustàcyiou, gouverneur (prince) de Rel. Ce malheureux se suicida dans sa cage, après y avoir souffert d'affreux torments.
Mourâd-big le Djéhàn-châhlou (705), qui était le compagnon (jAij collègue) de 'Houceïn Oula, fit rôtir ses szoufis pour statuer un exemple, et on les mangea (706). Sur ces entrefaites, Mou- 'hammed *Houçeïn Mirza, fils du sulthân ^Houceln Mirza, prince du Ehoraçân 0^1^^^, qui avait eu à se plaindre de son père, vint à la cour du chah Isma'll , qui l'accueillit de la manière la
phis honorable et la pins respéctaense (707). Soulth&n 'HouctiEii Mirza, frère de Kàrgula Mirza ^Aly, prince du Gnilân (708) vint, également faire sa conr an chah, et s'en retourna au comble de ses Toenx.
Année 910. (A. D. 1504-6.)
Le chah Isma'fl alla passer l'été de cette année à Soorliq' et à Takht-i-Sonlelmân après avoir forcé Je snlth&n Monrâd, fils du snlthànla'qoûb, de renoncer à contrecoeur à la province de Farse et de, partir pour Bagdad: le chah prit .ensuite ses quartiers d'hiver à Iszphahftn.
Abreq'ouh, lezde et le £ermân furent soumis, cette année, à Fautorité de ce monarque, qui confia le gouvernement (nûiét) de ce pays à son gouverneur {Mah) 'Houceln-btg le Châmlou (Sy- ^j^; rien). Le Eermftn fut dévolu à Eh&n Mouhammed VUstâdjlou (709), La peuplade 4M d ÇfmMche (710) ayant livré, en dépit de Mirza Soulthàn 'Houcein, la province de Thabs (ou ITuAèSy
ancieime TcAiène) an massacre et aa pillage, revint dans ses foyers. .
Année 9U. (A. D. 1506-6.)
Le chfth Isma n passa l'hiver de cette année à Thârèm-lez- Qf azwln, et résolut de faire une expédition dans le Guil&n BiShpèSy qui était alors au pouvoir de l'émir 'Houçâm-uddîn (712). n renonça en^n à ce projet^ grâce à Tintercession du cheïkh Ne4jm-i-6uilâny l'orfèvre. Djoulbàn-big (713) de Ehelkàl, qui avait été fait prisonnier, fut livré au glaive de Viaça (de la loi).
Mirza Soulthàn 'Houcein passa, vers la fin de la même année, de ce séjour périssable dans la demeure de l'éternité (7 1 4). C'était un puissant et fortuné monarque, qui jouit longtemps de la vie et du bonheur.
Il se plaisait et s'appliquait à choyer les savants et à protéger les hommes de mérite. Les étudiants (candidats aJUL) et les
mraclerrtô (lecteurs) jouirent, sous son règne, de toutes sorte» d'avantages et de douceurs. Xl^avait fait construire pour eux, dans le quartier.de Khiabân (des allées), une mèdrèceh et un hospice {ifnûrèt)y qui n'ont pas leurs pareils dans tout Tlrân et le Touràn, ni même dans la plus grande partie de l'univers.
Il y avait, de son temps, dans la ville de Hérât, douze mille étudiants (amateurs) adonnés à la science, poètes, calligraphes et autres artistes, qui étaient tous pensionnés sur la cassette J(jm des émîrs, des vézirs et de l'empereur. Le Ehoraçân était tellement peuplé et florissant sous son rè^e, qu'il ne l'a jamais été à aucune autre époque, ni dans aucun autre siècle. Il avait fait construire, dans la ville de Hérât, des jardins (ou vUlas cXbL) et des édifices imposants, principalement le jardin ou la vïUa de Môurûd (du désir) situé entre la ville et le Kâzèrgàh (le champ de bataille) (715).
Il y fit bâtir une multitude de maisons et de palais ornés de dorures. Les beaux-esprits les plus distingués et les poètes les plus célèbres se sont plu à chanter et à décrire ses constructions dans de brillantes odes héroïques (qasjsîdeh) et des pièces de vers d'une rare élégance. Comme il était passionné pour la bâtisse, ^^^^'les émirs, les vézirs et les notables <jLcl de cette époque prirent tous à tâche de créer de beaux parterres ^L«j, de bâtir de charmants édifices, des palais semblables à ceux du paradis et des habitations aussi richement ornées (riantes) que celles du séjour éternel ^ jî C^. L'architecte (du temple) de la justice, le grand- émtr Nizâm-uddin ^Aly-chir fit surtout construire, dans la ville précitée, des mèdrècès (collèges), des mosquées, des
cénobies uljj, un hôpital pour les aliénés çiklil jb, des jardins {villas) et des établissements de bienfaisance OijUc, dont aucune créature n'a jamais entendu citer les pareils, dans tout le cours des siècles et des âges.
Dans les premières années de sa jeunesse, le sulthân 'Houceïn passait une partie de son temps à la cour (iI.«o» au service)
do mirza Sonlthân Abon-Sa Id dans le Ma-wéra-nnahr (la Transoxane) et nne aatre partie au service da mirza Âbonl*qâciiDe Bâbèr dans le Ehoraçân. Â la mort de ce dernier son fils Chah Mahmoud et Mirza Ibrahim, fils de ^Ala-uddatilèt, eurent des différents Fun avec l'autre. Mirza Djéhân-châh, fils de Q'aralouçouf, partit de Flràq pour se rendre maître d'Asterabftd; et Mirza Soulthân Abou-Sa îd se mit en marche du Ma*wéra- nnahi: pour soumettre le Ehoraçân à sa domination. Mirza Djéhân-. chah enleva Asterabàd à Mirza Ibrahîm, et en confia la garde et la défense aux soins de 'Houceïn Sadlou. A cette époque le mirza Soulthân 'Houceïn alla attaquer 'Houceîn Sadlou, qu'il défit) et prit possession d' Asterabàd. Lorsque le mirza Soulthân Abou-Sa ïd se fut emparé du Khoraçân, il lui enleva également ^^^f* Asterabàd. Le mirza Soulthân 'Houcein vécut près de dix ans dans le désert du Ehaurizm, menant le genre de vie des qazûqs (batteurs d'estrade ^ijU ûrrr^) (^l^^)? ^^ ^^ ^^t des discussions continuelles avec le mirza Soulthân Abou-Saïd.
Lorsqu'il apprit à Abivrerde, que ce «prince avait été tué, il confia à quelques-uns de ses émirs la garde et la défense de la ville sacrée de Mèchehed {martyrium) et de Nichabour, et mar-. cha, en personne, sur Merw.
n vint de là à Hérât, oii il prit place sur le trône du sulthar nat. Au commencement de son règne, le mirza Monhammed lâdikâr, se voyant secouru et soutenu par Ouzune ^Haçane, lui disputa la souveraineté du Ehoraçân, comme nous l'avons déjà raconté précédeminent en décrivant les événements arrivés en 875 (A. D. 1470*71). Il passa quelque temps à Mdméneh («^ et non jS^^j^ MAmènd)^ à Fariâb, dans les plaines de Bûdgis et sur les rives du Mèrgâb^ jusqu'à ce qu'enfin il trouva, pendant une nuit, l'occasion de s'évader, à la hâte, de Baba'llahy (717), et arriva, à la pointe du jour, au Bâg-i-eàgân {jardin ou vUla des corbeaux ou des corneilles) à Hérât, où il donna la mort à Mirza lâdikâr Monhammed: il devint ensuite souverain indépendant du Ehoraçân, et y régna, avec l'autorité la plus absolue,
pmdant trente-huit ans et quatre mois (718). Mais, à la fin de son règne, Chelbeg-kh&n l'Onzbeg, convoitant Pempire du Khoraç&n, marcha sur Héràt. Mirza Soulthàn 'Houçein sortit de cette ville avec l'intention de lui livrer bataille. Lorsqu'il eut fait un trajet de quelques journées, l'impérieuse mort Jt^l^^ vint se précipiter sur lui à franc-étrier ^j^j et il fut admis dans le sein de la miséricorde divine, à BàbdUahy^ une des dépendances de BAdg'îs, au moment du coucher du soleil, le lundi, onze (E. quinBé) du mois de dzy fhid^jeh de l'année susmentionnée (I^ ^ mai 1506). Au bout de quatre jours, on transporta son corps (sa civière) à Hérât, et on l'inhuma sous le dôme [j^ gowmbed) qu'il avait fait ériger pour être son liea de sépulture. Il avait vécu soixante-dix ans; et il fut atteint, à la fin de ses jours, d'une hémiplégie, qui ne lui permettait pas de monter à cheval, et le forçait de se faire porter en litière (ou palanquin). Il était tombé dans l'enfance, et passait son temps à s'amuàer avec des béliers, des coqs et des pigeons. Mais il s'appliqua, de tout temps, avec le soin le plus scrupuleux, à protéger les hommes de mérite et de talents, les savants et les hommes vertueux jUT^^U^I. Grâce aux rayons bienfaisants de sa protection, les littérateurs et les artistes étaient parvenus au plus haut degré de perfection et à l'apogée de l'indépendance. Chacun d'eux , dans sa partie, était ^/Téo: le phénix de son siècle et le coryphée de son temps. On compte dans ce nombre le mauUa Noûru ddin 'Abd-ur-Ra'hmàn Djâmy et l'émtr 'Aly-chir Nèwftïy, qui jouissaient de la faveur spéciale de cet auguste monarque (7 1 9).
(Hémistiche.) Ce sont deux témoins qui attestent la vérité de ce que je viens d'avancer.
Mais, dans les derniers temps de sa vie, ses descendants finirent par ne plus lui obéir , comme ils le devaient, et il éclatait (fréquemment) entre eux des discordes qui furent la cause de la décadence de cette famille.
Les fils de ce monarque, dont les noms sont généralement
connus étaient an nombre de qnatorze, savoir: 1) Bèdi'-n zzémân Mirza; 2) Monzaffër 'Houcein Mirza; 3) Eeupek on Eibak Mirza; 4) Aboulmonhcine Mirza; 5) Féridonn 'Houcein Mirza; 6)Mon- ' bammed Ma'szoûm ; 7) Ferroukh 'Honcein ; 8) Mou hamnied'Honceïn (720); 9) Ibrahim 'Honceïn; 10) Châlï-i-garîb Mirza;' 11) Mouhammed Q'àcime; 12) Abou-Touràb; 13) Ibn-i-HonceIn; 14)'HaIdèr Mon bammed. Sept d'entre eux môurnrent du vivant de leur père, et les antres lui survécurent (721).
Année 912. (A. D. 1506-7.)
Mirza Bâbèr, fils de' Mirza 'Omar-cbeikb, fils de Mirza SoûltJiàn Abou-Sa'ld Gourékân (722), ayant appris, au commencement de cette année, dans les parages de 6'aznin (ou G'iznîn) et de Kaboul, le décès de Mirza Soulthân 'Houceïn, et ayant acquis la certitude que Cheïbeg-kb&n, parfaitement rassuré au sujet de la possession du Ma-wéra'nnahr, avait conçu le projet de se rendre maître du Eboraçân, se dit à lui-même: «Si, dans ce momentd, les glorieux descendants (je lis :>lafl :>U»)) de l'émir TimoÀr Gourék&n ne songent et ne s'appliquent pas, d'un commun accord, à repousser l'armée ouzbègue, s'il ne règne pas entre eux la plus parfaite harmonie et la plus grande unanimité pour veiller à la défense de l'empire cX\^ du Eboraçân, Chelbeg-kbàn ne manquera pas de soumettre, dans le plus bref délai, cette contrée aL» à sa domination et de renverser de fond en comble l'éfdifice de l'existence de tous les membres restants de la famille de rémtr Timoûr Gourékân.» Après y avoir mûrement réfléchi, ^J^il prit résolument' le parti de se rendre, en toute hâte, dans la . capitale de Hérât, d'avoir une conférence (entrevue) avec les descendants (enfants ^^^1) du mirza Soulthân ^Honceln et de leur exposer sa manière de voir précise sur la marche à suivre pour repousser l'ennemi.
Afin de mettre ce projet à exécution, il monta le coursier de la protection divine^ et partit de Kaboul pour se rendre dans le
Ehoraçàn. Dès que Bèdf -uzzèm&n Mirza et Monzaffèr-mirza apprirent cette joyeuse nouvelle, ils s'empressèrent d'aller à sa rencontre, et Ton prit à tâche, de part et d'antre, de se témoigner les pins grands égards (je lis ^Jûû an lien de jJi^) et de se
rendre tons les honneurs possibles. Mirza Bàbèr fnt logé dans la demeure J>u de l'émîr ' Aly-chlr. Chacun des frères se hâta, de son côté, de remplir, à son égard, les devoirs de la plus rigoureuse hospitalité.
Il arriva, sur ces entrefaites, du côté de Baikh, des ambassadeurs (émissaires ou courriers) qui vinrent annoncer que Chelbeg-khân était venu camper sous les murs de cette ville avec une armée aussi innombrable que les gouttes de pluie, et qu'il en avait commencé le siège. Â la réception de cette nouvelle, Bèdfuzzémàn et Mouzaffèr tinrent conseil avec Mirza Bâbèr et les
émirs (chefs) qui se distinguaient par leur brillante valeur j^ (témérité, audace), et ils résolurent tous de livrer bataiUe à Chelbeg-khftn. Ils envoyèrent, en conséquence, dans toutes les contrées du Khoraçân des courriers chargés de convoquer les princes de sang. Mirza B'èdi'u zzémàn, Mouzaffèr 'Houcein Mirza et Mou hammed Q'âcime sortirent tous les trois de la capitale de Hérât de concert avec Mirza Bàbèr. Lorsqu'ils arrivèrent au lien nommé TcheJd-dokktérân (les quarante filles) dépendant de Bâdg'ts (723), Abonl-Mouhcine Mirza vint de Merw, et fit sa jonction avec eux. Au bord du Mèrgàb, Ibn-i- Houcein Mirza arriva également de Q'âlne avec les émirs et les principaux chefs ^ÙJj^ du Khoraçân, et il se joignit à l'armée (au camp ^J^*^ de ses frères; mais Keupek ou Kibak Mirza, égaré par d'absurdes illusions (ou de vaines chimères), ne bougea pas de sa résidence, c'est- Î7J/ à-dire de la ville sacrée de Mèchehed (martyrium); et il n'envoya au secours de ses frères aucun de ses émirs (généraux) ni de ses grands dignitaires cJj:> cKfl. Le vase (la bouteille) de la détermination de ces princes se brisa contre la pierre de la zizanie, et le plus grand abattement {j^ découragement) s'empara d'eux.
Mirza Bâbèr, voyant leur mésintelligence (jU; duplicité) reprit le chemin de Kaboul, et chacun des mirzas s'en retourna dans sa résidence (724).
La même année, le chah Ismà'll se rendit à sa résidence d'été (Zoî/d^"), plateau de Q'aldar-lez-Soulthànleb, et alla ensuite prendre ses quartiers d'hiver à KhoI dans le Adzërbaldjân. U ordonna à une partie de ses troupes (à un corps d'armée jl ,^yu^ ^j L^;XjJ) d'aller repousser Szârime-Kourde le Mokry {on Mékèry)^ nomma ' Âbdy-big le Gbamlou général en chef (serdâr) de l'armée et Szarou 'Aly ('Aly le blond) mouhrdâr (garde des sceaux) (725). Ils furent tués l'un et l'autre par les Eourdes, et l'armée q'izilbâche revint en déroute et toute découragée ^;^U.
Année 913. (A. D. 1507-8.)
Le premier du mois de mouharrèm de cette année, (13 mai 1507) Gheïbeg-khftn amena son armée dans le Khoraçân. Bèdf* u zzémâo Mirza et Mouzafifèr 'Houcein Mirza rassemblèrent toutes les troupes disponibles et se hâtèrent de marcher contre lui. Les deux armées se rencontrèrent au lieu nommé Maral dépendant de Bâdg'is. L'émir Dzou Inoûn, qui était le général en chef (rémtr-ui ouméra) et l'âme du gouvernement (viill) âL^ la somme du royaume ou VAlter Ejo) de Bèdf uzzémân, fut tué: les deux frères prirent la fuite de la manière la plus ignominieuse, et ils ne revirent jamais plus la face de l'empire CUj^ (ou de la prospérité). Mouzaffèr 'Houceïn alla tomber à Asterabâd, où il mourut la même année. 6èdf-u zzémân, comptant sur la reconnaissance de Choudjâ'big, fils de l'émîr Dzou 1-noûn, wâly (prince régnant) du Q'andahar, se dirigea vers ce pays. Ayant ensuite aperçu quelques indices de son infidélité et de sa mauvaise foi ^^x^i il s'en retourna à Asterabâd. Cheïbeg-khân fit son entrée dans la capitale de Hérât, où il s'assit sur le trône de la souveraineté. Il envoya Timoûr Soulthân et *ObeId-allah Soulthân, fils de Ma'hmoûd Soulthân, du côté de Mèchehed, afin d'en expulser Mirza
^Jf' Kipak ou Keupek et I^rza Soulthân ' Abou 1 Mou hcine. Ils ea vinrent aux mains avec ces mirzas au lieu nommé Sènk^poudUe (la tortue) situé à àe\xx pharsakhs (10 kilomètres) de Mècbehed. Les deux princes y obtinrent Tun et l'autre la palme du martyre. Tout le Ehoraçàn tomba au pouvoir de Cbelbeg-khftn, et fut soustrait à la domination du Djagatai (726).
La même année, le cbâh Isma'll se mit en marche avec le projet de faire la conquête de la province (du pays cJ^j) dé Marache (727) et d'en expulser la peuplade (au IL la nation) DemU-qadre. Lorsqu'il arriva aux environs de Çfoisearieh (Césarée) (728), cette peuplade l'attaqua pendant la nuit, et obtint quelque avantage. Elle se dispersa ensuite dans les montagnes, et elle n'osa plus opposer la moindre résistance. Le chah Isma'ïl s'avança alors jusqu'à la Montagne des Qrues (Touma-dàg'y), d'où il revint. Il s'empara plus tard du château fort de Kkarperte CifiJi^ qui était au pouvoir de la peuplade Dzou 1-q^adre (729). Sur ces entrefaites l'Émîr Ehân MaOszuUu, wàly (prince régnant) du Diarbekr, vint faire acte de soumission et d'hommage lige, avec ses peuplades (J^l goûms) et ses grandes tribus, et remit le Diarbekr aux commissaires du chah. L'Émir Khàn fut honoré des faveurs royales et comblé de caresses par le monarque (persan), qui accorda son territoire kJi et sa principauté cSij au khàn Mou hammed, fils de Mirza-big l'Ustâdjlou.
De là le chah tourna la bride de son coursier vers sa résidence d'hiver de KhoI. En l'absence du chah, 'Âla-uddaQlèt- (dewlèt) big nomma serdàr (général en chef) son propre fils Searou-qaplân (le tigre jaune ou blond), et l'envoya attaquer le khàn Mou- Kammed Ustâdjlou, qui avait passé l'hiver dans le canton d'Àrzèn (730): ils s'y livrèrent bataille. Les prouesses ^^j^Ue» I& brillante valeur, l'extrême témérité et la bravoure de Q'âdme-big lui avaient valu le surnom de Szarou-qaplân (tigre blond): il fut tué dans cette affaire avec les notables (les officiers supérieurs) dzoulq'adres, et le khàn Mou hammed envoya leurs tètes à la
cour du chah Isma'll, qtai se trouvait alors dans la bourgade de Ehol.
Vers la fin de la même année, 'Ala-uddatllèt- (dewlèt) big le Dzou'lq^adre, guidé par un parfait patriotisme {Cj^ honneur na- p. lu" tional), envoya, une seconde fois, dans le Di&rbekr ses fils Eoeur Ghàh-rokh (Chàhrokh le Borgne) et A'hmed-big, à la tète de quatorze mille vaillants cavaliers et habiles lanciers, afin d'en expulser le khân Mouhammed. Celui-ci abondonna son camp aux mains de l'ennemi et s'évada (s'en alla d'un côté ou de l'autre kHj CjJLt^ cil/JI»' j' iju^)' La peuplade Dzou Iq'adre envahit ce camp sans crainte et sans peur, et se mit à le piller et à le ravager. Dans cet intervalle, le khân Mouhammed sortit subitement de son embuscade comme un hon rugissant et un léo* pard ^j^ furieux, brandit sur eux la lame acéré de son cimeterre, et trancha, en un clin d'oeil, la tète des deux fils dè'Ala-uddewlèt. Ses soldats prirent la fuite, et les tètes empaillées des deux victimes furent envoyées à la cour du chfth (731).
Année 914. (A. D. 1508-9.)
Le chah Ismaïl marcha, cette année, sur Bagdad avec le projet de faire la conquête de l'Iraq' arabe. Bâzik-big (732) le Pnrnâk, qui avait emmené de Chirâz le sulthan Mouràd, fils du sulthan laq'oûb, et qui s'était rendu à Bagdad, avait d'abord élevé ce jeune prince sur le trône de l'empire, lui avait témoigné son obéissance, et lui avait placé la couronne sur la tète. Mais
lorsqu'il vit plus tard (ÙU en second lieu) que l'armée du chah approchait de Bag'dàd, il en conçut de l'inquiétude, emmena le sulthan Mourâd, et alla demander un asyle à 'Ala-uddaûlèt le Dzou 1-q'adre (733). *HouceIn-big le Lâlah (gouverneur du prince royal), qui était .investi des pleins pouvoirs ^iJI^ du chah et chargé du commendement des avant-postes ^j^u de l'armée q'izilbàche, fit son entrée à Bag dàd, oii il fit battre monnaie et réciter la khouthbeh au nom du chah Isma'ïl. Celui-ci arriva im-
médiatement «^Lu à Bag dâd, et alla se loger aux Tchêhâr-hâg {quatre jardins ou viHas) de Pir Boudàq'. II fit ensuite un pèlè^ rinage aux tombeaux sacrés oLic et une incursion sur le territoire des Arabes gazyieh (734), alla à la chasse aux lions et tua plusieurs bêtes féroces ju^ à coups de flèches et de cimeterre, sans se faire accompagner par qui que ce fiit. Tout individu, qui venait lui annoncer qu'il avait vu un lion, recevait, à titre de ré- ^uï* compense, un cheval sellé et bridé , et le chah allait tout seul combattre le lion. Il conféra le gouvernement {Hâlèt) de Bag dâd à Khâdime-big Thâliche, et confia le poste de tvéldl à Témtr Nedjm, l'administration des affaires du vézirat à l'émir lâr A'hmed Khouzâny (735) d'Iszphahàn, et au maulla Chèms-i-Iszphahftny les fonctions de moustàufy (ou contrôleur général des finances Ll^i jlÂil)« Celui-ci fut chargé de la direction du grand Iivre^3^ Jj^ et de l'apurement des comptes: les Turks n'eurent plus le maniement des revenus de l'empire ^Li<^lf J'^'- Le chah marcha ensuite contre les Arabes Moucha cha^ dont il soumit le pays de vive force : puis il se mit en route pour la capitale de Chirâz en passant par le Koûh-ÙKilomeh ^ et donna à Beirâm-big le Qaramanien, à l'émîr Nedjm et au Lalah-big l'ordre d'envahir l'ouloûs de Chah Roustèm le Lor (736).
Année 915. (A. D. 1509-10.)
Au commencement de cette année, le chah Ismall partit de Tèbriz pour l'Iraq . Il acquit, sur ces entrefaites, les preuves les plus convaincantes et les plus irrécusables de Tinfàme conduite du q&zy Mouhammed KO'Chy qui (par simonie) avait cumulé les fonctions (ou le titre) à*émtr avec celles (ou celui) de szadr-uss Bzoudoûr (primat du clergé musulman). Cette circonstance, jointe à l'inimitié de l'émir Nedjm contre le q &zy, vint mettre le comble au mécontentement du chah, et le coupable fut, en conséquence, mis à mort dans le courant du mois de szafèr de l'année suamentiomiée (mai-juin 1 509).
Quelques jours après, Abdal-big Dèdèh le Dzoul-q adre, qui était gouverneur de Q'azwin, de Saougboulâg (froide fontaine), de Reï et de Khaur jl^», fut destitué de sa place d'émir {imârèt)^ et son titre iut conféré à Zeïnèl khàn le Châmlou. Le poste de szadr-îtëz szoudoûr (la primatie) fut dévolu, d'une manière ab*
solue, au chef mJ,u des illustres sèïds, Mîr Seïd-i-chérîf le savant par excellence (allâmeh). '^Haçane-big Xd/aft leChàmlou, qui était le chef des émtrs q izilbâches, fut destitué, et sa place fut donnée à Mouhammed-big Ustâdjlou, le majordome (en russe cmoAhuuKd)^ qui reçut plus tard le titre de tcJuiîân-soultJiân. L'émir Nedjm, le vékU de Bagdad, ayant succombé à une pleurésie «^^1 dIS, aux eaux thermales (?) (737) de Chébistèr (près de Tèbrîz), son poste fut conféré à Mîr A'hmed Khouzâny (738), à qui Ton donna ^Twif* le laqab (titre honorifique) de Nedjm-i-tzâny (îieAjm second). Le poète Vmîdy a composé, en son honneur, de brillantes odes héroïques {qaszîdéh): il dit dans Tune de ces odes (739):
(Vers.) «Le second Nedjm, qui n'a pas son second dans les deux mondes; et s'il en existe un ailleurs, Dieu le sait.»
Dans les derniers jours de cette année, le chah Isma ïl se mit en marche pour faire la conquête du Chirwân. Cheïkh-châh, souverain de ce paySi se réfugia dans le château fort de Bigirde >j»^. Le chah se rendit maître des châteaux de Bakou et de Ghaborân, dont il confia le gouvernement «iJU à Lâlah-big le Châmlou (740).
Mirza Bèdf -uzzémân, fils de Soulthân 'Houceïn Mirza, redoutant le choc de l'armée formidable des Ouzbegs, quitta, la même année, la ville d'Asterabâd, et se réfugia à la cour du chah, qui lui fit l'accueil le plus flatteur et le plus honorable, et lui donna, à l'audience royale, le pas et la préséance sur les princes du sang (741).
Année 916. (A. D. 1510-11.)
Un individu appartenant à la nation {àkjil gent) qirilbâche et
connu sons le nom de Ghéithàn qouly (suppôt de satan) se révolta en Anatolie, où il exerça de grands ravages. Le snlthan Bâiézid-khftn envoya dans ces parages le grand-vézir ^Aly-Pacha, qu'il chargea de repousser ce rebelle. Ce vézir obtint Thonneur du martyre dans le combat qu'il lui livra (742).
Le douze du mois de dzyfhiddjeh de cette année (13 mars 1511) (743) le ch&h Ismall apprit dans sa résidence d'été de Kharq'àn, que la formidable armée des Ouzbegs avait fait une incursion sur plusieurs points et dans divers cantons du Eermân. Il envoya, en conséquence, à la cour de Chelbegkhân le qàzy Noùr-allah Ounecy (744), fils du frère du q'ftzy 'Iça le Szadfj et une autre fois le cheïkh Mouhy-uddin connu sous le nom de GheUch-eâdèh Lâhidjyj afin de le dissuader de ces honteux procédés. Chelbeg-khân répondit à cette dernière mission en envoyant à la cour du chah Témîr Kémàl-uddin 'Houcein d'Abiwerde. Il avait affecté, dans sa dépêche, tant de hauteur et de présomption, qu'elle avait pesé sur l'esprit du chah , qui quitta, ^jiii* en conséquence, sa résidence d'été , et partit pour le Khoraçàn. Lorsqu'il arriva à Damégân (ancienne Hecdonfylœ) y A'hmed Soulthftn, gendre (^UU ou beau-frère) de Cheïbeg-kbàn, s'enfuit de cette ville, et Khaudjah A'hmed le Q^onq irâte évacua, en toute hâte, celle d'Asterabâd. Les darogas (gouverneurs civils) abandonnèrent de même toutes {es provinces du Khoraçàn.
Après avoir visité le tombeau resplendissant de lumières de rtmâm Riza (sur lui soient le salut et les bénédictions divines!), le chah Isma ïl se dirigea vers Sèrakhs. Cheïbeg-khân se rendit, vers la fin du mois de rédjeb, avec la plus grande précipitation (en brûlant le pavé) (745), de sa résidence de Hérât à Merw.
Dâna Mou hammed marcha à l'avant- garde (aux avant-postes ^"iUif) avec une troupe de braves Q'izilbâches, et rencontra un corps d'Ouzbegs aux environs de Thâher-abàd. Les Q'izilbâches poursuivirent les Ouzbegs même dans l'intérieur de la forteresse de Merw, jusqu'à ce que Dâna Mou hammed fut tué. Il fut suivi de près par l'ordou du chah Ismaïl, qui cerna la place. L'atta-
que de la ville n'ayant amené aucun résultat, les drapeaux du chah quittèrent les remparts de Merw dans l'après-midi du mercredi, vingt-huit de cha'bân, passèrent la rivière dite Mahmoùdy, à trois pharsàkhs (15 kilomètres) de distance de la ville, et y campèrent. On fit halte à cette station pendant la journée du jeudi et la nuit du vendredi. Le cbâh adressa à Chelbeg-khân une dépèche pleine de rep'rochesi et la lui fit parvenir par l'entremise d'un qoraudjy (garde du corps) affidé. Dans la matinée suivante, il se mit en marche vers TeUchitân (746), et laissa l'É-
mlr-khân MaûszuUu au débouché de ce pont Si ù' ^^^> j^« II fut décidé que, du moment où il apercevrait l'armée ennemie comme un point noir à l'horizon (le point noir de l'armée ennemie), il ne songerait pas à l'attaquer, et se retirerait (sur le champ) du côté de l'ordou. Cheïbeg-khân, induit en erreur par cette manoeuvre, se précipita hors de la place à la tète de quinze mille hommes de cavalerie, et attribuant la fuite d'Émir-khân à l'infériorité de son corps d'armée, il effectua le passage du Ma h- ^TIil^' moùdy. Les drapeaux du chah, étant alors revenus sur leurs pas, on se battit avec acharnement depuis le matin jusqu'au coucher du soleil. Cheïbeg-khàn, se voyant serré de près, se réfugia, avec cinq cents cavaliers (et fantassins) dans une masure, dont il était impossible de sortir. Soulthân Tekkélu et d'autres chefs (émirs) qizilbftches vinrent les attaquer de l'extérieur. La terreur s'étant emparée des braves o'j^^ Ouzbegs, ils tombèrent les uns sur les autres (?) et foulèrent aux pieds Cheïbeg-khân, qui fut étouffé! On lui trancha la tête, que l'on envoya en présence du chah. On enchâssa, au même instant, son crâne dans de l'or, et Ton se mit à y boire du vin parfumé |jl^^.(747). L'échanson i^jôL. Khaudjah Ma hmoûd, vézir de Cheïbeg-khân, qui, dans le principe, était Chi'ite, envoya la clef de Merw à la cour du chah , et fut honoré de la bienveillance et de la faveur spéciale du monarque, qui l'admit au rang de ses vézirs. La bannière triomphante du chah se mit de là en marche versHérât,
et fit son entrée dans cette ville, le vingt du mois de ramaz&n. Il fut décidé, que Ton y passerait Thiver; et le commandement de cette capitale fut conféré à Lala-big le Chàmlou; celai de Merw, à Dédeh-big. Le chah fit exécuter, dans son campement d'hiver j^^Uj <^j^, le cheikh-td-islâm (patriarche de Tislamisme) du Khoraçân, qui était le mauUa Self-u ddtn A'bmed, fils d'Iabla, fiis du mauUa Sad-ul-millèt-wèUdtn Masoûd Teftazàny, en punition de son fanatisme pour le rite qu'il professait et par suite des menées C^[m^ de quelques malveillants. Ce fut là que Mirza Soulthân Owels, connu sous le nom de Khân Mirza^ fils de Mirza Soulthân Mahmoud, fils du sultban Àbou-Saïd Gourékân, vint offrir ses hommages au chah, qui le reçut avec la plus grande bienveillance. Il s'en retourna, au comble de ses voeux, dans la forteresse de Châdmân^ qui était sou domaine 1^1 (748).
Année 917. (A. D. 1511-12.)
An printemps de cette année, le chah Ismall partit de la capitale de Hérât pour aller faire la conquête du Ma-wérdnnahr 'ÏT/rfiNde la Transoxaue). Lorsque le territoire de Metménéh (749) et celui de Fariâb furent couverts des tentes des armées victorieuses, les khâns ouzbegs, qui avaient levé le drapeau de la souveraineté dans le Ma-wèrd nnahr après la mort de Cheïbeg-khân, eurent recours à des médiateurs: ils implorèrent l'intercession des
grands dignitaires du royaume âJ^jJI iJ^J'^ ^^ ^^ ^^^^ statua sur leur sort, grâce à la médiation de Khaudjah Mouhammed l'échanson (sâgirtchy). Les lieutenants du chah (749 ') conférèrent, en conséquence, à Beïrâm-big Q'aram|lnlou le gouvernement de Balkh, d'Endikhoud, de Chuburg'ân, de Tchichektou{750)^ de Meïmèneh, de Fariâb, du Mèrg âb et du G'ardjistân. Le monarque persan tourna ensuite la bride du retour vers l'Iraq'. Lorsqu'il arriva sur les confins de Reï, il apprit qu'à-peu près quinze mille Ttkkèlu s'étaient révoltés dans le Roûm, et qu'ils en jetaient venus itérativement aux mains avec les notables et les émirs
othomans; quMls avaient détroussé une caravane aux environs d'Ârzèudjân, et qu'ils avaient tué plus de cinq cents personnes, >u, qui en faisaient partie. Il émana un firman royal des plus sévères, qui enjoignait de châtier leurs chefs {serdars\ de mettre à mort les notables de cette peuplade Cxl>^, et de distribuer tous leurs subalternes entre les émirs, pour les attacher à leur service (751).
Cette même année, le chah Isma'U passa l'hiver à Q'oum. Pendant qu'il s'y trouvait, Témlr 'Abd-ul Kèrîm et A'qa Mou- ^hammed Roûz-afzoûn (752), qui gouvernaient alors le Mazèndèran, arrivèrent à la cour du chah avec des présents et des cadeaux, et s'engagèrent à verser annuellement au trésor la somme de trente mille toumâns au cours de l'Iraq' ^\jc d\j. Mir Séld
Chérif Djordjâny se démît de son poste de jjjiioJ) jju© szadr-ùse szoudoÛTy et alla visiter les tombeaux sacrés tJ^Llc. Ce poste éminent fut confié, dans les premiers jours de dzy 1-hiddjèh, à l'émîr 'Abd-oulbâq y.
Dans cet intervalle, l'auguste monarque apprit le refroidissement •! j* oL/^' d® Mirza Bâb^, qui s'était rendu maître du
Ma-wèra-'nnahr, grâce aux secours et à l'assistance du chah. L'émîr Neàjin-i-Tzâny (Nedjm II) fut chargé d'aller Tadmonester ^/f» A^ et de s'emparer de la Transoxane, tous les émirs du Khoraçan recurent l'ordre de le suivre. Ils partirent du quartier d^hiver de Q'oûm pour se rendre dans ce pays dans les derniers jours du dzyVhiddjèh (753).
Dans la même année, le sulthan Séltm-khân, cédant à l'impulsion (iL^ du corps des Janissaires et de l'armée de Roumilie (Romanie), marcha, de concert avec eux, contre son auguste père pour lui ravir l'empire. Il se livra, à Tchorly, une bataille entre le père et le fils. Après un combat des plus sanglants et des plus acharnés, l'armée du fils fut mise en déroute. Le sulthftn Séllm, ayant pris la fuite, s'embarqua et fit voile pour Eaffa (754).
Année 918. (A. D. 1512-13.)
Dans les premiers jours de cette année, les vézirs et les grands dignitaires de Tempire CJ^^ (j\ij du sulthàn Bâlézid-khân forent d'avis que, comme le sulthàn Séllm-khân était revenu de Eafla en Roumilie, où il avait rallié sous son drapeau une foule de partisans, avec lesquels il se proposait de marcher derechef contre son père, il serait à propos, qu'ils l'amenassent, d'un commun accord, à Constantinople, et le plaçassent sur le trône. Ds envoyèrent donc secrètement à ce prince un émissaire chargé de lui témoigner leur sincère dévouement et de protester de la puareté de leurs intentions. Le sulthân Sélîm-khân partit, en conséquence, de la Roumilie pour Constantinople, où il daigna s'arrêter à Edrèneh qapoucy (la porte d'Andrinople). Les vézirsi les émirs et tous les grands dignitaires de la Porte de félicité vinrent h sa rencontre, et eurent Thonneur de baiser les doigts de sa Hautesse. Ils l'amenèrent, avec la plus grande pompe et en lui rendant tous les honneurs possibles, dans la capitale, où il eut d'abord l'honneur de baiser la main de son illustre père, que l'on envoya le même jour, en litière dllljf aî^ j^, à Andrinople. Sélim-khân lui-même prit aussitôt la place de son père sur le trône pr/^/f'du sultbanat, et le sulthân Bàlézid-khàn succomba, au bout de deux jours, au chagrin, aux soucis, aux peines et aux ungoisses, auxquels il avait été en proie. Après l'évacuation de la capitale
du corps par le cortège aJ^ de l'âme, qui en est la sulthane, il fut lui-même admis dans le sein de la miséricorde divine (755). D était, monté sur le trône à l'âge de trente ans, et il l'occupa pendant trente deux années (lunaires) (756). Ses actions et sa conduite dignes d'éloges étaient strictement conformes à la i*ègle ^jj des szoufis. Il avait tendu la main de la pénitence au pieux cheikh Mouhy-uddln, père d'Âbou-'ssooùd Efèndy, moufty de cette époque, et il s'était retiré avec lui dans la cellule de la solitude et de la dévotion (757).
Les généreux fite de ce monarque défaut forent: 1) Sonithân Ghéhènechàh; 2) Sonlthàn'Âlèmchfth; 3) Soulthàn A'hmed; 4) le snlth&n Sélim; 5) Sonithân Q'ourqoûd; 6) Soulthàn Mahmoud; 7) Sonlthan 'Abdallah; 8) Sonlthàn Monhammed. Soulthàn Qfourq'oûd disparut, et les autres frères furent mis à mort par ordre du sulthan Sélim-khàn (758).
Dix-neuf grands-vézirs ont occupé, sons son règne, le siège du vézirat (759). Il laissa sur la surface de la terre quantité d^édifices et d'établissements de bienfaisance, tels que des mosquées cathédrales et ordinaires, des mèdrècès (collèges), des couvents ^1^ et des cénobies Ll^j, qui fleurissent et prospèrent encore de nos jours (760). •
Dans les derniers jours de l'année précédente, l'émir Nedjm" i-tjifântfj qui était parti pour le Ma-wèrannahr, conjointement avec les émirs du Khoraçân, était arrivé sous les murs de la ville de Balkh, coupole de l'islamisme. B s'arrêta vingt jours dans cette ville, et envoya de là Mir-Mou hammed louçouf, qu'il avait amené de Hérât, pour aller quérir Mirza Bàbèr au fort de Ch&demân. Il passa l'Oxus au gué (^,^at« , passage) de Termed (761), dans le courant du mois de rédjeb, et rencontra Mirza Bàbèr à Tàhékitchek^ que l'on appelle encore Derbènd-ùAhénine (portes de fer). Ils se dirigèrent de là, en compagnie l'un de l'autre, du côté de KhèBârJj^ (762). A'q-Poulàd-Soulthàn, prince (ou gouverneur SL) de cette place, ne se sentant pas en état de résister, l'évacua par capitulation, et fut fait prisonnier. 'Hol jT^if' qoutou-Bahadour, youzbiguy ^JL» jyà (763), ayant pris le parti de se défendre «^/^amI jl« ^Lo dans ce château fort, y fut tué avec une nombreuse multitude d'Ouzbegs. Nedjm-i-tzàny marcha en* suite contre Çfarchy ^^^. Cheikhume Mirza, gouverneur de ce lieu, résolut de lui résister, et la place fut soumise de vive force au bout de trois jours. On en passa tous les habitants, petits et grands, au fil du glaive inexorable, sans en épargner un seul. Dans ce nombre se trouvait le maulla Binâyi^ qui était la perle de son temps et le phénix du monde entier. Cet assemblage de
toutes les perfections morales, cet homme universel, dont on ne sait si le monde a jamais vn le pareil, obtint la palme du martyre dans ce périlleux combat et dans ce tumulte ^^ effrayant: il fut immolé par une bande sanguinaire et sons pitié. On raconte généralement que, le jour où la formidable armée q izilbà* che s'empara de la ville de Q'aftby, le mauUa Binâyï, ayant pris sous son aisselle une charge de pierres, monta sur sa terrasse (ou son toit en terrasse) , qui était très-élevée et jetait ces pierres du côté de la troupe qui en voulait à ses jours. Lorsqu'il ne lui en restait plus qu'une, un fantasin q'izilbàche lança un javelot (4j^ hallebarde?) au maulia, qui, saisi de frayeur, lui jeta sa pierre, et à qui échappa le vers suivant (7Q4):
(Vers.) J'implore le secours du monarque, qui occupe le trône céleste; car il ne me reste plus que cette pierre et Tabri du toit de Q'archy.
Le dernier miszrd (hémistiche) de ce vers passa en proverbe dans le Ma-wéra'nnahr, le Ehoracàn et Tlrâq'.
Bref, l'émir Nedjm-i-tzftny quitta la ville de Q'archy après l'avoir livrée au massacre et au pillage, et alla camper à deux pharsakhs (10 kilomètres) de Boukhara. Il y apprit que 'Obeldkhftn (?) (765) marchait sur Boukhara, et il fit partir, en conséquence, Beir&m-big le Q'aramànlou avec un corps de troupes distinguées par leur valeur, afin de le repousser. Les Ouzbegs, n*ayant pas la force de leur résister, se jetèrent dans la forteresse ^^/'de Gfedjdéwân. L'émir Nedjm, en ayant été instruit, alla assiéger cette place avec le restant de l'armée, et passa quelques jours sous les murs de ce château fort. Mirza B&bèr et Khaudjah Ma'hmoûd Téchanson {sâgirdjy)^ qui étaient du nombre des hommes qui connaissaient le mieux ce pays, et qui étaient parfaitement instruits de ses particularités oLo^, eurent beau affirmer à l'émir Nedjm, qu'il n'était pas à propos d'y prolonger son séjour, il refusa d'ajouter foi à leurs absertions, jusqu'à ce que Djàny-big-khàn (766) et 'Obeld-khàn firent une sortie de Bou-
khara dans la matinée du mardi, trois dn mois de ramazân (13 novembre 1512 de J. C). Les Ouzbegs de l'intérieur du fort se joignirent à eux, et il s'engagea , au même instant un combat entre les deux armées. Le premier guerrier qui. succomba dans cette affaire fut Beïrâm-big le Q'aramànlou. Les autres émirs, qui eurent honte de se soumettre à l'émîr Nedjm, tournèrent bride et prirent la fuite. Mirza Bâbèr reprit, de son côté, le chemin de la forteresse de Châdemân. L'émîr Nedjm, l'émir Zeïn-ul- âbidin le Szèfide et une multitude de Q'izilbâches furent tués et faits prisonniers. Djâny-big Soulthân 0 se mit à la poursuite des fuyards jusqu'à Hérât, où il campa dans les pâturages iplang) de KuMestân (j\s^j%^. *ObeId-khân le suivit de près, et dressa dans la plaine de Sâq-i-Souldmûn (jUJL ^L (?) sa tente et son pavillon, dont la cime s'éleva jusqu'à l'apogée ^,1 du soleil et de la lune. Le sèrdâr (général en chef) des Ouzbegs assiégea inutilement Héràt pendant deux mois. Ces nouvelles alarmantes étant parvenues, à Iszphahàn, aux oreilles du chah Isma'ïl, il résolut de faire une nouvelle campagne dans le Khoraçân.
Notice sur les fondations pieuses et les établissements de charité du sulthân Baïézîd-khân : que Dieu lui fasse paix et
miséricorde !
Il fonda à Âmâcia une magnifique mosquée cathédrale, une jolie mèdrèceh, une école primaire diU ^^^Ju, un caravanséraï {LLj ribâth)^ un hospice (hôtellerie isLJl ^b) et une cénobie 4jjIj des plus grandioses dont il acheva la construction. II fit, en outre, bâtir dans la bourgade de ' Otzmândjiq située sur la ri-
vière de Qizil'irmaq (rivière rouge ou Halys) un pont de 19 arches (767). Il en fit jeter un autre de quatorze arches sur la ri-
1) Djftny-big Sônlthftn est la souche de la dynastie des Djanides {Dschanidae), dont les monnaies sont expliquées par M' Pacadém. Fraehn, dans sa Beceimo pag. 441—445.
^5if'vîère de Sangaris {Sgaqarîah «t»>^) dans la bourgade de Kiwah. Il en fit construire un troisième de dix-neuf arches sur le Kodos ^j^jjf {Hermus) {7 68) dans le pays de Szarou-khân et il les mena tous à bonne fin. Il disiribuait, chaque année, une somme considérable provenant du trésor impérial au moufty , de Tépoque, aux mouderiis (lecteurs), aux illustres maullas et aux hommes
les plus honorables ^[/ï'^l^l. Il envoyait, en outre, tous les ans, la somme de dix mille drachmes (dirhèms) d'argent au vénérable d^^-^karf mauUa Djûniy et aux khaudjas (pîr, pères) de Tordre des Naqchebèndis à Boukhara (769).
Notice sur les savants et les cheïkhs, qui ont été contemporains du sulthàn Baïézîd-khân (770).
1) Le mauUa Mouszllh-uddin, quî fut d'abord q'àzy-'askèr de Roumilie, et qui préféra enfin de se retirer avec une modique pension.
2) Le mauUa Mouhammed Szamsouny, qui devint d'abord q'âzy-'askèr de Roumilie (?), et qui finit par être destitué.
3) Le maulla Ibrahim, qui, dans le principe, devint q'àzy- 'askèr, et qui parvint ensuite au rang de vézîr.
4) Le maulla' Ala-uddin Fènâry, qui eut l'honneur d'obtenir la place de q'âzy-'askèr de Roumilie et d'Ânatolie (771).
5) Le maulla 'Hâdjy ' Haçane-zâdeh Imâm' Aly, qui, avec mille peines, difficultés et assiduités vl-oj'iU, devint qâzy-askèr d'Anatolie (772).
6) Akhy-zâdeh Djafèr Tchéléby, qui devint mouderris (lecteur) à la mèdrèceh de Ma'hmoûd -pacha; mais qui parvint, plus tard, grâce à sa belle main et à son talent épistolaire, au poste de nichândjy-bâchy (secrétaire d'état, chargé de tracer le monogramme du sulthân en tète des actes, ordonnances et lettres patentes émanés du trône) (773).
7) Le maulla louçouf de Toq'ât (774), qui était un homme
distingaé et universel »J^j J«^U. On lui doit dés ouvrages très-
estimés sur la plupart des sciences, Il devint mouderris aux huit collèges, où il touchait journellement un traitement de quatrevingts aspres, qui lui avait été alloué.
8) Le maulla'Idzâry ^jljc, qui était un homme distingué, et qui a écrit un commentaire sur les gloses marginales des Mèwâqif: il a composé de belles poésies turkes et persanes (775).
9) Le mauUa Sinân Tchéléby ^ Âdjémy (le Persan), devenu ^"'^^ célèbre sous le nom de Berddi-zâdeh. Il devint, à son début, mouderris à Amâciah, et parvint enfin au poste éminent de moufty: il a écrit un commentaire sur les Mèwdqif (métaphysique) et des gloses marginales sur le Tèdjrid (idem) (776).
10) Le mauUa ZireJc (?), un des plus illustres mauUas de Tempire'othoman (du Eoûm). Il devint d'abord qâzy à Istamboul, et parvint enfin au poste de qâzy-^askèr de Roumilie et d'Anatolie (777).
Il) 'HaMm (le sage ou le philosophé) Idrîs de Bidlis^ qui était un assemblage de talents J^UJl et de perfections morales, et qui fut auteur de plusieurs monographies JjLj ou dissertations sur les pratiques de dévotion ol^LJl. Il était versé dans la connaissance des régions du monde intellectuel 0^« v^L«, et nous a révélé les mystères de l'empyrée Cjjj^ oJU j\^. Il nous serait impossible de dépeindre ici toutes les vertus de cet
homme éminent C^^ (j\ et de louer dignement le charme et la noblesse de ses productions (778).
12) Le mauUa Choudjâ^-uddin Kqucedj (à barbe rare) (779), qui devint, à son début, mouderris à la mèdrèceh dite Tzémûnyieh (aux huit collèges), et qui fut ensuite promu à la place de q'âzy de Brouça.
13) Le maulla'Abd-nr Ra'hmân (780), qui avait l'honneur de passer la plus grande partie de son temps dans la société intime du monarque, et qui a écrit des gloses marginales sur l'ouvrage intitulé MéthMî (logique). Il y a joint quelques observa-
tions critiques sur le texte même (l'auteur du texte ^U) et sur le commentateur »jLi, qui sont goûtées des savants.
14) Le maulla Mirèm-tchéléby né à Âmâcia, qui était le khaudjah (instituteur) de l'empereur (padichàh): il était parfaitement versé dans la connaissance de la langue arabe C^jt^ Jic
et de l'astronomie Ou»: il a traduit en persaiples tables astronomiques du Gourékân (d'Ulugbig) (781).
1 5) Le 'hakîm (docteur) Chah Mou hammed, qui vint de Q'azwin à Constantinople, et qui était un très-babile physicien Jlc iljC> versé principalement dans l'art de la médecine J^LL ^: il finit par devenir médecin de l'empereur (782).
1 6) Le maulla Mouzaffir-u ddîn Chirftzy, qui n'avait pas son pareil en astronomie (783).
1 7) Le maulla Q'outhb-u ddîn A'hmed, fils du maulla Nèf(cy(?), qui était un second 'Loqmân en fait de médecine, et qui venait assidûment faire sa cour à l'empereur: on lui doit un ouvrage
^5?' sur la médecine intitulé Kitâbi-Nèfîcy (livre de Nèfîcy).
Du temps de ce sulthàn, protecteur du mérite, les poètes de tous les pays lui adressaient de toutes parts de brillantes odes héroïques {qaszideh)^ qui lui étaient dédiées. Le maulla Noùru ddin 'Abd-u r-Ra'hmân Djâmy (que Dieu lui fasse miséricorde!) lui adressait, entre autres, du Khoraçân de belles qasjsîdéSy qu'il ornait de l'auguste nom de ce monarque. Ce fut également à cet illustre sulthàn qu'il dédia le troisième Deftèr (livre ou cahier) de sa Chaîne cPor («^JJl âLJL), qu'il intitula Deftèr de la Justice d'où nous avons extrait les vers suivants (784)*
' (Metznéwy.) Plût à Dieu que Nouchiréwân existât (encore) de nos jours! Il déploierait encore plus de justice qu'auparavant; car il rougirait de prétendre au titre àe juste et s'avouerait le (très humble) serviteur (je lis ojii au lieu de jlXj, qui est une faute d'impression) du Khosroès du Roûm^ du sulthàn Bâïézîd Ildérime (la foudre ou Védair) (785), le maître du monde, que Dieu a comblé de grandeurs et de gloire.
Année 919. (A. D. 1513-14.)
Dans la matinée du vendredi, trois du mois de mou harrèm de cette année (11 mars 1513), les sulthâns ouzbegs levèrent le siège du château fort de Hérât aL^L ^ Cj\^ laïi ^/- j), et Djâny-big Soulthân repassa le Djfhoûn (Oxus); mais 'Obeïd-khân fit, aux environs du Mèrg'âb, sa jonction avec Timoûr-Soulthân, fils de Cheïbeg-khân (786), qui marchait sur le Khoraçân. Ils se dirigèrent, d'un commun accord, vers la ville sainte de Mèchehed, et soumirent, de vive force, à leur domination tout le pays situé entre Merw et Isféralne. Comme la ville de Hérât commençait à manquer de vivres, *Houceïn-big Lala et A'hmeA Soulthân Szoufy-auglou (le filsftu Szoûfy) ne jugèrent pas à propos de s'y arrêter; et ils revinrent dans l'Iraq' par le chemin de Thabs et du Sistân. Les fanatiques jLojû^ de Hérat, tels que khaudjah Âboufwéfa et d'autres, en donnèrent avis à Mou hammed Timoûr Soulthân, qu'ils invitèrent à s'y rendre. Celui-ci, considérant cet avis comme uqe bonne fortune, s'empressa de gagner cette ville en toute hâte, et s'y logea au jardin (à la villa) nommé Djéhân-ara (ojnement du mondç). Les Sunnites et les orthodoxes cLxU* J»[ de Hérât avaient tué un grand nombre de Chfites: ils renoncèrent enfin à une pareille conduite, grâce aux ^157,* généreux efforts de l'émîr louçouf (?) (787). Le chah Isma'ïl vint à Reï avec le projet de faire une campagne dans le Khoraçân: arrivé au lieu nommé Szarou-qâmiche (roseau jaune), il confia le poste de vekU et celui S^émir-id^oumèra (général en chef) aux serviteurs (eunuques?) de ' Abd-ulbâq'y (788): de là il se mit en marche vers le Khoraçân. Lorsque l'armée impériale dressa ses tentes au campement d'été (iaUûq^ plateau) de Kâlpoûs, le chah fit marcher à l'avant-garde (aux avant-postes ij%^) Khalil- Soulthân, gouverneur de Chirâz. A la première nouvelle de l'approche des drapeaux victorieux, 'Obeïd-khân l'Ouzbeg s'enfuit de la ville sainte de Mèchehed, et se rendit à Boukhara par le che-
min de Tèrchîz j^i. ^ (789). Mouhammed Timoûr-Soulthân, . ayant également abandonné Hérât, s'enfait à Samarqande. Les fortunés étendards reçurent Tordre de se mettre en marche de Kâlpoûs pour se rendre aux pâturages (olang) de Radégân (790). Comme Dèdeh-big avait délaissé Merw et pris la faite, on statua un exemple en Taffublant de vêtements de femme et en le faisant promener sur un âne au tour du camp, de la manière la plus ignominieuse. Le gouvernement de Hérât fut confié à Zeïnèlkhân Châmlou; celui de Balkh et de ses dépendances, à Diw- Soulthân Roûmlou: Ëmireh-Soulthân MaflszuUu eut Thonneur d'obtenir le gouvernement de la province {nâUt) de ^<An. L'ordou du chah, qui s'était rendu au campement d'été (iallâq') de Bahchkhàky (7 91),* revint de là aux pâturages {olang) de Euhrf6'S/4«-lez-Hérât. ;Après avoir réglé^Me la manière la plus conveiable, les opérations sli'^^U^ du Khoraçân, le chah tourna la bride du retour vers la ville dlszphahàn (792).
Année 920. (A. D. 1514-15.)
Le dimanche 15 du mois dQ mouharrèm de cette année (12 mars 1514) (793), le sulthân Sélim- khan arriva aux environs d'Arzèndjâu, avec le projet de faire la conquête de Tlrân. Lorsque cette nouvelle parvint, à Iszphah&n, aux oreilles du chah Isma'ïl, il résolut de lui livrer* bataille , et se dirigea, à cet effet, vers rÂdzèrbaïdjàn. Les deux armées se rencontrèrent à TchcJ,dirân (794); et, après une lutte opiniâtre, la plupart des officiers généraux ou supérieurs (jLcl q'izilbàches furent tués, savoir: ';*;5^^'' l'émtr 'Abd-ul Bâqy, le Szadr-usz Soudoûr, Mîr Seïd-i-chérîf, (le seld) Mou hammed Kémouneh, Khan Mou hammed TUstâdjlou, gouverneur (wâly) du Diâr-bekr, Wèly-djân-big Q'azaqlou, le Turkoman, Szarou-Piréh (big) le ^ oroûdjy-bâdiy (chef des gardes du corps) Ustâdjlou, 'Houceïn-big Lola le Ghamlou, Soulthân 'Aly mirza, TÂfchâr, et Pîr-'Omar-big le Chirédjy-hâchtf (le sinh pier? en chef) (795), qui succombèrent avec à peu-près cinq mille hommes de cavalerie. L'armée q'izilbâche fut mise en déroute;
le chah Isma II prit lui-même le chemin de la fuite, et s'enfuit à bride abattue jusqu'à Derdjezîn (ou Derguézln jt^j^) et Hamadân. Le sulthân Sélim-khân, s^étant mis à sa poursuite, arriva dans la capitale de Tèbrîz (796), où il s'arrêta pendant quelques jours. Comme le manque de vivres avait atteint son plus haut période; il ne jugea pas à propos d'y prolonger son séjour. Il emmena avec lui,' en le comblant d'égards et d'honneurs, le sulthân Bèdf uzzémân Mirza, fils de Soulthân 'Houceïn Mirza, à qui le chah Isma'll avait assigné, pour subvenir à ses dépenses à Tèbrîz, une somme tellement modique que cette espèce de prince impérial (padichâh-zâdeh) y vivait dans la gêne et la misère CS%f; et il s'en retourna dans sa capitale de Gônstantinople; mais l'affaire du sulthân Bèdf u zzémân y fut terminée dans l'espace de quatre mois. Son fils Mirza Mou hammed Zémân, qui était venu avec son père rendre ses hommages au chah Ismail, saisissant le moment oii ce souverain . venait de quitter Tèbriz pour aller livrer bataille au sulthân Sélim-khân, et cédant aux suggestions perfides de quelques individus ^U^^ vj'^^^ ^'^* loigna de la cour du Chah, et se rendit à Âsterabâd, dont il prit possession. Les restes de Tarmée du Djagatal se rassemblèrent sous ses ordres. Le khaudjah MouzufiFèr le Bilikdjy (797), ainsi que les émîrs tlu Khoraçân, vinrent attaquer, d'un commun accord, et vainquirent Mirza Mou hammed Zémân dans la matinée du samedi, seize du mois de ramazan de l'année sus dite (4 novembre 1514). Il prit la fuite, et se dirigea vers le G'ardjistân par le chemin du désert d'Abiverde. Il se mit en marche pour aller faire la conquête de la province (ou du territoire Wl) de^J^* Balkh, de concert avec l'émîr Ordou-châh, prince de ce pays, qui avait été un des serviteurs ^jUj^^de son aïeul. Dîw-Soulthân avait, par hasard, laissé, à cette époque, dans la ville de Batkh, en qualité de lieutenant l'émir Mou hammed Bèhârlon, et il était parti pour se rendre à la cour il^jse du chah Ismail. Mirza Mou hammed Zémân n'eut pas beaucoup de peine à soumettre cette ville à sa domination, et il gouverna ce pays, peu-
dant dix ans, d'une manière indépendante, avec le secours et Tassistauce de Mirza Bâbèr. Il finit par se noyer dans les eaux du Gange pendant une bataille livrée au prince Afg'ân Chir-khân (798), sous le règne de Mirza Houmaloun; et il ne resta plus, après sa mort, aucun fils ni petit-fils de Mirza Soulthân 'Honcein, dont la lignée s'éteignit, par conséquent, avec lui (799).
Après le départ du sulthàn Sélim-khân, le cbâh Ismaïl revint de Dèrdjèzin à Tèbrîz, où il passa Thlver. U confia le poste d^émir-ul-oumèra à Tchalân Soultbân, l'inspection du divan à Mirza Chah 'Houceïn et le poste éminent de szadr-usz ssoudoûr auseïd'Abdallab, fils du seïd Â'hmed Lala. Au bout de quelques jours le seïd 'Abd-allah fut destitué, et sa place fut conférée à Mir Djémâl-u ddin Mou hammed Chirènguy.
Année 921. (A. D. 1515-16.)
Le sulth&n Sélîm-khân fit, cette année, la conquête des châteaux forts de Gamâkh et de Baïbourte (800), Il battit 'Ala-uddewlèt le dzoulq'adre, prince de Mar ache, et conféra la principauté de la peuplade Dzou Iq'adre à 'Aly-big, fils de Chehsuvarbig. Toute cette contrée tomba au pouvoir des partisans de la dynastie du suIthân (801).
Dans la même année, Emireh-Soulthân, prince de Q'âlne, vint à Ârdebil présenter ses hommages au chah Ismaïl, à qui il fit un rapport très-succinct sur la ruine ^^j»' du Khoraçân. Diw- Soulthân arriva également de Balkh, et fournit, de vive voix, quelques renseignements qui corroborèrent le rapport d'Emireh. Le gouvernement il^^ du Khoraçân fut, en conséquence, ocp'iffi!' troyé à Thahmasp- Mirza, et le poste de gouverneur (lala) du prince fut confié à Emireh-Soulthân le MaQszûUu, qui reçut le titre d'émîr-kMn. Le chah les fit partir à la hâte pour le Khoraçân, et passa lui-même l'hiver à Tèbrîz.
Année 922. (A. D. 1516-17.)
Au commencement de cette année le sulthân Sélim-khân se
rendit de Gonstantinople à Scutari avec le dessein de faire la conquête de l'Iran, et daigna s'y arrêter. Il envoya, en ambassade, à la cour de Q'anszou, wéUy (grince régnant) d'Egypte, le mauUa Zirek-zâdeh et Q'aradjah Pacha (802). Il tourna ensuite la bride de son coursier vers VAraMstân. Q'anszou, de son côté, vint au devant du sulthân jusqu'aux environs de 'Haleb et d'Aïbestàn (803), dans l'intention de lui livrer bataille. Les deux armées se rencontrèrent à Merdj DâMq (prairie de Dâbiq ) (803 *), et Q'anszou y fut tué. Les châteaux forts de Malàthia, de Divriguy, de Dérèndeh, de Bèhesny, de 'Aïntâb, de Gargar (804), de Gâkhtah et de Birehdjik (antique Birtha) tombèrent au pouvoir des amis çUj] de la dynastie du sulthân (805).
Dans cet intervalle, les plus illustres sèïds et les 'ouléaia (savants ou docteurs) les plus distingués de 'Haleb et de la Syrie s'empressèrent de venir baiser le seuil du glorieux soulthân. Les rèîs (maires) et les cheïkhs des tribus arabes, tels que: Ibn Kharfouche (probalement Tharphotiche\ Ibn 'Hanèche, Ibn-Sa'ïd (806), les cheïkhs de la montagne de Nàblous (ancienne Neapolis ou Sichem), ceux de Bénou- Ibrahim, des Bénou-Séwâlim, des Bénou- Atha, de même que ceux de Szafed (ancienne Béthtdie) (807), de Ramlah (ancienne Arimathie)^ de Jérusalem et de G'azah eurent l'honneur de baiser le tapis de sa Hautesse. L'auguste sulthân alla ensuite faire la conquête de la ville du Caire en Egypte (808). Pendant ce trajet, le château fort de S?afed fut soumis par les armées victorieuses, et le sulthân eut l'honneur de visiter la ville sainte de Jérusalem (809).
Au commencement de cette année Thoumân-baï le Tcherkès (Circassien), wâly (prince régnant) d'Egypte, qui, par sa valeur, était parvenu du grade subalterne d'émir à l'apogée du sulthanat, ^^eY.' gouvernait l'Egypte avec une autorité absolue. Il rassenlbla sous sa bannière les restes des vils Circassiens qui avaient échappé
au glaive meurtrier, et posa le pied de l'égarement (de la déviation) hors du sentier de la droiture. Lorsque sa conduite repréhensible eut été exposée au pied du trône kbalifal du sulthân , il arriva, en onze étapes (JjU stations), de G'azzah à Ridàideh (810). Thoumàn-baï vint également, jusqu'à cette étape, au devant des armées victorieuses, et rangea ses troupes en bataille en face du sulthân. Le vézir Sinân Pacha goûta d'abord le breuvage du jnartyre dans cette bataille; mais Tarmée des Tcberkès (Circassiens) fut ensuite complètement défaite, et Thoumân-bai fut tué (811). Le vingt-trois du mois de mouharrèm de la susdite année (6 février 1517), la glorieuse capitale de l'Egypte fut soumise par les serviteurs du sulthân, et la dynastie circassienne (tchèrkesse) fut éteinte par suite de cette conquête. Le gouvernement (Ynâlèt) d'Egypte fut confié au Tcberkès Khaïr-big, qui était venu faire sa soumission, et la garde (le cortège %^y^) du sulthân alla ensuite prendre ses quartiers d'hiver en Syrie (^Li ou à Damas) (8 1 2).
Année 924. (A. D. 1518.)
Le sulthân Sélim, de retour de sa campagne i!*Arabistân^ revint, cette année, dans sa capitale de Constantinople.
Le chah Ismaïl alla passer l'été de la même année à Sourliq et envoya ses gros bagages dans la ville de Q'om, sous les ordres de Mirza Chah 'Houceïn. Il se dirigea ensuite personnellement, en se livrant au plaisir de la chasse jl^i ^}iJ^ > du côté de Tchèmdjémal (ou jl«^ Djèmdjûl)^) et de la montagne ieBysîUoun^ d'oii il se rendit à Q'om avec l'intention d'y passer l'hiver. Dour miche- khân et Zeïuel-khân le Châmlou furent envoyés
1) L'historien tark Ndïma fait mention du mont By-sutoun dans son histoire de Tempire othomaD (édition de Scutari, p. 486): au lieu de Djetndjâi jLs^ on
y lit deux fois jlire ^^[/b^ Szdhral tchèmkhM (la plaine de TchèmkhâS^y cont
à la conqaête du Mazèndéràn et du Roustèmdâr. Les gouverneurs (ou princes ^1^) du Mazèndéràn, du Roustèmdâr et de Hézàrdjérib vinrent faire leur soumission. Ils eurent l'honneur de bai ser le tapis du chah aux environs dlszphahàn, d'où ils retournèrent dans leur pays.
Année 925. (A. D. 1519.)
Des courriers ^jL^ vinrent, cette année, annoncer au châh^**^^ Ismaïl la nouvelle de l'insurrection et de la révolte d'Emireh Dibâdje, prince du Guilân Bîdh-pès, Le chah donna à Kâr Guïa SouUhân A'hraed, prince du Guilân Bïàh-pîche^ Tordre de soumettre le Guilân Bmh-pès^ de concert avec les princes du Mazèndéràn et du Roustèmdâr avec Dourmiche-khân et Zeïneb-khân le Châmlou. Emireh Dibâdje, consterné, eut recours à la médiation de Kâr-Guïa Soulthân A'hmed, et eut le bonheur de faire sa cour au chah dans les prairies (ou paturageSv, olang) de Hamadân. Le souverain l'honora d'un regard de bienveillance, et lui conféra le titre de SouUhân Mouiaffèr. Il obtint, la même année, l'honneur d'être admis au nombre des gendres du chah (813).
Année 926. (A. D. 1520.)
Le sulthân Sélim-khân transporta, cette année, le fardeau (bagage) de l'existence de ce monde éphémère dans la demeure éternelle. Il succomba, près de Tchorlij où il s'était rendu dans une promenade qu'il faisait à Andrinople, à une maladie gangreneuse (ou cancéreuse dlTl), qui est une espèce de tumeur pestilentielle ùyùlL connue sous le nom de chîrpèntche (griffe du lion, ou charbon) (814). Les illustres vézîrs cachèrent, pendant dix jours, le corps (la civière ^J^) de ce sulthân destiné au paradis.
Hammer, Gesch. des Osman. BHches^ T. VI^ p. 116—117. Il est fait mention d'an prince nommé \j\-^^i Bxçuioûn ou ^ JLma^> Bihystoun dans Vhistoire du Thabaristân du SM ZèUr-ùddm, p. 186.
Ils rappelèrent de Magniça (Magnésie) le sulthàn Souleïmân-khân, et le placèrent sur le trône du sultbanat. On transféra ensuite . ,. le corps béni de sa Hautesse à Constantinople, oii il fut enseveli. ' Il n'avait poltat d'autres enfants que le sulthàn Souleïmân-khân. Il avait vécu cinquante-quatre ans, et régné pendant huit ans, neuf mois et dix jours. Il avait eu dix grands- vézirs, dont deux seulement atteignirent le terme de leur carrière, et les huit autres furent mis à mort par l'extrême sévérité de ce monarque (815). Dans la même année le chah Isma^^ïl envoya à Chirâz le Q'oroudjy Koeur Souleïmân. Celui-ci fit mourir, dans l'hôtel du divan, au chevet de son lit jCi^^^^ ^, Soulthàn Khalil, gouver- ^j^[* neur de cette ville , et envoya sa tête à la cour du chah ^i se trouvait à Iszphahân. Sa majesté confia rii(i/è^ de Chirâz à'Aly- Soulthàn TchUchèklu. Les émîrs Chàmlou, tels que Dourmichekhân et Zeïnel-khân, furent envoyés dans le Khoraçân au secours du Chehzâdeh Thahmasp et d'Émîr khàn le MaûszuUu; et le chah tourna bride du côté de ses quartiers d'été de Soulthânïéb.
Fondations pieuses et établissements de charité du sulthàn
Sélîm-khân.
1 ) La restauration du tombeau replendissant de lumières du vénérable cheïkh Mou hy-u ddîn 'Araby, directeur spirituel dans la voie de la contemplation j^y^ (816): ce tombeau fut construit hors de la ville de Damas. Le sulthàn fonda, dans ses alentours, une jolie mosquée cathédrale, dont il acheva la construction.
A Qonlah (Iconium) il fit amener de l'eau d'un lieu trèséloigné de la ville sur la tombe du vénérable mauUa Djélâl-u ddin Roûmy (que son tombeau soit sanctifié!), et il y fit installer un grand jet d'eau (chadurvân).
A Constantinople , il a fondé une modeste mosquée cathédrale avec une médréceh (un collège) et une cénobie aj^'j," qu'il a entièrement achevées. Son glorieux tombeau se trouve à proximité de cette mosquée cathédrale.
Notice sur les savants et les cheïkhs, qui ont vécu du temps
du sulthân Sélîm-khân (817).
1 ) Le maulla Szoûfy-tchéléby. qui fut d'abord le mouphty de son époque, et qui préféra ensuite de se retirer avec une pension de deux cents aspres , -
2) Le maulla Mouaïèd-zâdeh 'Abd-u r Ba'hmân Efèndy, qui, dans les premiers temps de la campagne de Perse, fut q'âzy-'askèr de Roumilie et qui, plus tard, se contenta également d'une pension de retraite de deux cents aspres par jour; et se retira dans un recoin solitaire.
3) Le maulla Kèmal-pacha Zâdeh Chèms-u ddin Efëndy, qui, d'après l'opinion des savants et des hommes de talent ^lô» du Roûm, n'a jamais eu son pareil dans ce pays, en fait de vertus morales et de mérite littéraire. Il a laissé un grand nombre de
compositions oLJb et de poésies des plus brillantes, tant en arabe qu'en turk. Il finit par devenir le mouphty de son temps, et s'illustra sous le nom de Mouphty-utjs-tzaqaldn (mouphty de l'espèce humaine et des génies). Il se contenta enfin d'une pension de retraite, et devint mouderris à la mèdrècèh du sulthân ^;^i^* Baiézîd-khàn.
4) Le maulla 'Halîm-Tchéléby de Q'asthamouny, qui était richement doué de nombreuses connaissances, d'exellentes moeurs et de qualités louables. Il conversait avec un charme extraordinaire, et sa société était des plus attrayantes: il passait une grande partie de son temps avec l'empereur.
5) Le maulla Roukn-u ddln Zirek-zâdeh, qui fut d'abord q'àzy- askèr de Roumilie, et qui se contenta enfin d'une retraite de cent aspres.
6) Le maulla Mouhy-uddîn Tchéléby Fènâry-zâdeh , qui fut mouderris aux huit collèges, et qui devint ensuite qâzy -'askèr de Roumilie.
On compte au nombre des cbeikhs qui ont été contemporains de ce monarque: 1) Le cheïkh 'Oulwân, qui était parfaitement versé dans la science pratique et spéculative: il était domicilié dans la ville de 'Hama. 2) Le cheïkh Mou hammed Bèdekhchy (du Badakhchân) que le sulthàn visita plusieurs fois lors de ,1a conquête de la Syrie, et avec lequel il eut de longs entretiens. 3) Lamiy-tchéléby, qui n'avait pas son pareil au monde en ce qui concerne la doctrine des cheikhs ifLLo ^JLj>j et qui était le phénix de son siècle en fait de style épistolaire (ou soutenu) et de poésie. Il a laissé de très-jolies compositions et un Mémorial des Poètes en langue turke. Il est également Fauteur d'un élégant traité en prose rimée (ou cadencée) intitulé: Discussion entre le Printemps et V Hiver. On lui doit en outre un opuscule aJLj sur la Noblesse de Vhomme et deux autres qui ont pour titres : 'Ibrètnuma (le parangon) et Tchéchén-i-DU (le régal du coeur) etc. Ils ^ont tous généralement goûtés des hommes de lettres (818.)
Année 927. (A. D. 1521.)
Un émîr tchèrkès (circassien) nommé Bjânrbirdy s'insurgea, cette année, en Egypte, et prit le chemin de la révolte. Le sulthàn Souleïmân- khân nomma sèrdàr le véztr Ferhâd-pacha, qu'il chargea d'aller repousser le rebelle. Les deux armées se livrèrent bataille aux environs de Damas {Ghâm\ et les Tchèrkès furent défaits. Djân-birdy fut tué dans cette affaire, et l'on envoya sa tête à la cour du sulthàn (819).
Dans la même année, le chah Ismaïl confia le commandement en chef de ses troupes à Dîw-Soulthân le Roumlou, qu'il chargea ^/ci'* d'aller faire la conquête de la Géorgie. Les princei Léwond (Léonce ou Léon), David et G'rigoreli (Grégoire) vinrent se soumettre ; et arrivèrent à la cour du chah avec des dons cJû^ \
1) Le mot persan oJL Bûék^ comme nous Tapprenne&t le Bourhân-t-qâth* édition de Scutari, p. 160, et le Fèrhèng-i-eho aury, même édition, T. 1, fol. 204
des présents et des cadeaux Ils se soumirent au tribut et à IsL capitation ^[>^ ^J^ (820).
Le dix-neuf du second mois de djoumàda de la dite année (28 mai 1521) 'Obeïd-khàn TOuzbeg vint assiéger Hérât, et s'en retourna dans le Ma wérdnnahr le vendredi, deux du mois de rédjeb (i) juin 1521). L'Émlr-khân MaaszuIIu, gouverneur {lâla) de Chah Thahmasp, couvant dans son coeur une vieille rancune contre Mir Mou hammed (fils de) Mîr louçouf (821), qui était un des plus illustres sè'ids du Khoraçân, Taccusa d'intelligences secrètes avec Mirza Bâbèr, le fit charger de fers le mardi, six du ipois de rédjeb de la même année (13 juin 1521), et l'envoya au château d'Ikhtiâr-uddin (822): le lendemain, il fit exécuter cet illustre sèïd. Ces nouvelles étant parvenues aux oreilles du chah, qui se trouvait à Vordou, enflammèrent le courroux de ce monarque, qui destitua l'Émir-khân des fonctions de lâla et du gouvernement du Khoraçân. Il le manda à Tordou, pour y procéder à une enquête sur l'efifusion du sang de Mîr Mou hammed, et conféra Viîûlèt (la province) de Hérât à Dourmiche-khâu le Châmlou.
Cheikh-châh, prince du Chirwân, se présenta à la résidence d'été de Séhènd dans l'Âdzèrbaïdjàn pour y faire' sa cour au chah, qui le combla d'honneurs et d'égards. Il s'en retourna, content et satisfait, dans son pays, après avoir obtenu la rénovation de ses lettres patentes d'investiture du Chîrwân (823).
Vers la fin de cette année, le sulthân Souleïmân-khân se mit en marche avec le projet de soumettre la Hongrie. Il fit la conquête des châteaux forts de Sabacz (en turk Bôgurdilèn) (824), de Semlin {Zémîn\ de Slanqamèn (je lis ^jjS%.\)^ de Koulpénicza
(je lis vâLJ^r au lieu de JL^), d'IUoq' et d^Ierchowa o^i/jl (825): il donna ensuite l'ordre de faire une incursion en Croatie (826)^
R.) est synonyme de dÂx^ de a^JIP et du tark ^Iâ^I, qui signifient cadeau, prés nt, dan.
OÙ il tomba une moltitude de prisonniers entre les mains des zélés et vaillants guerriers de Tannée victorieuse.
La même année, un intrigant juuiu nommé Iskèndèr suscita des troubles dans l'Iémèn, et renversa les princes (ou gouver- ^lee! neurs JC») de ce pkys. Il fut lui-même tué, peu de temps après, avec ses partisans. Comme ce pays était alors dépourvu de prince et de souverain indépendant, le sulthàn Souleïmân-khân y envoya Roustèm-pacha, pour s'en rendre maître: celui-ci en prit possession, y fît battre monnaie et réciter la Tchouthbeh au nom de son auguste maître (827).
La même année, les princes impériaux (châh-zadés) Soulthân Ma'hmoûd et Soulthân Mourâd décédèrent, et le sulthàn Souleïmân-khân s'en retourna à Constantinople pour y passer l'hiver (828).
Année 928. (A. D. 1521-22.) '
Le sulthàn Soulelmàn-khàn partit de Constantinople au commencement de cette année et daigna s'arrêter à Scutari, avec le dessein d'aller faire la conquête d'une partie des pays francs (européens). Il se dirigea de là vers l'île de Rhodes, et commença d'abord à en assiéger le château fort aussi inexpugnable que hi constellation de Saturne (829).
Le chah Isma'ïl passa l'hiver de la même année à Tèbriz, et alla, dans la belle saison, prendre ses quartiers d'été au mont Séhènd. L'heureux prince Thahmasp Mirza arriva du Khoraçàn pour rendre ses hommages à son auguste père, qui fut enchanté de revoir son illustre fils.
L'Émîr-khàn MaQszuUu fut atteint d'une maladie des plos graves et transféra le fardeau de cette existence éphémère dans la demeure éternelle, dans la nuit du dimanche, 1 2 du mois de chabàn de la dite année (7 juillet 1522).
Année 929. (A. D. 1522-23.)
Après avoir assiégé, pendant quatre mois, le château fort de Khodes, le sulthâu Souleïmân-khân s'en empara de vive force au commencement de cette année, de sorte qu'un homme de talent composa, à cet sujet, le chronogramme suivant (830):
(Vers.) Lorsque Souleïmân-khân, le souverain du monde, le monarque de la religion ^jf^^i, qu'escortait sans cesse la protection divine , fit la conquête de Rhodes , il bouleversa toutes les affaires, des infidèles. Pour désigner l'époque de ce glorieux événement, le panégyriste (? Hâtif) se borna à dire: lafrahou-lmouminouna bUiaszri- llahi (831) «Le secours de*Dieu remplit d'allégresse le coeur des fidèles.»
Toutes les fois que nous emploierons, à l'avenir, le titre de Sordthân-g âzy (sulthân, vaillant champion de l'islamisme), nous désignerons sous ce nom le sulthân Souleïmân-khân. Plusieurs p i67. autres châteaux forts du même pays furent soumis par les serviteurs de ce monarque (832):
Cheh-Suwâr Aug'lou le Dzoulq'adre s'étant permis de se ré-, volter contre la sublime Porte, le vézlr Ferhâd-Pacha fut nommé serdâr (général en chef) des armées victorieuses. Il marcha, en conséquence, contre ce rebelle, qu'il mit à mort, et envoya sa tète à la cour du sulthân (833).
Dans la même année, le Tcherkès (Gircassien) nommé manime, qui était kàchif de la mosquée du vieux Caire appelée Gharqyieh (?) (orientale) et le kâchif Inâi prirent, d'un commun accord (834), le chemin de la révolte. Le vézîr Mouszthafa-Pacha, qui était chargé de la garde et de la défense de l'Egypte, fit marcher ses troupes contre eux. Il se livra une grande bataille entre les deux parties, et les deux tètes coupées des deux rebelles furent enfin envoyées au pied du trône impérial (835).
Dans la même année, le chah Isma'ïl passa l'hiver à Tèbrîz. Le mihtèr (magister, maître) Châh-q'ouly 'arabguîrlou , qui était
le chef {mihtèr^ maître) de la sellerie diUek'j du châb, et l'ennemi juré du vézîr Mirza Chah 'Houceïn, saisit le moment où ce vézîr sortait, à la tombée de la nuit, de Thôtel (CjjLc de l'édifice) des huit paradis^ où il avait fait sa cour au chah, et se rendait à son domicile, pour l'assaillir par derrière çt lui plonger un poignard entre les deux épaules. H se mit aussitôt à crier: aLe chah ordonne à tous ses qoroudjis (gardes du corps) de mettre fin à l'existence de ce bâtard (o^lj-*)^ gueux).» Tous les qoroudjis ^ qui se trouvaient au palais lûLstJ^d se précipitèrent à l'instant même sur le vézîr. C>[^^ sur lui?) et le mirent en pièces.
Le mihtèr (maître) Châh-q'ouly prit la fuite, mais on l'arrêta au bout de quelques {ours, et il fut mis à mort, en punition de ce crime infâme. Tchaïân Soulthân ITJstâdjlou, qui était émirîd-ouméra du chah, étant décédé, le poste de vézîr fut confié à khaudjah Djélâl-u ddin Mou hammed.
Année 930. <A. D. 1523-24.)
Le cinq du premier mois de djoumâda de cette année (12 mars 1524) le chah Ismà'ïl quitta ses quartiers d'hiver de Nakhidjéwàn, et se dirigea du côté de Chèky pour y aller à la chasse ^0i!*des chevaux sauvages du désert (836). Il revint de là à Àrdébîl, et prit ses quartiers d'été (son iaUâq) à Soulân. Après avoir visité (le tombeau de) ses pères et de ses illustres aïeux, il alla, en automne, à Tèbrîz pour y passer l'hiver. Lorsqu'il arriva au col (coteau) dit Szén/ne (bonne côte) dépendant de Sourâb vl/^9 ^^^ auguste tempérament se dérangea à un tel point que le talent des plus habiles médecins ne put parvenir à lui rendre la santé, ^ et il passa, dans la matinée du lundi, dix-neuf de rèdjeb (24 mars 1524 de J. C), de ce monde périssable dans celui de l'éternité (837).
(Vers.) C'était un monarque aussi brillant que le soleil qui éclaire l'univers, qui fit disparaître (essuya) la poussière de la tyrannie de la surface du globe. Demande aux deux mots
jj:^ jjéé^ KhosrèW'i'din l'époque de la mort de ce souverain aussi redoutable que le lion ^j^^y car il fut réellement le Khosroès de la religion {Khosrèw-i'dîn) (838).
Le prince royal Thahmasp, qui, à Page de onze ans, était (déjà) attaché au glorieux étrier (à Tétat- major) de son père, monta sur le trône àelei souveraineté, et quel heureux avènement que celui-là ! car ce prince exerça l'autorité la plus absolue pendant à peu près deux âges d'hommes (0^»» ^^ russe otbKh), Il avait eu le bonheur de naître à Chèh-abâd (la résidence royale) (839) d'Iszphahân dans la matinée du mercredi, vingt-huit du mois de dzyThiddjeh de l'année 919, sous le signe du Bélier (J^ en allemand Widder (= le 24 février 1514 de J. C?) (840).
(Vers.) Lorsqu'il apparut dans le royaume de l'existence, le soleil se leva pour indiquer la date de sa naissance (841).
Son auguste avènement eut lieu le lundi, dix-neuf du mois de rèdjeb de la même année (que celle du décès de son père ?), qui répondait à celle du Singe (le 24 mai 1524?) (842).
(Vers.) Thamasp, souverain maître du monde! Toi, qui, grâce à l'assistance divine, as pris place sur le trône d'or après notre chah, vainqueur des infidèles igâzy)^ tu remplaças ton père, et soumis le monde à ton empire; c'est pourquoi le chronogramme de ton avènement fut désigné par les mots ^J^J^ jJ^ ^1^ Djâlpèdèr guirifty (tu as pris la place de ton père) (843). Les lettres
numériques du mot (ara|;)e) JL (ombre de Dieu) désignent également la date de cet avènement (844).
Revenons à notre sujet. Lorsque le glorieux ordou (camp) quitta le coteau dit Szâîne pour se diriger vers le plateau (le campement d'été) de Sèhènd, le vézîr 4(haudjah Djèlâl-uddin Mou hammed et le khaudjah Àdhèm le Mounchy (secrétaire d'état) furent suppliciés avec l'assentiment de chefs (émirs) q'izilbâches. Le qâzy-djéhân de Q'azwîn, qui était un des plus illustres 5!"7(»[' fièïdes, Szèfy-Houceïny de Q'azwîn, fut promu au poste éminent de vézîr, et Mîr Q'awwâm-uddîn 'Houceïn, le plus noble des
chérifs {Àcheref-td Àcherâf) d'Iszphahân fut investi des fonctions de szadf'Usz szoudour^ en qualité de collègue de l'émir Djémâlu ddîn Chérènguy d'Asterabâd.
Après le décès du chah Ismaïl, Bâïézîd-Soulthàn, fils de Tchaïân-Soulthân, qui avait remplacé son père en qualité A^émirid-ouméra^ vint à mourir, et son oncle Mouszthafa-big, connu BOUS le nom de Kipak (ou Keupek) SouÙhàn , fut nommé vékil et collègue de Diw-Soulthân le Roumlou.
Année 931. (A. D. 1524-25.)
Cette année le sulthan Souleïmân-khân passa son temps dans sa capitale de Constantinople, et y consacra, dans la plus parfaite indépendance, ses précieux instants au plaisir et au repos • bl .i.
Le chah Thamasp (de son côté) passa l'hiver à Tèbrîz, et l'été à Séhènd. Dîw-Soulthân le Roumlou^ qui était parti pour le Ehoraçàn sous prétexte qu'il avait appris I^pproche des Onzbegs, revint dans l'Iraq' à cause de l'inquiétude a^\j oxl le plongeaient les émirs ustâdjlou. Il chercha à s'y concilier les esprits des principaux chefs (émirs) q izilbâches, tels que Tchouha-Soolthàn le Tekkélu, wâly d'Iszphahân, 'Aly-Soulthân le Dzou I-q'adre, gouverneur (hâkimé) de Chirâz, Q'aradjah-Soulthân le Tekkélu, fcûiy de Hamadàn, Buronn Soulthàn, gouverneur (hâkime) de Mèchehed; et il revint à Tèbrîz. Kipak (Keupek) Soolthân l'UstàdjIou alla, pour passer son temps Ci^l >s^ ^1^ (?), au
devant des émirs susmentionnés jusqu'à Turkmàn-kèndy-lèz Quermroûdy d'où ils se rendirent ensemble à la cour du chah. Bs eurent, à Tchérèndâh, Hhonneur de baisser les pieds du monarque. Au bout de deux jours, Q'arindjeh-Soulthân l'Ustâdjlou et Nârin-big le Q'adjàr furent mis à mort. Lie Q'âzy-djéhân fut destitué du vézirat et emprisonné au château fort de ^^ Loury. Le poste de vézir fut confié à Mîr-Dja'fèr de Sâweh. ^m: Lorsque Kipak (ou Keupek) eut découvert les menées et les
intrigues des émirs, il s'éloigna de la cour du chah, sous prétexte qu'il allait prendre part à la guerre sainte ^^Ijc l^U^ <u dans le Gourdjistan (en Géorgie). Tchouha-Soulthàn occupa, à sa place, le siège de Szadr-ùsz Szoudpûr^ et apposa le sceau au dos des diplômes (j\Juj. Dourmiche«khân, gouverneur du Ehoraçân, mourut dans la même année.
Année 982. (A. D. 1525-26.)
Le sulthan Souleïmân-khân partit, cette année, de Gonstantinople avec le projet de soumettre la Hongrie. Il s'empara, de vive force, du château fort d'Avnik viLj,) (845), de Péterwardeïn et de celui d'Iloq' (lUok), qui, sous le rapport de l'élévation, était de niveau avec la sphère azurée. Le château fort d'Esseg situé sur la rive du Danuhe fut également conquis. ^ Le sulthân, ayant fait jeter, d'après le système habituel, un pont de bateaux et de chaînes sur la Drave, passa du côté de Bude (Budoun). Il se rendit maître des châteaux de Racsa {Bâtcha)^ de Grégurovecz (Crragouritch), de Berkaszova {Berqasz)^ de Mitrovicz {Dimitroftcha\ de Tokaï (jfey, de Zotin jt'y^^ ^^ Vucovar jlyJ^ {VoulkO' var) et d'Erdôd (je lis 3^^j) au lieu de jjj\ Eroûr) (846).
Le roi de Hongrie se mit en marche à la tète d'une nombreuse troupe de vils infidèles dans l'intention de s'opposer et de livrer combat au belliqueux sulthan. Les deux armées se rencontrèrent dans la plaine de Mohacz, où il se livra une grande bataille. Le zéphir de la victoire et du triomphe finit par agiter de sa douce haleine la flamme de la bannière victorieuse du sulthan, héroïque antagoniste des infidèles. Le roi se retira blessé du champ de bataille. Par un effet du hasard , le lieu où il devait passer était extrêmement fangeux et bourbeux. Le q'râl tomba de cheval; et comme il était poursuivi à outrance par l'armée triomphante, le corps impur de ce monarque fut foulé aux pieds par sa mauvaise fortune JUL J^jjj ^yi'j£\j\ dans cette fange et ce bourbier, et il fut englouti dans l'abîme de l'adversité et de la plus affreuse torture Jl^^ «1-^, sous les pieds des guer-
riers de tons les rangs m\cj ^joL J jj). Aucun de ses amis ni de ses ennemis, musulmans ou plongés dans les ténèbres (de l'erreur) ^lih (847), ne put en retrouver le nom ni la moindre trace. A la suite de cette célèbre victoire, le château fort de Bude, qui était la capitale des souverains de la Hongrie, tomba au pouvoir des commissaires du sulthan avec toutes ses appartenances et dépendances; et le victorieux ordou, qui parcourait le monde entier, revint sain et sauf et chargé de butin dans la glorieuse résidence du monarque de lislamisme (848).
Dans la même année, les chefs (émirs) Roumlou et Tekkélu profitèrent de l'absence de Keupek (ou Eipak) Soulthân TUstadjlon, pour aliéner son territoire o^b^j^AW I jj) d^l. Eipak Soulthân résolut, en conséquence, de leur livrer bataille, et réunit sous son dr^eau Q'ilidje-khân, fils de Mouhammed-khân TUstadjlou, Mèntécha Soulthân Cheïkhlèr (?), Bedr-khân Chèrèflou, Kourde-big Ghèreflou TUstâdjlou (849), et marcha sur Ehalkhâl. Le quatorze du mois de chabân (27 mai 1525), à l'heure du déjeuner, les deux partis se rangèrent en face l'un de l'autre au lieu nommé Sëksèndjouk ou SuguUchouk (le petit Saule) (850). Les chefs (émirs) Tekkélu Q'aradjah Soulthân et Bnroun Soulthân furent tués. Mais la peuplade aûIL Ustâdjlou fut mise en déroute, et prit la fuite. Elle se dirigea du côté de Thârèm , mais elle ne s'y arrêta pas, et alla demander un asyle au tvê^y de Rechte. 'Abd-allah-khân l' Ustâdjlou se ligua avec A^hmed-big Szoufy-aug'lou et le vézîr Q'azy-djéhân, pour s'opposer aux Tekkélus. Mais le collier de leur alliance finit par se dissoudre. Q'azy-djéhân partit pour le Guilân; 'Abd-allah-khân et les autres chefs (émirs) se rendirent du côté de Ehaur et de Simnân. Les émirs Ustâdjlou se coalisèrent, une seconde fois, et livrèrent bataille aux émtrs Tekkélu dans le village de KherzèioU Si^j^ (851), une des dépendances (jUcI, agences fiscales) de Thârèm.
Us ne se sentirent pas la force de résister au premier choc Cj/ Jjl, prirent la fuite et s'en retournèrent dans le Guilân Biak-pès. Le chah Thahmasp résolut de passer cet hiver à Q'azwin.
Année 933. (A. D. 1526-27.)
Dzoulnoune Auglou le Dzoulqadr (852) ayant pris, cette année, le chemin de la révolte contre le sulthan Souleïmân-khân, ^^m! commit de grands ravages dans cet empire (cette province CJJ^). Il prit la rente d'Ârzeroûm pour se rendre dans le pays des Q'izilbâches. la'qoûb- Pacha, mîr-i-mirân du Roûm, se mit à sa poursuite, et l'atteignit dans le canton de Pâcin. Il le mit à mort, et envoya sa tète à la cour de Soulelmân. Dans la même année, un des descendants :>^j) de *Hâdjy Begtâche nommé Ç'àlèndèr" chah parut (sur la scène politique) et prétendit au sulthanat. Un parti très-nombreux se rangea sous ses ordres. Le grand -vézîr Ibrahim-pacha marcha contre lui à la tète des troupes de la Porte ^jL ^li, et le fit mettre à mort (853).
Dans la même année, le chah Thahmasp s'avança jusqu'à Saougboulâg (froide fontaine) avec le projet de faire une campagne dans le Ehoraçân. Les émirs (chefs) ustâdjlou, qui se trou- , vaient dans le Guilân, vinrent à Ârdébil, tuèrent Badindjân Soulthân (854) Roûmlou, gouverneur (hâkim) de cette ville, et marchèrent de là sur Nakhidjéwân et JDjokhor-Sdd jjl- ^^, où ils pillèrent et dévastèrent Vordou (le campement) de Dîw-Soulthân. . Ces nouvelles étant parvenues, à Saougboulâg , aux oreilles du chah, il fit marcher en avant vers l'Adzèrbaïdjân Diw-Soulthân et Tchouha-Soulthân ; et il se livra entre eux une grande bataille sur l'Arpa-tchaï (de Charoûr), une des dépendances de Nakhidjéwân. Eipak Soulthân, atteint d'un coup de mousquet, tomba dans la poussière du trépas. De là les émîrs s'en retournèrent, et obtinrent l'honneur de baiser le seuil du chah dans sa résidence d'été de Quzddéréh (beau vallon)-lez Soulthânyïéh. Comme le fauteur (ajU .^ le levain) de tous ces désordres et la cause de la haine et de l'inimitié des q'izilbaches était Diw-Soulthân, Tchouha Soulthân incita Thahmasp à le blesser avec le bois d'une flèche, lorsqu'il entrerait au divan (855), et à ordonner ensuite
à ses autres fonctionnaires (^I^UT commissaires) de l'achever à coups de flèches et de poignards, en disant: «qae toute personne qui m'est dévouée ne manque pas de tuer Dîw!» Par un eflfet du hasard, le trait décoché par la préméditation ^j^j^ fut ^77»f' giiidé par le destin ^ jîu : et aussitôt que Dîw entra dans le divan, la flèche que le chah Thahmasp tenait à la main fut lancée vers sa poitrine. Quoique Tare ne fftt pas bien tendu ç^^jjj ^ ^Lï'et que le chah n'eût point de force, elle pénétra jusqu'à la coche jUy-*. Le chah, comme on en était convenu, laissa tomber de ses lèvres, comme une pluie de pierres précieuses, l'ordre qui enjoignait aux exécuteurs des hautes oeuvres Lh^U^ de supplicier Dîw; et ils le mirent immédiatement en pièces à coups de cimeterre et de poignard. Le chah conféra sa province C-JU, avec le gouvernement C^^> de Reï, à Souleïmân-big Roûmlou à qui fut transmis le poste d'émir du divan qu'occupait Diw.
Dans la même année Âkhy Soulthân Tekkélu et Démiry Soulthân Châmlou se battirent, sous les murs de Besthâm, avec 'Obeïdkhân l'Ouzbeg, et furent tués l'un et l'autre. Le gouvernement d' Akhy- Soulthân fut confié à Mouhammed-big Chèref-uddinaug'lou, qui était attaché à la suite de Tchouha- Soulthân, et il reçut le titre de soulthân. Le chah passa l'hiver à Q'azwîn.
Année 934. (A. D. 1527-28.)
Le souverain maître du monde, Soulthân Souleïmân-khân G*âzy, ayant le coeur tranquille et l'esprit exempt de soucis, consacra, cette année, dans sa capitale de Constantinople, ses précieux instants au plaisir, à la gaité, à la joie et au contentement du coeur, en donnant tous ses soins à la prospérité de son empire et au bien-être de son pays.
. Le mercredi, lO"" jour de cette année (856), le chah Thahmasp quitta ses quartiers d'hiver de Q'azwîn, et se dirigea vers sa résidence d'été de Kherqân. Zeïnel-khân Châmlou, qui était un des principaux chefs (émîrs) q'izilbâches , et qui s'était fixé
dans son campement d'été {iàUâq) de Firoûz-Koûh, après avoir été gouverneur de Q'azwin, de Hérât et d'Âsterabâd, fut attaqué subitement par Ziniche (857) Bahadour l'Ouzbeg, qui le tua avec Djékirgiteh ^jCk, (?) Soulthân Châmiou, wâly de Sebzewâr et Mousethafa Soulthân Âfchâr, gouverneur (hâkim) de Sâweh. Lorsque cette nouvelle parvint aux augustes oreilles du chah Thah- p. m." masp, il se rendit, à marches forcées ^y^^* ^^('^^ poste), dans
le Khoraçân. Tchouha Soulthân Tekkélu partit, à la hâte de SoiUthân'Mddâny (l'hippodrome du sulthan) lez-Damég'ân pour se mettre à la poursuite de Ziniche (?) Bahadour (858), qu'il fit prisonnier et mit à mort dans l'intérieur du château de Dâmég'ân: il envoya ensuite sa tête à la cour du chah. Les drapeaux de ce monarque se mirent en marche pouf le Khoraçân, et les plaines du pays de Djâm (859) servirent de camp à l'armée royale.
Le 14 du mois de ramazân de la même année (3 juin 1528) Dzou 1-fiq âr-big, fils de 'Aly-big, devenu célèbre sous le nom de Nokhoud-Sotdthâny qui, à cette époque, était wâly du Gueïhoristân (pays des Guelhors), attaqua, à l'improviste, son oncle paternel Ibrahim*khân, qui était wâly de la ville de Bagdad (métropole du Salut), et qui, dans ce moment, était campé, avec le plus brillant appareil, ^U am^ ^^^•u dans la plaine de MâJiidechie, avec environ dix mille formidables cavaliers turkomans, maniant le poignard avec dextérité. C'était en plein midi, au moment oii les hommes, pour se mettre à l'abri des fortes chaleurs, sommeillaient sur le chevet du repos dans leurs tentes et leurs cantonnements JjLu. Il se jeta sur eux avec trois cents cavaliers, mit à mort Ibrahim -khân avec quelques-uns de ses affidés, et s'empara du pouvoir. Il leva le drapeau de sa puissance jusqu'à l'apogée du soleil et de la lune. Ses cousins germains, dont chacun était wâly d'une des provinces oL^j dépendantes de Bagdad, n'ayant pas la force de lui résister, se retirèrent avec leur bride rompue et leur étrier brisé, de la plaine de Mâhydechte,
pour se jeter dans la citadelle (le château) de Bag dâd. Après avoir usurpé le pouvoir et pris possession des richesses et des revenus dU» de son oncle et de ses cousins, Dzon l-fiq*âr vint camper, en souverain indépendant , sous le murs du château de Bag'dâd, où il assiégea ses cousins. Après que le siège se fut prolongé pendant quarante jours, il intervint des pacificateurs (négociateurs) entre les deux parties belligérantes, et il fut stipulé ^yj^'que Dzoul-fiqâr n'attenterait pas aux jours de ses cousins, qui, de leur côté, lui livreraient la place. Les principaux assiégés, c'est-à-dire Ma'szoùm-big, fils d'Émîr-khàn, et ses cousins, évacuèrent le château, et eurent une entrevue avec Dzou 1-fiq'ar, à qu'ils le livrèrent. Celui-ci aposta, le même jour, quelques-uns de ses serviteurs kj\^^ les plus affidés dans l'intérieur d'une boucherie (égorgerie), où il envoya ses cousins l'un après l'autre, sous prétexte de les faire revêtir d'un cafetan d'honneur. Les exécuteurs les saisissaient sur le champ, et les étranglaient. B en périt de la sorte près d'une vingtaine sans connaître le sort l'un de l'autre. C'est ainsi qu'il éteignit à jamais leurs foyers, à l'exception d'un jeune prince nommé Mélik Q'acimé-big, qui, en qualité de lieutenant de son père, occupait le poste de muhurdâr (garde des sceaux), et qui se trouvait à la cour du chah (860). B en fut de même d'un jeune adolescent de dix ans, nommé Mou'hammédy-big, qui était un des descendant d'Émir-khân et le frère de lait du chah Thahmasp: celui-ci se trouvait à l'ordou royal (861) avec sa mère, qui avait été la nourrice du chah. B ne resta plus en vie un seal des descendants mâles Kélabylou (862). Le nombre des orphelins mâles issus de cette lignée fat réduit à deux enfants encore en bas âge.
Année 935. (A. D. 1528-29.)
Au commencement du premier mois de djoumâda de cette année (12 janvier 1529), le qrâl (roi) des Allemands et des Germains Ax^ (en russe ntbMuu) entra en campagne pour soumettre
la Hongrie, et s'empara de la ville de Bade (863). Le solthân Sonleimân-khân partit de Gonstantinople pour la Hongrie, afin de le repousser, et revint, au comble de ses voenx, dans sa glorieuse résidence (864).
Dans la même année, 'Obeïd-allah-khàn et les autres sulthans ouzbegs se mirent en marche avec l'intention de faire la guerre au chah Thahmasp et de se rendre maîtres de la province du Ehoraçân, ainsi que du Ma-wèra-nnahr (de la Transoxane). Le chah, de son côté, décidé à leur livrer bataille, tourna la bride de son coursier vers le Khoraçân (865). Lorsqu'il fut arrivé dans la contrée de Djâm, la rencontre des deux parties eut lieu au village de 'Omèr-abàd, le samedi onze du mois de mon- 'harrèm de l'année susmentionnée (le 16 septembre 1528): les deux armées se rangèrent comme deux montagnes, en face l'une de l'autre. L'aile droite et la gauche de l'armée q izilbâche fti- Jf^w'' rent d'abord mises en déroute. Tchonha Soulthân et les émîrs (chefs) Àfchârs se retirèrent du champ de bataille et prirent le chemin de la fuite. Les Ouzbegs se mirent à leur poursuite, et 'Obeïd-allah-khân resta sur le champ de bataille avec un petit nombre des siens. Lorsque la poussière soulevée par l'armée se fut dissipée, la nation q izilbâche s'aperçut que les Ouzbegs pour- . suivaient l'armée, et que 'Obeïd-allah-khân était resté seul avec un petit nombre de guerriers en face d'une nombreuse troupe de q^izilbâches. Les braves de cette nation firent tout d'un coup une charge générale et culbutèrent 'Obeïd-khân. Un des qoroudjys (gardes du corps) du chah, étant parvenu jusqu'à 'Obeïd-khân, lui asséna un coup de masse d'armes sur le casque , et passa outre sans le reconnaître. .
Les autres q'oroudjis poursuivirent l'armée ouzbègue jusqu'au SèfU'Koûh (mont blanc), et revinrent sur leurs pas. Mais Dînq'ilidj Babadour et les autres personnes de la suite du prince, avec les khâns ouzbegs, enlevèrent le corps de 'Obeïd-khan, et ils ne s'arrêtèrent pas un instant jusqu'à leur arrivée à Merw. ^ Lorsque le chah Thahmasp eut eu le bonheur de remporter cette
fameuse victoire, il passa un mois entier aux pâturages {olang) de Chèqabâd (?) lez-Djâm, (866) connus sous le nom de jyL» ^^^ Szarou-qamiche (roseau jaune), d'où il partit pour Tlrâq'. Il passa l'hiver de la même année dans la ville de Q'om; et au commencement du printemps, il tourna la bride de son coursier vers la ville de Bagdad, pour y réprimer l'orgueil de Dzou 1-tiqâr, qui avait atteint les limites de la révolte ^jLoc j^^^r-, et qu'il poussait au point de prétendre au sulthanat. Dès que les victorieux drapeaux des Q'izilbâches furent arrivés, ils cernèrent le château fort de Bag'dâd.
Après quelques jours de siège, l'armée q'izilbàche fut tellement inquiétée par les fortes chaleurs, que les émîrs et les ^77!' grands dignitaires du royaume, préférant l'exercice au repos, prirent la résolution de lever le siège jusqu à l'automne et l'hiver, de renoncer (pour le moment) à la prise de la citadelle et de gagner leurs quartiers d'été. Dans cet intervalle, un des petitsfils de Szoufy-khalîl, nommé 'Aly-big, qui était un des principaux officiers û'^' ^* ^^s confidents de Dzoul-fiq'âr, et qui, pendant cette nuit, veillait à la garde de ce prince avec deux cents de ses subordonnés, se concerta avec son frère A'hmed-big, surprit Dzoul-fiq'âr au moment où il était plongé dans le sommeil de l'incurie, lui trancha la tète, ouvrit les portes du château de Bag dâd, et vint rendre hommage au chah Thahmasp (867). Toutes les peuplades turkomanes vinrent faire leurs soumissions, et quelques-uns des proches parents <;L>) de Dzoul-fiqâr se sauvèrent en prenant la fuite. Le gouvernement (commendement C^^) de cette ville fut confié à Mou hammed-khân le Tekkélu Chérèf-u ddîn aug lou. Lors du retour (du chah), 'Aly-big, fils de Mélik-big de Khoï, qui était généralement connu sous le nom de Châthir 'Aly (k\y l'Estaffier) fut exécuté dans les prairies de FarsUcMn-leZ'Abher ^ r/ff^j^ rj^j^ (868) dépendantes dePIrâq'. Le grade d'émir (CjjU l'émîrat) fut conféré au petit-fils de Szoufi-khalil, et il reçut le titre de 'Aly-SouUMn Dzoul'fiqârkucJie ('Aly-Soulthân, le meurtrier de Dzoul-fiqâr).
Année 936. (A. D. 1529-30.)
Le belliqueux sulthân Soulelmân-khân s'empara, cette année, de vive force, du châteaa fort de Bude {Budoun) et de celui de Batâq ' his^âry (869): il tourna ensuite la bride de son coursier du côté de la place forte de Betche (Vienne). Le roi d'Autriche {Betche\ qui appartenait à la nation germaine (Nèmtcheh urbMUhi), évacua sa capitale, confia aux soins de quelques-uns de ses hommes Cj^^j^ 1^ défense du château fort de Vienne (Betche)^ qui était sa résidence, et se retira personnellement dans une des provinces ij[^L\ j) ^jJLj de son empire. Comme le siège du château fort de Betche est rangé au nombre des choses impraticables, et comme le grand fleuve du Danube, qui se partage en deux bras (870), entoure cette place en guise de fossé; comme il se trouve, en outre, entre ces deux bras du fleuve plusieurs forts (^jj^j AiL«^^ dont les feux se croisent, ou les uns dans les autres)j on reconnut, après un blocus de quinze jours (871), qu'il n'y avait aucune apparence que l'on pût parvenir, d'un côté ou de l'autre, à s'emparer et à se rendre maître de la forteresse. ^%8.' L'attaque des vils infidèles rendait en outre la situation des armées victorieuses on ne peut plus précaire: les indices précurseurs de l'année de l'hiver et des frimas commençaient à paraître, et le belliqueux sulthân se vit forcé ^de lever le siège en donnant à un certain Q'âcime - Voïvoda l'ordre de ravager et de dévaster l'Autriche y C-fX> ^^^^ environ douze mille cavaliers qui appartenaient aux corps des sipâhis et des aqintchis (coureurs ou cavalerie légère) de Roumilie. Le sulthân, de son côté, revint heureusement dans sa capitale.
Les infidèles prirent tous à tâche d'exterminer Q'âcime le voïvoda, et personne ne songea à inquiéter les armées victorieuses oji 0 j^'tf'i* ^ L**c Jl^l ijoy»^ ij^ (dans leur retraite). On ne trouva plus la moindre trace du voïvoda Q'âcime ni de ses compagnons (d'infortune).
La même année, les émirs (chefs) UstâdjloU} tels que Bedrkhân Ghèrèflou, Mèntecha Soulthàn Cheïkhlèr (?) (872) et 'Hamzah Soulthàn connu sous le nom de Q'âzuq' 'Hamzah, qui étaient entrés au service du sultbân MouzafiTèr dans le Guilân Bï&h-pès, furent attirés par les insinuations de Tchouha Soulthàn, et eurent l'honneur de baiser à Chèref-abûd'Uz'Qaztoin (873) le seuil du chah Thahmasp. Chacun d'eux reçut un accueil conforme à son rang, et il leur fut alloué des apanages (çldl domaines) et des places.
Après le décès de l'émir Q'awwâm-u ddin 'Houceïn Chirènguy le Szadr (874), qui eut lieu dans le courant de cette année, sa place fut conférée par le chah à l'émîr G'ïàtz (ou G'alâtz)-u ddin Manszoûr, qui fut chargé de remplir ces fonctions de concert avec Mir Nf mèt-allah.
Les étendards du chah se dirigèrent vers le Khoraçân pour en expulser les Ouzbegs. Les sulthàns de cette nation, qui s'étaient ralliés à Merw, déchurent oj^ ùl/i^ t^^' ^^^^ c^^P ®* ^" tournèrent dans le Ma-wèrd nnàhr (la Transoxane). Le gouvernement de Hèrât fut confié à Behrâm Mirza, à qui l'on donna pour gouverneur (ou mentor Ida) G'âzy-khân leTekkélu. L'ordou du chah regagna ensuite l'Iraq par le chemin de Thabès, et passa l'hiver à Iszphahàn.
Année 937, (A, D, 1530-31,)
^Jyjf» Au commencement de cette année, le sulthàn Souleïmàn-khân sortit de Constantinople avec le projet de faire la conquête de la Germanie (a*^^^), et alla camper à'Halqalu binâr (875).
Dans la même année Oulâmah le Tekkélu fit à Tèbriz une levée de sept mille hommes avec lesquels il se proposait de se rendre à la cour du chah Thahmasp et d'y occuper le siège de la primatie C^Jj^ à la place de Tchouha Soulthàn. Le chah Thahmasp, ayant eu connaissance de sa vaine présomption, se hâta de marcher contre lui; et Oulàmah, instruit de son entrée en cam-
pagne, prit aussitôt la fuite. Il se rendit à Vân, où il témoigna le désir de ^e soumettre à la Porte du sulthàn Souleïmân-khân, comme nous l'avons raconté précédemment d'une manière circonstanciée dans notre IV® livre (<Uus-*>), qui traite des aventures J)y») de l'émîr Chèref, prince de Bidlîs, dont Oulamah devint le compétiteur et dont il postula la principauté, comme nous l'avons déjà exposé (876).
Vers la fin de la même année, mourut Mirza Bâbèr, fils de Mirza 'Omar-cheïkh, fils de Mirza Soulthân Abou-Saïd Gourèkân, qui était empereur absolu J^Ul.L qIi^L de l'Hindoustân, de G'aznin (ou G^iznîn)^ de Kaboul et du Qfandahâr*). Son fils aîné Mirza 'Houmaïoun monta sur le trône de la souveraineté à la place de son père (877).
Année 93a (A. D. 1531-320
Le belliqueux (g'âéy) sulthân Soulelmân-Ehan accorda, cette année, à Oulamah la principauté de Bidlis, en qualité de bègler- ^^y (gouverneur général). Oulamah, comme nous l'avons fait remarquer précédemment, marcha, de concert avec le wîr-i-mfrân de Marache et du Diârbekr, contre le château fort de Bidlis,
qu'il assiégea. Chéref-khân, prince de ce pays If), se réfugia à la cour du chah Thahmasp, qui, pour se concilier son esprit, marcha sur Akhlâth. Fîl laq'oûb, mir-i-mirân du Diâr-bekr, qui était shrdûr (général en chef) de l'armée , et Oulamah levèrent le siège de la place et prirent la fuite (878). La bannière du chah revint à Tèbrîz, où il passa l'hiver.
Vers la fin de la même année le chah reçut la nouvelle que 'Ob'eîd-khàn l'Ouzbeg assiégeait Behram- Mirza dans la ville de Hérât, et il partit pour le Khoraçân (879).
1) Ce prince fat le fondateur de Yempire du Grand-Mogdl (Eist. universéUe), T. XYin, p. 497—499; Deguigaes, Hist. génér. des Huns^ T. IV, Uv. XX. p. 97.
rome 77. Aiuiée 939. (A. D. 1532-33.)
Au commencement de cette année, le sulthân Souleïmân-khân alla camper sous le murs du château fort de Koceg {Koszeg S^yf ou Ouns) (880). Les armées victorieuses en remplirent le fossé de fascines (de bois w^) , et les habitants du château , ayant demandé Vamân (grâce pour la vie) remirent la place aux commissaires du sulthân. Dans la même année, les châteaux de Kapolna, de Babocsa (lisez A»yL), de Bélowar, de Berzencze, d'Egerszeg (je lis JCi/'l), d'Ikèrwâr (lisez Egérwâr\ de Bilichekerd (:>^3^yiL ou ^^u L Biléchîr, peut-être Szalaber?)y de Nichartcar (peut-être Tûskevar)^ de Sikios et de Kapornak, firent leur soumission au sulthân (881). Après avoir pillé et saccagé la Germanie (45^ il^A^ en russe urbMeuKCui aeMAs) et la Croatie. Il fit incendier les villes et les bourgades de ce pays, d'où l'on amena un nombre infini de jeunes esclaves (captifs) des deux sexes, dont la taille et la physionomie ne le cédaient pas à celles des Péris. Une grande quantité de richesses, de trésors, d'effets et d'objets enfouis, une multitude innombrable de bestiaux et de troupeaux tombèrent entre les mains des armées formidables du sulthân (882). Au moment de son retour, il arriva des ambassadeurs du roi {qrâl) des Allemands et des Germains, qui s'engagèrent à payer pendant trois ans le tribut et la capitation. Leur demande fut agréée (883). Le vézîr A'hmed- Pacha, qui avait fait une campagne navale avec quatre-vingts galères et navires, fit la conquête du château fort de Coron situé en Morée, que les Francs avaient assiégé à bord de leurs vaisseaux : il revint content et satisfait de cette expédition (884).
Le mardi, quatre du mois de chabân de la dite année (2 mars 1533), Q'amiche-aug'lân l'Ouzbeg envahit, avec la rapidité de la flèche (?) (885), la province de Reï, ot il pilla et ravagea Vordou (campement) de Mouhammed-khân Dzoulq'adr-auglon, qui était JL, (gouverneur ou prince) d'Asterabâd, et qui, dans
ce moment -là, était campé dans les prairies du Bjokhour j^ de SaouJûiboulâg (froide fontaine) (886): ce qui força Mou- 'hammed-khân à enfourcber précipitamment un cheval sans selle, et à se sauver, à moitié mort, de ce mauvais pas (de ce combat
Le chah Thahmasp conféra, dans la même année, à son frère Elqâs Mirza la province (nâlèt) du Chirwân, et lui donna pour^^^^J^» gouverneur (ou mentor. Ma) Bedr-khàn l'Ustâdjlou. Le muhurdâr (garde des sceaux) Mah'moûd-big le Dzoulq'adre tomba de cheval en s'exerçant à renverser la citrouille jLî qui servait de but, sur la place de Tèbrîz nommée Meidân-i'Szâ'hib'àbâd (hippodrome du quartier de Szahib-abâd). Il se cassa le cou, et le poste de garde des sceaux fut conféré à Châh-q'oûly Khalifah le Dzoulq'adre. Le chah confia la province de Tèbrîz et la garde de l'Adzèrbaïdjân aux soins et à la sollicitude de Mouça Soulthân MaQszullu: il partit à la hâte pour le Khoraçân, afin d'en expulser les Ouzbegs. Ceux-ci se retirèrent dans le Ma-wèran-fiahr, et le chah passa l'hiver à Hérât. Au printemps de la même année, il séjourna près de quarante jours dans les pâturages (olang) de Kuhdestân (887), jusqu'à ce qu'une nuit le monarque animé d'une foi sincère vit en songe sa sainteté le prince des croyants 'Aly, fils d'Abou-Thâleb (que Dieu lui soit propice!). Celui-ci lui dit: «Ne passe pas de l'autre côté du fleuve, car tes afiaires sont de ce côté-ci. Fais pénitence de tes péchés, et respecte (ménage) le TuvkomsLn' Haqqwerdy (Dieu donné), qui est un des descendants ^i^\ du cheikh Djouneïd». Lorsque le chah se réveilla, il se rendit au tombeau resplendissant et purifié de l'imâm Riza (à qui nous adressons nos salutations et nos voeux), et il eut l'honneur de visiter la tombe révérée de ce saint personnage. Il abjura toutes les actions illicites oLfJU et s'appliqua avec tant de zèle à défendre (interdire) les plaisirs et les jeux prohibés par la loi divine ^^^ o^l^? Qii'il ordonna à Khaudjah Châh-q'ouly, vézîr desQ'oroudjis, qui était un des serviteurs émérites ^jljf jJu) de cette cour, ainsi qu'à Ma'hmoûd-big, aga de ce seuil vénéré
(888), d'attacher un flacon de vin au coa du Tnrkoman Ânooka- Âuglou et de le pendre ensuite au gibet ^). Il confia VSàlel de Héràt à son frère Sâm-Mirza, et lui donna pour gouverneur (Uda) Agzy^wâr Soulthân, fils de Démiry Soulthân le Châmiou. Il en- 'jJ|*^^^Meva à 'Hamzah-Soulthân le gouvernement de Chirâz et le remit à G'azy-khân, frère de Soulthân Khalil, le Dzou Iq adre.
Année 940. (A. D. 1533-34.)
Chèref-khân, prince de Bidlis, fut tué dans le courant de cette année, et Oulamah le Tekkélu en annonça la nouvelle à Constan* tinople. Le sulthân Souleïmân - khân cédant aux sollicitations d'Oulamah, nomma serdâr le grand-vézîr Ibrahim -Pacha, et lui donna l'ordre d'aller conquérir rAdzèrbaïdjàn. Ibrahim -Pacha vint jusqu'à 'Haleb, où il prit ses quartiers d'hiver (889).
Dans la même année, le chah Thahmasp se trouvait encore à Mèchehed à la tombe sanctifié de l'imam 'Aly Riza, lorsqu'il reçut la nouvelle de l'exécution de Chèref-khân et de l'arrivée d'Oulamah avec Ibrahim-Pacha, dans l'Adzèrbaïdjân. Il s'empressa, en conséquence, de se rendre à la hâte dans l'Ir&q' et l'Adzèrbaïdjân.
Année 941. (A. D. 1534-35.)
Le sulthân Souleïmân sortit, cette année, de Constan tinople pour aller au secours du vézîr Ibrahim -Pacha, qui lui avait adressé Tune sur l'autre plusieurs dépèches, par lesquelles il lui annonçait, que le chah Thahmasp était revenu du Ehoraçân et qu'il marchait sur l'Adzèrbaïdjân. Le 29 du premier mois de rèbi de la même année (le 9 octobre 1534), c'est-à-dire cent vingt jours après son départ, ce monarque arriva effectivement au campement d'été d'Afidjân dans l'Adzèrbaïdjân. Le vézîr Ibra-
1) Malcolm, dans son Histoire de Perse, T. Il, p. 283, dit à ce sajet: «A l'ftge de vingt -neuf ans Tamasp fit une pénitence publique, et ordonna de détruire tous les cabarets».
him-Pacha eut rhonnenr de baiser le tapis de sa Hautesse avec les grands dignitaires de l'empire et les officiers supérieurs (les notables O^')» ^^ compagnie, surtout, du sulthân MouzafEèr, prince du Guilàn Biah (ou FUih) pès, qui, à cette époque, se trouvait, avec 5000 hommes de cavalerie et d'infanterie, à Tèbrtz où il fit sa jonction avec le cortège (la garde t^y) du sulthân (890).
Le chah Thahmasp plaça à la tète de son avant-garde ^^Ujl« Mou hammed-Q'ouly-Châmlou le khalifah, devenu célèbre sous le nom d'Aug'làn Ehalifèh (891) et Mèntécha Soulthân l'Ustftdjlou, qu'il fit partir pour l'Adzèrbaïdjàn. Il arriva lui-même, dans l'espace de vingt-un jours après eux, au Gueuh-Oaumbed (à la coupole azurée) de Reï (892), où il fit une halte de quelques jours ^Tiof* à cause de l'extrême fatigue des chevaux de relais «jU^l CJ^. Il fit ensuite partir pour l'Adzèrbaïdjàn, à l'avant-garde de l'armée, Elq'às-Mirza (893), Behrâm-Mirza, 'Houceln-khân-Châmlou (894), G'âzy-khàn le Tekkélu, émir Soulthân et Souleïmân Soulthân Roumlou ainsi que Mélik-big de Ehoï. Il se mit personnellement en marche immédiatement après eux ^Uul ^Ul«, laissa ses gros bagages j^^l à Q'azwîn, et choisit pour son campement (J>*) Q'ara-agâdj (l'ormeau) d'Abhèr-lez-Q'azwîn (895). Il y reçut des chefs de ses avant-postes la nouvelle que le belliqueux sulthân était arrivé à Tèbriz après Ibrahim -Pacha. Le chah Thahmasp partit aussitôt pour Soulthânyïéh. Il n'y avait alors, à la suite ^j^^ du chah, pas plus de sept mille Q'izilbâches. On fit le dénombrement des chevaux de bataille .{^jj^ d'action), et il s'en trouva dans le camp (l'ordou) du chah trois mille assez forts et robustes pour le service de la cavalerie. Le sulthân Soulèïmân-khân G'âzy partit de Tèbriz pour Soulthânieh. Pendant qu'il était en route au moment oii le soleil venait de passer dans le signe du Scorpion ^), le froid devint très-intense, et il tomba une
1) Le signe da jSîeorptdn k^jSaii SxopicCoç, Scorpias, se compose, d'après
Qaxwlny, de 21 étoiles parfaites et de trois imparfaites (Dorn, loe. patsm cU,, p. 19, J^ 28).
si grande quantité de neige, qu'il périt une multitude de chevaux, de chameaux et de serviteurs par suite de Tabondance des neiges,
de l'intensité du froid, du manque de vivres et de provisions oî^S), de la rigueur des frimas et de Fhiver, de la grande quantité de fange et de boue. Il en résulta quelque découragement dans les rangs de l'armée du sulthân, qui partit pour Bag'dâd en prenant le chemin de Derdjézin (Dèrguézin) et de Hamadan (896). Mou- 'hammed-Soulthân (897) Dzou Iq'adreaug'lou, gouverneur de Thârèm et de Khalkhâl (898), qui venait de faire défection au chah Thahmasp de concert avec Q'aïa-Soulthàn leDzoulqadre, 'Houceïn-Soulthàn le Tekkélu, fils de Bouroun - Soulthân (899), et àpeu près trois milles Q'izilbftches, avaient eu l'honneur de baiser le tapis impérial aux environs de Soulthâniéh. Ils furent chargés, conjointement avec Oulamah et le mir-i-mirân de Diârbekr, de la garde, de la défense, du maintien et de la conservation de l'Âd- ^M!*zèrbaïdjân. Le sulthân se rendit lui-même à Bagdad. Mouhammed*khân Chèref-uddin-aug'lou (fils de Chèref-uddin) évacua cette ville par ordre du chah Thahmasp, s'embarqua avec sa femme, sa famille et ses subordonnés , et se dirigea vers Chouchetèr (ou Tostèr dans le Khouzistan). Le sulthân Souleïmânkhân occupa la métropole du Salut (Bag dâd) sans coup férir, et les notables de cette ville, étant venus lui faire leur soumission, eurent l'honneur de baiser le seuil de sa Hautesse (900). Après l'arrivée du cortège impérial à Bagdad, les commandants des garnisons ^lk«st«M« des châteaux forts de Ghehrehbân ^L o^, de Harounïah, de RcUouq ^y]j (lisez Daqouq jyl^) (901), de Kerkouk et de 'Hillah vinrent en apporter les clefs à la cour du sulthân (902). Le premier jour de l'entrée du sulthân Grâzy, de ce monarque (khaqân) à qui le ciel même était soumis, dans la ville de Bag dâd. métropole du Salut, il eut l'honneur de visiter le tombeau du vénérable Jiji^o imâm Abou-'Hanifah de Eoufa, le coryphée des nations (musulmanes), que Dieu lui fasse miséricorde! n alla ensuite faire le tour de la tombe illuminée (903):
(Vers.) de Mouça Eâzime, de ce gage de la Divinité «Ul' ***» qui était la crème de la famille de MousztJiafa (l'élu de Dieu), de la qMàh vers laquelle se dirigent les voeux des sectateurs de Mourtéza (^Aly), de ce saint personnage qui se plaisait à ranger les perles extraites de la mer de l'amour (divin).
Il eut l'honneur de visiter le tombeau révéré, distribua des aumônes ainsi que les sommes par lui promises oljjji, à ceux qui en étaient dignes, et prit ses quartiers d'hiver dans cette ville.
Dans cet intervalle, le chah Thahmasp, saisissant cette occasion comme une bonne fortune, et perdant entièrement de vue son ennemi étranger (extérieur), fit mettre à mort'Houceïn-khân, contre lequel il avait gardé de la rancune au fond du coeur cl^b ^LU q/A»S jj\ df, et vint subitement attaquer Oulamah à Tèbrîz. Pendant cette marche précipitée jUlI ^jU*) j^, Gâzykhân le Tekkélu, redoutant le courroux du chah Thahmasp, déserta le cortège L^y* rûyal et alla rejoindre Oulabmah à Tèbrîz. Il lui donna avis de l'arrivée du chah Thahmasp ; et Oulamah, à cette nouvelle, évacua, sur le champ et malgré lui, le château de ChènHhi-g aaûn (904), qui venait d'être restauré, et se dirigea ^^K* vers celui de Vân, où il se retrancha. Au bout de vingt jours, le chah Thahmasp quitta Tèbriz pour se rendre à Vân, où il assiégea Oulamah. Ce siège se prolongea jusqu'à la fin de l'hiver, et le château était réduit à une telle détresse qu'il était sur le point d'être conquis, lorsqu'on reçut tout-à-coup, du côté de l'Iraq' et du Farse, la nouvelle que Sâm-Mirza s'était révolté et avait fait sa soumission au sulthàn G'âzy (antagoniste des infidèles), qui l'avait nommé son fils, et lui avait accordé le royaume d'Iran (905).
Les graves événements ay^nt jeté le trouble et le désordre dans les diverses peuplades q'izilbâches, le chah Thahmasp se vit forcé de lever le siège du château fort de Vân et de se diriger vers l'Iraq'. A la fin de cette année le belliqueux sulthàn quitta ses quartiers d'hiver de Bag'dâd et se mit en marche
pour gagner l'Adzèrbaldjân. Suj* ces entrefaites 6 âzy-khftn le Tekkéln eut l'honneur de baiser le seuil du sultbân (906). Le Loristân^ le Ouelhoristân (pays des Guelbors) et celui des Arabes Mocha^cha\ Ljezireh et Wâcith se soumirent, à leur tour, au sultbân. La kbouthbeh et la monnaie y furent ornés des titres glorieux de ce monarque. Le prince des Sohrâns fut supplicié en route, parce qu'il s'était toujours montré dévoué au parti des Q'izilbâcbes (907). De là le sultbân se dirigea vers Tèbriz par le cbemin à^ AjUoun-keupry (du pont d'or).
Année 042. (A. D. 1535-36.)
Au commencement du mois de mou barrèm de la dite année (le 2 juillet 1535) le sultbân Soulelmân-kbân Crâzy fit son entrée dans la capitale de Tèbriz, et reçut du cbâb Tbabmasp un ambassadeur cbargê de lui demander la paix. Le sultbân rejeta cette proposition, et se mit en marcbe vers Ardjîcbe et Akblâtb (908). Lorsque le cbâb Tbabmasp apprit que le belliqueux sultbân était parti de Tèbriz pour se rendre dans le Boum (l'Asie mineure), il vint lui-même à Maraud et à Eboï (909). De là il ^^^Jf» envoya Mèntècba Soultbân et Émîr-big Roumlou (910), Cbâhq'ouly, khàlîfah (ou substitut) du Muhurdâr (garde des sceaux), Boudaq'-kbân le Q'adjâr (911), Szadr-uddin-kbân Ustâdjlou et le majordome {sufré-djy , en russe cmoAhHUfo) Mou bammed^Émîrbig le Turkoman, sous le commandement en cbef de Bebrâm- Mirza, à la poursuite du sultbân. Il se rendit lui-même dans la vallée dite Qaranqou (ou Qaranm) dèreh (val sombre), pour s'y livrer au plaisir de la pêcbe (912). Il apprit, le même jour, qn'Oulamab se trouvait à Vân: il se vit donc forcé de marcber, en toute bâte, contre lui. Il se sentit cependant un peu de fièvre Ojtf» (cbaleur) et fit une balte de peu de durée aux environs de la cellule (cénobie ^\j) du moUa 'Houceîn, soit pour faire cesser cette fièvre, soit par prudence et par précaution. On dé-
tacha Q'alapa-big le Q'âdjâr et Chir-Haçane-Imoûr (913), avec trente valeureux cavaliers, pour prendre langue.
On apprit par leur entremise , qu'Oulamah avait abandonné Vàn et s'était enfui. Le lendemain, le chah se mit en marche et vint camper sous les murs de Yân. On reçut, au même instant, la nouvelle, que les émirs (chefs) qui avaient pris les devants avec Behràm-Mirza, avaient rencontré 'Hadjy-big le Boumbély^ qui marchait à la suite (à l'arrière-garde) de Tarmée du sulthân, lui avaient tué deux cent cinquante hommes, et qu'il avait eu luimême mille peines à sauver son âme de ce goufre avide de sang. L'héroïque sulthân envoya sur le champ à Ardjiche le grand-vé^ zir Ibrahim-pacha, avec à peu près trente mille hommes de cavalerie, pour repousser Behrâm-Mirza. Le pacha s'en revint sans coup férir. Le sulthân fit alors partir avec Oulamah Mou- 'hammed-pacha, mir-i-mirân (gouverneur général) de Diâr-bekr, et leur donna l'ordre de défendre et de garder le château fort de Yân. Le chah Thamasp, instruit de leur arrivée, partit à la hâte de Yân pour Eiwâche et Akhtamâr, afin de les repousser. Oula* mah, en ayant eu connaissance, s'enfuit avec Mou hammed-pacha du côté de la vallée de Eiçân ^L^J^oj^ (91^)- Les qoraudjis (gardes du corps) turkomans, qui composaient la grand' garde âljj de l'armée du chah, savoir: *Otzmân-châh q'ouly, le centenier, Q'ara-Ismaïl et Koeur-Cheh-Suwâr (le valeureux champion borgne) les atteignirent à la montée o^^ de Eiwâche , qui, à dater de ce jour, devint célèbre sous le nom de ^ochoûn-qi- '**î^'' rân (qui éreinte l'armée) (915), leur tuèrent un grand nombre de valeureux guerriers et leur firent beaucoup de prisonniers. Oulamah et Mou hammed -pacha, ayant leurs brides rompues et leurs étriers brisés, rejoignirent l'ordou du sulthân au village de Tatewân-lez-Bitlis. Us arrivèrent au moment où la garde impériale oLi»^lj v^ venait de quitter Akhlâth et se rendait dans le Diârbekr par le chemin de Mouche. Le belliqueux sulthân ayant repris la principauté de Bidlîs à l'émîr Ghèms-uddin, qui en était investi, lui donna en échange celle de Malathia et de
Mèrache, et conféra le gouvernement et l'administration de Bidlis à Oulamah: il se mit ensuite en route du Diàrbekr. pour re-
gagner sa capitale de Constantinople, et y passa Thiver (916).
Le chah Thahmasp, ayant conquis le district Idi d'Ardjtcbe et de Yân, confia le commandement du château fort de Vân à A'hmed-khàn Ustftdjlou Szoûfy-aug lou (le fils du Szoùfy). Il fit supplicier Âlwènd-khàn TÂfcbàr, tvàly de KouhikUouteh^ qui avait donné des preuves de son esprit de rébellion et de révolte. Après avoir conféré son territoire et ses troupes ùy^ ^ Mou bammedbig, fils de Haçane-sultb&ni petit-fils o^l j Jîj^ de Manszoûr l'Âfcbâr, il lui donna le titre de Gbabroukb-kbàn, et revint à Tèbrtz, où il prit ses quartiers d'biver.
Q'azy-Djébân le 'Houceïny de Qfazwln, qui avait été, pendant plusieurs années, prisonnier dans le Guilàn de Recbte, revint à la cour du cbàb, qui le distingua et l'bonora de ses faveurs royales. Le poste éminent de vézir du divan royal lui fut conféré.
Soultbàn Mouzaffer, 9(^/^ (prince) du Guilân BiSh-pès, généralement connu sous le nom à^ÊmireJi Dibâdj (917), redoutant le courroux vengeur du cbâb, s'étant enfui dans le Cbirwàn, y fut fait prisonnier et amené à Tèbriz. On le laissa, par ordre du ^^^'* cbâb, dans une cage en bois, que Ton suspendit au minaret de la mosquée catbédrale dite Mouiaffènyeh^ et Ton y mit le feu avec de la napbte.
Dans le courant du mois de ramazàn de la même année (mars 1536), le démon de la vanité s'empara du cerveau du grand-vézir Ibrabim-Pacba, qui, dans la campagne de Perse, avait reçu le titre de Soutthûn IbraMm-Pacha. La présomption lui suggéra diverses fantaisies U^IJ (918), entre autres celle de prier le victorieux sultbàn de placer son nom à la suite de celui de l'empereur sur la monnaie et dans la kboutbbeb. On l'observa, une nuit, dans l'intérieur du palais (sérail) impérial de Soulelm&n, où il avait coutume de passer des nuits entières à boire du vin avec le sultbàn, et on le vit se reposant dans la robe de cbambre particulière du monarque. Le sultbàn étant entré, à l'improviste,
dans son cabinet avec le bonstândjy-bàchy, le fit mettre à mort. On fit disparaître son corps dans le jardin, sans que personne en eût la moindre connaissance.
Année 043. (A. D. 1536-37,)
Cette année le snlthân Soulelmàn-khàn Cfâzy^ ayant résolu de châtier et de punir les Albanais {Arnaud) , fit dresser, hors des mnrs de sa capitale de Constantinople , sa tente qui se perdait dans les nues et son pavillon qui atteignait la voûte céleste: il marcha ensuite sur le pays de Vidona {Aulon) (919). Il envoya le vézir Louthfy«Pacha avec Khalr-u ddin-pacha (Barbe rousse), faire la conquête de quelques-unes des îles qui appartenaient au roi d'Espagne (Charles-Quint).
Dans la même année, le chah Thahmasp se rendit d'Âfldjàn, ' situé dans l'Adzèrbsadjàn , à Q'azwîn avec le projet de faire la campagne du Ehoraçân. La disgrâce et le courroux (du souverain) qu'avait encourus le maulla Roukn-u ddîn, médecin de Eazroun, firent fleurir et prospérer les seïds A^Vskouv (?) (920). Le poste de szadr fut confié à l'émir Chèms-uddin Açad-allah de Chouchetèr: Mirek Chéref-uddin Eermâny, qui avait longtemps occupé le poste de mounchy du chah ^U ^\JiSi\ j\> «^^^iaU vint à mourir, et sa place fut accordée à Monhammed-big, frère ^^^f* de l'émir Zakaria, le vézir.
Dans la même année Soulthân 'Haçane, tvàly du Guilân BUSh (ou IWiy pès^ vint également à mourir, et la souveraineté du Guilân fut conférée à Behrâm-Mirza (frère du chah). Ce prince passa l'hiver à Q'azwin, et partit, à la fin de Tannée, pour le Guilân (921). Khân A'hmed, fils de Soulthân 'Haçane, qui était encore en bas âge, fut enlevé par Q'ara Mou'hammed Mir 'Abbâs et Sèr-Âfrâz Soulthân lAcheteh-nicMyi ^ devenu célèbre sous le nom de ' Houbkèh-hènd (ceinture de caleçons) (922), et transporté dans les montagnes i^Achgwèrj^l, qui sont tellement élevées qu'il n'y a, dans tout le Guilân, aucun lieu qui soit d'un accès
pins difficile: lorsqu'ils y forent paryenus, ils retirèrent leur tète da licol de l'obéissance dae an chah; mais tons les antres no* tables du Guilân vinrent faire leur soumission, et Behrâm-mirza se fixa, pour quelques jours, à Labidjân, où il donna ses soins à l'administration du pays.
Année 044. (A. D. 1537*38.)
Le sulthân Soulelmân-khân revint, cette année, à Constantinople après avoir pillé et ravagé l'Albanie (Nouvelle Épire). Le vézir Loutbfy-Pacha conquit près de trente (923) châteaux forts, qui appartenaient au roi d'Espagne; et voyant l'impossibilité de garder et de conserver ces places fortes, il revint sain et sauf et chargé de butin, après les avoir rasées (924).
Dans la même année, le chah Thahmasp partit pour Thehrân, avec le dessein de marcher sur le Ehoraçàn. Il fit arrêter Mîr Q'awwftm-u ddîn Noùrbakhchy, et le fit mettre à mort conformément au droit coutumier ijje^i il revint de là à Qfazwîn, et se rendit à Tèbriz au coeur de l'hiver. Le khaudjah EélAn-Mélikzftdeh de Khauf, qui avait été comblé de bienfaits par le ehàh, et qui, entraîné par le vent de l'orgueil et de la vanité , avait pris le chemin de la sédition et de la révolte, chercha à se fortifier dans le château du village d'Oustâd dépendant du pays de Bâkherze. Ce château est situé sur une montagne, qui a deux à trois mille gulhi de hauteur, et il n'est accessible que par un che- ^p^f'min destiné aux piétons. Les voyageurs qui ont parcouru le monde, soit par terre, soit par mer , ne font mention d'aucune place forte, qui soit aussi inexpugnable. Lorsque le padichâh eut appris son insurrection, il y envoya le maître canonnier Ghelhhy pour le ramener à l'ordre piu: ses bons conseils ; mais le rebelle terrassa maître Gheikhy , d'un coup de fièche, dans la poussière du néant. Les émirs (chefs) du Ehoraçàn reçurent, en conséquence, l'ordre de l'assiéger; et ce siège dura dix mois. Un Eoorde de la peuplade aâ^II Tchèguèny parvint enfin à escalader le châ*
teaa, du côté da levant, et hissa la troupe, à l'aide de cordes, au sommet des remparts. Celle-ci poussa tout-à-coup le cri de guerre sourune {chargezl oj>Ji»f ùjy^\ et une foule de serviteurs du khaudjab Eélàn, qui gardaient la porte du château, prirent aussitôt la faite. Ehaudjah Eélàn, lui-même, fut fait prisonnier, garroté et amené à Tèbrîz, à la cour du chah. Il fut ensuite, en vertu des ordres de ce monarque, pendu par un pied au minaret (à la tour) dit Nasisrléh^ dans le quartier de Tèbriz nommé Szû- 'hib-abâd; et il y resta suspendu jusqu'à ce qu'il rendit l'âme à l'ange chargé de les saisir.
Les habitants du Guilân se révoltèrent contre Behrâm-mirza, de concert avec Q'ara Mouhammed et ses frères; et ils résolurent d'assiéger le mirza à Lahidjân. Il quitta cette ville et se rendit dans le Deïlémân: il n'y resta pas davantage, et revint à Q'azwin.
Sur ces entrefaites 'Obeïd-khân l'Ouzbeg arriva dans le Ehoraçân, tua Szoufïân-Ehalifeh le Roûmlou, wâly de Hérât, dans le château de 'Abdcml-abâd de Nichabour, et mit le siège devant la ville de Hérât. Cette nouvelle parvint aux oreilles du chah, et il partit aussitôt pour le Ehoraçân, avec la résolution de lui livrer bataille. Dès que les drapeaux du chah arrivèrent à Dâmég'àn, 'Obeïd-allah-khân leva le siège, et s'en retourna dans le Ma-wèrdnnahr (925). Le gouvernement (yilàlèt) du Ehoraçân fut alors enlevé oj^jt^ à Sâm-mirza, et conféré par le chah à son propre fils Soulthân-Monhammed Mirza: le poste de gouverneur iJMa) de ce prince fut confié à Mou hammed-khân Chèref-uddîn-aug'lu; les drapeaux du chah allèrent passer l'hiver de la même année '^JI: du côté de Niça et d'Abiwerde, où les troupes souffrirent beaucoup du froid. Il réunit à ses états le Q'andahar ainsi que le pays (la vallée) de Dâwèr, dont il confia le gouvernement iyilâlH) à Boudàq'-khân le Q'adjâr; et il s'en retourna à marches forcées (en poste ^^^ ^/) dans l'Iraq' (926).
Année 945. (A. D. 1538-39.)
Le sultbân Soaleïmân-kbân se mit en marche cette amiée, pour réprimer Tinsurrection et la révolte du qràl (roi?) de Moldavie, qui s'était ligué avec les rois de France .y^fl et d'Allemagne (François 1 " et Charles-Quint), p uissent-ils être en proie au courroux divin et aux feux éternels! et qui, dans l'intention de braver le pays des musulmans, avait refusé de payer le tribut. Le sultbân s'empara du château fort de Suczawa^ qui dépendait de la Moldavie. Le q'râl, n'étant pas en état de résister, évacua son pays, et prit la fuite. Les habitants de cette contrée vinrent faire leur soumission , élurent un nouveau prince ^^j^j et s'engagèrent à envoyer, chaque année, au trésor impérial une somme de quatre-vingt mille piastres ^^, à titre de tribut et de capitation (kharûdj). Le sulthân conquérant du monde , s'en retourna heureusement à Constantinople (927).
Dans la même année, le chah Thahmasp chargea Elq'âs-mirza d'aller réprimer la rébellion de Ghâh-rokh, fils de Ferroukh-Iessâr, wâily du Chirwân. Le rebelle se retrancha dans le château de Bigourde^ qui est un des plus forts du Chirwan. Le chah Thahmasp suivit de près Elq'âs-mirza dans cette province, et se rendit maître, par capitulation, du château de Big'ourde, où les Q'izilbâches firent passer, sans pitié, au fil de l'épée, près de six cents assiégés. Le chah Thahmasp, voulant venger le meurtre de son aïeul Soulthân 'Haïdèr, tua lui-même plusieurs notables du Chirwân (928). Il remit cette province (ce domaine cl^f) à Elq'âs-mirza, et reprit le chemin de Tèbrîz, oii il passa l'hiver. ^si!' Dans la même année, Mou hammed Szâlf h, petit-fils du khaudjah Mouzaffèr le BitUctchy ^j^ (secrétaire, et non ^jr^)^ ayant osé prendre, à Âsterabâd, le chemin de l'insurrection contre Szadr-uddin-khân, tvâly de cette province, le chassa d'Asterâbad. Szadr-u ddîn-khân vint fondre sur lui à l'improviste, le fit prisonnier, et l'envoya à la cour du chah. Il fut précipité, par
ordre de ce monarque, du haut du minaret (de la tour) dit Naszfîéhj à Tèbriz : la lignée du BiHktchy s'éteignit en sa personne.
Année 946. (A. D. 1539-40.)
Le sulthân Souleïmàn-kbân fit partir, cette année, le vézir Souleïmân-Pacha, par la mer de ' Oman (la mer Ronge), dans l'intention de faire la conquête de THindoustân (929).
Khaïr-u ddin-Pacba (Barbarossa) rencontra en mer un capitaine {qapoudân) franc (ou de Florence) nommé Andréa Doria, et ils se livrèrent une grande bataille (930). Andréa Doria, s'étant rendu maître du cbâteau fort de Tinelt (o^i ?) , y avait laissé une garnison infidèle chargée de le défendre. Ebaïr-u ddin-Pacha alla, derecbef, attaquer cette place, et la prit d'assaut. Après avoir massacré les infidèles qui s'y trouvaient, il en confia la défense à une garnison musulmane.
Le souverain Ouzbeg 'Obeïd-kbân mourut, cette année, à Boukbara. 'Abd-allah<kbàn, fils de Kouichowndjy {m) kbàn (931), fils d'Aboul-kbaïr-kbân, devint, après lui, souverain indépendant du Ma-wèrdnnahr et du Turkistân. En apprenant la nouvelle du décès de 'Obeîd-kbân, le cbâb Tbahmasp en conçut tant de joie et d'allégresse, qu'il fit distribuer à ceux qui en étaient dignes lès aumônes et les offrandes promises par un voeu oI^jJj. Il éclata, dans la même année, à Tèbriz, une peste à laquelle succombèrent de nombreuses victimes.
Année 947. (A. D. 1540-41.)
Le sultbân Souleïmân-kbân Crâzy sortit, cette année, de Con- ^^^'jgl^; stantinople pour aller combattre le roi (qrât) d'Allemagne nommé . Femandus {Fèrandouché), qui était entré en campagne avec le dessein de soumettre la Hongrie, et qui avait assiégé le château fort de Bude. Il a été dit précédemment, qu'à l'époque de la prise de cette ville, le gouvernement de ce pays avait été confié au Mn (pan) de Transylvanie (Ârdel). Après la mort de ce
prince, le salthàn conféra la souveraineté ^^Iji^ de ce lien au ban Estéphân (Stephanas, Etienne). Le roi Ferdinand marcha contre ce bân; mais le (troisième) vézîr Mon'hammed-pacha alla, avec le corps d'armée de Roumilie (932), au secours du bân Estépbàn (Etienne), avant Parrivée de la garde {t^y^ cortège) du sulthân.
Dans la même année G'âzy-khân le Tekkélu fit défection à la cour du belliqueux sulthân , et vint au campement d'été (iaUâq) de Sourlig', baiser le tapis du chah, à la tète d'à peu près six mille hommes de cavalerie. Une partie de la province du Chirvân, savoir Saliân, Mahmoûd-abàd et Bakou, lui fut gracieusement accordée: «12/ C«^^ j^. Le chah Thahmasp alla, en personne, attaquer inopinément la Géorgie, pilla et dévasta le territoire çKJ) de Tiflîs, qui était alors au pouvoir du prince géorgien Louarasb (ou Lohorasb). Il en ramena un grand nombre de prisonniers avec un riche butin, et vint passer l'hiver à Tèbriz (933).
Année 048. (A. D. 1541-42.)
Le vézîr Mou hammed-pacha, qui était allé porter des secours à Bude (934) avant la venue du cortège (de la garde v^) du sulthân, étant arrivé, cette année, sous le murs de cette ville, le qral (roi) Femandus (Ferdinand) en avait abandonné le siège, et avait désigné, pour combattre l'ennemi, un emplacement autour duquel on avait creusé des fossés, dont on avait fortifié les bords en y rangeant des barricades de chariots et de bois Ue^ avec des canons et des pièces de gros calibre CjJi^^ de manière à en faire une solide forteresse. Il se prépara au combat dans l'intérieur de ce fort, et fit ses dispositions pour résister à l'ennemi. C'est ce que l'on appelle isthàbor (lisez tJunborj en russe ma/6cph\ dans l'idiome de cette nation. Mou hammed-pacha engagea la lutte et le combat avec les vils infidèles. Le roi Ferdinand fut mis en déroute , et sortit de son thAor (ou camp re-
tranché). Une multitude considérable de soldats infidèles furent ^m' livrés en proie au cimeterre des victorieux guerriers musulmans. La conquête du château fort de Pest ^S^ eut lieu dans la même
année (935); et sa Hautesse le sulthân revint dans sa capitale.
Dans la dite année. Mou hammed-khân, wâHy de Ghèky, vint avec Elq âs-mirza au campement d'été {iaUâq) de Sèhènd faire sa cour au chah : il furent honorés Tun et l'autre d'un accueil fa- , vorable de la part de ce monarque, qui leur donna la permission de s'en retourner. Le chah alla prendre ses quartiers d'hiver à Tèbriz.
'Abd-allâh-khân, fils de Kouktchoundjy (sic) khân, qui était monté sur le trône du Marwèrdnnakr (de la Transoxane) après le décès de ' Obdd-IcMn y mourut cette année. 'Abd-urazîz-khân, fils de ce dernier, y arbora le drapeau du sulthanat (936).
Année 940. (A. D. 1542-48.)
Le sulthân Soulelmân-khân Cfûey passa tranquillement le printemps et l'hiver (lisez : l'hiver et le printemps) de cette année dans sa résidence impériale de Constantinople, où il consacra ses précieux instants à la gaîté, au plaisir et à la joie.
Dans la même année, il arriva à la cour du chah Thahmasp une ambassade de la part des sulthâns ouzbegs, savoir: Djan-i- Tchehreh Bahadour, envoyé par Eustèn-qara (?) (ou l> jS Kinqara) (937) Soulthân, fils de Djâny-big-khân , prince de Balkh, et Ehoda-birdy Bahadour, délégué de 'Abd-ur-Azîz-khân, fils de 'Obèld-khân, prince de Boukhara. Le chah Thahmasp les fit accompagner par le mihmândar (introducteur des ambassadeurs) *Hadjy-aga, et<^s congédia, contents et satisfaits (938). Les drapeaux de Thahmasp se dirigèrent (939), en automne, vers le Khouzistân, où il soumit à l'autorité de ses commissaires (fonctionnaires ^I^LT) les villes de Dizphoul, et de Chouchetèr, ainsi que toute la province ... Il revint dans l'Iraq , après avoir
confié à Aboul-fat'h-bîg Àfcbâr le gouvernement de Dizphoûl et de Cbouchctèr, et passa Tbiver à Q'om.
Année 050. (A. D. 1548-44.)
Cette année le belliqueux sultbân Souleïmân se ceignit la taille 2bmj i/, flu ceinturon du zèle et de la résolution dans l'intention de se
rendre maître de l'Autricbe et d'en expulser le roi {qrai) de cette contrée (940). Il fit dresser, hors de Constantinople, sa tente qui se perdait dans les nues, et qui levait sa cime altière jusqu'à la constellation de la voûte céleste, de manière à lui donner la solidite des tours inexpugnables (941).
(Vers.) Lorsque le monarque fit dresser sa tente hors de la ville, le globe de la lune lui tint lieu de coupole (942).
Les châteaux forts de Walpo o^l^ (943) et de Siklos ^ji^^Ui {Ghiqlaouché}^ ces forteresses renommées, auxquelles se rattachait, en réalité, l'honneur du pays des infidèles, furent les premiers conquis. Les châteaux forts de Gran (Strigonium), de Wissegrad ^î>4,, de Sazwâr (IjjL, probablement, jljjL, ou Sassin^ Schlosâberg), de Fttnfkircheu {Petchewy ^ ^e), de Tata (ou Dotis) et de Stubl-Weissenbourg (Albe-Royale), dont le dernier est un des édifices les plus anciens et rappelait le souvenir du pa-
lais de Cheddâd et des solides tours juim ^j^> de Âd, furent également soumis. On plaça dans les châteaux forts de ce pays une multitude d'émtrs (commandants) et de janissaires chargés de les garder: les églises et les temples d'idoles (?) y furent convertis, conformément aux lois orales ^^, du meilleur des mortels, en mosquées et en mèdrècès destinées à la communauté des musulmans (944).
(Vers.) Grâce à son glaive (victorieux), la mosquée, le mt lirai} (vt/^, autel) et le minibèr (la chaire) remplacent, dans la patrie des infidèles , la croix et les églises. Là où l'on entendait auparavant les cris et les clameurs des polythéistes , retentit aujourd'hui le cri et la proclamation à\4llah*èlcbèr (Dieu est trèsgrand).
Cette même année, le chah Thahmasp quitta sa résidence royale de Q'om pour aller prendre ses quartiers d'été dans la place frontière (jiie-f-> peut-être j^^) de Hamadàn. Aux environs de Nèhawènd, son auguste tempérament se dérangea, et il fut atteint d'une maladie accidentelle. D'habiles médecins et des
docteurs érudits ^j^ ^UXl lui ordonnèrent la diète et les potions qui lui convenaient, et l'on vit reparaître, au bout de quelques jours, les symptômes de la convalescence. Les chefs (émirs) et les notables q izilbâches, qui avaient été plongés dans un abîme de soucis et d'alarmes, rendirent des actions de grâces à Dieu pour ce bienfait, et distribuèrent aux nécessiteux les aumônes et les offrandes qu'ils avaient promises par un voeu solennel (945). 'Abd-allah-khân l'Ustàdjlou, wâly de Hamadltn, et Châh-Aly- Soulthân, ayant reçu l'ordre de faire une invasion dans le pays et sur le territoire occupés par les ouloûs et les tribus nomades des Ouelhors^ pillèrent et dévastèrent cette contrée , d'où ils re- ^^'; vinrent sains et saufs et chargés de butin. Gr âzy-khân le Tekkélu, qui avait plusieurs fois, donné des preuves de son esprit de révolte et de sa perfidie jU;, fut, conformément au firman du chah, mis à mort par Elqâs-mirza dans le Ghirwân, conjointement avec ses frères (947). Le chah alla passer l'hiver àQ'azwîn.
Année 951. (A. D. 1544-45.)
Le monarque (padkhah) de l'empire, othoman (du Itoûm)^ le Salomon (Souléman) de ces parages, passa cette année à Gonstantinople, et y consacra tous ses instants à l'exercice du pouvoir absolu ^j^^ et à l'administration de ses états. Il en fut de même du chah de Perse, qui quitta Q'azwîn pour se rendre dans ses quartiers d'été de l'Adzèrbaldjàn. Dans cet intervalle, Mirza Houmaïoun, fils de Mirza Bâbèr, fils de Mirza 'Omarcheïkh, fils de Mirza (A'hmed), fils de Mirza Emirftn-chàh, fils de l'émir Timoùr Gourékân, (947), découragé par la révolte de ses émirs et des grands dignitaires de son empire, principalement
par les hostilités de son frère Mirza Kâmrân (948) et de Chirkbàn, wâlif (souverain afgàn) de THindonstân, et^e sentant hors d'état de leor résister, aima mieux faire l'abandon ^/ks Jj de ses provinces de l'Hindoustàh, et partit pour l'Iraq' et l'Adzèrhaïdjân, afin d'y avoir une entrevue avec le chah Thabmasp. Il rejoignit ce souverain dans les prairies j^ d'Abhèr, et lui offirit des présents et des raretés oliyuJJ vraiment dignes d'un monarque (khosroès). Il lui présenta, entre autres, un diamant d'une telle grosseur qu'il pesait guatre mitBqâls et quatre cUmegs (949). L'oeil du monde n'en avait jamais vu de pareil dans le cours des siècles et des âges, et son oreille n'en avait jamais entendu citer de semblable. Le chah s'appliqua, de son côté, à choyer et à honorer son illustre hôte, en lui donnant, dans sa résidence d'été de Sourlig, des banquets et des fêtes vraiment royales. Il commanda en outre des traques ou battues générales, dT^ ij^J^i et, par un hasard des plus extraordinaires, une flèche lancée durant cette chasse, blessa mortellement Aboul-qftcime Ehalfa le Q'adjâr. Le chah Thahmasp avait cependant conçu, pendant quel- ^/pf'que temps, des projets hostiles contre Mirza Houmaïoun; mais il finit par renoncer à leur exécution, grâce aux généreux efforts de sa soeur 8ùuMhânoume\ et il revint à des sentiments tellement affectueux, qu'il fit accompagner Mirza Houmaïoun par un coq)s d'à peu près six mille Q'izilbàches commandé par Bo\idâq -khan le Q'adjâr, et l'envoya dans l'Hindoustân. Mirza Houmaïoun battit Chîr-khàn, et reconquit l'empire de cette contrée. Il céda au chah Thahmasp la province de Q'andahâr en retour des secours que ce monarque lui avait fournis. Cette province, qui rapporte annuellement la somme de quarante mille toum&ns, est restée, depuis cette époque jusqu'à nos jours , soumise à la domination ^Xkpadichàh qizUbache (950).
Année 952. (A. D. 1645-46.)
Le sulthân Soulelmàn-khân, monarque du BoAm et conque-
rant da monde, passa cette année an sein du repos et de la tran* qaillité dans les villes d'Ândrinople et de Constantinople , en se livrant an plaisir de la chasse, sans qu'aucun événement fâcheux vint inquiéter l'esprit de cet auguste souverain.
Le chah Thahmasp, de son côté, partit pour l'Iraq' , à cause de la peste qui régnait à Tèbriz, et s'avança jusqu'à 'Aly-hoU" Ugy (la fontaine de 'Aly) sur les limites du Ehoraçân. Il revint de là à Q'azwîn, où il passa l'hiver et apprit la révolte d'Elqâs- Mirza, qui s'était laissé égarer par les perfides suggestions de quelques turbulents Q'izilbâches et habitants du Chirwân (951).
Année 053. (A. D. 1646-47.)
Au commencement de cette année, le prince impérial Chah-
eâdéh Soulthân Mouhammed-khân, fils du sulthân Soulelmânkhan, expira à Magniça (Magnésie), et son corps fut transféré à
Constantinople, où l'on bâtit, sur sa tombç, une magnifique mosquée, qui fut complètement achevée (952). Le mîr4-mirân de Bag'dàd conquit les villes de Baszrah (Bassora), de Djéwâzir et de Wâcith (953), qui furent incorporées aux états du sulthân. On envoya de la sublime Porte le bèglèrbéguy et les commandants (émîrs) chargés de la garde de ces localités.
Le chah Thahmasp quitta sa résidence d'hiver de Q'aiwîn, et J^y^f' se rendit dans l'Adzèrbaïdjân. Lorsqu'il fut arrivé dans son campement d'été {iallûq) A'Aûdjânj la princesse Khâfirhiguy-khânume, mère d'Elq'âs-mîrza, y eut l'honneur d'être admise au baise-main, avec son fils Soulthân Ahmed, à l'effet d'appaiser la révolte d'Elq âs-mirza. Le chah passa le trait de plume du pardon sur les fautes de ce prince. On fit partir pour le Chirwân, conjointement avec sa mère, plusieurs notables et émirs g'izilbâches, tels que Sîdy-big Kèmouneh, Bedr-khân l'Ustâdjlou, chah 'Aly, le kMî' fah (ou adjoint) du muhurdâr (garde des sceaux), Dzou 1-qadre, le qoroudôy'hâchy (chef des gardes du corps), Sounedouk- (ou Sevineduk) big l'Âfchâr, le Szèfide Ma'szoùm-big et Mirza Ibrahim
le ^âiy'Ozkèr (juge de l'armée), à qai il fut recommandé de chercher à gagner l'esprit d'Elqâs-mirza, de lui déférer le serment de ne plus agir, à l'avenir, d'une manière contraire au bon plaisir du chah et de ne jamais plus s'écarter du chemin de la soumission et de l'obéissance. Le chah partit, en personne, pour la guerre sainte djt de Géorgie, et Elq'às-mirza reçut, de son côté, l'ordre de marcher contre les Tcherkès, en passant par Derhènd (la porte Caspienne) du Chirwân. Le chah Thahmasp entra en Géorgie en passant par le canton de Ghouraguil JCr^ et de Pmbek AMi (et non vîLu PéniJc) ^). Il employa la plus grande partie de l'hiver à soumettre ce pays et à. en expulser les perfides infidèles. H retourna de là dans le Q'arabâg d'Ârrân (des Eouiens jl^l), eflTectua, le onze du mois de dzyl'hiddjeh (3 février 1547), le passage du Eour au gué dit Qmûn-eulumy (mort du mouton), et entra dans le Chirwân, d'où il se rendit à 'Aly-tchoupûn (Alj le berger) (954).
N. B. L'année 954 (A. D. 1547-48) est passé sous silence dans tous les exemplaires du Chèref-nâmeh (955).
Année 955. (A. D. 1548-49.)
Le sulthân Soulelmàn-khân Cféby partit, cette année, de sa résidence impériale de Gonstantinople pour l'Âdzèrbaïdjân. n cédait aux sollicitations d'Elq às-mirza, qui répétait, sans cesse, à sa Hautesse: «Dès que l'héroïque sulthân tournera la bride du départ vers l'Iran, tous les notables q izilbâches feront volte-face à mon frère Thahmasp, et se joindront à l'auguste cortège ^y^ ùyi^ du sulthân».
' 1) Ce nom est écrit EoMÔaicu (Bambaki) sur la carte dressée en 1819 parle général-miÙOf Ehatof sous le titre suivant: Feu^paAMCM Kapma aeMMb jneoiedy ^ep- HUM^ u Sacn%u$1cuM^ MopsMu Acotcanuxt, ch osnaneHieMi noeoû tpcmut^ Poeeiu c* HtpcieWf ou carte générale des terres situées entre les mers Noire et Caspienne, avec indication de la nonvelle frontière de la Russie et de la Perse.
Celui-ci arriva à la capitale de Tèbrîz; et il ne vint pas nn^^^ seul individu ^:>> qizilbâche au devant du cortège impérial. Les serviteurs mêmes d*Elq'âs, qui étaient venus avec lui (,l L) du Ghirwân jusqu'en Turquie (Boûm), lui firent défection, et allèrent rejoindre le chah Thahmasp. Cette circonstance décida le sultfaân à faire une halte de quatre jours dans la ville de Tèbriz pour s'y délasser et s'y reposer, sans qu'aucun de ses soldats se permit de ravir, de vive force, un seul brin de paille à qui que . ce fût d'entre les rata ou les habitants de la ville de Tèbrîz et des environs. Les marchands forains et ceux du pays ouvraient, chaque jour, suivant leur coutume et leur habitude, les portes de leurs boutiques, et s'y livraient tranquillement à leur commerce (956).* L'armée victorieuse de l'héroïque sulthân revint alors à Vân, et cerna ce château aussi élevé que Saturne, qu'elle écrasa à coups de canons, de catapultes et de balistes. Chah ' Aly-Soulthân le 'Houcelny, qui était dans l'intérieur de la place, demanda la vie sauve, et s'engagea, sous cette condition, à livrer le château aux. commissaires du sulthân. Il rendit la citadelle, comme il l'avait demandé o^lj^l c-^i***» (peut-être à discrétion), et les châteaux forts de Vân, de Vousthân, d'Ardjiche et de 'Adildjuwâz tombèrent au pouvoir des amis çUJ de la dynastie victorieuse de'Otzman. Lorsque l'esprit éclairé du sulthân n'eut plus à s'occuper des moyens d'assurer la garde et la défense du château de Vân, il se dirigea vers 'Haleb pour y prendre ses quartiers d'hiver. 11 se rendit, en conséquence, par Bènd4-mâhy (la digue aux poissons ou la pêcherie) à Ardjiche et à Ehonos. Le chah Thahmasp resta à Pâcln et à Avnig. Des espions vinrent lui faire le rapport suivant : «Le sulthân en veut à ta personne et vient attaquer à la hâte jUL) j; ^W.» H prit aussitôt la fuite, et se retira du côté d'Ârzèndjân (957). On vint également rapporter au sulthân, que le chah Thahmasp lui avait intercepté le passage avec l'intention de faire éprouver des pertes sérieuses à l'armée de l'islamisme. Le sulthân, renonçant aussitôt à son projet de suivre ^^^* ce chemin, se rendit d'Ardjiche (958) à Mouche, d'où il marcha
sur Bidlîs. H ne franchit qn'avec la plus grande difficulté le pas de Bidlîs (959), et se dirigea vers le Diârbekr, d'où Ton se rendit à'Haleb (960). Après avoir pris des renseignements positifs au siget des rapports qui lui avaient été faits, le chah Thabmasp suivit de près le sulthân à Bidlîs, incendia Mouche ainsi que le canton de Khoïte; et les troupes qizilbâches s'étlànt avancées jusqu'au OueuJc^méidân de Bidlîs, y exercèrent de grands ravages (961). Elles marchèrent de là sur le château de Van, qu'elles assiégèrent. Le glorieux sulthân Souleïmân envoya Elqâsmirza du côté de Bag'dâd et de Ghehrizoûl dans l'intention d'envahir et de dévaster l'Iraq (962), et lui assigna des quartiers d'hiver dans cette province.
Au printemps de la même année, le belliqueux sulthân quitta ses quartiers d'hiver de 'Haleb, et vint dans le Diârbekr avec le projet d'y livrer bataille au chah Thahmasp. Il se dirigea vers le campement d'été (iailâq) A^AlmaloUy et y fit une halte de quelques jours. Dans cet intervalle il parvint aux oreilles du chah qu'Elq'âs-mirza était venu de Bag'dâd dars l'Iraq', qu'il avait pillé et ravagé Vordou (lé camp) de son frère Behrâm-mirza et de Tchérâg -Sulthân rUstâdjlou à Hamadàu, qu'il avait fait prisonniers la famille J Le et les enfants de ces derniers , que de là il avait marché sur Q'om, Kachân et Iszphahân; entin que les notables et les habitants de la province d'Iraq' étaient venus au devant de lui pour lui faire leur soumission (963). En apprenant cette nouvelle, le chah envoya, en qualité d'éclaireurs jj^/L^ ^Ui*, du côté de l'Iraq, plusieurs émîrs, qu'il plaça sous les ordres ol^ de Behrâm-mirza. Il leva lui-même le siège de Vàn, et partit pour le Q'arabâg avec l'intention d'y passer l'hiver. Il revint ensuite des bords du Kour, et se dirigea vers Q'azwîn, en prenant le chemin d'Àrdèbîl et de Khalkhâl. Il fit partir, avant l'arrivée de la garde royale (du cortège du chah ^Li ^^ •), des émîrs et des notables (officiers supérieurs ôUcI), pour veiller à la garde de l'ordou, des femmes et des familles jLc, Jp\ qizilbâches qui s'étaient dispersées dans la province d'Iraq*. Lors-
qu'Elq'âs-mirza apprit à Iszphahân la marche du chah, il partit ^/e>?' aussitôt pour le Khouzistân , et s'empara du château fort A^IezdikMsz ^jç\^ :>jj (964), dont.il fit massacrer tous les habitants: il gagna ensuite Choùchetèr et Dizphoul, et assiégea le château fort de Choùchetèr. Il eut beau redoubler de zèle et d'activité pour s*en rendre maître: tous ses efforts furent inutiles. Grâce au généreux dévouement des fils ^Vj) de l'émir Chèms-uddîn Eced'ollah (le lion de Dieu), savoir: l'émîr .Zeïn-u ddîn seïd'Aly et Wèdjih-uddîn 'Abd-ul Wehhâb, auxquels les habitants du pays avaient recours comme à leur principal appui, et qui, semblables à des fèdâîSy faisaient des sorties dans toutes les locaMtés et les places fortes attaquées par les guerriers du Roûm et parvenaient à repousser leurs assauts, l'ardeur guerrière du prince Elqâs-mirza resta sans effet, et il partit pour Dîzphoû! tout déconcerté et désespéré: il n'y obtint pas plus de succès qu'ailleurs, et se rendit à Bag dad, en prenant le chemin du château fort de Bènât.
Année 956. (A. D. 1549-50.)
Au commencement de cette année, Souleïmân gâzy (965) nomma sèrdâr son grand- vézîr Ahmed-pacha et l'envoya du campement d'été (iaUâq) d'Almalou du côté de la Géorgie, pour s'y opposer à la marche du chah Thahmasp. Quoique les deux ar* mées ne fussent plus séparées l'une de l'autre que par une distance approximative d'une étape (station), il n'eut pas le courage de livrer bataille à l'ennemi, s'empara de quelques châteaux forts de la province de Ghomhad^ et revint au camp victorieux du sulthân, qui s'en retourna, au bout de quelques jours, dans sa résidence impériale (966).
Après avoir passé l'hiver à Q'azwîn, le chah Thahmasp se dirigea vers son campement d'été de Kharqân. On lui annonça, dans cette résidence, qu'Elqâs-mirza, s^étant permis quelques procédés inconvenants J%^ b /^U^l, qu'il serait trop long de ra-
conter, avait enconra la disgrâce du snltbàn, et que Roustèm- Pacha, qui était vézir à cette époque, était devenu son antagoniste et son ennemi juré. Cette circonstance avait décidé Eiq asmirza à venir à Ghebrizoûl, où il témoigna le désir de se récon- ^^; ciller avec son frère. Le chah Thahmasp, ravi et enchanté d'apprendre cette nouvelle, partit en toute hâte (en poste ^^O py^J pour le Eourdistân, et expédia Mîr- abd-urazim, moutéivelly (administrateur ou intendant des legs pieux) du tombeau (du seuil
ajUlI) de Pimâm Riza, avec la mission de tâcher d'attirer et de gagner Elq'âs-mirza. Celui-ci était indécis sur la réponse à faire au chah et à Mîr 'Abd-urazim, lorsque l'armée du Roûm f otbomane) vint subitement le surprendre, pilla et ravagea son ordou (campement); et le mirza se retira, avec un petit nombre des siens, dans les montagnes ieSourkhéff>'big^ prince d'Àrdélân(967). Le chah Thahmasp envoya le qoroudjy-bâchy (chef des gardes du corps) Soundot^' ou Sévineduk-hig ^ avec un détachement de qoroudjis, assiéger la place; et ils firent au chah un rapport trèsexact sur ce qui s'était passé. Le chah Thahmasp chargea alors Mîr Nimèt-allah Tzâny (second) d'aller exhorter Elq as -mirza (968); et cet émissaire ramena, par de feintes caresses et des paroles conciliantes, le prince du sang à la cour du chah avec vingtune personnes de sa suite. Au bout de deux jours on l'arrêta, et on l'envoya au château de ^ahqahah (du ricanement), où il fut emprisonné, et resta incarcéré jusqu'à la fin de ses jours. Afin de ne pas violer la promesse qui lui avait été faite àf ^y S^ ^^J^ J^ ^jôw, on le fit mourir en le précipitant du haut des remparts.
Le quinze du mois de ramazân de la même année (le 7 octobre 1549), Behrâm-mirza, frère cadet du chah Thahmasp, mourut de sa mort naturelle. Il laissa en mourant trois fils en bas âge nommés 'Houceïn- mirza, Ibrahîm-mirza et Rèdî-u zzémânmirza.
Il reparut, vers la fin de cette année, un des descendants des
sultbâns du Chirwân nommé Boarhân, qui se rendit maître de la plupart des états «illUo du Chirwân. Le chah Thahmasp remit le gouvernement de cette province à'Abd-allah-khân l'Ustâdjlou, et l'y envoya pour en expulser le prétendant. Lorsqu'il eut passé le Kour, Bourhân, par un hasard des plus extraordinaires, succomba à une maladie naturelle. Les habitants du Chirwân mirent à sa place un personnage nommé Mikrâb. 'Abd-allah-khân vint l'attaquer à l'improviste, et Mihrâb, hors d'état de lui résister, prit la fuite. La province de Chirwân retomba sous^Joi!' la domination des Q'izilbâches.
. Année 957. (A. D. 1550.)
Le sulthân Souleïmân-khân fonda, cette année, à Constantin ople une magnifique mosquée cathédrale, dont la construction fut achevée dans l'espace de huit ans, et qui reçut le nom de Soideîmâméh. C'est réellement la seconde après celle des Omaîa' déSj et la troisième après la mosquée de Sainte Sophie (969).
Dans la même année, le chah Thahmasp quitta Q'azwin pour prendre ses quartiers d'été à Soulthânïeh d'où il se mit en marche vers l'Adzèrbaïdjân. Il envoya son ordou et ses gros bagages dans l'Iraq , et alla passer Fhiver dans le Q'arabâg' d'Ârrân.
Année 958. (A. D, 1551.)
Souleïmân gâzy (le vaillant champion de l'islamisme) nomma serdâr, dans le courant de cette année, le grand-vézîr (970) A'hmed-Pacba, et lui donna l'ordre d'aller s'emparer du château fort de Tèmeswâr, avec une armée innombrable, des janissaires, des troupes de la Porte (qapou-lchàlqy) et le mir-i-mirân de Roumilie. Ce château était une forteresse siiuée dans le voisinage et à proximité du territoire bien gardé de l'islamisme. Elle était occupée par un infidèle nommé Losonczy df L^ (971), et le disputait, pour la force et la solidité, à la citadelle céleste-
pour l'élévation et la hauteur, elle était de niveau avec le manoir (dii la tour) de Saturne. Losonczy, qui en était le gouvemenr, se plaisait à infester continuellement les pays musulmans et à causer du dommage à leurs habitants. Â^hmed-Pacha s'empressa de marcher, à la hâte, contre ce château, et l'assiégea. Les clameurs des troupes pareilles à une mer orageuse, le bruit et les détonations du canon et de la mousqueterie semblables au roulement du tonnerre, forent «considérés par les assiégés comme un avantcoureur (pronostic) du jour de la résurrection. Les nombreux combats et les fréquentes attaques des assiégeants amoncelèrent sur la tète des polythéistes une nuée de désastres et un déluge de calamités (le déluge ou le typhon du destin LôS Cj^yl>). Le château fort de Tèmeswâr avec la forteresse de Szolnok (972) et neuf autres places fortes, qui en étaient les dépendances et les annexes, furent conquis par le valeureux vézîr et incorporés aux états du sulthân. Après avoir désigné le mir-i-mirân j les sanpTJw!' djaq -béguis et les qâzis qui devaient être chargés de la défense et de la garde (de l'administration) de ce pays, il s'en retourna dans la capitale de l'empire.
Dans la même année, le chah Thahmasp ayant, en plusieurs circonstances, remarqué des indices d'insubordination et de rébellion dans la conduite de Derwiche Mou hammed-khân, tvâly (prince régnant) de Chèky (973), fit marcher des troupes contre lui, et s'empara, de vive force, du château de Chèky. Derviche Mou- 'hammed-khan prit la fuite à l'aide d'un travestissement. Il tomba entre les mains de Koeuceh (l'imberbe) (973 ') Ptr *Aly, jeune sef'f oJi^ attaché à la personne >}^ de Tchérèndâb-Soulthân le Châmlou, qui le fit mourir sans le reconnaître.
Dans la même année, le chah démit Châh-qouly Soulthân le Châmlou du gouvernement de la tombe sanctifiée (de l'imam ^Aly- Riza, ou de la ville sainte de Mèchehed) et lui conféra celui du Ljoqor'Sdd. On accorda le gouvernement de Mèchehed à ' Aly- Soulthân le Dzoulqadre Tâty-auglu (974).
Vers la fin de la même année, il arriva par la voie de 'Hor-
muz (l'île à^OrmtLS^ ancienne Organa ou OgyriSy pais Gerun)^)y nn ambassadeur du roi d'Espagne (Cbarles-Quint), qui vint faire sa cour au chah.
Il arriva ensuite à la cour du chah Thahmasp un personnag^ nommé Q'ouly Mouhammed Bahadour (975), un des serviteurs (officiers) de Dln-Mou hammed-kliân (976) l'Ouzbeg, wâly (prince régnant) du Ehaurizme.
A son arrivée à Sebzewâr, il apprit la nouvelle de la mort de Din-Mou hammed. Il laissa là le q'âzy 'Atha-Uah, frère du qâzy Mouhammed-Wéramîny (976 ') (ou ^jjlj de JScî), qu'on avait chargé de l'accompagner, et partit, pendant la nuit, comme un fuyard, pour la ville de Merw.
La peste éclata, cette année, à Vordou q'izilbâche: le chah Thahmasp dispersa (licencia?) son armée, et alla passer l'hiver au Q'arabâg d'Arrân.
Année 959, (A, D. 1552,)
Le sulthân Souleïmân-khân gâzy fit ériger, dans la ville sacrée de Jérusalem, sur la roche bénie (la Szakhra)] une magnifique coupole (gounibed) exposée au midi (aLj i^l^e JjL tournée du côté de la ^iblaJi), dont il fit garnir l'intérieur et l'extérieur de briques peintes {^j^ ^^^^ porcelaine de Kâchân). Il fit ensuite construire à Damas ^U SjJL, sur l'emplacement du GueuJcmddân généralement connu sous le nom de Çfaszr-ablaq (palais 2bmi /v bigarré) une haute et magnifique mosquée cathédrale, ainsi qu une vaste et solide cénobie aj^I j, qui furent achevées en peu de temps. E y fit préparer, matin et soir, une nourriture abondante pour les voyageurs.
1) L'Ile d'OrfRf/9, située à trois lieues de la côte, que les anciens nommaient Ogyria ou Organa, est appelée Tyriia dans Strabon. Elle portait le nom de Gérun, lorsque les habitants de^Hormuz, ville du continent, vinrent y chercher un a8y>. contre les Mongols. Les Portugais s'en rendirent maîtres en 1508, et les Persans la leur enlevèrent en 1622 (sur Vhiato'îre des rois de Hormûz ou OrMûs^ voyez VHist. universelle, T. XVIII, pag. 299—820, cf. Géogr. anc, et hibtoriqne, T. 1, pag 169—170).
Dans le courant du mois de ramazàn de la dite année (octobre 1552), lé chah Tbahmasp se mit en marche pour aller faire la conquête du pays de Yân, et fit le siège du château fort d'Akhlâth. Lorsque les mineurs eurent envahi, de tous côtés, les alentours de ce château construit sur la cime d'un rocher de pierre tendre, et commencèrent à le miner, les assiégés demandèrent qu'on leur fit grâce de la vie, et leur demande fut agréée. Ils évacuèrent la place le même jour, et le chah les fit accompagner (escorter) par quelqu'un, qui les conduisit sains et saufs du côté de Bidlîs. Il fit ensuite démolir le château de Yân, et se dirigea vers celui d'Ardjiche, qu'il donna l'ordre d'assiéger. Les Q*izilbâches l'investirent de toutes parts, et s'empressèrent de faire tout leur possible pour s'en rendre maîtres (977). Lorsque le siège eut duré quatre mois , il survint un hiver des plus rigoureux, et il tomba des pluies torrentielles. Le chah Thahmasp resta ferme et inébranlable sous sa tente et son pavillon royal, au milieu de la neige et de la pluie, prenant à tâche de resserrer, de jour en jour, le blocus (le siège) de la place. H se trouvait, par hasard, dans les murs du château, quelques individus appartenant aux peuplades BokUy^ tels que Mîr Ibrahim Gourguïlly (de Gourguil) (978) et un petit nombre d'autres. La population JRoâmy (turke) qui faisait partie des habitants du fort consentait à livrer la place, mais la peuplade Bokhty s'y refusait et rejetait cette proposition. La population Roûmy finit par se soumettre clandestinement, et hissa, à l'aide de cordes, une partie des Q'izilbâches au sommet des murs de la citadelle. Ceuxci chassèrent alors la population Bokhty, à coups de flèches et de mousquets, dans un des coins du château, et le livrèrent aux serviteurs {Cj^j% courtisans) du chah. Thahmasp fit prisonniers ceux d'entre les assiégés Bokhty qui avaient échappé au glaive, ^"^oe' et leur fit arracher la peau du crâne (les fit scalper). Bèdi u zzèmân-Mirza, fils de 'Aly-big le Turkoman JDjélèblu (?) (979), qui était fils de l'oncle maternel d'Elqâs-mirza, et le mir-i-liva (commandant du sandjaq) d'Ardjiche fut tué.
Année 960. (A. D. 1553.)
Le 8ulthàû Soalcïmân Grâzy quitta, au commencement de cette année, sa résidence de Constantinople avec le dessein de faire la conquête de lïrân (980). Lorsqu'il eut fait dresser ses tentes et ses glorieux pavillons près de la bourgade à'^ErîcUy (Ârchelaïs), son fils aîné, le prince impérial Mouszthafa arriva d'Amâcia, avec un nombreux corps d'armée pour baiser le tapis de son auguste père. Le grand-vézîr Roustèm-Pacha , redoutant le caractère violent Cj^ de ce jeune prince fit rédiger, par l'entremise du prince jTU'Hakkâry-Seld Mouhammed, une fausse
dépèche, qu'il prétendit avoir été dictée par le chah Thahmasp, et que ce vézir mit sous les yeux du sulthân. Le contenu de cette dépèche bouleversa tellement l'esprit de ce monarque, qu'il fit arrêter, le même jour, et étrangler le prince impérial. Un des beaux esprits de l'époque conçut, au sujet de cet événement, un chronogramme composé des deux mots J^j jCo Mehr-i-Roustèm
(artifice de Roustèm) (981). Le corps du défunt fut transféré et inhumé à Brouça. Le sulthân, de son côté, alla passer l'hiver à 'Haleb.
La même année, le prince impérial Djéhânguir y fut rappelé dans le sein de la miséricorde divine, et son corps fut transporté à Constantinople, où le sulthân fit ériger, sur sa tombe, une mosquée cathédrale bâtie sur une éminence, dont il acheva la construction (982). Au commencement du printemps, le sulthân quitta ses quartiers d'hiver de 'Haleb, et se mit en marche vers Nakhidjévân (983). Lorsque l'armée victorieuse eut dressé ses tentes sous le murs de cette ville, le chah (je lis oLi au lieu de olij), étant hors d'état de résister à son attaque, partit pour ses quartiers d'été de Nakhidjévân (?) (984). Le sulthân, dont l'esprit éclairé réfléchissait, comme un miroir, la pensée que le chah Thahmasp pourrait marcher sur le pays de Boûm (l'Asie mineure) et qu'il en résulterait de grands ravages pour les villes de ces
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parages se retira de Nakhîdjévân à l'approche de Phiver, et re- ^Tsoi: vint à Amâcïa, où il fixa sa résidence.
Année 961. (A. D. 1554.)
Le belliqueux sulthân fit exécuter, cette année, le grand-vézîr A'hmed-Pacha, et promut au poste éminent de grand- vézîr Roustèm-pacha, qui était son gendre, et qu'il avait destitué lors de sa marche sur Nakhidjévân, à Poccasion de la mort tragique de Soulthân Mousztbafa. Le chah Thahmasp viut en automne, dans la ville de Tèbrîz, et (985) demanda en mariage, pour son fils Ismaïl-Mirza, la fille de ÇMh N^ imèt-allah-i Uâny (second), un des petits-fils ^Lî de Mît Ni' mèt-allah Q'ouhistâny, qui devait le jour à la soeur du chah Thahmasp. Il donna de grandes fêtes à 1-occasion de ces noces.
Année 962. (A. D. 1554-55.)
Mirza Houmaïoun, souverain de l'Inde, tomba, cette année, de la terrasse (^L du toit) du palais qu'il avait fait bâtir dans la ville de Dehly^ au moment où, appuyé sur sa canne, il contemplaitj à l'heure du coucher du soleil, le crépuscule du soir. Il remit son âme au créateur de l'univers; et son fils Djélâl-uddîn
Àkbèr prit à l'âge de (986) la place de son père sur le
trône du sulthanat. Il conquit progressivement la plupart des provinces de l'Hindoustân, et en prit possession. Au moment où nous traçons ces lignes, il y a déjà quarante-cinq ans que cet empereur aussi distingué par sa justice que par son mérite et son talent, donne ses soins à l'administration et au gouvernement des états de l'Hindoustân : la renommée de sa" justice , et la réputation de sa bienveillance se sont répandues jusqu'aux régions les plus lointaines du monde (987). Il était venu à l'esprit du fftible auteur de cet imparfait ouvrage d'y retraccer les événements les plus importants du règne de ce souverain plein de justice; mais, comme l'empire indien ne fait point partie de l'Iran ni du
Tourân, il y a renoncé de peur d'être trop prolixe et d'abnser de la patience des lecteurs ^U) j\jét\ (988). Le maulla Q'âcime Q6hy ^l^a indiqué, dans les termes suivants ij\y^ C/?^' l'époque de la mort de Mirza Humaïoûn (989): '^ml
(Vers.) Le monarque oLi^lf du monde de l'existence, Humaïoûn, dont personne ne se souvient 'd'avoir entendu nommer l'égal, tomba subitement de la terrasse de son palais, et livra au vent sa vie précieuse. Pour en rappeler l'époque, 6âhy traça les mots: ^Ui) ^L jl ol^^Lf ù^^^' L'empereur Humaïoûn est tombé du toit (990).
Année 963. (A. D. 1555-56.)
Le sultbân Souleïmân-khân passa cette année dans sa résidence impériale de Constantinople , où il consacra ses précieux instants au plaisir et au repos.
Dans la même année, le chah Thahmasp accorda le gouvernement ^Sljb de Hérât à son second fils Isma'ïl -mirza, et l'envoya dans cette ville, où il le fit accompagner par 'Aly Soulthân Tekkélu. Il confia les fonctions de gouverneur (^^aJ^ lôià) de ce jeune prince aux soins et au zèle de Mou hammed-khàn Ghèref-uddîn-augly (991). 'Aly-Soulthân devait lui remettre Isma'ïl Mirza et ramener, à son retour, Soulthân Mou hammed-Mirza à la cour du chah. 'Aly-Soulthàn, se conformant au firman royal, amena effectivement Soulthân Mou hammed-Mirza à la cour du chah, qui se trouvait à sa résidence d'été de Dériawek-lez-Q'az- \?in. Au moment où *Aly-Soulthân faisait son entrée à Hérât en compagnie d'Isma'ïl-mirza, Tatâr Soulthân et 'Aly-big, fils de Mou hammed-khân , ainsi que plusieurs émir-zâdés (fils d'émîr) Tekkélu, principalement Chèref-u ddîn-big fils d'Oweïs-Soulthân, neveu du khân Mou hammed, se permirent, d'un commun accord, d'affronter et de braver Mou hammed-khân, gouverneur d'Isma'ïlmirza: ils avaient même résolu d'attenter à sa vie. Aussitôt après le départ «^ j^ de ' Aly-Soulthân, Mou hammed-khân fit parve-
nir au pied du trône du chah un rapport circonstancié sur l'indigne conduite de ces conjurés. Lorsque "Aly-Soulthàn eut l'honneur de baiser le tapis du ch&h, il encourut la colère du monarque dans les prairies ^ de Saoukh-boulag (froide-fontaine), par suite du rapport de Mou bammed-khân, et fut mis à mort devant la salle du divan, sous les coups de pied des fils de Kelbâd le Géorgien (?).
^09*' ^^^^ ^^ même année le chah Thahmasp unit par les liens du mariage sa fille nommée Gaiihèr'Sotdthane Khânume avec Soulthân Ibrahim-mirza, fils de son frère Behrâm-mirza : il confia à ce neveu le gouvernement de Mèchehed-lez Thoûz ^^^i j^i^, et le fit partir pour le Khoraçân. Vers la fin de la même année, tous les émirs, les notables et les q^oroudjis (gardes du corps) abjurèrent, conformément à un firmân du chah, toute action réprouvée par la loi divine et tout plaisir illicite, et ils en firent une pénitence publique (992). Un des beaux esprits de Tépoque dit au sujet de cette pénitence (999):
(Vers.) Thahmasp, ce juste monarque, qui est le maître absolu (sulthàn) du domaine de la religion, a fait prêter serment et ordonné une pénitence publique à la nation et à Tannée J^ oL«^ de la foi. Le chronogramme de cette pénitence est désigné
par les mots: U^ kjy (par une conversion sincère) c'est un mystère divin; ne le renie donc pas (994).
Année 964« (A. D. 1556-57.)
Le dominateur du monde, le monarque le plus redoutable de son siècle ^jLj o'-v**? le second Alexandre, c'est-à-dire le belliqueux sulthàn Souleîmân-khân passa cette année, comme la ptécédente, dans la ville bien gardée d'Audrinople, où il consacra l'été et l'hiver à la poursuite du gibier et au plaisir de la chasse.
Dans la même année, le chah Thahmasp, indigné de l'infâme conduite que tenait dans la ville de Hérât son fils Isma'll-Mîrza, le destitua du gouvernement de cette province, qu'il confia de
nouveau à Soulthàn Monbammed-Mirzay qui y fat envoyé. Ce prince se mit en route avec le q^oroudjy-bdchy Âfchàr- Soundouk (ou Sèwineduk) big, qui fut chargé de ramener Isma'ïl-mirza à la cour de son père. Lorsque la nouvelle du retour du qoroudjy-bàchy et du prince royal (mirza) parvint aux oreilles du chah, qui se trouvait à Sàwéh, il envoya à leur rencontre le chef du divan Ma'szoûm-big le Szèfide, fit enchaîner et emprisonner Ismà'll-mirza, et le fit transférer au château de Çfàhqahahy où il fut mis aux fers (995). Le chah Thahmasp, de son côté, se rendit immédiatement à son campement d'été de Sèhènd. Le q'àzy Mouhammed, fils du qâzy Mouçàfir (je lis >Lm au lieu de^s/oi' ûI^Lm), aux soins et au zèle duquel avaient été confiées, pendant quelques années, la garde, la défense, Tadministration et la conservation de l'AdzèrDaldjân et de la ville de Tèbrîz, et qui avait rempli cette tâche avec tant de sollicitude et de dévouement qu'il s'était attiré la jalousie de ses collègues et de ses égaux, finit par encourir la disgrâce et le courroux du monarque, de même que le favori ^j^] 'Halder-big, fils du maître canonnier Cheïkhy, par suite de la haine et * de l'envie que leur portaient quelques malveillants ^^ v'^^'- ^^^ furent arrêtés* après avoir subi des tortures et des avanies sans fin; après qu'on leur eut extorqué des sommes d'or considérables, ils furent enfermés au château i^Alamctdey où se termina leur carrière ù^^ j^yj^^ Mouhammed-khân Ghèref-uddin-auglu, gouverneur de Hérât, mourut vers la fin de la même année: le chah fixa, pendant l'hiver, sa résidence à Q'azwln, et le poste de S0adr fut confié à Taq'y-u ddin Mou hammed, fils de Mir Mou Izz-u ddin Iszphahâny.
Année 965. (A. D. 1557-58.)
Le sulthân Soulelmân-khân passa cette année, comme les précédentes, dans sa résidence impériale de Gonstantinople, au sein des plaisirs et du repos. Le chah Thahmasp nomma serdârs (généralissimes) de son armée Châh-q'ouly, khaltféh (adjoint ou subit 88
stitut) du muhurdâr (garde des sceaux) et Bedr-khàn rUst&djlon, . qu'il fit marcher, conjointement avec Ibrahtm-kbân Dzou Iqâdr, wéUy d'Astèrabàd, Roustèm-kh&n TÂfcbâr, gouvernenr du Koûhikilouîeh (ou Ko^-i-Mélwdh) (996), et avec les émirs de Tlrâq, à la tête d'environ quinze mille vaillants cavaliers, contre les peuplades turkomanes A'Iaqah (An littoral?) (997), contre les tribus nomades vassales oLLL»! dites Ouironlu et la peuplade Aughu^ qui faisaient, chaque année, de grands ravages dans les parages d'Âsterabâd, de Dâr-ul merze (du pays frontière?) et du Khoraçân (998). Elles se réfugièrent sur le territoire de 'Aly-Soulthân rOuzbeg, frère de Din-Mou hammed, qui était wûly (prince régnant) d'Ourguèndj, comme lieutenant de son frère ^j^^^ ^^^i (999). Le chah Thahmasp partit immédiatement après les émirs pour les quartiers d'été de KJiarqân (j^j^ (1000), afin de pouvoir les suivre dans le Khoraçân, dans le cas où ils auraient parfois besoin de secours et de troupes auxiliaires (v^^ fenforts) ^JMl 001 ). Par un effet du hasard, Obài ^U le Turkoman, dès qu'il eut appris l'arrivée des émirs et de leurs troupes aux environs d'Asterabâd, s'était enfui, avec la peuplade Aug'lou, sur le bord de la rivière d'O^roA; 4hI (?) (1002). Les émirs qizilbàches les poursuivirent; et à leur arrivée dans le désert d'Otrok, l'adjoint (ou khaltfeh) du muhurdâr (garde des sceaux) fut atteint de violentes coliques ^^, auxquelles 11 succomba par suite du manque d'eau et des chaleurs accablantes qui se faisaient sentir. On ne trouva plus de trace d'Obal le Turkoman, et Ton se mit à piller et à dévaster quelques ouloûs et tribus nomades turkomans. Le hasard voulut que 'Aly-Soulthàn TOuzbeg vint faire sa jonction avec les Turkomans sur le bord de la rivière d'Otrok, après avoir fait, avec à peu près trois mille cavaliers, \tù trajet de quarante journées de marche à partir d'Ourguèndj, à travers les stépes et les déserts ^). Les deux armées arrivèrent à une jour-
1) J'écris stépe aa lieu de steppe (avec deux p) qnî est l'orthographe française de ce mot, attendn qu'il dérive du russe cmenkf qui s'écrit avec un seul n.
née de .distance l'une' de Tautre (1003), Lorsque *Aly-Soulthân vit le grand nombre des troupes q^izilbâches, il choisit, pour y prendre positions d-i^C, un lieu fortifié (par la nature i»y^) au bord de la rivière, fit creuser un fossé autour de son camp (or- (2ott), qu'il adossa à la rivière et fortifia en rangeant ses chameaux au bord du fossé: là il se prépara au combat et se disposa à soutenir la lutte qui allait s'engager. Les émîrs q izilbâches, entraînés par leur extrême vanité et leur présomption, l'attaquèrent et lui livrèrent bataille. 'Aly-Soulthân, de son côté, monta en selle, et vint se ranger au bord du fossé avec d'habiles archers. Il envoya Obaï le Turkoman , avec mille cavaliers, sur les derrières de l'armée q'izilbâche, et vint lui-même l'assaillir de front. Après une lutte des plus acharnées et un combat des plus meurtriers, l'armée q'izilbâche fut taillée en pièces. Bedrkhàm(1004) l'Ustâdjlou, qui marchait à sa tète, tomba entre les mains de l'ennemi. Ibrahîm-khân, wâly d'Asterabâd, et ROustèmkhân l'Àfchâr, gouverneur du Koûh-i-kUomeh (ou Kîèlwéih) furent tués, ladikâr Mouhammedbig MaQszfillu, gouverneur de Sâweh, 'Haçane-Soulthân F^-auglu (l'Ustâdjlou), gouverneur de Deïnéwèr, 'Abbas-'Aly-Soulthân, fils de Tchérèndâb le Châm- ^i//: lou, Châh-q'ouly-Soulthân, fils de Kétchel (dn boiteux), Châhwerdy l'Ustâdjlou, furent faits prisonïiiers. Les autres guerriers furent submergés par la mer du néant en se noyant dans les flots de l'Otrok. Cette nouvelle désastreuse parvint aux oreilles du chah dans son campement d'été (aux alpes) de Eharqân: il en fut consterné, et nomma de nouveaux émirs à la place de ceux qu'il avait perdus. Il retourna ensuite à Q'azwîn , oii il prit ses quartiers d'hiver. Il y eut dans cette ville, au printemps de la même année, une grande inondation, qui y fit d'énormes ravages. Près de deux à trois mille maisons tombèrent en ruines, et il se perdit dans la vase et la bourbe une immense quantité de richesses, de provisions et d'effets mobiliers, que l'on retira de la fange au bout de quelque temps.
MC
Année 966. (A. D. 1558-59.)
Le belliqueux sulthàn Souleïmfin ordonna, cette année, quHl s'opérât un changement et une mutation dans la résidence respective des illustres princes du sang: de façon que le sulthàn Selîm fût envoyé à Amàcia, et que le sulthàn Balézid prît sa place à Q'onieh (Iconicum). Ce dernier ayant l'esprit prompt et un ca* ractère très-résolu ^li j^^ Jic il-âi, attribua ce décret aux conseils et aux combinaisons ^j^j^ du grand-vézir Roustèm-pacha: «Il a épousé la soeur germaine ^Lc' du sultliàn Sélîm-khàn, se dit-il : il veut, par conséquent, rapprocher mon frère de la capitale de l'empire, et il me relègue, moi, qui suis le fils aine, dans uu lieu plus éloigné, afin qu'au moment du décès de mon père, le sulthàn Sélim soit plus rapproché, et monte sur le trône du sultbanattf (1005); mais il perdait (entièrement) de vue la teneur du vers suivant (1006):
(Vers.) Tout ce que ton coeur souhaite ne s'accomplit pas toujours : tout ce que Dieu a résolu se réalise.
Son jugement borné et le démon de l'orgueil (l'ambition) le poussèrent à rassembler sous son drapeau une multitude de libertins et de gens sans aveu , à la tète desquels il marcha sur ^•«^"^j^'Q'onieh contre son frère. Malgré ses valeureux efforts, il n'obtint aucun succès, et s'en retourna à Angouna. Lorsque le zélé et belliqueux sulthàn apprit ce qui venait de se passer, il envoya au secours du sulthàn Sélim-khàn un nombreux corps d'armée composé de troupes de là porte ^ji^ ^, de janissaires et des mîr-i'fnirûns (gouverneurs généraux militaires) d'Anatolie, de Q'aramàn, de Marache, de Siwàs (Sébaste) et du Diàrbekr.
Dès que Soulthàn Balézid fut instruit du courroux et de l'indignation de son père, de l'esprit hostile ^^ des officiers supérieurs (ê;^^ notables) et des troupes, il partit pour Ârzeroùm. Il eut beau recourir aux excuses et envoyer quelqu'un à la cour de son père pour implorer son pardon, ses excuses ne furent pas
i^éées. Désespérant de Taffection et de la clémence de son affectionné père, il se rendit précipitamment et en tonte hâte à Ârzeroûm, où il arriva dans l'espace de denx ou de trois jours. Alàz-pacha, MîT-i-mirân de cette ville, l'accueillit avec respect, et lui dit: «H faut que tu restes ici pendant quelques jours, afin de me donner le temps d'exposer les faits avec la plus grande franchise au pied du trône sublime du sulthàn et d'implorer le pardon de tes fautes». Il chercha à le consoler par ses sages exhortations et ses bons conseils, sans se conformer au texte du vers suivant (1007):
(Vers.) Quelle que soit la porte, dont tu imploreras l'assistance, il vaudra mieux pour toi, à tout bien considérer, que tu ne l'obtiennes pas (1008).
Dans cet intervalle, le sulthàn Sélîm-khàn vint le surprendre à l'improviste J^jj^ ^*j^j^i ^ 1^ tète de troupes innombrables. Soultbàn Balézid, ne pouvant séjourner plus longtemps à Àrzeroûm, gagna au plus vite la frontière des Q izilb&ches, et envoya quelqu'un à Chàh'q ouly Soulthàu l'Ustâdjlou, wâly du Tchoqour- Sddj pour lui exposer la pureté de ses intentions (son sincère dévouement). Lorsque ces nouvelles furent transmises à Q'azwîn aux augustes oreilles du chah, il envoya au devant du prince le centenier {iûzbûchy) 'Haçane-big l'Ustâdjlou, qui l'amena respectueusement à Q'azwin, à la cour du monarque (1009).
Année 967. (A. D. 1559-60.)
Le lundi, treize du dernier mois de rèbf de cette année (1 3 ^^,i!' janvier 1560), Soulthân Baïézid-khân se dirigea, avec la plus grande pompe et le plus brillant cortège, vers la ville de Q'azwîu, à la tète d'à-peu-près douze mille hommes de cavalerie. La plupart des émirs et des notables qizilbâches allèrent à sa rencontre, et il fîit logé dans l'ancien palais royal {Detolèt-khâneh). Au bout de trois jours, on prépara une salle de banquet sur le nouvel hippodrome (la place neuve) de Q'azwtn, qui était une des
créations ^u souverain régnant, et on loi offrit un somptueux festin. On remplit, en un mot, envers lui, les devoirs sacrés de Thospitalité de la manière la plus grandiose et la plus honorable: On dépensa près de dix mille toumàns en cafetans d'honneur et en présents, qui lui furent offerts, à lui, à ses fils et à ses agas (1010). La plupart de ses émtrs et de ses grands dignitaires furent envoyés chez les gouverneurs et les commandants (émirs) des frontières des états du chah, pour y être hébergés, y passer rhiver et se rassembler, au commencement du printemps, de tous côtés et de toutes parts, sous le drapeau du Soulthân Balézid (1011). Leurs esprits ayant mûrement réfléchi sur le résultat définitif de la démarche qu'ils venaient de faire (ou sur le sort
qui les attendait définitivement ^^ jL^ J^J^j^)i îls conçurent des craintes (sérieuses) et furent (complètement) désillusionnés sur le compte du chah Thahmasp. Ils prévirent, de la manière la plus certaine, que le chah ne traiterait pas Soulth&n Balézid avec tous les égards que ce prince se plaisait à attendre de sa part, et que ce monarque finirait par se conformer aux désirs du grand seigneur ( JO^^I J» Khodawèndkiâr). Délu Q^odoz, Sinàn Tchéléby le Deftèrdâr, le grand écuyer, le làla- pacha Ferroukh-beï et le Idiachenéguîr-bâchy (intendant de la table) 'Iça, qui étaient les grands dignitaires et les principaux officiers de la cour du prince, tinrent un conciliabule, où ils résolurent d'attenter à la vie du chah Thahmasp, dès qu'ils en trouveraient l'occasion, et de se sauver ensuite du côté de Bag'dad ou du côté du Chirwân et de
la Géorgie. Quelques-uns des principaux officiers ^lil«l« de Soulthân Balézid, principalement 'Arab-Mouhammcd, Ma^hmoûd le Tcherkès, le Nichândjy Mouszthafa Tchéléby et Q'ara Ogourlou dénoncèrent (révélèrent) leur trame et leur perfide projet au ^£ji!' Pή4 ^^ trône du chah par l'organe du centenier {iûz-bàchy) 'Haçane-big. Lorsque Soulthân Balézid apprit qu'ils avaient révélé ce secret (1012), il fit mander, sur le champ, 'Arab-Mouhammed avec ses complices, et les fit mettre à mort tous les quatre.
Quand cette nouvelle parvint, le lendemain , aux augustes oreilles du chah, la poussière de l'indignation ternit le miroir de son coeur, et il résolut de châtier (humilier, afironter) le prince. La populace, la lie du peuple et les gens sans aveu de la ville de Q'azwin envahirent la demeure de Soulthân Bâïézid, et commencèrent à y lancer des pierres, en l'accablant d'invectives. Les grands dignitaires du chah, ayant été prévenus de ce qui venait de se passer, chargèrent quelqu'un de dissiper cet attroupement et de repousser l'assaut de la populace. Le lendemain on résolut de mener, comme de coutume, Soulthân Bâïézîd dans la salle du divan, et de réparer l'insulte du bas peuple en traitant ce prince avec tous les égards prescrits par l'hospitalité, et en cherchant à se concilier son esprit. Lorsqu'on l'eut amené, de la manière la plus honorable et la jtlus respectueuse , dans la salle du divan avec ses illustres fils et ses officiers (jLp\ les plus distingués, on les mit, à l'instant même, aux arrêts (J^^i w^m^ ^
jji^, on les priva de la liberté), et le chah, en personne, v-^ly 3^ oU, monta au faite de l'hôtel du divan, d'oii il donna aux Q'izilbâches l'ordre d'arrêter et de saisir les fils, les émirs, les officiers de la cour (j^^^^ et les personnes attachées à la suite O^j^ ^^ prince (101 3). On amena, en un clin d'oeil, de la rue et des divers quartiers de la ville, en présence du diyân, près de dix mille hommes, auxquels on avait mis la corde au cou, et dont on avait garrotté les mains, après les avoir saisis et faits prisonniers. Cinq mille d'entre eux, qui appartenaient aux grandes et aux petites tribus, furent attachés au service du chah, de ses illustres fils et de ses honorables émîrs, avec Pir 'Houceïn-big Thourg'oud-aug'lu, le grand fauconnier A*hmed-beï le Dzou Iq adre, le tchaouche *Abd-*ulg*any de Siwâs, Délu Seïf-u ddîn Q'aramâny et 'Aly aq'a le seghân-bûchy (lieutenant général des ja- ^^g/ç[* nissaires). Le reste de l'armée, qui se composait de golâms (serviteurs de la cour), de golâm zûdés (fils de serviteur), de janissaires et d'autres corps, fut mis à mort. Leur argent et leurs
effets furent confisqués au profit de la cassette particulière
Aiu^ loU Ji du monarque. U n'y eut qu'un très-petit nombre d'individus qui parvinrent à sauver leur àme de ce goufre (de perdition).
Dans la même année, un descendant du Géorgien Lévand (Léonce ou Léon) nommé 'Iça (Jésus), qui était prince de Zagame» eut l'honneur d'embrasser l'islamisme et d'être initié à la vraie foi. Le gouvernement {iîàlèt) du pays de Chèky lui fut confié par le divan royal, et il reçut, en même temps, le titre de Içd-khân (1014). Le centenier ^Haçane-big et le qoroudjy (1015) turkoman ^Houceln-big Ustâdjlou, qui étaient les personnages les plus
influents Slll âL» de cette illustre lignée aaIc îLJL ^j, moamrent l'un après l'autre dans le courant de cette année. Comme
'Houceln-big était un vrai despote d'un caractère altîer jljL^^, les beaux-esprits de son temps avaient trouvé le chronogramme de son décès dans les deux mots ^U ûyiA Phir(^un4-tsâny (second Pharaon) (1016).
Le mir-i-mirûn de Mèr ache 'Aly-Pacha connu sous le nom de Kiloun (ou Kdhun) O^ ^^^9 ^^^^^ année, à Q'azwln avec le q apoudjy'bûchy (chambellan) 'Haçane-ag a, en qualité d'ambassadeurs du sulthàn Souleïm&n-khàn (1017). Ils étaient chargés de réclamer Soulth&n Bâiézîd, munis, en conséquence, de nombreux présents, et accompagnés d'à peu près trois cents hommes, tant ag as que simples serviteurs (je lis ^1 jliloi au lieu de jl^Lo^) (1018). Les émirs et les grands dignitaires q'izilbâches allèrent au devant de lui (sic) (1019), et l'amenèrent en ville, en le comblant d'égards et d'honneurs. Lorsqu'ils eurent le bonheur de baiser le tapis du monarque, et se furent acquittés de leur message (1020), ils lui ofirirent plusieurs groupes de neuf (jyJ ji» plusieurs fois neuf) chevaux ornés de housses de brocard d'or,
de velours et de damas, dont quelques-uns avaient leur seAe et leur bride enrichies de pierreries. On y avait joint un ceinturon de cimeterre (1020 *) et une ferrâdjeh (dolman, ou pelisse à lar*ges manches pendantes) brodés en or, dont la dernière était garnie de boutons en rubis balais pesant chacun plus d'un miljsqûl (1021), ainsi que d'autres marchandises et étoffes précieuses de Turquie et d'Europe JÇ>^ mjj. L'ambassade fut comblée de faveurs et d'innombrables témoignages de bienveillance de la part da monarque.
Après s'être acquitté envers eux des devoirs sacrés qu'im- ^ijj^ pose l'hospitalité (1022), le chah fit accompagner les ambassadeurs par Djafèr-big Eiingurlu l'Ustadjlou, et leur accorda la permission de s'en retourner. Lorsqu'ils vinrent prendre congé du chah, Thahmasp (1023) leur dit: «En j^tour des services que nous venons de rendre (1023 % et qui consistent purement et simplement dans l'arrestation de Soulthân Bâiézid et de ses enfants par complaisance et par dévouement pour l'empereur, nous espérons qu'il nous donnera (également) une preuve de sa bienveîUance et de sa bonté». Le but que se proposait le chah en émettant ces prémisses était de demander la ville de Bagdad (demeure du salut) à titre à^nâlèt (gouvernement ou principauté) pour son fils Soulthân 'Haïdèr-mirza (1024).
Dans la même année, le grand-vézir Roustèm-pacha mourut de mort naturelle. Au nombre des objets (précieux) qu'il laissa, en mourant à ses héritiers se trouvaient trente mille pelisses de zibeline (102 5). On peut, d'après cela, juger, par induction, de ses autres effets ^^1^1 (étoffes?), de son numéraire ^yu, et de ses pierres précieuses (j^y^^ix ^^ bijoux"). Le poste de vézîr fut confié à Mou'hammed-pacha, le Bosniaque (1026).
Année 969. (A. D. 1561-62.)
Le chfth Thahmasp partit, cette année, de Q'azwin pour aller faire une promenade et une partie de chasse du côté de Thàrèm.
Arrivé aux environs de Khera&M (1027), au confluent des deux rivières de Séfîd-roûd et de Chahroûd^ il y fit décharger, pour quelques jours les bagages du séjour, et se livra au plaisir de la pèche : il revint de là à Q'azwin. Sa soeur germaine MiMne-bânou, connue sous le nom de SoutthanumCj répondit à l'appel divin. C'était, sans hyperbole et sans partialité, une des princesses les plus distinguées du monde pour ses bonnes oeuvres et ses fondations pieuses de toute espèce. L'architecte de son génie avait fondé quantité d'établissements de bienfaisance (d'utilité publique) , tels que mèdrècès , couvents , caravansérals et ponts. Toutes les classes de la société, tant hommes que femmes, participaient également à ses largesses et à sa munificence. Elle avait, dès sa jeunesse, renoncé au mariage, et passait son temps avec son frère, donnant des preuves muhipliées de son talent pour îr^/«^* consolider l'édifice dé la royauté et raffermir les bases de l'autorité souveraine (1028). Elle se rendit à l'appel de la divinité, et renonça à la détresse de ce séjour de vanité pour passer dans le monde de l'allégresse. Le chah Thahmasp accompagna sa bière (civière) jusqu'à la tombe resplendissante de Vlmàm-zâdéh (fils d'Imam) 'Houceïn, d'où elle fut transférée au tombeau {mechehed ou martyrium) de l'imam Riza (qu'il agrée nos salutations et nos voeux!) (1029).
Il mourut ici. outre une multitude d'autres notabilités qizil- • bâches, telles que Soundouk ou Sévinedouk big Àfchàr, le qoroudjy-bûchy (chef des gardes du corps), qui avait passé l'âge de cent ans (1030), lâdikâr MouhammedTèrkhân le Turkoman (1031), l'émir Fazl-allah, le qâzy-^askèr (juge militaire), le qâzy 'Imâd, inspecteur des édifices (publics? OIJ^^I^), et Mirza Kâfy, le mounchy (secrétaire d'état) d'Ordoubâd, dont chacun était sans égal dans son art ^^ ^j^ (1031) (ou dans sa partie). Vers la fin de la même année, l'huissier en chef {iéçaoul-bâchy) Wély-big l'Ustâdjlou, qui avait été envoyé en ambassade dans l'empire othomau (Boûm\ arriva à Q'azwin avec Khosrew- Pacha, mir-i-mirân de Yân, Sinân-bel, l'intendant de la table
(tchâchenéguir-bâchy) et'Aly-Aq'a le tchaouchebâchy^ chargés de réclamer Soultbân Bàïézid et ses fils. Ils eurent le bonheur de présenter leurs hommages au chah à sa vUla ( cL jardin) de 8dâ-
dèt'obad (séjour de félicité). Ils lui offrirent à peu près quatre cent mille ducats monnayés de ht part du grand-seignewr (Moudawèndkiâr) et cent mille ducats, au nom du puissant châh-eâdeh (prince impérial) le sulthàn Sélîm-khân ; ce qui faisait une somme de trente mille toumâns courants de l'Iraq (1032). On y avait joint quelques raretés et curiosités de Turquie et d'Europe avec quarante chevaux de course arabes ^jL ayant chacun une selle et une sangle (j\y^^, enrichies d'or, de pierreries et de brocard d'or. Les ambassadeurs avaient, en outre, apporté, de la part des augustes princes du sang (chehaâdeh) othomans, au lieu de cafetans d'honneur pour les enfants des deux sexes du chah,
des ustensileâ d^l ornés de pierres précieuses, dont les plus habiles experts se seraient déclarés incapables de préciser la valeur (1033). On laîsa, conformément aux ordres du sulthân Souleïmân, l'argent comptant en dépôt à Arzeroûm, afin de le re-^J^Jf» mettre également aux fondés de pouvoir du chah, dès que Soulthân Bàiézid et ses fils auraient été livrés aux serviteurs du pa- ' dichâh. Cette ambassade était, en outre, munie d'une dépèche impériale contenant les promesses et les engagements#les plus sacrés rédigés de la propre main du belliqueux sulthân et de son fils Sélîm, qui se soumettaient l'un et l'autre à Tanathème, en cas de violation de leurs serments (1034). Elle était ainsi conçue:
«Si Bâiézid et ses fils sont remis à nos plénipotentiaires, il ne sera jamais exercé aucune hostilité de notre part , ni de celle de nos descendants (enfants), contre la famille des monarques (sulthàns) Szèfides, ni porté aucun préjudice aux pays soumis à leur domination. Les bases de la paix et de la bonne amitié seront à jamais cimentées et consolidées entre les deux cours. S'il ne survient, de votre part, ni de celle de vos enfants (descendants) aucun préjudice ni aucun dommage qui porte atteinte à
Tamitié et à la bonne harmonie; il n'en adviendra jamais, non plus, de notre part, ni de celle de notre postérité». Lorsque le chfth Thahmasp eut en l'honneur de prendre lecture de cette dépêche, et qu'il en connut la teneur précise, il livra Soulthàn Bàiéztd, avec ses fils, à Khosrew-pacha et à ses compagnons de voyage, qui les firent mourir par strangulation (1035) sur la place aux chevaux (l'hippçdrome du cheval) à Q'azwtn.
Par un effet du hasard et de la vengeance divine (1036), les fils du chah Thahmasp furent (plus tard) mis précipitamment à mort, par ordre du chah Isma ïl II, à la même place où Soulthàn Bàiézld avait été tué avec ses fils. On laissa leurs corps dans leur bière; on les chargea sûr un chariot, et on les transféra à V&n. On voulait les mener jusqu*à Constantinople pour les y inhumer, lorsqu'il émana subitement un firman du belliqueux sulthân qui ordonna d'enterrer leurs dépouilles mortelles à Siwâs, et de ne pas les amener à Constantinople. Elles furent en conséquence inhumées au bord du chemin, hors des murs de la ville de Siwàs (Sébaste), du côté de l'ouest.
Année 970. (A. D. 1662-63.)
Au commencement de cette année, Dja fèr-big Kfingurlu TUstàdjlou, qui avait été envoyé en ambassade en Turquie (dans le Boûm) amena à Q'azwin et mit, conjointement avec Ëliàs-big, sous les yeux du chah, à Q'azwîn, le numéraire et les objets de toute espèce ^^L») que Khosrew-pacha avait amenés (déposés) à Ârzeroûm en échange du cadeau (oJt^ de la remise ou extra- ^^JMition) de Soulthàn Bâiézid, et qui furent livrés au trésor (1037).
Dans la même année, 'Iça-khan le Géorgien, descendant de Lévand (Léonce ou Léwan, Léon) (1038), qui était parvenu au grade le plus élevé et au poste le plus éminent; lui qui, dans tous les conseils et les assemblées, prétendait à la préséance (avoir le pas) sur la plupart des émirs et des notables (seigneurs) q'izilbàches ; lui que le monarque qualifiait du titre de fils dans ses ordonnances royales (1039), et qui avait été admis au rang
des princes dn sang; lui enfin, qui touchait annneUement une somme de sept mille toumâns provenant de son apanage de Cheky et de diverses autres localités en sus de l'argent comptant et des effets qui lui étaient soumis par la cassette particulière du chah
d^U jl(^^; Iça-khân, en un mot, éhlouî par la vanité et Porgueil, et entraîné par les perfides suggestions du démon et les funestes leçons des Aenaotirs géorgiens, conçut le projet de s'enfuir de Q'azwîn et de se rendre «n Géorgie. Quelques-uns de ses confidents, principalement Alah-thâq^ le Tcherkès, révélèrent cette trame au pied du trône du chah, qui le fit arrêter, sur le champ, en vertu d'un firman d'une exécution aussi rapide que celle des arrêts du destin, et l'envoya au château d'Alamoute, où il fut écroué.
Dans la même année, le sjsadr Mir Taq'y-uddin Mouhammed fut destitué, et la juridiction du szadr fut scindée: l'Iraq', le Farse et le Eermân furent confiés à Mlr Chèms-u ddin Mou- *hammed, fils de Témîr louçouf Âsterabàdy ; le Ehoraçàn, l'Adzèrbaldjàn et le Ghirwàn, au cidevant Szadr Zeïn-u ddin sèld'Aly, fils de Mir Âced- Allah Mar achy Q'azwiny.
Dans la dite année décédèrent le 'haklm (docteur ou philosophe) Noûr-uddîn, fils du maulla Eémàl-uddin'HouceIn Kâchy, et le maulla Q'outhb-uddin Mouhammed Bagdàdy, connu sous le nom de Q'â^y'O/uglu (fils de Q'âzy).
Année 971. (A. D. 1663-64.)
Le chah Thahmasp nomma, cette année, serdâr (commandant en chef) de l'armée d'Iraq' Ma'szoûm-big le Szèfide, émîr (chef) du divan, et l'envoya contre Soulthàn Mourâd, wâiy du Mazèndérân. Celui-ci vint faire sa soumission, et se résolqt à payer les ^3
redevances 0>IâJ échues et à venir.
Dans la même année, le prince ouzbeg Ptr Mouhammedkhàn (1040), fils de Djâny-big Soulthàn, fils de Mouhammed- Aug'loù,, fils d'Aboul-khalr, qui était investi de la principauté
de Balkh (Belkh), cédant aux suggestions de quelques fauteurs
de désordres au Khoraçân, vint dans la ville sainte du Mèchehed (de l'imàm ' Aly-Riza) dans Tintention de se rendre maître de Tboûs, et assiégea cette ville pendant quelques jours. Il adressa enfin des cafetans d^honneur et d'affectueux messages aux cheïkhs et
^ux serviteurs de cette tombe (a;L««I) vénérée et s'en retourna tont contrit et repentant. Il fit ensuite partir pour la cour du châb, qui résidait alors àQ'azwlo, un de ses courtisans J^ji^ nommé Touluk Bahadour, qu'il cbargea de quelques présents et cadeaux, afin d'implorer le pardon du cbâh Thabmasp. Les lieutenants de ce monarque honorèrent cet ambassadeur des témoignages de bienveillance de la part du padichàb. On le fit accompagner par' Houceln-big {Çf cdqândjy-aug lu (le fils du fabricant de boucliers) laçaoulbâchy (rbuissier en chef) Châmlou, avec des présents convenables, et on le fit partir pour Balkh (Belkh). Les bases de la paix et de la bonne intelligence furent enfin cimentées entre les deux états. Après avoir traité Tambassadeur comme le prescrivaient les lois de l'étiquette, le prince ouzbeg lui donna son audience de ct)ngé (la permission de s'en retourner). Les notables (seigneurs) du Ma-wèrannabr (1041) vinrent ensuite en pèlerinage: il arriva (en Perse) une multitude considérable de mauUas, de grands et de personnage éminents ji^^L^ de cette contrée, avec l'intention de visiter le temple sacré (la maison sacrée) de Dieu, où ils se rendirent (effectivement).
Dans la même année, l'épouse de Nrmét-allah-i-tzâny (du second Nf mèt-allâh), qui était la soeur utérine du chah Tbahmasp, vint à mourir: chah Nfmèt-allah prit la résolution d'aller visiter la maison de Dieu, par la voie de Bagdad. Lorsqu'il arriva dans cette ville avec une foule nombreuse de notables de l'Iraq', Khosrew-pacha , qui était mir-i-mirân de cette asyle du salut, lui défendit de suivre cette route. Chah Nf mèt-allab s'en revint après avoir visité les tombes révérées, qui se trouvaient dans ces parages. Arrivé à'Hamad&n, il partit pour la vie future
dans la matinée du vendredi, onze da moi» de dzy fhiddjeh de la ^x.' dite année (21 juillet 1564).
Année 972. (A. D. 1564-65.)
Le chah Tbahmasp nomma , cette année, serdâr des tronpes de riràq' et du Kermân le chef du divan Ma szoûm-bîg le Szèfîde, et l'envoya du côté du Khoraçân. Le prince ouzbeg 'Aly- Soulthân, qui s'était emparé, de vive force, du district de Kha" himchân ( 1 042), avait chargé un personnage nommé Mir Cbehrlàry, qui était son vézir, de veiller à la garde et à la défense de ce pays. Sur ces entrefaites, Mir Chebriâry s'était rendu à Ourguèndj pour y faire sa cour à 'Âly-Soulthàn (1043), et avait laissé au château de Ebabouchân un de ses officiers supérieurs ((jLcl) nommé Pehléwân-Q'omary. Par attachement et par dévouement ponr le chah, quelques-uns des habitants tuèrent Mir X)hehriàry, et expulsèrent de la place une partie (de ses subordonné^?). Lorsque ' Aly-Soulthân fut prévenu de ce qui venait de se passer, il vint à Ebabouchân pour châtier Peblev^ân.-^omary, mais il s'en retourna tout désespéré et déconcerté après avoir complètement échoué dans son projet. Pehléwân-Q^omary devint l'objet des regards de bienveillance et des faveurs sans bornes du chah Tbahmasp, qui lui conféra le district de Eilidèr J^\ jj^. Ëilun mot, Maszoûm-big se mit en marche, avec ses émirs et ses officiers supérieurs o'^') P^^^ ^^^ ^^^^^ ^^ conquête de Néça et d'Abiwerde, qui se trouvaient entre les mains des fonctionnaires de ' Aly-Soulthân et de son neveu (du fils de son frère) Aboul Mou'hammed-(?)khân, fils de Dln Mouhammed*khân. On assiégea le château fort de cette ville ; et lorsque le siège se fut prolongé pendant quelque temps, et que le bruit de l'arrivée de 'Aly-Soulthân, qui venait d'Ourguèndj pour secourir son neveu, qui s'était retranché dans le château d'Abiwerde, se fut répandu dans les rangs de l'armée q'izilbâche Maszoûm-big leva le siége^ et se retira du côté de la ville sainte de Mèchehed.
Dans cet intervalle, la nouvelle de rinsurrection et de la ré* volte de Q'azàq-khân, fils de Moahammed-khân le Tèkèlu, fils de Chèref-u ddin, wâly de Héràt, que l'on avait pressé de prenpre part à l'expédition d'Abiwerde (1044), et qui ne s'y était ^J:t^ rend., 8e ooniirB. progressiyement à 1. cor 4a cMh. où l'on apprit qu'il avait retiré le cou de la soumission du collier de l'obéissance, et, qu'après avoir détourné la face du dévouement du seuil de la subordination, il s'était rempli la tète de chimères et de rêveries des plus absurdes. Les lieutenants du chah (le ch&h même) envoyèrent ^L^^, en conséquence, le qàzy Q^outhbuddin Toûny (1045) pour tâcher de ramener à son devoir, par ses sages conseils, cet homme égaré dans k vallée de Terreur. On expédia clandestinement à ses frères et à ses cousins germains de nombreux décrets et firmans, portant, que le poste d'émir, qu'occupait Q'azâq , serait dévolu à quiconque marcherait contre lui. Lorsque ses frères eurent connaissance des promesses du padicbâh, ils se concertèrent (liguèrent) avec Mouszthafa-big, A'hmed-big, Moucèleb-big (1046), Chèref-u ddin-big, fils d'Owels- Soulthàn et plusieurs autres de ses semblables. Ils se coalisèrent et s'entendirent tous entre eux pour perdre le Çfojsâq (1047): ils voulurent encore rattacher (rallier) à leur ligue plusieurs autres officiers supérieurs Tékélu (1048), lorsque leur secret fut tout-à-coup éventé. Le Q*azâq\ de son côté, résolut de faire prisonniers tous ces coalisés, et chargea de cette mission une foule de sestiffidés (1049).
Ses adversaires eurent, à leur tour, connaissance de la trame ourdie contre eux, brisèrent, pendant la nuit, la porte de la forteresse, et s'enfuirent dans le pays de (?oûr (0^j>^ desffoûris).
Ils furent atteints, dans leur fuite, par les gens du Q*azâq*: Moucèleb-big et A'hmed-big furent faits prisonniers. Mouszthafabig et Chèref-u ddin-big échappèrent avec plusieurs de leurs compagnons, et se réfugièrent dans le château de Kougouléh (1050), oii ils demandèrent un asyle à Szoufy-wély Khaltfeh le Roûmlou, commandant de la place. Le Q'azâq' fit marcher contre Szoùfy-
wély kbalifeh ses antres frères, tels que 'Hoaceln-q'ouly-big et 'Houceïn-khân. (Djân?) big (1051). Mèntéchalou, afin d'assiéger le cbàteau de Kouçouïeb, et de réclamer lenrs frères les armes à la main. Szonfy-wély khallfeb, ayant rédigé, à ce sujet, un rapport des plus yéridiques, Texpédia au serdâr (1052) Ma'szoûmbig et aux illustres Ch&b-zàdés Soulth&n Ibrahim et Bédf *uzzémàn-mirza, fils de Behrânî-mirza, qui se trouvaient avec les émîrs à Mèchéhed (la sainte). Lorsque Ma szoûm-big et les princes eurent été informés de ces événements, ils attendirent, pendant quelque temps UJj^, une occasion favorable. Ils sortirent alors de leur embuscade (1052 ^) et effectuèrent tous, à la hâte, une sortie générale des murs de Mèchéhed. Le serdâr plaça à l'avantgarde (2 arootiQ Wély khalîfeh le Ghamloû et Ehalil-khân le StahmanszoÛTy les fit partir précipitamment et les suivit de près avec . les princes du sang et les émirs. L'avant-garde chargea inopinément le corps d'armée Tékélu, dont elle parvint à dissoudre la masse d^f^ îjic composée de quatre mille hommes, à la disperser et disséminer comme les étoiles appelées Pleureuses^). Vn^^^; grand nombre d'entre eux furent livrés en proie aux flèches et au cimeterre (1053). Ceux d'entre les guerriers de l'armée Tékélu qui échappèrent au glaive, prirent le chemin de la fuite, et se sauvèrent du côté de Hérât. Le Q'azaq", ayant eu avis de ce qui venait de se passer, donna à ses frères et à ses fils la permission de puiser dans ses trésors et de prendre dans ses écuries autant d'argent, de chevaux et de mulets qu'ils pourraient, et d'aller où bon leur semblerait* Dominé lui-même par une grave hernie intestinale, qui lui ôtait la force de monter à cheval et de marcher, il alla s'enfermer dans le château fort d'Ikhtiâr-u'ddin avec le Ghâh-zâdeh Soulthân Mou hammed-mirza.
Maszoûm-big arriva avec les princes du. sang et les émirs,
1) Les astronomes arabes donnent le nom de ^^;LflJj) OLo (fiUs de la bière
ou Heureuses) à sept étoiles de la Petite Ourse et à trois antres de la Oramâe (Bem. Dom, Description of an aràbie edestiai globe, p. 11—12).
immédiatement après les fuyards, à la porte de la viUe de Héràt| et ils y entrèrent, sans qu'on leur opposât la moindre résistance. Ma'szoùm-big, en personne, s'avança à cheval jusqu'à la porte de la citadelle d'Ikhtiâr-u ddin, où personne ne vint non plus s'op* poser à son entrée. Il y pénétra, en conséquence, sans aucune crainte. Quelques personnages de marque ont raconté à l'auteur de ces lignes, qu'au moment où les regards de Ma szoùm-big tombèrent sur Q'azâq -khân, celui-ci était assis au chevet de son lit 3^ JCL^^ ^jm^^ et il ne salua pas (1054). Ma szoùm-big donna,
f.'m'P&r dérision, l'ordre d'amener un cheval à sa majesté le Ichân, pour aller au devant des princes et pour recevoir les émirs et les officiers supérieurs. Le Q'azàq répliqua: aSi Q'azâq'-khân avait encore la force de monter à cheval et d'aller et venir, vous ne . vous permettriez pas tant d'audace et d'insolence. Mettez maintenant la main à l'oeuvre , et exécutez , sans y manquer, les ordres que vous avez reçus du chah, concernant ma personne, quelle qu'en soit la nature^). Lorsqu'il eut proféré ces paroles, on le plaça (le laissa «ILl jT) dans une litière (un palanquin (j^jJ*^\ et on l'envoya à la cour des princes. Ma' szoùm-big resta, pendant trois journées consécutives dans l'intérieur de la citadelle, et s'occupa à prendre possession des richesses et des trésors que Q'azâq-khân avait mis tant de temps à amasser par la violence et la tyrannie. Les émirs et les diverses peuplades q'izilbâches allongèrent, en conséquence, la langue de la médisance et de la calomnie, en se permettant de mauvais propos sur son compte.
Le chah Thahmasp eut lui-même mauvaise opinion «ILo jj de ce serdâr, et le soupçonna de trahison (1055). Q'azâq'-khàn mourut, au bout de quelques jours, dans la prison où Ma'szoùm-big l'avait fait enfermer: quelques auteurs prétendent qu'il fut étrcynr glé jj:>jf Aâ» 1^1 ; Dieu le sait (1056). Un homme de lettres a composé le chronogramme* suivant au sujet de son exécution (1057):
(Vers.) Le second 'Haddjâdj, dont la tyrannie était semblable
à un délage (typhon), auquel personne ne trouvait moyen d'échapper; lui, dont l'oppression, était si accablante que, pour s'y soustraire, les habitants de Hérât se résignaient à la mort, et désespéraient de la vie, ne posa jamais la joue sur le tapis (ne baisa jamais le tapis) (1058) du puissant monarque (chah). Sa marche a été aussi oblique (irrégalière) que celle de la reine sur l'échiquier: c'est ainsi qu'il a été fait échec et mat. Comme son exécution a été la cause de la prospérité de Hérât, l'époque en
est désignée par les deux mots 0{^ \Sjt*^ (prospérité de Hérât) (1059).
Le gouvernement (Vnâlèt) de la province de Hérât fut confié par le divan du chah à l'émir G'aïb-Soulthân l'Ustâdjlou, fils de Helhel Bahadour. Ma'szoûm-big le Szèfide et les émirs y passèrent l'hiver.
Dans la nuit du douze du mois de cha bân de la même année (16 mars 1565), le chah Thahmasp vit en songe sa sainteté l'imâm Mouhammed-Mehdy (1060). Il abolit, en conséquence, et^"*|pjf' fit biffer des registres des finances les droits de douane (tamga) de ses états, qui, chaque année, étaient portés aux rôles et inscrits au grand livre pour une somme d'à peu près trente mille toumans courants de l'Iraq' : les lieutenants du chah en vouèrent la récompense à l'âme des douze imâms (que Dieu leur fasse grâce, à tous ensemble !).
Le souverain maître du monde, le monarque de son siècle, le sulthân Soule!mân-khân consacra, pendant le printemps et l'hiver (lisez l'hiver et le printemps) de cette année, ses précieux instants au plaisir et à l'exercice du pouvoir ^jl^l^dans sa résidence impériale de Constantinople.
Il en fat de même du chah Thahmasp, qui se fixa pendant l'hiver et l'été à Q'azwin, et dont l'esprit distingué fut uniquement préoccupé du règlement des affaires politiques et religieu-
ses de son royaume. Après avoir terminé celles du Khoraçân, Ma*szoûm-big revint dans l'Iraq .
Aimée 974. (A. D. 1566-67.)
Le khaqân qui disposait de la couronne et le sulthân qui soumettait les royaumes, Souleïmân-khân, se mit , cette année, en litière , malgré son grand âge et ses accès de goutte, qui le rendaient tellement impotent qu'il n'avait plus la force de monter à cheval; et il sortit de sa glorieuse capitale avec le projet de soumettre le château fort de Szigeth (Szigethwâr) (1061) et d'exterminer les vils infidèles de ces parages. Il éleva jusqu'à l'apogée du soleil et de la lune le dôme de sa tente , qui se perdait dans les nues, et la cime de son pavillon impérial, qui touchait la
voûte céleste. Les plus habiles médecins et les docteurs les plus
expérimentés, les véztrs, les grands dignitaires de l'empire, les
ag^as et les seigneurs de la cour O^ ^1 (j^^j eurent beau lui méconseiller de s'exposer aux fatigues de cette campagne; rien ne put ébranler ce monarque plein d'honneur et cet empereur animé du zèle le pluà ardent. Il leur répondit: Si j'ai atteint le terme de ma carrière, je l'achèverai du moins en combattant les infidèles, pour être rangé au nombre des martyrs le lendemain de la résurrection. Lorsque cet héroïque sulthân marcha contre p. 227.' le château de Szigeth et que les armées victorieuses Teurent cerné de toutes parts, le siège dura près de quarante jours. Dans cet intervalle, on reçut la nouvelle, qu'une nombreuse armée composée de plusieurs, nations infidèles venaient du château de aIT OMa et à'Agria ^j^l (Éger) au secours de ceux de Szigeth. Lorsque les rayons de ces nouvelles vinrent se réfléchir dans le miroir de l'esprit éclairé du victorieux sulthân, il chargea le vézîr Pertew-pacha (1062) d'aller repousser les infidèles, avec à peu près quarante mille janissaires et cavaliers. Celui-ci assiégea le château de Oiula et conquit, en peu de temps, cette forte citadelle. Il sortit de ses murs près de quatre mille hommes d'in-
fanterie et de cavalerie, qui avaient livré cette place par capitulation , de la part des infidèles, aux serviteurs du sulthân. Le corps des janissaires et les troupes de la Porte {qapùu-Jchàlqy\ refusant de prêter l'oreille aux paroles et au traité jU^ du vézîr , se ruèrent sur les infidèles , les exterminèrent en les livrant en proie à leur glaive inexorable, et les renversèrent dans la poussière de la destruction. Ils pillèrent et ravirent leurs richesses et leu4p effets mobiliers, confièrent la garde du château à des guerriers expérimentés, et revinrent au camp, victorieux, sains et saufs et chargés de butin.
Pendant toute la durée du siège, cet héroïque monarque, plein de zèle pour la guerre sainte jpI^ ne leva pas la tète du chevçt de l'infirmité, et ne souleva pas le flanc de son lit de douleur.. Dans le dernier paroxisme de sa maladie, une longue agonie s'empara de tout son être. Sa langue fut Torgane de son âme destinée au bonheur éternel; comme le promet cette tradition cUf jL» sacrée : «Celui dont les dernières paroles seront : Il n'y a point d'autre Dieu que Dieu entrera au paradis». Il proféra, à plusieurs reprises, cette profession de foi, et remit son âme pieuse à l'ange qui la rappelait eh ces termes : «Ame pleine de confiance, retourne contente dans le sein de ton seigneur, qui l'accueillera avec bonté!» (1063).
(Vers.) (1064.) Regrettons ce roi des rois favorisé in ciel, ce Salomon {Djèm) qui disposait de la couronne et ravissait les empires. Pleurons ce monarque, dont la terrç, pendant cent siècles, ne retrouvera pas le pareil en fait de justice, et de religion. Pleurons celui dont le ciel ne reverra jamais l'égal dans le miroir ^^T^ml. de la lune et du soleil (1065).
Après cette terrible et désolante catastrophe, les granda dignitaires de l'empire et les seigneurs de la cour tinrent caché, pen-. dant quelques jours, le corps du défunt monarque, et expédièrent, en toute hâte, un courrier chargé de quérir le conquérant Ghâh-zâdeh sulthân Sélim-khân. Ce courrier l'amena, avec le plus grand empressement, au camp impérial, où il fut placé sur
le trône da solthanat. Les vézirs et les grands dignitaires de l'empire se hâtèrent de loi offrir leors félicitations et leurs voeux. Dans Tintervalle qui sépara le jour du décès de l'héroïque sulthàn de celui de l'arrivée de l'auguste ckâh-eâdeh (prince impérial), le château de Szigeth fut enlevé, de vive force, par les armées victorieuses et soumis à la domination de la dynastie othomane (1066).
Le défunt et pieux sulthân (1067) avait vécu soix|nte et quatorze ans, et il en avait régné quarante-huit. C'était véritablement (1068) un souverain plein de zèle et d'honneur, qui ravagea (ruina) les provinces de la Hongrie, s'empara de l'île de Rhodes, renversa le château fort de Belgrâd, conquit la ville de Bag'dâd (la demeure du salut). Ce fut encore lui qui dompta la Moldavie et extermina les rebelles CÀmL Aii de France et d'Allemagne. Dans aucun temps, à aucune époque les hommes méditatifs qui habitent la surface de la terre ne virent et ne contemplèrent (admirèrent; je lis j IL) au lieu de ^UjI) son égal ni son pareil (1069).
(Vers.) Il n'existe, de nos jours, aucun être semblable à lui: je dirai à quiconque prétendra le contraire: «Montre -le -moi» (1070).
n avait fait, pendant son règne, quatorze brillantes campagnes, dont il revint chaque fois victorieux et triomphant (.1071), savoir: 1) celle de Hongrie; 2) celle du pays des Francs et la conquête de Rhodes; 3) la seconde campagne de Hongrie; 4) celle d'Allemagne et d'Autriche et la conquête de Bude; 5) l'expédition de Perse; 6) celle qu'il fit contre les Francs de Valona; 7) la campagne de Moldavie; 8) la conquête de la Hongrie; 9) la campagne de Vienne; 10) celle de Perse, à l'occasion du J^,5['prince Elqâs; 11) celle de Nakhi^éwân en Perse; 12) celle de sulthân Bâlézld à Scutari; 13) celle de Hongrie, dont le roi se soumit à un tribut; 14) celle de Szigethwâr (1072).
Il évita toujours, avec le plus grand soin, de s'adonner, en général, aux plaisirs et aux jeux Ulicites (1073), et s'appliqua,
avec tant de zèle et de sollicitude à ordonner ce que prescrit la loi divine et à prohiber ce qu'elle interdit, que le monde, tout revèche jl^LU qu'il est, avait brisé contre la pierre sa coupe pleine de vin pur et semblable au calice de la tulipe, fraîchement arrosée: les cris de joie iîLLirdes bruyants convives étaient relégués dans des recoins solitaires, où ils avaient la taille courbée comme la guitare (ou la harpe), la tète appuyée sur les genoux de la stupeur et la poitrine déchirée par les ongles du regret (1074). La bouteille eut le cou abattu; la carafe fut décapitée (1075); le qopoûz et la pandore eurent les oreilles tirées. On coupa l'haleine aux fldtes et brisa leur embouchure (on leur déchira le sein); le violon rompit son archet (arc), et jeta ses flèches dans le désert; la chanterelle et la basse de la guitare et de la mandoline perdirent leur corde ^); le tambour de basque ne trouvait plus d'acheteur au prix d'un dinar (1076). La profession de cabaretier fut complètement ruinée; ils furent* tous réduits au métier de gobe-mouches (? ils restèrent la bouche pleine de mouches ?) (1077).
(Vers.) Toi, dont la bonté s'étend sur l'humanîlé tout entière, dont tu assures le bien-être! C'est à ta vive sollicitude que le monde est redevable de sa prospérité (1078).
Sous le règne de ce monarque et de cet empereur plein de justice, de ce souverain victorieux, aux destinées duquel la fortune veillait sans relâche, de ce sulthân, protecteur de ses si\jets et fléau de l'oppresseur, les simples ralas veillaient sans cesse, auQsi bien que le militaire, à sa sûreté, avec autant de vigilance que de circonspection. Toutes les fois qu'un malheureux arrêtait ce puissant khaq an pour implorer sa justice, on se gardait bien de le repousser et de le rebuter, tant que le souverain n'avait pas écouté sa plainte, et ne lui avait pas adressé une réponse sa-
1) Oa bien: «la cbantereUe et la baase de la guitare et de la mandoline ne valaient plus nne seule corde» i5JM) la caisse du tambonr de basque o/i)^ j^> ne trouYaSt plus d'acheteur etc.
tisfaisante w^ILL«m (1079); Soas le règne prospère et pendant tonte la dnrée du khalifat plein d'équité de ce monarque, le tapis de la justice fut sans cesse déployé, et les affaires de toutes les classes de la société ^Ul ôfl^, grands et petits, furent continuellement réglées (1080). La ville de Constantinople, principalement, était devenue tellement populeuse et florissante, que ^^^['Zakaria Efèndy, qui fut chargé, par un firman de sa Hautesse, de donner tous ses soins au recensement statistique et à la révision de cette glorieuse capitale, constata par écrit, qu'il s'y trouvait alors trois mille neuf cent (1080 ') quatre vingt-trois rues
dU musulmanes, deux mille quatre-vingt-cinq rues habitées par les chrétiens et les juifs, quatre cent quatre-vingt-cinq autels {mihrùb vb^) ^^ mosquées cathédrales, quatre mille quatre cent (1081) quatre-vingt-trois autels de mosquées ordinaires affectées
aux divers quartiers (ou rues 0>^), seize cent cinquante habitations de professeurs et écoles primaires (1082), seize cent quinze mèdrècès (collèges), cent édifices (OljLc hospices) servant de hhàns (caravansérals) et de foyers (publics jU^l), cent cinquante couvents nommés hhâniqâh, deux cent quatre-vingt-cinq céncbies (ou zâméh\ soixante-douze bains (publics) et appartenant à de grands seigneurs (1083), quatre cent dix -sept caravansérals, neuf cent quarante-sept fontaines (1084), quatre mille neuf cent quatre-vingt-cinq maszloq (nom que l'on donne aux endroits où l'oii fournit de l'eau aux habitants) (1085), trois cent quatrevingt- trois fours, où l'on fait cuire le pain, cinq cent trente-neuf brasseries de Boum (1086), treize places d'entrepôt (1087) jLi 4«o;c, et huit cent quarante-trois églises d'infidèles. Il y en aurait aujourd'hui deux fois autant, si l'on procédait à un nouveau recensement (statistique).
Établissements de bienfaisance et fondations pieuses du ,
sulthân Soulelmân-khân (1088).
1) D a fondé à Constantinople même J^ljL) ^jji j> une
magnifique mosquée cathédrale, une belle cénohie àjjlj, une maison d'aliénés et une école primaire; 2) un grand aqueduc (une source abondante), dont l'eau suffirait pour faire tourner plusieurs moulins. Il l'a amenée de fort loin dans l'intérieur de la ville sur de hautes arcades voûtées, et a consacrée les trésors du monde entier à la construction de cet aqueduc (1086); 3) une magnifique mosquée cathédrale dans l'intérieur de la ville de Constantinople, sur la tombe de son père le sulthàn Sélîm-khân, une cénobie a^^Ij et une école primaire, dont il acheva la construction (1090); 4) il a fondé à Rnguy-hâq *(P. lènguy-chehr) une belle mèdrèceh] 5) il a fait bâtir, près des casernes ^U<U des janissaires, pour le repos de l'âme de feu son fils Soulthân Mou hammed, une jolie mosquée cathédrale avec une mèdrèceh ^f^jf» (10^1), une cénobie et une école primaire pour les enfants; 6) il a fait restaurer dans la ville de Bag'dâd (demeure du salut) la tombe replendissante (1092) de l'imam suprême Abou-Hanîfah de Koufa (1093), que Dieu lui soit propice! et a fait ériger une mosquée cathédrale et une cénobie, dont il a fortifié les alentours: il ; a en outre installé da vigilants gardiens (1094); 7) il a également fait réparer la tombe resplendissante de lumières du cheïkh 'Abd-ulq*âdir Guilâny (que son tombeau soit sanctifié!); 8) il a fait construire une superbe mosquée cathédrale à G'alatha sur la tombe du prince Djéhânguîr, et a fondé, dans la ville de Q'onieh, une autre haute mosquée catliédrale, près du tombeau embaumé du maulla Djélàl-uddin Roûmy; 9) il a fait rebâtir à Eaffa une grande église, qui avait été détruite, et l'a convertie en une mosquée cathédrale: il y a fait également construire des bains composés de deux corps de logis ; 1 0) il a changé, dans la bourgade d'Izniq^ (Nicée), une ancienne église en une belle mosquée cathédrale; 11) il a fait ériger une haute coupole (dôme) sur la roche sacrée de Jérusalem, et a terminé, dans la même ville (sainte), la construction d'une magnifique mosquée cathédrale avec un beau
couvent; 12) il a fait ériger dans lé quartier (dk ou la rue)
dd Damas nommé Qaser (Maq (chàtean ou palais bigarré) un khân pour les voyageurs, avec une mèdrècèh, une mosquée ordinaire et une cénobie; 13) il a fondé à D&^du-tâche (la pierrepertuis) à Gonstautinople une belle mosquée cathédrale, une mèdrècèh de première classe Qic) une haute école?), un hospice de bienfaisance UJl^)^ et un hôpital (maison d'aliénés), pour le repos de l'&me de la mère (tcdlidèh) des illustres cheh^Bâdeh (princes du sang); 14) il a fait bâtir, à la sainte kdbàh (maison carrée de la Mekke), pour le repos de Tàme de la sulth&ne favorite {Khâseéky, Réxelane), une déliceuse cénobie {sfâwiéh\ et à Médine la resplendissante un hospice d'une grande utilité , auquel il a affecté des legs considérables destinés à faire , matin et soir, des distributions aux pauvres et aux orphelins (1095) de la localité; 15) il a amené dans la ville bien gardée (protégée 4^) d'Andrinople une source abondante, et a fait bâtir, à la tète du pont de Mouszthafa-pacha, une mosquée cathédrale avec un imârèt (hospice), une cénobie et un khân pour les voyageurs (1096).
Ce sulth&i a eu huit fils, savoir: 1) le sulthân Sélim; 2) Soulthân Mouszthafa; 3) Soulthân Mou'hammed; 4) Soulthân Bâiézid; 5) Soulthân Djéhânguîr; 6) Soulthân Mourâd; 7) Soulthân Mahmoud; 8) Soulthân 'Abd-allah (1097). Le second et le ^^^A quatrième de ces princes furent mis à mort du vivant de leur père; le troisième et les trois derniers moururent aussi de son vivant.
Ce monarque a eu neuf grands-vézîrs , savoir: 1) Pir Mou- 'hammed-pacha le Q'aramanien; 2) Ibrahim -pacha; 3) Aïâz- (^^Li Alâs) pacha; 4) Louthfy-pacha; 5) Souleïmân-pacha; 6) Roustèm-pacha ; 7) A'hmed-pacha; 8) ' Aly-pacha ; 9) Mou'hammed-pacha le Bosniaque (1098).
La langue de ce souverain, qui s'énonçait avec un prodigieux talent et qui semait des perles, se plaisait parfois à improviser de brillantes poésies, et il prenait plaisir à rédiger des compositions tant en prose qu'en vers, qui se distinguaient par leur élégante diction et leur style coulant. Les deux vers suivants en
langae persane et en tork sont des productions du brillant génie de ce Ghosroès doué du naturerde César (1099):
(Vers.) Mes yeux sont derechef baignés de larmes, grâce au feu qui consume mon coeur ; mais cette fontaine se tarit en moi à sa source même (1100). Cesse tes clameurs {hal-u-hou) dans ce monde; tel est le métier de soulth&n (souUhânliq). Écoute les conseils de la fourmi ; tel est le devoir d'un Soulelmân (Salomon) (1101).
n a composé tout un divan (recueil de poésies) turk, où il a adopté le surnom poétique {^jJi^ tékhaUusz) de mouMbby (mon ami).
Les 2 a^r^-os^s (grands juges de Parmée), qui, sous son règne {khalifat)j ont occupé le siège de la judicature (1102), ont été au nombre de huit, savoir: 1) le mauUa ' Abd-ul-wàcf Tchéléby 2) le mauUa Q'âdir Efëndy; 3) le mauUa Maloûl Efèndy (1103) 4) Sinân Tchéléby (0. Efèndy); 5) Boustân Tchéléby (0. Efèndy) 6)'Abd-ur-Rahmân Efèndy; 7) le maulla'Hâmid-Efêndy ; 8) Pèrwîz-Tchéléby (0. Efèndy) (1 104.).
Dans la même année, le chah Thahmasp confia itérativement le gouvernement et la principauté de la ville de Hérât au chah Zàdeh Soulthân Mouhammed Mirza et le poste de lala (gouverneur du prince) à Châh-qouly Soulthân légân (l'unique) TUstâdjlou. Il unit, par les liens du mariage, au même prince la fille de Mir 'Âbd- Allah Mazèndérâny; et le fit partir pour le Ehoraçân.
La même année, le prince ouzbeg ' Abd-Allah-khân, fils d'Iskèndèr-khân, fils de Djàny-big Soulthân, fils de khaudjah Mou- 'hammed-khân (0. oglane\ fils d'Abou Ikhaïr-khân, se rendit sou- '^^^^[^ verain absolu d'une partie du Ma-wèrdimahr^ et se mit en marche, de concert avec quelques soulthâns ouzbegs, dans l'intention de se rendre maître du Ehoraçân (1105). Le chah zâdeh Soulthân Mou'hammed et son gouverneur Châh-qouly Soulthân, avec leurs maisons nomades »^ AiU et leur camp (prdou)j les rencontrèrent fortuitement a Tombèt et à Zàwéh (1106): effrayés et
consternés, il se retranchèrent eux-mêmes, parsnite de lear terrenr paniqae, avec une troupe nombreuse, dans le château de cette ville, où ils se réfugièrent (1107). Après s'être emparé du château de Zâweb, ' Abd-alla-khân y fit un massacre général. Il marcha de là sur Tourbèt, dont il assiégea le château. Il se mit d'abord à faire construire un mur de circonvallation (un retranchement ou une batterie aa^?) (1107 *), et préparer des instruments et des ustensiles de siège. Lorsque celui-ci se fut prolongé pendant une vingtaine de jours, la discorde éclata entre les soulthâns ouzbegs, qui levèrent subitement le siège, bien que les assiégés fussent réduits à la dernière extrémité, et ils partirent pour la Transoxane. Le prince royal et son gouverneur, s'étant
sauvés de ce mauvais pas, avec environ deux à trois mille hommes, regagnèrent Hérât.
Notice sur les 'ouléma (savants) et les cheïkhs de Tempire othoman {Boum) qui ont été contemporains du sulthân Sou-
leïmân-khân (1108).
1) Le grand-mauUa Khaïr-uddin Ëfèndy, qui fut un modèle de vertus pour tous ses égaux. Il était natif de la bourgade de Q'asthamoùny. C'était un homme très-distingué J^ii et très-instruit, qui joignait la profondeur à la sagacité. Il fut d'abord
professeur Jm^ de l'empereur et passa, pendant tout le reste de sa vie, ses instants riches en bénédictions c}(jJ\ ^Ji^^^ dans la société de ce monarque (1109).
2) Le mauUa Kémâl-Pacha-zâdeh, cet assemblage de perfections morales, qui fut le plus instruit des savants de tous les siècles et le plus accompli des littérateurs de son temps. Tous les savants de l'empire othoman (du Eoûm) conviennent à l'unanimité, que leur pays ne produisit jamais d'homme aussi distingué, aussi parfait ni aussi universel que lui (1110): il a laissé après lui une multitude d'ouvrages et de brillantes poésies turkes et persanes. Il devint enfin le moufty de son époque, et
reçut le titre honorifique de moufiy-utz-tzaqaléifi (le moufty des deux classes de créatures privilégiées, c'est-à-dire de l'espèce humaine et des génies).
3) Le mauUa ' Aly-Tchéléby, qui devint également moufty, et ^[^if qui était extrêmement religieux, et fidèle observateur de la loi (divine) (1111).
4) Sady-Tchéléby, qui parvint aussi au poste éminent de moufty, après avoir été q'âzy de Constantinople (1112).
5) Le mauUa Mou hy-u ddîn Tchéléby-'Seâdeh, qui fut d'abord q'âzy-'askèr d'Anatolie et de Roumilie, et qui devint ensuite moufty (1 113).
6) Q'adry-Tchéléby, qui fut le modèle de tous les savants du monde, et la fleur («u»"^ l'essence) des littérateurs de son siècle (1114).
7) Le maulla Tchéwy-zâdeh, fils du maulla Mou hammed, qui fut, dans le principe^ qâzy-askèr d'Anatolie, et dont les décisions (arrêts) servirent de base aux fetwas et à la solution de la plupart des affaires litigieuses ou questions juridiques LL^ (1115).
8) Son excellence (1116) le cheïkh'Abd-ulkérim Efèndy, qui était, à la fois, un illuminé (11 17) et un contemplatif. Il prêchait quelque fois dans la petite mosquée de Sainte Sophie, et il finit par devenir moufty.
9) Le nec-plus-uttrà (djU la conclusion, le complément) des savants du monde et des hommes de lettres de son temps, le maulla Sad-ulmiUH wèdin (le bonheur de la nation et de la religion) Abou-sso'oùd, connu sous' le nom de Khaudja-Tchéléby^ dont on peut dire, sans être entaché d'exagération et d'hyperbole, et sans se rendre coupable de partialité et d'adulation, qu'il enleva la palme de la supériorité et de la prééminence à tous les savants du monde et à l'universalité des littérateurs de son temps. Il a commenté les versets sacrés du Q'orân, de ce livre antique, qui établit la distinction entre la vérité et le mensonge (û^>
^ji). Il orna la dédicace ÇûunUhbeh) de cet ouvrage du glorieux nom de Théroiqae sulth&n (1118).
Le nombre des établissements d'otilité publique ûl^ et des
' fondations pieuses o[/^* ^^ <^ monarque défunt est trop consi- - dérable, pour que notre qdame à deux languettes ù^jj^ puis se les décrire dans cet ouvrage plein d'imperfections.
Année 975. (A. D. 1567-68.)
Le chah Thahmasp conçut, cette année, de la rancune contre le khân A'hmed, tvâly du Guilân Biâh-piche^ pour différentes causes qui seront énumérées ci-dessous par la plume de Texposition : «Le chah, comme nous Pavons raconté précédemment, avait fait ^2S5: mourir, entre autres, Soulthân Mouzaffèr, wàly du GmHkn-BiahpèSj dans un moment d'animosité contre lui, et avait réuni sa principauté aux états du khân A'hmed, à qui il l'avait allouée. Lorsqu'un des petits-fils de Soulthân Mouzaffèr, nommé Djèmchld-khân, qui était le fils de la soeur du chah, eut atteint plus tard l'âge de puberté et de discernement, le chah Thahmasp, cédant aux sollicitations de plusieurs personnages de marque, prit ce jeune prince sous sa protection; et ayant égard aux liens de parenté subsistant entre eux, lui destina sa fille, et lui restitua sa principauté héréditaire, c'est-à-dire le OuUân Biàh-pès (1119), qui était, depuis environ trente ans, au pouvoir du khân A'hmed. U fit accompagner Djèmchid-khân par le dzoulqadre lolq'oulybig (1120), qui était auparavant ag'a de la Porte {Çapou agacy) de ce monarque {padichah) et l'âme du gouvernement {c^oumlètifl-moulk^ la somme du royaume) q'izilbâche (1121); et il l'envoya prendre pos^ssion du Guilân (BUÛi-pès).
Dès que Djèmchld-khân arriva dans ces parages, le khân A'hmed remit la principauté 4^Xf ^ ^^^ fondés de pouvoir (commissaires ou fonctionnaires Cj^ùlLf); mais il fit quelque difficulté au sujet du territoire (ou district ç^ï) de Kùutchusfân (?) (1 122), qu'il hésita à livrer, sous prétexte que Koutchusfân était, depuis
longtemps, incorporé au Guilân Biâh-piche. Comme il persistait dans ses prétentionSi lol-q'ooly-big résolut de s'emparer, de vive force^ du territoire de Koutchusfân. Eakon chah Manszoûr-Làhidjy (de Lâhidjân), qui était sipeh-saiâr de Lahidjàn et wàly de Kùtdchusfân (?) fit des difficultés pour livrer cette place, et les choses en vinrent au point de recourir aux flèches et à la lance, lol-q'only-big fut tué par les OuUeJcs (grossiers habitants du Guil&n).
L'animosité du chah avait encore un autre motif: il y avait déjà près de vingt ans que le chah Thahmasp avait fixé sa rési-* dence à Q'azwin, et il n'y avait pas plus de trois stations de distance (1123) de Q'azwin jusqu'à Lahidyàn et à Deïlémân, où le kh&n A'hmed résidait en été et en hiver: il n*était cependant jamais venu, dans ce laps de temps, faire la cour au chah, à qui il n'avait témoigné aucune attention.
A l'époque même de l'arrivée de Soulthân Balézid (11 24) et de ses fils, A'hmed-khàn en avait été instruit. On envoya quel-^^jA qu'un le quérir, et il répondit à cette invitation en s'excusant de ne pouvoir s'y rendre. Il s'était en outre rendu coupable, en diverses autres circonstances, d'indifférence et de tiédeur envers les serviteurs du ch&h ; ce qui fut la cause pour laquelle le chah Thahmasp prit le parti de te mettre à la raison (de le châtier jLi^). n donna, en conséquence, à Ma'szoùm-big le Szèfide l'ordre de se mettre en marche, par le chemin de EhèreéuM (ou Kherzùub^) (1125) et de KMkhâlj avec les troupes du Q'arabàg, de rAdzèrbaldjân, du Q'ara4jah-dàg', de Thawàliche, du Biâhpès et de Kèskèr (1126). Il fat en outre ordonné à l'armée du Boustèmdâr et de l'Iraq' de marcher, sous les ordres du kUa. Nazar-big l'UstâdjIou, aux émirs de la Porte 4iUjd (?), d'entrer en campagne à la suite et sous le commandement en chef du châh-aâdeh Soulthân Mouszthafa Mirza, avec une vingtaine de mille hommes de cavalerie et d'infanterie de la frontière (ou de Dûr-vH-merBé) venant de TMiqàn et de Kilâreh-decMe (1127). Allah-q ouly Soulthân Itchik-aug'lu l'UstâdjIou (1 128) reçut enfin
Tordre de prendre la route de Roudbàr (1129) avec à pea près trois mille cinq cents hommes de corps des qoroudjis de Thâche (peut-être ThûlicJiel) (1130), pour se rendre maîtres du Guilân et faire prisonnier A^hmed-khân. Lorsque celui-ci eut appris la nouvelle de Tarrivée de Maszoûm-big et de l'armée qMzilbàche dans le Guilân, il donna également Tordre de lever (toutes) ses troupes (1131), et rassembla sous sa bannière, à Lahioyân, près de trente mille hommes d'infanterie et de cavalerie, avec lesquels il se prépara à la résistance, et se disposa au combat. Dans cet intervalle. Ma szoûm-big, ayant conçu quelque inquiétude, écrivit à A^hmed-khàn une lettre des plus affectueuses ^^l^sd^^^ Jjlxm (pleine de bienveillance), qu'il lui adressa par un de ses serviteurs (officiers). Cette missive était ainsi conçue: «Si parfois (1132) il parvient aux oreilles du chah, que tu rassembles ton armée (1133), et que tu as Tintention de livrer bataille et d'en venir aux mains, cette nouvelle inattendue l'indisposera encore davan* tage contre toi. Le parti le plus sage à prendre, en ce moment, c'est de licencier l'armée que tu as réunie (sous tes drapeaux), et d'envoyer au pied du trône du padichâh une requête dictée par le plus sincère dévouement et conçue en ces termes : «Je sois un des serviteurs et des amis dévoués de votre céleste cour. Les ^^7^' droits des pères et des aïeux de votre très-humble serviteur sont constants aux yeux de la conscience pleine de noblesse du chah (1133 ''). La principauté cJij du Guilân fait partie des états bien gardés de votre majesté ! Quelle que soit la personne à laquelle elle jugera à propos de l'accorder (1134), je la lui remettrai sans difficulté et sans discussion». Le simple et 'naïf kbAn A'hmed se laissant séduire par les discours de ce vieux loup et de ce renard plein d'astuce, ajouta foi à ses paroles fallacieuses (1135), et dispersa les troupes qu'il avait mises sur pied (1136).
(Vers.) L'homme instruit (adroit) parvient, à Taide de la parole, & mettre ordre à des affaires que ne pourraient terminer cent armées des plus formidables.
A'hmed-khân, espérant que Maszoftm-big reviendrait après
avoir exposé ses affaires à la coar du chah avec autant d'exactitude que de vérité^ se fixa tranquillement et sans la moindre méfiance, à Lahidjân, avec une suite peu nombreuse, en attendant la réponse du chfth. Lorsque Ma'szoûm-big s'aperçut de sa crédulité, il vint, du lieu nommé Eoukah et Ehèrkàm (1137), assail- ' lir, à Pimproviste, Â^hmed-kh&n. Celui-ci fut surpris par Pavantgarde de l'armée (1138), au moment où Ton venait de servir le déjeuner sur la table du prince, pour le simple athlète et le gardien des lions O^^ (^^ ^^ guerrier) aussi bien que pour les savants les plus profonds et les littérateurs les plus distingués de leur époque, de toutes les classes et de tous les rangs, comme l'a dit fort à propos le maulla lahia-khân Lâjiidjy:
(Vers.) Si tu peux trouver désert le chemin qui conduit au banquet particulier (du monarque), tu parviendras aussi bien à trouver tous ceux que tu as perdus (1139).
Dans ce moment solennel C^ jiJii on n'avait pas encore commencé à goûter le repas, lorsqu'on reçut la fatale nouvelle. Les Guileks n'eurent pas le temps (1140) de mettre en selle le khân A'hmed, qui sortit de Lahidjàn avec vingt personnes, tant à pied qu'à cheval, et qui se dirigea du côté de Rankou et d'Âchgwèr (1140 ^). Ma'szoûm-big fit son entrée à Lahidjàn avec ses émirs (généraux). L'émîr Dje'hàn-guir, fils du khaudjah 'Aly-big, qui était émir-id-ouméra (généralissime des troupes), du khân et Gheh-suwàr-btg Licheteh-nichàyl (?) (1141) vinrent faire leur soumission et furent comblés de faveurs sans bornes. ^sss!
Après que les émirs et les officiers supérieurs eurent cherché le khân A'hmed pendant quelques mois, l'armée épuisée par ces courses continues, et affaiblie par l'air méphitique du Ouilân, resta dépourvue de vivres, de subsistances et d'armes (1142). Ses chevaux furent tellement amaigris et fatigués de manger du riz dans son écale (1143), qu'elle désirait ardemment de sortir de ce pays. L'hiver survint dans cet intervalle; la neige couvrit les montagnes du Ouilân, et le^ arbres se dépouillèrent de leur feuillage. Le chfth fit donner aux troupes q'izilbftches Tordre
d'envahir encore une fois le pays du côté d'Âchgwèr jfiS , et de s'informer de ce qu'était devenu le khân Â^hmed. Conformément à ce firman, les Q'izilbàches pénétrèrent dans le Guilân du côté de Lahidjân (1144), et AUah-qouly SoulthÂn Idjik-ang'lu, avec les qoroudjis de Tbàche (?), du côté des montagnes de Rondbâr (1 145). Ils s'emparèrent de la personne d'Â'hmed-khân au lieu nommé ^àhAmleh-f(j/M, (rivière du bonnet noir) (1146), une des dépendances d'Âchgwèr. Ils le trouvèrent, avec deux ou trois serviteurs, dans un parc (1147) de moutons et de boeufs, où il était occupé à pincer du luth (1148); et ils l'amenèrent à Ma szoûm-big. Cinq émîrs furent préposés à la garde du Guilân, conjointement avec AUah-q'ouly Soulthàn, le gouverneur (2â{a), et le Ch&h-zàdeh Soulthân Ma'hmoûd-mirza, cinquième fils du chah. Dans le nombre de ces émtrs se trouvait l'auteur de ces pages. Ma'szoûm-big emmena le khân A'hmed, et évacua le Guilân avec les émîrs et les troupes placés sous ses ordres: ils eurent l'honneur de baiser, à Q'azwîu, le seuil du chah. On garda le khân A'hmed en prison pendant deux à trois mois, et on l'envoya ensuite au château de Q'àhqahahy ou il resta enfermé près d'un an. Le chah Thahmasp se méfia de lui, à cause de sa liaison avec Ismaïl mirza (1149), et craignit qu'ils ne fomentassent, d'un commun accord, quelques troubles dans le château. Le chah, ne se fiant nullement au khân A'hmed, le fit extraire de cette prison d'état, et l'envoya an château d'Iszthakhr-lez-Chirâz, où il resta incarcéré pendant dix ans. Nous ferons savoir au lecteur, dans le cours des événements qui vont suivre, d'une manière approximative, comment ce prince finit sa carrière.
^^': Année 976. (A. D. 1568-69.)
L'émir (chef) du divan Châh-q'ouly Soulthân l'UstâdjIou, gouverneur du Tchoqour^d^ qui avait été envoyé en Turquie (Roûm) pour transmettre les comj)liment8 de condoléance du chah à l'occasion du décès du sulthân Soulelmâa-kiiân et pour félici-
ter le salthàn ^élim-khân II de son avènement au trône^ revint, cette année, content et satisfait de son ambassade (1 150).
Cette même année, Maszoûm-big demanda sa démission des fonctions de vézlr, qu'il cumulait avec celles ^émXr (chef) du divan, et se mit en route pour aller visiter les deux villes saintes (les deux temples sacrés de la Mekke et de Médine), que Dieu accroisse, de jour en jour, le respect et la vénération dont ils sont l'objet! Il partit avec une foule de notables q'izilbàches, tels que Mir-Mouhammed, (fils de Mir louçouf) (1151) le uodir (primat), son propre petit-fils o<^lj ^^J^ (?) (1152) et Bécbàrètbig, préfet (darogah) des archives (deftèr-khâneh) du royaume. Le poste de vézir fut confié à l'émir Seià-i-chérifA-tzâny (second). Il fut admis, la même année, dans le sein de la miséricorde divine. Maszoûm-big, qui avait fait la conquête du Ehoraçàn et du Guil&n, n'en fut pas récompensé par le chah, comme il l'espérait (1152 *). Lorsqu'il arriva avec ses compagnons de voyage, à Haleb et à Damas (Châm), on annonça au monarque alors régnant, qui était le sulthân Sélîm-kh&n, que Maszoûm-big était arrivé en Turquie {Iioûm)j sous prétexte d'aller visiter la maison de Dieu; qu'il rassemblerait sous ses ordres tous les seoufis (1153) dé l'Asie mineure {Boûm\ susciterait des troubles dans cette province «I^^^, et en ferait la conquête (1154). Il émana de la sublime Porte un décret impérial adressé à Derviche-pacha, mir-^i-miràn (gouverneur général militaire) de la Syrie (Damas), à qui il enjoignait de tâcher de se défaire de Maszoûmbig et de ses compagnons de voyage. Derviche-pacha, se conformant, de son cèté, à l'ordre qu'il venait de recevoir, fit aussitôt escorter la caravane de pèlerinage par deux centaines de lanciers montés sur des chevaux arabes, auxquels il fut recommandé de saisir la première occasion qui se présenterait, à l'une des haltes de la caravane, pour faire l'affaire de Maszoûm-big et de ses compagnons. Us se jetèrent, en conséquence, sur eux, entre les deux villes saintes, travestis en Arabes (1154 ^), et se faisant passer pour des brigands et des voleurs de grand chemin, qui
p. bm! détroussaient les pèlerins et infestaient les caravanes. Ils jes assassinèrent tons, au moment où ils Tenaient de sortir de leur litière pour faire la prière du matin.
Dans la même année 976, les habitants du Guilàn se coalisèrent et remirent l'autorité souveraine à un personnage nommé Soulthàn 'Hàchèm, qu'ils découvrirent, et qui était un des descendants des princes du Ouilân. Us attaquèrent ensuite les émirs et les darogm (préfets) qizilb&ches, dont une partie fut tuée, et ils en expulsèrent une autre partie de leur pays. Ds finirent par mettre sur pied à peu près dix-huit mille hommes de cavalerie et d'infanterie, et assaillirent le gouverneur J^L de linkaUn jJICJ (1 155). Celui-ci leur livra bataille, et en vint aux mains avec eux sur les bords de la rivière de Mer0€ (de la frontière), à la tète d'environ cinq cents hommes de sa suite O^j^t ^^ qorou^jis kourdes et de quelques émirs q'izilbâches (H ^6)» 4^ étaient venus de Q'azwin à son secours. L'armée du sulthân Hàchèm fut mise en déroute, et il y eut un grand nombre de tués de part et d'autre. Il périt dans cette affaire près de dix-huit cents hommes de la nation guite, que l'on amoncela sur la place (Vhyfpodrame ou marché) de Tènkàbune (1157), et dont les crânes servirent à ériger trois tours {minarets ou colonnes) triomphales.
Année 977. (A. D. 1569-70.)
Dans le courant de cette année, le chah Thahmasp conféra les provinces du Guilân (OL^ Guilanût) à Soulthàn Mou hammed-mirza, et lui adjoignit, en qualité de gouverneur (ou mentor, ma); Allah-q'ouly Soulthàn EUchik'{?) (1168) auglu. Il répartit ensuite le reste de la province du Guilftn entre les émirs (généraux) qizilbàches. Âllah-q'ouly Soulthàn et les autre chefs q^izilbàches, voulant punir les habitants du Guilàn des fautes dont ils s'étaient rendus coupables et qui leur avaient attiré l'animadversion(le mécontentement ^LUd,,2iJL^ du chah Thahmasp, com-
mencèrent à les vexer et à les molester. Un des descendants de Q'ara-Mouhammed nommé Emireh-Dïbûc^ (1159) et Àjdéha- Sonlthàn, qni appartenait à la classe d'habitants isJL de lAchetehnicha (1160) nommé ' Houbkéh-hènd (porte-ceinture?), s'insurgerent. Os mirent à mort Cheh-Sn^àr-big, aypeh-salâr (commandant des troupes) de Licheteh-nicha, et wâly de cette localité, en qualité de lieutenant (au nom iT^Lj jl) du chah. Il {Emireh- ^git Dibdcfj) commença alors à se soulever et à s6 révolter, et les habitants du Guilân se liguant avec lui, agirent de concert et d'un commun accord, pour expulser les troupes qizilbàches (1161).
Dans la même année, Eel-Ehosrew, fils de CFrigareh (Grégoire) le Géorgien, arriva à la cour du ch&h avec des présents et des cadeaux destinés à ce souverain, et devint l'objet de la bienveillance sans bornes de ce monarque.
Année 978. (A. D. 1570-7L)
Le sulthftn Selim-khàn confia, cette année, à son troisième vézir (1162) Q'ara-Mouszthafa-Pacha le lâtay le commandement en chef de ses armées victorieuses, et l'envoya faire la conquête de File de Chypre (1163). Mouszthafa-Pacha marcha contre cette lie à la tète de ses troupes aussi bouillantes qu'une mer courroucée; et dans l'espace de quarante-cinq jours, il prit d'assaut (1164) le château fort de Nicosie (ancienne Leucotheon^ nommée en turk Lefkocha)^ qui était la place la plus forte de cette tle. Il y passa l'hiver; et au commencement du printemps, Ù s'embarqua et se dirigea vers le château fort de Famagouste (ou plutôt Amagostey que les Turks appellent Manqo8za\ qui est une des places les plus renommées de ce pays (1165). Il l'assiégea, rédpisit les assiégés à la dernière extrémité, et les infidèles capitulèrent, c'est-à-dire qu'ils demandèrent la vie sauve (1166). Ils s'engagèrent à livrer la forteresse, sous la condition expresse qu'ils auraient la faculté de s'embarquer à bord de leurs vaisseaux avec leurs femmes et leurs familles (lia*)), et de regagner
lears foyers et lenr patrie en Europe. Les janissaires et les troupes de la porte, mécontents de la capitulation, dégainèrent contre les Francs leurs glaives impitoyables, massacrèrent tous les hommes (1168), emmenèrent en captivité leurs femmes, leurs enfants et leurs filles, pillèrent et ravirent leurs richesses et leurs effets. Tous les autres châteaux de cette ile tombèrent au pouvoir des amis dé la puissance victorieuse.
Dans le courant de la même année, Emireh-Dibftdj de Licheteh-nicha (1169) rassembla sous son drapeau une bande de malfaiteurs, de gens sans aveu, de libertins et de débauchés du 6uî- ^p"*2j/* lân et vint surprendre Lahidjàn. Il s'empara du château fort, qui y avait été construit par ordre du chah et oii l'on avait laissé en garnison près de quatre cents mousquetaires chargés de la défense de la place. Celle-ci fut prise; la garnison fut passée au fil de l'épée et mordit la poussière. Les darogas (gouverneurs civils) et les commandants des garnisons q'izilbâches, qui se trouvaient dans tous les autres cantons et les villes du Guilân (1 170), furent en partie tués et en partie expulsés du pays. Emireh-Dibâdj soumit toute cette contrée à sa domination, et les qfzilbâches, qui échappèrent au glaive, prirent la fuite, et allèrent rejoindre, dans le Dellèm, le châh-zâdeh Soulthan Ma'hmoûd et Âllah-q'only Soulthan. Lorsque ces fâcheuses nouvelles parvinrent aux oreilles du chah à Q'azwîn, il se hâta d'envoyer dans le Dellèm, au secours (1171) du Châh-zâdeh Mahmoûd-mirza, tous les principaux émîrs l^^l jl jLcl et les q'oroudjis Ustâdjlou avec les autres émirs de la porte 4iUj3. Quoiqu'il se trouvât sous les armes, dans le Dellèmân (ou plutôt Dilémân) ^) près de dix
1) L'article DUèm Aj^ est ainsi conça dans le Bourhâni-qâthi (édit de Scu-
tari, p. 889): DUèm Ja^ qni s'écrit avec an ya brrf Jy%^ iCu et on lame mir-
que d'un fat'h {è) est le nom d'ane viUe du (Mlânj dont les habitants ont les cheveux et la barbe crépus et frisés comme les Arabes. Les armes dont se serrent la
plupart d'entre eux sont la hache, le poignard qjP^ et une courte hallebarde nommé êoupine ^j^jj ù^^* ^^^^^^>^j 4^1 s'écrit avec les mènes to-
mille hommes appartenant à la nation qizilbàche, ils n'eurent pas le courage de marcher contre Emireh-Dibàdj et Lahidj&n. Près de quatre cents hommes faisant partie des corps des q'oroudjis Ustàdjlou et des qoroudjis gaHblou (étrangers) (1172), ainsi que d'autres peuplades q'izilbàches, marchèrent enfin, en déterminés j^ (j;^^ j' (^^73), contre le Guilân, sans la permission du châh-zàdeh et des émirs. Us reçurent un renfort d'à peu près six mille fantassins et cavaliers du Ouilân-Biah-pès^ de la part de DjèmcMd-kbân, wâiy (prince régnant) de cette contrée, et ils se dirigèrent vers Lahidjân dans l'intentiop de livrer bataille à Ëmireh-Dibâdj. Lorsqu'ils arrivèrent sous les murs de cette ville, Emireh-Dibàdj, de son côté, vint à leur rencontre, et le combat s'engagea. L'armée qizilbâche fut battue la première fois, et il périt près de vingt fils d'émîrs Ustàdjlou. L'armée du Biûh-pès se mit enfin à la poursuite d'Emireh-Dibàdj , qu'elle prit pour but de ses flèches et de ses mousquets. Une balle de fusil l'atteignit, par hasard, entre les deux épaules et lui ressortit par la poitrine. Cette catastrophe mit les Guileks en déroute. ^."^/Z* Les Q'izilbàches les chargèrent à leur tour, foulèrent aux pieds (écrasèrent) leur infanterie et leur cavalerie, et le Guilàn retomba sous la domination des fonctionnaires investis des pouvoirs du chah.
^ Année 979. (A. D. 1571-72.)
Le chah Thahmasp confia, cette année, le gouvernement du
y elles que JBy-j?^&â» a le même sens que JLd DiZdm, qui a été défini pins haut.
aOn lit dans le Çfamoûs (édition de Scntari, T. III. p. 451): JLjJ) BéOèm^ qui
s'écrit avec les mêmes voyelles que ^Ha%dèr est le nom que l'on donne aux hom* mes qui appartiennent à une nation généralement connue. D'après le Bourhàn
on appelle Dédèm une ville située dans la province du Guil&n, dans PIr&n, dont les habitants sont extrêmement forts JU jd «t ont la obev^lure crépue. On les appelle encore DQèm. C'était, dans le princ^e, une espèce d'hommes ci^ ^^ 1* classe ^pMfti au K<mrdei.
Guilàn à Plreh-Mouhammed Tchaonchelon (1174), on des émirs Ustàdjion, et envoya Péintr GTalb Sonlthàn dans le Dilèmân et les montagnes dn Oailftn, poor en expulser les brigands et les gens sans aveu qui s'y trouvaient. L'émir GTalb Soulthftn mourut dans le Dilèmftn. La province du Ouilân fut confiée à Imâmq^ouly Mirza (1175), et les fonctions de gouverneur du prince furent conférées à Plreh-Mou'hammed.
Dans la même année, il se perdit une brique (un lingot) d'or et une d'argent du nombre des six cents qui étaient enfouies dans le château fort de Çfahqaha (du ricanement), et dont chacune pesait trois mille mitBqdls^ poids légal (1 176). Le commandant du château, qui était 'Habib-big TUstâdjlou, imputa ce méfait à Ismad-mirza. Celui-ci, de son côté, en soupçonna sa fille. Le chfth Thahmasp envoya au château plusieurs émirs chargés d'instruire cette affaire. Le khalfa Roumlou "Houceln-q'ouly, et wély-khalifah le Ghftmlou, gouverneur de Q'om, appuyèrent l'assertion du mirza. Plreh-Mouhammed l'Ustàdjlou (1177) et le khalifah des Anseârjla^l (ou des chrétiens?), qui était toâly de Q*ara4jah-dâg', prirent de préférence le parti de'Hablb-big (1 1 78), et ajoutèrent foi à ses dépositions. Les deux partis étant d'un avis opposé l'un à l'autre, arrivèrent à Q'azwln. Confrontés l'un avec l'autre à l'audience du chah , ils tinrent l'un et l'autre des propos contraires aux lois de l'urbanité , dont la plupart étaient autant d'allusions iuL/ à la personne de sa majesté le chah. A dater de ce jour la haine éclata entre les diverses peuplades q izilbftches. Une partie de leurs émirs (chefs) embrassèrent la cause d'Ustàdjlou; d'autres prirent le parti d'Isma II- mirza et du khaltfah(1179).
Année 980. (A. D. 1572-73.)
Au commencement de cette année, Mélik Sonlthàn Mou ham-
^Jf' med, fils de Mélik Djéhftngulr, tûdy de Eudjou (1180), une des
dépendances du Roustèmdftr, qui était fils de la soeur du khàn
A'hmed-GnilàDy (1 181), conçut le projet de se rendre maître du Ooilftn. Nous allons donner à nos lecteiirs quelques détails à ce sujet:
Avant la conquête du Ouilàn et la captivité du khàn A^hmed, Iskèndèr-big TÂfcbâr (1181 ') s'était rendu à la cour de Mélik- Djéhftnguir, afin d'y percevoir les impôts dont il s'était chargé pour la ville de Eudjou ff J^. Le mélik fit quelques difficultés pour les acquitter et Iskèndèr-big se fit un jeu 4j;»L ^^ de l'arrêter et de le mener à la cour du cbâb, qui l'envoya au château d'Alamoute, où on le tint enfermé jusqu'à la fin de ses jours. Depuis qu'il aspirait à la principauté du Guilàn, et que le démon de la vanité et de la présomption s'était emparé de son cerveau (1182), il s'était rendu coupable de plusieurs actions tellement inconvenantes que le cbàh Tbahmasp lui avait donné le surnom (sobriquet) de MélikrTiiwàiMh (l'insensé mélik). Il avait même ordonné à Imàm-q'ouly Soultbàn, fils de Bedr-khàn Ustâdjlou, de l'expulser et de s'emparer du château de Eudjou (1183). Imâmq'ouly Soulthân s'empressa d'obéir au décret de son souveraiUi en marchant contre Mélik Mou^hammed à la tête de cinq mille hommes d'infanterie et de cavalerie (1184), et assiégea le château de Eudjou.
Dans cet intervalle, le mélik adressa à Imâm-qouly Soulthân un message ainsi conçu: «Si vous daignez avoir la bonté de vous présenter seul à la porte du château, je vous communiquerai en secret, et vous dirai, de vive voix, certaines choses que je ne puis révéler à personne (1 185). Après avoir conclu une trêve (?o:>bj)j« j)^), nous exposerons, d'un commun accord, nos affaires au pied du trône sublime du chah. J'ai en outre préparé, pour les déposer à vos pieds, quelques présents et cadeaux que je vous offrirai; entre autres un faucon mâle tiercelet (? (Jij^ iiU^), que l'on ne trouve pas das la fauconnerie jij^ des plus illustres monarques (1186). Imâm-q'ouly Soulthân ne me refusera pas cette marque de bonté et de bienveillancei». Lorsque cette nouvelle lui fut parvenue, il témoigna le désir de se rendre à
cette invitation. Les personnes de sa suite et ses officiers snpé- Î!^J^!* rieurs (^jLcl notables), eurent beau le dissuader d'yaHer. Comme c'était un homme déterminé, qui adorait les oiseaux de proie jyL, et qui était passionné pour la chasse, l'envie de posséder le faucon captiva tellement son coeur (1187), qu'il laissa échapper des mains la bride du libre arbitre. Sour deux discours de ses conseillers les plus dévoués, il posa le pied hors du cercle de la prudence et de la circonspection. Il se rendit, en conséquence, inconsidérément et sans pouvoir se contenir, au lieu du rendezvous avec un petit nombre des siens. Le mélik Soulthàn Mou- 'hammed avait armé jusqu'aux dents et aposté quelques braves des plus déterminés. Arriver sur la place et être sabré par le glaive impitoyable de ces sicaires, fut pour Imâm-q'ouly Soulthàn l'affaire d'un moment.
(Hémistiche.) Lorsque la dernière heure du gibier arrive, il va lui-même au devant du chasseur (1188).
Dès que le bruit de cette catastrophe se fut répandu, ses soldats prirent la fuite, se débandèrent et revinrent des alentours de Eudjou à Q'azwîn.
Année 98L (A. D. 1573-74.)
Dans le courant de cette année, l'auguste tempérament du chah Thahmasp s'écarta de la ligne droite (se dérai^ea), et il fut atteint d'une maladie accidentelle. Son second fils nommé Soûl-thàn Souleîmân Mirza, qui devait le jour à la soeur du chamkhâl tcherkès (circassien) (1189), et qui s'était voué, pendant toute sa vie, au service (culte) du tombeau de l'imàm Riza (à qui nous offrons nos salutations et nos voeux), se trouvait, en ce moment, à Q'azwin, où il était venu rendre hommage (1189 ^) à son auguste père. Pendant la maladie de ce souverain , les peuplades qizilbâches s'étaient divisées en deux partis, qui étaient sur le point d'en venir aux mains: la Perse était, par conséquent, menacée des plus grands troubles et désordres (1190), lorsque le
Très-Haut daigna rendre tout-à-coup la santé au chah (1191). La flamme de la guerre civile, qui était sur le point d'éclater, s'assoupit et finit par s'éteindre. Cette circonstance inspira au monarque la plus grande animad version ^iU Oj^j/ contre les chefs q'izilbâchesy qui avaient été les fauteurs de ces troubles; savoir d'une part: 'Houceïn-q'ouly le khalfa Roumlou, l'émtr Âf-^^f' char Âszlân-big et le chamkhâi tcherkès; de l'autre, le centenier Ustâdjlou 'Houceln-big, Pèry-big (1192) Q'odjlou, le qoroudjy turkoman et le Géorgien Zâl. Il conçut la plus grande antipathie pour ces personnages, mais il méditait les moyens d'en tirer vengeance. Gomme la circonstance n'exigeait point de ménagements ( J^^* convenance), leurs intrigues devenaient de jour en jour plus dangereuses (1193):
(Vers.) Ne contribue jamais à la prospérité d'êtres foncièrement méchants, car la protection que tu accorderas au loup deviendra pernicieuse. Ne parle pas à tes inférieurs avec trop d'affabilité (condescendance), car il faut (par fois) briser par éclats le diamant même (1194).
Année 982. (A. D. 1574-75.)
Le sulthàn Sélim-khàn, qui disposait de la couronne et de l'empire, passa, cette année, de ce monde éphémère dans celui de l'éternité (1195). Il avait vécu cinquante-trois ans, et son règne en avait duré huit, plus une fraction.
Il avait eu six fils (1196), au nombre desquels se trouvait le sulthàn Mouràd III, qui, grâce aux sages conseils, aux généreux efforts et au zèle ineffable du grand-vézir Mouhammed-pacha, fut rappelé de Magniça (Magnésie) à Constantinople , et placé sur le trône des Césars de Rome ^jj qj^^> Ses cinq frères furent tous étranglés le même jour conformément au Nomocanon de l'empire othoman et en vertu du Fètwa des docteurs (ouléma) du rit orthodoxe d'Âbou-Hanifa Nomàn, fils de Tzàbite (1197), qui statue, qu'il est permis d'éviter (>^?) un mal de peu de
gravité ponr -se procurer de grands avantages. Ces cinq fils furent inhumés à côté de la tombe de leur auguste père.
Lorsque le ch&h Tbahmasp apprit, à Q^azwin, la mort du solth&n Sélim-khàn, il envoya & Gonstantinople Mou hammédy Soulthàn connu sous le nom de Toqmaq (Martel) avec de nombreux présents et cadeaux, afin d'ofrir au victorieux monarque ses compliments de condoléance et ses félicitations à l'occasion de son avènement au trône (1198).
Année 983. (A. D. 1675-76.)
Le chàb Tbahmasp remit, cette année, une partie de la province du Guilàn Biâk-^piche (1199) aux émirs Tékélu, et envoya ^r?#7f* cette infortunée J(^jj oLîu^ peuplade dans cette contrée pro-
tégée par la divinité jU) jaJ. On fit partir pour le Roustèmd&r Mouràd-kb&n, fils de Timour-kbàn l'Ust&djlou, pour se rendre mattre du territoire de Eu^jou et venger le sang (1 200) d'Imâm • q'ouly Soulthân, fils de Bedr-khân. Ce fut dans la même année que mourut Kftr-gula A'bmed, gouverneur (ou mentor, Ma) de Djèmchid-khftn, wâly du Biàh-pès.
Année 084. (A, D. 1676-77.)
Au milieu du mois de szafèr de cette année (1201), le chah Tbahmasp répondit à l'appel de Tange qui lui criait: «Dieu ap« pelle (les mortels) au séjour de la paix» (1202), et son âme pleine de noblesse, semblable à un oiseau captif, rompit la cage de son corps et prit son essor vers les bosquets du paradis. Ce soleil, dont les rayons bienfaisants avaient procuré aux humains le plus doux sommeil à l'ombre de là sécurité et du repos, étant parvenu à l'apogée de la prospérité, finit par s'éclipser, et le bonheur dont le* monde entier jouissait, grâce à sa protection, sur la couche de la tranquillité, et de la justice, s'évanouit du moment où sabeauté, aussi radieuse que l'astre du jour, disparut de l'horizon. Son
parasol qui se perdait danâ les nues et qui était un objet de jalousie pour la voûte céleste , fut renversé par Touragan de la mort, et son drapeau semblable au houma (phénix), sous l'aile duquel Taigle céleste ^) se reposait tranquillement, fut précipité par la rigueur (le châtiment v^) ^^ destin de l'apogée des Pléiades sous la poussière du tombeau.
(Vers.) Pleurons ce souverain maître du diadème et de la couronne, dont les autres tètes couronnées n'étaient que les tributaires. Pleurcms ce monarque, dont le ciel ne verra plus l'égal dans le miroir de la lune et du soleil I (1203).
Cette grande catastrophe et ce cruel désastre arriva dans la nuit du mardi, seize du mois de szafèr 984 (15 mai 1576). Les troubles et les guerres intestines, qui, depuis plus de quarante ans, étaient plongés dans le sommeil de l'incurie, éclatèrent (aussitôt) au sein des peuplades qMzilbftches. Le centenier 'Houcelnbig, qui était le plus ferme soutien (1204) de cette dynastie, de concert avec la plupart des notables et des tribus de la nation, avec les princes géorgiens 'Aly-khân et Zàl (1205), oncles maternels de 'Halder-Mirza et d'Imàm-q'ouly Mirza, avait laissé, avec l'assentiment de Soulthàn Ibrahim-mirza , fils de Behrftmmirza (1206), Soulth&n 'Haldèr-mirza dans l'intérieur du palais ^J^]^^' royal ^[^^ cJj^ pendant la nuit où le soleil resplendissant de la sphère de la monarchie cessa de projeter les rayons de sa bienveillance sur la face (les pommettes) du monde (1207), dans l'espoir que ce jeune prince monterait sur le trône de la royauté immédiatement après le décès de ce monarque sans égal et sans pareil. Lorsqu'une veille entière de cette nuit fatale se fiit écoulée, et que le potentat, dont la gloire et la puissance égalaient celles de Djèmchîd et d'Alexandre, eut pris son essor vers l'autre monde, Soulthàn 'Haldèr-mirza posa sur sa tête la couronne de la sou-
1) Cette constellation, que les astronomes arabes nomment ^Lkl) jêè^l
Vaii{^' volant ou simplement «^^UmJL et les Orecs 'Acto< se compose, suivant
Q^azwiny, de neuf étoiles parfaites et six imparfsdtes (Bem. Dom, Descrip. of an aràb* cdett, çlobe, p. 16, No. 16.).
veraineté et passa sur sa poitrine le baadrier du cimeterre doré J^ jjy ^^s ^) ^ pnt place, avec une autorité absolue, sur le trône du sultbanat (uniquement?) au milieu des princesses et des femmes du palais (1208). Lorsque Pèry-khân Ehânvme (1209), fiUe {sic) du chah défunt, vit que les affaires prenaient cette tournure, elle dépêcha, immédiatement et en toute hâte, une personne de confiance à son oncle maternel^ le chamkhûi tcherkès à qui elle . découvrit cette trame. Aussitôt le chèmkhâl, accompagné du kbalifah (1210) Roumlou'Houceïn-q'ouly, de l'émir Âfchàr Aszlân-big, des peuplades (tribus <Je'^) Tékélu, Turkomanes, Àfcbare (1211) et Kourdes armées de pied en caj), tant à pied qu'à cheval, arriva, au milieu de la nuit, par la porte de la place (du marché) aux chevaux (de l'hippodrome du cheval «^^1 ù'j^>' ils pénétrèrent ensuite tout armés et munis de leurs instruments et ustensiles de guerre, dans le jardin (le verger as^L) du'harèm. Dès que le centenier 'Houceln-big, ainsi que les corps i^^yL Ustâdjlou et Géorgien apprirent leur arrivée, ils vinrent, conjointement avec Soulthân Ibrahim-mirza, les attaquer du côté de la porte du divan connue sous le nom à^Ala-qapou (porte bariolée ou beUe porte). Les gardes du palais leur fermèrent la porte et s'opposèrent à leur entrée. Dans cet intervalle, Soulthân 'Haldèrmirza, suivant les conseils et les avis de quelques femmes à vue bornée, prit les vêtements de leur sexe, et voulut, sous ce déguisement, s'évader avec plusieurs d'entre elles (1212), pour, aller rejoindre ses partisans, et les personnes qui lui étaient dévouées, afin de se sauver des mains du chamkhâl tcherkès, de se mettre à l'abri du mal que pourraient lui faire les rebelles et les ^r^^p!' ignorants (1213) et de devenir souverain absolu du royaume. Lorsqu'il s'esquiva du palais, une foule de serviteurs circassiens s'empressèrent d'en prévenir le chamkhâl. Celui-ci se mit à sa poursuite; et lorsqu'il lui arracha le voile qui lui couvrait la tète, Soulthân 'Haldèr-mirza porta la main â son poignard et se jeta sur son adversaire. Un des esclaves tcherkès abattit, d'un seul coup de cimeterre, ce cyprès arrosé par les eaux du ruisseau de
la royauté, ce bouquet (1214) provenant du parterre de la souveraineté, qui était resté sans égal et sans pareil dans la famille des Szèfides et la lignée de Monrtéza.
Pendant ce temps là, le centenier \Houçeïn-big et ses subalternes brisèrent (1215) la porte dite Ala-qapou à coups de masse et de hache, et pénétrèrent dans la salle du divan. Le Géorgien Zàl attaqua le palais avec quelques hommes de la basse classe (1216); et le chamkhâl, ayant tranché la tête à Soulthân 'Uaïdèr, la leur jeta. Les Géorgiens engagèrent le combat et commencèrent la lutte dans l'intérieur du verger as^L du 'harèm. Le Géorgien Zal, qui était le sèrdâr (commandant en chef) de cette peuplade égarée, fut renversé d'un coup de mousquet, et cette troupe présomptueuse fut mise en déroute (1217). Ustàdjlou et ses subordonnés (1218), déconcertés, découragés et désespérés, enlevèrent Soulthân Mouszthafa, sortirent de Q'azwin avec son frère Imàm-q'ouly Mirza; et ils se dirigèrent du côté du Q'om (1219), avec un petit nombre d'individus qui étaient d'accord avec le centenier 'Houceln-big. 'Houceïn-q ouly khalifeh et le chamkhâl se rassemblèrent , avec leurs affidés et leurs subalternes, pour disposer de l'autorité souveraine. Malgré tous leurs efforts et leur insistance, pour placer sur le trône un des princes du sang auxquels les esclaves tcherkesses (circassiennes) avaient donné le jour, ils ne purent y parvenir. La nation q izilbâche, spectatrice de leurs menées, voyant que ce parti (cette troupe) échouait complètement dans son entreprise (1220), se prononça généralement en faveur d'Isma ïl-mirza, et se dirigea ^l^: par détachements et par troupes, vers le château de Q'àhqàhah (1221), oii ella frotta son front soumis sur le seuil du dévouement. 'Houceïn-qouly khalifeh et le chamkhâl, voyant que l'attachement et l'affection des diverses peuplades q'izilbâches pour Mirza Isma'ïl étaient portés à leur plus haut période, furent obligés d'envoyer, de leur côté, au château de Q'ahq ahah 'Haïdèr- Soulthân le Turkoman, pour faire sa cour au prince et lui protester de la pureté de leurs intentions, en lui affirmant que l'op-
position de ses très-hambles serviteurs et leur latte avec la peuplade Ustàijyioa, ainsi que le meurtre de Soulthftn ^Haldèr n'avaient en d'autre mobile que leur amitié et leur dévouement pour son Altesse: «Us n'aspirent aujourd'hui qu'à sauver et à conserver le trône et les richesses du trésor royal (1222), et attendent, à cet effet, l'arrivée de votre majesté, afin qu'elle projette sur la tète de ses serviteurs les rayons vivifiants de sa faveur, et l'ombre tutélaire de sa clémence». Il se rassembla, dans l'espace de dix jours, sous les murs du château de Q ahq'ahah, près de trente mille hommes d'infanterie et de cavalerie. Malgré la prudence et la précaution qu'avait eues le prince de leur fermer la porte du château pendant quelques jours, de ne pas la leur ouvrir et de ne point accorder d'audience (1222 *) aux émtrs ni aux notables, à cause de la terreur que lui inspiraient la peuplade Ustadjlou ainsi que le khàUfèJhànsgâry et parce qu'il craignait que l'attrou* pement des 'Qizilbâches ne f&t une ruse et un stratagème de ses ennemis (1223), il adressa, lorsqu'enfin son esprit fut parfaitement rassuré sous tous les rapports, à'Houceln-q'ouly khalifeh et à ses adhérents (coalisés) des ordres conçus en termes très-affectueux, dans lesquels il le qualifiait du titre de père. U sortit ensuite du château avec la plus grande pompe et le plus brillant appareil, se rendit au tombeau du cheïkh Szèfy (qu'il soit à jamais sanctifié !), eut l'honneur de visiter la tombe resplendissante de sa sainteté et celles de ses illustres aïeux; et, après avoir imploré leur protection, il se mit en marche vers la capitale de Q'azwîn. Il daigna d'abord s'arrêter dans la demeure de ^Houf. «5/f ' celn-q ouly khalifeh (1224), afin de choisir une heure propice et des pronostics (1225) favorables avant de monter sur le trône du sulthanat. Le centenier 'Houceln-big , avec qui se trouvait Soulthân Mouszthafa, effrayé d'apprendre que les peuplades q izilbâches avaient reconnu, à l'unanimité, Isma'll-mirza pour leur souverain, et qu'il était entré à Q^azwin, résolut de se rendre à Bagdad, déguisé en qàlèndèr (1226). Quelques personnes de sa connaissance le reconnurent, l'arrêtèrent et l'amenèrent garrotté
Ml
à la cour du chah Ismaïl La peuplade B^âte (1227), qui avait été attachée, du vivant du chah défunt, au service de Soulthân Mouszthafa Mirza, l'arrêta également, lorsqu'il vint lui demander un asyle, et le livra au chah Isma'U.
Âpres avoir été emprisonné, pendant huit mois, à Q'azwin, 'HottceïD-big fut enfin mis à mort par ordre du chah. Lorsque celui-ci se fut consolidé (1228), et fut parvenu à l'autorité absolue, il fit d'abord saisir 'Houceïn-q ouly khaha et fit priver de la lumière ses yeux clairvoyants en y passant une aiguille J..^ rougie (incandescente). H fit également mettre à mort une grande partie .des rebelles q izilbâches, qui avaient été les auteurs des« troubles et de la guerre civile, et infligea aux autres les châtiments -qu'ils avaient mérités. Il en promut d'autres aux postes les plus éminents et aux grades les plus élevés; d'autres enfin furent distingués, sans aucun motif, d'entre leurs collègues, par le souverain, qui rehaussa leur rang et leur dignité au-dessus des deux brillantes étoiles polaires de la Petite Ourse*). Nous raconterons, d'une manière circonstanciée, les événements ultérieurement arrivés à ce prince, et la fin de sa carrière, dans le cours des événements qui vont suivre.
Quant au chah Thahmasp, c'était un monarque aussi juste que vertueux ( JJ^ parfait), protecteur de ses sujets , et un souverain plein de jugement et d'équité (1229). Il était tellement désireux d'amasser des trésors et d'accumuler des richesses, qu'aucun des potentats de l'Iran et du Tourân, depuis l'apparition (1230) de Tchingulz-kbân (sur la scène politique), et même aucun monarque, depuis la propagation de l'islamisme (1231) ne s'est donné, à aucune époque ni dans aucun temps, autant de p-bss' peine pour grossir le trésor (royal), en y amassant une aussi grande quantité d'argent comptant, d'étoffes et de marchandises
1) Ces deux brillantes étoiles p, y, faisant partie de la hière ^^m dans la Pe^
tft^tf Ourse sont nommées ^l^i^l les deux veaux par les astronomes arabes
Bern. Dorn, Deecript. qfan arahic edestiàl globe, p. 11, No. 1.
de toute espèce, telles que vases et vaisselle d'or et d'argent (1232).
A l'époque où le chàb Isma'll chargea l'auteur de ces lignes de constater et d'inventorier l'effectif du trésor royal et du fisc (1232 % ainsi que toutes les richesses du monarque défunt, il se trouvait en caisse trois cent quatre-vingt mille toum&ns d'argent comptant, en pièces d'or et d'argent monnayées ou démonétisées (décriées), six cents briquettes (ou lingots) d'or et d'argent da poids de trois mille mitzqéUs (ou 4500 drachmes) chacune, huit cent sèrpouches (voiles ou coiffures) en or et en argent, deux cents khèrwârs (charges) (1233) d'étoffes de soie^^^^, trente mille vêtements et dolmans ou pelisses à larges manches pendantes 4»!^ en étoffes précieuses.
Dans la salle d*armes se trouvaient les armes et l'attirail militaire de trente mille cavaliers, tels que cotteg de maille, cuirasses, housses et caparaçons (1234); dans les écuries «L^i, on compta trois mille chamelles, trois mille juments ou cavales poulinières avec leurs poulains, et deux cents chevaux arabes à l'usage particulier du chah (1235), qui furent passés en revue. On peut d'après cela juger, par induction , des autres entrepôts (ou ateliers) des palais (ou édifices) royaux oIj^ iiUjif^L (du reste du mobilier des .édifices royaux) (1235 '), tels que batterie de cuisine, garde-meubles (magasin de tapis) et sellerie.
On avait laissé expirer, dans certaines localités de l'Adzèrbaidjàn, du Chirwân et de TÂrrân, sept années entières, et même jusqu'à neuf ans, sans en percevoir les impôts ni la capitation (kharûdj)^ de sorte que ces sommes arriérées étaient restées à la charge des rdïas et des tributaires d<*3 J0I (1235 ^).
Les noms des illustres enfants dû chah Thahmasp étaient les suivants (1236): 1) Soulthân Mouhammed-mirza; 2) Isma^ïlmirza, qui devaient l'un et l'autre le jour à la fille du Turkoman 'Iça-big; 3) Soulthân Souleïmàn-mirza; 4) Soulthân A'hmedmirza; 5) Soulthân Djouncîd-mirza, nés de la soeur du chamkhâl et de jeunes esclaves tcherkesses (circassiennes) (1237);
6) Soulthân 'Haïdèr-mirza; 7) Soulthân Mouszthafa-mirza ; 8) Imâm-q oaly-mirza et 9) Soulthân Mahmoûd-mirza, auxquels des esclaves géorgiennes avaient donné le jour, comme on le voit par ce qui a été dit précédemment. Soulthân 'Haïdèr^mirza décéda (?) le même jour que son père (1238). Cinq autres de ses fils (1239), ainsi que Soulthân Ibrahim-mirza , fils de Behrâm-mirza, qui^^'l^f* étaient versés dans toutes sortes de sciences extraordinaires aaj^, ornés de talents admirables et doués de toute espèce de capacités ; ces princes qui avaient acquis leur bonne part de connaissances de toute nature, de même que Soulthân Haçane-mirza, fils de Soulthân Mon hammed - mirza , Mouhammed 'Houceïnmirza, fils de Behrâm-mirza, et Bèdfuzzemân-mirza, fils du même Behrâm-mirza, fdrent mis à mort à Q'azwin, par ordre du chah Ismaïl (1 240). Soulthân Djouneld-mirza fut privé de la vue, et Soulthân Mou hammed-mirza, devenu célèbre sous le nom de Khouda-bèndeh (serviteur de Dieu), qui était l'ainé des illustres fils du chah, fut proclamé souverain de Tlrân après la mort du chah Isma'ïl, du commun accord des émirs et des notables q^izilbâches. Les événements de ces deux règnes seront décrits en détail dans le cours des années qui vont suivre.
Après avoir rempli les formalités de la sépulture et des funérailles, on transféra le corps du défunt monarque de sa résideuce royale de Q'azwin dans la ville sainte de Mèchehed (martyrium), et il fut inhumé à proximité de la tombe illuminée et du sépulcre parfumé de Timâm Riza (à qui nous offrons nos salutations et nos voeux).
Année 985. (A. D. 1577-78.)
Dans la nuit du seize du mois de ramazan de cette année (28 novembre 1577) (1241), le chah Ismaïl passa de cq monde éphémère dans celui de Téternité. Nous donnerons ici quelques détails sur ce tragique événement (1242).
Le chah Isma ïl était un monarque, qui se distinguait par son