‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 118 sur 302 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

on les répartira en neuf groupes, placés chacun sous le contrôle d'une commission permanente. (1)

Le discours de mai 1873 inaugure, dans la carrière oratoire de Chesnelong, une nouvelle manière. Au lieu de la parole vive et simple, de la phrase incisive que lui impose la tribune, et dans lesquelles il a fini par exceller, la présidence du Congrès catholique lui permet les magistrales envolées et les chaudes effusions qu'appelle le caractère religieux des sujets. « Ici, dit M. Keller, il nous parlait tantôt de la vie intime de nos œuvres et des projets des ennemis de la religion, tantôt de la liberté de l'Église, de la séparation de l'Église et de l'État, du budget des cultes, du jubilé sacerdotal de Léon XIII, du repos du dimanche, de la liberté d'association, des rapports du capital et du travail. Qu'il était beau, au milieu de la grande famille d'amis suspendus à ses lèvres et buvant avec délices sa parole, entouré de ses collègues du Parlement toujours désireux de l'entendre, des prêtres, des religieux venant s'animer à son exemple, des catholiques notables de Belgique, de Suisse, d'Italie, d'Angleterre, réunis par une commune sympathie pour lui, recevant à leur tête les effusions de la tendre reconnaissance de Pie IX et de Léon XIII! (2) )>

Ce genre oratoire avait peut-être son écueil. Il prêtait

( 1 ) Voici l'objectif général de chacun de c-es neuf groupes : l^ Œuvres de prières; 2"^ Œuvres pontificales {Denier de saint Pierre, etc.); 3° Œuvres générales (conférences publiques, secours aux blessés, bibliothèques militaires, sanctification du dimanche) ; 4° Œuvres d'enseignement ; 6° Œuvres tle propagande par la presse (journaux, brochiu-es, livres, almanachs) ; 6<' Œuvres d'économie sociale ; 7° CEuvres relatives à l'art clirétien ; S" Œuvres relatives à la législation et au contentieux ; 9" Œuvres des pèlerinages en Terre sainte et des Chrétiens d'Orient. — Cf. E. Lecanuet, L'Église de France sous la troisième République, t. I, p. .307.

(2) Article du Correspondant intitulé : Chesnelong, n" du 10 août J899.

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un peu trop, sans doute, à la période sonore. Mais

qu'importait, aux yeux de Chesnelong, la forme du

discours, pourvu que les cœurs fussent enflammés et les

volontés fortifiées ?

Les Comités n'agissaient pas seulement sur le gros de l'armée catholique ; certains membres du Parlement subissaient leur influence.

Depuis l'année 1830, où une ordonnance royale avait aboli les aumôniers de régiment créés par la Restauration, l'armée était restée sans secours religieux adaptés à ses besoins. En 1873, il n'y avait en France que sept aumôniers militaires officiellement établis.

Au Congrès de 1872, un ecclésiastique, l'abbé Jacques, avait dit : « Il faut que l'armée redevienne chrétienne, parce qu'elle est toute la jeunesse française, c'est-àdire toute la force d'aujourd'hui et tout l'espoir de demain (1). »

Pénétré de cette nécessité, le colonel Carron de la Carrière (2) à la fois membre du Comité catholique et de l'Assemblée, entreprit une campagne de pétitions pour le rétablissement d'une aumônerie militaire régulière et suffisante, puis déposa à la tribune un i^rojec de loi dans le même sens. Combattu par les généraux Cuillemant et Saussier, puis par un républicain cathf>lique, M. Jouin, ce projet était ardemment soutenu })ar son auteur, qui allait du Comité à l'Assemblée, recueillant chez l'un, pour les porter au sein de l'autre, les vœux et les instances de la France chrétienne.

Il eût été néanmoins repoussé, au nom de la « liberté

( I ) Cf Aflo/phi: Baudon, par l'abJus J. .Sthuil, p. (JU4.

(2) Il est lo nov(«u du célèbre abbé Carron, qui rondit tant tle sor- \ i(M's en Angletorre, [K^ndunt l'éniiiTrntion.

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