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parut très péniblement affecté (1). Il resta longtemps silencieux, et comme accablé d'un refus qui détruisait tous ses plans. Après deux heures de douloureuse réflexion, il notifia à son entourage sa résolution suprême. Il se décidait à rester à Versailles jusqu'à la fin de la discussion du projet de loi sur la prorogation des pouvoirs présidentiels. Si la Chambre refusait de voter cette prorogation, il profiterait de ce moment unique pour se présenter au parlement et essayer de s'entendre avec lui.
Il fallait se résigner à une claustration de plusieurs jours dans la petite maison de M. de Vanssay. Le prince prit d'abord ses dispositions pour s'assurer les secours religieux que réclamait sa piété. Le P. Marcel, gardien du couvent des Capucins de Versailles, puis un de ses religieux, vénéré dans toute la ville pour sa piété et ^a bonté, le P. Savinien, vinrent successivement célébrer
(l) Selon M. Hanotaux (t. II, p. 281) le comte de Chambord avait escompté le concours du maréchal pour réaliser le projet suivant :
« S'inspirant du précédent de 1814, il voulait éviter un vot« parlementaire soumettant le droit du roi au droit de la nation. Il s'adressait donc directement au maréchal, qui, disposant du pouvoir effectif, était, en quelque sorte, lieutenant-général du royaume en l'absence du roi. Devant une volonté exprimée par le souverain, au cours d'un entretien où celui-ci userait de tout son ascendant héréditaire et personnel, le maréchal s'inclinerait et se ferait l'instrument de la Restauration.
» Alors, ou bien, comme en 1814, l'Assemblée, convoquée au palais de la présidence, viendrait saluer le roi ; ou mieux encore, si le maréchal y consentait, le roi et l'illustre soldat iraient ensemble au palais, et entreraient dans la salle des séances, Henri V, par un geste imité encore de Louis XVIII, s'appuyant au bras du maréchal.
» Un tel spectacle, la surprise, les acclamations do la droite, l'élan de la majorité se pressant autour du souverain, ime telle scène évoquant les origines héroïques de la dynastie et l'acclamation des fidi'les, supprimerait toute procédure parlementaire. Le prince, rien que par sa présence, se retrouverait ^ roi. '
» Il n'aiu"ait plus qu'à promulguer et faire adopter une constitution, où il serait tenu compte naturellement des avis de ses conseillera et des sentiments du pays. »
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la messe dans l'oratoire royal. Le comte et la comtesse de Vanssay, ]\I]VI. de Monti, de Blacas et de Dreux- Brézé étaient seuls à rompre, par leurs visites et leur conversations, la monotonie de cette prison volontaire.
Pendant douze jours, le comte de Chambord attendit, médita et commenta avec ses intimes le compte-rendu des discussions de l'Assemblée, que lui apportaient, chaque soir, MM. de Blacas et de Dreux-Brézé.
Dans la nuit du 19 au 20 novembre, vers minuit, le marquis de Dreux-Brézé vint lui apprendre que l'article premier du projet venait d'être voté à 56 voix de majorité. Il commençait par ces mots : « Le pouvoir exécutif est confié, pour sept ans, au maréchal de Mac-Mahon, duc de Magenta. »
Les meilleurs amis du prince, ignorant sa présence à Versailles, avaient voté le Septennat. Le lendemain matin, le comte de Chambord fit appeler ses représentants officiels à l'Assemblée. Il leur témoigna sa tristesse, mais sans formuler de blâme (1). Il voulut voir aussi le général Ducrot, et lui demanda si, selon lui, il était encore possible de tenter quelque chose. Celui-ci déclara qu'il n'y avait plus rien à faire, dans l'état d'esprit du pays « jusqu'à ce qu'une nouvelle occasion se présentât. »
— « Eh bien ! soit, dit le roi, attendons cette nouvelle occasion, et rappelez-vous bien, mon cher général, qu'au moindre signe de vous, je serai toujours prêt à me mettre à la disposition du pays. »
(1) M. Samuel Denis {Histoire contemporaine, IV, p. 463-464) a prétendu que le comte do Chambord avait amèrement reproché leur vote à MM. de la Rochette, de Carayon-Latour, do Cazenove do Pradines et Lucien Brun. Cotte opinion a été adoptée par ^SI"'' do Guérines (op. cit., II, p. 331). — M. Arthur Loth (op. cit., p. 518, en note) croit pouvoir démentir co bruit, et ses relations personnelles avec M. de Vanssay, dont il était le voisin à Versailles, donnent à 8on sentiment une particulière autorité.