‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 104 sur 302 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

dont les interpellations successiveK provoquèrent les amères réponses du président.

Un discours du garde des sceaux, x\I. Dufaure, flétrissant, au nom du gouvernement, les prétentions de Gambetta et de la République radicale, amena une trêve momentanée entre les partis.

Thiers en profita pour faire élire la <( Commission des Trente, » chargée d'établir entre la Chambre et le président des rapports possibles, et, en l'absence d'un gouvernement définitif, de régler avec précision les attributions des pouvoirs existants.

Chesnelong avait brigué le titre de membre de cette commission. Deux voix lui manquèrent pour être élu, mais les conservateurs y entrèrent en majorité. C'était un nouvel avertissement pour Thiers, qui redoubla d'habileté et de souplessî.

Après quelques mois de travail, la Commission des Trente proposa une transaction aux termes de laquelle l'Assemblée voterait, avant de se séparer, un minimum de lois constitutionnelles. Mais cette organisation, sur laquelle l'Assemblée devait statuer, pourrait-elle être monarchique ? Serait-elle nécessairement républicaine ? Nouveau sujet d'interpellations, à la suite desquelles Thiers, abusant, cette fois, de la sophistique, essaya de démontrer que son message du 12 novembre n'infirmait pas le pacte de Bordeaux. Cette déclaration, si étrange ([u'elle fût, ajournait au moins le conflit aigu que l'Assemblée entière redoutait (1).

( 1 ) Chesnelong n'était pas dupe do ce jeu dép<3urvu île «ïaucliise, et blâmait ceux qui s'y laissaient prenilre. 11 écrivait nlors à un membre (lo sa famille : ■ Voilà où nous ont conduits Thaliileté protonde do M. Thiers, les prétentions excessives et impolitiques du comte do Chninbord, le manque de franchise et les habiletés des d'Orléans, les palinoches de plusieurs des Trente, les divisions de l'As-semblée. M. Thiers est le niaitro ; l'A.-^siMiihiée'nc nisiste plus ; la monarchie est

Chesnelong profita de ce répit pour reprendre, à la Commission du budget, qui l'avait accueilli avec empressement, son rôle de modérateur éclairé.

Une circonstance imprévue lui avait déjà permis de rejjrendre celui de défenseur du pape.

Depuis 1870, un vaisseau français, VOrénoque, stationnait dans le port de Civita-Vecchia. Il se tenait aux ordres de l'ambassadeur français auprès du Vatican, prêt, si le Souverain Pontife était obligé de quitter Rome, à le transporter où il voudrait. C'était une suprême protestation contre l'usm'pation piémontaise. Longtemps le gouvernement de Victor-Emmanuel parut ignorer la présence du navire ; mais les journaux avancés finirent par la dénoncer comme une menace et une offense. .

A l'approche du Fr janvier 1873, M. Nigra, ministre d'Italie à Paris, demanda que les officiers de VOrénoque

perdue ; la République triomphe ; le parti conservateur est disloqué, et, contre le radicalisme menaçant, nous n'avons pas d'autre digue que le prLncipat bourgeois d'un vieillard de soi.xante-seize ans.

» Mais, parce que la monarchie est impossible, elle n'en reste pas moins nécessaire; parce que la République prévaut, elle n'en reste pas moins fondameTitalement impossible et fondamentalement funeste.

» La monarchie est impossible par la faute des hommes qui, au lieu de se jïroupor dans l'affirmation de leurs conWctions. se divisent par faiblesse, et laissent passer le principe contraire, et, comme elle est nécessaire pour refaire la France, ils ne sacrifient pas leurs idées au salut du pays, mais ils enlèvent au pays, par le sacrifice de leur jjrincipe, le seul moyen de salut qui lui reste. Voilà ma pensée, et je dois énoncer une conclusion conformément à cette pensée.

I) La République, j'entends une RépubUque honnête, clirétiemie, sauvegardant les intérêts essentiels du pays, est fondamentalement impossible. Ce que nous avons, c'est la dictature de M. Thiers, contenue par une .^ssenildée au fond monarchique. Cela môme nous ruine, nous écrase et nous dissout. Que sera-ce si M. 'I hiers ?ueurt, et si on a une Assemblée d'un autre esprit ? Alors éclateront les divisions des

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