CHAPITRE X
auprès du comte de Chambord la démarche (^ui eût assuré la fusion des deux branches. Celui-ci attendait à Frohsdorf le comte de Paris ; mais les principaux membres du centre droit paraissaient vouloir temporiser. On découvrit même que le duc d'Audiffret- Pasquier et le duc de Broglie avaient arrêté le comte de Paris dans ses projets de départ. Comment expliquer cette timidité ou cette volte-face des con.servateiu's ? Chesnelong l'ignorait alors, et il jugeait sévèrement ses alliés de la veille (1).
Ceux-ci avaient des excuses qu'il ne pouvait alors soupçonner. Outre qu'une lettre récente du comte de Chambord à Mgr Dupanloup dénotait, de sa part, une inflexibilité qui pourrait rendre la fusion inutile, la politique extérieure semblait imposer, pour le moment du moins, une alliance avec M. Thiers. On ne voyait, à Berlin, de sécurité que dans son maintien au pouvoir, et l'on se refusait aux derniers arrangements pour la
(1) 11 écrivait à son fils Joseph : « Le 20 février, le duo de Broglie annonçait qu'il donnait au comte do Paris le conseil de faire sa visite à Froshdorf. Huit jours s'écoulent, le travail pour la fusion se poursuit ardeniiuent. On croyait chaque jour que le comte de Pari:? partirait le lendemain. Tout à coup, le général Changarnier annonce qu'il est désespéré, et que le projet de visite est ajoiu-né. Grande émotion. On se presse, pendant la séance, autour du duc d'Audiffret, qui joue l'étonnement, et dit que rien n'est changé dans les dispositions du prince, que tous ces bruits ne sont que des racontars. I^ies bruits étaient fondés, et, la veille n\ôrae de ce jom-, le duc de Broglie (j'en suis sûr) avait déconseillé par lettre la visite, et le duc d'Audififret avait fait, lie sa personne, une démarche dans le même sens. — Réunion à Paris des députés des deux groupes (droite et centre droit). Les duos de Broglie et d'Audiffret se disent partisans de la visite en principe, mais la jugent inopportune quant à présent. Ils sont seuls de leur avis ; mais la résolution était prise, et décidément la visite fut ajournée. En môme temps, les ducs se rapprochaient de M. Thiers. A (me nouvelle séance des Trente, après lecture du rapport, le duc d'Au liffrot proposa un nouvel article 4, rédigé d'accord avec le gouvernement. La droite s'y opposa vainement ; une majorité forimSe des membres du centre droit et du centre gauche, à rexclusiou do la tlroite. ratifia la transaction. Le tour était joué. •: — L(>^t^^> inélite.