‹ Chesnelong, sa vie, son action catholique et parlementaireChapitre 152 sur 302 · CHAPITRE XIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIll

à l'Assemblée Nationale des lois constitutionnelles ayant pour objet de régler et d'assurer l'exercice collectif de la puissance législative par le roi et deux Chambres, l'attribution du pouvoir exécutif au roi, l'inviolabilité de la personne royale et la responsabilité des ministres qui en est inséparable, et généralement toutes les lois nécessaires à la constitution des pouvoirs publics.

Article 4. — Le drapeau tricolore est maintenu ; il ne pourra être modifié que par l'accord du roi et de la représentation nationale. »

Ce projet, destiné à devenir la nouvelle charte du royaume, était-il conçu dans un esprit assez conforme à celui du roi pour offrir une base solide à la restauration du trône ? Etait-il certain que Henri V accepterait les vues du centre droit sur le caractère des lois constitutionnelles « ayant pour objet de régler et d'assurer l'exercice collectif de la puissance législative par le roi et les deux Chambres » ?

Les membres de l'extrême droite en doutaient un peu. Pressentant de prochaines difficultés à travers l'accord apparent du moment, Chesnelong eût souhaité que la Commission l'autorisât à pubHer un procès-verbal de la relation qu'il lui avait faite de son voyage à Salzbourg.

Il rédigea ce procès-verbal, aussi net, aussi sincère que l'avaient été ses paroles (1). On refusa de le publier

( 1 ) Dans ses Notes et aouvenim pour servir à Vhistoire du parti royalistt. p. 103, le marquis de Dreux-Brézé reproche à Chesnelong d'avoir passé sous silence, dans ce procès-verbal, la fameuse phrase : « Je n'accepterai jamais le drapeau tricolore. » Il oublie, comme tant d'autres, que. tacitement, le prbice avait considéré lui-même cette parole comme non avenue.

L'histoire doit retenir avec plus d'attention la page (108 et suiv.) uù le même auteur raconte la tentative faite par Changarnier auprès du prince de Joinville pom* lui faire accepter la lieutenance générale du royaume, et cela à l'heure même où il paraissait travailler avec tant

avant que l'Assemblée, qui devait statuer sur le résultat de l'entreprise, en fût saisie officiellement, et aussi pour éviter les polémiques de la presse autour des déclarations un peu ambiguës du prince.

Ce fut une faute. Le danger de voir les déclarations du comte de Chambord défigurées par la discussion était infiniment moindre que le danger de laisser prêter au prince des intentions et des paroles qui ne seraient pas les siennes, et appelleraient un démenti.

Les conséquences de cette faute appaiurent immédiatement. Deux jours s'étaient à peine écoulés depuis le retour de Chesnelong, que nombre de journaux avaient lancé dans le pubHc divers récits très hasardés, dont la plupart mentionnaient l'acceptation, par le comte de Chambord, du drapeau tricolore. Chesnelong, si attentif à ne pas dépasser les concessions du prince, relevait avec inquiétude et vivacité ces inexactitudes. Qu'eût-il dit, s'il eût prévu l'abus officiel, pour ainsi dire, que l'on s'apprêtait à faire de son silence ?

L'unanimité inattendue de la Commission des Neuf sur l'acte de rappel du roi le détournait, pour le moment, des pénibles prévisions. Il était temps de manifester à tous les membres des bureaux des droites les résolutions prises par la Commission. Ils furent convoqués, pour le lendemain 18 octobre, chez M. Anisson-Duperron, Les députés royahstes alors présents à Paris se joignirent à eux, et la réunion ne compta pas moins de quatrevingts personnes, parmi lesquelles tous les membres de la Commission des Neuf.

d'entrain et d'ardeur au retour d'Honri V. On hésite à suspecter la sincérité du vieux général. Tl est probable que, tout en désirant la royauté du comte de Chambord et en activant la campagne qui devait l'établir, il n'avait qu'iuic doini-confiaiico au succès, et voulait aswurer au pays, en cas de difTicultés insurmontables de ce côté, un autre f>réBcr\atif contre l'anarcliio.

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