‹ Chèref-namehChapitre 9 sur 22 · PARAGRAPHE PREMIER (OU PREMIÈRE BRANCHE · texte numérisé non relu

PARAGRAPHE PREMIER (OU PREMIÈRE BRANCHE

Des princes de Q'olâb et de Bathniâo.

Le collecteur de ces feuillets a entendu très- souvent des narrateurs dignes de foi raconter que Mir Diâdîn devenu vieux et impotent, voyant qu'il n'avait point de fils capable de se vouer à l'administration des affaires importantes de Tétat, et que ses neveux ligués contre lui avaient conçu le projet de le renverser et de le perdre , implora le secours et l'assistance de Mou- ^^^^ 'hammed Khân Dstâdjlou pour combattre et repousser ces neveux. ^."Tee. Ce khân lui envoya un corps de troupes considérable, et ils se livrèrent une bataille tellement acharnée que (372) 'Omèr-châhbig, Soucèn et Djéhânguîr y perdirent la vie. Leur frère aîné, Chah Wèled-hig, qui avait été le fauteur de tous ces troubles, se sauva, avec mille peines, de ces combats successifs, et gagna enfin la rive du salut, après s'être tiré de ce gouffre altéré de sang.

Il se rendit ensuite en Syrie, où il entra au service des sulthân t^herkès (circassiens). Lorsque les Q'izilbâches, à la suite du désastre de Tchaldiràn, montrèrent moins d'ardeur pour la conquête du Kourdistân, un certain personnage nommé AlyFiry ij^^i qiii appartenait à la nation Piciâne (373) et qui avait la colonne des agas de ses diverses peuplades {goums) occupa le château de Mèïafâriq'în et envoya un émissaire à Chah Wéledbig en Syrie. Dès que celui-ci apprit cette nouvelle, il s'empressa de retourner dans sa principauté il^X» héréditaire, où il remonta sur le trône princier avec le concours de 'Aly Fîry et

Tassistance des diverses tribus et peuplades, A l'époque où les provinces de Diàrbékir et du Kourdistân tombèrent au pouvoir des amis (partisans) de la glorieuse dynastie 'othomane (374), les princes du Szaszoun, poussés par l'inimitié invétérée qu'ils avaient jurée aux princes ScHilelmàny, donnèrent à la peuplade (diuiLL nation) Khâlédy l'ordre d'assassiner, sur le territoire de Méïafâriq'în, plusieurs tchacmches (375) envoyés par la Sublime Porte dans le Kourdistân en qualité de courriers chargés d'une mission importante (essentielle), afin que les notables et les grands dignitaires (J^J (de l'empire), suspectassent de cet assassinat Chah Wéled-big et lui causassent, à cette occasion, le plus grand préjudice, tant à lui qu'à sa principauté (376). La peuplade Khâlédy s'empressa d'obéir à ce conseil ^\j (377), et on lui imputa cette action honteuse.

La divine providence ayant toléré l'exécution de ce plan et Texu de cette (perfide) combinaison, le gouverneur général du Diârbé-

perêan,

f. 267. kîr eu conçut de l'inimitié et de l'antipathie contre lui (Chah Wéled-big), et exposa les faits au pied du trône auguste et glorieux du sulthân (378). Il émana un firman, dont l'exécution fut aussi prompte que celle des arrêts du Destin Lji, et qui or* donnait de mettre à mort Chah Wéled-big. Le Mîr-i-mîrân le manda & sa barre pour le soumettre à une enquête. Chah Wéled, ayant eu avis de cette intention (379), se tira, avec mille difficultés, de ce mauvais pas, et échappa à la mort (380). Mais la plus grande partie de sa principauté fut séquestrée au profit des domaines privés du sulthân (381), et il fut nommé des commissaires {Emîns cLuI) pour en prendre possession.

Quant à Chah Wéled-big (382), il se contenta du château de Q'olab et de ses dépendances, qui restèrent seuls en son pouvoir (383). Lorsqu'il eut gouverné de la sorte pendant treize ans, il traîna le bagage de l'existence hors de cette étroite vallée du néant t384), et laissa, en mourant, six fils nommés 'Âlybig, Mîr Diâdîn, Wély-Khân-big (385), Djéhânguîr-big, Émîr louçouf et Émir Souleïmân.

'Aly-blg, fils de Châh-Wéled-big.

Il devint, après le décès de son père, wûly (souverain) de la principauté sl^X> de Q'olab, qu'il gouverna pendant quarante ans. Il se distingua par sa noble conduite et ses belles actions, et traita les plus humbles de ses sujets de même que les plus éminents, aussi bien qu'ils pouvaient le désirer. Lorsqu'il prit son essor vers la vie future, il laissa deux âls nommés Sulthân 'Houceïn-big et Wély-khân-big (386).

Sonlthân HoaeeîD-blg, fils de Aly-big.

Après la mort de son père, il prit sa place en 980 de l'hégîre (A. D. 1572 — 3) eu vertu d'un diplôme de l'auguste sulthân Sélim-khân. Dans le temps oii le défunt Sulthân Mourâdkhân donna à ses armées victorieuses commandées par le grandvézîr 'Otzmân-Pacha l'ordre d'envahir l'Adzerbaïdjân, Sulthân 'Houceïn-big goûta, en 993 (A. D. 1585), le sorbet du martyre à Sa'ad-abâd-lez-Tebrîz dans une bataille qui fut livrée auxQ'izilbâches (Persans). Il avait six fils, savoir: Q'ilidje-big, Seïd A'h- fxtê med-big, Zeïnel-big, Zâhid-big, 'Haïdèr et Q'âcime; mais son?. -»««* fils Seïd A'hmed-big fut fait prisonnier par les Q'izilbâches,' lorsque son père fut tué , et il resta enfermé pendant deux ans dans le château de Q'ahqaha (du Ricanement) (387). Il fut enfin remis en liberté avec l'assistance de quelques ag'as (388) et revint dans son pays. Son lîâlèù héréditaire avait été conférée par le divan du sulthân Mourad-khàn à son fils Zeïnèl-big. Son autre fils Q'ili^je-big, qui était l'aîné, mais le plus arriéré de tous sous le rapport du jugement et de l'intelligence (389), fut investi de la principauté de son père, grâce à la protection de Mou hammed-big, prince de'Hazzou; l'inimitié et la rivalité éclatèrent entre lui et son frère Zeïnèl-big au sujet de la principauté de Q^olab (390); il végéta pendant quelques jours et jouit d'une pro-

TexU persan^ p, 909.

spérité sans consistance ^tr -^ yjf cS^»^^ y^j ^^^ î^ ^^ bientôt mis à mort par les grandes et les petites tribus à cause d'un méfait dont il s'était rendu coupable.

Sîdy A hmed-big, fils de Sonlthân Honceïn-bis.

Après avoir été délivré de la prison des Q'izilbâches, il entra, à Ârze-roûm, au service du Serdâr(391)Ferhâd-pacha, et prouva au divan impérial, que les droits qu'il avait acquis, par ses services et son dévouement, le rendaient digne de la principauté. Grâce à la clémence sans bornes du monarque, le victorieux Serdâr lui accorda la principauté de Q'olab et deBathmân(392). Sur ces entrefaites, son oncle maternel Bahloûl-big fut tué par la peuplade Piciâne {S9d), et il devint, sans opposition prince absolu de Q'olab. Lorsqu'il eut gouverné, pendant quelques années, il encourut la disgrâce du mir-umirân (gouverneur général) du Diârbékir, et la principauté de Q'olab fut, pour cette raison, accordée par la Sublime Porte à un fonctionnaire othoman. Sîdy A'hmed, se voj'^ant destitué, se rendit à la cour du sulthân pour réclamer sa principauté , et il mourut à Constantinople au commencement de Tannée 1003 (A. D. 1594). La principauté de Q'olab fut conférée, comme auparavant, à son frère Zeïnèl big, et il s'y est maintenu jusquà ce jour, c'est-à-dire jusqu'à l'an 1005 de l'hégire.

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