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libération du territoire sans cette garantie. Bismarck allait jusqu'à dire à M. de Gontaut-Biron, dont il connaissait les sentiments royalistes : « Il faut que vous gardiez Adolphe I^^. »
C'est cette sorte de pression qui hâta le vote de l'essai de constitution rédigé par le duc de Broglie (13 mars 1873). Cet acte consolidait le pouvoir de Thiers, tout en le limitant, et, par le fait même, supposait la République acceptée. Quatre légitimistes seulement le votèrent : MM. de Cumont, de Meaux, de la Borderie et de Maillé. Deux jours plus tard, le dernier traité de Berlin était signé. Les quatre départements encore occupés (1) allaient être évacués deux ans avant la date fixée par les premiers traités.
Lorsque, le 17 mars, M. de Rémusat vint annoncer officiellement à la Chambre que <( c'était fait, » des applaudissements frénétiques accueillirent sa déclaration, et un membre du centre gauche, M. Albert Christophle, proposa un ordre du jour ainsi conçu : « L'Assemblée Nationale déclare que M. Thiers, président de la Répuhhque, a bien mérité de la patrie. »
Chesnelong n'était pas suspect de tendresse envers l'homme dont les manoeuvres avaient jusqu'alors tenu la monarchie en échec. Il a toutefois écrit, dans ses Mémoires : « M. Thiers avait droit, pour la libération du territoire, à la reconnaissance publique, et peut-être eût-il été désirable que l'Assemblée ne semblât pas lui en marchander l'expression. »
La majorité royaUste fut d'un autre avis. On jugea, après " une discussion assez mesquine, et qui aurait dû être évitée (2) » qu'il y avait lieu d'associer l'Assemblée elle-même à l'hommage que recevait son président, et
( 1 ) iMeurthe-et-Mosollo, Meu-se, Vosges et .XrcIcniirK. (2) Ch. Chesnelong, Mémoires inédita, t. II, p. '.V^A■