VOYAGE A SALZBOURG
Chesnelong s'abusait -il sur les difficultés de sa tâche, et partait-il pour l'Allemagne soutenu, comme on l'a dit, par une ardente foi religieuse, mêlée d'une forte dose de naïveté (1) ?
Que la foi fût son plus ferme appui, son dernier acte le démontrait après tant d'autres. Les lignes suivantes, adressées à sa famille le 11 octobre, permettront d'apprécier sa « naïveté. » — « J'ai peu d'espoir de réussir, dit-il, précisément parce que la question est une question de dignité, de sentiment, de point d'honneur. Le roi, j'en suis convaincu, céderait après ; il ne voudra pas céder avant, parce qu'il paraîtrait trafiquer de sa dignité pour obtenir la couronne (2). »
Il est vrai, la confiance puisée dans la prière finissait par dominer la crainte, au cours de ces journées d'angoisse : « Je ne sais, disait-il alors, ce que fera le comte de
(1) C'est l'opinion qu 'insinue M. Hanotnux on plusieurs passages de 80n Hintoirc de la Francu conternporaine.
f2) Lettre inédite à >!'"<' Cliesnelong.