CHAPITRE X
le cache pas, mais qui cependant, sous quelques raj»ports, m'a un peu contrarié (1). »
Il prévoyait, sans doute, l'apparence de complot que tout un parti donnerait à ces actes religieux, et il regrettait ce que la malveillance aurait pu prendre pour une provocation.
Cette passagère tristesse fut vite dissipée à son retour à Versailles. On sait les services qu'il avait rendus aux Frères des Écoles chrétiennes. Leur Supérieur général, le vénéré frère Philippe, se trouvant à Rome au mois de mai, avait parlé de lui à Pie IX, et avait reçu du pape un message à son adresse.
Rentré en France, l'excellent religieux vient un jour trouver Chesnelong, et lui remet, en un écrin armorié, un bref du Saint-Père et une décoration de chevalier de Saint-Grégoire. Notre député écrivait quelques jours après : « Cet encouragement venant de si haut, que je n'ai rien fait pour obtenir, et que j'ai la conscience de mériter par ma bonne volonté, mon entier dévouement, mais pas autrement, m'a surpris et charmé ; j'en ai éprouvé une satisfaction bien supérieure à toutes celles que procure Tamour-propre (2). »
Le nouveau chevalier tiendra à justifier son titre
par un redoublement de zèle . Au reste, les occasions
se multiplient de défendre, à l'Assemblée, la cause
catholique.
On se rappelle que, dans ses entretiens avec la religieuse extatique de Paray-le-Monial, Notre-Seigneur avait demandé qu'on élevât « un édifice où serait l'image du Sacré-Cœur, pour y recevoir Thommage du roi et de toute la cour. »
(1) Lettre à M''« de Guérines, op. cit. t. II. p. lG<î.
(2) Id., op. cit., t. 11, p. 167.
Or, pendant la guerre, un groupe de chrétiens fervents, MM. Beluze, Baudon, Rohault de Fleury, Legentil et Léon Cornudet, se demandant par quels moyens on pourrait apaiser la colère divine, avaient eu l'idée, sans songer d'ailleurs à la révélation datant de deux siècles, de faire élever, au centre même de Paris, une église au Hacré-Cœur.
Après de longues hésitations, Mgr Guibert avait accepté la direction de l'entreprise, et avait désigné, comme emplacement du futur monument, la colline de Montmartre, le (c Mont des Martyrs. »
Dans la pensée des promoteurs de l'œuvre, l'égHse devait être nationale ; d'où nécessité d'obtenir, pour son érection, le concours des pouvoirs publics. Le 5 mars 1873, Mgr Guibert écrivit dans ce sens à Jules Simon, alors ministre des Cultes, qui promit de demander à l'Assemblée une loi autorisant l'archevêque de Paris à ériger une église à Montmartre, et à acquérir les terrains nécessaires pour cette construction.
La chute de Thiers et de son dernier ministère ne pouvait anéantir le projet. Personnellement plus catholique que Jules Simon, le nouveau ministre des Cultes. M. Batbie, prit à son compte la proposition de son prédécesseur, sans d'ailleurs en changer les termes.
C'était trop peu, au gré des promoteurs de l'entreprise. Pour obtenir davantage, M. Cornudet s'adressa à Chesnelong, le priant d'agir auprès de la commission que venait de nommer l'Assemblée.
'( Jl importerait, disait-il, que la rédaction n'eût pas la sécheresse administrative à laquelle M. Jules Simon l'avait réduite, et que M. Batbie n'a pas cru devoir modifier. Ne pourrait-on pas dire, comme nous Tavions proposé : « Est déclarée d'utilité publique l'église que -) l'archevêque de Paris se propose de faire construire » sur la colline de .Montmartre, pour appeler sur la