‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 137 sur 302 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

responsabilité ! Et quand l'heure propice est là ! Une heure dans un siècle, qui ne s'est jamais trouvée et qui ne se retrouvera pas ! C'est Dieu qui la donne ; pouvonsnous la laisser échapper ? ( 1 ) »

Rien n'y fit : le délégué des Neuf se trouvait en présence d'une consigne. Au moins M. de Dreux-Brézé remarqua-t-il cette phrase, qui exprimait une différence profonde entre les projets de Chesnelong et les prétentions du centre droit : « Nous n'allons pas imposer au prince une condition, mais lui indiquer une nécessité (2). »

Peut-être ces paroles, rapportées au comte de Chambord, l'inclinèrent-elles à la bienveillance envers le délégué des Neuf. En tout cas, celui-ci ajDprit bientôt, de M. Lucien Brun déjà mandé auprès du prince, que celui-ci était à Salzbourg, et qu'il l'y appelait, ainsi que ses deux amis, MM. de Carayon-Latour et de Cazenove de Pradines. Une dépêche devait indiquer le jour et l'heure du rendez-vous.

Cette dépêche n'arriva que le dimanche 12 octobre, à sept heures du soir. L'audience était fixée au mardi 14, à deux heures de l'après-midi. Chesnelong n'eut que le temps de se rendre à la gare de l'Est ; une heure après, il était en route. Un des émules de son action catholique, M. de Férussac, l'avait accompagné jusqu'à la portière du wagon, et essayait de le fortifier par quelques paroles d'espoir : « Mon ami, dit le voyageur, je suis allé ce matin à Notre-Dame des Victoires ; j'y ai communié : je ne pars pas seul ! (3) »

(1) Compte rendu inédit, etc.

(2) Cette phrase montre combien M. Arthur Loth avait incomplètement saisi la pensée de notre député, lorsqu'il écrivait: « M. Cliesnelong allait, de la part d'ime commission parlementaire, dicter des conditions à un prince dont les paroles et les sentiments étaient publics, dont la politique avait toujoure été à découvert. » — L'Échec de la restauration monarchique en 1873, p. 358.

(3) Le baron Henry d'Audibard de Féruaaac, par Femand Butei, p. 37.

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