‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 101 sur 302 · CHAPITRE IX iMT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX iMT

Pendant que ses amis de Belcastel. Canon et Keller, lui préparent les voies pour cet apostolat purement catholique, deux jeunes officiers, deux héros de Saint-Privat et de Gravelotte, posent les bases d'une œuvre sociale appelée à un grand retentissement.

C'est le 10 décembre 1871 que le comte Albert de Mun, assisté de son ami René de la Tour-du-Pin, fait sa première conférence aux ouvriers du cercle Montparnasse. Il s'agit de rapprocher les classes laborieuses, guettées par le socialisme, des capitalistes et des patrons décidés à appliquer les principes évangéliques. Pour opérer ce rapprochement, il faut agir à part sur les dirigeants, d'où les Cercles catholiques d'étudiants, destinés à préparer les Cercles catholiques d'ouvriers.

Le Cercle du Luxembom-g, répondant, par avance, aux besoins nouveaux, fonctionne, depuis longtemps déjà, sous la présidence de M. Beluze. C'est là que Chesnelong, sans interrompre ses travaux parlementaires, jx récemment inauguré sa belle carrière • d'orateur des œuvres catholiques. Il la poursuivra avec un éclat sans cesse grandissant .

Le 3 juillet 1872, une séance solennelle réunit, sous la présidence du nonce, Mgr Chigi^ M. Besson, député du Jura, M. Rondelet, membre du conseil municipal de Paris, M. l'abbé Gramidon, directeur spirituel de l'œuvre, et tous les étudiants inscrits comme membres du cercle. Chesnelong a pris pour sujet de son allocution l'alliance de l'Éghse et de la France. On y relève des aperçus qui, après quarante ans, n'ont pas vieilli :

« Cette alhance, dit-il, Taccepterous-nous, ou la répudierons-nous? Là est vraiment la grande question. D'autres, bien graves assurément, sont posées à l'heure actuelle ; celle-là les domine toutes.

» Il faut, ^Messieurs, que la France reste une nation chrétienne, sinon elle est menacée de sombrer dans la

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décadence : l'alternative est inévitable. Croyez-vous, en effet, qu'on puisse fonder un droit stable, si on ne l'adapte pas au devoir chi"étien ? Croyez-vous qu'on puisse fonder une liberté efficace sans lui donner l'ordre religieux et moral pour fondement ? Croyez-vous qu'on puisse fonder une autorité acceptée, si le sentiment du respect chrétien ne pénètre pas dans les âmes ? Croyezvous qu'on puisse résoudre pacifiquement les difficiles et redoutables problèmes des questions sociales, s'il ne se fait pas une large effusion de fraternité chrétienne dans les cœurs? On nous dit qu'entre la vieille Église et la société moderne, l'antagonisme est fatal. Nous disons, nous, que l'alUance est nécessaire, qu'elle est pour la société une condition de relèvement et de vie (1). »

Nous reviendrons sur cet apostolat des conférences cathohques, où notre député mettra désormais toute son âme. Avant de le suivre de nouveau sur la scène politique où la Providence lui réserve prochainement un rôle de choix, rappelons à quelle source il puise l'énergie du devoir.

Ses journées de Versailles ressemblent assez exactement à celles que lui imposaient jadis ses travaux du Corps législatif. Matinée consacrée à l'étude des affaires, déjeuner rapide, participation aux séances des commissions ou à celles de l'Assemblée, dîner chez des amis politiques, telle est la série d'occupations qui se partage ses heures.

Il trouve, dans l'entourage qu'il s'est fait, des convictions et des exemples qui excitent sans cesse son ardeur.

MIVI. de Kerdrel, Ernoul, de Sugny, Merveilleux du Vignaux, Caron, de Tarteron, sont des adeptes de sa foi politique et des émules de son dévouement religieux. Leur conversation fortifie ses espérances monarchiques et sa confiance dans l'appui que vont apporter à l'Église

(1) Cité par le Mémorial des Pyrénées, 11 juillet 1872.

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