‹ Chèref-namehChapitre 8 sur 22 · PARAGRAPHE TROISIÈME (OD TROISIÈME BRANCHE · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE TROISIÈME (OD TROISIÈME BRANCHE

Des Princes de 'Atâif . (273).

On compte au nombre des plus illustres personnages du Kourdistân le noble A'hmed-big, fils de Mîr Mou hammed le Zerraq'y. Il était contemporain du Chah Szèfide Isma ïl. A l'époque où ce souverain se rendit maître da Diârbekir et du Kourdistân, il enleva à A'hmed-big le château de 'Atâq pour le remettre à la peuplade de Q'adjâre. La grande tribu Zerraqy, forcée de quitter ses amis et ses foyers, se dispersa de tous côtés. Après que le Ehân Mou hammed Ustûdjlou eut été tué et que le chah

Tixiê

Isma'ïl eut été battu à Tchaldirân (274), les diverses peuplades kourdes conçurent le projet de rentrer en possession de leurs pays dLî(, héréditaires; et dans le courant de l'hiver de cette même année, les Kourdes de 'Atâq' allèrent prendre leurs quartiers dans Tintérieur d'un château en ruines connu sous le nom de Qalatrmèlékh (Château des Sauterelles). La peuplade Q'atchare, p^^n,

qui occupait celui de Atâq, résolut de les en déloger, et leur demanda brusquement: «Quel est le motif ([m vous porte à prendre vos quartiers d'hiver dans une forteresse en ruines?» Bs s'excusèrent en disant: «U existe une vieille rancune (inimitié invétérée) entre nous et la grande tribu Merdâcy : à Dieu ne plaise qu'eUe vienne nous surprendre au coeur de l'hiver, au moment où la hauteur de la neige et l'intensité du froid rendront toute circulation impossible , et qu'elle emmène en captivité nos femmes et nos enfants. Si toute fois vous n'inquiétez pas de pauvres malheureux jusqu'au retour du printemps, et si vous daignez permettre à des infortunés tels que nous de se fixer an milieu de ces ruines , vous mettrez le comble à votre commisération». Le prince de 'Atâq', se sentant touché de compassion pour leur détresse et leur misère, leur donna cette preuve d'indulgence. Lorsque la peuplade Zerraqy se vit en sûreté contre les hostilités des Q'izilbâches , elle avisa aux moyens (275) de construire une échelle en bois et en cordes afin de s'emparer par ruse et par artifice du château de^Atâq' pendant les nuits d'hiver.

Des braves (276) kourdes profitèrent, par un effet du hasard y d'une nuit d'hiver pour accrocher solidement le bout de leur corde aux créneaux de la citadelle, et les braves Zerraqy, ayant grimpé au haut de l'échelle , pénétrèrent dans le château, où il passèrent tous les Q'izilbâchès au fil de leur glaive impitoyable et suspendirent leurs têtes au gibet de l'ignominie. Ds firent ensuite sortir leurs femmes et leurs enfants des murs de la forteresse et mandèrent A'hmed-bîg, qui fut ramené parmi eux et investi du gouvernement de sa principauté héréditaire.

Il l'administra pendant quelque temps en vertu d'un firman du Sulthàn Sélîm-Ehân. Lorsqu'il eut atteint le terme de sa carrière, et pris congé de ce monde périssable, il resta après lui trois fils nommés vâLj ^U Châhime-big (?), louçouf-big et Ma'h-

moûd-big. La discorde et la mésintelligence finirent par éclater entre eux au sujet de la principauté de 'Atâq , parce qu'aucun d'eux ne voulut reconnaître l'autre pour son prince et son supérieur. Ils se rendirent, en conséquence, d'un commun accord, à la porte de félicité du Sulthàn Souleïmân-Ehân, le vaillant cham- Jf'Jjy; pion de l'islamisme (277), et il fut convenu, qu'ils emmèneraient avec eux le -fonctionnaire chargé par le divan d'efifectuer le cadastre de leur pays (278), à l'effet de procéder au partage de leur principauté héréditaire entre les trois frères, et d'en annexer une partie aux domaines privés du souverain (279).

Châhime-big, fils dThmed-bi?.

Comme les trois frères avaient obtenu un décret impérial adressé au gouverneur général du Diârbékir, à qui il enjoignait de nommer un expert ^jois!^ «j^j c^^U à l'effet de procéder au cadastre de ce pays , celui-ci en fit un inventaire ^^x^, et assigna, à titre de ziâmèt (grand fief militaire) , à Ma'hmoûd-big une somme de soixante mille aspres othomans ("otzmâny) provenant des revenus de quelques villages et terres labourables. Il alloua, au même titre, à Soucous-big une autre somme de cent dix mille aspres othomans.

Le canton (nâhiè) de Rabath Ljj (?) et de Mèïafâréq'în ainsi que le village de dS***» 'Hasqah <Uum» ou 'Haciq^ah^ et la capitation des infidèles (280) furent assignés aux domaines privés du sulthàn, et la somme de deux cent mille aspres othomans fut assurée à Chàhime-big comme revenu de son Sàndjâq'. Après le décès de Mahmoûd-big, son fief militaire (zfàmèt) fut accordé,

à titre d'arpcUiq (ou fief assigné aux mîri4ivas) ^^ à Q'obâd-bi{ç le Ramazânlou. Châhime-big ayant été accusé de quelque félonie sous le vézîrat de Roustém-Pacha, fut mis à mort en vertu d'un firmao du Sulthân Souleïmân. Le canton (Nahïé) de 'Atâq' fut conféré, pendant vingt ans à peu*près, à des émîrs 'othomans, et soustrait à la domination des princes Zerraq'y.

loDçonf-blg, ftls d'A'hmed-blg.

A l'époque des troubles suscités par Elq'asz Mirza (281), qui forcèrent le monarque, dont le pouvoir égalait celui de Salomon, à se rendre en personne dans rAdzèrbèidjân, le Sandjâq' de'Atâq* fut gracieusement accordé à louçouf-big, cumulativement avec le grand fief militaire ou ztâmèt dont ce prince jouissait auparavant, sous la condition expresse que le château fort qui s'y trouvait serait entièrement rasé. louçouf-big gouverna, à ce titre, et administra, pendant quelques années, d'une manière absolue, la principauté de'Atâq', au sein du repos et de la tranquillité (282). Mais, après sa mort, le Sandjâq' de 'Atàq' fut conféré, comme auparavant, à un dignitaire othoman nommé A'hmed-big, fils de 'Hàdjy-big. louçouf-big laissa, après lui, un fils nommé 'Haçane-big

'Haçane, fils de Chah lonçoof-big,

Après le décès de son père, le Sandjâq' de *Atâq' fut confié ^éxu à des étrangers, et resta, pendant deux ans, en leur pouvoir. ''*^*' Lorsque les rênes (283) de l'état et de l'empire universel passèrent entre les mains (284) du Sulthân Sélim-Khân, qui, à son tour, était appelé à régner et à conquérir le monde (^85), 'Haçane-big (286), résolu de réclamer son apanage (oîtdjâq) héré-

>) On donne le nom cParpoIig aux terres féodales assignées aux mîr-UvaSy à des^minîstres et à des officiers du palais (M. d'Ohsson, Tableau générai de Tempire othoman, T. VU, p. 282.

ditaîre , prit le froc du pèlerinage pour se diriger vers la Kdbaj où tous les sujets viennent exposer leurs besoins , et se rendit à la Sublime Porte. Grâce à l'appui et à la protection du grand vézîr Mou hammed -Pacha, le Sandjaq' de'Atâq lui fut accordé à titre d'^audjâq (apanage), par la générosité sans bornes et la clémence infinie du sulthan, et il se voua, pendant vingt ans, à l'administration de 'Atâq'.

Comme il passait pour un homme habile à thésapriser, et qu'il était renommé pour son intelligence en fait d'économie politique (ijj^^^^^j ij^^*^ J**:'); comme son esprit était exclusivement préoccupé des intérêts mondains, l'ange qui se plaît à détruire toutes nos jouissances terrestres vint tout -à-coup mettre fin à son pouvoir temporel et spirituel ,JL, en dépouillant le trésor de son existence de son âme, qui en était le joyau le plus précieux, n laissa, en mourant, deux fils nommés louçouf et Wély.

Son poste fut conféré à louçouf-big par un gracieux diplôme du Sulthan Mourad-Khân (287). Les jours de son gouvernement s'écoulèrent aussi rapidement que la saison du printemps, et se réduisirent à deux semaines comme le règne de la rose. U succomba' à la fatale piqûre que lui fit l'épine de la mort (288), avant d'avoir respiré le parfum du bouton de l'autorité suprême (ou de la prospérité).

Son frèie Wély-big lui succéda en qualité d'héritier et en considération de son mérite. Sur ces entrefaites UJ) -j^j:^ un de ses cousins nommé Djéhân-çhah-big, fils de Sohrâb-big, se souleva contre lui pour lui disputer la principauté; et le Sandjâq' de 'Atâq' lui fut- concédé, à ce titre au nom de la Sublime Porte, à condition qu'il s'engagerait à verser annuellement vingt mille ducats (Floury) au trésor du Diurbékir. W'ély-big, s'étant soumis à la condition imposée à Djéhân châh-big, ne lui permit pas de s'immiscer dans les affaires.

A l'époque où le criminel Ibrahim Pacha commença plus tard

persan, à s'iusurgcr, à se révolter et à agir arbitrairement et hostilement

dans la province de RèUah^ de Diârbékir et du Kourdistân^ il

confia 'Atâq' à Dzoulfiq'âr-big, fils de Châhime-big, à charge, par loi, de compter quarante mille ducats au divan du Diârbékir. Quand Ibrahîm-Pacha eut été destitué du gouvernement de riïâlèt de Diârbékir, conformément à un firman impérial, il fut mené à Constantînople et détenu aux sept tours. Lors du glorieux avènement de l'auguste Sulthan Mouhammed-Khân (289) (puisse son khalifat durer étgmellement!), dès que ce monarque se fut assis sur le trône des Césars et des Chosroès, ce second 'Haddjâdj fiit pendu sur la place publique (rhippodrome) de Constantinople , pour qu'il servît d'exemple aux rebelles et aux malfaiteurs, car (290):

(Vers.) Il vaut mieux trancher la tête de l'homme mal intentionné, (car) il est à propos de déraciner tout arbre pernicieux.

Wély-big fut alors réintégré' dans sa principauté de 'Atâq* sans qu'on lui imposât la moindre condition et sans rencontrer aucune opposition de la part de ses rivaux. II en est aujourd'hui le Wâly ^\j (prince) légitime, et possède encore actuellement cette principauté.

mn\m PARAfiRiPHE (OD OlIATRIÈME BRANCHE).

Des Émîrs de Terdjn (29f).

TerdjU et ^Atâq ont été le berceau primitif des tribus Zerraq*y (292). Terdjil est situé dans le voisinage de la ville d'Amide: il s'y trouve deux châteaux, dont l'un se nomme Terdjîl, et l'autre ^J^ Dâr-am. (Les princes ou les tribus) Derzîny et Gmrdékân ou Kourdukân (293) sont des branches des Zerraq'y. Le premier prince de cette dynastie fut le Seïd 'Haçane (dont la généalogie remontait à l'Imâm-'AIy, car il était) (294) fils du Seïd 'Abd-ur Rahmân, fils du Seïd A'hmed, fils de Sofeïl (ou Séfll) (295), fils du Seïd Q'âcime, fils du Seïd 'Aly, fils du Seïd Thâhir, fils du Seïd Ùja fèr. dit Q'aiU (l'Assassiné) (296), fils du Saïd la'hïa dit Aqnd (le Résigné), fils du Seïd Ismaïl le Grand

^), fils du Saïd Djâfèf, fils de Tlmâm Mouhammed Bàq'ir, fils de rimâm Zeïn-ul- Abidîn (297), fils de rimâxn 'Houceïn, fils de rimâm 'Aly Mourtéza (agréable à Dieu) (298); puissse la Divinité lui être propice!

Lorsque le Seïd'Haçane arriva de la Syrie dans le pays de Mârdin, il se fixa dans le canton de'Âtâq\ où il s'adonna à la vie ascétique, à la piété et au culte du créateur. Il s'attira ainsi la confiance pirmn. absoluo et le dévouement des habitants de cette contrée. Les uns ^' ^^^' disent qu'il avait les yeux bleus , d'autres prétendent qu'il portait habituellement des vêtements bleu-céleste; ce qui lui valut le surnom de Cheïkh 'Haçane Azraqy G^ Bleu-céleste). A cette époque l'Émîr Ortoq^ fils d'Jfcsct ou Oksd> c,^-**D (299) (probablement Aqsaq ^j-J) ou ^^ï Eksdh^ le Boiteux), qui était un des plus grands généraux attachés au service des sulthâns Seldjouqides, et qui fut chargé par eux de gouverner et d'administrer, en leur nom, les villes d'Amide, de Mârdîn, de Khèrbourt, de Médjènguerde (300) et de 'Haçane-Keïfa (ou 'Hiszn-Keïfa), avait une belle et charmante fille qui était en proie à la mélancolie au point d'en perdre la raison. Malgré tous les efiforts que firent les médecins les plus habiles pour la guérir, tous leurs , soins restèrent infructueux. Sa folie augmentait de jour en jour, et l'Émir Ortoq fit enfin appeler le Cheïkh 'Haçane Azraq'y, afin qu'il priât pour sa fille. Le cheïkh prononça quelques prières sur de l'eau qu'il versa sur la tête de la jeune fille. Les prières du cheïkh furent tellement efficaces et salutaires, que le Très Haut rendit subitement la santé à la malade. L'Émîr Ortoq' voulut la donner en mariage au cheïkh ; mais celui-ci la refusa, et elle fut unie par les liens coigugaux à son fils Seïd ' Houcein, à qui l'émir accorda, en même temps, le canton de Terdjil comme nous l'avons indiqué dans le préambule de l'histoire des princes Derzîny, La principauté de Terjîl et de 'Atâq' resta longtemps soumise au pouvoir de ce prince et de ses fils, (descendants) A'hmed, fils du Seïd'Houceïn (301), Souleïmân, fils de Q'àcime, louçouf et Houceïn (302). Après lui (303)

^amèr-bl?, Ils de 'Haçane-big (304),

prit sa place. H était contemporain d'Ooznne 'Haçane le Baïéndourien(305). 'Haçane-big témoigna à ce souverain le plus grand respect et la plus profonde vénération, si bien qu'il obtint sa fille en mariage. Le susdit monarque réunit le canton de Mihràny et de Nouchâd à celui de Terdjîl et de 'Atâq', et en confia le gouvernement à'Haçane-big, qui eut un fils de cette princesse. A l'époque où il soumit une partie du Kourdistân, il investit ce ^^^^^ fils du titre d'émîr de 'Atâq' et de Terdjîl, et confia au zèle de ^|j;; 'Omèr-big l'administration, le gouvernement et la défense de riïâlèt de Bidlis (BitUs).

Rondâfi -M?, fils de Omèr-bi?.

Après le décès de son père, la province de Bidlts (Bitlîs) lui fut confiée au nom (^Ij jl de la part) d'Ouzune 'Haçane. Lorsque le trône de l'empire d'Iran fut dévolu à la'q'oub, fils de Haçanebig, il daigna conférer, en 888 de l'hégire (1 483 de J. C), la principauté de Terdjîl et de 'Atâq (306)à Boudâq'big, comme il l'avait possédée précédemment (307). Lorsque celui-ci eut consacré quelques années au gouvernement de ce pays, il prit son essor vers la vie future.

A^hmed-big, lils de Bondâq'-big.

n prit la place de son père , et lorsque le Chah Isma ïl L le Szèfide se rendit maître du Diâr-békir en 931 de l'hégire (1507 de J. C), il obtint l'honûeur du martyre et fut tué par l'armée Q'izilbâche après avoir gouverné pendant deux ans (308).

'k\yhlg, fils de BoDdâii -bi?.

U prit les rênes du gouvernement (309) après la mort de son frère, et passa dans la vie future au bout de huit années de règne.

Ghèmsy-bi^, Ils de Boudâq'-M^.

L'émîrat de Terdjîl lui fut conféré, lorsque les émirs et les princes du Kourdistân, lâssés des mauvais procédés des Q'izilbâches, leur firent défection et se soumirent à la cour du généreux monarque, le Sulthân Sélîm-Khân. A l'époque où émana un firraan de ce monarque, qui prescrivait le cadastre de la province de Diârbékir, Terdjîl fut soumis à la même opération. Après la mort de Chèmsy-big, son fils lui succéda.

Haldèr-bl^, Ils de Cbènsy bl^.

Il obtint, en vertu d'un diplôme du Sulthân Souleïmân-Khân, le valeureux champion de l'islamisme, la principauté (l'émîrat) de son père, qu'il gouverna fort longtemps. Lorsque Mouszthafa-Pacha, général en chef des armées victorieuses se mit en ^.^^^^ marche pour soumettre la contrée du Chirwân et la Géorgie (311), ™: llaïdèr-big fut tué à Tchildir par l'armée QMzilbâche avec les émîrs et les notables du Kourdistân. Son émîrat fut confié à son fils Boudâq'-big de la part du généralissime Lala Mousz- • thafa-Pacha. Quand ce fils l'eut gouverné pendant quinze ans, il traîna le fardeau de l'existence dans le monde du néant, et son fils 'Houceïn-big prit, après lui, la place de son père. Au bout de huit mois, il arbora le drapeau du gouvernement dans le royaume du néant; et après sa mort son frère Ismaïl-big eut l'honneur de passer à son cou le collier du commandement. Celui-ci décéda après avoir gouverné pendant quatre ans (312).

Omèr-big, fils de Ha!dèr-big.

Il obtint, après son frère Haïdèr-big, du divan du généreux Sulthân Mourad-Khân, dont la grandeur égalait celle de Djèmchîd , la principauté de Terdjîl , qui lui fut accordée par un firman de Sa Hautesse dont l'exécution était aussi prompte que

celle des décrets de la Providence. C'est un jeune homme doué de toute espèce de noblesse et illustré par ses valeureux exploits (313). Il recherche sans cesse le commerce des personnes qui viennent de la Remanie ^^^^^^ et passe la plus grande partie 'de son temps au service et à la cour des mir-i-mirâns (gouverneurs généraux) du Diârbékir: c'est à lui que recourent habituellement les émirs kourdes dépendants de cette province; car c'est lui qui statue définitivement, dans le divan du gouverneur général d'Amide, sur les' affaires les plus importantes soumises à leur jugements (314).

CHAFITBE Vm

Des Princes Sooweîdy.

L'odeur suave qu'exhalent les parterres des relations où sont décrits les événements des siècles passés, et la roseraie de ces narrations imprégnées d'ambre, ont parfumé l'odorat de l'âme de l'humble auteur de ce défectueux ouvrage, en lui apprenant que la généalogie des émirs Souweidy remonte à la famille des Bermékides et que celle de leurs nombreuses tribus se rattache à un certain personnage du nom à'^Aswad (le Noir), qui était un des plus illustres compagnons (3 15) de l'apôtre de Dieu (puisse la Divinité lui être propice et lui accorder la paix éternelle!). Suivante une autre tradition , la peuplade Souweidy a pris naissance au village de Souwenda situé à deux stations de la ville de Médine la resplendissante, du côté de la Syrie: Dieu le sait le mieux.

Têxtê

Quant aux Bermékides (316) ils font remonter leur origine p^mm,

aux rois de Perse. Us s'adonnaient, dans le principe, au culte du feu à Balkh ^), lorsque le souffle viviiiant du zéphir de la grâce

1) Ce fnt dans la 27 année de Thégire (A. D. 648) que les tronpes du Khalife ^Otzmftn s'emparèrent d'un grand nombre de villes du Khoraçàn et pénétrèrent jusqu'à Balkh (Histoire universéOey T. XV, p. 409-410). Le chapitre LXVIII des

divine s'exhala tout-à-coup du collet de leur âme, où brillèrent, en même temps, les rayons de la bonté de TÉternel; et l'eau lim-^ pide et pure de la foi commença à jaillir de la source de leur existence (316*).

(Vers.) Heureux l'oeil qui verse des larmes en ton honneur: ah! qu'il est noble le coeur, qui est consumé d'amour pour toi!

Dja7ar, père de Khâled, arriva dans la capitale de Damas avec d'immenses richesses et une^ quantité infinie d'effets, sous le règne de 'Abd-ul-mélik, fils de Merwân, et suivant une autre version, du temps du Sultbân Souleïmân, fils de 'Abd-ul-mélik. Dès que le souverain (le chah?) en entendit parler, u ordonna qu'on le présentât à sa cour. Lorsqu'on l'amena dans la salle d'audience de Souleïmân, il s'opéra un changement (subit) dans la contenance du monarque, qui donna l'ordre de faire sortir Djafar de la salle. Les familiers du sultbân s'étant informés du motif pour lequel le souverain avait changé de disposition à son égard, il leur répondit: «C'est parce qu'il portait du poison sur sa personne, et j'ai été blessé de le voir arriver chez nous avec du poison. Je l'ai, en conséquence, fait mettre à la porte, car j'ai à mon bras deux osselets (vertèbres lj;>f«), qui commencent à s'agiter toutes les fois qu'il se présente à mon audience des drogues empoisonnées». Lorsqu'on demanda à Dja'far la raison pour laquelle il portait du poison sur lui, il répondit: «J'en ai mis sous le chaton de ma bague afin de le sucer (317), s'il me survient jamais quelque désastre, et afin de me délivrer par là de cette calamité». C'est pourquoi on lui donna le surnom (laqab)) de Bermèky. Cette réponse pleine de fierté vJj^ de Dja'far plut à l'esprit de Souleïmân, qui, chaque jour, le protégea de plus en plus, jusqu'à ce qu'enfin il le nomma son vézîr (318).

(Vers.) A quoi bon mettre du poison dans une coupe (319)

Prairies d^or de Maaoûdy nous fournit des renseignements sur les temples du fea,

leur description et la tradition des mages imÇ^I ^ leur égard, rojez le T. 1. p. 36.

et lui donner le nom de douceur? Le monde est en partie destiné au plaisir, tandis que l'autre moitié est réservée pour la gloire (la renommée).

Plus tard les fonctions de vézîr d' Abo^uf Abbâs iitSeffûJi (le sanguinaire) et de son frère Abou Dja^far mrnommé Dêwâniq y {Z20) furent confiées , pendant quelque temps , à son fils Ebâled et au ^'/^i fils de ce dernier nommé Dja'far (321).

Sous le khalifat de Haroûn-èr Rachîd, dont la^bïa, fils de Djafar (lisez Khâled) (322), fut le vézîr, la grandeur et la puissance de ce vézîr furent portées à un tel point, qu'il était impossible que la dignité de vézîr et le rang de ministre parvinssent à un plus haut degré d'élévation. Les faveurs dont jouirent ses fils Fadhl, Djafar et Mouça (323) s'accrurent tellement que personne n'en obtint autant à aucune époque, ni dans aucun temps, lors de l'avènement des premiers suUhâns de l'islamisme, mais de perfides intrigants parvinrent par leurs calomnies, à aliéner à lahia le coeur de Haroûn-èr Rachid, et Dja'far fut mis à mort. la hïa et Fadhl furent incarcérés pour le reste de leurs jours et périrent en prison (324).

(Vers.) Il est inhérent à la nature de la création que chaque commencement ait une fin (325).

Les biens et les effets précieux qu'ils avaient amassés du temps de leur vézirat furent séquestrés au profit du 'divan. Si l'on désire avoir des notions exactes sur les destinées de cette lignée aâJ», on n'aura qu'à consulter, à cet égard, les histoires où il en est fait mention. Ce Précis oj^J^ ne pouvant en contenir la narration, l'auteur n'a pas jugé à propos de s'étendre plus au long sur cette matière (326). Quoiqu'il ait cherché à apprendre, par ces mèmeâ chroniques, quelle fut la fin de Mouça, il n'a pu y parvenir. Il est possible qu'à l'époque où Haroûn-èr- Rachid fit arrêter son père et ses frères (lisez son aïeul et ses ondes) (327), il se soit réfugié dans les montagnes du Eourdi-

stân, et qu'il y ait fixé sa demeure^). Car on raconte généralement, et il circule dans toutes les bouches et sur toutes les langues, que trois individus du nombre des descendants de la famille de Bermek quittèrent, sous le khalifat des 'Âbbâcides, la ville de Bag'dâd, pour se rendre dans le Kourdistân, et se fixèrent en un lieu nommé Khândjoukj une des agences fiscales de Kèndjou ou Guèndj (ou plutôt Koundj) dans la montagne de Cheftalou (de la Pèche), où leur frère aîné s'adonna à la piété, à la dévotion et à la chasteté, si bien qu'il parvint aux degrés les plus éminents de la vie spirituelle (328), et eut le bonheur devoir toutes ses prières exau- ^p^tôô, ^^®s- ^^" P^^s jeune frère étant un jour sorti pour une afi"aire urgente, les habitants de cette contrée apportèrent, suivant leur habitude, la pitance journalière au cheikh et à ses compagnons. Après avoir pris leurs repas, le cheïkh, son frère puîné et leurs amis conservèrent la portion de leur frère cadet. Lorsque celuici revint après avoir rempli la commission dont il était chargé, il demanda sa part de nourriture. Le frère puîné lui dit: «Comme ton absence s'est prolongée, il m'est venu à l'esprit que vous aviez fait l'un et l'autre votre repas, et j'ai mangé ta portion. Le frère aine, indigné de son impolitesse, le maudit et fit des imprécations contre lui en lui disant: «Que le Très-Haut te crève le ventre pour te punir de ne pas savoir te contenter de ta part!» Ce jeune homme tomba à l'instant même, et rendit son âme à son Créateur. La croyance et le dévouement des habitants de ces parages à Tégard du cheikh furent portés au centuple ^^ àl^ j^j:^^ et ce dernier, acquiesçant à leur demande, alla, de concert. avec son frère cadet nommé Mir CJièhûb, se fixer à Khândjouk au milieu de la grande tribu et des peuplades (g'oùms) Souwéidy. 11 en prit possession, et y fonda un château fort, dont il acheva la construction. Il fut, pendant quelque temps, le directeur spirituel et le chef (guide' l*^) de cette peuplade (nation

l) Les chapitres CXI et CXII des Prairies d^or de Maioudy sont intitulés Khalifat à*èr-Rechîd; résumé de son histoire, de sa vie et des événements de cette époque, et Vhistoire des BarfnéJHdeé; rôle quHls ont joué à cette époque.

d&iLL), et partit en suite pour la ne future. Il ne laissa point d'enfants mâles, et son frère Mîr Chèhâb prit, après lui, le collier da commandement. Nous mentionnerons ici l'un après l'autre, avec le secours de l'Étemel, les noms de ceux d'entre ses descendants 3^^l qui ont gouverné ce pays.

rÉmîr DJélâl (329), fils de rÉmtr Chéhâb.

Il se chargea des fonctions d'émîr après le décès de son père, et les remplit fort longtemps. Il se rendit enfin à l'appel du Dieu de vérité, et son fils

l'Émîr HoD'bammed

devint son successeur. Après s'être voué, pendant quelques années, à cette occupation importants, son successeur ôi^ légitime

TtxU • persan,

rEmtr Fakhr-D ddtn f- ^'^•

prit la place de son père , et fit fleurir ce pays par sa justice et son équité.

Lorsqu'il passa de ce séjour de vanité dans le palais de l'Éternité, son fils

rÊmîr 'Haçane

s'occupa de l'administration de cette principauté. C'était un homme effréné, cruel et sanguinaire, qui finît par être privé de la vue. Les rênes de l'état tombèrent alors entre les mains puissantes et habiles de son frère aîné Mir Fakhr-u ddin. Son autre fils nommé Mîr Mouhammed avait reçu en partage le Joyau de la beauté et des grâces , et avait été paré du manteau du mérite et de la vertu (de la perfection). On remarquait suf le front de ses procédés les indices de la bravoure et de la valeur, et l'on voyait briller sur la face de ses espérances les pronostics

de rhumanité et de la générosité , d'après la teneur du vers suivant (330):

La beauté à face de péry ne peut se résigner à rester cachée. Lui fermes-tu la porte, elle se montre à la fenêtre.

Il renonça à sa patrie et à ses amis pour se rendre dans le Diârbékir et s'attacher au service d'Ouzune 'Haçane. Lo^qu'il eut obtenu Thonneur de baiser le tapis de ce glorieux monarque, il fut comblé de ses augustes faveurs et devint Tobjet (331) de ses grâces souveraines. Ce prince (Baïèndourien) lui conféra la principauté de Khândjouk et de Tchabuq'tchour, (332) et l'envoya dans ses domaines héréditaires. Les frères en vinrent au point de s'armer du glaive et de la lance; et à la suite de nombreux combats et d'une lutte prolongée, Mir Mouhammed fut tué, et la principauté resta, sans conteste et sans partage, au pouvoir de Mir Fakhr-uddîn. Après l'avoir gouvernée pendant quelques années, il entreprit le voyage de la vie future, et comme il n'avait point d'enfants pubères jl^j (?), le fils de son frère lui succéda.

Abdâl-big, fils de l'Êmîr Hou hammed.

Il remplaça son oncle après sa mort, et prit le collier du gouvernement. Sur ces entrefaites, une peuplade lublL Q'izilbâche, sous les ordres d'Aïuqoute-Og'lou, prince de Tchabaq'tchour (Djabâqdjour), vint attaquer Abdâl-big avec l'intention de s'emparer de Khândjouq'. Ils se livrèrent une bataille, qui se y^^^; prolongea sans relâche pendant sept journées entières, et un gi-and nombre de combattant devinrent, de part et d'autre, la proie du cimeterre et des flèches. La grâce divine se rendit enfin garante des faits d' Abdâl-big et seconda ses espérances. Le zéphir de la victoire et du triomphe commença à soufSer à l'horizon du bonheur et à faire flotter la flamme de son glorieux drapeau. Aïuq'oute Og'lou fut mis en déroute, et ses richesses, ainsi que ses effets, sa tente et son pavillon princiers, ses che-

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vanx et ses mulets «iL.1 . ^^1 tombèrent tous entre les mains de ses ennemis.

Abdâl gouverna encore pendant quelques années après cet événement, et finit par rendre l'âme au créateur du monde, laissant après lui deux fils nommés Soub'hân-big et Sulthàn A'hmed-big.

Soob hâD-big, fils d'Abdâl-bi?.

Il prit la place de son père après son décès, et s'appliqua de toute son âme, conjointement avec son frère Soulthân A'hmed-big, à' garder et à défendre sa principauté en repoussant ses ennemis-; car il est dit (333):

(Vers.) La prospérité provient uniquement de la concorde, tandis que l'infortune ne doit le jour qu'à la duplicité,

Grâce à la faveur du Très-Haut (334), et au bon accord des deux frères, ils eurent le bonheur de faire de nombreuses conquêtes. Ils enlevèrent entre autres, après la mort de Khâled-big le Pazouky, le canton de /S^Kowndje aux partisans de Ehâled le Manchot (TcAottWg*), et.* en prirent possession. Lorsque le Sulthân Sélfm-Khân se rendit maître de la province de Diârbékir après la victoire de Tchaldirân, Soub'hân-big , grâce à son pouvoir prépondérant dJlcOyb, ravit à Aïuq^oute Og'lou le château et le canton de Tchabaq'tchour, arracha le. château et le canton à'Aqtcheh-qata (335) d'entre les mains usurpatrices de Manszoûr-big le Pazouky, qui les administrait en qualité de lieutenant du Chah Isma'ïl , et il enleva les deux cantons de Zâk et de Méniche-Kourte (336) au Q'izilbâche Q'âdir-big. Après qu'il en eut pris possession, les deux frères se partagèrent le pays. Tchabaq^tchour (Djabaq'djonr) avec ses dépendances fut dévolu à Soub'hân-big, et les autres châteaux forts , avec le reste du pays, furent alloués à Soulthân A'hmed-big. Lorsque plusieurs années se furent écoulés dans cet état de choses, des malveillants parvinrent, par leurs intrigues, à changer l'amitié et la concorde

Ttzu en mésintelligence et en inimitié. Par suite des délations calom-

p. 258. nieuses de son frère j^\^ iJj^ (337), Soub'hân-bîg fut mis à mort conformément à un firman du Sulthân Souleïmân , et Tchabaq'tchour(Djabâq'tchour)fut conféré à Tun des émîrs othomans.

11 laissa, en mourant, un fils nommé Manszoûr-big.

SoulthâD A bned biç, fils d Abdâl-bis:.

Lorsque son frère Soub'hân-big fut mis à mort, il gouverna encore longtemps la principauté, et après l'avoir administrée plus de cinquante ans, il mît le pied hors de cette hôtellerie à deux portes (338).

(Vers.) Je vois que ce monde est de peu de durée, et je trouve mille sujets de soucis dans chacune de ces joies (339). Il ressemble à un vieux caravanséral i>ljj, qui donne, de chaque côté, sur le désert du néant.

Il resta, après lui, deux fils nommés Mourâd-big et Mou - *hammed-big

Mail szoûd-bi^, fils de Senb'bâD-bi^.

Après que son père eut été mis à mort, il s'attacha au service du Sulthân Souleïmân -Khan, et prit part à la campagne de Nakhitchévân (340) à la suite de l'étrier victorieux de ce monarque. Au moment où il se trouvait aux avant-postes dans un lieu nommé Arpa-tchâyi dépendant de la dite ville, il rencontra les Q'izilbâches, et donna, dans cette affaire, des preuves de sa bravoure et de sa vaillance. Lorsque le récit de ses actions d'éclat et de ses valeureux exploits fut parvenu aux augustes oreilles du glorieux soulthân, il lui conféra le Sandjâq' de Tchabaq tchoûr de la même manière qu'en avait joui son père. Il obtint, en conséquence, un diplôme impérial, qui reconnut ce Sandjâq' comme son patrimoine (apanage) héréditiare ^U^f J^v- A l'époque où Iskèndèr^Pacha le Tcherkès (Circassien) était gouverneur générai

da Diârbékir, Paudace innée à la nation kourde porta Maq'szoûd-big, qui se fiait aux services qu'il avait rendus à Sa Hautesse et aux preuves de dévouement qu'il lui avait données, à

manquer de politesse et d'égards envers Iskèndèr-Pacha. Celuici proposa en conséquence, à la Sublime Porte de conférer à un des émirs (officiers généraux) othomans le canton de Tchabaq'* tchour dont Maq'szoûd-big fut dépossédé. Il se rendit à la Porte ^^^^^ de félicité du Sulthân Souleimân, pour y exposer à ce monarque ^^'"^^J; les conséquences de l'inimitié que lui avaient vouée Iskèndèr- Pacha. Il passa sept années entières à Constantinople, mais les illustres vézîrs, de crainte d'indisposer Iskèndèr-Pacha, se gardèrent bien d'exposer les griefs de Maq'szolid-big au pied du trône khalifal du sulth&n. Maq'szoûd-big fut enfin atteint de la peste, comme cela arrive d'habitude, et fut rappelé dans le sein de la miséricorde divine.

Mourâd-big, fils de Sonlthân Vlimed-big.

Iskèndèr-Pacha, gouverneur général du Diârbékir, partagea la principauté d'A'hmed-big entre ses fils, de sorte que le canton de Khândjouq' et d'Âq'tchehq'afa fut dévolu à Mou bammed-big, et les autres, à l'exception de celui de Tchabaq'tchour qui se trouvait entre les mains des émîrs othomaus, furent définitivement alloués à Mourâd-big, afin que les deux frères, exerçant simultanément le pouvoir, ne s'inquiétassent pas l'un l'autre. Lorsqu'il eurent administré ce pays pendant seize ans, Mourâdbig résigna bénévolement et de plein gré l'autorité en faveur de son fils nommé Souleïmân-big. Il fut admis, au bout de plusieurs années, dans le sein de la miséricorde divine, et laissa après lui, outre Souleïmân-big, trois autres fils nommés Aly-Khân-big, Ulou-Khân-big et Mouszthafa-big (341). Lors de la conquête de Tébriz, oii il accompagna les émirs kourdes, il fut tué par les Q'izilbâches à Sad-abâd- (342)lez-Tébriz. Dans la même affaire, 'Aly-Khàn-big fut fait prisonnier pair les dits Q'izilbâches et in-

carcéré, pendant deux ans, dans le château ie Q' ahq dha {dn ricanement) avec Mourâd- Pacha, mîr-î-mirân (gouverneur général) de Caramanie. II fut enfin remis en liberté avec le même pacha, qui est actuellement mir-i-mirân de Diârbékir, et ils arrivèrent ensemble dans le pays de Roûm (l'Asie Mineure). Le gouvernement général (lisez SlJL^^tL») du Diârbékir fut conféré à Mourâd-Pacha; et grâce à Tappui et à la protection de ce pacha, le Sandjâq' de Tchabâq'tchour fut généreusement accordé à 'Alybig^ à titre de fiefs héréditaires ou transmissibles par succession ou substitution ^^^ulr cLki) (343). Son frère nommé UlouKhânbig(344)est rangé aujourd'hui an nombre des principaux jsdîms Texte (feudataires) du Diârbékir, et il passe son temps au sein du rej». 86o! pos. Quant, à Mîr Mouhammed, mir-i-liva de Khândjonq', il possédait Ag tchehqd la j mais il ne prenait pas suffisamment à coeur la police L^ , la défense, la garde et la couservatioil de son territoire; ce qui fut cause que Ferhad- Pacha incorpora son Sandjâq' à celui de Souleïmân-big et l'accorda à ce dernier. Cette circonstance donna lieu , pendant quelque temps , à des discussions et à des contestations entre Mouhammed-big et Souleïmân-big. Mais, par suite du décès de Mouhammed*big, son compétiteur se vit à l'abri de toute discussion.

Soulelmân-bi^, lils de Hourâd-big.

, Nous pouvons dire, sans être taxé d'exagération ni de partialité, que c'est un jeune homme qui se distingue d'entre ses égaux par sa bravoure et sa valeur, de même qu'il est renommé pour sa grande générosité et son extrême libéralité. Après avoir passé les premières années de sa jeunesse à fréquenter la cour du gouverneur général d'Amide et de Bag'dâd, il se vit en proie, en Arabie, aux tourments de l'expatriation et aux plus cruelles tribulations. Il se distinguait d'entre les émirs du Eourdistân par ses connaissances en fait de tactique militaire ^J^^ Jl4> et de manoeuvres de cavalerie d'après le système européen ^jj

jkj,j juô^ i^^y»^- Son génie éclairé est un miroir où viennent se

réfléchir les vérités les plus abstruses du spiritualisme, et son esprit raffiné est une glace oii se reflète la beauté qu'admirent les contemplatifs les plus subtiles.

(Vers.) Jamais l'oeil des jours et des siècles ne vit un homme aussi éclairé (lue lui ni un savant aussi versé que lui dans les subtilités de l'éloquence (345).

Mais il se montre un peu infatué des perfections morales dont il est doué, et se fait un vrai plaisir et une véritable gloire de prodiguer sa fortune et son crédit.

(Rouba'ï). Tant qu'il te restera un brin d^exîstence, n'oublie pas que l'idolâtrie subsiste toujours. Envain tu me diras: j'ai brisé l'idole de la présomption, et je suis sauvé (346) L'idole que tu te vantes d'avoir brisée subsiste toujours.

Leurs pères et leurs ancêtres avaient fixé , depuis les temps les plus (347) anciens, leur demeure et leur résidence dans un lieu nommé Kountche (Koundjé), qui était extrêmement bien fortifié, et qui se trouvait sur la pente d'une montagne au bord de TEuphrate. Ses aborigènes et ses habitants y vivent à l'abri des p^Vnn, vicissitudes de la fortune et des révolutions mondaines. Le vaste génie et le naturel ambitieux de Souleïtnân-big ne se contentant pas de cette modeste et chétive demeure, il alla s'établir et fonder une ville dans une vaste plaine connue sous le nom de Méniche Kourde *), Il y fit bâtir une grande mosquée cathédrale, dont la construction n'est pas encore achevée. Il y a déjà quelques années qu'il fait des efforts inexprimables pour y parvenir. Lors de la conquête de la Perse, du Chirwân et de l'Adzèrbaïdjân il rendit deâ services signalés à la Sublime Porte, principalement à l'époque oïl Niâz-big le Pazouky vînt à la tête d'à-peuprès deux à trois mille hommes du corps d'armée du T^jouqour- 5ad (348) pour attaquer Ci ara Iâzy{^\ piller et dévaster l'uloûs

Texte

1] Ce nom pourrait répondre an nom arménien Mandji^gerd que l'on donnait k la TiUe que les Persans et les Tnrks nomment ^jSjj^ Méiâzguerde (Mém. sur 'Arménie T.\ p. 106, 249, 866, 427).

nommé BâdUy on Bûdhu{M9). Sonlelmàn-big, de concert avec quelques ag as et avec ses frères, se mit à la tète de ce corps de troupes considérables et lui livra plusieurs vaillants combats. Il leur reprit, de vive force, les richesses, les bagages v'-^-^ ^^^ bestiaux et les fourrages des uloûs et des tribus nomades vassa-les (350), et revint ensuite sain et sauf et chargé de butin. Il fut comblé d'éloges par le serdâr Mouszthafa Pacha; et il gouverna et administra sa principauté depuis Tépoque où son père la résigna, de son vivant, en sa faveur, jusqu'à ce jour, c'est-à-dire jusqu'au commencement du mois de Dzy-q'a'déh de l'année 1005 de l'hégire (2 juin 1597 de J. C). Ses heureuses dispositions et sa capacité nous donnent lieu d'espérer que Dieu lui fera la grâce de se distinguer par sa belle conduite.

CHAFITBE IX

qui traite des émirs Soulelmâny, et qui se divise en deux

pai'agraphes (branches).

Le génie éclairé des écrivains qui arborent l'étendard de la science et de l'impartialité, de même que les esprits doués de véracité des auteurs qui prennent à tâche d'effacer jusqu'aux moindres vestiges de l'innovation et de l'erreur, n'ignorent pas que la généalogie des émîrs Souleînfâny remonte jusqu'à Merwân dit 'Himâr (l'Onagre), qui fut le dernier des sulthâns Omalades (351). H fut ainsi nommé, parce que les Arabes donnent au commencement (^^ à la tête) de chaque période de cent ans le nom d^ année de Vâne ou de V Onagre. On prétend qu'il s'est effectivement écoulé cent ans (?) depuis que Mo'âwiah , fils d'-4bou Sofiân^ s'empara du khalifat dans la ville de Damas jusqu'à p^'on, l'époque oii l'autorité souveraine passa entre les mains de Merwân(352). D'après une autre version Mer wân, dans son enfance, revint un jour de l'école, et enfonça son doigt dans le verrou (peut-être la gâche) (353) de la porte, où il resta et s'enfla telle-

meut qu'il fallut limer le verrou (ou la gâche) pour eh retirer le doigt de l'enfant. Le même accident arriva une seconde fois à Merwân, et son père indigné CAi ^-^Lr^' l«i dit alors: «Par Dieu, Merwân, tu es vraiment un âne; ce qui fat cause qu'on lui donna ce sobriquet. Quoiqu'il en soit, sa généalogie remonte, dans l'ordre suivant, à 'Abd-ul-Mènâf: Merwân-ul- ^imar (^ânc ou Vonagre\ fils de Mou'hammed, fils de Merwân, fils de 'Hakèm (el-Hukm), fils d'AbouTâsz, fils d'Omaïah, fils de 'Abd-uclie Chèms, fils de 'Abd-ul-ménâf. 'Hakèm (el-Hukm) eut l'honneur de se convertir à l'islamisme le jour même de la prise de la Mekke. Merwân (Vâne ou Vonagf^é) monta sur le trône du sultlianat au commencement de l'année 127 de l'hégire (A D. 744). Lorsqu'il eut gouverné le monde pendant cinq ans, Abou l-'Abbâs surnommé Seffâ'h (le Sanguinaire) se révolta contre lui; et il s'enfuit du côté deMiszr (du Vieux Caire) où il fut tué le 28 du mois de DzvThiddjeh de l'année 132 de l'hégire (18 août 749 de J. C), dans le village ajJ de Bouszir j^^ qui dépendait de cette ville, par Szâlfh l'Abbâcide avec Abou^Otm^ qui avaient reçu du Khalife Seffdh l'ordre de le poursuivre (354). Il laissa, en mourant, deux fils nommés 'Abd-allah et Obeïd-allah, dont le premier se réfugia du côté de l'Abyssinie, et Obeïd-allah, après son retour (?) , se fixa en Palestine j^^LJi (le pays des Philistins). Sotis le règne du Khalife ' Abbâcide Rèchtd, le gouverneur de la Palestine le fit incarcérer, et il resta en prison pendant tout le temps (?) du règne a1JI% jUj U de Rèchîd. Étant enfin devenu vieux et aveugle, il fut remis en liberté (355). Il est possible que la généalogie des princes Souléimàny ait rémonté jusqu'à lui. Quant au nom de Sotdrnnânpy qui fut donné à cette dynastie, il est possible que cela provienne de ce que ces princes tiraient leur origine de Souleïmân , fils de ' Abd-ul-mélik , fils de Merwân, un des sulthâns Merwânides. Nous nous en référons, à cet égard, à l'omniscience divine (356), car les écrits (le pin- ^^X'^ ceau -^K) des historiens les plus dignes de foi rapportent, au ^'^^ sujet de cette dynastie (357), qu'à l'époque où la violente atta-

que des*Abbâcides jeta le trouble et le désordre dans les affaires des Merwânides, trois princes de la postérité de Merwân (l'âne ou l'onagre) quittèrent la Palestine suivis d'une foule nombreuse, pour se rendre dans le pays de Q'olab et dans la vallée connue sous le nom de Déré-îr-Jchonkh (vallée des pêches), qui fait* partie des dépendances du canton de G'azâly . Leurs petites et leurs grandes tribus, dont la principauté était la peuplade Banouky ,^^L(358),se rangèrent toutes petit à petit sous ses drapeaux. Grâces à son zèle et à ses généreux efforts , cette nation parvint à enlever aux infidèles géorgiens et arméniens le -château de Q'olab^ ceux de al**» Djisq^ah (peut être aâm*») Jkhisqahy en géorgien Akhalt'Sikh€){S69\Ae T<îcA.e(360)de'Hoszouly, de Méfâriq în(36 1), avec leurs banlieues , leurs annexes et leurs dépendances jusqu'au bord du Ghatth du Diârbékir, ainsi que le château de Bidiân jusqu'à O^jJ^ Karoukân et DUHdû'qala (le Roc-pertuis) , ceux de Rou" bâth^ de Bjirîs, (362), d'Aîdinik, de Sélik (ou Soleik) et de Koundj (ou Ki'ndj)y dont elle prit possession. La plupart des partîsans et des affidés des Merwânides qui étaient dispersés et disséminés dans les parages de l'Egypte et de la Syrie, se réunirent à cette peuplade, qui fut subdivisée en huit branches nommés: Banouky, Houwéidy^ Dilkhirân, Botidjîân, ZUûn (ou ZeïWn), Biciân^ (ou Béciân)^ Zigdîân ou Zigdziân^ Birâzy (363). Quelques-unes de ces peuplades ayant adopté la doctrine des Musulmans orthodoxes qui observent la sunnU C-cL^^ C^ J0I j^^i^ o:>J J#c, suivent le rit du vénérable Imâm Châfi'y (que Dieu lui fasse miséricorde!); d'autres professent la doctrine impie de la secte lézîdy, et la mettent en pratique. Leurs princes (émîrs) s'appliquent avec un zèle ineffable à observer ces dogmes de la sunnèt (364) que nous a transmise le meilleur des hommes (que Dieu lui soit propice et lui fasse paix!) et à se conformer aux préceptes du prince spirituel ju« {sdd) des peuples, et à ceux des docteurs (ouléma) musulmans. On compte dans cette peuplade un grand nombre d'ascètes et d'hommes pieux, mais ses ramifications se subdivisent en une centaine de branches, dont la

plupart sont nomades et possèdent de nombreux troupeaux Elles vont, chaque année, occuper, au commencement du printemps, ^^^ les alpes (campements d'été) de la principauté *1^\ de Bidlîs, JfSS?' la montagne de Chèref-u ddîn , ainsi que les monts Ala-tMg\ et elles retournent, en automne au commencement du mois de Ferwerdin (365), dans leurs quartiers d'hiver. La redevance qu'ils paient pour leurs pâturages alpestres se monte à une tète de mouton sur trois cents, et appartient aux princes de Bidlîs." En résumé, lorsque les peuplades Souleïmâny se furent rassemblées à l'ombre du drapeau de Merwân; lorsqu'il les eut commandées pendant quelque temps et gouverné les places fortes qu'il avait soumises à sa domination; lorsqu'enôn il eut renoncé à ce monde éphémère pour passer dans la demeure étemelle, son fils nommé Mîr Bèhauddîn remplaça son père dans sa yourte (son domaine). Celui-ci prit également congé de sa tribu et de ses vassaux ^^^^ J^», et remit le dépôt de sa vie entre les mains

du ministre (de l'intfendant Ij^j^^) de la mort (366), laissant après lui deux fils nommés Mîr Izz-uddin et Mîr Djélâl-u ddîn: la principauté fut dévolue au premier. Lorsque celui-ci mourut comme ses prédécesseurs, il resta un fils en bas âge nommé Mîr Ibrahim. Comme il était hors d'état de vaquer aux affaires de sa principauté, les chefs des diverses tribus {qabilés) la .conférèrent à son frère VÊmir Djélâl-u ddîn. Quand celui-ci eut remis le capital de son existence à l'ange chargé de recevoir les âmes, son neveu Mîr Ibrahim, fils de Mîr 'Izz-u ddîn, qui avait atteint l'âge de puberté v1-ac^, devint prince avec l'assentiment des grandes et des petites tribus. Après avoir régné fort longtemps, il parvint au terme de sa carrière, prit congé de ce monde périssable, et laissa deux fils: Mîr Dïâdîn et Mîr Cheïkh Ahmed. Le premier succéda à son père, conformément à sa dernière volonté, et se chargea de l'administration des affaires et du gouvernement de la principauté. Il vécut quatre-vingts ans, investi d'un pouvoir absolu. A l'époque ot le Chah Szèfide Isma'ïl^^se rendit maître de la province de Diâr-békir (367), il chargea le Khâu

Mou hammed Ustadjloa de veiller en son nom à la garde et à la défense de ce pays. Mou hammed Ehân témoigna des égards et yHell ^^ 1^ bienvieillance à Mir Diâdîn, dont il épousa la fille Biguicy Khântime (368). Grâce à l'existence et au secours de la peuplade Souleïmàny, au bon accord et au dévouement de Mir Dàidin, les affaires publiques furent menées à bonne fin; entre autres, à l'époque où Ala-uddewlèt le Dzoulq'adre, wâly (prince régnant) de Mar ache (369), fit marcher son neveu nommé Sjsarou-q aplàn {le Tigre jaune) contre Mou hammed Khan pour s'emparer du pays de Diârbékir, et où il se livra entre eux une gr^de bataille, dans laquelle les clameurs des combattants s'élevèrent au dessus de la voûte éthérée (370).

(Vers.) Le tambour résonnant sous la baguette excita la mêlée: sa voix retentissante attisa le feu du combat. La touffe de crin de cheval marin (,^Ll*3) M suspendue à la crinière des coursiers ornés de selles dorées balayait la poussière du champ de bataille.

La peuplade Souleïmâny, que dis-je? ces divs soumis au sceptre du sage Salomon (Souleïmân) déployèrent, dans ce combat tant de bravoure et de valeur que la fameuse bataille livrée à Heft'Khân (sept château) dans le Mazéndèrân par Roustèm, fils de Destân, et Sam, fils de Nérimàn (û^^ f'^?)» ^^ laissa plus dans la mémoire des mortels qu'un souvenir fabuleux. Grâce à la vigueur de leur bras formidable et aux coups redoublés de leur cimeterre trempé dans le venin, les Kourdes mirent en déroute l'armée de Szarou-q'aplân, et tranchèrent la tête de ce guerrier, après l'avoir terrassé dans la poussière du trépas, Khân Mou hammed témoigna la plus grande bienveillance à Mir

1) Le mot tf^lLs Q'othàs est ainsi défini dans le rj.^7 s^Ss^^ Fèrhèngui-ChO'Oury ou Dictionnaire poétique (Édit. de Constautinople, T. II fol. 227 V^.)'

vÇfotThâ avec un Foi* h sur le Tka est une touffe de crin blanc, qu'on guspend au cou d'un cheval».

Diâdîn et à la peuplade Sonleïmâny. Ce dernier mourut sans laisser d'enfants mâles, tandis que son frère l'Émîr Cheikh A'hmed en avait eu neuf, savoir: Chah "Wèled-big, Bahloûl-big, 'Omèr-Châh-big, Soucèn, Wèly-Khân (371), Elwènd, Khalîl, A'hméd et Djèhânguir. C'est pourquoi la principauté fut transférée aux fils de son frère.

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